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AT THE 



UNIVERSITY OF 
TORONTO PRESS 



'0*1* 



BULLETIN 



DE LA 



Soeiété Préhistorique française 



lu 



BULLETIN 



Société Préhistorique 



FRANÇAISE 



TOME VIII. — HUITIÈME ANNÉE. 



1911. 




I>A RIS 

SECRÉTARIAT OBNERAI. 

21, RL'K Linné. V e . 

1911 



ça 




Soeiété Préhistorique 



FRANÇAISE 



1911. 

Fondée le 17 Janvier 1904, sou» le nom de Société Préhistorique de France. 
Reconnue d'Utilité publique par Décret do 28 Juillet 1910. 



STATUTS (1) 



I. — But et Composition de l'Association. 

Article Premier. — L'Association, dite Société Préhistorique Fran- 
çaise, fondée en 1904, a pour but : 

1° De grouper les personnes qui s'intéressent à l'étude des époques 
les plus reculée» de l'Histoire de la France et de ses colonies ; 

2° De réunir les documents qui permettront de reconstituer cette 
Histoire; 

3° De s'intéresser à la conservation des Gisements et Monuments pré- 
historiques ; 

4° D'encourager les Fouilles relatives à la Préhistoire ; 

5° D'organiser soit des Congrès préhistoriques', soit des Conférences, 
à Paris ou en province; 

6° De faciliter les échanges entre collectionneurs. 

Sa durée est illimitée. 

Elle a son siège à Paris. 

Art. 2. — La Société se compose de membres titulaires, de mem- 
bres à vie, et de membres donateurs. 

Pour être Membre titulaire, il faut : 1° être présenté par deux mem- 

»bres de l'Association, et agréé par le Conseil d'Administration ; 
2° payer une Cotisation annuelle, dont le minimum est de douze francs. 
Pour être Membre à vie, il faut racheter les cotisations, en versant 
une somme fixe d'au moins deux cents francs. 

Pour être Membre donateur, il faut être membre titulaire ou à vie, et 
voir versé, à titre de don à la Société, une somme d'au moins 
ent francs, en dehors de la cotisation. 



: 



(1) Nouveaux Statuts, acceptés par le Conseil d'Etat pour la Reconnaissance 
comme Etablissement d'Utilité publique : ratifiés par le Conseil de la S. P. F. le 
19 Octobre 1910, et par l'Assemblée générale extraordinaire du 23 Novembre 1910. 

1 






2 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Art. 3. — La qualité de membre de l'Association se perd : 

1° Par la démission ; 

2° Par la radiation, prononcée, pour motifs graves, par le Conseil 
d'Administration, le membre intéressé ayant été préalablement appelé 
à fournir ses explications, sauf recours à l'Assemblée générale. 



II. — Administration et Fonctionnement. 

Art. 4. — L'Association est administrée par un Conseil composé 
de quinze Membres, élus, pour trois ans, par l'Assemblée générale. Le 
vote par correspondance ou par procuration est admis. 

Le renouvellement du Conseil a lieu par tiers tous les ans. 

En cas de vacance, le Conseil pourvoit au remplacement de ses 
membres, sauf ratification par la plus prochaine Assemblée générale. 

Les membres sortants sont rééligibles. 

Ce Conseil choisit parmi ses membres un Bureau, composé d'un 
Président, de trois Vice-Présidents, d'un Secrétaire général, d'un 
Trésorier, et d'un Secrétaire des Séances. 

Le Bureau est élu de la façon suivante, après l'Assemblée générale 
de l'année : Le Président et les Vice-Présidents sont nommés pour une 
année; ils ne peuvent être réélus dans les mêmes fonctions pour l'an- 
née suivante. — Les autres membres du Bureau sont nommés pour 
trois ans et rééligibles. 

Les Présidents sortants, en outre, font de droit partie du Conseil 
pendant trois ans. 

Art. 5. — Le Conseil se réunit tous les mois, et chaque fois qu'il est 
convoqué par son président, ou sur la demande du quart de ses Mem- 
bres. 

La présence du tiers des Membres du Conseil d'Administration est 
nécessaire pour la validité des délibérations. 

Il est tenu procès-verbal des séances. Les procès-verbaux sont 
signés par le Président et le Secrétaire. 

Art. 6. — Toutes les fonctions de Membre du Conseil d'Adminis- 
tration et du Bureau sont gratuites. 

Art. 7. — L'Assemblée générale des Membres de l'Association se 
réunit une fois par an et chaque fois qu'elle est convoquée par le Con- 
seil d'Administration, ou sur la demande du quart au moins de se s 
Membres. 

Son ordre du jour est réglé par le Conseil d'Administration. Son 
Bureau est celui du Conseil. 



STATUTS o 

Elle entend les rapports sur la gestion du Conseil d'Administration, 
sur la situation financière et morale de l'Association. 

Elle approuve les comptes de l'exercice clos, vote le budget de 
l'exercice suivant, délibère sur les questions mises à l'ordre du jour, 
et pourvoit au renouvellement des membres du Conseil d'Administra- 
tion. 

Le rapport annuel et les comptes sont adressés chaque année à tous 
les Membres de l'Association. 

Le vote par procuration est admis sur les questions mises à l'ordre 
du jour. 

Art. 8. — Les dépenses sont ordonnancées par le Président. L'As- 
sociation est représentée en justice et dans tous les actes de la vie civile 
par le Président. 

Le représentant de la Société doit jouir du plein exercice de ses 
droits civils. 

Art. 9. — Les délibérations du Conseil d'Administration relatives 
aux acquisitions, échanges et aliénations des immeubles nécessaires au 
but poursuivi par l'Association, constitutions d'hypothèques sur les 
susdits immeubles, baux excédant neuf années, aliénation de biens 
dépendant du fonds de réserve, et emprunts, ne sont valables qu'après 
l'approbation de l'Assemblée générale. 

Art. 10. — Les délibérations du Conseil d'Administration, relatives 
à l'acceptation des dons et legs, ne sont valables qu'après l'approbation 
administrative, donnée dans les conditions prévues par l'article 910 du 
Code civil et les articles 5 et 7 de la loi du 4 février 1905. 

Les délibérations de l'Assemblée générale, relatives aux aliénations 
de biens dépendant du fonds de réserve, ne sont valables qu'après l'ap- 
probation du Gouvernement. 

Art. 11. — La nomination et la détermination des pouvoirs des 
personnes, chargées de diriger des travaux pour le compte de l'Asso- 
ciation, sont réservées au Conseil d'Administration, qui, pour chaque 
cas particulier, prend les mesures nécessaires. 



III. — Fonds de Réserve et Ressources Annuelles. 

Art. 12. — Le fonds de réserve comprend : 

1° La dotation ; 2° Le dixième au moins du revenu net des biens de 
l'Association ; 3' Les sommes versées pour le rachat des cotisations ; 
4° Le capital provenant des libéralités, à moins que l'emploi immé- 
diat n'en ait été autorisé. 






4 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE* 

Art. 13. — Le fonds de réserve est placé en rentes nominatives sur 
l'Etat ou en obligations nominatives de chemins de fer dont le mini- 
mum d'intérêt est garanti par l'Etat. 

Il peut être également employé à l'acquisition des immeubles néces- 
saires au but poursuivi par l'Association. 

Art. 14. — Les recettes annuelles de l'Association se composent : 

1° Des cotisations et souscriptions de ses membres ; 

2° Des subventions, qui pourront lui être accordées ; 

3° Du produit des libéralités dont l'emploi immédiat a été autorisé; 
des ressources créées à titre exceptionnel, et, s'il y a lieu, avec l'agré- 
ment de l'autorité compétente ; 

4° Du revenu de ses biens. 

IV. — Modification des Statuts et Dissolution. 

Art. 15. — Les Statuts ne peuvent être modifiés que sur la propo- 
sition du Conseil d'administration, ou du dixième des membres titu- 
laires, soumise au Bureau un mois avant la séance. 

L'Assemblée extraordinaire, spécialement convoquée à cet effet, ne 
peut modifier les statuts qu'à la majorité des deux tiers des membres 
présents. 

L'assemblée doit se composer du quart, au moins, des membres en 
exercice. 

Art. 16. — L'Assemblée générale, appelée à se prononcer sur la 
dissolution de l'Association, et convoquée spécialement à cet effet, doit 
comprendre, au moins, la moitié plus un des membres en exercice. 
Si cette proportion n'est pas atteinte, l'Assemblée est convoquée de 
nouveau, mais à quinze jours au moins d'intervalle ; et, cette fois, elle 
peut valablement délibérer, quel que soit le nombre des membres 
présents. Dans tous les cas, la dissolution ne peut être votée qu'à la 
majorité des deux tiers des membres présents. 

Art. 17. — En cas de dissolution volontaire, statutaire, prononcée 
en justice ou par décret, ou en cas de retrait de la reconnaissance de 
l'Association comme établissement d'utilité publique, l'Assemblée géné- 
rale désigne un ou plusieurs commissaires, chargés de la liquidation 
des biens de l'Association. Elle attribue l'actif net à un ou plusieurs 
établissements analogues, publics ou reconnus d'utilité publique. 

Ces délibérations sont adressées sans délai au Ministre ne l'Inté- 
rieur et au Ministre de l'Instruction publique. 

Art. 18. — Les délibérations de l'Assemblée générale, prévues aux 
articles 15, 16 et 17, ne sont valables qu'après l'approbation du Gou- 
vernement. 



STATUTS 5 

V. — Surveillance et Règlement intérieur. 

AnT. 19. — Le Président devra faire connaître, dans les trois mois, 
à la Préfecture tous les changements survenus dans l'Administration 
ou la Direction. 

Les registres et pièces de comptabilité de l'Association seront pré- 
sentés sans déplacement, sur toute réquisition du Préfet, à lui-même 
ou à son délégué. 

Le Rapport annuel et les Comptes sont adressés chaque année au 
Préfet, au Ministre de l'Intérieur, et au Ministre de l'Instruction pu- 
blique . 

Art. 20. — Un Règlement, préparé par le Conseil d'administration et 
approuvé par Y Assemblée générale, arrête les conditions de détail, pro- 
pres à assurer l'exécution des présents Statuts. Il doit être adressé au 
Ministre de l'Instruction publique et au Ministre de l'Intérieur. 






REGLEMENT 



Article premier. — La Société s'interdit toute matière étrangère à 
son objet, et notamment toute discussion politique ou religieuse. 

Art. 2. — Tout membre nouvellement élu devra acquitter, dans le 
mois qui suivra son admission, le montant de la cotisation de l'année 
— Il lui sera adressé les Bulletins de Tannée en cours, ayant paru 
avant son admission. 

Art. 3. — Tout membre, qui n'aura pas payé sa cotisation de 
l'année, après deux avis du Trésorier, dont le dernier sera recom- 
mandé, pourra être considéré comme démissionnaire, sur avis du 
Conseil d'Administration. 

Art. 4. — Les cotisations sont mises en recouvrement dans le 
premier mois de l'année par les soins et sur les reçus du Trésorier. 

Art. 5. — Le Président veille à l'exécution «des statuts, dirige les 
délibérations et représente la Société. 

Le Secrétaire général est chargé de l'exécution des décisions du 
Bureau et du Conseil de la Société ; de la correspondance ; de la 
conservation des documents remis ; de la Rédaction et de la Gérance du 
Bulletin périodique ; et, d'une façon générale, de l'exécution de toutes les 
mesures intéressant la Société. 



6 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Le Secrétaire est chargé de la rédaction des procès-verbaux des 
séances et de la préparation des réunions du Conseil d'Administration, 
et des Assemblées générales annuelles. 

Le Trésorier encaisse les recettes de la Société et en solde les 
dépenses. 

Art. 6. — Le Président-fondateur et les Présidents d'honneur sont 
admis aux délibérations du Conseil d'administration. 

Art. 7. '■ — Une séance est tenue le quatrième jeudi de chaque mois, 
au siège de la Société. Des séances supplémentaires pourront être 
organisées, sur la proposition du président. 

Art 8. — Les travaux de chaque séance ont lieu dans l'ordre sui- 
vant : lecture du procès-verbal de la séance précédente ; lecture de la 
correspondance, et communications du secrétaire général ; proclama- 
tion des nouveaux membres; présentations de pièces; communica- 
tions verbales; communications écrites. 

Art. 9. — La Société publie un Bulletin, dans lequel paraîtront les 
travaux présentés par ses membres, et dont il aura été donné connais- 
sance en séance. Aucun travail présenté antérieurement à une autre 
société ne pourra être accepté dans la forme même où il aura été déjà 
produit. 

Art. 10. — Les manuscrits devront être remis au Secrétaire géné- 
ral, dans la semaine qui suivra la séance. Les membres, prenant part 
à une discussion, remettront au Secrétaire général, avant la fin de la 
séance, une note résumant leur argumentation. 

Art. 11. — Tout membre pourra être prié par le Président de con- 
denser un mémoire dont la publication entraînerait des dépenses dis- 
proportionnées avec les ressources delà Société. 

Le Conseil d'Administration de la Société a pleins pouvoirs en ce 
qui concerne la rédaction du Bulletin et décide, en dernier ressort, 
des manuscrits qui doivent y figurer. 

L'enregistrement, dans le Bulletin, des opinions librement émises 
au cours des séances, n'implique ni approbation, ni désapprobation 
de la part de la Société, et n'engage en aucune façon sa responsa- 
bilité. 

Art. 12. — Les auteurs recevront une épreuve, qui devra être retour- 
née, dans un délai maximum de quatre jours, au siège de la Société. 
Passé ce délai, les corrections seront faites d'office. 

Les auteurs devront s'entendre pour les tirés à part avec l'impri- 
meur de la Société. 

Art. 13. — Le Bureau décide du choix des figures. 

Art. 14. — Les membres titulaires et les membres à vie reçoivent 
seuls les publications de la Société. 



CONSEIL D'ADMINISTRATION POUR L'ANNÉE 4941 



I. — Bureau. 



Président : MM. Léon COUTIL. 

Vice-Présidents : H. CHAPELET, DOIGNEAU, 

FOUJU. 
Secrétaire général : D r Marcel BAUDOUIN. 

Secrétaire : Paul de GIVENCHY. 

Trésorier : Maurice GILLET. 

II. — Autres Membres du Conseil. 

1° Membres de Droit. 

MM. Emile RIVIÈRE, Président-Fondateur. 

Adriex de MORTILLET, Président d'Honneur. 
BAUDON (D r ), ancien Président (1908). 
A. GUÉBHARD (D r ), ancien Président (1909). 
Henri MARTIN (D r ), ancien Président (1910). 

2° Membres élus pour 1911. 

MM. ATGIER(D r ), ancien Vice-Président (19 10\ 
BALLET (D r ), ancien Président (1907). 
D r CHERVIN, ancien Président du IV e Congrès (1908). 
Louis GIRAUX, ancien Trésorier (1910). 
Edmond HUE, ancien Vice-Président (1910). 
H. MAROT, ancien Vice-Président (1909). 
E. TATÉ, ancien Vice-Président (1908). 
A. VIRÉ, ancien Vice-Président (1909). 



Adresses : 

Secrétaire général : 21, rue Linné, Paris-V. 

Trésorier : 30, rue Gardenal-Lapostol, Suresnes (Seine)- 



LISTE DES MEMBRES 

DE LA 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

AU 31 DÉCEMBRE 1910 W 



MM. 

Alibert, D. M., Médecin en Chef de l'Hôpital, rue Villenouvelle, 
Montauban (Tarn-et-Garonne). 

Almgren (Oscar), D. M., Statens historiska Muséum, Stockholm-XV 
(Suède). 

Andrieu (Léopold), Capitaine, 41, boulevard de la Liberté, Bourges 
(Cher). 

Antliropological Institute [The Roy aï) of Great-Britain and Ireland, 
50 Great Russel Street, London W. G. (Angleterre). 

Archambault (Marius), Commis principal des Postes et Télégraphes, 
113, r. Notre-Dame-des-Champs, Pai'is-VI. — Nouméa (Nouv.- 
Calédonie). 

Arnaud-d'Agnel (L'abbé G.), Correspondant du Ministère de l'Ins- 
truction publique, 10, rue Monteaux, Marseille (Bouches-du- 
Rhône). 

Atgier, D. M., 20, rue de Paris, Livry (Seine-et-Oise). 

Aubert (X.), Industriel, rue du Havre, Dijon (Côte-d'Or). 

Aubin (E.), Greffier du Tribunal de Commerce, 27, rue Rosette, à Ma- 
mers (Sarthe). 

Aublant (Charles), 26, rue de Strasbourg, Périgueux (Dordogne). 

Aubrée, Pharmacien, Mont-Dol-de-Bretagne (Ille-et- Vilaine). 

Audéoud (Capitaine), 5 e chasseurs, Sézanne (Marne). 

Aveneau de la Granciere (Vicomte), Château de Beaulieu en 
Bignan (Morbihan). 

Aymar (Alphonse), Inspecteur des Contributions directes, 15, ave- 
nue Croix-Morel, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). 

Bachelay (Emile), Agriculteur, Ménerval, par Haussez (Seine-Inf.). 
Baciiimont, D. M., Nogent-sur-Seine (Aube). 

(1) Le nom des membres fondateurs est précédé d'un Astérisque. 



LISTE DES MEMBRES U 

Ballet, D. M., anc. médecin militaire, 20, r. Bonaparte, Paris-VI. 
Baquié (Georges), Géologue, Correspondant de la Société d'Etudes 

des Sciences naturelles de Béziers, Nissan (Hérault). 
Barbier (H.), Pharmacien, Pacy- sur-Eure (Eure). 
Barreau (J.-B.), Conducteur des Ponts et Chaussées, La Haye- 

Descartes (Indre-et-Loire). 
Barthélémy (Antonio), Industriel, Apt (Vaucluse). 
Basgoul (l'abbé Louis), Curé-doyen, Sommières (Gard). 
Baud (Paul), Préparateur à la Faculté des sciences, 37, Bue Gay- 

Lussac, Paris-V. 
Baudon, D. M., Ancien Député de l'Oise, 20, rue du Cardinal- 

Lemoine, Paris-V. 
Baudouin (Marcel), D. M., homme de lettres, 21, r. Linné, Paris-V. 
Baurain (E.), Propriétaire, 10, rue des Boucheries, Compiègne 

(Oise). 
Bazin (A.), Sous-Ingénieur des Ponts-et-Chaussées, en retraite, 

Bebais (Seine-et-Marne). 
Beaupré (Comte Jules), Conservateur au Musée historique Lorrain, 

Correspondant du Ministère de l'Instruction publique, 18, rue 

de Serre, Nancy (Meurthe-et-Moselle). 
Bellefontaine (A. de), Ingénieur, Serrières-Neuchâtel (Suisse). 
Bellucci (Joseph), Professeur à l'Université, Perugia (Italie). 
Bénard (Paul), Astorville, par Callender, Ontario (Canada). 
Benoist (J.) f Directeur de l'Ecole Etienne Dolet, rue de l'Abbaye, 

Hénin-Liétard (Pas-de-Calais). 
Bernard (Jules), 95, rue de Bordeaux, Périgueux (Dordogne). 
Berry (Edwards-E.), Vice-Consul de Grande-Bretagne, Bordighera 

(Italie). 
Bertheau de Chazal (Jules), Notaire, 31, Bue Jean-Macé, à Brest 

(Finistère). 
Berthelot du Chesnay (G.), Château du Vaulorrain, Trédaniel, par 

Moncontour (Côtes-du-Nord) . 
Berthiaux (Paul), Archéologue, Caissier des Usines B. Sachet, Mon- 

tereau (Seine-et-Marne). 
Berthier (Victor), Secrétaire de la Société des Sciences Naturelles, 

Autun (Saône-et-Loire). 
Bertholon, D. M., Correspondant du Ministère de l'Instruction 

publique, 14, rue Saint-Charles, Tunis (Tunisie). 
Bertin (Arcade), Instituteur public dans les Écoles de la Ville, 83, 

rue du Chemin-Vert, Paris-XI. 
Bezzenberger (P r ), D. M., Deuxième Président de la Société alle- 
mande de Préhistoire, Steindwall 1/2, Kônigsberg (Prusse). 
Blanc (Baron Albert), Docteur ès-sciences, Château de Chaney, 

Chambéry (Savoie). 



10 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Blavier (P.), Château de la Bellière, par Montrevault (Maine-et-Loire). 

* Bloch (Adolphe), D. M., 24, rue d'Aumale, Paris-IX. 
Bonaparte (Prince Boland), 10, avenue d'Iéna, Paris-XVI. 
Bonnaud (Louis), Archiviste de l'Académie du Var, 8, rue Truguet, 

Toulon (Var). 

* Bonnet (A. C), 186, boulevard Péreire, Paris-XVIL 

Bonnet (Alexandre), 54, boulev. Bineau, Neuilly-sur-Seine (Seine). 
Bossa\y(J.), Inspecteur des Postes et des Télégraphes, 12, Avenue de 

Paris, à Versailles (Seine-et-Oise). 
Bossavy (Laurent), capitaine d'artillerie coloniale, 34, rue Nicolas, 

Marseille (Bouches-du-Rhône). 
Bosteaux-Paris, Maire, Cernay-lès-Reims (Marne). 
Bottin (Casimir), Receveur des postes en retraite, Ollioules (Var). 
Bougault (Louis), Ingénieur des Arts et Manufactures, 35, rue 

Cortambert, Paris-XVI. 
Bougault (Alfred), Ingénieur des 'Arts et Manufactures, 55, rue de 

Boulainvilliers, Paris-XVI. 
Bouillerot (Raoul), Directeur-fondateur de la Revue préhistorique 

illustrée de l'Est de la France, Fontaine-lès-Dijon (Côte-d'Or). 
Boulanger (C), ancien Notaire, Péronne (Somme). 
Boulet, Villa Sarrobert, à Fleurines, par Pont Sainte-Maxence (Oise). 
Bourgeade (Eloi), Les Planchettes, par Riom-ès-Montagne (Cantal). 
Bourlon (Maurice), Lieutenant au 131 e d'infanterie, 11, rue de 

la Couronne, Pithiviers (Loiret). 
Bourrilly (Joseph), Lie. en droit, Juge de paix, Marguerittes (Gard). 
Boutanquoi (Olivier), Instituteur, Nampcel, (Oise). 
Bout de Charlemont (H.), 21, r. Pierre-Dupré, Marseille (Bouches- 
du-Rhône). 
Boyard (Charles), Instituteur, Nan-sous-Thil, par Précy-sous-Thil 

(Côte-d'Or). 
Brasseur, Sous-Ingénieur des Ponts et Chaussées, Gournay-en- 

Bray (Seine-Inférieure). 
Breuil (l'abbé), Professeur de Préhistoire à l'Institut international 

de Paléontologie humaine, 110, rue Demours, Paris-XVIL 
Brice (Henry), Sergent au 4 e régiment d'infanterie, Auxerre (Yonne). 
Brice-Cardot (M me ), 26, rue Gay-Lussac, Paris-V. 
Brochet, 210, boulevard delà Villette, Paris-XIX. 
Broeck (Ernest Van den), Conservateur du Musée royal d'Histoire 

naturelle, Secrétaire général honoraire de la Société belge de 

Géologie, 39, place de l'Industrie, Bruxelles (Belgique). 
Brulard, D. M., 2, rue Amiral-Ronsin, Dijon (Côte-d'Or). 

Cahen (Albert), Receveur des hospices, 67, boulevard François I er , 
Le Havre (Seine-Inférieure). 



LISTE DES MEMBRES 1 I 

Calmels (L'abbé A.), curé, Saint-Rémy-de-Laguiole(Aveyron). 

Camichel (P.), D. M., Médecin-major de 2 e classe au 24 e régiment 
d'infanterie, 25, rue Cail, Paris-X. 

Camps (M me Pauline), Officier d'Acad., 62, r. Cortambert, Paris-XVI. 

Camus (Paul), 15, boulevard Henri IV, Paris-IV. 

Cancalon, D. II'., 31, rue Saint-Placide, Paris-VI. 

Cantacuzène (Le Prince Georges), ancien Diplomate, 13, rue de la 
Trémoille, Paris-VIII. 

Carnis, 66, boulevard Pasteur, Paris-XV. 

Cartailhac (Emile), Correspondant de l'Institut, Professeur de 
Préhistoire à la Faculté des Lettres, 5, rue de la Chaîne, 
Toulouse (Haute-Garonne). 

Cartereau, Agent voyer. Montfort-le-Rotrou (Sarthe). 

Cathblin (F.), D. ML, 21, rue Pierre-Charron, Paris-XVI. 

Cassix (Paul), D. M., 15, place du Palais, Avignon (Vaucluse). 

Cazalis de Foxdouce, Ingénieur civil, 18, rue des Etuves, Mont- 
pellier (Hérault). « 

Cazenave (le Commandant), Géologue, kbis, rue Mertens, Bois- 
Colombes (Seine). 

Cesario (Jules), 6, rue de Vanves, Paris-XIV. 

Chaillan (L'abbé Joseph), curé, Quinson (Basses- Alpes). 

Chance (Gaston), Archéologue, Mailly (Marne). 

Chantre (E.), Fontville, par Ecully (Rhône). 

Chapelet (H.), Caissier central de la Compagnie P. L. M., 25, rue 
du Petit-Musc, Paris-IV. 

Charvilhat (G.), D. M., 4, r. Blatin, Clermont-Ferrand (P.-de-D.). 

Chatelet (C), 32, rue du Vieux-Sextier, Avignon (Vaucluse) . 

Chaumier 'Edmond;, D M., Directeur de l'Institut vaccinal, 4, rue 
Corneille, Tours (Indre-et-Loire). 

Chauvet (Gustave), Notaire, RufTec Charente). 

Chédeville (P.-J.), Vice-président de la Société normande d'Études 
préhistoriques, Gisors (Eure). 

Chervin, D. M., ancien président de la Société d'Anthropologie de 
Paris, 82, avenue Victor-Hugo, Paris-XVI. 

Chevallier (Pierre), 8, Place Dancourt, Paris-XVIII. 

Chiris (Marcellin), Rec. des Postes et Télég., à Grasse (A. -M.). 

Clair (Louis), Administrateur des biens des Aliénés de la Seine, 
6, rue Freycinet, Paris-XVI. 

Clastrier (Stanil), Sculpteur-statuaire, Prof, à l'Ecole des Beaux- 
Arts, 20, rue Saint-Sépulcre, Marseille (Bouches-du-Rhône). 

Clément (Paul), Instituteur, Artins, par Couture (Loir-et-CherJ. 

Cloutrier, Sous-ing. des Ponts et Chaussées en retr., Gien (Loiret). 

Collaye (Adrien), Agent principal des Chemins de Fer, Signy- 
1 Abbaye (Ardennes). 



12 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Colas (Ernest), Bonnières-sur-Seine (Seine-et-Oise). 
Collet (A.), Curé de Wavrans-sur-1'Aa, par Lumbres (Pas-de-Calais). 
Colleu (J.-B.), Huissier, Collinée (Côtes-du-Nord). 
Commoxt (V.), Professeur à l'Ecole normale, 7, Avenue d'Edim- 
bourg, Amiens (Somme). 
Conil (Aug.), 148, r. de la République, Ste-Foy-la-Grande (Gironde). 
Conilh de Beyssac, 18, rue Boudet, Bordeaux (Gironde). 
Corot (Henry), Archéologue, Savoisy (Côte-d'Or). 

* Costa de Beauregard (Comte Olivier), Sainte-Foy, par Longueville 

(Seine-Inférieure). 
Cotte (Ch.), notaire, Pertuis (Vaucluse). 
Courrent, D. M., Tuchan (Aude). 

* Courty (Georges), Géologue, 35, rue Compans, Paris-XIX. 
Cousset (Arthur), Commis principal des Contributions indirectes, 

Etaules (Charente-Inférieure). 

* Coutil (Léon), Correspondant du Ministère de l'Instruction pu- 

blique, Saint-Pierre du Vauvray (Eure). 
Crova (M me B.), 27, Rue Asselin, à Cherbourg (Manche). 
Crova, Capitaine de frégate, 27, rue Asselin, Cherbourg (Manche). 

Dabadie (Frédéric), 132, rue de la Victoire, Bruxelles (Belgique). 

* Daleau (François), Bourg-sur-Gironde (Gironde). 
Dalmon (H.), D. M., Bourron-Marlotte (Seine-et-Marne). 
Dauphin (Louis), Pharmacien-naturaliste, Carcès (Var). 
Déchelette (Joseph), Conservateur du Musée, Roanne (Loire). 
Deglatigny (Louis), 11, rue Biaise-Pascal, Rouen (Seine-Infér.). 
Delamare (Joseph), 10, rue de la Pompe, Paris-XVI. 
Delaporte (R.), Docteur en droit, Avoué, Chateaulin (Finistère). 
Delaunay (Henri), Ingénieur des Arts et. Manufactures, 51, avenue 

Bugeaud, Paris-XVI (L'Hiver, La Malboschette, Grasse, Alpes- 
Maritimes). 

Delfino (Victor), Directeur de YAnuario cientifico e industrial, 3506, 
Avellaneda, Buenos-Aires (République Argentine). 

Deloncle, Conseiller d'Etat, 2, rue Miguet, Paris XVI. 

Delort (J.-B.), Professeur en retraite, Cosne (Nièvre). 

Delugin, Archéologue, rue de la Boétie, Périgueux (Dordogne). 

Delvixcourt (E.), Archéologue, Crécy-sur-Serre (Aisne). 

Denier, Etudiant en Médecine, 25, rue Nicolo, Paris-XVI. 

Denoyelle (L.), Artiste-peintre, 3, rue d'Amiens, Beauvais (Oise). 

Dervieu (Le Lieut. -Colonel), 4, rue du Doyen, à Bourges (Cher). 

Desailly (L.), Ingénieur civil des mines. 44, rue Nicolo, Paris-XVI. 

* Desforges (A.), Instituteur, Fléty, par Luzy (Nièvre). 
Desloges (Armand), Présidentde la Société Normande d y Etudes pré- 
historiques, Rugles (Eure). 



LISTE DES MEMBRES \'à 

Desmazières (0.), Receveur particulier des finances, Segré (Maine- 
et-Loire). 
Deydier (Marc), Notaire, Cucuron (Vaucluse). 
Deyrolle, D. M., Médecin-major au 1 er Régiment de Zouaves, au 

Fort de Nogent- sur-Marne (Seine). 
Deyrolle Les fils d'Emile , Naturalistes, 46, rue du Bac, Paris-VII. 
Dharyent, Membre de la Commission départementale des Monu- 
ments historiques, Château de la Folie, 42, rue du Faubourg- 

Saint-Pry, Béthune (Pas-de-Calais). 
Dickins (F. -Victor), ancien Registrar de l'Université de Londres, 

Seend Lodge, Seend (Wilts) (Angleterre). 
Doigneau A.), Conservateur du Musée, 45, Boulevard Thiers, 

Fontainebleau (Seine-et-Marne) . 
Dollot (Auguste), Ingénieur, Correspondant du Muséum d'Histoire 

naturelle de Paris, 136, Boulevard Saint-Germain, Paris-VI e . 
Douet (Désiré), Archéologue, Valmondois (Seine-et-Oise). 
Dramard, 9, rue Saint-Vincent, Fontenay-sous-Bois (Seine). 
Driotox C), Membre de la Commission des Antiquités de la Cote- 

d'Or, Chemin de Fontaine, 29, Dijon (Côte-d'Or). 
Duralen (E.), Directeur du Musée, Mont-de-Marsan (Landes). 
Durlaxge (A.), Pharmacien de i re classe, Le Fleix (Dordogne). 
Durreuil-Chamrardel Fils, D. M., 3, rue Jeanne-d'Arc, Tours 

(Indre-et-Loire). 
Durus, Econome honoraire des Hospices du Havre, 2 et 4, petite 

rue du Marquis, Neufchàtel-en-Bray (Seine-Inférieure). 
Du Chatellier (Paul), Président de la Société archéologique du 

Finistère, au château de Kernuz, Pont- l'Abbé (Finistère). 
Ducourtioux, Rue Thiers, 25, Vannes (Morbihan). 
Dumas (M me Vve U.), Baron, par Saint-Chaptes (Gard). 
Duplessis-Fourcadd (René), château des Trois-Moulins, Saint- 

Emilion (Gironde). 
Dupont (E.), Directeur des Docks, Le Havre (Seine-Inférieure). 
Duquesne (Robert), Homme de lettres, Brionne (Eure). 
Durand (Charles), Bourron (Seine-et-Marne). 
Duvaux (Léon), Professeur d'Histoire au Collège, 108, rue du Pont, 

Bonneville (Haute-Savoie). 
Dymond (Charles William), F. S.A., Sawrey,Ambleside (Angleterre). 

Ede (Frédéric), Artiste peintre, Montigny-sur-Loing (Seine-et- 
Marne). 

Espina (Olivier), Commis des Contrib. directes, Gafsa( Tunisie). 

Evrard (Charles), Notaire, Maire, Varennes-sur-Argonne (Meuse). 

Exsteens (Louis), Ancien pharmacien, 21, rue de Loxum, Bru- 
xelles (Belgique). 



44 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Fages (A.), Régisseur, Rivoire-de-Cazillac, près Garcassonne 

(Aude). 
Féraud, Agent-voyer cantonal, Reraoulius (Gard). 
Ferton (Le G' Charles), Chef d'escadron d'artil. en retraite, Boni- 

facio (Corse). 
Fessard (R.), Membre de la Société des Naturalistes de Levallois- 

Perret et de la Société liistorique d'Auteuil et de Passy, 60, rue 

Cortarabert, Paris-XVI. 
Feuvrier (Julien), Conservateur du Musée archéologique, 8, rue 

des Romains, Dole (Jura). 

* Fiévé (G.), D. M., Jallais (Maine-et-Loire). 

Flamand (G. B. M.), Prof. Éc. Sup.Sc, Dir. Serv. Géol. des Terri- 
toires du Sud, 87, rue Michelet, Alger-Mustapha (Algérie). 

Fleurieu (Comte Alphonse de), 26. avenue Kléber, Paris-XVI. 

Fleury, Capitaine, 3 e Spahis, Batna (Algérie). 

Foris (François), Représentant de commerce, 24, rue d'Italie, Tunis 
(Tunisie). 

Forel (F. A.), D. M., Professeur honoraire, Morges, Vaud (Suisse). 

Forrer (G. R.), D r Phil,Universitatsstrasse,4, Strasbourg (Alsace). 

Fortes (José), Avocat, 125, rua da Rainha, Porto (Portugal). 

Foucault (Eugène), 50, rue de Messei, Fiers (Orne). 

Fougerat (Emile), Ingénieur des Mines, 46, rue Mozart, Paris-XVI. 

* Fouju (G.), Vice-président de la Société d' Excursions scientifiques 

33, rue de Rivoli, Paris-IV. 
Fouquet (Camille), Député de l'Eure, 161, boulevard Haussmann, 

Paris-VIII. 
Franchet (L.), 11, rue Barreau, Asnières (Seine). 
François, D.M., Maire, Aluze, par Saint-Léger-sur-Dheune (Saône- 

et-Loire). 
Frappier, Archéologue, Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise). 
Fuchs (A.), Libraire-Editeur, Saverne (Alsace). 

Gadant (René), Conservateur du Musée de l'Hôtel Rolin, Autun 

(Saône-et-Loire). 
Gadeau de Kerville (Henri), Naturaliste, 7, rue Dupont, Rouen 

(Seine-Inférieure). 
Gaillard, Conservateur du Musée, Muséum d'Histoire naturelle, 

Lyon (Rhône). 
Gaillot (Henri), 3, r. des Pavillons, Champigny-sur-Marne (Seine). 
Gardez (Honoré), Archéologue, rue de Pouilly, Reims (Marne). 
Gardner (Willoughby), F. L. S., Y Berlfa, Deganwy(N. Wales), 

Angleterre. 
Garrisson (Eugène), 19, rue des Augustins, Montauban (Tarn-et- 

Garonne). 



LISTE DES MEMBRES 15 

Gasser (A.), Directeur de la Revue d'Alsace, Mantoche (Haute-Saône). 
Gaudelette (Le Général), 48 bis, rue d'Auteuil. Paris-XVI. 
Gaurichox (Le Commandant J.), de la 9 e section militaire, 58, rue de la 

Fuie, Tours (Indre-et-Loire). 
Géneau (Ch.), Etudiant, 8, rue de l'Abbé-de-l'Epée, Paris-V. 
Geuthner (Paul), Libraire-antiquaire, 68. rue Mazarine, Paris-Vl. 
Gidox,D. M., Docteur ès-sciences, Professeur à l'Ecole de Médecine, 

12, rue Singer, Caen (Calvados) . 
Gilrert (Th. , D. M., 55, rue de la Concorde, Bruxelles Belgique). 
Gillet (Maurice), Ancien Inspecteur des Postes et des Télégraphes, 

30, rue Gardenat-Lapostol, Suresnes (Seine). 
Gimox, Capitaine, 143 e Bégiment d'Infanterie, Castelnaudary (Aude). 
Girardot (Abel), Conservateur du Musée, 28, rue des Salines, Lons- 

le-Saunier (Jura). 
Girardot (Pierre), 52, boulevard Emile-Augier, Paris-XVI. 
Giraux (Henri), 22, rue Saint-Biaise, Paris-XX. 
Giraux (Louis), 11, rue Eugénie, Saint-Mandé (Seine). 

* Givexchy (Paul de), 84, rue de Bennes, Paris-VI. 
Gorert (E.), D. M., Bedeyeff (Tunisie). 

Gorillot (Louis), D. M., Maire, Conseiller d'arrondissement, La 
Trimouille (Vienne). 

Gory (Paul), Vice-président de la Société Archéologique de Provence, 
5, boulevard Victor-Hugo, Grasse (Alpes-Maritimes). 

Gorey, Homme de lettres, 7, rue Duperré, Paris-IX. 

Gorodzow (Basil A.), Professeur, Musée Historique Impérial, Mos- 
cou (Bussie). [Mockba; Nemopureckiù Myzéùs]. 

Goury (Georges), Conservateur au Musée historique Lorrain, 5, rue 
des Tiercelins, Nancy (Meurthe-et-Moselle). 

Ghaff, Directeur de l'Ecole municipale, Issou, par Gargenville 
(Seine-et-Oise). 

* Granet (Léonce), Propriétaire, Boquemaure (Gard). 
Grillet (E.)., Propriétaire, Igé (Saône-et-Loire). 

* Guérhard (Adrien), D. M., Professeur agrégé delà Faculté de 

Médecine de Paris, Saint- Vallier-de-Thicv (Alpes-Maritimes); et 

4, rue de l'Abbé-de-l'Epée, Paris-V. 
Guérhard (Paul), Administrateur adjoint des Colonies françaises, 

33, avenue Henri-Martin, Paris-XVI. 
Guérhard (Boland), attaché aux Affaires Indigènes du Gouv. de 

l'Afrique Occidentale, à Ouassou, par Toumodi (Côte-dTvoire). 
Guelliot (Octave), D. M., 9, rue du Marc, Beims (Marne). 
Guenin (G.), A. U., Professeur au Lycée, Brest (Finistère). 
Guichard (Xavier), Commissaire de Police de la Ville de Paris, 

11, place Denfert-Bochereau, Paris-V. 
Guillaume, D. M., rue de Bourgogne, Beims (Marne). 



16 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Guillon (André), 15, rue Bouchut, Paris-XV. 

Guili.ot (l'abbé), Curé, Solutré (Saône-et-Loire). 

Guimet (Emile), Directeur du Musée Guimet, Musée Guimet, Paris. 

Haake (Ernest), D. M., Conservateur du Musée, 7, Frederick Wil- 

helm Strasse, Braunschweig (Allemagne). 
Hamonic, D. M., 7 ter, rue Glauzel, Paris-IX. 

* Hanotaux (G.), ancien Ministre, Membre de l'Académie française, 

15, rue d'Aumale, Paris-IX. 
Harlé, Ingén. en chef des Ponts et Gh., 35, rue Fourcaud, Bordeaux. 

(Gironde). 
Harmois (A. L.), 14, rueFardel, Saint-Brieuc (Gôtes-du-Nord) . 
Hauser (0.), Archéologue, Bâle (Suisse). 
Hébert (M.), 99, boulevard Arago, Paris-XIV. 
Heierli (P r Jacob), Professeur de Préhistoire, Pestalozzistrasse, 37, 

Zurich (Suisse). 
Henriot, 183, boulevard Voltaire, Paris-XI. 
Heuzé, Chef de bataillon en retraite, Sézanne (Marne). 
Heuzé (Henri), 110, rue de Paris, Vincennes (Seine). 
Hommey (J.), D. M., Sées(Orne). 

Hongres (Maurice), Agriculteur, Les Loges, par Attichy (Oise). 
Houssay (F.), D. M., Pont-Levoy (Loir-et-Cher). 

* Hue (Ed.), Médecin-vétérinaire, 60, rue de la Pompe, Paris-XVI. 
Hugueniot, Employé de banque, Pressagny-l'Orgueilleux, par Ver- 
non (Eure). 

Hugues (Albert), Saint-Geniès-de-Malgoires (Gard). 

Huret, Ingén. des Arts et Manuf., 24, pi. Malesherbes, Paris-XVII. 

Icard, D. M., 8, rue Colbert, Marseille (Bouches-du-Bhône). 
Imbert (Martial), 31, rue de Navarin, Paris-IX. 

Jacques, D. M., Secrétaire général de la Société d'Anthropologie de 
Bruxelles 42, rue du Commerce, Bruxelles (Belgique). 

Jacquot (Lucien), Avocat, Juge honoraire, 6, rue Fantin-Latour, 
Grenoble (Isère). 

Jarraud (Albert), Propriétaire, 10, rue de Metz, Cognac (Charente). 

Jarricot (J.), D. M., Chef de Laboratoire à la Faculté de Médecine, 
9, Cours Gambetta, Lyon (Rhône). 

Joleaud (L.), 16, Plage du Prado, Marseille (Bouches-du-Rhône). 

Jouanel, Avoué, Bergerac (Dordogne). 

Jousset de Bellesme, D. M., Château Saint-Jean, Nogent-le-Rotrou 
(Eure-et-Loir). 

Jullian (Camille), Professeur au Collège de France, 30, rue du Lu- 
xembourg, Paris- VI. 

Jullien (J.), D. M., Joyeuse (Ardèche). 



LISTE DBS MEMBRES 17 

Karo (D r Georg), Institut archéologique allemand, 2, rue Phidias, 

Athènes (Grèce). 
Kessler (Fritz), Manufacturier, Soulzraatt (Alsace). 
Klaatsch (Hermann), D. M., Prof. d'Anatomie, Breslau (Allemagne). 
Kossixxa (D r Gustaf), Professeur à l'Université, Président de la 

Société allemande de Préhistoire, Karlstrasse, n° 10, Gross- 

Lichterfelde, Berlin -W. (Allemagne). 
Kreutzer, Artiste-peintre, 44, rue de la Pompe, Paris-XVI. 
Kungl .-Vitterhets Historié och Antikvites Akademien , Stockholm (Suède). 

Lablotibr (Anatole), Archéologue, Bourogne (Territoire de Belfort). 

Laboratoire de Géologie, Faculté des Sciences de l'Université, Besan- 
çon (Doubs). 

Lacoulodmère (G.), Sous-Préfet, Redon ,'Ille-et- Vilaine). 

Lafay (Gilbert), 5, rue du Bel-Air, Mâcon (Saône-et-Loire). 

Lalaxxe, D. M., D. Se, Gastel d'Andorte, Le Bouscat (Gironde). 

Lamotte (Louis), D. M., Ancien interne des Hôpitaux de Paris, 
place Ernest-Gérard, Beauvais (Oise). 

Langlassé (René), 50, rue Jacques-Dulud, Neuilly-sur-Seine (Seine). 

Laprévotte (P.), Membre de la Société d? Archéologie Lorraine, 40, 
rue Victor-Hugo, Nancy (Meurthe-et-Moselle). 

Larmigny, Industriel et Archéologue, Château- Porcien (Ardennes). 

Lazard (F.), Propriétaire, Maire de Sivergues, Apt (Vaucluse). 

Lecomte du Noùy (Jacques), 30, boulevard Flandrin, Paris-XVI. 

Le Coniat (Victor), Instituteur, Trégomer, par Lamballe (G.-du-N.). 

Léger, Juge de paix suppléant, La Boissière (Oise). 

Lehmann-Nitsche (D r Robert), Professeur à l'Université, Conserva- 
teur du Museo nacional, La Plata (République Argentine). 

Leloutre (Stanislas), Membre de la Soc. Arch. de Soissons, 2, Impasse 
du Château, Soissons (Aisne). 

Lbmesnil (H.), Agent- voyer du Canton du Havre, 49, Rue Jacques 
Louer, Le Havre (Seine-Inférieure). 

Le Maire (André), 143, boulevard Saint-Michel, Paris-V. 

Le Marchand (Augustin', Ingénieur-constructeur, Les Chartreux, 
Petit-Quevilly, près Rouen (Seine-Inférieure). 

Lemoixe (René), 6, rue Croix-des-Teinturiers, Châlons-sur-Marne 
(Marne). 

Lénez, D. M., Médecin-major de l re classe, Médecin Chef des salles 
militaires de l'Hospice mixte de Commercy (Meuse). 

Le Pileur, D. M., Médecin de Saint-Lazare, 15, rue de l'Arcade, 
Paris- VIII. 

Leprixce (M Ue Marie^, Sarcelles (Seine-et-Oise). 

Le Roux (Marc), Docteur ès-sciences, Conservateur du Musée, 
Annecy (Haute-Savoie). 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 2 



18 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Leroy, Membre de la Société Normande d'Etudes Préhistoriques, 
Saint-Paul-sur-Rille, près Pont-Audemer (Eure). 

Leroy (Georges), Directeur d'École, r. Jeau-Macé, Le Mans (Sarthe). 

Letailleur, à Baigts, par Montfort-en-Chalosse (Landes). 

Létienne, D. M., 8, rue des Creux, à Louveciennes (Seine-et-Oise). 

Levistre (Louis), Instituteur à Golbert, commune mixte des Rirha, 
département de Gonstantine (Algérie). 

Lewis (A. L.), 35, Beddington Gardens, Wallington (Surrey), An- 
gleterre. 

Lïssajous (Marcel), Géologue, 10, quai des Marans, Mâcon (Saône- 
et-Loire). 

Lorrin (Victor), Ancien directeur des Salins de Dax, Dax (Landes). 

Lourère de Longpré (M me ), 3, rue Vézelay, Paris-Vlll. 

Luppé (M me la Marquise de), 29, rue Barbet-de-Jouy, Paris-VII. 

Mac Curdy (Georges Grant), 237, Ghurch Street, New-Haven, 

Connecticut (Etats-Unis). 
Macry-Gorreale (Francesco), Professeur de pédagogie, Real 

Scuola Normale, Grema (Italie). 
Maire (A.), Bibliotbécaire à la Sorbonne, 15, rue de Jussieu, 

Paris-V. 
Malaussène (J.), Juge au Tribunal civil, Garpentras (Vaucluse). 
Mai.ga (abbé), Gels, par Luzech (Lot). 

Mallet (Auguste), La Roche, par Palaiseau (Seine-et-Oise). 
Mann (F. W.), D. M., Villino Romano, Alassio (Genova) (Italie). 
Manteyer (G. de), Archiviste paléographe, ancien membre de 

l'Ecole française de Rome, Château de Manteyer, près La-Roche- 

des-Arnauds (Hautes-Alpes), 34, quai de Béthune, Paris-IV. 
Marchadier (René), 20, rue de l'Isle-d'Or, à Cognac (Charente). 
Marignan (Emile), D. M. , Marsillargues (Hérault). 
Marin-Tarouret (H.), Instituteur, rue du Vallon, ll a , Marseille 

(Bouches-du-Rhône) . 
Marlot (Hippolyte), Géologue, Villa Bellevue, Toulon-sur-Arroux 

(Saône- et-Loire). 
Marmagne (A.), Commis des Ponts-et-Chaussées, Goulommiers 

(Seine-et-Marne). 

* Marmottan(H.), Ingén. des Mines, 10, r. Edmond-Valentin, Paris-VII . 

* Marot (Henri), 25, rue Bergère, Paris-IX. 

Martel (E.-A.), Directeur de La Nature, 23, rued'Aumale, Paris-IX # 
Martel (Louis), Notaire, Sault (Vaucluse). 
Martin (Anfos), Inspecteur primaire, Montélimart (Drôme). 
Martin (Bernard Henri-), Etudiant, 50, rue Singer, Paris-XVI. 
Martin (Charles-Henri) (Madame), 60, r. Boulainvilliers, Paris-XVI. 

* Martin (Henri), D. M., 50, rue Singer, Paris-XVI. 



LISTE DES MEMBRES 19 

Màrton (Louis de , D. M., Conservateur-adjoint du Musée National 

hongrois, Budapest (Hongrie). 
Martz, Conseiller à la Cour, 30, rue des Tiercelins, Nancy (Meurthe- 
et-Moselle). 
Masfrand (A.), Président de la Société Les Amis des Sciences et des 

Arts, Rochechouart Haute-Vienne). 
Massé (Ed.), 8, rue Saint-Faron. Meaux (Seine-et-Marne). 
Matthis Charles), Propriétaire, Niederbronn (Vosges-Alsace). 
Maucourt (Adrien), Licencié en droit, 190, boulevard Pereire, 

Paris-XVIL 
Maudemaix, Palethnologue, 118, Boulevard Voltaire, Paris-XL 
Mautalext (M me ), 10, rue de la Pompe, Paris-XVI. 
Mazéret (Ludovic), à Viella (Gers). 

Mexaxd (Emile), Avoué, rue Saint-Saulge, Autun (Saône-et-Loire). 
Mexxetrier (Ch. , Lieutenant au 77 r régiment d'Infanterie, Cholet 

(Maine-et-Loire). 
Meurisse (Georges), Archéologue, 33, rue de Tambour, Reims 

(Marne). 
Migcet (Emile), 1, Boulevard Henri-IV, Paris-IV. 
Miquel (Jean), Barroubio, par Aiguevives (Hérault). 
Moingeox (A.)., rue de la Gare, Nuits-Saint-Georges (Côte-d'Or). 
Moirexc, Agent-voyer cantonal, Bonnieux (Vaucluse). 
Mollandin (H.; Capitaine au 1 er Escadron du Train, Lille (Nord). 
Moreau, Pharmacien honoraire, 56, Boulevard Blossac, à Chatelle- 

rault (Vienne). 
Moreau de Néris, Associé correspondant national de la Société des 

Antiquaires de France, Airebelle, par Arpheuilles-Saint-Priest 

(Allier). 
Morel (Gaston), 55, rue Jeanne-d Arc, Rouen (Seine-Inférieure). 
Morgand (E.), D. M., L. D., rue Saint-Fuscien, 58, Amiens 

(Somme) 
Morin (Jean), Artiste-peintre, 33 bis, boulevard de Clichy, Paris-IX. 
Morisson (Henri), D. M., 2, rue Paul-Saunière, Paris-XVI. 
Mortillet (Adrien de), Professeur à l'Ecole d'Anthropologie, 22, 

avenue Reille, Paris-XIV. 
Mortillet (Paul de), 36, boulevard Arago, Paris-XIII. 
Mourier (J.j, 41, rue de la Concorde, Bruxelles (Belgique). 
Mousson-Laxauzb (D'), Ancien interne, Officier d'académie, place 

de la Tourelle 3 bis, Saint-Mandé (Seine). 
Mùi.ixex (D r E., Comte de), Consul général d'Allemagne, 66, Muris- 

talden, Berne (Suisse). 
Mïiller (H.), Bibliothécaire à l'Ecole de Médecine. Conservateur du 

ttasée Dauphinois, Grenoble -Isère). 
Munro (Robert), Elmbank, Largs, Ayrshire (Ecosse). 



20 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Musées royaux des Arts décoratifs et industriels (Le Conservateur 

des), Parc du Cinquantenaire, Bruxelles (Belgique). 
Museo nacional (J. Arechavaleta, Dir.), Montevideo (Uruguay). 

Naulin, D. M., 72, Boulevard de Bercy, Paris-XII. 

Nbrson (Fernand), Valréas (Vaucluse). 

Neveu (Raymond), D. M., 141, rue de Paris, Clamart (Seine). 

Nobis (Charles), D. D., Avocat à la Cour d'Appel, 13, boulevard 
Montparnasse, Paris- VI. 

Noël (Jean), La Tour, St-Max, près Nancy (Meurthe-et-Moselle). 

Novital (Albert de), 3, rue des Dominicains, Nancy (Meurthe-et- 
Moselle). 

* Ovion, D. M., Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). 

Pagès-Allary (Jean), Industriel, Murât (Cantal). 

Pallary (Paul), Instituteur public, Eckmuhl (Oran, Algérie). 

Paniagua (A. de), Archéologue, 11, rue Christiani, Paris-XVIII. 

Paris (Félicien), avocat à la Cour d'Appel, 31, rue Baudin, Paris-IX. 

Pas (Le Comte Edmond de), Cagnes (Alpes-Maritimes). 

Passemard (Emmanuel), 16, rue Spontini, Paris-XVI. 

Patte (Etienne), 79, rue du Connétable, Chantilly (Oise). 

Paul (M me ), 5, rue Justin-Paul, Etain (Meuse). 

Paul (Félix), 5, rue Jnstin-Paul, Etain (Meuse). 

Pavlow (A. P.), Professeur de Géologie à l'Université, Moscou 

(Russie). 
Peabody (Charles), Instructor in European Archeology, Harvard 

University, Cambridge, Mass. (U. S. A.). 
Péchadre, D. M., Député de la Marne, 25, rue Bergère, Paris-IX. 
Pellati (Franz), D. Se, Piazza San Claudio, 96, Roma (Italie). 
Pellegrin (Charles), Ingénieur civil des Mines, 43, rue Vital, 

Paris-XVI. 
Pereira (D r J. Alves), 101, rue Carlos I, Lisbonne (Portugal). 
Perrier (Louis), D. M., Professeur chargé du cours d'Anthropologie 

à la Faculté libre protestante, rue du Moustier, 8, Montauban 

(Tarn-et-Garonne). 
Perrin-Couvreur, Viticulteur, Rilly-la-Montagne (Marne). 
Peyrot, D. M., Sénateur, Membre de l'Académie de Médecine, 33, 

rue La Fayette, Paris-IX. 
Pézard (Georges), Lieutenant au 51° d infanterie, 90, rue du Com- 
merce, Paris-XV. 
Philippe (L'abbé J.), Curé, Breuilpont (Eure). 
Philippe (Eugène), Percepteur, rue du Faubourg-Saint-André, 

Beauvais (Oise). 



LISTE DES MEMBRES 21 

Pigorim (D r Louis), Directeur du Museo Preistorico, Etnografico et 
Kircheriano, 26, Via Collegio Romano, Roraa (Italie). 

Pinchon, D. M., Médecin aide-major de i re classe, au 2 e spahis, 
Bel-Abbès (Algérie). 

Pirsoui. iFernand), 14, rue François- Du fer, Salzinnes, Namur (Bel- 
gique). 

Pistât, Bezannes, par Beims (Marne). 

Plessier (L.), Ancien Président de la Société historique, 9, rue de 
Lancrv, Corupiègne (Oise). 

Pokrowsky (Alexandre), Professeur agrégé de l'Université de Khar- 
kov, rue Technologuitcheskaja, Kharkov (Bussie). 

Polak (D r Antoine), Geska Bealka, Budéjovice, Bohème (Autriche). 

Pol-Baudet, 1, rue du Moulin, Crécy-sur-Serre (Aisne . 

Poulain (Georges!, Archéologue, Saint-Pierre-d'Autils(Eure . 

Poutiatine Prince Paul Arsenievitch), Perspective Gresgue, 6, Saint- 
Pétersbourg (Bussie). 

Puech (Gh.), Ingénieur des Ponts et Chaussées, Aurillac (Cantal). 

Quilgars H.), 24, rue de la Petite Cité,!Evreux (Eure). 

Ramond-Gontaud, Assistant au Muséum, 18, rue Louis-Philippe, 

Xeuilly-sur-Seine (Seine). 
Batixet (M.), Inspecteur des Contributions indirectes, Chaumont 

(Haute-Marne). 
Rau Général de division, du cadre de réserve), 67, rue de Miromesnil, 

Paris-VlII(Hiver), — La Prêcheuse, près Sedan (Ardennes)(Eté). 
Raymond (Paul), D. M., Professeur agrégé des Facultés de médecine, 

34, avenue Kléber, Paris-XVI . 
Rayxaud (Georges), Directeur-adjoint à l'Ecole des Hautes Etudes, 

6, rue Pestalozzi, Paris- V. 
Beber (B.i, Conseiller municipal, Conservateur du Musée épigra- 

p/u'que, 3, cour Saint-Pierre, Genève (Suisse . 
Benault (Georges], Conserv. du Musée, Vendôme (Loir-et-Cheri. 
Reymer (Ph.), Lizy-sur-Ourcq (Seine-et-Marne). 
Riallaxd (Marcel), Pharmacien de l re cl. (V. P.), Saint-Brieuc 

Côtes-du-Nord). 
Bivièrb (Emile), Directeur à l'Ecole des Hautes Etudes au Collège 

de France, 2, Bd. de Strasbourg, Boulogne-sur-Seine (Seine). 
Bobert (A.), Directeur de Banque, Bordj-bou-Arréridj (Constan- 

tine, Algérie). 
Rodet (Paul), D. M., Villa Le Svastika, Boulevard de la Mantega, 

Nire (Alpes-Maritimes). 
Rœrich Nicolas), Directeur de l'Ecole de la Société impériale d'En- 
couragement des Beau.r- Arts, 83,yioïka, St-Pétersbourg (Russie;. 



22 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Rollet(H.), Président de Y Association des Naturalistes de Levallois- 
Perret, 62, rue Voltaire, Levallois-Perret (Seine). 

Romain (Georges), Courtier, Correspondant de l'Ecole d'Anthropo- 
logie de Paris, 26, rue du Gymnase, Sainte-Adresse (Seine- 
Inférieure). 

Roseville des Grottes, lzestes, par Lonvic-Juzon (Basses- 
Pyrénées). 

Rothschild (Baron Edmond de), 41, faub. St-Honoré, Paris-VIII. 

Rothschild (Baron Gustave de), 23, rue Marigny, Paris-VIII. 

Rougé (Jacques), Ligueil (Indre-et-Loire). 

Roussel (Georges), Négociant, Les Grandes Ventes (Seine-Infé- 
rieure). 

Rouxel (Georges), 58, quai Alexandre III, Cherbourg (Manche). 

Rutot (A.), Conservateur du Musée Royal d'Histoire. Naturelle de 
Belgique, 189, rue de la Loi, Bruxelles (Belgique). 

* Saint- Venant (J. de), Inspect. des eaux et forêts, Nevers (Nièvre). 
Sandars (Horace), 10 H , Queen Anne's Mansions, Westminster, 

London SW (Angleterre). 
Santos Rocha (A. dos), avocat, Figueira da Foz (Portugal). 
Sartorius-Preiswerk (F.), Arlesheim, près Bâle (Suisse). 
Savoye (M e M.), Odenas (Rhône). 
Schaudel (L.), Receveur principal des Douanes, 43, rue Jeanne- 

d'Arc, Nancy (Meurthe-et-Moselle). 
ScHETELiG(P r Haakon), Conservateur du Musée, Bergen (Norvège) 

* Schleicher (Ad.), Libraire-éditeur, 8, Rue Monsieur-le-Prince 

Paris-VL 
Schleicher (Ch.), Palethnologue, 6, rue Rosa-Bonheur, Paris-XV. 
Schmit (Emile), Pharmacien, 24, rue Saint-Jacques, Châlons-sur- 

Marne (Marne). 
Schmidt (F.), Ingénieur civil des Mines, 17, boulevard Haussmann, 

Paris-IX. 

* Schmidt (0.), 86, rue de Grenelle, Paris-VII. 

Schmit (Valdemar), D. M., Professeur à l'Université, Musée natio- 
nal, 12, Frederiksholm Canal, Copenhague K (Danemark). 
Sellier, Archéologue, 3, rue Boule, Paris-XL 
Séhillot (Charles), Publiciste, Rugles(Eure). 

* Simon (E.j, avenue du Bois-de-Boulogne, 16, villa Saïd, Paris-XVI. 
Siret (Louis), Ingénieur, Cuevas-de-Vera, province d'Almeria 

(Espagne). 
Société française des Fouilles archéologiques, 29, rue Tronchet, 

Paris-VIII. 
Société d'Histoire naturelle de Loir-et-Cher (Le Président de la), Blois 

(Loir-et-Cher). 



LISTE DES MEMBRES 23 

Société d'Études des Sciences naturelles de Nimes (Le Président de 
la), quai de la Fontaine, Nîmes (Gard). 

Solon (L.), The Villas, Stoke-on-Trent (Angleterre!. 

Sorin (Paul), 20, rue du Pont-Neuf, Paris-I. 

Sodbeyran (Emile), D. M., Andeville (Oise). 

Soudan (Edward), Luzy Nièvre . 

Stalin (G.), 63, rue de la Préfecture, Beauvais (Oise). 

Stechert, libraire, 76, rue de Rennes, Paris-VI. 

Sturge (Allen), D. M., Icklingham Hall, Mildenhall, Suffolk (Angle- 
terre). 

Tahariès de Grandsaignes fils, 81, rue Michel-Ange, Paris-XVI. 

Tailleur, Licencié es-lettres, 215, boulevard Voltaire, Paris-Xl . 

Tapp, Archéologue, 57, Saint-James Street, Piccadilly, S. W. Lon- 
dres (Angleterre). 

Tarbé, 8, Cité d'Hauteville, Paris-X. 

Taté (E.), 9 bis, rue Michel-Ange, Paris-XVI. 

Taté fils (Claude;, Etudiant, 9 bis, rue Michel-Ange, Paris-XVI. 

T avares de Proença junior (F.;, Castello Branco (Portugal . 

Ter rade (Albert), Conducteur des Travaux au Canal du Nord, 
Ercheu (Somme). 

Testot-Ferry (A.), Capitaine de frégate, 48, boulevard de la Blan- 
carde, Marseille (Bouches-du-Rhône). 

Testit (Léo), D. M., Professeur d'Anatomie à la Faculté de Mé- 
decine de l'Université, 3, avenue de l'Archevêché, Lyon 
(Rhône). 

Theoleyre. Archéologue, 329, rue Saint-Martin, Paris-IIL 

Thiot(L.), Palethnologue. Marissel, par Beauvais (Oise). 

Thuret, Propriétaire, Château de Chabontière, Sers (Charente). 

Trassagnac, D. M., Médecin-major de 2 e classe, 4 e Bataillon d'ar- 
tillerie, Verdun (Meuse). 

Tryon-Montalembert (Le Marquis de), 5, rue Monsieur, Paris-Vil. 

Urpar (Jules), D. M., 28, rue des Arènes, Arles-sur-Rhône (Bouches- 
du-Rhône). 

Valerian (Isidore), 35, Boulevard de la République, à Salon (Bou- 
ches-du-Rhône). 

Valette (L.j, Agent voyer d'arrond., Pont-l'Evèque (Calvados;. 

Vallée (Georges), Préfet honoraire, ancien Député du Pas-de-Calais, 
Saint-Pol (Pas-de-Calais . 

Varaldi (René), Ingénieur-chimiste, Cannes La Bocca (Alpes-Mari- 
times). 

\areilles (Léon), 3, rue Bonneterie, Avignon {Vaucluse). 



24 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Vasseur (Gaston), Professeur de Géologie à la Faculté des sciences, 

29, Boulevard d'Athènes, Marseille. 
Vassy (A.), Fabricant de produits pharmaceutiques, route de Lyon, 

Vienne (Isère). 
Vauvillé (Q.), Archéologue, 17, rue Ghristiani, Paris-XVIII. 
Vergne, D. M., Médecin-major au 12 e Hussards, Gray (Haute-Saône). 
Vernet (Marcel), Secrétaire-archiviste de la Section des A. -M. de la 

Soc. fr. des Fouilles Archéologiques, Associé corresp. national de 

la Soc. des Antiquaires de Fr., 10, rue d'Offémont, Paris-XVII. 
Vésignié (Louis), Capit. d'artillerie, 2, rue de Dun, Bourges (Cher). 
Vial (Albert), receveur de l'Enregistrement, Joyeuse (Ardèche). 
Vial (Honoré), Propriétaire, rue de la Bépublique, 6, Le Cannet, 

(Alpes-Maritimes). 
Vieira (Manoel), Natividade, Alcobaça (Portugal). 
Vigoureux (E.G.), Consul général de la Bépublique Argentine à 

Monaco, 27, rue d'Angleterre, Nice (Alpes-Maritimes). 
Villembreuil (Adrien de), 52 bis, boulev. Saint-Jacques, Paris-XlV. 
Villeneuve (Chanoine L. de), Directeur du Musée Anthropologique 

de Monaco, Monaco. 
Viré (Armand), Docteur ès-sciences, attaché au Muséum d'Histoire 

naturelle, 8, rue Lagarde, Paris-V ; — l'été, à Souillac (Lot). 
Viré (Camille), Avocat, Bordj-Menaïel (Alger), Algérie. 
Voinot, D. M., Haroué (Meurthe-et-Moselle). 
• Volkow (Th.), Docteur ès-sciences, Musée impérial Alexandre III 

(Section d'Ethnographie), Saint-Pétersbourg (Bussie). 
Vouga (Paul), D. Phil., Conservateur du Musée archéologique, 

Neuchâtel (Suisse). 
Vredenburg (Ernest), directeur du Geological Survey of Ihdia, Cal- 
cutta (Indes anglaises). 
Vuarnet (Emile), archéologue, Messery (Haute-Savoie). 

Weise (M"»e), o, s Avenue de La Motte-Piquet, Paris-VII. 

Welter, Notaire impérial, 17, rue des Clercs, Metz (Lorraine). 

Westropp (Thomas Johnson), M. A., M. B. I. A., 115, Strand Boad, 
Sandymount, Dublin (Irlande). 

Wiedmer-Stern (J.), Président de la Société Suisse de Préhistoire, 
Directeur du Musée historique, Berne (Suisse). 

Willson (M me Selina S.), 3 Collingham Boad, Londres, SW. (An- 
gleterre). 

Wuhreb (M Ue , M. L.), 66, rue Gay-Lussac, Paris-V. 

Zaborowski (S.), Professeur à l'Ecole d'Anthropologie de Paris, 
ancien Président de la Société d'Anthropologie de Paris, 
18, rue des Aubépines, Thiais (Seine). 



SOCIÉTÉ PREHISTORIQUE FRANÇAISE 



» 



Membres donateurs. 



MM. 

Prince Roland Bonaparte. 
Lionel Bonnemère. 
M me Lionel Bonnemère. 
Léon Coutil. 
Louis Giraux. 
Docteur A. Guébhard. 
H. Marot. 



MM. 

Docteur Henri Martin. 
M' De Montalent. 
J. Pages- Allary. 
Docteur Paul Raymond. 
Baron Edmond de Rothschild. 
Baron Gustave de Rothschild. 



Membres a vie. 

MM. G. Courty (1910). 

Henri Giraox (1911). 

Louis Giraux (1910). 

le D r A. Guébhard 1904 . * 

Georges de Manteybr (1908). 
M"" Charles-Henri Martin (1910). 
M mc Montalbnt (1910). 
If. le Baron Edmond de Rothschild (1904). 



Membres décédés. 



Marquis de Ligneris (-{-1904). 

Gillet (+1904 . 

Vouga (+1904). 

Marquis de Nadaillac (+1904). 

Paul Nicole, ancien Vice-prési- 
dent (f 1904). 

Vicomte René de Montjoye 
(+1905). 

Bonnemère (Lionel), ancien Pré- 
sident (f 1905). 

Tomasi(P.)(+1906). 

Alix (G.) (fl906). 

Piette, Président d'Honneur 
(+1906). 

Ramonet (f 1906). 

E. Fourdrignier, ancien l'ic.e- 
président (+1907.. 

D r Machelard (+1908). 

F. Arnaud (+1908). 



Houle (f 1908 . 
V. Bogisic (f 1908). 
R. de Ricard (+1908). 
Lombard-Dumas (+1909 . 
Dumas (Ulysse) (+1909). 
Babeau (Louis) (+1909). 
Pranishnikoff Ivan) (+1909). 
Audéoud, Général (+1909). 
Chantecler (Charles) (+1909). 
Andrews (J. B.) (+ 1909). 
Wavrb (William) (+ 1909). 
Champagne (+ 1910). 
Léon Robert (+ 1910). 
Bussière (+ 1910). 
Tabariès de Grandsaignes 

(+1910). 
MEYERiThéodore)(+1910). 
Bellibr (+1910). 



LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 
par Pays et Départements français. 



I. — France. 

1° Départements, 



Aisne : Delvincourt. — Leloutre. — 
Pol-Baudet.— Vauvillé (à Pommiers). 

Allier : Moreau de Néris. 

Alpes {Basses): Chaillan (L'abbé). 

Alpes (Hautes) : — G. de Manteyer. 

Alpes-Maritimes : Delaunay. — Chiris 
(M.).— Goby(P.).— Guébhard (A.).— 
Pas (Comte E. de). — P. Rodet. — 
Varaldi. — Vial (H.). — Vigoureux. 

A rdèche. ■ Jullien (D r ).— Vial (A ). 

Ardennes : Gollaye. — Larmigny. — 
Général Rau. 

Aube : Bachimont. 

-4ude:Courrent.— A. Kages. — Gimon. 

Aveyron : Galmels. 

Beltort : Lablotier. 

B-du-R : Arnaud d'Agnel. — Bout de 
Gharlemont. — Clastrier. — Icard. — 
Joleaud. — Marin-Tabouret. — Urpar. 
Valériun. — P r Vasseur. 

Calvados : P r Gidon.— Leroy.— Valette. 

Cantal : Bourgeade. — Pagès-Allary. 
Puech. 

Charente : Ghauvet. — Jarraud. — 
Marchadier. — Thuret. 

Charente ■-Inférieure : Atgier. — Gousset. 

Cher : Vésignié (L.). — Dervieu. — 
Andrieu. 

Corse : C' Ferton. 

Côte-d'Or: Aubert. — Bouillerot (R.). 

— Boyard. — Brulard (D r ). — Go- 
rot (M.). — Drioton. — Moingeon. 

Côtes-du-Nord : Berthelot du Ghesnay. 

— Golleu. — Harmois. — Le Goniat. 

— Rialland. 

Dordogne : Aublant (Gh.). — Delugin.— 
P* Peyrot. — Bernard (J.). — Du- 
blange. — Fleurieu (de). — Jouanel. 

Doubs : Laboratoire de Géologie. 

Drame : Martin (Anfos). 

Eure: Barbier. — Chédeville. — Cou- 
til (L.). — Desloges. — Duquesne. 

— Fouquet. — Huguenel. — Philippe 
(L'abbé). — Poulain. — Sibillot. 

Eure-et-Loir : Jousset de Bellesme. 
Finistère : Bertheau. — Delaporte. — 

Du Chatellier. — Guenin. 
Gard : Bascoul. — Bourrilly. — Du- 

cerf. — Dumas (M e j. — Féraud. — 

Granet. — Hugues. — Perner. — 

P. Raymond. — Soc. Se. Nat. Nîmes. 
Garonne (Haute-) : E. Cartailhac. 
Gers.-Mazéret. 
Gironde .Conil. — Conilh de Beyssac. — 

Daleau. — Duplessis-Foucaud. — 

Harlé. — Lai a nue- 
Hérault : Baquié. — Cazalis de Fon- 

douce. — Marignan. — Miquel. 
Ille-et- Vilaine : Aubrée. — Lacoulou- 



Indre-et- Loire : Barreau. — Chaumier. 

— Dubreuil-Chambardel. — Gau- 
richon. — Rougé. 

Isère : Jacquot. — Mùller. — Vassy. 

Jura : Feuvrier. — Girardol. 

Landes : Dubalen (E.). — Letailleur. — 

Lorrin. 
Loire : Déchelelte. 
Loiret : Bourlon. — (^loutrier. 
Loir-et-Cher : Clément. — Houssay. — 

Renault. — Soc. d'Hisl. nat'. de 

Blois. 
Loire-Inférieure : Quilgars (H.). 
Lot : Malga. — Viré (Armand). 
Maine-et-Loire: Blavier.— Desmazières. 

— Fiévé. — Mennetrier 

Manche : Rouxel. — Crova (M m<> ). — 

Grova. 
Marne : Audéoud. — Bosteaux-Paris. 

— Chance. — Gardez. — Guelliot. — 
Guillaume. — Heuzé. — Lemoine. — 
Meurisse. — Pécbadre, — Pcrrln- 
Couvreur. —Pistât. — Schmil (E.). 

Marne (Haute-) : Ratinet. 

Meurthe-et-Moselle : Beaupré (Cte J).— 
Goury(G.).— Laprévote. — Martz. — 
Noël.— de Novital. — Schaudel (L.). 

— Voinot. 

Meuse : Evrard. — Lènez. — Paul (M c ). 
Paul (F.). — Trassagnac. 

Morbihan : Aveneau de la Grancière. — 
Ducourtioux . 

Nièvre : Delort. — Desibrges.— Saint- 
Venant (de). —Soudan. 

Nord : Mollandin. 

Oise: Baudon. — Baorain. — Boulet. 

— Boutanquoi. —Denis.— Denoyel- 
le. — Hongre. — Lamotte. — Léger. — 
Patte. — Philippe. — Plessier. — 
Soubeyran. — Stalin. — Thiot. 

! Orne: Foucault. - lloramey. 

; Pas-de-Calais : Benoisl. —Collet (A.). 

— Dharvent. — Ovion. — Vallée. 

! Puy-de-Dôme : Aymar. — Charvilhat 
(G.). 
Pyrénées (Basses-) : Roseville des Grot- 
tes. 
Rhône: Chantre (E.). —Gaillard. — 
' Jarricot. — Savoye (M'). — Testul 

! (Léo). 

! Saône-el- Loire : Berthier (V.). — Fran- 
çois. — Gadant. — Grillet. — Guilloi. 

— Lal'ay. — Lissajous (M.). — Mar- 
lol. — Menand. 

; Saône (Haute-): Casser. — Vergne. 
I Sarthe : Aubin. — Gartereau. — 

Leroy (G.). 
; Savoie ': Blanc (Baron A.). 
I Savoie (Haute-) : L.Duvaux. — Marc 
I LeRoux. — Vuarnet. 



LISTE DES MEMBRES 



81 



Seine. Paris : Ballet. — P. Baud. — 
Baudouin (M.). — Bertin. — Bloch. 

— Bonaparte (Prince). — Bonnet. — 
Bougault (Alfred). — Bougault 
(Louis). — Breuil. — Brice-Cardot 
(M e ). — Brochet. — Camichel. — 
Camps (M""). — Camus (L.). — Can- 
calon. — Cantacuzène (Prince G.). 

— Canns. — Cathelin (D r ). — Césa- 
rio (J.). — Chapelet. — Chervin. — 
Chevallier. — Clair (L.). — Courty. 

— Delamare. — Deloncle. — Denier. 

— Desailly. — Devrolle. — Devrnlle 
(les fils d'Em.)- Dollot. — Fessard. 

— Fleurieu (Cte de). — Fougerat. — 
Fouju. — Fouquet. — Gaudelette. — 
Girardot. — H. Giraux. — Givenchy 
(de). — Guébhard (A.). — Gorey. 

— Guéneau. — Guichard.— Guilloh. 

— Guimet. — Hamonic. — Hanotaux 
'G.) — Hébert. — Henriot. — Hue. — 
Huret. — Imbert. — Jullian (C. — 
Kreutzer. — Lecomtedu Noiiy. — Le 
Maire. — Le Pileur. — Loubère de 
Longpré (M" e ). — Luppé (M" e de).— 
Maire. — Marmottan. — Marot. — 
Martel. — Martin (Bernard). — Mar- 
tin M« Ch. H.). - Martin (H.). — 
Maucourt. — Maudemain. — M e Mau- 
talent. — Miguet. — Morin Jean. — 
Morisson |D r ). — Mortillet (A. de). — 
Mortillet(P. de).— Naulin. — Nobis. 

— Paniagua (de). — Pans (F.). — 
Passemard. — Pellegrin. — Peyrot. 

— Pézard. — Rau. — Raymond. — 
Raynaud. — Rothschild (E. de). — 
Rothschild (G. de). — Schleicher 
(Ad.) — Schleicher (Ch.).— Schmidt 
(F.). — Schmidt(0.). — Sellier. — 
Simon (E.). — Société française des 
Fouilles Archéologiques. — Sorin (P.). 
Stéchert. — Tabanès de Grandsai- 
gnes fils. — Tailleur. — Tarbé. — 
Taté. — Taté fils. — Théoleyre. — 



de Tryon-Montalembert. — Vauvil- 
lé. — Vernet.— A. de Villemereuil. 

— Viré (Armand .— Weise (M*)- — 
Wiihrer (M u «). 

Seine. Dép : Cazenave. — Dramard. 

— Gaillot. — Gillet. — Giraux (L.). 

— Heuzé. — Langlassé. — Mous- 
son-Lanauze. — Neveu (R.). — Ra- 
mond-Gontaud.— E. Rivière.— Rol- 
let . — Zaborowski. 

Seine-et-Marne ; Biiziu. — Bellier. — 
Berthiaux (S.). — Dalmoc. — Doi- 
gneau. — Durand. — Ede. — Mar- 
magne. — Massé. — Reynier. 

Seine-el-Gise : Atgier. — Bossavv. — 
Colas. E. — Douet. — Graff — 
Frappier. — Leprince ( W 1 ') — Létien- 
ne. — Mallet. (A.). 

Seine- Inférieure: Bachelay (E.).— Bras- 
seur. — Cahen (A.). — Costa de 
Beauregard.— Deglatigny.— Dubus. 
Dupontï — Gadeau de Kerville. — 
Le Marchand. — Lemesnil. — Morel. 

— Romain. 

Sojnme : Boulanger. — Commont. — 

Morgand(D').— Terrade. 
Tara : Camichel. 
Tam-et-Garonne : Alibert.— E. Garris- 

son. — Perrier. 
\'ar: Bonnaud.— Bottin.— Bossavy(L.). 

— Dauphin (L.). — Moulin. — Tes- 
tot-Ferry. 

Vaucluse : Barthélémv. — (bassin (P.). 

— Chatelet (C). — Cotte. — Deydier. 

— Lazard (F). — Malaussènê. — 
Martel. — Moirenc. — Nerson. — 
Vareilles. 

Vendée : Baudouin (Marcel). — Lacou- 

loumère. 
Vienne : Gobillot. 

Vienne (Hte) : Imbert (M.).— Masfrand. 
Yonne: H. Brice.— Tryou-Montalem- 

bert (de). 



B. 



2° Colonies 

M. 



Alger [Dép.) : Flamand ^G 

Viré (Camille). 
Constantine (Dép.) : Joleaud (L.) 

Lévistre L.). — Robert ( A.).j 
Oran (Dép.): Pallary. — Pinchon. 

H. 

Allemagne : Bezzenberger. — Haake. 

— Klaatsch (P r ). — Kossinna (P'.). 
Alsace-Lorraine: Forrer. — Fuchs. — 

Kessler. — Matthis. — Welter. 
Angleterre : Anthropological Institute. — 
V. Dickins. — Dymond. — Gardner. 

— Lewis. — Solôn. — Sandars. — 
Sturge (Allen). — Tapp. — Willson 
(M"»* S.S.V 

Autriche (Bohème) : Polàk (D r A.). 
Belgique : Van den Broeck.— Dabadie. 

— Exsteens. — Gilbert. — Jacques 
(D'1. — Musées Royaux.— Pirsoul(F.). 
— Rutol. 



Calédonie (Nouvelle-): M. Archambault. 
Haut-Sénégal-Niger : Guébhard (Paul). 
Côte-d Ivoire : Guébhard (R.). 
Tunisie : Bertholon. — Espina. — 
Fleury. — Fobis. — Gobert (D'). 

Etranger. 

Canada : Bénard (Paul). 

Danemark : Schmidt (Valdemar). 

Ecosse : R. Munro. 

Espagne : Siret. 

Etats-Unis : Peabody. — Mac Curdy. 

Hongrie : Louis de Mârton. 

Jndes anglaises : Vredenburg. 

Irlande : Westropp. 

Grèce : P' Karo. 

Italie : E. E. Berry. — Bellucci (J.). — 

Macry-Correale. — Mann. — Pel- 

lati. — Pigorini. 
Monaco : Vigoureux. — Villeneuve 

(Chanoine de). 



28 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



Norvège : Schetelig (P r H.). 

Perse: Lieut. Pézard. 

Portugal : Fortes (J.). — Pereira (J. 

Alves). — A. dos Santos-Rocha. — 

Tavarès de Proença junior. — Viei- 

ra. 
République Argentine : Dellino. — 

P r Lenmann-Nitsche. 
Russie : Gorodzow. — Pavlow (P r ). — 



Pokrowsky. — Poutiatine (Prince).— 

Rœrich. — Volkow. 
Suède : Almgren (D' 0.). — K. V. H. n. 

A. Akademien. 
Suisse : Bellefontaine (A. de).— Forel. 

— Hauser. — Heierli.— Mûlinen(C" 
de). — Reber. — Sartorius-Preiswek. 

— Vouga. — Wiedmer-Stern. 
Uruguay : Museo nacional. 



Commission des Monuments Mégalithiques (1911). 

Sur la proposition du Conseil d'Administration, en 1909, il a été créé 
une Commission des Monuments Mégalithiques, chargée de centra- 
liser tous les documents et d'étudier toutes les questions posées au 
sujet de ces vestiges préhistoriques. 

Ont été nommés membres de cette Commission, en dehors du Pré- 
sident, du Secrétaire général, du Secrétaire et du Trésorier, Faisant 
partie de droit des Grandes Commissions : MM. E. Rivière, A. de 
Mortillet, D" Baudon, H. Martin, A. Guébhard, anciens présidents; 
MM. A. Viré, E. Hue et Atgier, anciens vice-présidents; MM. Imhert 
et L. Giraux. 

Par suite, la Commission est composée, en totalité, pour 1911, des 
personnalités suivantes : D r Atgier, D r Baudon, D r Marcel Bau- 
douin, L. Coutil, Fouju, L. Giraux, Gillet, P. de Givenchy, 
D r A. Guébhard, Marcel Imbert, E. Hue, D r Henri Martin, 
A. de Mortillet, E. Rivière, A. Viré. 



Délégués départementaux de la Société. 

Aublant (Dordogne). — D r Marcel Baudouin (Vendée). — Baudon 
(Oise)-. — J. Beaupré (Meurthe-et-Moselle). — Cazalis de Fondouce 
(Hérault). — L. Coutil (Eure). — Doigneau (Seine-et-Marne). — 
Ducourtioux (Morbihan). — D r A. Guébhard (Alpes-Maritimes). — 
L. Schaudel (Savoie). 

Liste des Présidents de la Société. 

1904. — Emile RIVIÈRE, Président fondateur. 

1905. — f Lionel BONNEMÈRE. 

1906. — Adrien de MORTILLET, Président d'Honneur. 

1907. — D r BALLET, ancien Médecin militaire. 

1908. — D r BAUDON, Député de l'Oise. 

1909. — D r A. GUÉBHARD, Professeur agrégé de la Faculté 

de Médecine de Paris. 

1910. — D r H. MARTIN, ancien Secrétaire de la Société. 

1911. — L. COUTIL, ancien Vice-président de la Société. 

AVIS DIVERS 

Les Membres, prenant part aux discussions, sont ■ priés de 
remettre au Secrétariat une noie, avant la fin de la Séance 
(Art. 10. du Régi.). 

Par Décision ministérielle du W mars 1907 [n° 5449], les 
Militaires sont autorisés à faire partie de la Société préhistorique 
Française ; mais ils ne peuvent y remplir aucune fonction d'admi- 
nistration ou de direction. 



SÉANCE DU 26 JANVIER 191 I 



Présidenoe de M le D r Henri MARTIN. 



I. — ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE DE 1910. 



Conformément aux articles IV et VII des Statuts, votés le 24 no- 
vembre 1910. l'Assemblée générale annuelle des Membres delà Société 
Préhistorique Française a eu lieu le jeudi 26 janvier 1911, à 3 heures 1/2, 
à la Sorbonne, Amphithéâtre Edgart-Quinet, rue des Ecoles. 

L'ordre du jour était le suivant : 

1° Rapport sur la Situation morale de la Société et la gestion du Con- 
seil d'Administration ; 

2° Approbation des diverses Acquisitions de Mégalithes, faites pen- 
dant l'année 1910 (Art. XI des Statuts); 

3° Rapport sur la situation financière. — Approbation des comptes 
des exercices clos (1909 et 1910). — Vote du Budget pour 1911 ; 

4° Election pour le renouvellement du Conseil d'administration (CINQ 
membres, à nommer pour trois ans). 

La séance est ouverte à 3 heures et demie. Les membres qui assis- 
tent a la séance, s'inscrivent sur la liste de présence. 

M. le Président donne la parole à M. le Secrétaire général. 

M. le Secrétaire général dépose sur le bureau les bulletins de 
vote, qu'il a reçus pour le vote par correspondance. 

On procède alors au tirage au sort de deux personnes, chargées du 
dépouillement des votes par correspondance, et de deux scrutateurs. 
Les noms de MM. Chapelet, Franchet, Ballet et Tailleur, sortent 
de l'urne. 

Le Scrutin est ouvert à 3 heures trois quart. 

M. le Secrétaire général donne alors lecture de son Rapport sur 
l'exercice 1910. 



30 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Rapport de M. le Secrétaire général sur la Situation mo- 
rale et la gestion du Conseil d'Administration, en 1910, 
de la Société Préhistorique Française. 

Mes chers Collègues, 

Au nom du Conseil d'Administration de la Société préhistorique 
française, j'ai l'honneur de vous soumettre le Rapport sur la Situation 
morale, actuelle, de notre Compagnie et la gestion, pour l'année écoulée 
(1910), de votre Conseil, rapport qu'exigent la loi et nos nouveaux sta- 
tuts [Art. VIII]. 

La situation morale de la Société préhistorique française, fin 1910, 
Messieurs, n'a jamais — on peut le dire sans crainte ! — été aussi bril- 
lante. Je ne sais si ce résultat est l'œuvre de telles ou telles personna- 
lités de votre Conseil ; mais il est si évident qu'il saute aux yeux des 
plus prévenus. Il est de plus si éclatant que la grande Presse elle-même, 
ces jours derniers, a été obligée de le proclamer, — parfois à son 
corps défendant ! — par exemple quand il lui a fallu annoncer au public 
la création du Prince de Monaco [V Institut international de Paléontologie 
humaine, reconnu d'utilité publique après un mois à peine de vie em- 
bryonnaire), et celle du Laboratoire cl' Anthropologie du Muséum d'His- 
toire Naturelle de Paris [L Institut français d Anthropologie). 

A mon sens — et mon devoir est d'insister — l'œuvre, si remarquable 
et si féconde en résultats pratiques, accomplie cette année 1910, est 
surtout due à notre éminent Président, M. le D r Henri Martin, dont les 
qualités d'homme d'action avisé, et d'énergie réfléchie, ont pu se faire 
jour, à cette occasion, d'une façon si intense; à notre si sympathique 
collègue, dont le nom est synonyme de patriotisme éclairé, de science 
la plus pure, et de parisienne courtoisie. 



Nous avons évidemment, Messieurs, bien travaillé depuis douze 
mois. — Chacun le sait; mais je dois l'affirmer ici, devant vous, au nom 
de tous. 

Reconnaissance d'Utilité publique. — Nous avons, d'abord, obtenu la 
Reconnaissance d'Utilité publique, par Décret présidentiel du 
28 juillet 1910, après l'avoir vigoureusement demandée en 1909. Deux 
des nôtres surtout ont mené à bien cette difficile entreprise, exigeant 
une diplomatie de haute envergure et une volonté tenace ; j'ajoute 
au-dessus de la moyenne ! Ces hommes sont M. le D r H. Martin, notre 
Président de 1910, et M. le D r Adrien Guébhard, notre Président de 
l'an passé. Eux seuls ont été à la peine; eux seuls ont porté au Conseil 
d'Etat les gros livres qui chargent tant la fillette de ce dessin allégo- 
rique, que vous connaissez bien (puisqu'il a été publié dans notre Bul- 
letin de novembre) ; eux seuls pouvaient faire comprendre, en raison 
de leur nom et de leurs titres scientifiques, au Tribunal suprême, l'in- 
térêt, si manifeste pourtant, de notre cause, pour l'honneur et l'avenir 
de la Science française. Ils ont triomphé, dans les conditions les plus 
délicates et les plus osées, quoiqu'un peu ignorées, malgré notre 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQIJF FRANÇAISE 31 

pauvreté et notre jeunesse. Honneur à eux ! Nos petits neveux, qui 
célébreront un jour, dans quelque vingt ans, ce joyeux anniversaire, 
rediront certainement alors à la France, trop souvent oublieuse, les 
noms de Henri Martin et d'Adrien Guébhard. 

Nous avons dû transformer notre titre, et devenir la Société pré- 
historique française... Chacun avait compris, comme je l'ai dit au Con- 
grès de Tours, que nous n'avions pas l'intention de faire concurrence 
àl'Institut de France... Il n'y avait qu'un ennemi-né pour s'en étonner ! 

Bien entendu, votre Conseil a accompli d'urgence toutes les forma- 
lités nécessitées par ce changement dans notre régime [Modification des 
Statuts dans l'Assemblée générale du 23 novembre dernier; change- 
ment obligatoire de nom; déclarations indispensables, etc.). 

Fête. — Il a même été plus loin et a cru devoir faire part au grand 
public de notre succès, uniquement dans le but d'intéresser la masse 
à vos recherches, à vos fouilles, à vos travaux. Il a songé à une Fête, 
d'ordre préhistorique. L'occasion était unique : il fallait en profiter ! — 
Le succès a d'ailleurs couronné ce bel et si original exploit. 

Là encore, notre Président a fait ses preuves d'organisateur émérite, 
d'homme de gouvernement, sachant prendre à temps les détermina- 
tions nécessaires, et surtout arriver à l'heure, grâce à un travail 
acharné. Il a été soutenu, dans sa tâche de metteur en scène, par une 
personne qu on ne me pardonnerait pas ici de nommer, quoique nous 
ne soyons pas à l'Académie; mais à laquelle personne ne peut m'empê- 
cher de songer en ce jour solennel. Je la remercie, à la manière des 
muets, c'est-à-dire du fond d'un cœur que j'ai toujours placé dans mon 
cerveau en raison de mes notions physiologiques, mais qui, je n'ai pas 
à le cacher, ne lui en restera pas moins toujours profondément recon- 
naissant, en votre nom, d'un dévouement si exceptionnnel à la Société 
préhistorique française ! 

En cette circonstance, je n'aurais garde non plus d'oublier le véri- 
table artiste qu'est notre Président d'honneur, M. le P r Adrien de 
Mortillet. Il a animé, — sans parler de ses lyriques envolées sur les 
beautés qui nous sont chères, — d'un souffle vraiment antique nos ta- 
bleaux des Civilisations passées, composés avec autant de sentiment 
artistique que de compétence technique. Ceux-là seuls ont pu les criti- 
quer, qui croient encore que l'Art est né exclusivement en Orient... 

Cette Fête, grâce à une souscription particulière, organisée avec 
toute la discrétion désirable, n'a d'ailleurs rien coûtée à la caisse de la 
Société : ce qui est un résultat fort appréciable. 

Dons. — Je n'ai pas à insister sur les dons en espèces, reçus par 
notre Association, immédiatement après sa reconnaissance d'Utilité 
publique. On en irouvera l'indication précise dans le rapport de M. le 
Trésorier. — Mais, en votre nom, Messieurs, je m'empresse d'adresser, 
en bloc, à tous les donateurs, l'expression chaleureuse de votre éter- 
nelle reconnaissance. 

Projet de Loi sur les Fouilles. — Vous vous rappelez qu'en octobre 
dernier fut déposé, à la Chambre des Députés, un Projet de Loi relatif aux 
Fouilles préhistoriques ! Dès que l'on eut connaissance de ce texte extraor- 
dinaire, ne tenant compte ni de la Propriété privée, ni de la Propriété 
scientifique, ni surtout de la Liberté de la Pensée (cette conquête mer- 
veilleuse de la Révolution), — sans parler icide son côté international, 
comme si la Science avait une patrie ! — ce fut un toile général parmi 



32 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

nos confrères ! Votre Conseil d'Administration crut de son devoir d'or- 
ganiser immédiatement — sans attendre une nouvelle Assemblée générale 
inutile, quoi qu'on en ait écrit, — une lutte sans merci contre une pa- 
reille réglementation; il lit le nécessaire pour obtenir la prise en con- 
sidération d'un nouveau Projet de loi, destiné à remplacer celui de 1887. 
A l'heure présente, cette campagne, admirablement menée par votre 
infatigable Président, semble avoir abouti, puisque la Tribune de la 
Chambre des Députés persiste à ignorer le projet du Gouvernement ! 
Mais, ne nous endormons pas sur nos lauriers. Continuons à veiller. 
L'ennemi, grimpé sur une Revue comme sur une Rossinante, pourrait 
vouloir passer encore, dès qu'il croira s'apercevoir que la sentinelle 
s'est laissée aller à un repos, bien mérité pourtant ! 



En dehors de ces travaux, sinon d'Hercule, du moins exceptionnels, 
qui, certainement, ne se renouvelleront pas, votre Conseil d'Adminis- 
tration a rempli, comme d'ordinaire, sa besogne accoutumée. 

Congrès de 1910. — Il a mené à bien, grâce au dévouement de 
M. le D r Ballet, l'organisation du VI e Congrès préhistorique de France, 
à Tours, au mois d'août dernier. — Cette réunion décentralisatrice a 
obtenu le même succès que les sessions précédentes. On y a, non sans 
peine, il est vrai, réussi un tour de force : une excursion de plus de 
200 kilomètres, dans la Touraine du Sud-Est, en voitures automobiles, 
sans incident digne de remarque. Votre Conseil s'en honore, car on a 
ainsi pu montrer aux Savants étrangers ce que fut jadis, au cœur de la 
France, la magnifique région industrielle du Grand-Pressigny, le Creu- 
sotde l'Europe néolithique! 

Cette randonnée a certainement bien complétée la magnifique Expo- 
sition du Préhistorique local, c'est-à-dire des Silex du Grand-Pressigny, 
mise sur pied avec tant de désintéressement par M. le D r E. Chaumier 
et le Comité local, de Tours. 

Au point de vue purement scientifique, ce Congrès grâce au zèle si 
agissant de votre Vice-Président, M. Ed. Hue, a obtenu un résultat 
très digne de remarque, avec sa vaste enquête sur la Distribution géo- 
graphique de l'Industrie de la pierre taillée dans ce centre unique ! 

Vous le constaterez, en consultant le Volume. 

Fouilles. — Grâce à la générosité de l'A. F. A. S. et de M. A. Gué- 
bhard, la Société cette année, a pu terminer la fouille et la restauration 
de la Grotte sépulcrale de Vendrest, sa propriété ; exécuter des recher- 
ches productives dans une région signalée par M. Ph. Reynier et y 
découvrir une Nécropole gallo-romaine à incinération, du II e ou III e siè- 
cle après J.-C. ; encourager de nombreux fouilleurs dans la Manche, 
le Loir-et-Cher, la Corrèze, etc. — Toutes les pièces, découvertes au 
cours de ces travaux sur le terrain, sont actuellement déposées dans un 
Magasin spécial, que nous avons loué, en 1910, à cet effet. — Il ne reste 
plus qu'àlpublier la relation de ces trouvailles, constituées par une 
grande quantité d'ossements de sujets néolithiques, et de débris gallo- 
romains ou autres. 

Achats de Mégalithes. — L'année 1910 a permis Y achat, dans d'excel- 
lentes conditions, de plusieurs Monuments mégalithiques intéressants. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 33 

a) Nous avons d'abord régularisé des acquisitions anciennes de terrain, 
pour nous permettre d'obtenir, à Vendrest, aux alentours de la Grotte 
artificielle de Belleville, un espace suffisant, capable de la protéger et 
de l'isoler des propriétés voisines. La Société a désormais là une sorte 
de Parc, où elle pourra déposer les gros blocs mégalithiques transpor- 
tables, qui lui seront offerts.- Ce Parc préhistorique, d'un nouveau 
genre, véritable Musée de plein air, entourant la belle Sépulture néoli- 
thique restaurée que vous connaissez, renferme déjà d'ailleurs un Polis- 
soir, offert par notre secrétaire, M. P. de Givenchy. 

b) Puis, nous avons acheté le Dolmen de la Pierre Levée, à Janville- 
sur-Juisne (Seine-et Oise), et le Dolmen de Charnissay, en Indre-et- 
Loir, grâce à un don spécial de M. le D r H. Martin, notre Président. 

c) Enfin un Menhir, Y Homme de Pierre, a pu être acquis, à Pertuis 
iVaucluse), pour une somme minime section B, n° 1334], 

Je vous demande. Messieurs, comme l'exige l'article IX de nos Sta- 
tuts, de vouloir bien approuver toutes ces Acquisitions, réalisées d'ur- 
gence par votre Conseil d'Administration, pour ne pas manquer l'occa- 
sion favorable ! 

J'en rapproche, pour terminer ce sujet, le don du Polissoir de Sézan- 
nes, près de Port-à-Binson (Marne), dû, en octobre 1910, à notre si dé- 
voué collègue, M. H. Marot. 

Bulletin. — Notre Bulletin a pris une extension encore inconnue. 
Il comprend, cette année, (584 pages (au lieu de 528 en 1908, et 548 en 
1909j, soit une différence de 140 pages ! C'est la résultante de dons géné- 
reux, et de plus nombreuses planches hors texte, parmi lesquelles je 
dois signaler la belle planche en couleurs de M. P. de Givenchy. 

Cela est, surtout, la conséquence de la publication de deux numéros 
pendant les mois d'août et de septembre : ce que l'état de nos finances 
ne nous avait pas permis jusqu'à présent. 

Commission des Enceintes. — En 1910, la Commission des Enceintes, 
présidée par M. A. Viré, Directeur du Laboratoire de Biologie souter- 
raine au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, a continué à fonctionner 
avec le même succès que les années précédentes. M. A. Guébhard, 
d'ailleurs, ne s'est pas un instant ralenti dans son zèle. On voudrait 
partout des soldats de cette vaillance, obligeant les généraux à ne jamais 
prendre haleine, même dans les Camps les mieux fortifiés ! 

Badiation. — Un pénible devoir m'oblige à vous annoncer, enfin, 
qu'une radiation de membre titulaire, celle de M. Pény, dit Hirmenech, 
a dû être prononcée cette année, d'abord par le Conseil d'Administra- 
tion, puis par l'Assemblée générale extraordinaire du 23 novembre 1910. 
J'ose croire que ce sera à la fois la première et la dernière application 
de l'article III de nos Statuts. 



Projets d'avenir. — Nous allons, en 1911, essayer d'organiser notre 
Bibliothèque, toujours inutilisable, faute de local suffisant; et notre 
Musée de Diapositives, qui existe déjà, grâce à plusieurs de nos collè- 
gues. 

Nous avons surtout à mener à bien le VII e Congrès préhistorique de 
France, qui aura lieu, à Nîmes, du G au 12 août 1911, dans une région 

SOCIÉTÉ P RÉ U1STOKIQCE 'FRANÇAISE. 3 



34 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

qui joua un si grand rôle lors de l'arrivée des civilisations grecque et 
romaine en Gaule. 

Si, par malheur une nouvelle législation sur les fouilles intervenait et 
était telle qu'elle nous obligeât à nous défendre, c'est alors qu'il faudrait 
songer au Syndicat professionnel des Préhistoriens, dont je vous ai en- 
tretenu l'an dernier. Avec un organisme de ce genre, les Pouvoirs pu- 
blics seraient obligés de tenir plus de compte de nos justes doléances; 
mais il est prématuré d'insister aujourd'hui sur ce point, puisque rien 
n'est encore changé à l'état de choses ancien! 

L'an dernier , je vous parlais de divers projets d'avenir qui me hantaient. 
Ces idées sont toujours dans l'air, puisque l'une d'elles vient d'être réa- 
lisée, à Paris, sous le nom d'Institut international de Paléontologie humai- 
ne, par un Mécène scientifique dont nous nepouvonsqu'admirerlapuis- 
sance financière et la belle initiative. Mais on me permettra bien de remar- 
quer que cette Idée est uniquement sortie de notre propre milieu, et 
que mes autres propositions restent à mettre à exécution. Souhaitons 
que d'autres Princes, de Cour ou de Finances, à l'esprit encore plus 
ouvert et à la bourse encore mieux garnie, permettent à des Savants 
de fonder des Laboratoires de Recherches sur le terrain dans le Centre 
et dans l'Ouest de la France, où gisent des mines inépuisables, et où 
des découvertes sensationnelles sont encore à réaliser et peuvent être 
faites. Ces organismes sont indispensables à l'instruction des jeunes 
élèves en Préhistoire, qui, plus heureux que nous, auront ainsi devant 
eux d'admirablese moyens d'étude praitque et d'instruction générale. 

Vous voyez combien nous avons encore à faire œuvre de propagan- 
distes, pour que nos seuls desiderata actuels arrivent, peu à peu, à réa- 
lisation. Mais qu'est-ce cela, auprès de ce que demain et après demain 
nous engageront ou nous contraindrontàtenter, pour ne pas faillir à notre 
rôle de lanceurs d'idées et de chefs de file de la Science qui vous est 
chère ! 

Messieurs et chers Collègues, 

A l'heure présente, la Société préhistorique française compte près 
de Cinq cents Membres; exactement 494! Or, au début de l'année 1910. 
nous n'étions que 418 ! Le Conseil d'Etat, en nous reconnaissant d'Uti- 
lité publique, a donc fait une œuvre efficace, qui a porté déjà ses fruits, 
puisqu'elles nous a permis encore d'augmenter notre effectif dans des 
proportions très notables : près de cent adhésions (99), au lieu des cin- 
quante de l'année précédente ! Mais les effets bienfaisants de cette me- 
sure si justifiée se feront mieux sentir encore dans l'avenir, car les dons 
ne peuvent désormais manquer de nous arriver, sous forme, soit d'es- 
pèces, soit surtout de Monuments préhistoriques. Profitez, mes chers Col- 
lègues, de cette situation nouvelle. Autour de vous foisonnent les dol- 
mens, les menhirs, les stations préhistoriques, les grottes, etc. ? Sauvez- 
les, en les faisant donner à notre Société, qui, seule, est déjà outillée 
pour les protéger, les défendre, les conserver, et les mettre en valeur, 
au point de vue scientifique et social. Il vaut beaucoup mieux, en eflet, 
et il est plus scientifique de conserver sur place les Mégalithes, 
que de les transporter dans des Musées! 

Joignez vos efforts personnels à ceux de votre Conseil d'Adminis- 
tration, qui, l'an passé, a fait ses preuves et même davantage ! Et notre 



SOCIÉTÉ PRÉI1IST01UQUE FRANÇAISE 35 

succès, encore plus resplendissant, montrera que la Société préhistorique 
française est digne de ses aînées. Avec ses fondations aujourd'hui soli- 
dement établies sur le roc, c'est une institution destinée à durer. C'est 
une œuvre scientifique, patriotique et sociale, qui défie désormais toutes 
les concurrences ! 

M. le Président met aux voix l'adoption du rapport de M. le Secré- 
taire général. — Le rapport est adopté à l'unanimité, sans aucune 
observation [Vifs applaudissements]. 

M. le Président met ensuite successivement aux voix l'approbation 
des Acquisition de Mégalithes, faites d'urgence, pendant l'année 1910, 
par le Conseil d'administration (Art. IX des statuts). 

En conséquence, la ratification des achats suivants est demandée : 

1° Des Terrains voisins de la Sépulture néolithique de Vendrest (Seine-et-Marne). 

2" Du Dolmen de Janville-sur-J uisne (Seine-et-Oise). 

3» Du Dolmen de Charnissay (Indre-et-Loire). 

4° Du Menhir de L\ Homme de pierre », à Pertuis (Vaucluse). 

Toutes ces acquisitions sont approuvées à l'unanimité. 

M. le Président donne la parole à M. le Trésorier pour la lecture 
de ses rapports. 

M. le Trésorier lit, d'abord, son rapport sur YExercice 1909, non 
encore approuvé. 

Rapport du Trésorier sur l'exercice 
de l'année 1909. 

Messieurs et chers Collègues, 

Conformément à nos Statuts, j'ai l'honneur de vous présenter les 
comptes de la Société Préhistorique de France pour l'année 1909, 
comptes qui ont été approuvés par votre Conseil dans sa dernière 
séance. 

I. — Recettes. , 

1° En caisse, au 1 er janvier 1909 2.275 80 

2° Cotisations. — 407 cotisations de membres actifs, à 12 fr 4.884 » 

3° Encaissements divers. — Versements de trois membres 

donateurs 300 » 

Arrérages de rentes 110 » 

Souscription du Ministère à 25 bulletins 270 » 

Remboursements de clichés, de tirages et de papier... 166 15 

Annonces ,.. ., 20 » 

Ventes de Bulletins et de fiches . 715 50 

1.581 65 
4° Caisses de fouilles. — Versements divers ... 362 » 

Total des Recettes 9.103 45 



36 SOCIÉTK PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



II. — DÉPENSES. 

1' Bulletin. —Frais d'impression 3.079 15 

Frais de clichés 311 70 

3.390 85 

2° Frais Généraux. — Imprimés divers 105 40 

Impôts du dolmen 30 

Papier à lettres 40 » 

Location et frais de salles 80 *> 

Frais de souscription 20 » 

Frais du Secrétariat Général 80 » 

Frais du Trésorier 256 75 

582 45 
3* Frais extraordinaires. — Frais pour le Banquet de la Société Pré- 
historique de France 135 40 

4° Caisse de fouilles. — Frais d'achat et de fouilles du dolmen de 

Vendrest 405 20 

Total des Dépenses 4.513 90 



III. — Récapitulation. 

Recettes ., 9.103 45 

Dépenses 4.513 90 

Solde en Caisse 4 .589 55 

Ce solde se décompose ainsi : 

Caisse ordinaire 4.492 75 

Caisse de fouilles 96 80 

Total égal 4.589 55 

Au 31 décembre 1909, l'actif de la Société Préhistorique de France 
est de 8017 francs, ainsi constitué : 

Espèces en caisse ; '. 4.589 55 

110 fr. de rente 3 e /„ (au cours d'achat) 3.427 45 

Total de l'Actif. 8.017 » 

Certifié conforme : le Trésorier, 

L. GlRAUX. 

M. le Président met aux voix l'approbation du Rapport sur l'exercice 
financier de 1909. — Il est approuvé à l'unanimité. 

M. le Trésorier lit son second Rapport sur l'exercice financier de 
1910. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 37 



Rapport du Trésorier sur l'exercice 
de l'année 1910. 



Messieurs et chers Collègues, 

Conformément à nos Statuts, j'ai l'honneur de vous présenter les 
comptes de la Société Préhistorique Française pour l'année 1910, comp- 
tes qui ont été approuvés par votre Conseil dans sa dernière séance. 

I. — Recettes. 

1° En caisse, au 1" janvier 1910 4.589 55 

2» Cotisations. — 460 cotisations à 12 fr 5.520 » 

4 cotisations rachetées 800 » 

5 cotisations à recouvrer :,'fr. 60 (pour mémoire) 6.320 » 

3° Encaissements divers. — Versements de trois mem- 
bres donateurs 460 » 

Arrérages de rentes 110 » 

Souscription du Ministère à 25 bulletins 270 » 

Remboursements de clichés et de tirages 422 25 

Ventes de Bulletins 77 50 

1.339 75 
4* Recettes extraordinaires. — Produit de la souscription 

pour la Fête 740 » 

o° Caisse de fouilles. — Versement 100 » 

Total des Recettes 13.089 ?0 

II. — DÉPENSES. 

1° Bulletin. — Frais d'impression 4.06155 

Frais de clichés 174 85 

4.236 40 

2° Frais Généraux. — Imprimés divers 39 » 

Impôts du dolmen 20 

Location et frais de salles 80 >» 

Local de la rue de Jussieu 126 80 

Sous cription 20 » 

Frais du secrétaire 60 » 

Frais du secrétariat général 92 » 

Frais du trésorier 201 25 

619 25 
3° Frais extraordinaires. — Souscription au Monument 

Bordier 20 » 

Dépenses pour la Fête 740 » 

760 » 
4' Caisse de Fouilles. —Frais d'achat de monuments.... 130 15 

Total des Dépenses 5.745 80 



38 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

III. — RÉCAPITULATION. 

Recettes . 13.089.30 

Dépenses 5.745 80 

Solde en Caisse 7.343 50 

Ce solde se décompose ainsi : 

Caisse ordinaire 7.276 85 

Caisse de fouilles 66 65 

Total égal 7.343 50 



isi: 



Au 31 décembre 1910, l'actif de la Société Préhistorique Françai 
est de 10.770 fr. 95, ainsi constitué : 

Espèces encaisse .7.343 50 

110 fr. de rente 3% (au cours d'achat) 3.427 45 

Total de l'actif 10.770 95 

Certifié conforme : le Trésorier, 

L. GlRAUX. 

M. le Président met aux voix l'approbation du Rapport sur l'exer- 
cice financier de 1910. — Ce rapport est approuvé à l'unanimité. 

M. le Trésorier lit enfin le Projet de Budget pour 1911, conformé- 
ment à la loi. 

Projet de Budget pour 1911. 

I. — Recettes. 

470 cotisations à 12 francs 5.640 » 

Arrérages de rentes 110 » 

Souscription du Ministère à 25 Bulletins 270 » 

Total des Recettes 6.020 » 

II. — Dépenses. 

Impression et envoi du Bulletin 4.000 " 

Frais de clichés 300 » 

Frais d'impressions diverses 200 » 

Frais généraux 400 » 

Locations et frais de salles 350 » 

Impôts 20 » 

Divers et imprévus 200 » 

Total des Dépenses 5.470 » 

M. le Président met aux voix l'adoption du Projet de Budget pour 
1911. — Il est approuvé à l'unanimité. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 39 

Elections des Membres 
du Conseil d'administration pour 1911. 

Remplacement de cinq Membres sortants. 

Après une suspension de séance pour le dépouillement du scrutin, 
qui a été fermé à 5 heures, M. le Président rouvre la séance pour 
annoncer le résultat du vote des nouveaux membres à élire pour le 
Conseil d'Administration, et donne lecture du résultat du scrutin. 

Nombre de votants 278 

Bulletins nuls ' 13 

Reste 265 

D r Ballet (Paris) 262 voix 

D r Ghrrvin (Paris) 26i — 

G. Fouju (Eure-et-Loir) 259 — 

M. Gillet (Seine) . . . 257 — 

Louis Giraux (Seine, 251 — 

Harlé 3 — 

MM. Pages- Allary, Muller, Camus, obtiennent chacun deux voix. — 
MM. Coutil, D r Raymond, Comte Beaupré, Jullian, Guimet, Doigneau, 
Franchet, Bossavy, Paul de Mortillet, Abbé Breuil, Boulanger, Jullien, 
Pessart, Charles Schleicher, Vésignié, Cartailhac, Andrieu, obtiennent 
chacun une voix. 

M. le Président déclare élus, pour trois années, Membres du Con- 
seil d'Administration de la Société préhistorique française : M. le 
D r Ballet; M. le D r Chervin ; M. G. Fouju , M. Maurice Gillet ; 
M. Louis Giraux. 

La séance est levée. 



IL — ELECTIONS DU CONSEIL D ADMINISTRATION. 



Immédiatement après, le nouveau Conseil d'Administration de la So- 
ciété préhistorique française se réunit dans le local habituel de ses 
séances. — Il procède à l'élection du Bureau pour 1911. — Sont nommés : 



Président : 


M. 


L. Coutil (Eure). 


Vice- Présidents : 


M. 


Chapelet (Paris). 




M. 


Doigneau (Seine-et-Marnel. 




M. 


Fouju (Eure-et-Loir). . 


Trésorier : 


M. 


Maurice Gillet (Seine}. .... , 



40 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

M. le D* H. Martin, Président sortant, devient membre de droit du 
Conseil d'Administration pour trois ans. 

Les autres membres du Bureau continuent leurs fonctions, confor- 
mément aux Statuts. 



III. — BANQUET ANNUEL DU 26 JANVIER 1911. 



Le Dîner annuel delà Société préhistorique française a eu lieu le jeudi 
26 janvier 1911, dans les salons du Restaurant Foyot, à 7 heures et 
demie du soir. 

M. Dujardin-Beaumetz, Sous-secrétaire d'Etat aux Beaux- Arts, 
avait bien voulu se faire représenter, ne pouvant accepter de présider 
cette réunion, par M. Léon, chef de division des services d'Architec- 
ture aux Beaux-Arts. 

Assistaient au Banquet, présidé par M. Léon : M. Deloncle, Conseil- 
ler d'Etat; D r Péchadre, Député; M. le P r Bédier (du Collège de 
France); M mes H. Martin, Edmond Hue, Péchadre, M. Vernet, Bachi- 
mont, Miguet, M lle Wùhrer; M. le D r H. Martin, MM. A. de Mortillet, 
Atgier, Chapelet, Fouju, D r Marcel Baudouin, L. Coutil, D r Guébhard, 
D p Ballet, Schmidt, Marot, Taté, Edmond Hue, Ch. Schleicher, M. Ver- 
net, P. [de Givenchy. D r Chervin, A. Viré, D r Bachimont, Baurain, 
Miguet, Morin Jean, Morin, M u de Tryon-Montalembert, Dr Neveu» 
D r Cancalon, A. de Villemereuil, Dubois de la Rue, de Clermont, Clou- 
trier. 

Plusieurs toasts ont été portés. 

M. le Président, dans son allocution, remercie M. le Sous-Secré- 
taire d'Etat aux Beaux-Arts, de l'appui qu'il veut bien donner encore 
aujourd'hui à la Société Préhistorique Française, en se faisant repré- 
senter à la présidence du Banquet par son distingué Directeur, 
M.Léon. 

Des vœux de santé et de bonheur, soulignés par de vifs applaudisse- 
ments, sont adressés à M. Dujardin-Beaumetz. 

Après avoir dit un mot sur les démarches nécessitées par la recon- 
naissance d'utilité publique, le D r Henri Martin, président exprime, au 
nom de la Société, sa sincère gratitude à M. Deloncle, Conseiller d'Etat, 
qui dès le premier jour a entouré notre oeuvre de ses excellents et in- 
dispensables'conseils. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 41 

* Le rôle de certaines personnes placées à la tête de nos grands éta- 
blissements scientifiques n'a pas été indifférent ; et ce serait un oubli 
inexcusable que de ne pas reconnaître aujourd'hui la bienveillance 
qu'ont bien voulu nous accorder MM. Salomon-Reinach, Boule et Ca- 
pitan, l'année dernière. 

La Société Préhistorique Française est en pleine prospérité ; elle est 
forte et compte de bons amis, unis par une solidarité très touchante ; 
les adhésions dépassent cinq cents; les manuscrits importants s'accu- 
mulent; et déjà le Conseil prévoit l'utilité d'augmenter le Bulletin. 

<« Mais un sentiment de gêne plane actuellement sur l'avenir de la 
Préhistoire ; le projet de loi sur la réglementation des fouilles inquiète 
tous les archéologues, et, tout en reconnaissant que les pillages mer- 
cantiles doivent être impitoyablement arrêtés aux frontières, l'émotion 
est justifiée par les mesures proposées, qui atteindraient le monde 
scientifique français. 

« Mais nous avons confiance dans la sagesse du Gouvernement et de 
la Chambre; ils sauront, sur d'autres bases, sauvegarder les intérêts 
de tous. 

« Nous sommes ici de bons Français ; et nous avons l'espoir de fouiller 
encore demain le sol que nous aimons et que nous voulons mieux con- 
naître ». 

M. Deloncle, Conseiller d'Etat, répond par un discours plein d'hu- 
mour et de sympathie. 

M. le Député, D r Péchadre, expose les revendications de la Société, 
en ce qui concerne la Liberté des Fouilles. 

M. le D r Ballet prononce le discours suivant : 

Monsieur le Délégué du Ministre, Mesdames, Messieurs, 

« Monsieur le Délégué du Ministre, qui nous fait l'honneur de présider 
notre banquet, veut bien me donner la parole. Je l'en remercie bien 
sincèrement ; mais me voilà pris un peu à l'improviste. Heureusement 
que pour me sortir d'embarras, il me vient une idée que je vais 
exposer devant vous 

Le point sur lequel je voudrais attirer votre attention est un peu 
délicat. M. le Député Péchadre vient de traiter la question devant 
vous. 11 l'a fait avec force et avec compétence. Impossible de mieux 
dire. Ma tâche en est bien simplifiée; et je n'aurais même plus rien 
à dire après lui. Mais j'ai cru que j'avais le droit et le devoir de vous 
donner aussi mon appréciation. Mon droit, je le puise dans mon âge 
et dans mon ancienneté. Il est très peu de plus vieux préhistoriens 
en France; on les compte. Notre distingué Président-Fondateur, 
M. Emile Rivière, qui a enrichi le Muséum de l'Homme de Menton, 
qui a découvert les grottes de la Mouthe et tant d'autres choses impor- 
tantes, est mon aîné à la Société, mais de si peu que cela ne vaut guère 
la peine d'en parler ! J'ai de plus quarante-cinq ans de services dans la 
Préhistoire ; vous conviendrez que c'est un bail. Tout droit implique 
un devoir ; j'ai donc cru que j'avais le droit et le devoir de parler 
devant vous, d'autant plus que mon attachement et mon dévouement à 
la Société sont connus. 



42 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

La loi en préparation se propose de protéger notre patrimoine 
national, de sauvegarder nos richesses archéologiques, paléontolo- 
giques, et préhistoriques. Ce but est noble et grand; pas un bon fran- 
çais qui n'y applaudisse des deux mains. Mais, comme disait je ne sais 
plus qui, il y a la manière ; et c'est cette manière qui n'est peut-être 
pas aussi parfaite que le projet ! 

Les fouilles, les recherches en terrain varié, sont, en quelque sorte, 
la partie expérimentale de nos études. Or, les recherches seront rendues 
impossibles par des formalités accumulées à plaisir, par des conditions 
si difficiles à remplir qu'il faut y renoncer. Les préhistoriens en 
seront réduits aux élucubrations, aux spéculations dans le silence du 
cabinet, où, suivant J . de Maistre, on attrape plus de mouches que de 
vérités ! 

L'exposé des motifs nous parle bien de « certaines personnalités », qui 
seront exemptées de toute surveillance et de toutes formalités tracas- 
sières. Nous avons tout lieu de croire qu'elles seront en très petit 
nombre. Ces bienheureuses personnalités vont donc devenir les Ves- 
tales, chargées d'entretenir le feu sacré dans le temple de la Préhis- 
toire, désormais fermé aux profanes! — Ce feu brillera d'un éclat d'au- 
tant plus vif que les autres foyers seront éteints... 

Les Préhistoriens de France, qui comptent parmi eux tant de savants 
de premier ordre, qui ont fait la Préhistoire malgré les oppositions les 
plus acharnées, seront tous occupés dans leur cabinet à fouiller leurs 
notes, leurs archives, et... leurs souvenirs ! 

Je n'insiste pas sur un sujet un peu ingrat; je craindrais de troubler 
le plaisir de noire réunion si cordiale. Je désire vous rappeler un 
article récent du Gaulois. Le signataire de l'article n'est pas éloigné de 
trouver le projet parfait ! Cependant, après l'avoir longuement disséqué, 
il termine en disant que cette loi pourrait bien être le sabre de Joseph 
Prud'homme. Cette comparaison très plaisante m'a paru ne pas man- 
quer de justesse. Tout le monde connaît ce sabre légendaire, qui défend 
nos institutions, mais qui sait aussi les combattre, et les démolir, au 
besoin ! 

En terminant, permettez-moi de vous rappeler un passage de notre 
immortel Molière. Dans le Malade imaginaire , Toinette, déguisée en 
médecin, donne une consultation à son maître qui ne la reconnaît point. 
Elle lui dit : « Vous avez là un œil droit, qui ne vous sert à rien. Je 
me le ferais crever, si j'étais à votre place ; ne voyez-vous pas qu'il 
attire toute la nourriture de l'autre ; vous en verrez plus clair de l'œil 
gauche ». Je me trompe peut-être; mais j'ai bien peur qu'on ne tente 
une opération de ce genre sur la pauvre Préhistoire. En verra-t-elle 
plus clair de l'œil gauche? L'avenir nous l'apprendra. 

Mais ceux qui ont beaucoup vécu, qui ont appris à connaître les 
hommes et les choses, qui ont étudié l'anatomie et la physiologie, non 
seulement physiques, mais morales (passez-moi l'expression), savent 
qu'on ne touche pas impunément à certains rouages d'un organisme, 
sans en altérer profondément la fonction. 

Quand on crève un œil, l'autre s'en ressent toujours ! 

Espérons toutefois que la Préhistoire n'en deviendra pas aveugle. 
Espérons surtout que nos législateurs apporteront des allégements, 
des adoucissements, à cette loi un peu draconienne. 

En m'exprimant ainsi, Messieurs, j'ai cru répondre à vos pensées.. 
J'espère avoir trouvé un écho dans vos esprits et dans vos cœurs. » 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 43 

M. Armand Viré, Président du prochain Congrès préhistorique, qui 
se tiendra à Nîmes du au 12 Août, prend la parole. 

« Emanés de la Société préhistorique française, dit-il en substance, 
les Congrès sont nécessaires aux besoins de la Préhistoire. C'est grâce 
à eux que nous pouvons mieux étudier les gisements, élargir nos idées 
par d'utiles comparaisons sur le terrain, et des discussions souvent pas- 
sionnées, mais toujours courtoises. Chacun de ces Congrès se spécialise, 
pour ainsi dire, dans un domaine propre. Nîmes sera le Congrès des 
oppida et des grottes, comme Périgueux fut celui des abris sous roche 
comme Vannes fut celui des Monuments mégalithiques. Nous n'oublierons 
point non plus ni le Néolithique de Provence, ni 1 "âge du Cuivre, qui 
semble dans le Gard mieux défini que partout ailleurs, ni la curieuse 
poterie locale. 

« En terminant, j'émets l'espoir que, réduits, par l'amplitude de notre 
programme, comme par l'intérêt exceptionnel et l'éclectisme de nos 
excursions, les Congressistes se retrouvent au moins aussi nombreux 
sur les bords du Gard qu'ils le furent l'an dernier sur ceux de la Loire. 

M. L. Coutil parle à son tour, comme Président de la Société pré- 
historique française pour 1911. 

Puis M. A. Guébhard, en quelques paroles humoristiques, porte un 
toast à toutes les aimables collaboratrices de nos fêtes, et prie 
M me Henri Martin de leur dire toute notre admiration et toute notre 
gratitude. 

M. Léon, Délégué du Ministre, clôture la série des discours, en re- 
mettant aux Présidents de la Société, M. H. Martin, et du Congrès 
de Tours, M. Ballet, un diplôme d'Officier d'Académie pour 
M" e Crova (de Cherbourg), et un diplôme d'Officier de l'Instruction 
publique pour M. J. Bossavy (de Versailles), laissant entendre que le 
temps seul avait manqué pour en préparer d'autres, qui feront partie 
de la promotion régulière, attardée, de Janvier. 

Il répond ensuite, d'une façon très aimable et fort habile, avec un tact 
parfait, aux précédents orateurs. 

Ses déclarations ont certainement mis un peu de baume dans le cœur 
des Préhistoriens, en ce qui concerne la question de la Liberté de s 
Fouilles. — Elles ont, en tout cas, été très applaudies. 



44 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

IV. — SÉANCE MENSUELLE. 



I. — Procès-verbal de la Séance. 



M. le Secrétaire donne lecture du procès-verbal de la dernière 
séance [22 décembre 1910]. — Le procès-verbal est adopté. 

M. le Secrétaire Général donne connaissance de notes reçues à 
propos du procès-verbal, et envoyées par MM. Harmois (Saint- 
Brieuc), Guenin (Brest), G. Bacquié, Marcel Baudouin, Jacquot (Gre- 
noble), M. Hébert, A. Viré. 

Correspondance. 

Lettres de remerciements. — M ,n * Savoye. — M. Bout de Charle- 
mont. 

Lettres d'excuses. — L. Schaudel. — D r Gilbert. — A. L. Lewis. 
— M. Hébert. — A. Maire. — Gartereau. 

Lettres d'avis — M. Marcel Vernet annonce la création de Yfns- 
tilul etnographique international de Paris. 

Rectifications à propos la Préhistoire au dehors. — M. 1 abbé H. Breuil. 

Allocution de M. le Président sortant. 

M. le D r Henri Martin, Président, a prononcé le discours suivant : 
Mes chers Collègues, 

L'habitude exige du Président d'une société savante deux discours : 
dans le premier il expose la situation, rend hommage au dévouement 
de son prédécesseur et au rôle qu'il a joué pendant son mandat ; dans 
le second il parle des résultats obtenus et fait un autre éloge : celui de 
son successeur. 

Sans rompre avec ces traditions heureuses, je passerai rapidement; 
car mes amis savent d'avance tout le bien que je pense d'eux et com- 
bien leur collaboration, dans une année de durs travaux, a été un pré- 
cieux et efficace soutien pour moi. 

Marcel Baudouin, A. Guébhard, P. de Givenchy et L. Giraux, dési- 
gnés par le Conseil, pour remplir chacun de délicates fonctions, for- 
ment une équipe d'élite, qu'on envierait ailleurs avec raison. 

Aussi mon successeur, mon ami, L. Coutil, que le choix du Conseil 
appelle aujourd'hui à la Présidence, va-t-il trouver une Société belle, 
prospère et unie ; mais je n'hésite pas à lui dire que sa nouvelle fonc- 
tion ne sera pas toujours une sinécure. 

11 aura souvent l'occasion de mettre à la disposition de la Société sa 
persévérance et sa volonté de travail ; peut-être aussi sera-t-il obligé 
d'interrompre plus d'une fois ses travaux sur l'Age du Bronze et 
l'Epoque gauloise, qui lui ont valu une véritable notoriété. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 45 

Le rôle de Léon Coutil, dans la Société, depuis sa fondation, a déjà 
été souligné par d'excellentes intentions ; d'ailleurs la douceur et la 
modération de son caractère s'allieront toujours à l'érudition de ses 
travaux; le choix du conseil est donc particulièrement heureux; il nous 
permet de compter sur le lidèle ami, entièrement dévoué à la Science et 
à notre groupe, dont l'importance s'accroît chaque jour. 

D'ailleurs, la tâche du Président sera souvent simplifiée; il trouvera 
parmi ses collaborateurs un secrétaire général modèle, prévoyant et 
ordonnant tout, qui sait mettre d'aplomb tous les mois, au prix d'ef- 
forts considérables et méconnus, une importante publication, justement 
appréciée par ses travaux originaux . 

L'année dernière, nous avons à peu près rempli notre programme; 
mais, si la chance nous a favorisés, il faut également tenir compte de 
l'activité^ de l'union et de l'assiduité des Collègues que vous avez dési- 
gnés pour remplir le rôle de Conseil dans notre administration. Grâce 
à cette entente traditionnelle, des événements heureux et importants se 
sont succédé cette année. Notre vaisseau a accompli son voyage, en 
évitant les écueils, en profitant des bons vents; et aujourd'hui il rentre 
au port avec une charge scientifique importante : deux gros volumes ; 
deux polissoirs; un menhir; et deux dolmens! 

Comme couronnement de ses efforts, la Société Préhistorique Fran- 
çaise a été reconnue d'utilité publique. Cette distinction n'est pas une 
formule banale; elle est donnée aux groupes importants, après un long 
et minutieux examen, et une enquête faite avec la plus haute impar- 
tialité; c'est pourquoi nous devons être fiers de posséder le décret tant 
envié; il sera, je n'en doute pas, le début d'une nouvelle impulsion, 
donnée à notre jeune centre scientifique. 

Remercions donc publiquement les Membres du Conseil d'Etat et 
les Professeurs de nos grands établissements officiels, qui ont bien 
voulu nous donner leur appui. 

Notre métamorphose nous met aujourd'hui au rang de personne 
civile; en d'autres termes nous pouvons ouvrir notre caisse et recevoir 
des legs. 

Je souhaite donc ardemment à mon successeur de présider à l'ins- 
tallation du modeste Laboratoire et de la Bibliothèque que nous dési- 
rons. Actuellement la Société ne pourrait supporter de pareilles 
dépenses. Toutefois, un effort sera suffisant pour combler cette lacune; 
si le local manque, les livres et quelques collections sont déjà entre nos 
mains et attendent leur logis. Nous avons bien une rudimentaire ins- 
tallation, une pièce unique, froide et sombre, où nous entassons le pro- 
duit de nos fouilles après l'étude, où nous déposons les collections qui 
nous sont données ; mais ce simple dépôt sera bientôt entièrement 
comblé. La Société possède encore une collection en plein air; elle est 
à Vendrest, où un beau polissoir a été transporté auprès de la Sépul- 
ture néolithique. 

Les circonstances l'ont voulu; mais je crois qu'en matière de trans- 
ports de monuments préhistoriques il faut être très prudent, et laisser 
ces vestiges, tout en les protégeant, à l'endroit même où ils ont été 
trouvés. 

Leur situation, leur position ont peut-être une valeur méconnue; 
nous leur donnons actuellement une interprétation; mais nos déduc- 
tions risquent de paraître imparfaites dans un autre siècle. 

La protection d'une sépulture ancienne devrait être aujourd'hui un 
véritable culte. Pourquoi ne pas respecter les rites d'une religion dis- 



46 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

parue ; pourquoi disperser, dans les capitales de l'Europe, tous ces 
trésors de l'antiquité? 

Ces vestiges, enfouis avec des croyances abandonnées aujourd'hui, 
n'en sont pas moins respectables ; ayons au moins le culte des cultes 
passés; et sachons épargner à ces objets, tout imprégnés d'inconnu, les 
enchères des salles de ventes. 

Quelle injure nos familles n'éprouveraient-elles pas, à notre époque, 
au soupçon d'une pareille violation dans une sépulture où elles ont 
déposé pieusement les restes d'êtres chéris ! 

L'Histoire doit cependant se documenter ; mais elle peut le faire 
avec dignité; et la pénétration des hypogées ne doit pas signifier exhu- 
mation, dispersion des restes humains, et du mobilier funéraire. 

L'étude et la reconstitution des races anciennes peut se faire sur 
place, au lieu même des découvertes; et ces vestiges ne doivent pas 
quitter leur sol ; il faut les protéger, mais ne pas les profaner, au nom 
de la Science, par un transbordement. 

Les véritables savants, ceux qui ne craignent pas les lointains 
voyages, viendront étudier dans la sépulture ou dans la couche archéo- 
logique certains vestiges de première importance ; ils ressentiront cette 
influence indéfinissable du milieu ambiant, qui n'imprègne plus l'objet 
déplacé. 

Mais, aujourd'hui, la centralisation se généralise; sous le prétexte de 
tout sauver, on voudrait diriger sur les capitales toute l'Archéologie 
transportable et encombrer, sans profit, des musées déjà trop petits. 

Si ces idées triomphaient, on verrait s'éteindre, dans peu de temps, 
les unes après les autres, toutes les Sociétés archéologiques de pro- 
vince ; elles, qui ont fourni depuis un demi siècle des travaux de pre- 
mière importance; et, il faut bien le dire, qui ont créé la science préhis- 
torique. C'est hier seulement qu'elle est devenue officielle, après avoir 
été rudement malmenée dans les Académies ! 

La Préhistoire doit rester régionale, avec l'autonomie la plus large, 
pour ses musées et ses sociétés. 

Les moulages suffiront pour la centralisation. 

Le gros mouvement préhistorique, qui se dessine depuis quelques 
années, n'appartient aucunement à Paris; il est général; c'est pour cela 
que la création d'un seul foyer dirigeant et enseignant sera néfaste ; 
les centres scientifiques de province doivent, au contraire, être encou- 
ragés et largement indemnisés. L'émulation de leurs travaux, la 
jalousie de leurs découvertes, et la sécurité de leur propriété scienti- 
fique, sont les éléments du véritable progrès. 

La Science ne se bâillonne plus ; elle parle même très haut, quand 
elle est emmurée ! 

Plaquettes offertes aux. Présidents de la Société 
pour 1909 et 191 O. 

M. L. Coutil prend alors la parole, en ces termes, pour adresser 
ses remerciements aux Membres du Conseil d'Administration de son 
Election à la Présidence pour 1911; et offrir, au nom de quelques 
amis, aux D rs A. Guébhard et H. Martin, une plaquette en argent, 
pour les remercier de ce qu'ils ont fait pour la Société, à l'occasion 
de sa Reconnaissance comme Établissement d'Utilité publique. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 47 

Mon cher Président, mes chers Collègues, 

Je tiens tout d'abord à vous remercier des termes fort aimables 
dans lesquels vous venez de me présenter à mes Collègues; et je vous 
avoue que j'en suis confus, ainsi que de la sympathie que viennent de 
me témoigner mes amis du Conseil d'administration; mais je n'ose en- 
core songer, en ce moment, à toutes les responsabilités qui vont m'in- 
comber. Par votre persévérance avisée, vous avez triomphé de tous 
les obstacles; je compte encore sur vous, et sur tous mes Collègues de 
la Société, pour continuer votre œuvre à tous et la rendre de plus en 
plus prospère. 

Mais il m'est un devoir bien agréable à remplir, au début de ma pré- 
sidence : c'est d'offrir l'hommage de notre profonde sympathie à deux 
de nos présidents qui ont surtout contribué à la Reconnaissance d'Utilité 
publique de notre Société; et de remettre tout d'abord cette plaquette, 
en votre nom, au D r Guébhard, qui, depuis la création de la Commis- 
sion de» Enceintes préhistoriques et anhistoriques, en 1906, n'a cessé 
de faire connaître notre Sociétépar l'envoi à titre gracieux de tous les 
comptes rendus de cette Commission, et cela à des centaines d'exem- 
plaires, non seulement en France, mais aussi à l'étranger; ce qui nous 
a amené de nombreux membres; et qui'avec l'appui très précieux du 
D r Henri Martin, a enlevé la Reconnaissance d'utilité publique. 

Je suis très heureux de remettre 'également, en votre nom, celte 
autre plaquette, représentant X Archéologie, pensive et réfléchie, à notre 
très sympathique président, le D r Henri Martin, pour son dévouement 
inlassable; nous ne saurons jamais trop le remercier de tout ce qu'il a 
fait jusqu'ici pour la prospérité de la société, la reconnaissance d'uti- 
lité publique, l'organisation de la fête qui a suivi cet événement, et 
aussi pour le triomphe de la liberté des louilles. 

Et, a l'avenir, mes chers Collègues, soyez assurés de mes sentiments 
profondément reconnaissants pour le témoignage d'estime que vous 
m'avez donné aujourd'hui. 

M. A. Guébhard, en quelques paroles sincèrement émues, prie 
M. L. Coutil de transmettre à tous les collaborateurs de son affec- 
tueuse et délicate attention ses remerciements très amicaux. 

M. le D r H. Martin remercie très vivement les Membres de la So- 
ciété, qui lui ont offert ce sympathique souvenir. 



I i i I > l i o t hèque. 

La Bibliothèque de la Société a reçu les ouvrages suivants : 

Bayet (Le D r Adrien). — La Civilisation de la Crète ancienne. [Extr. 
de la Rcv. de Wniv. de Bruxelles, 1909]. — Bruxelles, 1909, 60 p., 
in-4° (Don du D r Cancalon). 

Rutot (A.). — Essai sur les variations du Climat pendant l'époque 
quaternaire en Belgique. Extr. Postglaziale Klima-Verànderungen, 
Stockholm, 1910J. — Stockholm, 1910, in-4% 16 p. 



48 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Schaudel (Louis). — Essai sur la chronologie de VAge Paléolithique. 
— Nancy, 1911, Berger-Levraud, in-8°, 145 p., 107 gravures. 

Protestations adressées à la Société préhistorique française contre le 
Projet de Loi sur les Fouilles archéologiques. — Paris, S. P. F., 1911, 
in-8°, 17 p. [Extr. B. S. P. F., 1910, déc.]. 

Francis W. Reader and Horace Wilmek. —Report of the Red- 
Hills Exploration Committee 1907-8 (1908-9), read al the Society of 
Antiquaries of London, 17 februar 1910. [Extr. Proc. Soc.Antiq. Lond., 
2 S., XXIII, 1910, p. 66-96, 31 fig. et pi. coul.]. — London, in-8°, 
1910. 

The Arc.hœological Survey of Nubia [Bulletins n°« 2 à 6]. — Cairo, 
1908-1910. 

Hure (M lle Augusta) . — Association dans la vallée sénonaise de V Yonne 
des vestiges de l'âge de la pierre à ceux des époques gauloises et gallo- 
romaine. — [Extr. de la Soc. des Se. JJist. et Nat. de V Yonne, 1909, 
2 e Session, 351-376]. — Auxerre, 1910, in-8% 26 p. 

R. Forrer. — Die rômischen Terrasigillata Tôpfereien von Heili- 
genberg-Dinsheim und Ittenweiler im Elsass. Ihre Brennôfen, Form-und 
Brenngerdte, ihre Kunstler, Fabrikanten u. Fabrikate. — Gr. 8° carré, 
242 p., 246 fig., 40 pi. — Stuttgart, W. Kohlhammer, 1911. 

M. le D r R. Forrer offre à la Société, par l'intermédiaire de M. A. 
Guébhard, son magnifique ouvrage sur les Poteries romaines de Terra 
sigillata, découvertes à Heiligenberg-Dinsheim et Ittenweiler en Alsace, 
leurs fours et accessoires de modelage et de cuisson, leurs artistes, fabri- 
cants et produits (voir plus haut), qui constitue une véritable encyclopé. 
die du sujet, prise sur le vif, grâce aux heureuses fouilles de la Société 
pour la Conservation des Monuments historiques en Alsace. 

L'auteur a eu l'heureuse inspiration de donner un court résumé fran- 
çais de son gros livre ; et il est vraiment intéressant de voir comment 
la poterie dArezzo, après avoir commencé, dès le premier siècle avant 
J.-C, à créer des centres secondaires à travers la Gaule, chez les Ru- 
tènes, puis les Arvernes, les Belges, les Trévires et Helvètes, arriva, 
vers la fin du premier siècle après J.-C, à Heiligenberg, sur l'empla- 
cement d'une ancienne station néolithique, et provoqua rapidement, 
dans la région, la naissance de plusieurs autres centres concurrents, 
dont le rôle, sur les marchés, vers la première moitié du il" siècle, fut 
beaucoup plus important qu'on ne se l'imagine. 

Protestations contre le Projet de I^oi 
sur la Liberté des Fouilles. 

M. le Président donne connaissance de nouvelles protestations de 
Sociétés de province contre le projet de loi, dont elles ont adressé des 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 49 

procès-verbaux à la S. P. F. [au total 53] ; ils seront ultérieurement 
publiés. 

39° Société Archéologique duGers; 40° Société d'Excursions scientifi- 
ques: 41° Société d'Emulation du Bourbonnais ; 42° Société Linnéenne du 
nord de la France ; 43° Société d'Etudes scientifiques de l'Aude : 44° So- 
ciété historique et Archéologique du Périgord ; 45 J Société des Sciences 
historiques et naturelles de l'Yonne ; 46° Société historique de Com- 
piegne ; 47° Société historique d'Auteuil et de Passy ; 48° Société Lin- 
néenne de Bordeaux; 49" Société Archéologique de Bordeaux: 50° Aca- 
démie nationale des Sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux ; 51° 
Groupe Spéléo- Archéologique d'Czès, etc. 

Commission do la Liberté des Fouilles. 

Le Conseil décide la nomination d'une nouvelle Commission, dite 
Commission de la Liberté des Fouilles, chargée de poursuivre 
l'œuvre commencée par le Bureau en 1910, relativement à la campagne 
menée pour la Liberté des Fouilles préhistoriques. Cette Commission 
sera composée, en outre du Bureau (Président, Secrétaires et Trésorier), 
de MM. le D r Henri Martin, secrétaire ; Chervin et A. de Mortillet. 

^VII e Congrès préhistorique de I\ T lnies. 

[6-12 Août 1911]. 

M. le Secrétaire Général du Comité d'Organisation du Congrès 
dépose sur le Bureau les premières Circulaires du Congrès, qui ont été 
envoyées le mois dernier. 

Admission de nouveaux Membres. 

Sont proclamés : MM. 

Barbier (H.), Pharmacien, Pacy-sur-Eure (Eure). 

[Abbé Philippe — M. Baudouin]. 
Bonnet (Alexandre;, 54, Boulevard Bineau, Neuilly-sur-Seine (Seine). 

[Denier — Henri Martin]. 
Duquesne (Boberl), Homme de lettres, Brionne (Eure). 

[L. Coutil — M. Baudouin]. 
Gadeau de Keiiville Henri), Naturaliste, 7, rue Dupont, Bouen 

(Seine-Inférieure). [Georges Poulain — Henri Martin]. 

Gaillard, Conservateur du Muséum d'Histoire naturelle, Lyon 

(Bhône). [Chervin - A. de Mortillet], 

Icard Severin), D.-M., 8, rue Colbert, Marseille (Bouches-du- 

Bhône). [Marcel Baudouin — Henri Martin]. 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 4 



50 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Jarricot (J.), D.-M., Chef de Laboratoire, 9, Cours Gambetta, Lyon 
(Rhône). [Ghervin — A. de Mortillet]. 

Le Pileur, D.-M., Médecin de Saint-Lazare, 15, rue de l'Arcade, 
Paris. [E. Dupont — Marcel Baudouin]. 

Petit (Le lieutenant), 16, rue de l'Abbé-Josselin, Saint-Brieuc (Côtes- 
du-Nord). [A. L. Harmois — A. Guérhard]. 

Roland, Instituteur, Villevenard (Marne). 

[Bosteaux-Paris — Henri Martin]. 

Sellier, 3, rue Boule, Paris. [H. Marot — Chapelet], 

Présentations. 

M. Roland GuÉbhard (Afrique). — Hache polie et Ciseau poli de 
la Côte d'Ivoire. — Discussion : A. de Mortillet, M. Baudouin. 

M. Edmond Hue (Paris). — Détermination des Silex du Grand-Pres- 
signy. — Discussion : A. de Mortillet, A. de Paniagua, Marcel 
Baudouin. 

M. L. Giraux [Saint-Mandé], — Hache en silex de forme arquée. 

M. A. Viré (Paris). — Nucleus solutréen en forme de « livre de 
beurre ». — Discussion : M. Henri Martin; A. de Mortillet. 

M. le marquis de Tryon-Montalembert (Paris). — Pièces campi- 
gnyennes de t Yonne. — Discussion : A. de Mortillet; L. Coutil. 

M. Paul de Givenchy (Paris). — Les grands éclats moustériens et les 
pièces chelléo-moustériennes de la carrière du Tillet^ près de la Ferté- 
sous-Jouarre (Seine-et-Marne). 

M. G. Baquié (Hérault). — Grotte néolithique de la Clape [Hérault). 
[Photographies]. 

Communications. 

M. Franchet (Asnières). — Sur quelques causes déterminantes du 
magnétisme des poteries. — Discussion : A. GuÉbhard. 

M. A. GuÉbhard (Paris). — Sur la poterie provençale à décor géomé- 
trique excisé. 

MM. Poulain (G.) etGADEAu de Kerville (Eure). — Fouilles dans 
un abri sous roche à Bonnières [Seine-et-Oise)\ — Sépulture néolithique 
de Jeu fosse [Seine-et-Oise). 

M. F. Mazauric et G. Bourilly. — Sur V oppidum de Cordes, près 
Fontvieille [Bouches-du-Rhône) . 

M. PagÈs-Allary (Murât, Cantal). — Fouilles de Las Tours (6 pi.). 

M. Cloutrier (Gien). — Genabum et la Capitale des Gaules. 

M. le Marquis de Tryon-Montalembert. — Découverte d'un Menhir 
à la Pierrefitte, commune de Sépéaux [Yonne). 

M. le D r Gobert (Reyedef, Tunisie). — Origine des balles polyédri- 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

II. — NOTES ORIGINALES. 



Le mot Chiron et les vocables connexes. 

M. Armand Viré (Paris). — Comme suite à la courte note 
donnée à la dernière séance, nous relevons, aujourd'hui, d'après 
Combarieu (1), la liste des lieux habités du département du Lot, 
dont le nom dérive de Cayrou. 

Il est vraisemblable que la nomenclature des simples lieux dits 
donnerait une liste autrement longue. Nous mettons entre paren- 
thèses le nom de la commune. — Le Caire Bas (Saint-Cerniri)\ le 
Cayre Haut {Sênaillac) ; le Cayré (Gréalou) ; le Cayré [Saint- 
Martin-Labouval); le Cayrel (Montcuq); \à(Duravet); id (Labas- 
lide-Marnhac) ; Cayrelle (Saint-Chamarand) ; Cayrol (Figeac) ; 
Cayrols (Moncabrier); id. (Sousceyrac) ; Cayrot [Calamane ; le 
Cayrou (Albax); id. (Cras); id. (Lamothe-Cassel); id. (Puy- 
l'Evêque); id. {Saint- Argues)', id. (Saint-Médard) ; id. (Saint- 
Pantaléon); Cayrou-Gros [Limogne) ; Cayrouse ^Saint-Jcan-Lespi- 
nasse); la Cayrouse (Saint-Bressou); Cay roux (Laba*tide-M a rnhac) ; 
Chairoux (Degagnac); Lacayrouse (le Bouysson); Pech de Cay- 
roux (Sênaillac); Pech del Cavré [Sainte-Croix); la Quavrouse 
(Fontanes); Rocquecayré (Marminiac) ; Roucayrou (Labathude), 



Le Cliien en Préhistoire. 

M. Georges Baquié. — Les Canis familiaris, pulpes, lupus, ont 
été découverts dans les cavernes de l'Herm (Ariège), mélangés 
aux ossements du grand ours (Ursus spelœus). 

M. le D r M. Baudouin. — Dans les magnifiques publications 
de The Archeological Survey of Nubia, nous avons récemment 
trouvé des indications précieuses relatives aux Chiens préhistori- 
ques d'Egypte. Dans les cimetières des rives du Nil, on trouve 
souvent, en effet, des squelettes de chiens dans les tombes. L'une 
d'elles en contenait deux. — Donc, à cette époque [période prédy- 
nastique}, on enterrait les chiens du propriétaire avec lui. 

Dans une tombe, on a trouvé un chien sans tète : ce qui indique 
que, parfois au moins, on les décapitait. — Quand on compare les 

(1) L. Combariel. — Dict. des Communes du Lot. — Cahors, Layton, 1881. 



52 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

têtes de ces chiens préhistoriques [prédynastiques] avec celles des 
chiens du Nouvel Empire par exemple, on voit qu'il s'agit à peu 
près de la même race, mais avec un museau plus allongé et un 
crâne plus grêle, chez les plus récents. — Ces chiens ressemblent 
beaucoup à ceux des Puits funéraires de France, qui sont gallo- 
romains. 



La Tortue en Préhistoire. 

M. Marcel Hébert (Paris). — M. Chavannes a présenté, à l'Aca- 
démie des inscriptions (1), deux fragments d'écaillés de tortue, et 
un os exhumé en 1899 dans le nord de la province chinoise de 
Ho-Nan. Il s'en est rencontré alors un dépôt, qui comprenait plus 
de 5.000 fragments, dont un millier a été publié d'abord sans expli- 
cation, et dont 134 ont été expliqués récemment par un lettre 
chinois, M. Lotcheniu. Sur ces fragments se trouvent des carac- 
tères, gravés à la pointe et très difficiles a lire en raison de leur 
forme primitive. On sait que, pour la divination, les Chinois uti- 
lisaient l'écaillé de tortue et la tige de certaines plantes; il faut y 
ajouter désormais les os. Pour la tortue, il s'agit d'une petite 
espèce terrestre, car les Chinois n'étaient pas, tout d'abord, un 
peuple maritime. On allumait un feu pur de buissons épineux en 
prenant directement au soleil ses rayons par un miroir ; un outil 
métallique était porté au rouge par ce feu; on perforait l'écaillé 
en certains endroits avec cet outil. L'approche de la chaleur pro- 
duisait des craquelures que l'augure interprétait. Sur les frag- 
ments ainsi retrouvés, les esprits divins que consulte l'augure 
sur l'avenir sont les empereurs défunts de la dynastie des Yin qui 
régna pendant le deuxième millénaire avant notre ère, et, comme 
l'empereur lui-même peut seul consulter ses ancêtres, on est 
amené à déterminer que ces fragments nous conservent les divi- 
nations faites par l'empereur, dont le règne débuta en l'an 1191 
ou 1111 avant J.-C. On sait que la numération usitée dans les 
temps les plus reculés a été la numération décimale; dès lors, les 
Chinois utilisaient le cycle de 60, résultant de la combinaison de 
la numération décimale avec la numération duodécimale. Les vic- 
times offertes sont tantôt 10 codions blancs, tantôt 5, 10, 3 ou 
9 bœufs, 1 chien, 1 mouton, de la liqueur. Il s'agit de prédire si 
la moisson sera bonne, ou s'il pleuvra ; l'agriculture et la chasse 
préoccupent l'esprit de l'augure. On chasse les cerfs, et, semble- 
t-il aussi, les chevaux, avec l'arc. 

(1) Journal des Débals, 22 juin 1911, 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 53 

M. Marcel Baudouin. — Il me paraît utile de souligner certains 
points de cette note, étant donné les documents publiés par notre 
Société en 1910 sur le même sujet (1). — Je remarque d'abord 
qu'il s'agit d'une tortue terrestre, comme en Europe; et que ces 
restes remontent à un siècle avant J.-G. 

Je signale le rôle des chiffres fatidiques, appliqués hux victimes : 
faits que l'on retrouve dans nos Puits funéraires, également pour 
les bœufs, les cochons, les chiens, le mouton, le cerf, le cheval, 
voire même les liquides. On se croirait, vraiment, sur les côtes de 
Vendéel — Dans l'un de mes ouvrages (2), j'ai, d'ailleurs, signalé 
Yanaloaie de coutumes des « Maraîchins » de Vendée et des 
Chinois : ce qui ne veut nullement dire que les Vendéens vien- 
nent de Chine, comme pourraient le croire certains Orientalistes 
quand même ! 

Autres documents à citer. — On a trouvé, dans un tumulus de 
l'Epoque du Cuivre, dans lesCôtes-du-Nord. un fragment d'Ecaillé 
de Tortue [Rev. Ecol. d'Anthr.. Paris, 1902]. — En 1904, on a 
découvert un fragment d' Emys orbicularis, dans une grotte (Le 
Trou Félix), à Falmingoul, régiou de la Meuse [Bull. Soc. Gêol. 
de Belg., XXXI, 1904, fasc. II-III]. 



Discussion sur le Capsien. 

M. Jacquot (Grenoble). —Dans le Bulletin (n° 11, 1910, p. 595), 
à l'article Recherches sur le Capsien, je lis que « l'industrie cap- 
sienne n'est encore connue que par la mention qu'en a faite 
M. de Morgan (1909), la description sommaire de M. Pallary 
(1909), et le mémoire Morgan-Capitan-Boudy ! — Je me permets 
de rappeler que j'ai recueilli, dès 1900, des silex dans trois sta- 
tions de Gafsa : marabout de Sidi Yaya, Grotte des Voleurs, et 
atelier sans nom connu entre le les deux premiers; que j'ai donné 
les photographies de plusieurs de ces outils dans le Volume 1901 
de la Société Archéologique de Constanline ; et que — auCongrèsde 
Chambéry — j'ai exposé deux planches complètes de silex taillés, 
provenant de ces stations (en outre des beaux outils d'Ouargla). 

Ceci dit uniquement pour indiquer que la publicité donnée 
à ces gisements par la Société de Constanline n'est peut-être pas 
étrangère aux voyages d'études entrepris postérieurement par 
nos confrères en préhistoire. 

(1) Evidemment, M. Cha vannes n'a pas en connaissance de la longue discussion 
qui s'est déroulée dans le sein de notre Société et qui a duré plusieurs moisi 

(2) Marcel Baudouin. — Le Maraichinage. — Paris, Maloine, 1906, in-12% nom- 
breuses figures. 



54 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Trépanation néolithique christianisée. 

[Le Crâne de saint Aubert]. 

M. G. GuENm(de Brest). — L' Eglise du Mont-Saint-Michel, s'il 
fallait en croire Sigebert de Gembloux, aurait été construite au 
début du vm e siècle ; et les dates peuvent s'établir, d'après les syn- 
chronismes, du 26 octobre 701 à l'année 708 (1). — Un siècle après, 
l'histoire delà construction par saint Aubert, évêqued'Avranches, 
était faite par un anonyme, sous le nom d'« Apparition sur le mont 
Tombe » (2). Cette œuvre, d'après Molinier, est au plus tôt du 
ix e sièele; mais en tout cas antérieure à 966. — Quoi qu'il en soit, 
elle permet de justifier les très curieuses» assertions de M. le 
D r Marcel Baudouin. 

Le Mont-Saint-Michel était, en effet, le lieu d'une ou de deux 
Sépultures néolithiques, comme nous espérons pouvoir le démon- 
trer à l'aide de textes, sinon contemporains, du moins très rap- 
prochés de l'époque de saint Aubert. 

a) Hypothèse d'une Sépulture. — L'auteur de Y Apparition nous 
dit, en son chapitre III, que « ce lieu est appelé Tombe, par les 
« habitants, parce qu'il se dresse au milieu des sables, à la façon 
« d'un tumulus (4)». Il y avait donc, tout au moins, une coïnci- 
dence de formes, remarquée déjà par les gens de l'endroit. — Mais 
l'auteur précise davantage et dit, au chapitre VI, que l'évêque 
Aubert, après ses trois visions, rassemble un très grand nombre 
de paysans, et qu'il aplanit l'endroit où devait s'ériger la future 
église! — Au milieu, deux pierres s'élevaient; et les mains des 
travailleurs ne pouvaient ni les ébranler, ni les arracher de leur 
base. Il fallut qu'un nommé Baino s'y mît avec ses douze fils ! 

Les deux pierres, que l'on parvint à renverser, sont ou des 
menhirs, ou les supports d'un dolmen. Si l'on fait attention au 
texte, il y a d'abord Y aplanissement de ce qui était en forme de 
tumulus ; puis la découverte de deux pierres fichées, au milieu 
de l'endroit que l'on venait de niveler. Pour nous, il ne saurait y 
avoir le moindre doute ; et l'on se trouverait en présence peut- 
être du plus ancien texte mentionnant la destruction d'un dol- 
men (5) ! 

(1) Bollandistes : Sept. VIII (éd. Palmé), n° 336, p. 75. 

(2) Sept. VIII (p. 76 et suiv.). 

(3) Sources dé PHist. de France, I, p. 142. 

(4) Cette explication, personnelle à l'auteur, n'est pas celle des gens du Mont, 
comme on le verra plus loin . 

(5) Voici les textes en question. — « Chap. III... Hic igitur locus Tumba voci- 
tatur ab incolis, qui in morem tuniuli quasi ab arenis emergens in altum... — 
Congregataque rusticorum maxima multitudine locum purgavit atque in spatium 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 56 

b) Hypothèse de deux sépultures. — Dans la vie de saint Fro- 
dobert, abbé de Celles-en-Moutier, l'auteur, presque contempo- 
rain de 1 evèque Aubert, nous raconte un pèlerinage, fait au Mont- 
Saint-Michel. Il nous parle de l'église élevée en ce lieu, que l'on 
appelle depuis l'antiquité « aux Deux Tombes » (1). Sans doute, 
on a prétendu que cette vie de Frodobert était interpolée; mais, 
en admettant que ce passage le soit, il n'en reste pas moins une 
tradition très ancienne et d'une valeur égale à celle de « l'Appa- 
rition ». — Ici, il ne s'agit plus du tout de la forme extérieure 
du mont. 

Vers 860, le moine Bernard va au Mont-Saint-Michel. « ad 
duas Tumbas » (Mabillon, sec. 3, part. 2, p. 525-526'; ; et plus 
tard,Odon de Glanfeuil, dans une lettre à Adalmold, parle de cette 
église de Saint-Michel, qui est appelée a aux deux tombes » . 

Différentes sources, toutes s'ignorant les unes les autres, sont 
donc entièrement d'accord sur ce point, qu'il y avait, au sommet 
du mont, deux sépultures ! 

Si l'on veut compléter par le récit de « l'Apparition », il faut 
alors supposer deux tumu/i, surmontés chacun d'un menhir. 

Conclusion. — Il y aurait encore à noter l'existence d'une 
pierre avec une cupule, mentionnée au chapitre V de « l'Appa- 
ritio »: ce qui tendrait à faire du Mont Saint-Michel une station 
préhistorique assez importante. 

Il est donc très vraisemblable qu'un crâne trépané y ait été 
découvert; et, comme l'auteur de « l'Apparitio » avait dit que 
saint Aubert avait été durement frappé (austerius), pour n'avoir 
pas obéi, ceux qui ont, au xv e siècle seulement, écrit la vie de 
saint Aubert, en ont conclu que ce crâne était le sien ! 

M. le D r M. Baudouin. — Je remercie notre savant collègue de 
sa précieuse communication; et je constate qu'elle confirme en- 
tièrement mon hypothèse. — D'abord, la présence d'une pierre 
à cupules indique un lieu de culte, encore en honneur à l'époque 
gauloise; puis, celle d'un Mégalithe, la possibilité de la trouvaille 
d'un crâne trépané. — J'insiste sur les différents points de la 
légende(texte rapporté): « 1° Aplanissement du Tumulus; 2° Exis- 
tence de deux piliers de dolmens [et non pas, à mon avis, de 
menhirs sur tumulus], dressés au milieu du dit lumu/us, et mis 
à découvert par laplanissement ; 3° Impossibilité d'ébranler et 
d'arracher ces piliers. » Ce dernier point, évidemment légendaire, 

complanavit ; in cujus medio prœeminebant rupes, quas operantium multorum 
movere non poterunt manus, nec a suo divellere statu... v Baino) festinus ad locum 
cum filiis venit. impleturus, quod fuerat jussus... ». — On a donc arraché les 
• deux pierres '. 

(1) S. Frodobert, n" 31 et 32. — Bolland, 8 janvier. — Voici le passage... « Eo 
loro qui ad Duas Tumbas ex anliquo vocatur ». 




Fig. I. — Schéma du Crâne de saint Aubert 
[d'après une photographie]. — Echelle : 
1/4 grandeur. — Légende : A, Orifice de la 
Trépanation . 



56 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

n'en est pas moins des plus caractéristiques : à chaque fois que le 
peuple parle de Mégalithes funéraires, il en est constamment ainsi ! 
Ce qui m'a mis sur la voie de mon hypothèse, c'est le raison- 
nement suivant: « Chaque fois que je trouve une église imporr 

tante, en un lieu pittoresque et 
très bien situé, mais non indus- 
triel, je conclus à l'existence 
/^tf-* jf''^V d'un lieu de culte, antérieur au 

(£s A ,l \ Christianisme. Cette église n'a 

-** * t» ■» été élevée là que pour détruire 

le culte ancien, ou plutôt pour 
l'accaparer ». — C'est une loi 
d'Evolution religieuse, qu'il 
faut connaître. 

Il ne faut pas oublier, non 
plus, la légende de Gargan- 
tua (1), très caractéristique 
aussi des Mégalithes ! Or, à 
Carolles (Manche), Gargantua 
lança, dans la baie du Mont- 
Saint-Michel, une pierre qui est Tombelaine ; une autre qui est 
le Mont lui-même, sans parler du Mont-Dol[L. Coutil, 1906]. — 
Il est donc probable qu'à Tombelaine aussi il y avait une Allée 
mégalithique (2). 

M. Harmois (Saint-Brieuc). — Le crâne est-il préhistorique? 
Oui. — A-t-il été trépané du vivant de l'individu? Oui. — Au- 
tour du trou existe bien un bourrelet, formé par la recréation 
de l'os. 

Il y a sept à huit ans, je me suis occupé de ce crâne. Je m'effor- 
çais de démontrer que ce n'était pas là le Chef de saint Aubert, 
mais une pièce archéologique; et que le crâne ne devait pas être 
celui exposé à l'adoration des fidèles pendant les siècles anté- 
rieurs au nôtre. Je me basais pour cela sur les différences de 
desrriptions publiées. 

M. le D' M. Baudouin. — Il est bien probable, en effet, que ce 
crâne n'est pas celui de saint Aubert ! — Mais on ne peut pas 
prouver, à mon sens, une substitution de crânes par de simples 
arguments, d'ordre négatif, basés sur des descriptions divergentes. 
L'anatomie pathologique n'était pas à la portée des anciens 
historiens, moines ou évèques, qui, tous, ont pu se tromper de 
bonne foi. 



(1) Voir aussi la légende de la Pierre au Diable, de Baillen (Manche) [L. Coutil]. 

(2) Il se pourrait, par suite, que la deuxième tombe citée se rapporte, non au 
Mont-Saint-Michel proprement dit, mais à l'îlot voisin de Tombelaine. — C'est à 
étudier au demeurant. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



H 



Ilacho polie à érosions. 

M. L. Jacquot (Grenoble). — Parmi les outils que j'ai recueil- 
lis dans le gisement de silex noirs de Bir-en-Vsa, situé à quel- 
ques kilomètres à l'ouest de Sétif (Algérie), les visiteursde l'Expo- 
sition préhistorique de Beauvais auraient pu remarquer une petite 
hache, en calcaire, dont le seul intérêt me semblait être d'avoir fait 
partie de l'ensemble des déchets de cet atelier [Fig. 1). 

Cet outil m'avait paru tout d'abord être une pièce de rebut, 
abandonnée à cause de certaines aspérités, dont l'ouvrier n'avait 
pu le débarrasser, et qui se présentaient sous la forme de veines 





Hg. 1. — Hache if), en Calcaire gris, du gisement de silex taillés (de couleur noire) de 
Bir-en-N'sa (Commune de Sétif;, Algérie. (Collection Jacquot, de Grenoble). — [1/3 Gr.]). 
Légende: s, Face supérieure ; — P. d., Profil du côté droit. 



très saillantes en quartz. Ces varices n'occupant cependant que 
la partie postérieure de la pierre et seulement la moitié gauche, 
j'avais fini par supposer que les préhistoriques avaient pu utiliser 
la hache, en profitant justement de ces nervures très saillantes, 
pour y fixer les liens d'emmanchure ou la gaine de préhension. 
Ce qui me fortifia dans cette opinion, c'est que la partie droite 
tout entière paraît avoir été polie. Or, l'ouvrier aurait-il exécuté 
ce travail de polissage, avant d'avoir débarrassé la pièce de ses 
végétations, si celles-ci devaient disparaître ? C'est peu probable; 
s'il les a gardées, c'est qu'elles lui étaient indifférentes ou même 
utiles. — Il n'en est pas de même pour la hache de M me Crova, dont 



58 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

les aspérités occupent une place plus considérable et plus cen- 
trale. 

Je me suis demandé aussi, un moment, si ma hache n'était pas 
un simple caillou roulé, poli par les eaux. Mais, dans ce cas, les 
arêtes des veines (très saillantes) auraient été — quoique beau- 
coup plus dures — également frottées, et plus ou moins lissées : 
or, elles sont encore très vives. Je ne crois donc pas à un polis- 
sage accidentel par l'eau. 

Quant aux petites nodosités ou verrues de l'arête latérale gau- 
che, ce ne sont que ces concrétions calcaires, de formation ulté- 
rieure, et très adhérentes, qui ont résisté aux lavages, et. que j'ai 
conservées. Je ne conclus donc pas; et je n'entends donner à ma 
communication que la valeur d'un document pouvant être consulté, 
à titre d'exemple ou de comparaison. 



■ >» Préhistoire au dehors. 

PAR 

M. A. GUÉBHARD (Paris). 

A propos de notre observation (B. S. P. F., 1910, p. 562) sur 
la conclusion extraordinairement internationaliste qu'a eue, avec 
la fondation de Y Institut de Paléontologie Humaine, la longue cam- 
pagne ultra-nationaliste menée à propos des agissements du Suisse 
Hauser en France, M. l'abbé Breuii, nous fait remarquer que 
c'est par confusion avec l'Université badoise de Fribourg-en- 
Brisgau, que nous avons qualifié d' « université jésuite », celle 
de Fribourg en Suisse, d'où il rapporte son titre de professeur ; 
celle-ci est simplement catholique, et il ne pouvait en être autre- 
ment dans un pays où l'ordre des Jésuites ne saurait avoir d'exis- 
tence légale. 

Ce nous est un devoir de donner satisfaction à M. l'abbé Breuii, 
tout en nous étonnant qu'il ait pris en mauvaise part, c'est-à-dire 
dans un sens que nous ne lui donnions nullement, un" qualificatif 
qu'en Suisse même, on a toujours l'habitude — par tradition sans 
doute — d'attacher à l'université de Fribourg, et que semblait, en 
tout cas, (mais notre très compétent confrère nous assure encore (1) 



(1) « Pas plus que moi, nous écrit M. H. Breuii, Obermaier n'a jamais appar- 
tenu à aucune congrégation. Il a fait son séminaire à Regensburg, qui est et reste 
son diocèse: puis, après deux années passées comme vicaire dans une paroisse de 
la Bavière orientale, il a fait plusieurs années d'études à Munich, à Vienne, enfin à 
Paris, h 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 59 

qu'il n'en est rien), devoir mériter, d'après diverses publications 
autrichiennes (i), le très distingué collègue allemand, M. l'abbé 
Hugo Obermaier, avec lequel M. l'abbé Breuil va partager, à Pa- 
ris, tout l'enseignement français du nouvel Institut, et s'efforcer, 
sans doute, de compléter — un récent article en fait foi (2) — 
le « trust», déjà réalisé, des grottes à peintures par celui des 
fouilles paléolithiques de France, pour peu que la loi proposée 
aux Chambres soit votée dans l'esprit où l'ont élaborée les pro- 
moteurs mêmes de l'intéressante fondation nouvelle obtenue du 
généreux ami des sciences qu'est le Prince de Monaco. 

S'il nous a paru indiqué, à titre d'actualité intéressant la 
préhistoire, mais sans autres commentaires, de comparer à tout 
le bruit fait à propos de l'exportation d'un squelette à l'étranger 
le silence fait, par les mêmes personnes, sur une très vivante 
importation étrangère, nous tenons à ne pas nous écarter du 
simple exposé documentaire des faits que nous impose notre 
rôle d'informateur des choses du dehors, et nous sommes heu- 
reux de spécifier encore i quoique nous n'ayons jamais dit le con- 
traire), que si M. l'abbé Breuil est allé demander a la patrie de 
M. Hauser les galons de professeur qu'il nous rapporte si bril- 
lamment élargis, ce n'est nullement une raison pour qu'il ait 
abdiqué, plus que sa position dans la hiérachie romaine, sa pos- 
session d'état de la nationalité française, qu'il représenta, là-bas, 
pendant quelque temps, si avantageusement. 

Voici, d'ailleurs textuellement, les renseignements intéres- 
sants que veut bien nous communiquer notre très savant con- 
frère : 

« C'est à Fribourg-en-Brisgau et non à Fribourg en Suisse, 
qu'existe une université jésuite; Fribourg en Suisse en a eu une 
aussi, aux xvi e -xvn e siècles; mais elle n'a rien de commun avec 
l'Université d'Etat, fondée, il y a 20 ans, par le Conseil d'Etat 
du canton de Fribourg, et dirigée par le Ministre de l'Instruc- 
tion publique du canton, M. Python. Elle est conçue d'une ma- 
nière analogue à celle de ses sœurs aînées de Lausanne, Zurich, 
etc., avec lesquelles elle entretient de cordiales relations; la 
seule différence est que leur faculté de théologie protestante est 
remplacée à Fribourg par une faculté de théologie catholique, 
confiée aux Dominicains. Quant aux autres facultés, Lettres, 
Sciences, Droit, le personnel en est essentiellement laïque et 
universitaire (à de rares exceptions près, dont j'étais), et l'Uni- 

(1) Notamment : Otto Herma\. Dus Artefaht von Olonec und «as dazu gehôrt, 
t-à-p. (partim e.r Mitt. Anthrop. Ges. in Wien, t . XI, 1910, 13p., 8 pi. 

-' H. Rrelii . L Institut de Paléontologie humaine ' .Xnurc/le fondation Albert I f -'), 
Revue scientif., XLIX'ann., l«r sem. 1911, n« 3, p. 70-73. 



60 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

versité de France lui prête un cerlain nombre de ses agrégés, 
jeunes et brillants sujets, comme Jean Brunhes, Paul Masson, 
Jacques Zeiller, qui retournentensuite dans la mère<-patrie, après 
avoir répandu à l'étranger un peu d'âme et de science française. 
Ils n'ont absolument rien de jésuite. Ayant travaillé à la même 
œuvre, je n'ai pas plus qu'eux quitté la nationalité française ». 

— M. H. Mùller-Brauel, décrivant dans la Prâhistorische 
Zeitschrift (II, 1910, p. 211-220) les antiquités du cercle de 
Geestemunde (Hannover), se laisse aller aux confidences que 
lui dicte sa vieille expérience sur le seul moyen qui serait effi- 
cace, selon lui, pour empêcher les constantes destructions de 
monuments préhistoriques, sépultures surtout, que, malgré sa 
vigilance toujours en éveil, sa mobilité constante dans toute la 
région, et sa notoriété de collectionneur, sacrifient par centaines, 
sans profit pour la science, les progrès de plus en plus envahis- 
sants de l'agriculture. Ce n'est pas seulement par province, c'est 
par arrondissement qu'il faudrait des a conservateurs d'antiqui- 
tés » spéciaux, uniquement occupés à surveiller la découverte et 
empêcher la destruction du gibier scientifique, et sachant par 
leur science, leur désintéressement, etc., mériter les appointe- 
ments qu'évidemment il faudrait leur donner... Vraiment tou- 
chante, l'utopie du vénérable fouilleur, et moins effrayante, en 
tout cas, que la mainmise étatiste et centralisatrice que rêvent 
les bonzes parisiens. Mais pourquoi demander à l'Etat une armée 
nouvelle de fonctionnaires budgétivores, plutôt que d'encourager 
la légion gratuite des gardes-chasses bénévoles, qui, poursuivant 
le gibier pour eux-mêmes, sont les premiers intéressés à ne le 
laisser ni disparaître, ni perdre sa valeur? 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 61 

III. — COMMISSION DES ENCEINTES 



Commission d'étude 

des Enceintes Préhistoriques 

et Fortifications anhistoriques. 

M . Armand Viré, Président de la Commission, dépose le 44 e rap- 
port. 

— M. le capitaine Andrieu, continuant la série de ses conféren- 
ces préhistoriques à Bourges, a pu, grâce aux nombreux clichés mis 
à sa disposition par notre Commission, révéler à beaucoup de ses 
collègues les origines insoupçonnées de l'art de la fortification. 

— Nous recevons de notre collègue, M. L. Fraxchet, à propos 
des critiques formulées contre ses théories sur la classification des 
poteries, dans notre dernier rapport, des observations que nous 
nous faisons un devoir d'insérer ici. 

« Le Bulletin de la Société Préhistorique (n° 12, décembre 1910, 
t. VII, p. 650 à 658), donne, dans le 43 e Rapport de la Commission 
des Enceintes, une critique de différents travaux que j'ai publiés 
« un peu partout » comme le dit M. A. Guébhard, l'auteur de cette 
critique. Je dois spécifier, en effet, que si l'ensemble du Rapport est 
de M. Viré, les appréciations qui me concernent sont de M. A. Gué- 
bhard, dont les initiales figurent à la fin de l'article. 

« Estimant que le Bulletin de la Société Préhistorique n'est pas un 
organe de polémiques violentes, je m'abstiendrai de relever la forme 
dans laquelle a été conçu l'article ; d'autre part, je ne puis reprendre 
une par une les erreurs et les inexactitudes qu'il contient, car ces 
rectifications occuperaient une place importante dans le Bulletin, 
qui ne peut déjà insérer qu'une faible partie des communications 
faites en séance ou celles qui sont adressées par les membres de la 
province. 

« Je signalerai seulement, parmi les plus saillantes, deux inexacti- 
tudes qui dénaturent trop complètement ma pensée. 

« 1° Je n'ai jamais dit, dans mon travail sur la Classification, pré- 
senté à Toulouse, au Congrès de l'Association française, que cette 
classification exclusivement technique avait un but d'adaptation chro- 
nologique. J'ai précisément spécifié le contraire. 

« 2° Lorsque je parle, d'atmosphère oxydante et d'atmosphère réduc- 
trice, je ne prétends pas employer, comme le dit M. A. Guébhard, 
« des vocables plus nobles » que ceux de M. Pagès-Allary : je pré- 
tends seulement démontrer, par l'emploi de dénominations qui font 



62 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

partie de la nomenclature scientifique moderne, que la plupart des 
particularités qui caractérisent les pâtes préhistoriques sont dues à 
certains phénomènes de la combustion des gaz émanant d'un foyer. 

« Ces phénomènes sont la réduction et l'oxydation, mais ces termes 
ne sont nullement synonymes de cuisson, comme paraît le croire 
M. A. Guébhard. » 

— M. A. Guébhard tient à faire remarquer qu'il n'a discuté que 
des citations textuelles de M. Franchet, ou des faits paraissant in- 
contestables, comme celui que « flamme oxydante ou réductrice » 
ne sont, — et surtout ne lurent, aux temps préhistoriques — que 
des modalités de la cuisson. S'il commet jamais des a erreurs » mieux 
démontrées, il tiendra toujours à honneur d'être le premier à les 
rectifier. — A. G. 

— Depuis 1905 des fouilles, dont rend compte sommairement 
M. Kropatscheck (lj, sont faites annuellement sur ÏAltenburg de 
Niedenstein, en Hesse, double enceinte, où la terre, la pierre, le 
bois ont été également utilisés pour un système de défense fort sa- 
vant, correspondant à la fin de La Tène. Sur tout le plateau, au 
milieu de traces d'habitations, indiquant au inoins quatre réoccupa- 
tions successives, on a trouvé de nombreux bassins carrés, entou- 
rés de bois, dont quelques-uns semblent avoir dû se rattacher à 
l'industrie de la poterie, quoique aucun four n'ait pu être mis à jour. 
Des pavages de rues, partant d'entrées fortement défendues, mon- 
trent l'importance qu'eut cette station, sans qu'on puisse pourtant 
affirmer qu'elle ait été elle-même l'oppidum de Mattium, que prit 
Germanicus, ou l'annexe défensive, le refuge des populations du vil- 
lage qui s'appelle actuellement Metze, situé à 4 kilomètres au S. de 
Niedenstein. — A. G. 

— Un exemple d'Angleterre, que nous signale notre dévoué con- 
frère, M. A. L. Lewis, montre combien peu, sous toutes latitudes, 
l'Etat est désigné pour les sauvetages d'ordre purement scientifique, 
auxquels, seules, s'intéressent les initiatives particulières ou les grou- 
pements scientifiques. 

Il y avait, — il n'y aura bientôt plus, — sur une des pointes du 
N. du Pays de Galles, celle de Penmaenmaur, une superbe en- 
ceinte de pierres sèches, du nom de Braich-y-Dinas, particulière- 
ment remarquable par la conservation, dans son intérieur, d'une 
quantité d'autres petites enceintes circulaires, restes de cabanes, 
quelquefois accouplées [Fig. 1), quelquefois isolées, en longues files, 
attestant que, s'il ne s'agit pas d'un véritable oppidum ou ville forte per- 
manente, — hypothèse incompatible avec le climat, — ce lut, en tout 



(1) G. Kkopatscuegk. — Der Ringwall au/ der Altenburg, Rom. -german. Korres- 
pondenzblatt, IV, 1911, p. 78. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 63 

cas, un reluge des plus fréquentés, remontant, selon toute apparence, 
aux débuts de l'âge du Fer, ou à la lin du Bronze, entre 500 et 
100 avant J.-C. Or, il parait qu'en 1899, l'Administration des Fo- 
rêts a donné à bail, sans conditions, toute la montagne, à une exploi- 
tation de granités, dont les 600 ouvriers font quotidiennement le 
siège de l'antique forteresse, à l'assaut de laquelle monte tout un 
réseau de funiculaires, de travaux d'approches, précurseurs de la 
ruine totale. En vain, un cri d'alarme fut-il jeté au Parlement en 
juin 1909 : celui-ci ne crut même pas devoir rechercher si l'Admi- 
nistration des Forêts n'aurait pas le pouvoir de réparer son incroya- 
ble incurie. Désespérant de rien pouvoir de plus, la Commission 
royale des Monuments anciens de Galles et Monmoulhshire, créée seu- 
lement en 1908, a voulu du moins, garder l'image de ce qui va dis- 
paraître et, c'est grâce à elle, sans doute, que nous voyons sur un 
grand illustré de Londres (The Sphère 19 nov. 1910, p. 174-175), 
entre un portrait de Gainsborough et des groupes de suffragettes et 
de parlementaires, une page entière de vues et plans, consacrée à 




big. 1. — Cases préhistoriques de Biaich-y-Dinas 



cette « tragédie archéologique », qu'explique une demi-page de texte, 
avec une remarquable vue de cases préhistoriques Fiy. 1) particu- 
lièrement intéressantes à comparer à celles qu'a relevées, à diverses 
reprises, en Irlande, M. Th. Westropp, notamment, en dernier 
lieu, dans les Proc. R. Irish Acad., vol. XXIX, sect. C, 1911, p. 26, 
fig. 3. 

Voilà, du moins, de bon chauvinisme scientifique ; et lorsque l'Etat 
se refuse à emplo} r er les armes qu'il possède, il est consolant de voir 
faire face au mal, dans la limite de leurs moyens, ces initiatives 
particulières pour lesquelles on ne rêve, en France, qu'entraves et 
suspicions. — A. G. 

— M. Albert Mayr ayant résumé dans un beau livre ses multiples 
études sur l'île de Malte dans l'antiquité (1), donne [p. 42 la vue 
inédite d'un reste de tour en pierres sèches rappelant les nuraghi de 
Sardaigne, et qui lui parait, comme plusieurs autres analogues, de 
l'île de Malte, avoir dû marquer le centre d'agglomérations, quelque- 



(1) Albert Mayk. DU Intel Malta im Aitertum, gr. 8° carré, 156 p., 36 fig. 
1 cart. — MttHCHEN, 1909. 



64 SOCIÉTÉ PRÉHIiTOlUQUE FRAÏSÇA1SE 

fois entourées de murs de défense. On retrouve d'ailleurs, dans 
toutes les constructions, la structure encore en usage aujourd'hui 
chez les Berbères, de dalles plantées de champ (orthostatiquement) 
en files parallèles, pour former la base du mur, avec remplissage de 
pierraille entre deux. — A. G. 

— M. A. MELAYEnous envoie des renseignements sur le Camp ro- 
main (?) de Lagny-le-Sec (Oise), coupé par les routes de Creil à 
Senlis et Meaux, situé sur les parcelles cadastrales, Sect. B, n os 56 et 
93. Trouvailles de monnaies à l'effigie de Constantin, et de Romulus 
et Remus allaités parla Louve. 

Dans un travail du même auteur (1), nous trouvons mention, sur 
la commune de Montgé (Seine-et-Marne), dans le Parc du Sépul- 
cre (forêt de Montgé), d'une butte llunéraire ou défensive?) dite la 
Butte aux Pins. 

Un peu au N. de ce parc, sur les parcelles cadastrales 50 et 51, 
sont des fossés, sans doute défensiis et peut-être préhistoriques, non 
loin du carrefour de la Croix de la Fille. 

Au lieu dit les Trente Arpents, de la même forêt de Montgé, il 
existe des fortifications antiques dites Camp romain (Sect. A 2 n°3 du 
cadastre), où ont été trouvées 6 pièces d'argent de Gordien, un àtre 
de foyer en terre glaise, des débris de poteries et de tuiles romaines, 
et aussi des haches polies et des grattoirs de silex. 

— M. E. de Ponfille a visité l'enceinte de Pen-Plédan ou Camp 
de César, aux limites des communes de Ploudaniel et du Folgoët 
(Morbihan) au confluent de deux des ruisseaux qui forment l'Aber- 
wrach. 

C'est un éperon barré, fermé par une levée de terre d'environ 4 m. 
de haut sur 8 de large, précédé d'un fossé large et profond, et domi- 
nant la rivière d'une hauteur de 15 m. environ. Restés de levées sur 
les côtés entourés par les rivières. 

A l'extrémité N. du fossé, au point où il rejoint la vallée, est une 
seconde enceinte de 30 m. X 20 m. avec puits. Restes problémati- 
ques de tours. 

A une certaine distance en avant du fossé, talus semi circulaire ap- 
puyé aux deux vallées. 

Une vingtaine de haches polies ont été récoltées au cours des tra- 
vaux exécutés par le propriétaire. 

Une voie romaine de Carhaix (Vorgium) à Vorganicum, passe au 
voisinage. Près de là, il a été trouvé des monnaies et poteries romaines. 

Une courte description de cet ouvrage, due à M. Grassin, a paru 
dans le Bull, de la Soc. acad. de Brest, 1899-1900, p. 195. 



(1) A. Melaye. — La forêt de Montgé en 1118. Bull, de la Soeièlé scient, et hist. 
de la Brie, t. IV, fasc. V, 1907. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 65 

— M. G. Poulain nous décrit le Château- Sarrazin à Saint-Au- 
bin-sur-Gaillon (Eure), dominant la vallée de la Seine par 122 m. 
d'alt. dans les bois de Brille-Haut, dépendant du domaine des 
Rotoirs. C'est une enceinte elliptique de 40 X 35 m., fossés com- 
pris. Du côté O. de l'enceinte, un fossé ou demi lune se déta- 
che du fossé principal avec lequel il communique et semble pro- 
téger une entrée. Un chemin herbeux sectionne le talus et comble 
le fossé. 

Les fouilles pratiquées par M. Poulain n'ont donné aucun résul- 
tat. 

A Villez-Champ-Dominel, au hameau de Gerrier-Arnault est une 
butte circulaire de 8 m. de haut sur 40 m. de diamètre, entourée d'un 
fossé. Anhistorique, mais certainement point préhistorique, cette 
butte porte des murailles bâties à la chaux, et renferme en son inté- 
rieur, un souterrain maçonné, avec cinq cellules disposées de 
chaque côté d'une allée médiane. 

— Nous recevons de M me Savoye, qui continue pieusement les tra- 
vaux de son mari, trop tôt enlevé à la science, un certain nombre de 
documents sur le Jura. 

Un reste d'enceinte en pierres, près de laquelle est bâti le village 
de Graye, surmonte une butte relativement importante, à 500 m. de 
la petite rivière de Surain, à 27 km. de Lons-le-Saunier. La muraille 
présente, avec ses éboulis, 3 à 4 m. d'épaisseur, l m 50à 2 m. de haut, 
mais elle ne forme plus à TE., qu'un immense chaos encore accru 
par les trous et les déblais produits par l'extraction des terres. Çà et 
là des pans de murs avec mortier seraient, dit-on, les restes d'un an- 
cien château. Quelques ossements, débris de poterie et silex taillés, 
ont été recueillis sur les taupinières et semblent indiquer la possibi- 
lité de fouilles fructueuses. 

Dans le Répertoire palethnologique publié en 1904, au Congrès de 
Grenoble de VA. F. A. S., par M. E. Chantre etCuAUDius Savoye, 
que nous envoie également Mme Savoye, nous relevons quelques 
enceintes dont il n'a pas été fait encore mention dans nos bulletins, 
et dont nous donnons la liste : Belmont, Montbarrey ; Cernans, Aux 
Barres, le Camp de Grandchamp ; la Chainée des Coupis, les Grands 
Travaux; château Châlon ; Equevillon, sur le Mont Revel; Fay-en- 
Montagne, sur la Montagne du Châtelet; Fétigny ; Gevingey, sur la 
Montagne de Montorient ; Goux, dans la Forêt de chaux; Grand Châ- 
tel, sur la Montagne de Châtillon; La Loye; Montmirrey-la-Ville, au 
sommet du Mont-Guérin ; la Tour-du-Meix, à Saint-Christophe. Ce 
travail fait grand honneur à ses auteurs, malgré des lacunes biblio- 
graphiques regrettables, et des dates injustifiées données à certaines 
enceintes. Ainsi les deux seules enceintes que nous connaissions 
personnellement dans le Jura, Sermu-sur-Baume et Coldres sont 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 6 



66 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE PHAISÇAISE 

données comme néolithiques. Or, d'après les fouilles de L. Clos(l), 
dans les remparts de ces éperons barrés, les fortifications se compo- 
sent d'une levée primitive d'argile, d'époque absolument indétermi- 
née, sur laquelle ou devant laquelle s'élèvent deux murailles paral- 
lèles, remontant tout au plus à l'époque romaine. Tout ce que l'on 
peut dire, c'est que la levée d'argile est antérieure à la fin de l'époque 
romaine. De cette toute petite critique adressée à un travail considé- 
rable et excellent par bien des points, nous ne retiendrons que cette 
conclusion, qu'il vaut beaucoup mieux mettre à côté d'une indica- 
tion d'enceinte, la mention : origine primitive indéterminée, plutôt que 
de lui attribuer un âge pour la détermination duquel nous manquons 
totalement d'indication. Nous ferons ainsi œuvre plus utile. 

— M. A. Wilmer nous fait tenir le rapport de 1910 sur les fouil- 
les faites de 1907 à 1909, par le Red-Hills Exploration Committee. 

Malgré l'importance de ces recherches renouvelées d'année en 
année, on n'est pas encore fixé sur la destination originelle de ces 
curieuses buttes rouges. A la vérité, le D r Flinders Pétrie, après 
une discussion assez serrée, croit pouvoir conclure définitivement à 
des exploitations de soude par la combustion de plantes marines ou 
palustres destinées à l'industrie très ancienne et toute celtique du sa- 
von. Mais, M. H. B. Jenkins trouve encore bien des objections sé- 
rieuses à décider en faveur de la soude, plutôt que, par exemple, du 
sel marin. Il est vrai que les fragments plus ou moins scorifiés dont 
il a été fait des analyses, ont montré que leur vitrification acciden- 
telle n'était point due à la potasse, mais bien à la soude. Mais précisé- 
ment quelle est la plante marine qui aurait ainsi pu fournir l'un plu- 
tôt que l'autre alcali ? De nouvelles analyses de scories paraissent 
nécessaires à M. Jenkins, ainsi que de nouvelles observations sur 
les petits amas de charbon qu'il est advenu de rencontrer. Sans 
doute le dernier mot restera-t-il aux chimistes, aux botanistes, aux 
savants de laboratoire de toute sorte, dont on ne s'est jamais fait 
faute de requérir le précieux concours ; mais il est à remarquer que 
ceux-ci, en l'apportant sous les formes les plus modestes, en même 
temps que les plus savantes, ne se sont jamais avisés — autre pays, 
autres mœurs ! — de commencer par déclarer radicalement stériles, 
parce qu'ils n'ont pas encore abouti à une solution parfaite, les ef- 
forts que multiplient depuis des années, à grands frais, d'éminents 
archéologues, pour arriver à la solution d'un problème qui relève 
maintenant de la chimie autant que de l'archéologie. — A. G. 

(1)L. Clos. — Description du camp antique de Sermu- sur-Baume (Jura). Mém. 
de la Soc. d'Emulation du Jura. 3* série, 1 er vol. Lons-le-Saunier 1880. 
Id. — Le Camp de Coldres, id. 1877. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 67 

IV. — ARTICLES ORIGINAUX. 



Quelques remorques 

sur les alluvions anciennes inférieures 

de In vallée du Camion. 



P. A. GONIL (Sainte-Foy-la Grande. Gironde). 

Dansson récentarticle Note préliminaire sur les alluvions pleis- 
locènes de la vallée de la Dordogne, paru dans le Bulletin de 
la Société du mois de juin dernier, notre collègue, M. Dublange, 
émet son opinion sur la correspondance géologique de certains 
niveaux alluviaux et précise la position de gisement des fossiles 
de Mammouth découverts à Pombonne en 1882 et depuis. 

Ayant déjà fait. Tannée dernière, à la séance du 25 février, 
une communication sur le même sujet, qui parut au Bulletin sous 
le titre : « Les alluvions anciennes de la vallée du Caudou », je crois 
maintenant utile, pour éviter toute confusion d'interprétation, de 
préciser certains points de géologie sur lesquels je me trouve en 
contradiction avec M. Dublange. 

Pour suivre facilement ma démonstration, le lecteur voudra 
bien se reporter au mémoire précité (B.S.P.F., 1909, p. 100) 
ainsi qu'à la coupe qui y figure page 102. 

A la page 350 du Bulletin de juin 1910, M. Dublange, en par-' 
lant de la terrasse inférieure du Caudou au Bout des Vergnes, 
près de Bergerac, dit que ces alluvions anciennes sont « consti- 
tuées exclusivement par un cailloutis formé de petits cralets de 
calcaire... et par du sable, etc., etc. », ce qui est parfaitement 
exact. A la page suivante 351, au paragraphe Terrasse supérieure, 
l'auteur visant les alluvions du Bourg de Pombonne, qu'il ne 
décrit pas, et qui sont identiques à celles du Bout des Vergnes, 
continue. « Rappelons que c'est dans ce dépôt à une altitudevoi- 
sine (1), mais dans le bourg de Pombonne, que l'on a découvert 
ces restes de mammouth ». Je n'ai jamais dit autre chose, quant 
au lieu de la découverte (2), et M. F. Daleau avec moi (3). 

Maintenant, M. Dublange considère les susdites alluvions du 
bourg de Pombonne (A de ma coupe), comme constituant la ter- 

(1) De la terrasse B de ma coupe, située sur la rive opposée, et à 19 mètres plus 
haut. 

(2) B. S. P. F., 1909. p. 101. 

^3) Comptes rendus de l'A. F. A. S. Congrès de la Rochelle, 1882, 



68 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 






■9 l 3 Ctn*. 



Fig. i. — Silex des Alluvions anciennes inférieures de Pombonne iDordogne). ■ 

N" 1,1' et 2,2', lames de silex de type paléolithique de la terrasse A ou inférieure ; — 3,3', 
silex utilisés ou éolithes, provenant de la terrasse B, que l'on retrouve avec les formes 
paléolithiques dans les alluvions A (B. S. P. F., 1909, p. 104) . 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 69 

rasse supérieure du Caudou qu'il assimile à la terrasse B de ma 
coupe, tandis qu'il regarde les graviers du Bout des Vergues 
comme représentant seuls la terrasse inférieure pléistocène de la 
même rivière. En réalité, il n'en est pastout à fait ainsi. Les deux 
dépôts sont de même âge, du quaternaire moyen, et constituent 
ensemble la Terrasse inférieure. Une simple comparaison des 
niveaux nous le prouvera : au Bout des Vergnes, la différence de 
niveau entre l'étiage du Caudou etla base des graves est d'environ 
un mètre et de cinq mètres avec le sommet de la nappe alluviale. 
A Pombonne, la base des alluvions anciennes surplombe aussi 
d'à peu près un mètre le lit du ruisseau et le faîte de la carrière 
actuellement en exploitation est à lOmètres au-dessusde l'étiage. 
Ajoutons que le Caudou coule directement sur les sables ter- 
tiaires sous-jacents, par conséquent il devient bien clair que les 
alluvions du Bout des Vergnes sont l'équivalent, à 3 kilomètres 
en aval, de ceux du bourg de Pombonne et que les fossiles <ÏE. 
Primigenius et les silex taillés gisent en pleine terrasse infé- 
rieure. Soulignons encore l'identité absolue des deux dépôts dans 
lesquels prédomine le petit élément calcaire. Il est aussi utile de 
faire remarquer, au sujet des silex décrits (Fig. 1), qu'il yen a de deux 
sortes : les uns de type paléolithique bien net, contemporains 
de la couche, et d'autres, plus anciens, de couleur chocolat (éoli- 
thes et strépyien inférieur) originaires de la terrasse B (coupe 
p. 101) de la rive droite. Cette dernière ne peut être confondue 
avec la précédente (l'inférieure A de Pombonne) pour plusieurs 
raisons. D'abord elle la surplombe de 19 mètres de sommet à 
sommet ; ensuite, tandis que les graves de la terrasse inférieure 
sont en général à petits éléments calcaires de couleur claire, les 
alluvions de la terrasse B sont à gros éléments de couleur foncée 
avec prédominance de silex. L'une a été formée en majeure partie 
aux dépens du Danien et l'autre du Sénonien. Il s'en suit que 
l'équivalence entre les alluvions de Goutancie (vallée de la Dor- 
dogne) et celles du bourg de Pombonne ne saurait non plus être 
soutenue. 

Quand on aborde Pétude des alluvions quaternaires, il est quel- 
queiois prudent de ne pas s'en rapporter aveuglément aux cartes, 
même géologiques, et de contrôler soigneusement les niveaux. Il 
m'est arrivé plus d'une fois de trouver des éolithes, des coups de 
poing et du Mammouth, dans des alluvions figurées sur les cartes 
comme Alluvions récentes. On ne saurait donc apporter trop de 
soins au contrôle des découvertes si on tient à ne pas embrouiller 
les faits et à procurer une contribution utile à l'étude des ter- 
rains quaternaires. 



70 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Il serait aussi à désirer que les Géologues consentent à consi- 
dérer les silex taillés comme de vrais fossiles, pouvant, dans cer- 
tains cas, les aider au classement des terrains. 

M. le D r M. Baudouin. — Je me permets d'appuyer très vi- 
goureusement les dernières réflexions de notre collègue, relatives 
aux Caries géologiques officielles. — Comme je l'ai écrit dans 
nombre de mes publications (1), comme je l'ai dit plusieurs fois à 
la Société des Sciences Naturel/es de F Ouest de la France de 
Nantes (2), et comme je l'ai répété récemment au Congrès de 
Tours (1910), les cartes sont trop souvent inexactes, par ce 
qu'elles sont faites trop vite, et surtout parce qu'elles sont à 
trop petite échelle. — Par suite elles induisent souvent en erreur 
le Préhistorien ; elles m'ont souvent trompé, en particulier dans 
l'étude des Souterrains-refuges, des Puits funéraires, et de l'é- 
tude pétrographique des éléments architectoniques des Dolmens. 

Il les faudrait au moins au 1/50.000, et non pas au 1/80.000 ; ce 
changement, en tout cas, serait fort désirable et le moins dispen- 
dieux, en attendant que, pour certaines régions, on puisse avoir 
des cartes au 1/20.000. 

Je demande aussi, de mon côté, que les Géologues étudient les 
Souterrains et les Puits, qui pourront les renseigner aussi bien 
que les carrières et les mines! 

(1) Presque toutes. 

(2) Marcel Baudouin. — Noies géologiques sur le quartier du Moulin-Neuf, 
commune de La Roche-sur- Yon (V.) [à propos d'un Souterrain-refuge]. — Notes 
géologiques sur le rivage vendéen du Havre de la Gachère à la Vie [à propos d'un 
Puits funéraire et d'une Carrière à Dolmens, sur le bord de l'Océan]. — Découverte 
d?un pointement intéressant de pegmatite, à Apremont (V). ["à propos d'un faux- 
Dolmen] . — Découverte d'un îlot cénomanien dans le Marais de Mont, au Loisson 
(Saint-Hilaire-de-Riez, V.), [à propos d'un dépôt de Haches polies et d'une trou- 
vaille de Hache en bronze]. — Découverte d'nn nouveau gisement de Calcaire 
grossier inférieur dans le Marais du Mont (V.) ; La Roche-Garembot [à propos 
d'un Faux-Dolmen], — Ces notes, géologiques, ont paru dans les Bulletins de la So- 
ciété des Sciences Naturelles de l'Ouest de la France, en 1905,1907, 1908, 1909 et 1910. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 71 



Si lux. en forme rie Rabot 
provenant de Vendrest (Seine-et-Marne). 

PAU 

L. GIRAUX Saint -Mandé. Seine). 

La pièce que j'ai l'honneur de vous présenter provient de la 
commune de Vcndrest (Seine-et-Marne). Elle a été trouvée près 
du village, a la surface du sol, avec plusieurs autres pièces néo- 
lithiques : grattoirs, percuteurs, etc. C'est un silex d'un blanc 
laiteux, très dense, d'une composition très homogène, provenant 
de la formation dite de Saint-Ouen, que l'on rencontre sur toutes 
les hauteurs faisant partie du territoire de cette localité. 



Fig. 1. — Dessin schématique, donnant la forme de la pièce et la disposition des éclats 
iGrandeur naturelle). 

Cette pièce, vue de profil, se présente à peu près sous la forme 
d'un trapèze dont deux des côtés seraient irréguliers; ses di- 
mensions sont les suivantes : 

Longueur à la base . 60 millimètres 

Largeur à la base 26 — 

Longueur à la partie supérieure... 25 — 

Largeur à la partie supérieure 20 — 

Epaisseur 38 — 

La forme de cette pièce, et surtout la façon dont elle est taillée, 
permet de lui donner le nom de rabot. La figure schématique ci- 
dessus [Fig. i), donne le contour de cette pièce, ainsi que la dispo- 
sition des éclats qui ont été enlevés pour la former. La face opposée 
de cette pièce est sensiblement la même que celle représentée. 

Examinons comment elle a été taillée. La partie formant la 
base a été obtenue d'un seul coup de percusion ; elle est plate et 



72 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

extrêmement lisse et est, à peu de chose près, horizontale; le 
point de frappe a dû être donné à la partie de la pièce présen- 
tant l'angle le plus aigu, car, à cet endroit, il y a l'esquille qui se 
forme généralement près du point de percussion. Le cône de 
percussion ne se voit pas ; il a dû probablement être enlevé en 
détachant ensuite la lame qui part de ce point. Après, tout 
au tour de cette partie plane et dans une direction à peu près 
perpendiculaire, on a détaché des lames sensiblement de même 
largeur et au nombre de neuf, soit quatre de chaque côté et une 
en arrière de la pièce; cette opération a donc donné la forme 
voulue; ces lames devaient se prolonger jusqu'à la partie supé- 
rieure et la pièce ne pouvait pas être facilement tenue. C'est alors 
que, par une seconde opération sur la moitié supérieure de la 
pièce, il fut enlevé des lames parallèles au plan de frappe et par 
conséquent presque perpendiculaires aux premières lames déta- 
chées. D'autres lames plus petites furent enlevées au point de 




Fig. 2. — La pièce vue sur ses deux faces (3/4 de grandeur naturelle). 

rencontre et formèrent tout autour une partie plus profonde qui 
permit d'obtenir une préhension beaucoup meilleure. Enfin pour 
terminer, une lame fut enlevée à la partie supérieure et cela sur 
un plan à peu près parallèle à celui formant la base de la pièce. Une 
petite partie du cortex est restée en arrière à la partie supérieure. 

Cette pièce ainsi taillée peut être tenue d'une façon très solide 
entre le pouce allongé d'un côté, et l'index replié de l'autre, la 
partie supérieure arrière venant se loger entre le pouce et l'index 
et permet ainsi de la pousser en avant avec beaucoup de force. 

Il me semble qu'il est impossible de dire que cette pièce est 
un nucléus ; sa préparation et le soin avec lequel elle a été taillée 
n'auraient pas dans ce cas leur raison d'être. La disposition n'est 
pas non plus celle d'un grattoir. Je crois que ces considérations 
me permettent de dire que cette pièce est un rabot (Fig. 2). 

Cette question des Rabots en silex a déjà soulevé bien des dis- 
cussions intéressantes à la Société préhistorique française (Voir 
Bibliographie). Un certain nombre de pièces provenant de divers 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 73 

niveaux ont été présentés par plusieurs de nos collègues; mais il 
me semble qu'aucune pièce aussi typique que celle que je vous 
apporte ne vous ait été soumise jusqu'à ce jour. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Em. Rivière — Les rabots magdaléniens de la Dordogne [Bulletin de la Société 
préhistorique de France, année 1905). 

D'Le:*ez. — A propos des rabots en silex. Grattoirs on nucléus {Bulletin de la S. P. 
F., année 1905)., 

A. Doigneav. — Note sur les rabots préhistoriques {Bulletin de la S. P. F., 
année 1906). 

D r Baudos. — Quelques notes sur les rabots [Bulletin de la S. P. F., année 19Q6 ; . 

A. Doigneac. — Sur la préhension et la détermination des rabots en silex {Bul- 
letin delà S. P. F., 1906). 

Gaston Moeel. — Note sur un rabot {Bulletin de la S. P. F., 1906). 

Lieutenant Gimon. — Mode d emploi des rabots ou grattoirs verticaux {Bulletin 
de la S. P. F., 1907). 



74 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



Inventaire de« Mégalithes du Pay* de Guérande 
(Loire-Inférieure). 



H. QUILGARS (d'Evreux). 

Pour juger la civilisation néolithique, qui n'a laissé aucun 
document écrit déchiffrable, il reste des monuments appelés dol- 
mens, menhirs, alignements, des outils et objets de pierre, ainsi 
que des tessons de poterie, disséminés à travers les champs. Ces 
vestiges d'une apparente pauvreté font cependant découvrir à 
cette époque néolithique, une culture intellectuelle avancée, des 
rites religieux bien définis, un travail immense dans toutes les 
manifestations de l'activité humaine. 

Dans l'ensemble des communes qui constituent la région Gué- 
randaise, l'inventaire, publié en 1880, par la Sous-Commission des 
Monuments mégalithiques (1), énumère 15 dolmens et 11 menhirs. 

Ces chiffres sont d'une très grande inexactitude. Beaucoup de 
monuments ont, en effet disparu; et le souvenir ne s'en est pas 
conservé; maison peut néanmoins citer avec certitude comme 
existant ou ayant existé dans Fensemble du pays de Guérande : 
72 dolmens et monuments analogues; 28 menhirs; 2 cromlec'hs; 
2 alignements. 

A cette nomenclature, il faut ajouter une quantité de sépultures 
sous roche, et des pierres portant des gravures. 

Voici la liste de ces monuments aussi complète que possible : 

A. — Dolmens. 

Commune de Guérande (13 dolmens). — 1. Dolmen de San- 
dun. Ce monument est composé de neuf supports; il est orienté 
N.-O.-S.-E, et fermé au N.-O. Les tables de recouvrement ont 
disparu (2). — 2. La Pierre Levée, dans un champ à droite, sur 

(1) Cet inventaire a été publié dans les Mémoires delà Société d'Anthropologie 
(Paris, 1880, in-8 p ). — Il a été établi pour le département de la Loire-Inférieure, 
par M. Henri Martin, sénateur, président de la sous-commission. — En dehors 
de cet inventaire officiel, il en existe trois autres : l'un manuscrit, rédigé en 1846 
avec dessins à l'appui, par M. Th.-F. Quilgars, membre du Conseil général de la 
Loire-Inférieure; le second, publié en 1877, par M. Kerviler, ingénieur en chef des 
ponts et chaussées, dans le Bulletin archéologique de l'Association Bretonne, sous 
le titre de Statistique des monuments mégalithiques de la région guérandaise ; — le 
troisième, par M. P. de Lisle, dans son Dictionnaire archéologique de la Loire- 
Inférieure. 

(2) H. Quilgars. — Fouilles du dolmen de Sandun. — Nantes, 1897, in-8°. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE "5 

la route de Guérande à Saille. Cette pierre est un reste de dol- 
men (1). — 3-7. Restes de dolmens signalés en 1877, par M. Ker- 
viler à Drienno, Le Mené, Connerie, Tromarlin, Coêtpéan (2). 
Il est impossible de juger actuellement de la disposition de ces 
ruines. — 8. La Pierre Beurrée, dans le champ des Vertins à 
Haut-Morac. C'est une grande table de granit, près de laquelle 
on voyait, il y a quelques années, des supports. — 9. Reste de 
dolmen, entre le château de Careil et Mérionnec. On y remarque 
une grande table, et une pierre debout enfoncée en terre. — 
10. Près du village de Pradel, restes d'une allée couverte, compo- 
sée de trois blocs, 'dont l'un forme fond. Orientation : N.-O.-S.-E. 
— il. Sur la route de Guérande a Escoublac, à l'embranchement 
du chemin de la métairie de Villeneuve, on voit, au bord d'un 
talus, une grande table de pierre, provenant certainement d'un 
dolmen. — 12. Dans l'île de Figola, au croisement des routes de 
Guérande à Mesquer et de Clis à la Madeleine, se trouvent les 
restes d'un dolmen formé d'une table reposant sur deux supports 
enfouis en terre. — 13. A Lévèrac, ruines d'un dolmen, près de 
la métairie. 

Commune du Croisic (2 dolmens). — 14. Restes d'un dolmen 
hla Pointe. Il existe encore deux supports, qui indiquent que ce 
monument était orienté N.-O.-S.-E. — 15. En mer, sur le pla- 
teau du Four, grand tumulus, qui n'a jamais été fouillé. 

Commune de la Tcrbai.le (2 dolmens). — 16. Restes d'un 
dolmen au village de Brandu; deux pierres formaient les côtés 
de l'allée, une troisième le fond ; tout autour, vestiges d'un tumu- 
lus. Ces ruines ont été détruites en 1909. — 17. Vestiges d'un 
dolmen avec tumulus signalés par M. de Lisle, au nord de Tré- 
vali (3). Il n'en reste plus trace. 

Commune de Piriac (3 dolmens). — 18. Débris de dolmen a 
Kertrellan entre Boule et Lauvergnac (4). — 19. Débris de dolmen 
à Bolomel (5). — 20. Restes d'un dolmen à Kervaudu, près de 
Saint-Sébastien. 

Commune de Mesquer (1 dolmen). — 21. KKerallement, M. Ker- 
viler signale les ruines, aujourd'hui disparues, d'une allée cou- 
verte (6). 

(1) De Lisle. — Diction, archéol. de la L.-lnf. 

(2) R. Kerviler. — Statistique des mon. mégal. de la région guërandaise, 

(3) De Lisle. — Diction. 

(4) Id. 

(5) R. Kerviler. — Statistique. 

(6) R. Kerviler. — Statistique. 



76 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Commune de Saint-Lyphard (18 dolmens). — 22. Au village de 
Kerbourg, dans l'île de La Motte, est un beau dolmen, long de 
7 m 70, formé d'une galerie couverte, large de m 70, aboutissant 
à une crypte de 2 m 38x3 m 15 de surlace et de l m 50 de hauteur, 
recouverte de larges tables de pierre. L'orientation générale du 
monument est S.-E.-N.-O. avec la crypte au S.-E.(?). Ce monument 
fut fouillé, il y a longtemps, par un anglais, dit-on, et le résul- 
tat de ses fouilles est inconnu. — 23. Au même lieu, et à une 
cinquantaine de mètres du monument précédent, sont les ruines 
d'un autre dolmen de même orientation, mais qui devait être plus 
considérable. L'emplacement de ce monument a été bouleversé et 
dans les fouilles qui y ont été faites dans la suite, on a découvert 
un petit celt, les fragments d'un vase en terre noire, de la cendre, 
du charbon, des silex (1). — 24. Au village de Kerlô, dans l'île 
du Len, ruines d'un grand tumulus à deux chambres dont il ne 
reste plus qu'une table (2). — 25. Au village du Crugo, ruines 
d'un grand dolmen dont il reste encore huit tables (3). — 26-28. 
Au village du Clos-Dorangc, au bord de la Brière, trois dolmens 
dont il ne reste plus que deux pierres (4). — 29-31. Dans le bois 
de Crévy, trois dolmens contigus qui devaient faire partie d'un 
tumulus unique. L'un d'eux est complet; un autre paraît inviolé; 
le troisième est presque totalement détruit. — 32 . A La Pierre 
Blanche de Tremelu, ruines d'un dolmen dont il ne reste qu'un 
support en quartz et un autre en granit portant des cupules (5). 
— 33-35. Au village de Bréca, ruines d'un tumulus à trois dol- 
mens dont il reste encore quelques pierres. — 36. A Arbourg, 
ruines d'un dolmen. — 37. Entre les villages de Kerverte et d' Ar- 
bourg, dans les marais et sur le bord de la route de Saint-Lyphard, 
à Pontpas, un dolmen a été récemment fouillé et complètement 
détruit. — 38-39. A Mézerac, ruines de deux dolmens. 

Commune d'Herbignac (4 dolmens). — 40. A la butte de Coul- 
men, dolmen en forme de croix composé d'un couloir aboutissant 
à quatre chambres. Ce beau monument a été fouillé à une époque 
inconnue. — 41-42. Au même lieu, et au nord du monument 
précédent, restes de deux petits dolmens qui ne semblent pas 
avoir été fouillés. — 43. Dans les landes entre Herbignac et 
Saint-Lyphard, un dolmen signalé en 1846. 

(1) H. Quilgars. — Quelques considérât, sur les mon. mégal. Annales de Bre- 
tagne, XIII-1897. — id. Guérande préhistorique, p. 23. 

(2) De Lisle. Dictionnaire; — H. Quilgars. Guérande préhist,, p. 27. 

(3) Id. 

(4) Desmars. La presqu'île guérandaise; — H. Quilgars. Guérande prékist., 
p. 25. 

(5) H. Quilgars. — Le menhir de la Pierre-Blanche. — Bull, de la Soc. Archéol. 
de Nantes, 1899. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 77 

Commune de Saint-Joachim (en Brière) (2 dolmens). — 44. Rui- 
nes du tumulus de Bombardant avec dolmen, près du village de 
Clos-Dorange. — 45. Entre la Butte des Pierres et le menhir de 
la Roche au Moine, dolmen enfoui dans la tourbe. 

Commune de la Chapelle-ûes-Marais (1 dolmen). — 46. Près 
du bourg de Berçon, un grand dolmen signalé en 1846. 

Communb de Saixt-Nazaire (17 dolmens). — 47. Dolmen du 
Prieuré en la ville de Saint-Nazaire. — 48. Tumulus de Dissi- 
gnac. Ce beau tumulus renferme deux galeries avec deux cham- 
bres de trois mètres de long et de trois mètres de haut. Dans 
l'une, deux rangs de pierre en encorbellement servent à exhaus- 
ser les supports (1). — 49. A Dissignac, près du tumulus, rui- 
nes d'un dolmen. — 50. Au village du Pez, tumulus avec dol- 
men à deux galeries, identique à celui de Dissignac (2). — 51. A 
Trégouêt, ruines d'un tumulus à deux galeries. —52-57. A Beau- 
regard, ruines de six tumulus avec chambres (3). — 58. A Si/il, 
restes d'un dolmen (4). — 59. A Marsaint, restes d'un dolmen 
(5). — 60. Au village de Y Etang, restes d'un dolmen (6). — 61. 
A Ust, débris d'un tumulus à deux galeries (7). — 62. A la cha- 
pelle de Toutes- Aides, ruines d'un dolmen (8). — 63. A Cuneix^ 
dolmen (9). 

Commune de Saint-André-dbs-Eaux (5 dolmens). — 64-65. A 
Coëtcas, ruines de deux dolmens (10). — 66. Au Chatelliei\ au 
bord de la Brière, ruines d'un dolmen (11). — 67-68. A Avrillac, 
ruines de deux dolmens (12). 

Commune d'Escoublac (2 dolmens). — 69. A la Grée-Guil- 
laume, débris de dolmen v 13). — A Treveday, restes de dol- 
men (14). 

Commune de Pénestin (2 dolmens). — 71. Grand tumulus de 
Méarzein, à coffres (15). — A Tréhiguer, dolmen du Seal. 



(1) A. Martin et R. Kerviler. — Fouilles du tumulus de Signac. — Bull, de la 
Soc. arch. de Nantes, 1873. — P. de Lisle. Diction, archéol. 

(2) P. de Lisle. — Diction. 

(3) R. Kervler. Statistique. — P. de Lisle. Diction. 

(4) Id. 

(5) R. Kerviler. Statistique. — P. de Lisle. Diction. 

(6) Id. — (7) Ld. — (8) Id. 
(9) Id. — ;10; Id. — (11) Id. 
(12) Id. - (13) Id. - (14) Id* 

(15) H. Quilgars. Explorât, dans ta commune de Pénestin, et fouilles du tumulus 
de Mearzein. Bull, de la soc. Polymathique du Morbihan, 1902. 



Ï8 SOCIÉTÉ PREHISTORIQUE FRAKÇAISE 

Tous ces dolmens se répartissent ainsi qu'il suit : 

Dolmens à une galerie et chambre funéraire 2 

Dolmens sans galerie, à chambre ronde ou ovale. . 4 

Galeries rectangulaire servant de i fermées de tous côtés 9 

chambres funéraires. j ouvertes d'un côté.. 32 

Dolmens à deux galeries 5 

Dolmen cruciforme 1 

Tumulus à coffres 1 

Monuments indéterminés, à cause de leur état de 

ruine 18 

B. Menhirs. 

Commune de Guérande (5 menhirs). — 1. A Bissin, beau men- 
hir (1). — 2. Au même lieu, autre menhir près de Brézan (2). — 
3. A Merionnec, menhir dans un talus. — 4. A Cougor, menhir 
tombé dans un fossé (3). — 5. A Clis, menhir aujourd'hui dé- 
truit (4). 

Commune de Batz (2 menhirs). — 6. Menhir de Saint-Michel, 
au bord de la côte. — 7. Autre menhir (5). 

Commune du Croisic (2 menhirs). — 8. Menhir de la Pierre- 
Longue (6). — 9. Autre menhir, à proximité du précédent, si- 
gnalé en 1475 (7). 

Commune de la Turralle (2 menhirs). — 10. ABréhet, un men- 
hir est signalé en 1678 sous le nom de « Pierre de Pelven au- 
trement de l'Espervier » (8). - 11. A Coëtpean, menhir dans un 
talus. 



(1) P. de Lisle. — Diction. 

(2) ID. 

(3) Il s'agit de la Petra Concor, citée dans une charte du ix* s. du Cartulaire de 
Redon. 

(4) P. de Lisle. — Diction. 

(5) P. de Lisle. — Diction . 

(6) Ce menhir pourrait bien ne pas être un monument mégalithique. Sa situa- 
tion, semblable à celle de Saint-Michel-de-Batz, porte à croire que cette pierre a 
été érigée à une époque assez récente, pour servir d'indication à la navigation. 

Voici à son sujet une curieuse lettre adressée par David de Drésigué, subdélégué 
du Croisic, à l'Intendant de Bretagne. « Croisic, 7 juillet 1166. J'ai l'honneur de 
vous exposer que la Pierre-Longue située à la côte du Croisic (qui esloit un ancien 
monument servant de marques à la navigation), ayant été renversée la nuit du 18au 
19 avril dernier, j'eu l'honneur d'en informer M le duc d'Aiguillon qui me donna 
ordre, le 1k may suivant, de la faire relever, et m' ajout aque la dépense nécessaire 
seroit prise sur le produit des deniers d'octrois. Cette dépense s'est montée à 25 li- 
vres 15 sols. » (Arck. de la L.-Inf., C 164). 

(7) Arch. de la L.-Inf., B 682. 

(8) Arch. de la L.-Inf., B 1509, f. 866. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 79 

Commune de Saixt-Lyphard (8 menhirs). — 12. A Kerlô, men- 
hir signalé par Vergé (1). — 13. A Kercabus, un menhir dans 
un laius, entre la route de Mesquer et le manoir. — 14. A Ker- 
veloehe, grand menhir dans le village au bord d'une fontaine. — 
15-19. Quatre menhirs signalés à la Croix-Longue, à la Messa- 
gerie, près du Clos-Dorange et près des Grands-Fossés (2). 

Commune de S aint- Jo achiN (en Brière)(1 menhir). — 20. Menhir 
de la Roche-au-Moine (3). 

Commune d'Assérac (1 menhir). — 21. Une grande pierre le- 
vée mentionnée en 1614, sous le nom de la Pierre Rousse (4). 

Commune de Saixt-Axdré-des-Eaux (1 menhir). — 22. Menhir 
de la Pierre-Gergo (5). 

Commune de Saixt-Xazaire (3 menhirs). — 23. Menhir du 
Grand-Pré (6). — 24. Menhir de la Demurerie (7). — 25. Men- 
hir d'Aiguillon (8). 

Commune d'Escourlac (1 menhir). — 26. Un menhir mentionné 
dans l'inventaire de la sous-commission des monuments méga- 
lithiques. 

Commune de Mesquer (1 menhir). — 27. Un menhir men- 
tionné dans le Dictionnaire de Topographie des Gaules. 

Commune de Penestix (1 menhir). — 28. Menhir du Seal, à 
Tréhiguer. 

C. — Alignements. 

1. Entre le village d'Arbourg et les marais tourbeux, subsistent 
les vestiges d'un vaste alignement. En 1900 on y comptait encore 
52 pierres levées, réparties en sept rangs orientés N.-O. Suivant 
les dires des paysans, ces rangs de pierres se poursuivaient, il y 
a peu de temps, au loin dans la lande, du côté d'Herbignac. — 
2. Au village du Clos-Dorange, on voyait il y a quelque trente 
ans les restes d'un alignement, dont, aujourd'hui, il ne reste plus 
une pierre (9). 

(1) P. de Lisle. — Diction. 

(2) P. de Lisle; Id. — Inventaire manuscrit. 

(3) G. Orieux. — Le menhir de la Brière au Clos-d' Orange {Bull, de la Soc. archéol. 
de Nantes, 1891). 

(4) Arch. de la L.-Inf., E 285. 

(5) P. de Lisle. — Diction. 
|6) Id. — 17) Id. — (8) Id. 

(9) P. de Lisle. — Dictionnaire [Loc. cil]. 



80 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

D. — Cromlechs. 

Deux cromlec'hs ont été vus par M. Kerviler, l'un à la Chaus- 
sée-Neuve, en Saint-André, où l'on ne voit plus que quelques 
pierres ; l'autre à Crévy, en Saint-Lyphard (1). 

E. — Monuments divers. 

Au Bretineau, en la commune de Guérande, se trouve une 
vaste enceinte trapézoïdale, formée de gros blocs contigus, lon- 
gue de 81 mètres (2). 

Il existe encore un certain nombre de pierres isolées, qui ne 
peuvent rentrer ni dans la catégorie des dolmens détruits, ni 
dans celle des menhirs. Ce sont des blocs de pierre ordinaire- 
ment plats; les fouilles ont démontré que ces pierres consti- 
tuaient des monuments complets, qui recouvraient des sépultures. 

Dans la région de Guérande, ils étaient fort nombreux. Il en 
existe encore trois à la Grée de Sandun et un certain nombre au- 
tour du monument de Bretineau, et d'autres ont été détruits tout 
récemment à Crémeur, à la Pradonnais et dans la commune de 
Saint-Lyphard. 



(1) R. Kerviler. — Statistique. 

(2) P. de Lisle. — Le grand monument de Boga. Bull, de la Soc. archeol. 
Nantes, 1890. — H.Quilgars. La Nécropole du Bretineau (id . , 1900). 



*/ 



SEANCE DU 23 FEVRIER 19 11 



Présidence de M. L. COUTIL. 



AVI S 

MM. les Membres de la Société Préhistorique Française 
sont invités à adresser le montant des cotisations de 1911 
à If. Gillet, 30, rue Gardenat-Lapostol, Suresnes, avant le 
30 Avril prochain. — Passé cette date, le recouvrement sera 
effectué d'office par la poste. 



PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE 



M. le Secrétaire donne lecture du Procès-verbal de la dernière 
séance [26 janvier 1911]. — Le procès-verbal est adopté. 

M. le Secrétaire général donne connaissance des notes reçues à 
propos du procès-verbal, et envoyées par MM. M. Hébert (Paris), Cha- 
pelet (Paris), Marcel Baudouin (Paris), Pol-Baudet (Aisne), Muller 
(Grenoble), Deyrolle et Gobert (Tunisie). 

Correspondance. 

Lettres de remerciements. — M. Gaillard (Lyon). 

Lettres d'excuses. — M. Doigneau (Fontainebleau). 

Don. — M. H. Guérhard offre une petite collection de huit cartes 
postales, qu'il vient de recevoir de M. Berthelot du Chesxay, repré- 
sentant les dernières photographies des Monuments mégalithiques de 
Bretagne^ exécutées par M. Hamonic. 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 6 



82 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Lettres d'avis de Découvertes. — M. A. Cousset (d'Etaules, Cha- 
rente-Intérieure) : Découverte de deux épingles en os, sous des substruc- 
tions gallo-romaines, dans la commune de Royan (lieu-dit Le Clouzy) ; 
le tout accompagné de bronzes (monnaies), une bague, etc. — A Saint- 
Pierre-de-Royan, découverte de Cavités en forme de Ponnes, dans un 
jardin fprobablement d'époque gauloise], comparables à celles de Pou- 
gauges et de Mareuil-sur-le-Lay (Vendée). 

M. V. Rerthier (d'Autun), annonce qu'il est en train de mener à 
bien le redressement d'un superbe menhir gravé. 

Lettre d'avis de décès. — M mc Marie-Louise-Sylvie Ferlin, épouse 
de M. Louis Pistât, décédée à Bezannes (Marne). 

Allocution clu Président pour 1011. 

M. le Président, avant d'entrer en fonctions, prononce le discours 
suivant : 

Messieurs et chers Collègues, 

Ce n'est pas sans une juste émotion que je prends possession d'une 
Présidence, qui, depuis sept années, a été si brillamment occupée par 
mes éminents prédécesseurs. Je revois l'année 1910, si féconde entre 
toutes, grâce au dévouement inlassable et à la persévérance avisée de 
mon ami, le D r Henri Martin, pour la défense de la Société : sa recon- 
naissance d'utilité publique, l'organisation de la fête si réussie qui l'a 
suivie, et, enfin, la lutte contre le Projet de loi sur la Liberté des fouilles 
archéologiques, qui sera son œuvre de la dernière heure. 

C'est avec ses conseils éclairés et ceux de ses prédécesseurs à la 
Présidence, MM. E. Rivière, A. de Mortillet, les D rs Ballet, Baudon 
et Guébhard, qui ont si bien conduit notre Société à la prospérité, et 
avec la sollicitude de mes excellents collègues du Conseil d'adminis- 
tration qui m'ont désigné, que je puis accepter leur mandat, dont, cer- 
tes, je ne me dissimule pas les difficultés : je tiens à les remercier du 
fond du cœur de l'honneur qu'ils m'ont fait et de la confiance qu'ils m'ont 
témoignée. 

Je compte sur leur concours précieux et celui de nos trois Vice-Prési- 
dents, dont les travaux sur le préhistorique de la Mayenne, l'Allier, 
l'Eure-et-Loir et la Seine-et-Marne, vous sont bien connus : MM. Cha- 
pelet, Doigneau et Fouju. pour toutes les questions qui pourront se 
présenter. 

Mais il est un appui particulièrement nécessaire, et sans lequel je 
n'aurais pas accepté une succession aussi lourde : c'est celui de notre 
si dévoué Secrétaire-général, le D r M. Baudouin. Vous connaissez tous, 
ou plutôt vous devinez, la tâche véritablement écrasante qui lui incombe ; 
grâce à son énergie, sa méthode et sa philosophie, il arrive à calmer 
certaines susceptibilités trop promptes à s'alarmer. Grâce au concours 
du Conseil, à l'avenir, nous comptons sur vous pour éviter des inci- 
dents qui compliquent son travail déjà trop chargé : ce qui nous per- 
mettra de consacrer tout notre temps à nos chères études. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 83 

Je ne saurais oublier notre Secrétaire des séances, M. de Givenchy, 
dont les procès-verbaux concis résument si bien nos travaux, et qui, 
malgré les nécessités abstraites de ses fonctions, trouve le moyen d'en- 
richir nos Bulletins d'intéressantes communications, très luxueusement 
illustrées. 

Tout récemment, nous avons dû choisir un nouveau Trésorier, car 
à plusieurs reprises M. Giraux, s'était trouvé surchargé de besogne, 
surtout pendant la période du Congrès, par une correspondance de 600 à 
700 lettres, qui entravait ses autres occupations, il nous a priés instam- 
ment de lui trouver un successeur ; nous tenons à lui adresser notre légi- 
time reconnaissance, pour le temps qu'il nous a consacré, d'une manière 
si utile, depuis la fondation de la Société. M.Gillet, a bien voulu accepter, 
non sans hésitation et par pur dévouement, ce mandat si délicat, mérite 
nos sincères remerciements ; aussi, j'espère qu'en toutes circonstances 
vous lui épargnerez des demandes d'explications [nous sommes près 
de 500 membres actuellement ; il ne faut pas le décourager au début 
de sa nouvelle carrière] ! 

L'usage exige que le Président entrant expose son programme; je 
crois bien faire de continuer, tout d'abord, celui que nous avons éla- 
boré ensemble et d'essayer de terminer les questions pendantes. 

Fouilles Archéologiques. — Mon prédécesseur ayant si bien dirigé 
l'enquête sur le Projet de Loi déposé par M. le Ministre de l'Instruction 
publique, il a paru nécessaire au Conseil de lui laisser terminer une 
entreprise aussi vaste, qui est son œuvre, tout en l'assurant de l'assis- 
tance de la Société, dans toutes les circonstances où elle pourra lui 
être nécessaire. 

Je crois utile d'attirer l'attention de nos Collègues sur l'efficacité que 
pourrait avoir une démarche du Conseil, tendant à leur faire obtenir 
l'autorisation de fouiller un gisement. Certains propriétaires, hésitant à 
concéder une autorisation gratuite, seraient flattés d'autoriser la Société 
Préhistorique française, reconnue d'utilité publique, à fouiller leur ter- 
rain et de savoir que leur nom sera cité dans nos 600 Bulletins. 

Je recommande ce moyen, qui a déjà réussi ; le Conseil avisé prendra 
aussitôt une décision que notre Secrétaire général transmettra immé- 
diatement au postulant, comme lettre d'introduction; mais, à titre de 
légitime compensation, il sera tenu de réserver la primeur du résul- 
tat de ses fouilles et de la reproduction des objets pour notre Bulle- 
tin. 

Monuments Préhistoriques. — Grâce à tant de dévouements qu'il 
m'est agréable de rappeler, nous possédons actuellement quatre dol- 
mens et chambres sépulcrales néolithiques : 

1° La Grotte sépulcrale de Belleville, à Vendrest (Seine-et-Marne y, due 
à M. Beynier, acquise en 1908. fouillée et restaurée par M. le D r M. 
Baudouin, avec le concours de MM. Taté, Hue. L. Giraux, H. Martin, 
A. Guébhard, etc. ; et dont le périmètre a été élargi récemment. On y 
a installé un polissoir, offert par M. de Givenchy. 

2° Le Dolmen de la Pierre levée de Janville-sur-Juisne (Seine-et-Oise), 
fouillé en 1860 et 1872, obtenu par M Mallet, à la suite de longues 
démarches, et offert par M. Multzer O'Naghten. — Notre collègue, à 
peine remis d'un grave accident, poursuit la négociation d'un nouveau 
monument. 

3° Le demi-dolmen de Charnissay ou Palets de Gargantua (Indre-et- 
Loire), que nous devons, aux démarches de notre collègue M. J.-B. 



84 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE française 

Barreau, et qui ont permis au D r Henri Martin de nous faire une gra- 
cieuse surprise, en l'offrant à la Société, le jour même où cessaient 
ses fonctions de Président. 

4° Le Dolmen d'Ethiau, à Couture (Maine-et-Loire), don, ancien déjà, 
de M. et M me L. Bonnemère. 

5° Le Menhir de ï Homme de Pierre, de Permis (Vaucluse), a été 
offert par M. Louis Ollivier, à la suite des recherches de notre col- 
lègue Charles Cotte, qui l'a découvert, en étudiant les noms de lieux de 
sa commune, et en remarquant son nom, déjà signalé, ailleurs, par 
M. Rivière ; ce menhir, très incliné, mesurant environ l m 80, mériterait 
d'être redressé; j'espère que la Société pourra faire cette dépense, et y 
placer une plaque indicatrice, car il indique une sépulture néolithique 
voisine. 

6° Le Polissoir d'Ocquerre, découvert par M. Reynier, à 2 ou 3 kilo- 
mètres de la Grotte néolithique de Belleville, offert par M. deGivenchy, 
est celui quia été transporté, en 1909, sur la Grotte sépulcrale de Ven- 
drest. 

7° Le Polissoir de Belval-sous-Châtillon, près Bezannéo (Marne), can- 
ton de Châtillon-sur-Marne, a été découvert par l'instituteur; c'est une 
nouvelle attention, jointe à tant d'autres, de notre ami, M. Marot, dont 
le dévouement à la Société est bien connu. 

J'espère donc que l'exemple donné par nos généreux confrères pro- 
voquera cette année des dons nouveaux ; de mon côté, je ne manquerai 
pas d'en solliciter. 

Par ses nombreux membres, disséminés dans toutes les régions de 
la France, notre Société a beaucoup plus de facilités à surveiller les 
Monuments préhistoriques et à les protéger qu'une Commission officielle, 
n'agissant que par des mandataires, dont les décisions espacées ne 
parviennent à destination que six mois ou un an après que l'on a 
signalé les dangers, et alors que les arbres et le vent aidant ont eu 
tout le temps de disloquer une Allée couverte; qu'un propriétaire ou 
qu'une commune ont pu convertir un monument en matériaux de cons- 
truction, ou concasser pour empierrer un chemin ! 

Aussi, je vous recommande tout particulièrement ces précieux Mo- 
numents, dont nous nous occuperons immédiatement, au premier cri 
d'alarme. 

Commission des Enceintes. — Je n'insiste pas sur l'excellent fonc- 
tionnement de cette Commission, si précieuse pour notre Société, et 
si active, qui nous a rendu tant de services et provoqué des fouilles 
intéressantes d'oppida, sous son président-fondateur, le D r Guébhard ; 
et qui, avec son successeur, estimé de tous, M. Viré, n'a ralenti ni les 
descriptions d'enceintes, ni les plans, ni les fouilles; car ce n'est pas 
une sinécure de correspondre chaque mois avec les délégués des dépar- 
tements et parfois de l'étranger, ou de provoquer de nouvelles colla- 
borations. L'idée du fondateur fut excellente et féconde, à tous égards; 
elle est en de trop bonnes mains pour ne pas prospérer encore. 

Bulletin. — Jusqu'ici, nous avons publié peu de mémoires impor- 
tants; nos ressources s'y opposaient. Il a fallu des prodiges d'ingé- 
niosité à notre Secrétaire-général pour la mise en pages et l'agence- 
ment du Bulletin mensuel : ce qui amena parfois de petits mécontente- 
ments. Mais on ne se figure pas assez la difficulté pour arriver, en 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 85 

quinze jours à peine, au nombre exact de pages ; si bien que des 
notices imprimées, sont ainsi ajournées au Bulletin suivant. Quoique 
cette année le nombre de pages soit augmenté, il sera difficile de 
publier des mémoires plus importants, qu'il faudra parfois scinder, à 
cause du nombre considérable de communications envoyées, et afin 
de ne pas retarder la prise de date pour des mentions de fouilles ou de 
gisements découverts, et qui doivent figurer immédiatement au Bulle- 
tin. Comme notre augmentation en membres coïncidera certaine- 
ment avec un plus grand nombre de communications (car nous comp- 
tons toujours sur le concours de nos nouveaux collègues), il faudra son- 
ger à tourner la difficulté : sans doute par la publication de Mémoires 
isolés. 

Aussi, pour éviter au Conseil de réclamer aux auteurs des manuscrits 
plus concis et des remaniements, comme cela a lieu pour le Bulletin 
archéologique, le Bulletin et les Mémoires des Antiquaires de France, le 
Bulletin monumental, la Société Française d'Archéologie, etc., nous 
prions nos Collègues d'envoyer des travaux très concis et surtout très 
documentés, sans redites inutiles pour les lecteurs. 

Comme par le passé, l'impression et les clichés hors texte resteront 
à la charge des auteurs, ainsi que les clichés en général. 

Bibliothèque, Musée et Laboratoire. — Avec notre éminent pré- 
décesseur et notre Secrétaire-général, je désire arriver à une meilleure 
installation, car le local choisi, qui offrait de grands avantages, a prouvé 
cet hiver que les murs étaient très humides ; fort heureusement, les 
caisses de Vendrest seules y Jsont installées. Je ferai aménager des 
tables et des chaises pour permettre au D r M. Baudouin d'étudier et de 
publier, cette année, le résultat de ses fouilles. Mais, pour installer la 
Bibliothèque, il faut disposer d'un local absolument sec, qui pourrait 
être chauffé. Comme le prix de location semble être au-dessus de nos 
ressources actuelles, ne pourrait- on pas songer à un édifice désaffecté, 
situé dans la zone comprise entre le Muséum et la Sorbonne, que nous 
pourrions aménager, et qui nous serait concédé pour dix ans ? Nous 
pourrions nous y réunir chaque semaine, à une date fixe, et même y 
tenir nos réunions exceptionnelles. Ce n'est pas chose impossible, 
quand on songe à ce que nous avons obtenu, et lorsqu'on se reporte à 
nos modestes débuts, au coup de baguette magigue et à l'intervention 
inoubliable de M. Rivière, notre Président fondateur, qui nous fit 
admettre dans une salle de la Sorbonne ! 

Association syndicale des Préhistoriens de France. — Notre 
Secrétaire général vous a signalé l'utilité d'une Association syndicale 
des Préhistoriens de France, pour nous défendre dans des difficultés 
ou des accidents, pouvant surgir à l'occasion de fouilles; nous croyons 
que l'année ne doit pas s'écouler sans que ce projet se réalise. 

Situation actuelle de la Société. — J'ai déjà parlé de notre pro- 
gression vraiment extraordinaire, en 1910, elle nous a amené 99 nou- 
veaux membres; et, aujourd'hui, nous avons presqu'atteint 500! Précé- 
demment, nous avions trois membres à vie ; cette année, nous en avons 
cinq nouveaux. Je tiens à remercier, au nom de tous, les parrains, qui 
ont ainsi songé à la prospérité de la Société ; et je ne saurais trop les 
encourager dans de nouveaux recrutements, surtout pour certains dé- 
partements, encore peu représentés. 

Nous avons malheureusement six décès à déplorer : ceux de nos 
excellents collègues Champagne, Robert, Bussière, Meyer, Bellier, et 



86 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

enfin, celui de Tabariès de Grandsaignes, ancien Vice-Président du 
Congrès préhistorique de Chambéry et membre du Conseil, et dont 
nous regrettons tous la grande expérience, pour lequel nous avions la 
plus grande estime dont le D r H. Martin a si bien retracé sur sa tombe 
la carrière scientifique. 

A leurs noms, nous devons ajouter ceux deM mes Marignan et Romain, 
qui furent les compagnes dévouées de nos excellents collègues, et leurs 
collaboratrices dans leurs remarquables recherches. Nous adressons à 
nos chers disparus le respectu2ux hommage de notre souvenir ému. 

Enfin, je m'excuse d'avoir pris sur la séance un temps précieux; et 
je termine en vous réitérant le vœu formulé par mes prédécesseurs, 
pour que la Concorde continue de faire le charme de nos réunions, 
qu'elle resserre encore nos bonnes relations, et augmente ainsi notre 
ardeur pour nos recherches, dont l'unique préoccupation sera de faire 
profiter par des faits nouveaux et très scrupuleusement exacts la Science 
préhistorique, et concourra ainsi à la prospérité de notre chère Société, 
déjà si florissante, grâce aux efforts de tous (Vifs applaudissements). 

Bibliot hèque. 

La Bibliothèque de la Société a reçu les ouvrages suivants : 

Chauvet (Gustave). — Os, ivoires et bois de Rennes ouvrés de la Cha- 
rente [Hypothèses palethnographiques] [Extr. Bull, de la Soc. Arch. 
et Hist. de la Charente, 1910]. — Angoulême, E. Constantin, in-8°, 
191 p., 122 fig. 

Franchet (Louis). — Eludes sur les différents systèmes de classifica- 
tion des poteries néolithiques [Extr. A. F. A. S., Congrès, Lille, 1909, 
896-902].— Paris, 1910, in-8°, 7 p. 

Franchet (L.). — Du rôle de la Chimie dans les recherches préhis- 
toriques [Extr. Rev. préh., 1910, V, n° 8,]. — Paris, 1910, in-8°, 
8 p. 

Franchet (L.). — Essai sur la classification céramique depuis le 
Néolithique jusqu'à nos jours [Extr. Homme préh., 1909, VIII, n° 9]. — 
Paris, 1910, in-8% 10 p., 1 tabl. 

Rutot (A.). — Un homme de science peut- il raisonnablement admettre 
V existence des industries primitives , dites Eolithiques [Extr. B. et M. 
Soc. d'Anthr., Paris, Cinquant., 1910, p. 151-177]. — Paris, 1910, in-8°, 
26 p. 

Rutot (A.). — Note sur V authenticité des ossements humains quater- 
naires de Grenelle et de Clichy. Notes sur les nouvelles trouvailles de 
squelettes humains quaternaires danslePérigord. [Extr. Bull. Soc. Belge 
de Géologie, etc., 1910, XXIV, P. V., 358-377]. — Bruxelles, 1910, 
in-8°, 19 p. 

Mingaud (Galien). — Rapport sur les travaux de la Société d'Etudes 
des Se. Nat. de Nîmes, 1910, XXXVIII [Extr., 1910]. — Nîmes, 1910, 
in-8°, 12 p., 1 figure [Men/tir-statite] . 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 87 

Beaupré (C te J.). — Le mur cyclopéen de la Trinité [Légende préhis- 
torique). [Extr. Bull, des Séances de la Soc. des Se. de Nancy, 1910]. — 
Nancy, 1910, in-8°, 9 p. 

Vassedr (G.), -j-» Résultats des fouilles archéologiques exécutées à 
Marseille dans le Fort Saint-Jean [Extr. C. R. Acad. Inscript, et Belles- 
Lettres, 1910, p. 244]. — Paris, 1910, pet. in-8°, 18 p., 2 pi. 

Harmois (A.-L.). — Inventaire des Découvertes archéologiques dans 
le Département des Côtes-du-Nord. [Extr. Mém. Soc. d Émulation des 
Côtes-du-Nord, 1910, p. 87-151]. — Saint-Rrieuc, 1910, in-8°. 

Bulletin de la Société d' Emulation du Bourbonnais. — Moulins, année 
1911, n" 1, janvier. 

Materias para o estudo das Antiguidades portugazas publicados sola a 
divercia de F. Tavares de Proença (J or ). — Lairia, Portugal, in-8°, t. I, 
n° 1 et n° 2. 

Bulletin de la Société d'Anthropologie de Lyon. — 1910, t. XXII, Lyon, 
in-8% 1911. 

Commission de la Liberté des Fouilles. 

M. le D r Henri Martin, secrétaire, met la Société au courant de ses 
démarches en faveur de la Liberté des Fouilles. — 83 Sociétés ont déjà 
protesté contre le Projet de Loi. — Les principaux documents relatifs à 
cette question sont publiés plus loin ; les plus caractéristiques ont 
été lus en séance . 






Don d'un Monument mégalithique. 



Le Menhir de la Pierre aux Bœufs, en grès, mesurant 2 m 20 de hau- 
teur, commune de Montreuil-l'Argillé, arrondissement de Bernav 
(Eure), redressé par M. Coutil, en janvier 1911, est offert par lui à la 
Société. — Les formalités de la donation seront ultérieurement accom- 
plies {Vifs applaudissements.) 

Admission de nouveaux Membres. 

Sont proclamés : MM. 

Bardié (Armand), Industriel, Président de la Société linéenne de Bor- 
deaux, 59, cours de Tourny, Bordeaux (Gironde). 

[Gaurichon — H.Martin]. 
Bousquet (Maurice }, 11, rue de la Tour, Paris. 

[Henri Martin — Edmond Hue], 
Bouttet (Stéphane), Saint-Alban-les-Eaux (Loire). 

[L. Coutil — A. Guébhard]. 



88 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Féaux (Maurice), Gorr. du Min. de l'I. P., Conservateur adjoint du 
Musée du Périgord, 50, rue Combe-des -Dames, Périgueux. 

[A. Délugin — A. Guébhard]. 
Genevaux (Maurice), rue Marceau, 12, Montpellier (Hérault). 

[Miquel — E. Cartailhac]. 
HÉomet (Henri), représentant de commerce, produits chimiques-phar- 
maceutiques, 29, rue Solférino, Billancourt (Seine). 

[Ballet — Marcel Baudouin]. 
Saint-Périek (Comte de), D. M., 24, rue du Bac, Paris. 

[A. deMortillet — P. Marot]. 

Nomination de Délégués Départementaux. 

La nomination de M. Gaurichon (de Tours), le premier membre 
titulaire de la S. P. F. en Touraine, comme Délégué Départemental 
d'Indre-et-Loire, est ratifiée par le Conseil. 

Présentations. 

M. Malga (l'Abbé). — Objets d'une grotte magdalénienne à Lttzech, 
"et d'une station néolithique, près Luzech (Lot). 

M. le D r Deyrolle (Paris). — Tatouage et Tortue. 
M. Desailly (Paris). — Silex taillés de la Carte d'Arras [Service géo- 
logique]. 

Communications. 

M. Marcel Baudouin (Paris). — Les Haches plates, en cuivre, de Ven- 
dée : La Vendée comme centre occidental de l'Age du cuivre [Prise de date]. 

Henri Martin (Paris) et J.-B. Barreau (La Haye-Descartes). — Con- 
tribution à l'étude du Grand- Pressigny (Indre-et-Loire] [Prise de date], 
— Discussion : A. de Morxillet; Marcel Baudouin. 

M. Georges Poulain (Eure). — Etablissement romain en cours d'ex- 
ploration, à Saint- Aubin-sur- Gaillon (Eure). 

M. le D r Louis Gobillot (Vienne). — Pendeloque néolithique de Li- 
glet (Vienne). 

M. Clastrier (Marseille). — Pierre spéciale de l'Habitat celto-ligure 
grec du Pain de sucre {Marseille), 

M. A. Viré (Lot). — Dolmens et tumulidu Lot. 

M. Ph. Reynier (Lizy-sur-Ourcq). — Découverte d'un Fow à inci- 
nération dans la Nécropole gallo-romaine d'Ocquerre (Seine-et-Marne). 

M. A. Cousset (Etaules). — Découverte d'une Cachette de Haches 
plates en cuivre à Breuillet {Charente- Inférieure). 

M. Franchet (Paris). — La Poterie Magdalénienne. 

M. L. Coutil (Eure). — 1° Relation du redressement qu'il a effectué 
de la table et des quatre supports du dolmen La Grosse Pierre ou Pierre 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 89 

Couplée de Verneuses [Eure) [Vœu pour V abattage d'un énorme sapin qui 
a déjà détruit ce monument, car les racines passant sous les supports sont 
encore appelées à les disloquer], — 2° Redressement du menhir La Pierre 
aux Bœufs, à Montreuil-V Argillé {Eure). 

M. O. Vauvillé, présente 30 tranchets préhistoriques du Soisson- 
nais, des époques paléolithique et néolithique ; ils comprennent : 
1° 6 pièces provenant du gisement quaternaire de Cœuvres, où les dé- 
bris de mammouth sont nombreux; 2° 2 longues pièces de Pommiers ; 
3° 21 petits tranchets, recueillis par lui dans des Allées couvertes, sur 
Montigny-l'Engrain. — La pièce la plus intéressante de ces dernières 
est un petit tranchet, qui est emmanché dans un Bois de Cervidè, ce qui 
permet bien d'affirmer que ce genre d'instrument est bien un tranchet, 
et non une flèche à tranchant transversal; 4° un tranchet double, prove- 
nant des Pommiers. 



-~>--»*-»~~*-i 



Nouvelles protestations adressées à la Société 
Préblutorique Française, contre le Projet de 
Loi sur les Fouilles archéologiques. 

En présence des nombreux vœux, émis par les principales So- 
ciétés savantes de France, la Société Préhistorique française, qui 
représente le groupement le plus considérable de Savants se 
livrant aux recherches préhistoriques, a demandé à ces Sociétés, 
pour coordonner tous les desiderata, de vouloir bien se rallier 
au contre-projet qu'elle a fait déposer sur le bureau de la Cham- 
bre par M. Péchadre, Député de la Marne. 

Depuis son appel, la Société Préhistorique française a reçu 
les protestations de 83 Sociétés savantes, et de nombreuses 
lettres de protestations. 

I. — PROTESTATIONS DES UNIVERSITÉS. 
Protestation du Prof. FOlRMI.It. 

Faculté des Sciences de Besançon. 

Institut de Géologie 
et de Minéralogie. 

Besançon, le 3 février 1911. 
Monsieur le Président, 

Je vous prie de vouloir bien joindre ma protestation à celles de mes 
collègues des Universités, relativement au projet de loi sur les fouilles 
archéologiques, préhistoriques et paléontologiques. 

La liberté la plus entière doit être, à mon avis, laissée aux cher- 
cheurs, au moins en ce qui concerne les stations ou gisements qui 
n'ont fait l'objet d'aucune fouille méthodique antérieure. 



90 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Mais, lorsque les recherches faites dans une station ou dans un gi- 
sement ont prouvé l'existence dans cette station ou ce gisement d'objets 
ou de fouilles, dont la conservation présente un intérêt général, je 
crois qu'il serait désirable que l'auteur de la découverte puisse en ob- 
tenir le classement, ainsi que cela se pratique pour les monuments his- 
toriques ; on arrêterait ainsi la destruction d'une foule de stations in- 
téressantes et la dilapidation des objets qu'on y découvre. 

Comme conséquence de ce classement des stations préhistoriques, 
l'expropriation par déclaration d'utilité publique pourrait être obtenue 
contre un propriétaire, qui se refuserait à laisser exécuter sur son ter- 
rain des fouilles ayant un intérêt scientifique. 

Une loi ainsi comprise étendrait la liberté des chercheurs au lieu de 
la restreindre, et ne pourrait qu'activer l'essor de l'initiative indivi- 
duelle. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes senti- 
ments les plus distingués et les plus dévoués. 

E. Fournier. 



Protestation du Prof. PAQUIER. 

Université dr Toulouse. 
Faculté des Sciences 

Laboratoire de Géologie. 

Toulouse, le 1 er février 1911. 

Bien qu'il y ait assurément lieu de se préoccuper d'arrêter l'exode 
de nos richesses paléontologiques ou archéologiques à l'étranger, on 
ne saurait trop cependant s'opposer à l'adoption du projet de loi de 
1900 sur les fouilles, qui ne tendrait à rien moins qu'à créer un état de 
choses plus préjudiciable encore aux véritables intérêts de la science 
en France. Gomment accueillir, en effet, une réglementation qui ne tar- 
derait pas, alors qu'on parle sans cesse de décentralisation, à consacrer 
une centralisation vraiment abusive de tous les documents importants 
de nos archives paléontologiques ou archéologiques de la province 
dans les collections de la capitale, et pour le seul profit des travail- 
leurs parisiens ! Une conséquence, plus grave encore de cette mesure, 
si elle était votée, serait d'ailleurs de décourager systématiquement 
toute tentative de fouilles de cette nature, non seulement de la part 
des Universités ou des Musées, mais encore de la catégorie, si intéres- 
sant et malheureusement si réduite aujourd'hui, des collectionneurs 
éclairés. Si, à la rigueur, quelques professeurs d'Université ou con- 
servateurs de Musée, surmontant leurs répugnances personnelles, con- 
sentaient encore à entreprendre des travaux de cet ordre, sous une 
surveillance toujours gênante, à l'occasion même tracassière, et cela 
malgré la menace de se voir ravir au dernier moment le joyau de leurs 
recherches, quel est le collectionneur, qui, moins bien qualifié pour ré- 
sister aux prétentions d'un agent investi de pouvoirs aussi étendus, 
courra désormais le risque de se voir finalement dépossédé du plus 
clair du fruit de ses efforts et de son initiative ? 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 91 

Pour ces seules raisons, et il serait aisé d'en indiquer d'autres, 
comme, par exemple la division entre plusieurs établissements éloi- 
gnés d'une même fouille paléontologique ou d'une même trouvaille 
archéologique, il me paraît tout à fait sage de s'en tenir aux articles I 
et III de l'amendement proposé par la Société Préhistorique française, 
qui prévoit une autorisation ministérielle pour l'exportation d'un objet 
(["intérêt national ou pour l'ouverture de fouilles par un étranger sur 
e territoire français. 

V. Paqdier, 

Professeur de Géologie à la Faculté des Sciences de Toulouse, 
Administrateur du Musée d'Histoire naturelle. 



Protestation du Prof. DIGOX. 

Doyen de la Faculté des Sciences de Caen. 

En ce qui me concerne personnellement, je suis tout à fait de l'avis 
de mes collègues Depéret, Fallot et Welsch. D'ailleurs ceux de nous, 
qui prêtent leur concours à l'étude géologique des projets d'alimenta- 
tion en eau potable présentés par les communes, sont je crois suffisam- 
ment édifiés, sur ce qu'on doit attendre de l'interprétation des règle- 
ments par les bureaux des préfectures, pour prévoir dans quel esprit 
seront interprétées les dispositions de la loi, quand il s'agira, en ma- 
tière scientifique, non plus d'un concours gracieux, mais d'une vérita- 
ble tutelle administrative. Je vous autorise à reproduire mon opinion. 

Veuillez agréer, etc.. 

Signé : Bigot. 



Protestation du Prof. GLAXGEA.LD. 

Université de Glermont. 

Faculté des Sciences. 

Laboratoire de Géologie. 

J'associe ma protestation véhémente à celle de mes collègues, au su- 
jet du projet de loi relatif aux fouilles paléontologiques et préhistori- 
ques. Il serait extrêmement fâcheux, désastreux même, que les pou- 
voirs publics puissent s'immiscer dans les fouilles scientifiques, sous 
l'instigation de personnes intéressées à les faire cesser, ou à supplan- 
ter ceux qui auraient découvert et étudieraient de nouveaux gisements. 

Signé : Ph. Glaxheaud, 
Professeur de Géologie à la Faculté de Clermont. 



92 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

IL — MUSÉES ET PROTESTATIONS. 
Protestation de m. Edouard HARLÉ. 

Des trois articles du contre-projet de la Société préhistorique fran- 
çaise, le premier et le dernier paraissent devoir rallier tous les suffra- 
ges, pourvu que le premier soit appliqué en évitant toute gêne, sauf le 
cas des échantillons exceptionnels qui l'a motivé. Mais le deuxième, 
celui qui donne à l'Etat un droit de préemption en cas de vente d'ob- 
jets, mérite de bien sérieuses objections. 

Et d'abord il est inapplicable dans la plupart des cas, à moins d'une 
gêne et de formalités tout à fait disproportionnées. Et puis, il conduit 
à des conclusions inacceptables, comme dans l'exemple suivant : L'une 
des plus belles pièces de ma collection a été achetée par moi, à un exploi- 
tant de carrière, pour 2 francs; mais elle m'a coûté infiniment de 
voyages et de peine . Pour une fois que j'ai réussi, j'ai eu cent fois peine 
perdue. La disposition proposée serait, dans les cas de ce genre, mani- 
festement injuste. Elle découragerait les recherches, et elle amènerait 
à dissimuler les bonnes pièces, donc à ne pas les publier, et agirait 
ainsi contre la science française qu'elle est supposée devoir soutenir. 
L'on doit observer de plus que : acquisition d'un objet par l'Etat, signi- 
fie qu'il servira à enrichir quelque musée de la capitale. Si, au con- 
traire, l'Etat ne s'empare pas de l'objet, celui-ci restera probablement 
dans sa province d'origine, soit dans une collection privée, soit ulté- 
rieurement dans le musée local. Nous autres pauvres provinciaux, nous 
ne sommes pourtant pas bien difficiles : nous demandons seulement que 
l'Etat, dont les ressources sont constituées par notre propre argent, ne 
les utilise pas à nous dépouiller, estimant, comme Beaumarchais, que 
l'Etat vous aura fait assez de bien s'il ne vous fait pas de mal. 

Edouard Harlé. 



Musée Départemental 
Gap (Hautes-Alpes). 



Gap, le 3 Février 19 11 



Le Conservateur du Musée de Gap, à Monsieur le Président 
de la Société Préhistorique Française. 

Le Conservateur du Musée de Gap, Vice-président de la Société 
d'études des Hautes-Alpes, auteur de nombreuses fouilles dans des 
grottes néolithiques, dans des tumuli ou dans des ruines romaines de 
la région alpine, fouilles dont les trouvailles ont été déposées au Musée 
de Gap, a éprouvé un vrai découragement à la lecture du projet de 
loi relatif aux fouilles scientifiques. 

Cette loi serait désastreuse pour les sciences locales, car elle para- 
lyserait les efforts généreux des chercheurs par des prescriptions dra- 
coniennes et vexatoires. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 93 

D'autre part, cette loi serait inefficace dans beaucoup de cas pour la 
irotection des sites, des monuments, des ruines et vestiges préhisto- 
iques, car elle n'empêcherait pas les propriétaires, les entrepreneurs 
le travaux, de vider les grottes, les abris, d'exploiter les murgers, les 
uines, les tumuli. les gisements fossilifères, sous prétexte d'effondre- 
aent, d'exploitation de carrières, ou d'emprunts de matériaux de cons- 
ruction : tous travaux qui ne sont soumis à aucune formalité ! 

Ainsi, le terrassier, le concasseur de pierres, le cantonnier, auraient 
e droit de fouiller les gisements, de concasser les objets scientifiques ou 
le les jeter aux déblais; et le naturaliste, le savant, l'archéologue, n'au- 
aient pas le droit de recueillir ces objets, de les extraire de leur gan- 
;ue! 

Aussi, je m'associe avec empressement à la protestation et à la de- 
oande de modifications de la Société préhistorique française. 

David Martin. 

Conservateur du Musée de Gap, 
Vice-Président de la Société d'Etudes des Hautes-Alpes. 



Muséum de Rennes. 

Histoire Naturelle. 

Géologie. 

Rennes, li février 1911. 

Monsieur le Président, 

Etant mise à part la question de mercantilisme que je désapprouve 
issurément et qu'allègue le projet de loi du 25 octobre dernier que 
rous m'avez rappelé, nul plus que moi ne reconnaît et déplore les incon- 
vénients multiples qui résulteraient de cette loi si elle était promulguée 
sans modifications. De plus autorisés que moi vous ont dit ou laissé 
întendre en quelle mésestime ils tenaient les prétentions des partisans 
le la centralisation à outrance que le projet actuel favorise indubita- 
jlement aux dépens des richesses scientifiques provinciales. Person- 
îellement, décentralisateur convaincu, j'approuve les énergiques pro- 
;estations de ces savants, groupés ou non, et me joins à eux pour 
lemander sinon le rejet absolu d'une réglementation qui, je le crains, 
i«?guise le but visé, du moins pour obtenir qu'une modification très 
nette y soit apportée en ce qui concerne les recherches purement palé- 
antologiques. A ce point de vue particulier, je ne saurais que m'asso- 
cier au désir formulé par la Société géologique de France (à laquelle j'ai 
l'nonneur d'appartenir) dans le paragraphe 3 de ses conclusions, savoir 
q je les travaux auxquels se livrent quotidiennement les géologues sur 
le terrain, pour la recherche des fossiles, ne soient pas astreints à une 
déclaration préalable. Par ailleurs je m'explique mal qu'une pièce rare 
oj importante, trouvée par quelque géologue de province, soit mieux à 
sa place et plus intéressante à Paris que dans un des musées de la pro- 



94 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

vince à laquelle elle appartient géologiquement, au milieu de ses con- 
génères en quelque sorte et, pour ainsi dire, dans le cadre où elle a pu 
vivre jadis. 

J'ajouterai encore, comme Conservateur de Musée, que nous sommes 
tous en général astreints, non seulement à entretenir et à classer métho- 
diquement les collections confiées à nos soins, mais bien à les accroî- 
tre, et que nous devons tendre aies enrichir de pièces de valeur. 

Or, je vois dans cette obligation une quasi contradiction avec le nou- 
veau projet de loi, qui, s'il n'était modifié ainsi que je l'ai dit plus haut, 
dans le sens indiqué par la Commission de la Société géologique de 
France, en rendrait l'accomplissement plus compliqué, parfois impos- 
sible, voire même dangereux. 

Signé :T . Bezier, 

Le Directeur Conservateur du Musée Géologique 

de la ville de Rennes, membre de la Société 

Archéologique d'Ille-et-Vilaine, ancien Président 

de la Société Scientifique et Médicale de l'Ouest. 



Ville de Lyon. 
Muséum des Sciences naturelles. 

Le 19 janvier 1911. 
Mon cher Collègue (1), 

Je vous remercie bien sincèrement pour l'aimable envoi de votre vi- 
goureuse lettre de protestation, contre le projet de loi sur la réglemen- 
tation des fouilles concernant l'archéologie et la paléontologie. 

Je suis tout à fait de votre avis. Il est nécessaire d'écarter le plus 
possible les étrangers de nos gisements paléontologiques ou archéolo- 
giques, afin d'éviter le retour des abus qui se sont produits, en 1909, 
dans la Dordogne. Mais il semble que le meilleur moyen de conserver 
chez nous les documents scientifiques de notre pays consiste avant 
tout à faciliter la recherche et l'étude de ces documents, à nos compa- 
triotes ! On ne peut donc approuver le projet du gouvernement, qui 
rendrait au contraire ces recherches très difficiles aux géologues et 
préhistoriens de province. Ce serait la ruine de nos Sociétés régio- 
nales. 

Je crois qu'il serait bon de donner à l'Etat un droit de préemption 
limité à certains cas, qui devraient être prévus parla loi. L'Etat aurait 
le droit d'intervenir, par exemple, dans une vente de collections, où les 
étrangers seraient représentés. Il me paraît inadmissible, en effet, que 
la loi oblige un étranger qui désire faire des fouilles à solliciter l'auto- 
risation ministérielle, et qu'elle permette à cet étranger de se procurer 
librement, par voie d'acquisition, des documents provenant des fouilles 
de nos nationaux. 

(1) Lettre adressée ù M. Edouard Harlé. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 95 

Quelques modifications à la loi du 30 mars 1887, donneraient satis- 
action à tous les intérêts légitimes. Elles recevraient aussi l'approba- 
tion des promoteurs du projet de loi qui n'ont eu, évidemment, d'autre 
but que d'assurer la protection des documents scientifiques du pays. 
Les travaux paléonlologiques ou archéologiques de nos compatriotes 
et de nos Sociétés régionales font trop grand honneur, tout à la fois à 
la science française et à notre esprit d'initiative, pour que personne 
puisse songer à les paralyser. 

Je vous autorise à publier cette lettre, si vous la jugez utile à la 
cause que nous défendons. 

Veuillez, mon cher collègue, agréer l'expression de mes sentiments 
les plus cordialement dévoués. 

Gaillard, 

Docteur^ès Sciences naturelles, 
Conservateur du Muséum de Lvon. 



111. — SOCIETES. 

39° Société Archéologique du Gers. 

Audi, le 10 janvier 1011. 
Monsieur le Président, 

J'ai l'honneur de vous informer que, dans sa séance du 9 janvier 
1911, la Société Archéologique du Gers s'est unanimement associée à 
votre campagne contre le projet de loi sur les fouilles archéologiques. 

Elle exprime le vœu que l'article 14 de la loi du 30 mars 1887 soit 
complété par les trois adjonctions que vous proposez sur la sortie des 
objets de France, sur le droit de préemption de l'Etat, et sur l'autorisa- 
tion de faire des fouilles pour les étrangers. 

Le Président : Philippe Lavzix. 

40° Société d'Excursions scientifiques. 

Après avoir pris connaissance du projet de loi relatif aux fouilles in- 
téressant l'Archéologie et la Paléontologie, déposé sur le Bureau de la 
Chambre des Députés, le 25 octobre 1910. 

La Société aV Excursions scientifiques, réunie en Assemblée générale, 
le 14 janvier 1911, tient à joindre sa protestation à celles déjà formu- 
lées par de nombreuses Sociétés savantes contre ce projet de loi : 

Considérant que la liberté des recherches scientifiques a eu, en 
France, comme résultat heureux d'y développer, plus que partout 
ailleurs, le goût des études archéologiques et paléontologiques, en sti- 
mulant un grand nombre de chercheurs dévoués qui dépensent sans 
compter leur temps et leur argent, et dont le zèle désintéressé contri- 
bue, tous les jours, à enrichir nos collections publiques : 

Considérant que les entraves apportées par la loi projetée ne pour- 
raient que nuire à la science, en décourageant toute libre initiative ou 



96 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

en poussant les auteurs de découvertes à ne pas les signaler, afin d'évi- 
ter les ennuis et les retards pouvant résulter des déclarations obliga- 
toires et des surveillances officielles; 

Considérant que de semblables formalités ne sauraient d'ailleurs que 
favoriser la dilapidation des trouvailles par les ouvriers et la vente 
clandestine des objets qui, prudemment démarqués, perdraient ainsi 
toute leur valeur: 

Considérant enfin, que la loi projetée va à l'encontre de la décentra- 
lisation scientifique réclamée par toutes les Sociétés savantes et qu'elle 
est, en outre, attentatoire à la propriété privée, aussi bien qu'à la pro- 
priété scientifique. 

La Société d'Excursions scientifiques émet le vœu que l'on s'en tienne 
à la loi du 30 mars 1887, qui est parfaitement suffisante pour assurer 
la conservation des monuments et des objets présentant un intérêt his- 
torique ou artistique. 

Elle se rallie à la proposition, faite par la Société Préhistorique fran- 
çaise, d'ajouter à cette dernière loi, quelques articles interdisant l'ex- 
portation des objets particulièrement intéressants pour notre pays et 
réglant les conditions dans lesquelles les Etrangers pourront exécuter 
des fouilles en France; mais elle estime qu'aucune atteinte ne doit être 
portée à la liberté des recherches scientifiques entreprises par les Fran- 
çais, recherches qui, loin d'être entravées, devraient, au contraire, 
être facilitées et encouragées . 

41° Société d'Emulation du Bourbonnais. 

Moulins, le 11 janvier 1911. 
Monsieur le Président, 

J'ai l'honneur de vous annoncer que notre société vient de prendre 
dans sa séance du 9 janvier 1911, une délibération conformera celle que 
vous avez prise le 2 décembre 1910 relativement à la liberté des fouilles 
et à l'exportation des objets à l'étranger. 

Le Président, G. Morand. 

42° Société Linnéenne du Nord de la France- 

Amiens, le 18 janvier 1911. 
Monsieur le Président, 

J'ai l'honneur de vous faire connaître que dans sa dernière séance, 
la Société Linnéenne après avoir pris connaissance du projet de loi 
relatif aux fouilles intéressant la Paléontologie et l'Archéologie, et de 
l'extrait du procès-verbal de la réunion du Conseil d'Administration 
tenue le 2 décembre 1910, s'associe entièrement au vœu émis par la 
Société Préhistorique française, résumé dans les trois articles qui doi- 
vent compléter l'article 14 de la loi du 30 mars 1887. 

Le Secrétaire, F. Choquakt. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 97 



43° Société d'Etudes scientifiques de l'Aude. 

Séance du 18 décembre 1910. — Présidence de M. le D r Carbou. — 
Le Secrétaire expose que, à la suite de fouilles exécutées dans une de 
nos régions les plus riches en gisements préhistoriques sur des pro- 
priétés particulières temporairement louées à cet effet, les objet recueil- 
lis ont été dispersés hors de France, au profit de collectionneurs ou 
marchands étrangers. Nous nous trouvons ainsi dépossédés sur notre 
propre terriioire de pièces essentielles à l'étude de nos origines et 
dont la plupart échapperont pour jamais à l'investigation scientifique. 

Ce fait a soulevé au sein de nos plus importantes sociétés savantes 
une émotion bien légitime, et l'Académie des sciences, le Comité des 
travaux historiques, la Société d'Anthropologie, ont réclamé la protection 
d'une loi nouvelle. L'administration des Beaux- Arts, de qui relève la 
conservation des monuments préhistoriques, a confié la préparation de 
cette loi à une commission de savants et dejuristes et le gouvernement 
a déposé le 25 octobre 1910, sur le Bureau de la Chambre des Députés, 
un projet de loi qui organise la surveillance des fouilles entreprises 
par les particuliers et prévoit pour l'Etat, si l'intérêt scientifique 
l'exige, le droit de se substituer au fouilleur. 

Les sanctions prévues sont de deux ordres : les unes, pénales, lais- 
sent un large pouvoir d'appréciation aux tribunaux ; les autres civiles, 
sont destinées à réparer les dommagee qui pourraient résulter des 
infractions à la loi. 

Mais un semblable projet, en obligeant « tout établissement, toute 
association ou tout particulier, qui veut exécuter des fouilles archéo- 
logiques ou paléontologiques, soit sur un terrain lui appartenant, soit 
sur le terrain d'autrui, à en faire la déclaration à la préfecture du dépar- 
tement sur le territoire duquel ces fouilles seront ouvertes », et en 
soumettant ces fouilles à la surveillance de l'Etat est plutôt de nature 
à nuire au développement de nos sociétés archéologiques de province 
et à l'initiative des véritables chercheurs. 

Aussi a-t-il déjà soulevé des protestations au sein de nombreuses 
Sociétés régionales, et notamment au sein de la Société préhistorique 
française qui vient d'être reconnue d'utilité publique. Cette dernière 
estime que, pour arrêter l'exode à l'étranger de nos trésors archéolo- 
giques, il suffirait de faire quelques adjonctions à la loi du 30 mars 
1887. 

Cette loi protège les vestiges archéologiques, laisse libre cours aux 
initiatives et n'impose pas une surveillance vexatoire à l'inventeur 
d'une découverte, surveillance ou contrôle qui serait une atteinte à 
la propriété scientifique au moment même d'une découverte. 

Les articles nouveaux qu'il faudrait ajouter à l'ancienne loi pour- 
raient se résumer ainsi : 

Art. 1. — Aucun objet, présentant un intérêt national d'archéologie 
ou de paléontologie, ne pourra franchir les frontières françaises sans 
autorisation du ministre compétent. 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 7 



98 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Art. 2. — L'Etat, en cas de vente d'objets intéressant l'archéologie 
et la paléontologie, pourra exercer un droit de préemption. 

Art. 3. — Tout étranger désirant faire des fouilles devra solliciter 
l'autorisation ministérielle. 

Telles sont les mesures que juge nécessaires la Société préhistorique 
française. Avec plusieurs autres sociétés régionales telles que la « Po- 
lymathique du Morbihan», la Société archéologique de Limoges, la Société 
archéologique de Troyes, etc., elle demande que nos richesses archéolo- 
giques restent en France, mais qu'on n'entrave pas l'initiative des tra- 
vailleurs, au risque de perdre à jamais, les inestimables résultats que 
leur zèle fournit. 

Après cet exposé, l'assemblée consultée déclare, à l'unanimité moins 
3 voix, adopter les conclusions de la Société préhistorique française, et 
se rallier entièrement à sa manière de voir. 

Copie de cette délibération sera transmise à la Société préhistorique 
française. 

44° Société historique et archéologique de Périgord- 

La Société historique et archéologique du Périgord, ayant eu con- 
naissance du projet de loi pour la protection des stations et gisements 
préhistoriques et paléontologiques récemment soumis au Parlement, 
tout en reconnaissant qu'il est utile de compléter la loi du 30 mars 
1887 par des mesures propres à sauvegarder et à conservera la France 
nos richesses préhistoriques, pense toutefois qu'il est nécessaire d'ap- 
porter au projet de loi, tel qu'il est présenté, certaines modifications et 
a émis, dans sa séance du 5 janvier 1911, les vœux suivants : 

1° Que les Sociétés savantes ne soient pas mises au même rang que 
les simples particuliers, et que les fouilles exécutées par ces Sociétés 
soient exemptes de la surveillance de l'Etat. 

2° Que les objets les plus importants et les plus remarquables pro- 
venant tant des fouilles pour lesquelles l'Etat se serait substitué à des 
particuliers que celles qu'il aurait entreprises lui-même restent la pro- 
priété des Musées oflrant les garanties de conservation suffisantes et 
situés dans le Département où auront eu lieu ces fouilles, les doubles 
seuls pouvant recevoir une autre attribution. 

3° Que les objets trouvés par les particuliers restent la propriété de 
ceux-ci, et que 1 Etat ait seulement un droit de préemption en cas de 
vente. 

4° Que la deterraination.de la stratigraphie d'une station ou d'un 
gisement soit imposée aux particuliers y faisant des fouilles, et que 
cette détermination reste soumise à la vérification des surveillant dési- 
gnés par l'Etat. 

5° Que des mesures soient prises pour empêcher la sortie de France 
des objets d'une importance capitale, que l'Etat pourra toujours con- 
naître au moyen de la surveillance qu'il fera exercer sur les fouilles des 
particuliers. 

Le Président, Marquis de Fayollb. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 99 

45° Société des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne. 

Auxerre, 10 janvier 1911. 

La Société des Sciences historiques et naturelles de V Yonne, considé- 
rant qu'il est opportun et utile de proposer une loi pour empêcher /es 
fraudes déjà signalées et qui peuvent se renouveler au sujet des fouilles 
archéologiques et paléontologiques, est d'avis, pour sauvegarder les 
droits et les intérêts des Musées de province, de se rallier aux amen- 
dements proposés aux projets de loi par la Société Polymathique du 
Morbihan et notamment à l'Art. 4, § 1. 

Le Secrétaire, E. Humbert. 
46° Société historique de Compiègne- 

(Reconnue comme établissement d'utilité publique par décret du 15 Mars 1895}. 

Compiègne, le 27 janvier 1911. 

Procès-verbal de la séance du 16 décembre 1910. — M. Plessier 
attire notre attention sur un projet de loi relatif aux fouilles de Paléon- 
tologie et d'Archéologie, présenté à la Chambre des Députés, le 25 oc- 
tobre 1910, par M. Briand et M. Doumergue. 

Déjà plusieurs Sociétés Savantes se sont émues de ce projet, notam- 
ment la Société Académique de Laon, la Société Archéologique de Limo- 
ges, celles de Troyes, du Morbihan, la Société Préhistorique fran- 
çaise, etc. 

Ce projet leur a paru très dangereux pour les intérêts de la science, 
dont il entrave les recherches, sous prétexte d'arrêter l'exode à l'étran- 
ger de nos trésors nationaux. Il suffirait d'ajouter un ou plusieurs arti- 
cles à la loi du 30 mars 1887, pour atteindre ce but. Il pourrait êlre 
défendu de vendre à l'étranger aucun objet présentant un intérêt natio- 
nal d'Archéologie ou de Paléontologie sans autorisation spéciale du 
Ministre compétent. 

L'Etat, en cas de vente, pourrait exercer un droit de préemption et 
se réserver la faculté de faire des moulages et des dessins des objets 
aliénés. 

Il faudrait aux étrangers une autorisation ministérielle pour faire des 
fouilles. 

La Société historique ne peut que s'associer aux justes réclamations 
déjà formulées par plusieurs sociétés de Paléontologie et d'Archéo- 
logie, en vue d'obtenir <t qu'on n'entrave pas l'initiative des travail- 
« leurs, au risque de perdre à jamais les inestimables résultats que 
■ leur zèle fournit » . 

Le Président, Baron de Boxnault. 

47° Société historique d'Auteuil et de Passy. 

Séance du 12 janvier 1911. — Présidence de M. Marmotta-n. — . 
Sur la proposition de M. P. Marmottàn, en l'absence de M. leD r Henri 



100 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Martin, Président de la Société Préhistorique française, la Société vote 
à l'unanimité des membres présents, une protestation contre le projet 
de loi relatif aux fouilles, déposée le 25 octobre 1910, et elle adopte les 
conclusions de la S. P. F., énoncées dans la séance de son Conseil 
d'Administration, tenue le 2 décembre 1910. 



48 e Société Linnéenne de Bordeaux. 
(Reconnue d'utilité publique). 

Extrait de la résolution de la séance du 18 janvier 1911. — Dès 1909, 
à la suite d'une excursion scientifique aux gorges de la Vézère, la 
Société Linnéenne de Bordeaux s'était émue de l'exode, hors de 
France, de documents quelquefois uniques de la Préhistoire nationale. 
Elle désirait que, sans tarder, des décisions fussent prises pour em- 
pêcher le renouvellement de pareils faits préjudiciables à notre ensei- 
gnement et à nos Musées. Aujourd'hui, elle estime que le projet de loi 
présenté par le gouvernement dépasse de beaucoup la portée que lui 
attribue « l'exposé des motifs préliminaire ». Pour remédier à des 
abus très réels et regrettables, le gouvernement impose aux fouilleurs 
amateurs français une surveillance impérative qui menace de les Trus- 
ter de leurs trouvailles, au moment où elles deviennent intéressantes, 
au moment où ils vont recevoir la récompense des efforts pécuniai- 
res qu'ils ont consentis bénévolement. La Société Linnéenne se rallie 
donc entièrement aux protestations de la Société Préhistorique fran- 
çaise et des autres groupes régionaux; la réglementation suffisante 
serait donc d'empêcher la sortie des documents préhistoriques, et pour 
cela devrait viser la surveillance des fouilles entreprises par des étran- 
gers. 

En conséquence, la Société Linnéenne adopte les trois articles addi- 
tionnels à l'article 14 de la loi du 30 mars 1887, proposés par la Société 
Préhistorique, en y ajoutant les deux modifications entre parenthèse. 

Article I er . — Aucun objetprésentant un intérêt national archéologique 
ou paléontologique ne pourra franchir les frontières françaises sans au- 
torisation spéciale du ministre compétent. 

Article II. — En cas de vente d'objets intéressant lArchéologie et la 
Préhistoire, l'Etat pourra exercer un droit de préemption (au profit 
tout d'abord des Musées de la région où auront été trouvés les 
dits objets). 

Article III. — Tout étranger désirant faire [directement ou indirecte- 
ment) des fouilles sur le territoire français, devra solliciter l'autorisa- 
sation ministérielle. 

49° Société Archéologique de Bordeaux. 

Extrait du procès-verbal de la séance du 13 janvier 1911. — La 
Société Archéologique de Bordeaux, saisie du nouveau projet de loi rela- 
tif aux fouilles intéressant l'archéologie et la paléontologie et émue des 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE iOl 

dangers qu'il peut présenter pour les études futures, a adopté le vœu 
suivant, comme protestation au dit projet : 

La Société Archéologique de Bordeaux > considérant que la législation 
actuelle est déjà suffisamment armée pour assurer la conservation des 
objets archéologiques présentant un intérêt capital pour notre pays. 

Considérant que les plus belles découvertes et les collections les plus 
importantes de nos musées ont été faites par de modestes savants, 
n'ayant pour la plupart aucune mission officielle à ce sujet ; 

Considérant quil serait extrêmement dangereux de porter atteinte à 
l'élan de ces fouilleurs libres, qui tous les jours enrichissent par des 
dons généreux nos collections nationales; 

Considérant toutefois, que si l'on tient à donner satisfaction à cer- 
taines réclamations qui se sont produites sur des faits récents extrê- 
mement regrettables d'ailleurs, il suffirait de compléter l'article 14 de 
la loi du 30 mars 1887, par les adjonctions suivantes : 

Article I er . — Aucun objet présentant un intérêt national archéo- 
logique ou paléontologique ne pourra franchir les frontières françaises 
sans autorisation spéciale du Ministre compétent. 

Art. II. — En cas de vente des objets intéressant l'Archéologie et la 
Paléontologie, l'Etat pourra exercer un droit de préemption ; et ces 
objets devront être déposés dans les Musées régionaux. 

Art. III. — Tout étranger désirant faire des fouilles, à titre personnel 
ou associé, devra solliciter l'autorisation ministérielle. 



50° Académie nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts 
de Bordeaux. 

Extrait du procès-verbal de la séance du 26 janvier 1911. Présidence 
de M. Paul Gauthier. — L'Académie, considérant que le projet de loi 
du 25 octobre 1910, relatif aux fouilles intéressant l'Archéologie et la 
Paléontologie, est tel qu'il entrave l'initiative privée et constitue un 
péril pour les Musées de province. 

Emet, à l'unanimité des membres présents, le vœu que le projet 
soit retiré, et que, si de nouvelles dispositions législatives sur le même 
objet sont, comme l'Académie le souhaite, projetées ou proposées, 
elles soient, avant toute discussion au Parlement, soumises aux Uni- 
versités, aux Sociétés savantes de Paris et de province, et aux direc- 
teurs de Musées. 



51° Groupe Spéléo- Archéologique d'Uzès. 

Le Groupe Spéléo-Archéologique d'Uzès, réuni en séance extraordi- 
naire le samedi 21 janvier 1911, après avoir délibéré, se rallie à l'una- 
nimité, au contre-projet présenté par la Société Préhistorique française, 
et proteste énergiquement et de la façon suivante, contre le projet du 
Gouvernement : 

Considérant que la législation actuelle est parfaitement armée pour 



102 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

assurer la conservation des objets archéologiques présentant un inté- 
rêt capital pour le pays ; 

Considérant qu'il serait extrêmement dangereux de porter atteinte à 
l'élan des fouilleurs libres ; 

Considérant que les découvertes les plus belles et les collections 
les plus importantes de nos Musées sont dues à de modestes savants, 
parmi lesquels il suffît de citer les noms de Boucher de Perthes, Piette, 
E. Rivière, Marquis de Vibraye, E. Moreau, Baron de Bays, J. Miln, 
d'Acy et tant d'autres auxquels le groupe d'Uzès a l'honneur d'ajouter 
le nom de son Président-Fondateur, Ulysse Dumas; 

Considérant toutefois que si l'on tient à donner satisfaction à certai- 
nes réclamations récentes, il suffirait de compléter l'article 14 de la loi 
du 30 mars 1887 par les trois articles proposés par la Société Préhis- 
torique française. 

Le Président. 

52° Société d'Etudes des Sciences Naturelles de Reims- 

La Société d'Etudes des Sciences naturelles de Reims, dans sa séance 
du 17 janvier 1911, a décidé à l'unanimité des membres présents, de 
s'associer aux protestations élevées contre le projet de loi relatif aux 
fouilles archéologiques et paléontologiques. 

Elle est opposée aux mesures qui pourraient porter atteinte au droit 
de propriété et entraver les initiatives personnelles, si souvent utiles à 
la science. Mais elle est d'avis qu'il convient d'empêcher les étrangers 
d'exploiter à leur gré les richesses enfouies dans notre sol, et qu'il est 
nécessaire de leur interdire de pratiquer des fouilles sans une autori- 
sation du ministre compétent. 

Signé : L. Demaison, 

Président de la Société d' Etudes des Sciences naturelles de Reims. 



53° Société des Lettres, Sciences et Arts de Nice. 

Nice, 1 er février 1911 

La Société des Lettres, Sciences et Arts de Nice, dans sa séance du 
17 janvier 1911, s'associe à la protestation adressée à la Société Préhis- 
torique Française, contre le projet de loi sur les fouilles préhistoriques. 

La protestation a été adressée à la Préfecture des Alpes-Maritimes 
pour être transmise à qui de droit. 

Le Président, Caziot. 



54° Société Les Amis des Sciences et Arts de Rochechouart. 

Rochechouart, le 25 janvier 1911. 

La Société archéologique Les Amis des Sciences et Arts de Roche- 
chouart, a, dans sa séance du lundi 9 janvier 1911, décidé à l'unanimité, 



«OC I ÉTÉ PRÉHISTORIQ! E FRANÇAISE 103 

de joindre sa protestation à celle déjà émise parla Société Préhistorique 
française, au sujet de la loi relative aux fouilles archéologiques et 
paléontologiques. Elle a chargé son Président de faire le nécessaire. 

Le Président, L. Masfkand. 



Rr Société nationale des Sciences naturelles et mathématiques 
de Cherbourg. 

(Reconnue d'utilité publique). 

Monsieur le Président, 

J'ai l'honneur de vous informer que, dans sa séance du 13 janvier 
1911, la Société nationale des Sciences naturelles et mathématiques de 
Cherbourg après avoir pris connaissance des divers documents 
qu'avaient bien voulu lui adresser la Société Préhistorique française et 
la Société Polymathique du Morbihan, relatifs au projet de loi sur les 
fouilles archéologiques, s'est unanimement ralliée à votre protestation 
et a adopté, dans toute sa teneur, le procès-verbal de la réunion du 
2 décembre 1010. tenue par le Conseil d'Administration de la Société 
Préhistorique française. 

Veuillez donc, Monsieur le Président, nous compter au nombre des 
Sociétés les plus énergiquement protestataires et agréez l'assurance de 
mes sentiments très respectueux et tout dévoués. 

Le Secrétaire perpétuel, L. Corbièrb. 

56° Société Florimontane d'Annecy. 
(Reconnue d'utilité publique). 

Monsieur le Président, 

J'ai l'honneur de vous transmettre le vœu suivant, formulé à l'una- 
nimité par la Société Florimontane, dans la séance du 1 er février 1911. 

« La Société Florimontane d'Annecy, estimant le projet de loi relatif 
aux fouilles archéologiques et paléontologiques, préjudiciable aux in- 
térêts de la Science, en paralysant l'initiative privée et enlevant toute 
liberté aux recherches dés-intéressées, s'associe par un vote unanime à 
la protestation formulée par de nombreuses sociétés savantes qui se 
sont émues de ce dangereux projet, et se rallie aux trois articles cons- 
tituant l'amendement proposé par la Société Préhistorique française le 
2 décembre 1910 ». 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes meil- 
leurs sentiments de confraternité scientifique. 

Le Secrétaire. Marc Le Roux. 



104 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



57° Société Académique du Nivernais. 

Séance du 30 janvier 1911. — Extrait du procès-verbal. — « L'as- 
semblée, constatant que le projet de loi présenté par le gouvernement 
pour réglementer les fouilles intéressant l'archéologie et la paléonto- 
logie, ne peut que décourager les chercheurs si dévoués et souvent si 
modestes qui occupent leurs loisirs à arracher au sol de nos contrées 
les objets qui lui furent livrés par le passé et dont la découverte vient 
le plus ordinairement enrichir nos musées, est d'avis de conserver la 
loi du 30 mars 1887, en la complétant par les trois articles proposés 
par la Société Préhistorique française ». 

Le Président, V. Guemeau. 



58° Société Dunoise, Archéologique, Histoire, Sciences et Arts. 

Châteaudun, 31 janvier 1911. 
Monsieur le Président, 

J'ai l'honneur de vous informer que la Société Dunoise réunie aujour- 
d'hui en Assemblée générale, a décidé, à l'unanimité des membres pré- 
sents, de joindre sa protestation à celles des sociétés qui se sont déjà 
prononcées contre le projet de loi présenté à la Chambre des Députés, 
le 25 octobre dernier, dans le but de réglementer les fouilles intéres- 
sant l'archéologie et la paléontologie. 

Estimant, comme elles, qu'une telle loi porterait atteinte au droit de 
propriété, qu'elle entraverait les recherches individuelles et nuirait 
aux progrès scientifiques, la Société Dunoise a adopté les conclusions 
posées en ces termes par la Société Préhistorique française : 

(Suivent ici les trois articles proposés par la Société Préhistorique 
française). 

En vous félicitant, Monsieur, de l'utile initiative prise par la So- 
ciété savante que vous présidez, je vous prie d'agréer l'expression de 
mes sentiments respectueux et dévoués. 

Le Président, Henri Lecesne. 

59° Académie des Belles-Lettres, Sciences et Arts 
de La Rochelle. 

Section des Sciences naturelles (Reconnue d'Utilité Publique). 

La Rochelle, le 31 janvier 1911. 
Monsieur le Président, 

J'ai l'honneur de vous informer que la Société des Sciences naturelles 
de la Charente-Inférieure, dans sa dernière séance, a décidé, à l'unani- 
mité de ses membres, de protester contre le projet de loi relatif aux 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRA>ÇAISE 105 

fouilles intéressant l'archéologie et la paléontologie, déposé à la cham- 
bre le 25 octobre dernier, et de se rallier aux modifications proposées 
par la Société Préhistorique française. 

Le Président, Bernard. 



60° Société Linnéenne de Normandie. 

Extrait du Procès-verbal de la Séance du 6 février 1911. — La So- 
ciété Linnéenne de Normandie, considérant que le projet de loi présenté 
par le gouvernement pour réglementer la conservation en France des 
découvertes archéologiques et paléontologiques et la pratique des 
fouilles sur des bases réellement scientifiques, donne à l'Etat la possi- 
bilité de se substituer aux personnes qui font ces fouilles, et de prendre 
possession des objets qui ont été recueillis. Que si le but poursuivi 
est conforme dans son esprit aux vœux formulés par les savants et les 
Sociétés scientifiques, les dispositions projetées auraient fatalement 
pour résultat de paralyser toute initiative privée en subordonnant les 
recherches à un contrôle administratif. 

Que dans ces conditions, les auteurs des fouilles peuvent craindre 
d'être dépossédés à la fois du produit de leurs fouilles et des résultats 
scientifiques de leurs recherches. Emet le vœu que 1° le projet de loi 
présenté par le gouvernement soit retiré. 

2° la loi du 30 mars 1887 soit complétée par les additions suivantes : 

Article premier. 

Tout établissement, toute association ou tout particulier qui veut 
exécuter des fouilles archéologiques ou paléontologiques, soit sur un 
terrain lui appartenant, soit sur le terrain d'autrui, doit en faire la dé- 
claration à la Préfecture du département sur le territoire duquel ces 
fouilles sont ouvertes. 

Art. 2. 

Le déclarant pourra commencer les travaux immédiatement. 
Art. 3. 

Tout étranger désirant faire des fouilles sur le territoire français, 
devra solliciter l'autorisation ministérielle. 

Art. 4. 

Aucun objet présentant un intérêt national, archéologique ou paléon- 
tologique, ne pourra franchir les frontières françaises sans une autori- 
sation spéciale du Ministre compétent. 

61° Société géologique du Nord. 

La Société géologique du Nord, fondée en 1870 et comprenant parmi 
ses membres toutes les personnes qui, dans les cinq départements du 
Nord de la France, se livrent à des recherches de paléontologie, a été 
vivement émue du projet de loi présenté par le gouvernement pour 



106 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

assurer la conservation en France des précieuses découvertes archéo- 
logiques et paléontologiques. Rendant hommage aux intentions excel- 
lentes des auteurs du projet de loi, elle appelle respectueusement l'at- 
tention des pouvoirs publics sur les conséquences tout à fait fâcheuses 
qu'entraîne, d'après elle, pour la paléontologie française, l'application 
stricte du projet de loi. 

Elle estime qu'une confusion regrettable a été commise par les au- 
teurs du projet de loi, en assimilant les fouilles paléontologiques aux 
fouilles archéologiques, et demande qu'une distinction nette, qu'une 
disjonction soit établie, entre ces deux ordres de recherches. Tandis en 
effet que les fouilles archéologiques ramènent parfois au jour des objets 
réellement uniques, des pièces dont la perte pour le pays serait réelle- 
ment irréparable, il n'en est pas de même pour la paléontologie. Aucun 
spécimen paléontologique n'est représenté dans un gisement par un 
seul individu; et, si certaines pièces sont uniques dans nos collections, 
la raison en est uniquement au petit nombre de chercheurs. Les objets 
que recherchent les paléontologistes, dans leurs fouilles, sont les débris 
des êtres, animaux ou plantes qui ont habité le globe : on sait aujour- 
d'hui qu'ils se sont accumulés sur des espaces immenses et pendant 
des temps incommensurables, pendant des millions d'années. Le nom- 
bre des fossiles qui dort dans les profondeurs du sol est illimité; mais 
le nombre des chercheurs est par contre très limité; et tout ce qui 
menace d'en réduire le nombre est regrettable pour la paléontologie 
française. 

C'est à ce titre que la Société Géologique du Nord voit avec inquié- 
tude le projet de loi déposé par le gouvernement. Les collections 
paléontologiques de l'Université de Lille ont été faites entièrement par 
la libre initiative des membres de la Société géologique, soit sous forme 
de dons, soit sous forme de legs; la majeure partie des collections 
paléontologiques, faites par des particuliers dans le Nord, depuis le 
temps de Cuvier, appartient ainsi à l'Université de Lille. Cette collec- 
tion paléontologique a une grande valeur régionale ; elle est non seule- 
ment visitée par les spécialistes de tous pays, comme celle du monde 
la plus riche en fossiles de cette région ; mais elle fournit aux membres 
de notre Société les documents et éléments de tous leurs travaux (45 
volumes parus depuis 1870). 

La société estime que l'application stricte du proje$ de loi serait 
fatale au Musée paléontologique de l'Université de Lille, et d'une ma- 
nière générale aux collections publiques de paléontologie, pour les 
motifs suivants : 

1° Des amateurs modestes, exécutant simplement et dans leurs 
moments de loisirs des fouilles paléontologiques, reculeront devant 
l'ennui de déclaration et de démarches administratives. Ils ne pour- 
raient que très exceptionnellement exposer, dans leur déclaration, la 
portée générale et la durée approximative des travaux à entreprendre. 

2° D'autres, et c'est le plus grand nombre, désireux de faire une 
fouille immédiate, à la vue d'une occasion fortuite (ouverture d'une 
tranchée, d'une carrière, d'un sondage) laisseront passer l'occasion 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 107 

favorable et seront rebutés, un mois après la date de l'enregistrement 
de leur demande, quand il leur sera permis de se mettre à l'œuvre. 

3° Aucun amateur local, aucun chercheur régional, ne continue- 
ront, pensons-nous, à pratiquer des fouilles paléontologiques, à leurs 
frais et dans leurs moments de loisirs, s'ils ne restent assurés de la 
pleine propriété de leurs trouvailles, et du droit d'en disposer même 
envers le musée de leur ville. Le droit de préemption que s'arrogerait 
l'Etat sur les découvertes paléontologiques, au profit de certaines col- 
lections publiques dont il aurait la désignation, découragerait tous les 
collectionneurs locaux et tarirait toute initiative individuelle ; il arri- 
verait donc, à l'inverse des intentions du législateur, que les fouilles ne 
seraient plus faites dans ces conditions que par des professionnels ou 
par l'Etat lui-même. 

Pour ces raisons, la Société géologique du Nord émet le vœu que le 
projet de loi soit modifié comme suit : 

1° Suppression du mot paléontologie dans le projet de loi relatif 
aux fouilles intéressant l'archéologie. 

2° Ne sont pas considérées comme fouilles archéologiques et par 
suite ne sont pas sujettes à déclaration, les recherches auxquelles se 
livrent les paléontologistes pour la recherche des fossiles. 

P. le Président de la Société Géologique du Nord, empêché, 

Le Vice-Président, A. Miquet, 

Licencié ès-sciences, 

Greffier en chef de la Cour d'appel de Douai . 

62° Société libre d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres 
de l'Eure. 

F.vreux, le 7 février 1911. 
Monsieur, 

J'ai l'honneur de vous informer que la Société libre de l'Eure, dans 
son Assemblée générale du 5 courant, a décidé de se joindre à la Société 
Préhistorique française pour demander l'adjonction à l'article 14 de la 
loi du 30 mars 1887 des dispositions indiquées dans l'extrait du procès- 
verbal de la réunion du Conseil d'administration de la Société Préhis- 
torique française, tenue le 2 décembre 1910. 

Veuillez agréer, etc.. 

Le Secrétaire Perpétuel, L. Petit. 

63* Société Archéologique de Tarn-et-Garonne. 

(Reconnue d'Utilité publique). 

Montauban, 5 février 1911. 
Monsieur le Président, 

La Société Archéologique de Tarn-et-Garonne ayant été appelée dans 
sa séance du 1 er février 1911 à examiner le projet de loi sur les fouilles 



108 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

archéologiques, déposé le 25 octobre 1910 et les protestations dont ce 
projet a été l'objet, j'ai l'honneur de vous informer qu'après discussion, 
il a été décidé à l'unanimité, que la Société Archéologique s'associait 
complètement aux considérants et aux vœux qui lui ont été communi- 
qués par le Conseil d'Administration de la Société Préhistorique fran- 
çaise. Il est entendu toutefois, que l'État s'il use du droit de préemp- 
tion conféré par l'article 2, devra confier aux Musées locaux ou régio- 
naux le dépôt des objets achetés par lui. 
Veuillez agréer, etc.. 

Le Président, Fernand Pottieh . 

... 04° Société Archéologique de Sens- 

La Société Archéologique de Sens, après avoir, dans la séance du 6 
février 1911, pris connaissance : l°du projet de loi déposé sur le bureau 
de la Chambre de Députés, le 25 octobre 1910, tendant à la réglemen- 
tation des fouilles archéologiques, demandant leur interdiction, si elles 
ne sont précédées d'vwie déclaration et de formalités administratives 
compliquéesetneles permettant que sous lasurveillance de l'Etat ;2° du 
projet d'amendement proposé par la Société Préhistorique française 
réclamant le maintien de la législation actuelle (loi du 30 Mars 1887) 
complétée s'il y a urgence et nécessité, par les dispositions qui suivent : 

Article premier 
Aucun objet présentant un intérêt national, archéologique oupaléon- 
tologique, ne pourra franchir les frontières françaises sans autorisa- 
tion spéciale du ministre compétent. 

Art. 2 
En cas de vente d'objets intéressant l'Archéologie et la Paléonto- 
logie, l'Etat pourra exercer un droit de préemption. 

Art. 3 
Tout étranger désirant faire des fouilles sur le territoire Français, 
devra solliciter l'autorisation ministérielle. 

Considérant que le projet de loi susdit, loin de protéger et de favo- 
riser l'un des éléments essentiels de l'étude de l'Archéologie, est au 
contraire de nature à l'entraver et à la supprimer en rendant désormais 
impossible toute initiative particulière, et en portant atteinte à la pro- 
priété particulière; 

Considérant que plus de 45 sociétés savantes françaises ont déjà 
adhéré à la protestation de la Société Préhistorique française : 

Décide, à l'unanimité, de s'associer à la protestation formulée par la 
Société Préhistorique française contre le projet de loi sur la surveil- 
lance des fouilles, et émet le vœu que l'article 14 de la loi du 30 mars 
1887 soit complété, si on le juge nécessaire, par l'adjonction des arti- 
cles proposés par la dite Société . 

Pour copie conforme, Sens, le 8 Février 1911. 

Le Président de la Société Archéologique, E. Chartraire. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 109 



05° Société Archéologique de Nantes et du Département 
de la Loire-Inférieure. 

Nantes, le 11 février 1911. 
Monsieur le Président, 

La circulaire, que vous avez bien voulu nous envoyer au sujet de la 
protection des richesses archéologiques de la France contre les étran- 
gers, a été longuement et très chaleureusement discutée par notre 
Société, tout d'abord en comité, puis en séance générale. J'ai l'hon- 
neur de venir vous donner les résultats de cette discussion. 

Nous sommes tous d'accord, de la façon la plus impérative, pour le 
rejet du projet de loi du 25 octobre 1910; si ce projet était adopté, ce 
serait l'anéantissement complet des fouilles, au plus grand dommage 
de la science archéologique. 

Nous vous approuvons de demander le simple maintien de la loi de 
1887, en y ajoutant un amendement. 

Sur le texte d'amendement proposé par vous, voici le sentiment de 
notre Société Archéologique de Nantes. 

Article premier 

Nous le trouvons parfait d'intention, mais tout à fait insuffisant faute 
de sanction ; il faudrait que le coupable fût frappé d'une amende énorme 
et sans sursis, ou, ce qui serait préférable, que la vente faite sans auto- 
risation à l'étranger fut déclarée nulle; mais la clause de réciprocité est 
nécessaire. 

Art. 2 

Voici comment notre société, ennemie de la centralisation et de l'acca- 
parement, voudrait voir rédiger cet article : 

« En cas de vente d'objets intéressant l'Archéologie ou la Paléonto- 
logie, un droit de préemption pourra être exercé, en première ligne, 
parle Département, en deuxième ligne, par l'Etat; dans l'un ou l'autre 
cas, l'objet acheté sera donné au musée régional. 

Art. 3 
Notre Société l'adopte tel que. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de mes senti- 
ments très distingués. 

Le 1 er Vice-Président, Baron G. de Wismes. 



06° Académie nationale de Reims. 

Séance du 27 janvier 1911. — Le D r Guelliot fait l'exposé suivant : 
Le Gouvernement a déposé, le 25 octobre dernier, sur le bureau de la 
Chambre des Députés un « projet de loi relatif aux fouilles intéressant 
l'archéologie et la paléontologie », dont le texte intéresse au plus haut 
point les Sociétés qui, comme la nôtre, s'occupent d'études archéolo- 



110 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

giques, tous les musées provinciaux et particulièrement les fouilleurs 
si nombreux dans notre région et à qui l'Académie n'a jamais ménagé 
ses encouragements. 

Des faits regrettables se sont passés qui ont motivé des protestations 
de l'Académie des Sciences, du Comité des Travaux historiques et de 
la Société d'Anthropologie; des fouilles ont été pratiquées dans de riches 
gisements préhistoriques par des étrangers, et les nombreux objets 
recueillis, parmi lesquels un très précieux squelette de l'époque paléo- 
lithique, ont été transportés au delà de nos frontières. Dans l'intention 
de remédiera des abus que tout le monde déplore, l'Administration des 
Beaux-Arts a élaboré un projet de loi qui ne tend à rien moins qu'à sup- 
primer la liberté des fouilles, à atteindre le droit de propriété, à nuire 
au fonctionnement normal des sociétés archéologiques provinciales, à 
l'essor des musées régionaux et au progrès des sciences paléontologi- 
que, préhistorique et archéologique. 

« Tout établissement, toute association ou tout particulier, dit l'ar- 
ticle premier du projet, qui veut exécuter des fouilles archéologiques 
ou paléontologiques, soit sur un terrain lui appartenant, soit sur le ter- 
rain d'autrui, doit en faire la déclaration à la préfecture du départe- 
ment... Les travaux ne peuvent... commencer qu'un mois après la date 
de l'enregistrement... de la déclaration... » 

Pour qui connaît l'imprévu des découvertes, la nécessité des recher- 
ches rapides pour éviter le vol ou la disparition des objets soupçonnés 
enfouis, ces obligations entraîneraient la suppression d'une grande par- 
tie des fouilles les plus productives. 

Les articles suivants donnent au Ministre le droit de nommer un 
« surveillant » muni de tous pouvoirs pour pénétrer sur le terrain des 
fouilles, surveiller les travaux, les diriger, les interrompre même; l'Etat 
peut se substituer à l'inventeur, revendiquer les pièces provenant des 
fouilles, etc. 

C'est la main-mise par l'Etat sur tout ce qui serait trouvé d'intéres- 
sant sur le territoire français, c'est le dépouillement systématique des 
chercheurs, c'est la ruine de l'initiative personnelle. 

L'Académie de Reims a d'autant plus de raisons de protester contre 
de semblables projets, que le sol de notre Champagne a livré depuis un 
demi-siècle d'inestimables richesses archéologiques, grâce à des fouil- 
leurs qui, sans appui officiel, sans subventions, ont exhumé les témoins 
des civilisations passées; n'est-ce pas àeuxque l'on doit, pour une large 
part, la connaissance d'une des périodes les plus intéressantes de notre 
histoire nationale : celle de la Gaule indépendante ? 

Tout n'est cependant pas à rejeter dans le projet du Gouvernement, 
L'article 6 réserve à l'Etat un droit de préemption sur toutes les pièces 
d'archéologie ou de paléontologie trouvées en France et que leurs pos- 
sesseurs se proposeraient de vendre à l'étranger; ainsi pourrait être mis 
un terme à cette exportation de nos richesses nationales dont, ici même, 
nous pourrions citer de fâcheux exemples. 

Au reste, la loi du 30 mars 1887, relative à la conservation des mo- 
numents et objets d'art ayant un intérêt historique et artistique, donne 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 111 

déjà à l'Etat des pouvoirs étendus pour le classement des immeubles et 
des objets mobiliers ayant un intérêt national ; l'article 14 vise même 
l'expropriation de terrains de fouilles appartenant à des particuliers. 

Nous croyons donc, — etsansdoute vous serez de cet avis, — qu'après 
avoir protesté contre toute atteinte portée à la liberté des recherches 
scientifiques, l'Académie nationale de Reims peut adopter le contre- 
projet proposé par la Société Préhistorique française. 

Article premier 

Aucun objet présentant un intérêt national, archéologique ou paléon- 
tologique, ne pourra franchir les frontières françaises sans autorisation 
spéciale du Ministre compétent. 

Art. 2 

En cas de vente d'objets intéressant l'Archéologie ou la Paléontolo- 
gie, l'Etat pourra exercer un droit de préemption. 

Art. 3 

Aucun étranger ne pourra faire des fouilles sur le territoire français 
sans autorisation ministérielle. 

Après délibération, ces conclusions sont admises à l'unanimité. 



07° Société Philomathique de Verdun- 
(Reconnue d utilité publique). 

Verdun, lk février 1011. 
Monsieur le Président, 

La Société Philomathique de Verdun (Meuse), dans la séance du mer- 
credi 1 er février 191.1, a pris la délibération suivante : 

« Après avoir eu connaissance du projet de loi relatif aux fouilles in- 
téressant l'Archéologie et la Paléontologie, présenté à la Chambre des 
Députés, le 25 octobre 1910, par MM. Briand, Président du Conseil, 
et Doumergue, Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. 

Attendu que ce projet porte une grave atteinte : 1° à la liberté indivi- 
duelle, en supprimant l'initiative personnelle, ou en prétendant la ré- 
glementer, en la soumettant à la surveillance d'un représentant de 
l'Etat » ; 2° et au droit de propriété, par celui de préemption qu'il 
édicté en certains cas au profit de l'Etat. 

Mais, attendu aussi, qu'il y a lieu de mettre un terme aux mercantis 
étrangers, par des mesures énergiques et préventives, 

La Société philomathique est unanime à protester contre la teneur du 
projet de loi présenté. 

Elle adopte, à l'unanimité, le projet d'amendement présenté par la 
Société Préhistorique française, en proposant toutefois d'ajouter à 
l'article 3, la phrase suivante : 

Et ne pourra les faire que sous la surveillance d'une Société locale 
s'occupant d'Archéologie. 



Wi SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

J'ai l'honneur de porter cette délibération à votre connaissance, poui 
en faire tel usage que vous trouverez bon. 
Et vous prie d'agréer, etc. 

Le Président, D r Péquart. 



68° Société Archéologique et Historique du Limousin. 

La Société archéologique et historique du Limousin a émis, au sujet de 
la loi relative aux fouilles, une série de vœux, dont les considérants et 
les propositions principales peuvent se résumer ainsi : 

l 3 Un premier vœu précise les conditions dans lesquelles les étran- 
gers peuvent exécuter des fouilles en France : autorisation préalable, 
soumission à un contrôle scientifique, expéditions à l'étranger subor- 
données à un laisser-passer, remise à l'Etat et au département inté- 
ressé de séries typiques, cession à l'Etat des objets exceptionnels 
(squelettes, objets d'art), moyennant indemnité à débattre. 

2° Un deuxième vœu demande que le particulier exploitant ne soit 
évincé que si son incapacité est notoirement nuisible, qu'il soit indem- 
nisé, qu'il reste associé, comme assistant, à la suite des fouilles faites 
par l'Etat. 

3° Un troisième vœu fait ressortir l'intérêt qu'il y a à éviter une cen- 
tralisation exagérée; il demande que les musées locaux reçoivent une 
bonne part des découvertes faites dans les fouilles d'Etat, et que les 
inspecteurs prévus par le projet, soient pris, selon les possibilités, 
dans les départements. 

Ces vœux, tout en conservant le fonctionnement des fouilles d'Etat, 
l'éviction par l'Etat, le contrôle scientifique exercé sur les fouilleurs 
particuliers, n'en constituent pas moins une correction très importante 
du texte de loi, proposé dans le sens du libéralisme et de la décentra- 
lisation. 



(39° Société Archéologique de Montpellier. 

Séance du 11 février 1911. — La Société Archéologique de Montpel- 
lier, après avoir pris connaissance du projet de loi sur les fouilles ar- 
chéologiques, déposé par le Gouvernement, à la Chambre des Députés. 

Considérant que ce projet aurait pour effet, en soumettant toutes les 
fouilles archéologiques au contrôle et à la surveillance des fonction- 
naires de l'Etat et en les subordonnant à des formalités administra- 
tives, d'entraver l'esprit de libre recherche, de paralyser l'initiative 
privée et de décourager, dans bien des cas, le bon vouloir et le zèle 
désintéressé des Archéologues de province, qui seraient exposés à se 
voir enlever le fruit de leurs travaux ; 

Considérant que ce projet aurait encore le désastreux résultat de 
porter une sérieuse atteinte aux droits privés et d'empêcher la création, 
toujours souhaitable et le développement des musées archéologiques 
locaux. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 113 

Décide à l'unanimité, de s'associer aux protestations soulevées par 
ce projet de loi, et se rallie à l'amendement proposé par la Société pré- 
historique française . 

Pour copie conforme : 

Emile Bonnet. 

70° Société Archéologique d'Eure-et-Loir. 

Chartres, le 44 février 1911. 
Monsieur le Président. 

J'ai l'honneur de vous faire connaître que la Société archéologique 
d'Eure-et-Loir, dans sa séance du 9 février dernier, après avoir pris 
connaissance : 

1° Du projet de loi sur les fouilles préhistoriques, déposé le 25 octo- 
bre 1910 ; 

2° De votre circulaire à son sujet ; 

3° Des avis émis par diverses Sociétés savantes et des impressions 
de la presse ; 

A approuvé entièrement et sans réserves, les trois articles que vous 
proposez d'ajouter à l'ancienne législation (loi du 30 mars 1887), pour 
réprimer les abus récents. 

Vous pouvez donc enregistrer notre adhésion à l'appui du contre- 
projet que vous avez l'intention de susciter. La rédaction de vos trois 
articles nous parait parfaite, très claire, suffisamment prévoyante et 
d'une application beaucoup plus pratique que le projet touflu et pape- 
rassier dont nous avons pris connaissance. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma considé- 
ration très distinguée. 

Signé : A. Blondel, secrétaire. 

71° Société d'Etudes scientifiques et Archéologiques 
de Draguignan. 

Séance du 2 décembre 1910. 

Présidence de M . Astier. 

Extrait du procès-verbal : 

« Envoi par la Société Préhistorique française du texte d'un projet 
de loi, déposé par le Gouvernement, relatif aux fouilles intéressant 
l'Archéologie et la Paléontologie. Sur la proposition de M. le D r Doze, 
la Société émet le vœu que ce projet de loi ne soit adopté par le Parle- 
ment qu'avec modifications. 

72° Société des Sciences, Lettres et Arts : La Haute Auvergne. 

Aurillac, le 18 février 1911. 

Après avoir pris connaissance du projet de loi déposé à la Chambre 
des Députés, le 25 octobre 1910, relatif aux fouilles intéressant 
l'archéologie et la paléontologie. 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 8 



114 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Considérant que l'initiative individuelle et la liberté des fouilles ont 
donné, jusqu'à ce jour, des résultats trop favorables à la science pour 
que l'on puisse soutenir, avec quelque apparence de raison, l'opportu- 
nité d'une entrave ou d'une restriction; 

Considérant qu'un contrôle officiel paralyserait toutes les bonnes 
volontés et engendrerait un véritable enlisement scientifique ; 

Considérant, en outre, que les dispositions du projet apporteraient 
le plus grand trouble dans l'exercice du droit de propriété individuelle, 
auquel tout citoyen français est particulièrement attaché; 

Considérant d'autre part, qu'une simple faculté de préemption, 
accordée à l'Etat, serait une garantie pour conserver à notre pays les 
découvertes présentant un intérêt spécial; 

Le bureau de la Société des sciences, lettres et arts: La Haute Auvergne, 
agissant au nom de tous les membres de cette société. 

Emet les vœux : 

Qu'aucune modification ne soit apportée à la réglementation actuelle 
des fouilles ; 

Que de nouvelles dispositions législatives confèrent à l'Etat le droit 
de préemption, mais daos des conditions équitables ne lésant pas les 
droits du détenteur, de telle sorte que celui-ci ait toujours le recours 
de demander une expertise dans le cas de désaccord ; 

Que tout objet trouvé dans un département, dans les conditions spé- 
cifiées par la loi du 30 mars 1887 (art. 14, § 1), soit attribué au musée 
spécial existant dans le département, et qu'il ne soit attribué aux 
musées nationaux qu'au cas où un musée local, offrant des garanties 
suffisantes, n'existerait pas; 

Qu'aucun objet, ayant une valeur scientifique ou artistique bien 
établie, ne puisse sortir de France sans une autorisation particulière. 

Et décide de donner à l'expression de ces vœux la forme d'une pro- 
testation que la Société préhistorique française, gardienne si vigilante 
des grands intérêts dont elle a la charge, sera priée de joindre à celles 
des autres Sociétés savantes et d'en assurer la transmission à la Com- 
mission de la Chambre. 

Pour le bureau : 

Le Secrétaire-général, E. Delmas. 

73° Groupes d'Études Limousines- 
Extrait du procès-verbal de la séance du 15 février 1911. — Le 
groupe d'Etudes limousines après connaissance du projet de loi sur 
les fouilles, récemment déposé à la Chambre des Députés, s'est ému 
de ce texte draconien. Jusqu'ici le régime de la liberté absolue des 
fouilles a eu les plus heureux résultats. Ce sont des fouilleurs libres 
comme Lartet, Boucher de Perthes, de Vibraye, J. de Baye, Piette, — 
sans oublier nos compatriotes Elie Massénat, Joseph Soulingeas, Ph. 
Lalande, E. Bupin, Armand Viré, Peyrony, les abbés Barbon et 
Bouyssonie, — qui, par un labeur aussi acharné que désintéressé, ont 
porté la science préhistorique au point où elle en est aujourd'hui, et ont 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 115 

permis, par leurs dons généreux, ou les ventes qu'ils ont consenties à 
des prix infimes, la création du Musée national do Saint-Germain, des 
collections paléontologiques du Muséum et de nos grands musées 
régionaux dont ceux de Brive et de Périgueux sont des meilleurs 
modèles. 

Le groupe d'Etudes limousines est persuadé que le régime pro- 
posé avec son cortège d'autorisations préfectorales, de surveillance 
administrative et d'expropriations matérielles et scientifiques, aurait 
pour unique résultat de décourager à tout jamais les fouilleurs sérieux, 
laissant le champ libre aux seuls braconniers et ravageurs de gise- 
ments. 

Tout en rendant hommage aux idées qui ont guidé les promoteurs du 
projet, il estime qu'ils iraient à l'encontre de leur but. 

11 émet le vœu qu'au lieu de vaines et mortelles tracasseries, l'Etat 
offre aux fouilleurs sérieux et aux Musées provinciaux, un appui moral 
et pécuniaire, beaucoup plus large que par le passé, et se borne à 
empêcher dans la mesure du possible, l'exode de nos richesses à 
l'étranger. 

11 se rallie complètement à ce sujet, aux propositions de la Société 
Pré h is torique française. 

Le Président, L. Cruveilhier. 

74° Société Archéologique de Constantine. 

Constantine, le là février 19 11. 
Monsieur, 

J'ai l'honneur de vous faire connaître que, dans sa dernière séance, 
la Société Archéologique de Constantine a décidé de protester contre 1<; 
projet de loi relatif aux fouilles intéressant l'Archéologie et la Paléon- 
tologie, présenté par le gouvernement le 25 octobre 1910, et de se 
rallier au contre-projet, que la Société préhistorique française a fait 
déposer sur le Bureau de la Chambre par le D r Péchadre, député de la 
Marne. 

Elle estime, en outre, que non seulement l'Etat, mais aussi les com- 
munes et les musées locaux doivent avoir un droit de préemption sur 
les objets trouvés par les étrangers sur le territoire français, ainsi que 
sur les objets mis en vente ou vendus en France par des Français. 

Le Président, Maguelonxe. 

75 e Société des Antiquaires de l'Ouest. 

Poitiers. Séance du 17 novembre 1910. — Texte des vœux de 
la Société des Antiquaires de l'Ouest, pour la liberté des fouilles. 

Art. 1 er . — Que les fouilles sur le territoire de la France et de ses 
colonies soient absolumentlibres, sous la seule réserve qu'il soit inter- 
dit d'en exporter en dehors des frontières, les produits intéressant 
l'art et la science dans les termes de l'article 14 de la loi du 30 mars 
1888. 



H6 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Art. 2. — Que tout objet trouvé dans un département dans les con- 
ditions spécifiées par la loi du 30 mars 1887 (Art. 14 § 1), soit attribué 
au musée spécial existant dans le département et qu'il ne soit attribué 
aux musées nationaux qu'au cas, où un musée local offrant des garan- 
ties suffisantes n'existerait pas. 

Art. 3. — Qu'il ne soit crée aucun corps d'inspecteurs appointés, 
l'argent qui serait ainsi dépensé, pouvant être plus utilement employé 
en subventions, façon d'agir dont la science profiterait davantage à 
tous les points de vue. 

Art. 4. — Qu'un groupement déjà préconisé de toutes les sociétés 
savantes ait lieu aussi rapidement que possible en vue de défendre 
contre une centralisation abusive le patrimoine intellectuel de leurs 
provinces. 

76° Société Archéologique de Provence. 

Marseille, 18 février 1911. 
Monsieur le Ministre, 

La Société archéologique de Provence, s'est émue, comme tant d'au- 
tres, de certaines dispositions du projet de loi sur les fouilles intéres- 
sant 1 Archéologie et la Paléontologie déposé par le gouvernement sur 
le bureau de la Chambre des Députés, le 25 octobre 1910. 

Le Conseil d'administration a adressé à tous les membres de la 
Société le texte complet du projet, en les priant de l'étudier sérieuse- 
ment et de formuler leurs observations. C'est le résultat de cette con- 
sultation que nous prenons la liberté de vous faire parvenir. 

En premier lieu, la société regrette que le gouvernement n'ait pas 
cru devoir prendre l'avis des sociétés savantes sur une question qui les 
intéresse au plus haut point. 

D'autre part, elle ne pense pas qu'il soit possible de réglementer 
sérieusement le droit des fouilles en adoptant des dispositions compli- 
quées et vexatoires, dont l'application soulèverait à chaque instant une 
série de conflits et se heurterait à des impossibilités. Elle juge préfé- 
rable de s'en rapporter au zèle et à la conscience des chercheurs, quitte 
à s'attacher à développer par tous les moyens leurs aptitudes scientifi- 
ques. 

En ce qui concerne la protection des vestiges et monuments intéres- 
sant l'Archéologie, elle estime que le gouvernement est suffisamment 
armé par la loi du 30 mars 1887 sur la conservation des monuments et 
des objets d'art. 

Il suffirait d'intercaler, dans le premier paragraphe de l'article 14 de 
ladite loi, le mot « la Paléontologie », entre ceux d'Archéologie et 
d'Histoire. 

Mais la Société Archéologique de Provence partage entièrement la ma- 
nière de voir des auteurs du projet ,en ce qui concerne les étrangers et 
la sortie de France des objets présentant un intérêt exceptionnel pour 
la science. 

Il est urgent de prendre des mesures pour sauvegarder, comme le 
font la plupart des nations, nos richesses nationales. 



SOCIÉTÉ l'REMSTORIQUE FRANÇAISE 447 

La Société est donc d'avis de compléter la loi de 1887 en s'inspirant 

des modifications proposées par la Société Préhistorique française 

(Suit l'énoncé des trois articles). 

Il appartiendrait au Gouvernement de prendre les mesures néces- 
saires pour arrêter à la frontière l'exode clandestin des objets visés 
parla loi. Les agents de l'Administration des Douanes seraient natu- 
rellement désignés pour exercer cette surveillance. L'établissement 
d'un droit de douane ad valorem rendrait l'exode plus difficile et faci- 
literait l'exercice du droit de préemption de l'Etat. 

Telles sont, Monsieur le Ministre, les observations que nous a sug- 
gérées l'étude des graves dispositions proposées dans le projet de loi 
relatif aux fouilles. Nous vous serions très reconnaissants de vouloir 
bien les prendre en considération. 

Veuillez agréer, etc. 

Le Secrétaire général, M. Dalloni. 

77° Société Linnéenne de Provence. 

Marseille, 16 février 1911. 
Monsieur le Président, 

Nous avons l'honneur de vous communiquer l'ordre du jour voté 
par la Société Linnéenne de Provence, dans sa séance du 14 février 1911 : 

« La Société Linnéenne de Provence, réunie en séance ordinaire le 
13 février 1911; 

Après avoir entendu les conclusions du rapport d'une commission 
nommée par le Conseil pour étudier le projet de loi relatif aux fouilles 
intéressant l'Archéologie et la Paléontologie, et déposé par le Gouver- 
nement sur le bureau de la Chambre, le 25 octobre 1910 ; 

Décide de se rallier au projet d'amendement élaboré par la Société 
Préhistorique française, approuvé par la plupart des Sociétés savan- 
tes, et destiné à compléter l'article 14 de la loi du 30 mars 1887, demande 
en particulier l'addition du mot « Paléontologie », à l'énumération des 
matières visées dans le premier alinéa de l'article 14 de la dite loi; 

Estime qu'il serait bon qu'un droit de douane ad valorem soit établi 
à la sortie de France, sur tous ceux des objets sur lesquels l'Etat n'au- 
rait pas exercé son droit de préemption, et émet le vœu qu'à l'avenir 
la loi du 30 mars 1887, ainsi modifiée et complétée, soit mieux appli- 
quée que par le passé. » 

Veuillez agréer, etc.. Le Président, Al. Joleaud. 

78° Société Belfortaine d'Emulation. 

Belfort, 18 février 1911. 
Monsieur (1), 

J'ai l'honneur de vous informer qu'à la suite de votre lettre du 
5 février courant, notre section, réunie en assemblée ordinaire, après 

v l) M. Lablotier. 



118 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

avoir pris connaissance des protestations des diverses sociétés réunies 
en un fascicule par les soins de la compagnie dont vous vous êtes fait 
le porte parole, a donné son adhésion unanime au mouvement des pro- 
testations contre le projet de loi de Messieurs Briand et Doumergue. 
Je suis chargé de la part de notre section de vous donner connaissance 
de ce vote, afin d'en faire tel usage qu'il appartiendra. Toutefois, 
comme nous possédons dans nos rangs plusieurs géologues, la section 
a manifesté le désir de voir adopter, dans le projet d'amendement pré- 
senté par votre honorable Compagnie, l'article 3 du projet d'amende- 
ment de la Société Géologique de France : ne sont considérées comme 
fouilles, etc. (page 14 du fascicule). 

En d'autres termes, il serait désirable que la Société Préhistorique 
s'entendit avec la Société Géologique, pour présenter un texte unique 
de projet d'amendement conciliant les intérêts de tous. 

Veuillez agréer, etc. 

Le Secrétaire. 



79° Société d'Etudes des Hautes-Alpes. 

Réunion générale du 16 février 1911. — Extrait du procès- verbal : 
M. Martin a exposé d'abord la teneur des nouveaux projets de loi dus 
à l'initiative du Gouvernement, et consistant à prendre, en quelque 
sorte, le monopole de toutes les fouilles qui pourraient être pratiquées 
au point de vue Archéologique et Géologique, et aussi à réserver le 
droit exclusif d'acquisition des objets découverts : 

La discussion s'est ouverte sur l'exposé de M. Martin, et après 
échanges de vues, après la lecture très documentée et très judicieuse 
d'une étude de M. Paul-Jules hier sur la question, le bureau à l'u- 
nanimité a émis l'avis suivant : 

I e Que le projet de loi soit rejeté comme ne respectant pas la liberté 
individuelle, le droit de propriété et les intérêts locaux ; 

2° Qu'il soit étudié un nouveau projet sur les points fondamentaux 
suivants : 

A. Interdiction d'exportation; 

B. Respect delà liberté individuelle et de la propriété; 

G. Contrôle nécessaire tant sur les fouilles que sur la conservation 
des objets trouvés et réunis dans les musées locaux ou dans les collec- 
tions universitaires, mais contrôle confié dans la plus large mesure 
possible aux seules Sociétés savantes locales avec subvention de l'Etat 
à cet effet, 

Le Président, David Martin. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANC USE 119 

\ote complémentaire. 

Epinal, 11 février 1911. 

Le Président de la Société (V Emulation des Vosges, nous fait part 
d'une confusion possible qui pourrait exister dans la protestation insé- 
rée au Bulletin de la S. P. F., n° 12, 1910, page 630, sous le n° 26, et 
nous confirme « que la Société cV Emulation des Vosges est nettement 
hostile à l'immixtion administrative dans les fouilles archéologiques, 
et donne son plein assentiment au projet d'amendement présenté par 
la Société Péhistorique française. » 

Signé : Derazey. 
Président de la Société d'Emulation des Vosges, 



III. — NOTES ORIGINALES. 



Tranchées exécutées dans l'Atelier de Larcy 
au Grand-Pres»igoy. 

Xote de Prise de Date], 

MM. Henri Martin et J.-B. Barreau communiquent le résul- 
tat de leur récente fouille, à Larcy, dans l'un des ateliers du Grand- 
Pressigny. Plusieurs tranchées ont été exécutées; l'une d'elles, 
atteignant 3 m 80 de profondeur et 10 mètres de longueur, a donné 
des indications intéressantes sur la stratigraphie de la région. 

En effet, nos collègues ont trouvé une superposition renversée 
des industries quaternaires. Une « livre de beurre » et de la po- 
terie gisaient au fond de l'argile, non loin du calcaire turonien ; et 
par dessus s'étalaient les pièces moustériennes, recouvertes à dis- 
tance par deux silex acheuléens caractéristiques ; et enfin à la 
surface les éclats et pièces néolithiques, dont une polie, qu'on 
rencontre habituellement. — Ce renversement est dû à la descente 
successive des couches situées sur la hauteur de la « Pièce des 
Rouchères » ; leur ordre primitif de dépôts est interverti ; en effet, 
l'Acheuléen qui, en bas de la pente, se trouve presque en surface, 
a été entraîné du sommet après la dénudation des couches plus 
récentes. — Il ressort de ces observations que la formation de ces 
argiles, puissantes de 2 m 75, est contemporaine du début du néoli- 
thique, puisqu'on retrouve au fond une livre de beurre, associée 
à l'argilecuite. — Le travail^ extenso, avec photographies etplans, 
paraîtra dans un des prochains numéros du Bulletin, cette note 
étant seulement une prise de date. 



120 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



Hache polie et Ciseau de la côte d'Ivoire [Don]. 

M. A. Guébhard offre, aux collections de la Société, de lapait 
de M. Roland Guébhard, deux pièces en pierre polie de la Côte 
d'Ivoire, présentées à la séance précédente : une hachette et une 
sorte de ciseau, dont le modèle, d'après M. A. de Mortillet, se 
retrouve aux Antilles. Ces deux objets proviennent des environs 
de l'exploitation de quartz aurifère de N'Zaakro. 



-»»snsau*»» 



Découverte du Centre occidental de PAge 
du Cuivre en Vendée. 

[Communication préliminaire pour Prise de Date~\. 

M. Marcel Baudouin (Paris). — A la suite d'une enquête très 
approfondie dans tout le département de la Vendée, j'ai constaté 
que cette région, assez bien délimitée topographiquement etgéo- 
logiquement, avait fourni trente-six Haches plates, en Cuivre pur 
probablement pour la plupart, dont j'ai pu personnellement étu- 
dier à fond trente spécimens . 

Jamais, dans aucun département de France, on n'avait observé 
un nombre aussi considérable de ces objets préhistoriques, puis- 
que, pour le Finistère, contrée la plus riche, on n'en connaît que 
vingt-quatre! D'autre part, on peut dire, si l'on tient compte de 
la superficie restreinte du départemeut considéré, que jamais, 
dans aucun pays d'Europe, on n'a trouvé, jusqu'à présent, une 
quantité aussi grande de pièces de cette nature 

D'ailleurs, les haches plates de Vendée, au demeurant sem- 
blables à celles de Bretagne, constituent un groupe très particu- 
lier, ayant des formes spéciales, caractéristiques, très différentes 
de celles des haches du Centre cuprique méditerranéen et de l'Eu- 
rope centrale. En Vendée et en Bretagne, c'est-à-dire en Occi- 
dent, il y a donc eu un Centre spécial, pour Y Age du Cuivre [dé- 
sormais admis sous différents noms : 1° 1 er Age du bronze ; Pé- 
riode énéolithique ; etc.], lequel semble avoir pour point de dé- 
part la Vendée elle-même, puisque c'est là qu'on a découvert le 
plus de haches plates, et de beaucoup, à l'heure actuelle ! 

Je distingue, dans ces haches plates de Vendée, plusieurs es- 
pèces : les unes, de forme très primitive, à bords absolument rec- 
tilignes, à tranchant non étalé, et à talon plus ou moins carré, 
parfois triangulaire, paraissant être, technologiquement, les plus 
anciennes. Elles sont quelquefois très petites; et Tune d'elles, pré- 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



121 




Fig. 1. — Les Haches plates, en Cuivre, de Vendée, connues en 1903 [D'après F re René]. 
Echelle : 1/4 Grandeur.— Actuellement, on en connaît 24 autres, de même forme! 



122 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

sentant un trou de suspension, doit avoir servi d'amulette. — Les 
autres, à bords concaves et à tranchant très étalé avec des sortes 
de cornes latérales, à talon convexe, représentent un type bien 
plus évolué. — Ces diverses haches {Fig. 1), fabriquées au début 
dans des moules en terre [qu'on ne retrouve pas bien entendu], sor- 
taient des moules extrêmement rugueuses. A l'aide de diverses 
pièces, j'ai pu établir comment, à un moment donné, on les a 
polies ; on connait, en effet, tous les intermédiaires entre la va- 
riété totalement rugueuse, et la variété entièrement polie. 

La plus petite des haches connues pèse 32 grammes ; la plus 

grande, de Vendée, pèse 930 grammes Il y a, en poids, comme 

en longueur, toutes lestransitions,de30grammesà 1.000 grammes. 

De la distribution géographique des trouvailles, et de la répar- 
tition des Cachettes connues, au nombre de plusieurs (fait très 
rare), je conclus que cette Industrie du Cuivre est locale, et 
qu'elle n'a pas été importée, ni du Nord (Grande Bretagne), ni 
du Sud (Espagne), ni de l'Orient (Chypre), contrairement aux opi- 
nions émises par tous les auteurs jusqu'à ce jour. Mais, par con- 
tre, la Vendée manquant d'Etain, l'origine du Bronze, occidental 
ou breton-vendéen, ne peut être que dans le Finistère. 



I^a Civilisation grecque en Afrique 
et la Légende de l'Atlantide. 

M. Pol Baudet (Aisne) envoie la note suivante, extraite du Jour- 
nal(2 février 1910) : « La fameuse Légende de V Atlantide va encore 
une fois occuper les savants. Nous ne connaissons de ce pays que 
ce qu'en dit Platon dans son dialogue de Timée. Un prêtre grec 
rapporte au législateur Solon qu'à la suite d'un formidable cata- 
clysme, provoqué par un tremblement de terre, l'Océan Atlanti- 
que engloutit Y Atlantide, une île plus grande que l'Asie et la Ly- 
bie. L'explorateur Frobenius, chargé d'une mission dans la colo- 
nie allemande de Togo, fait maintenant connaître qu'il a recueilli 
de curieux souvenirs sur V Atlantide . Au cours de Fouilles , opérées 
près de Lomé, il a découvert une tête antique, en bronze, portant 
les attributs de Poséidon. D'après les indigènes, cette tête repré- 
senterait le fondateur ou le chef d'un Etat disparu sous les flots, 
et qu'ils adorent comme divinité, sous le nom d'Olskoun, c'est-à- 
dire Dieu de la Mer. Chose curieuse, la tête ne présente pas le 
type nègre ; elle est creuse ; et sa facture permet de la classerpar- 
mi les plus belles œuvres de la statuaire grecque. De vieilles lé- 
gendes du pays relatent un formidable cataclysme, qui s'abattit 
un jour sur l'Etat d'Olskoun. Sa capitale possédait un Château- 
fort, dont le mur d'enceinte était toul en laiton! » 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 123 



1-e Chien en Préhistoire. 

M. Marcel Hébert (Paris). — Le Chien psychopompe. — Voici 
un exemple, emprunté cette fois (1) à des « primitifs » de l'Est, 
et qui peut aider à comprendre certains usages préhistoriques. 

« Dans les notices consacrées aux Won-houan, peuple habitant 
la Mandchourie méridionale pendant les trois premiers siècles de 
notre ère, on raconte que les Won-houan. lorsqu'ils célèbrent 
les funérailles, ont coutume d'immoler un chien, « auquel ils re- 
commandent de protéger l'âme du mort, pendant le voyage qu'elle 
accomplit pour retourner à la Montagne Rouge, qui est à plu- 
sieurs milliers de li au nord-ouest du Leao-tong ». [E. Chavannes. 
Le Tai Chan. — Annales du Musée Guimet, tome 21, p. 399]. 

J'attire l'attention, au cas où ce passage aurait échappé, sur les 
funérailles de Patrocle [Iliade, chant XXIII). Achille immole, sur 
le bûcher de Patrocle, foule de brebis et de bœufs, quatre [2><2] 
coursiers, deux chiexs, et douze [3x2><2] jeunes Troyen s. « Le 
héros Patrocle ou plutôt Achille avait neuf [3x3] chiens, hôtes 
de sa table ; il en égorgea deux, qu'il jeta dans le bûcher » 

Comme il est facile de le voir au début du chant, le nombre douze 
est certainement voulu. Le but ici semble bien être simplement 
de fournir au mort, dans l'autre vie, « nourriture, chevaux, chiens 
et esclaves ». 

M. Marcel Baudouin. — C'est l'idée soutenue, depuis cinquante 
ans, par l'abbé F. Baudry, pour les Puits funéraires de Vendée! 



La Tortue en Préhistoire. 

M. le D r Deyrolle. — Un de nos confrères, le D r E. Gobert, 
vient de signaler, parmi les tatouages des indigènes de la région 
de Gafsa, des motifs purement ornementaux, qu il considère 
comme la stylisation de la tortue, un des vieux symboles berbères, 
déjà signalé (fig. 1). 



(1) Cf. Bulletin, novembre 1910, p. 557. — Je signale un intéressant article sur 
l'Aigle « psychopompe » (conducteur des âmes des morts) : L'Aigle funéraire des 
Assyriens; par Vr. Cumont Revue de l'histoire des religions, septembre 1910). 



124 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



Il a retrouvé ce signe de la tortue sur la face externe du bras 
droit; mais la stylisation serait poussée si avant que les mem- 
bres antérieurs ont la même figuration qu'un autre symbole : la 
palme tombante. Il regarde d'ailleurs des losanges à damier, 
de grands tatouages, comme des tortues. — Je n'ose le suivre sur 
ce terrain ; mais l'interprétation du D r Carton, qui retrouve des 
figures de scorpions et de crocodiles, ou celle de Ph. Berger, une 
divinité antropomorphe, dans un dessin, où le D r Gobert voit un 
palmier, me paraissent assez invraisemblable, jusqu'à plus ample 
informé. 




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— Figures de Tortues stylisées des Tatouages de la région de Gafsa . 
[D'après le D r E. Gobert]'. 



Le D r Gobert ajoute que la Tortue palustre (Emys leprosa), qui 
est très abondante à Gafsa, est un objet de vénération : la tuer 
est un sacrilège (haram = défendu). C'est un animal tabou, mais 
non un totem. — Ce qui me parait certain, c'est que les indigènes 
islamisés ne peuvent voir sans sacrilège des dessins d'animaux, 
.n'attribuant à ces figures que la valeur d'un dessin d'ornement. 

A Kairouan, la tortue est le symbole de la mère marâtre. — 
Entendant une femme traiter sa voisine de « fakroun », tortue, 
j'en demandais l'explication : « C'est une mauvaise mère, me ré- 
pondit-on, qui abandonne ses enfants dans la rue, comme la 
tortue laisse ses œufs (oulet = enfants) dans le sable » ! 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE t2e 



Le mot Chiron et se* dérivé*. 

M. Chapelet (Paris) présente, de la part de M. Fr. Pérot, la 
note suivante. 

Dans le Glossaire Poitevin, on trouve : Chiro.v, s. m., roc 
saillant. Mon champ est plein de chirons [du grec «rxtpoç, moel- 
lon] [Revue de VAunis, iv e année, août 1867, p. 7.1]. — A re- 
marquer, en outre : Chirac, paroisse du canton dUssel (Corrèzc . 
« Chirac doit cens et routes au membre de Serandon près 
Neuvic ». [Vayssière. L'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le 
Limousin, p. 19]. 



Découverte d'une Station gallo-romaine 
à Koyan (Charente-Inférieure). 

[Prise de Date]. 

M. A. Cousset (Etaules). — Lors d'un voyagea Royan(Cha- 
rente-Inférieure),y"W découvert, tout dernièrement, dans le fossé 
dune nouvelle route, des fragments de carreaux et de tuiles à lar- 
ges rebords, que le propriétaire du champ voisin y avait jetés en 
grande quantité. M'étant informé du nom du propriétaire, je pas- 
sai chez lui, où j'eus la bonne fortune de le rencontrer. Il me 
montra, entre autre chose, un pseudo-nucléus, simulant une roche 
siliceuse verte, de la grosseur du poing, avec un plan de frappe bien 
apparent, et me donna un petit fragment de même roche; c'est 
du laitier. Je vis de plus deux aiguilles, une broche en os, ornées 
de dessins à la tête (lignes circulaires) ; le chaton d'une bague avec 
initiales; des clefs; différents objets en terre cuite, semblables 
de forme, mais plus gros les uns que les autres, que je suppose 
être des poids (à la partie supérieure, qui est la plus petite, ils 
sont percés d'un trou); puis différentes monnaies en bronze (envi- 
ron 30 ou 40), à l'effigie des Césars du I er siècle et delà première 
moitié du n e siècle de notre ère. — La trouvaille vaut la peine 
d'être signalée pour la Charente-Inférieure, et surtout pour Royan, 
ville importante, recouverte en partie par des dunes, qu'on pourra 
ainsi dater. 



126 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

A. propos des Silex-rabots. 

M. H. MuLLER(de Grenoble)— M. L. Giraux (B. S. P. F., 
n° 1, 1911, p. 711), à mon humble avis, a raison de prétendre 
que le silex de Vendrest, qu'il a présenté, peut servir de rabot. 
Peut-être même cet outil a-t-ilété retaillé pour en faire un rabot? 
Mais mon observation, de valeur relative puisque je n'ai pas eu 
l'objet en main, portera surtout sur le mode d'emploi d'un outil 
similaire. 

Il faut d'abord tenir compte de l'angle formé par l'outil; plus il 
sera ouvert, moins il sera puissant, et n'enlèvera que des copeaux 
de plus en plus insignifiants; plus l'angle sera aigu, avec pour- 
tant un minimum assez facile à trouver dans la pratique, plus les 
copeaux seront volumineux et enlevés facilement. 

L'outil, le rabot, dont se servent les ébénistes pour préparer 
les panneaux destinés à supporter des placages, a son fer fine- 
ment canelé longitudinalement; ce fer est placé sous un angle 
très ouvert; il ne coupe pas; il gratte plutôt et laisse des rayures 
produites par les cannelures, àseule fin de faire adhérer la colle 
d'une façon énergique. Le rabot ordinaire et la varlope ont leurs 
fers montés sous un angle plus aigu : ils enlèvent des copeaux. 

Pour un rabot en silex, l'étude de l'angle n'est pas sans 
intérêt, l'expérimentation aussi. Mais je crois pouvoir affirmer 
que la simple préhension entre le pouce et l'index est insuffisante 
pour l'obtention de copeaux, voici pourquoi ; en 1904, voulant 
faire un arc avec une tige de troène, j'en ai aminci les deux extré- 
mités, en les rabotant. Pour cela j'ai pris un gros éclat de silex, 
de m 024 d'épaisseur, dont la face était légèrement concave ; ce 
silex avait une facette antérieure relevée à environ 48° sur la base. 

Cet outil poussé par la paume de la main, les doigts allongés 
par dessus, m'a donné, sous l'effort, un travail utile, produisant 
des copeaux ayant parfois m 25 de longueur. Le même outil, 
poussé par les doigts, avec une grande dépense de force, ne 
donnait qu'un résultat bien inférieur; j'ai expérimenté d'autres 
silex dans ces deux modes et le résultat a été identique, avec 
souvent en plus, sous la poussée, le basculage du rabot en avant, 
par arrêt brusque, lorsque l'angle tranchant en était trop 
ouvert. 

Le bec du rabot de notre collègue a un angle bien proche de 
45°; il est donc de bonne construction. 

Une seule chose m'étonne, c'est que pour obtenir un bec cou- 
pant, un rabot en un mot, nos ancêtres aient cru devoir dépenser 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 127 

tant d'ingéniosité pour façonner ce genre d'outils. Je serais tenté 
de voir, dans beaucoup de rabots, des nucleus, dont la forme heu- 
reuse a suggéré de les employer pour raboter. 

J'insiste sur un dernier fait, qui peut aider dans l'examen de 
certains outils lithiques. Un tranchant rectiligne produira des 
copeaux minces, un tranchant convexe donnera des copeaux étroits 
et épais. 

Enfin, pour terminer, les observations de M. le D r Henri 
Martin, parues dans notre Bulletin le 22 mars 1906, restent justes ; 
et le terme grattoirs nuclêiformes qu'il indique parait être le 
mieux approprié pour désigner les Rabots en silex. Néanmoins 
je maintiens que certains sil^x, comme celui dont je me suis 
servi, poussés par la paume de la main, celle-ci faisant office 
d'enmanchure, peuvent enlever des copeaux sur une tige de bois 
cylindrique par exemple. M. le D r Henri Martin a parfaitement 
raison de nous mettre en garde contre l'emploi de comparaisons 
trop exclusives entre l'outillage siliceux et l'outillage actuel; il 
faut, avant de conclure.se rendre compte de l'emploi exact des 
outils de silex et surtout les expérimenter dans des conditions 
aussi semblables que possible. 

En résumé, l'idée ingénieuse de notre collègue Giraux ouvre le 
champ à des conjectures nouvelles, qui risquent fortd'ètre confir- 
mées par l'expérimentation. 



128' SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

V. — COMMISSION DES ENCEINTES 



Commission d'étude 

des Enceintes Préhistoriques 

et Fortifications anhistoriques. 

M. Armand Viré, président de la Commission, présente le 45 e Rap- 
port. 

Il annonce que M. Paul Plat a bien voulu accepter le titre de 
délégué de la Commission. Nous augurons bien de son activité dans 
une région où il reste encore beaucoup à faire. 

— M. A. Blanchet, en étudiant un trésor de monnaies gauloi- 
ses (1) découvert à Marcillat (Creuse), — situation éminente « qui 
pourrait bien avoir eu un oppidum à l'époque celtique », — a trouvé, 
surtout dans certaines particularités de poids et de provenances, un 
argument pour maintenir à deux groupes monétaires différents, — 
soit aux Lémoviques et aux Bituriges, — son attribution de certaines 
pièces, que M. H. de La Tour, lorsqu'il étudia chez nous (2) les 
trouvailles de M. .T. Pages- Allary à Chastel-sur-Murat (Cantal), 
préféra, à cause de l'analogie des types, laisser à un groupe unique. 

— M. Ch. Cotte ne croit pas que l'important dépôt de tessons 
ioniens trouvés, sans mélange de produits indigènes, au contact du 
sol primitif, dans les fouilles du Fort Saint-Jean de Marseille (Bou- 
ches-du-Rhône), doive empêcher de croire à un commerce hellé- 
nique antérieur avec des oppida indigènes préexistants. La remar- 
quable découverte de vases proto- corinthiens en bronze et en argile, 
faite par M. Ch. Cotte dans des sépultures du camp de Saint-Julien- 
de-la- Bastidonne, et celle qu'a faite M. Paul Goby, au camp du Bois 
du Rouret (Alpes-Maritimes), d'une pointe de javelot en bronze, 
de l'époque dipylienne, lui semblent prouver l'existence d'agglomé- 
rations indigènes importantes, antérieures au dépôt des poteries du 
Fort Saint- Jean (5). 

(1) A. Blanchet. — Numismatique gauloise. La trouvaille de Marcillat. Rev. 
numismatique, 1910, p. 461-476, pi. IV. [V. p. 467 et suiv.] 

(2) H. de La Tour. — Note sur les monnaies recueillies par M. J. Pagès-Allary, 
à Chastel-sur-Murat (Cantal), dans le courant de l'année 1908, B. S. P. F., t. VI, 
1909, p. 289-297, 1 fig. [v. p. 291, 292.] 

(3) H. Cotte. — Découverte d'une œnochoé dans un tumulus de Provence, L'Hom- 
me Préhi st., VII, 1909, p. 196-203, fig. 62-62.— Les tumulus halstattiens provençaux 
à vases grecs archaïques, LH. Pr., VIII, 1910, p. 353-868, fig. 144-147. 

(4) Paul Goby. — Deuxième recherche au camp du Bois du Rouret (A. -M.}. 
Gongr. intern. d'Anthrop. et Archéol. prébist,, XIII e session (Monaco, 1906), t. I, 

p. 230. — Monaco, 1907. 

(5) H est cependant à noter que M. Joseph Déchelettk, dans son Manuel d .4 rchéolo- 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 129 

Nous attendrons avec d'autant plus d'intérêt les développements 
que M. le Professeur Vasseur doit donner, dans une publication plus 
détaillée, à la thèse originale que nous avons dernièrement mention- 
née (1), et qu'il sera intéressant de rapprocher des constatatations 
faites à l'acropole de Montlaurès (Aude;, par MM. H. Rouzaud et E. 
Pottier 2; ,qui observent là l'arrivée de la céramique grecque, à figures 
noires, dès le vi e siècle avant J.-C, mais sa superposition définitive 
à la grossière céramique indigène ligure, seulement vers la fin du 
v e siècle, après un hiatus correspondant juste à l'époque où la proto- 
histoire place l'invasion du pays des Elésiques (Narbonne) par les 
Ibères. — A. G. 

— M. le D r Ducroux a visité le Chatelard du Mont-Dardon, com- 
mune d'Uxeau (Saône-et-Loire), anciennement mentionné, mais 
sans aucun détail, parBulliot (3\. 

C'est par 525 mètres d'altitude, sur une croupe granitique, un mur 
bordé d'une levée de terre, à environ 400 mètres d'une source. On y 
a trouvé des monnaies et des poteries. 

— A la suite d'une conférence, faite à la réunion générale (Congrès 
annuel) de la Société allemande de Préhistoire (4) par M. le D r Feyera- 
bexd, directeur du Musée de Gôrlitz, sur les enceintes fortifiées de 
la Lusace (Allemagne , où il veut reconnaître presque toujours 
la structure dite gauloise, et attribuer à l'incendie les nombreuses 
scorifications observées 'on dit, chez nous, beaucoup plus impro- 
prement, vitrifications), M. Herman Schmidt s'est élevé, au nom 
de ses onze années de fouilles, contre cette interprétation, en faveur 
de celle, très originale, que nous avons eu l'occasion de signaler déjà 
[B. S. P. F., XXXII e Rapp., t. VI, 1909, p. 432), de villages case- 
matés installés à l'époque wende, derrière des murs de terre dont 
les éléments argileux auraient été volontairement cuits pour créer 
une défense contre... l'humidité. 

gie préhistorique, t. H, Age du Bronze, [512 p., 212 fig., 5 pi. h. t., Paris, A. Picard, 
1910, v. p. 128 et 225, fig 35 et 71 bis], tout en inclinant à dater la pointe de 
javelot de M. Paul Goby plutôt de la fin du Bronze que du Hallstatt, finit par 
l'attribuer aussi à quelque guerrier des colonies Marseillaises d'Anlipolis ou Xi- 
eœa, aujourd'hui Antibes et Nice : ce qui nous rejette après le vi e siècle. 

D'autre part, A. Furtw.engi.er [Olympia, IV : die Bronzen u. iibrigen kleineren 
Funde, p. 178. fig. 1906), bien loin de rattacher sa pointe à l'époque du Dipylon, 
spécifie qu'elle lui paraît attribuable au IV" siècle. 

Enfin il faut tenir compte aussi de ce que le commerce d'exportation des anciens 
comme celui d'aujourd'hui, pouvait emporter au loin des objets depuis longtemps 
démodés dans le pays d'origine, et que ce sont aussi souvent ceux-là dont on se 
débarrasse de préférence dans les tombes. 

(1) fi. S. P. F., VII, Dec. 1910, p. 660. 

(2) E. Pottier. — Les fouilles de Montlaurès, C. R. Ac. I. et B.-L., ann. 1909. 
p. 981-995, 2 fig. — Cf. B. S. P. F., t. VII, 1910, p. 575. 

(3) Bulliot. — Essai sur le système défensif des Romains dans le pays Éduen, 
Paris et Autun, 1856, p. 105. 

(4) Session de tiannover, août 1909. — Mannus, I, p. 51. Wurtzbukg. 1910. 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 9 



130 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Il est vrai que, par le mauvais vouloir des autorités locales, l'exa- 
men approfondi de l'enceinte de Lôbau, qu'a surtout étudiée 
M. Schmidt, fut précisément rendu impossible à M. Feyerabend. 
Tant il est vrai que, nulle part, la sérénité de la science n'est à l'abri 
des compétitions de personnes, et qu'il serait vraiment criminel, 
chez nous, de les exaspérer encore par un projet qui mettrait juridi- 
quement les amis désintéressés de la science à la merci des seuls 
profiteurs officiels parisiens. — A. G. 

— M. A.-L. Harmois, qui vient de nous envoyer la suite de son 
Inventaire des découvertes archéologiques dans le département des 
Gôtes-du-Nord (arrondissement de Guingamp\ a l'obligeance d'en 
extraire les noms d'enceintes, mottes et lieux-dits ceux-ci ne corres- 
pondant pas toujours à une enceinte constatée, nous les mettons en- 
tre parenthèses) de nature à fournir des éléments à notre futur in- 
ventaire départemental, lorsque nous pourrons l'établir conformé- 
ment au type précédemment adopté. Nous marquons d'un astérisque 
les noms qui ont déjà figuré soit dans nos tables, soit dans le premier 
inventaire A. de Mortillet, et nous donnerons prochainement, de 
même façon, la liste de l'arrondissement de Dinan, dressée par M. 
Harmois. 

Arrondissement de Guingamp. — Bégard, Pen-ar-Mur. — Belle- 
Isle-en-Terre. Saint Elven, Motte d'Ar-Vouden (Les Forges). — Bour- 
briac, Ar-Castel, (Cosquer). — * Brélidy, Chauraie, Coat-an Slorg. — 
Bringolo,/férarïer'c (Les Cosquers). — Bulat-Pestivien (Le Château, 
Le Cosquer). — Calanhel (La Haye, La Hagedouar, Le Cosquer). — 
Gallac, Kleuz-Meur. — Canihuel, Pèlinec. — * Carnoët, Saint-Gildas, 
autre petite enceinte voisine (La Bastille). — Chapelle-Neuve (la) (Les 
Ferrières). — Duault, Motte-du Château (Camp de Glomel), Kerbes- 
cont, Kerbloas. — Grâces (La Tête-du-Tertre). — Gurunhuel (Le 
Cosquer). — Kergrist-Moëllou, Chrech' Moëllou. — Kernoroc'h, Coz- 
Castel. — Kérien. Cosker-Jehan (Le Cosquer-Gentil). — Kerpert 
(Château-Gaillard). — Landebaëron, Motte de Coëtmeur. — Lanri- 
vain (Le Cosquer). — Lanrodec, Perrien. Castel-Tangug, Castel-Valy. 

— Locarn (Le Cleuziou, Le Plessis). — Louargat, Motte de Pen-an- 
Stang, (Le Cleuziou). — Maël-Carhaix (La Meurette, Goas-an-Gall). 

— Moustérus, (Le Coz-Mouster). — Moustoir (le), Rudulgoat, Motte 
de Pors-enPlaz. — Paule, Bressilien, Castellodic, Castellanouénan. 

— Pédernec Coat-ar-chtugo. — * Plésidy, Castel-Kerandroat. — 
Plévin, Penvern. — Plougonver, Le Camp de Coatan-Nos. — Plou- 
guernével, Kérauffret, Grand-Bodillo, Kèriolas, Kéruel, Faouédic. — 
Plouisy, Le Murio,Le Ruglaziou. — Plounévez-Quintin, Kergontrahg . 

— Plourac'h, Castel ar-Poder, Motte Bourgerel (La Picardie). — 
* Quemper-Guezennec, Frian-an-Dour. — Saint- Agathon, Kervano, 

— Saint-Clet, Tossen Quintin. — Saint-Connan, Crech-Loursen. — 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 131 

Saint-Gilles-Pligeaux, Milin-ar-Castel. — Saint-Nicodème, Le Crois- 
sant. — Saint-Nicolas-du-Pélem, Dzilou, Garzolès. — Saint-Péver, 
Avaugour, Le Goaziou. — Saint-Servais, (La Justice). — Senven- 
Lehart, (Le Cosquer). — Trébrivan, Castel-Hael. — Treffrin, Kermoi- 
san. (Le Bois Clos). — Tréglamus, Commore. — Trémargat, Pospo- 
ret. — Tréogan, Le Caste l . 

— M. J. Pagès-Allary, à propos de la classification céramique, 
nous rappelle une curieuse observation qu'il publia, en 1907, au Con- 
grès de l'A. F. A. S., à Reims (p. 313) : 

« J'ai observé, dans un même vase, des morceaux plus cuits les 
uns que les autres, et de couleurs de pâte bien différentes, du noir 
au rouge brique, suivant qu'ils s'étaient trouvés dans les cendres, 
dans la fumée ou en plein feu (milieu oxydant, réducteur ou neutre) » . 
Voilà donc des tessons de même provenance, qui, dans la classifica- 
tion chimique, seraient attribués à des genres différents, quelques- 
uns à deux genres à la fois (carbonifères et ferrugineux , et tous à un 
nombre varié d'espèces, suivant l'état de réduction des oxydes ferru- 
gineux, de carburation de la pâte, etc. On se demande quel avantage 
cela représenterait pour les préhistoriens sur leurs vieilles métho- 
des empiriques de classification. — A. G. 

— M. Paul Plat, nous signale deux enceintes de la vallée du 
Céans, à Orpierre ^Hautes- Alpes;, sur un plateau dénommé Coar- 
riaud, au cadastre. 

Celle de l'ouest, la plus grande, est rectangulaire, celle de l'est est 
pentagonale; elles bordent des pentes abruptes, presque à pic, domi- 
nant de 300 mètres le fond de la vallée, par 650 à 700 mètres d'alti- 
tude. 

Le mur qui les délimite est doublé d'un fossé intérieur. Aucune 
fouille suivie n'y a été faite ; notre correspondant y a trouvé quelques 
rares éclats de silex, quelques fragments de haches polies, quelques 
tessons d'aspect romain, une moitié de bague romaine enfer portant 
une pierre rouge, et enfin deux liards en bronze du xvn e siècle. 

A moins d'un kilomètre à l'est, à la même altitude et dans une 
position analogue, à un endroit appelé le ClosLiotard, est un endroit 
aplani de main d'homme, avec petits murs de soutènement, ou des 
rangées de pierres alignées, avec levée de terre au S.-O., délimitant 
une grande aire circulaire. Les seules trouvailles sont quelques grès 
à aiguiser. 

Dans les Basses-Alpes, à Lardiers, est une autre enceinte beau- 
coup plus importante, couronnant un haut plateau connu sous le 
nom de Chatelard de Lardiers . 

Elle est entourée de murs en pierres sèches, doublée sur le côté 
ouest. On y a trouvé plusieurs milliers de lampes romaines en terre, 
de facture grossière et qui semblent être des lampes votives ; de nom- 



132 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

breuses petites feuilles de cuivre mince, découpées sans symétrie et 
dont la plupart sont percées d'un trou au milieu, fait d'un simple 
coup de poinçon; de petits anneaux en bronze sans ornementation ; 
une drachme massaliote, et une monnaie gauloise. 

Cette enceinte que nous signale notre correspondant a été décou- 
verte par MM. Colet-Leroy, de Revest-des-Brousses (Basses- Alpes). 



Archives de la Commission. 
CATALOGUE DES IMPRIMÉS (1). 

(5 e Liste). 

[Sauf mention spéciale, tous les numéros de cette liste sont des dons de M. A. Guébhard, qui 
continue à verser aux Archives tous les ouvrages, faisant mention d'enceintes, qu'il acquiert 
ou reçoit personnellement]. 

{Format petit in-8°). 

1. L. ALÈGRE. Le Camp de César de Loudun (Gard). Congr.soc. sav. 1865. 

2. Comte J. BEAUPRÉ. De l'emploi du double vallum dans la fortification 
préhistorique. [Ex Bull, de la Soc. Préhistorique de France, 24 juillet 1909]. 

3. Id. Contribution à l'étude des enceintes de l'Est de la Gaule. [Ex Revue 
préhistorique illustrée de l'Est de la France, 4° année 1909, n° 4]. 

(Don de V Auteur). 

4. Id. L'oppidum de Sainte-Geneviève (Essey-les-Nancy). Fouilles de 1909. 
Nancy, Crépin-Leblond. {Don de l'Auteur). 

5. Id. L'enceinte du Camp de César, Messein (Meurthe-et-Moselle). Nancy, 
Crépin-Leblond, 1910. (Don de l'Auteur). 

6. Id. Le mur cyclopéen de la Trinité. [Ex Bull, des séances de la Soc. des 
Sciences de Nancy]. *i (Do a de l'Auteur). 

7. Id. Une enceinte de l'âge du bronze à Gugney-sous-Vaudremont (Meur- 
the-et-Moselle). (Fouille 1908 et 1909). Nancy, Crépin-Leblond, 1909. 

[Don de l'Auteur). 
S. Id. Trois stations funéraires de l'âge du bronze (Beuvey, Azelot et Be- 
sange-la-Grande (Meurthe-et-Moselle). Nancy, Crépin-Leblond, 1909. 

(Don de l'Auteur). 

9. BERTHELOT DU CHESNAY. L'enceinte féodale de la llaye-aux-Lions, en 
Saint-Glen. (Ex Mém. de la Soc. d'Emulation des Côles-du-Nord, 1908). 

10. V. BERTHIKR. Le VI e Congrès préhistorique de France, ^Ex Procès- 
verbaux de la Soc. d'histoire naturelle d'Autun, 1910). 

11. A. BLANCHET. Une nouvelle théorie relative à l'expédition desCimbres 
en Gaule, (Revue des Etudes anciennes, T. XII, n* 1, Bordeaux, 1910). 

1%. LE BLOND. Elemens de fortification, 4 e édition, Paris, Ch. Ant. Jom- 
bert, 1754. 



-(1) Voir B.S.P.F., t. IV, 1907, p. 30, 247, 496; et t. VI, 1909, p. 360. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 133 

13. BOTTIN et BONNARD. Les villages gullo-romains situés à l'Est de 
Toulon, sur le terroir des communes d'Ollioules, Evenos, Sanary, et Six-Fours. 
Toulon, Bordato, 1910. 

14. BUCHE. La Poype de Villars-les-Dombes et ses fouilles. Bourg, impri- 
merie du Courrier de l'Ain, 1899. 

15. CAILLETTE DE L'HERVILLIERS. Le Mont Ganelon, à Clairoin, près 
de Compiègne. Compiègne, Dubois, 1860. 

16. CÉNAC-MONCAULT. Camps romains et camps gaulois duBéarn. [Bull, 
Archéologique de Tarn-et-Garonne, 1870]. 

17. DE CESSAC. Rapport sur l'oppidum du Puy-de-Gaudy (Creuse). [Bul 
de la Soc. nat. des Antiquaires de France, 1877, 2 e trimestre, p. 83]. 

18. D* CHARVILHAT. Carte préhistorique du Puy-de-Dôme. 

19 . Gustave CH AUVET, Notice sur A.-F. Lièvre. Angooxême, Chasseignac, 1900. 

20. S. CLASTRIER. Première esquisse sur la construction et la céramique 
d'un habitat celto ligure du iu e siècle avant notre ère, à Marseille. [Ex Congrès 
des Soc. savantes de Provence tenu à Arles en 1909]. Bergerac, Castanet, 1910. 

21. P. CLÉMENT. Découverte de deux camps nouveaux en Vendômois. [Ex. 
Bull, de la Soc. archéol., scient., et litt. du Vendômois], Vendôme, Launay et 
fils, 1910. (Don de l'Auteur). 

22. E. de CLÉRAMBAULT. Les enceintes fortifiées du Mesnil-Eudin et de 
Sorcy. Le Donjon de Gisors. Beacvais, Avondeet C* e , 1900J. 

23. L'abbé COCHET. Fouilles du Château-Gaillard. 

24. Ch. COTTE. Découverte d'une œnochoé dans un tumulus de Provence 
(Avec mention de ï Oppidum de Saint-Julien). [Exl'Homme Préhistorique,!" année, 
n-7 et 9, 1909, p. 1]. 

25. Léon COUTIL. Inventaire des enceintes et mottes de l'Orne. [Ex V m Con- 
grès préhistorique de Beauvais, 1909]. 

26. Id. L'époque gauloise dans le sud-ouest de la Belgique et le nord-ouest 
de la Celtique. Louviers, Izambert, 19G2. 

27. Id. Sur les camps de la Risle. [Ex Soc. Préhistorique de France, 24 juillet 
1909]. 

28. Id. Département de l'Eure. Archéologie gauloise, gallo-romaine et franque. 
I. Arrondissement des Andelys, Paris, Leroux, 1895. (Don de l'Auteur). 

29. Id. Le Château-Gaillard. 

30. DEVALSainé. Etudes historiques et archéologiques sur le département de 
Tarn-et-Garonne (nombreux camps et buttes). Caen, Le Blanc-Hardel, 1866. 

31. Clément DRIOTON. Essai de classification des enceintes défensives et 
non défensives... de la Côte-d'Or. [Matériaux pour l'élude des Cavernes, Monu- 
ments de pierre brute, Enceintes défensives de la Côte-d'Or, 1" année, n» 1, 1908]. 

32. Id. Retranchements et enceintes des environs de Dijon [Revue préhisto- 
rique de l'Est de la France. l re année, n» 2, 1890]. (Don de V Auteur). 

33. Id. Fouilles exécutées dans la station légionnaire de la VIII e légion, à la 
Noue, près de Dijon (Côte-d'Or). [Ex Comptes Rendus de VA. F. A. S., Congrès 
de Cherbourg, 1905]. (Don de l'Auteur). 

34. Ulysse DUMAS. Les enceintes préhistoriques du Gard. [L'Homme Préhis- 
torique. 5* année, n* 4, 1907, p. 97]. 

35. E. FOURNIER. Quelques mots sur la station du Baou-Roux, près 
Simiane. [Ex Feuille des Jeunes naturalistes. IV» série, 34* année, n* 399, 1904]. 

36. L'abbé A. FOUROT. L'oppidum du Chatelet (près Gourzon, Haute- 
Marne) [Mém. Soc. lin. de Saint-Dizier, 1887]. 

37. N. GABILLEAU. De Châtillon-sur-Sèvre, à Cholet. Inventaire archéolo- 
gique. Cholet. 1908. 

SB. De GÉRIN RICARD. Le génie du castellum d'Olbia. [Revue des Etudes 
anciennes, XXXIP année, t. XII, n« 1, Bordeaux, 1910]. 



434 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

39. GESLIN DE BOURGOGNE. Rapport sur le camp de Péran, 1867. 

40. GOUREAU. Recherches sur quelques camps anciens dans la Lorraine. 
[Ex Mémoires de la Société philomath, de Verdun, 1845]. 

41. GOURY. Stations de la période néolithique et établissements sidérurgi- 
ques [Ex Bull, mensuel de la Soc. des Sciences de Nancy], 

42. HARMOIS. Inventaire des découvertes archéologiques dans le départe- 
ment des Côtes-du-Nord. Arrondissement de Dinan [Ex. Mém. de la Soc. d'E- 
mulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieug, 1909]. 

43. Id. — Inventaire, etc. Arrondissement de Guingamp. 1910. 

44. Edmond HUE. Menhir de la Pierre aux Couteaux (à Diant, Seine-et- 
Marne) [Ex Y Homme préhistorique, G* année, 1908, n° 3]. 

45. Id. Camps néolithiques et camps romains. [Ex. Bull. Soc. préhistorique 
de France IV et V. 1907-1908]. 

46. L. JOLEAUD et A. JOLY. Ruines et vestiges anciens relevés dans la 
Province de Constantine [Ex Recueil des Notices et Mém. de la Soc. archéol. de 
Constantine, vol. XLIII, 1909]. 

47. D r J. JULLIEN. La Céramique de quelques stations préhistoriques du 
Bas-Vivarais. [Rev. hist., arch., littéraire et pittoresque du Vivarais, t. XIV, 
n°II, 1906]. 

48. Le Lieutenant-ColonelG.de LA NOË. Principes de la fortification anti- 
que depuis les temps préhistoriques jusqu'aux croisades, pour servir au classe- 
ment des enceintes dont le sol de la France a conservé la trace. ■/« Fascicule. 
Fortification préhistorique et fortification gauloise. [Ex Bull, de Géographie his- 
torique et description, t. II, 1887, p. 201-331, pi. IV-X]. Paris, E. Leroux, 1888. 

49. Colonel G. db LA NOË. Principes de la fortification antique, etc. 2 e Fasci- 
cule. Fortification romaine [Ex Bull. géog. hist. et descr., t. IV, 1889, p. 209-307, 
pi. V-IX] — Paris, E. Leroux. 

50. Baron de LOË et Ed. RAHIR. Vestiges de voies antiques dans les ro- 
chers. [Ex Annales de la Soc. d'archéologie de Bruxelles, t. XXI, 3 e et 4 e liv. 
1907, p. 355 à 375]. 

51. Baron de LOË. Les « Marchets » [Ex Comptes-rendus du Congr. d'ar- 
chéol. et d'histoire, à Dinant 1903. Namur, Wesmael-Charlier, 1904], 

52 Jd. Les « Terpen » de la Frese. Réponse à M. Bœles. [Ex Annales Soc. 
archéol. de Bruxelles. Bruxelles. Vromant 1903]. 

S3. Id. Nos recherches et nos fouilles durant le 1 er semestre 1907. [Ex. Bull, 
des Musées Royaux des arts décoratifs et industriels à Bruxelles. 

5i-36. Id. Rapports sur les fouilles exécutées parla Soc. d'archéologie de 
Bruxelles, pendant l'exercice 1896; id. 1903; id. 1904. Bruxelles, Vroment, 
1897, 1904, 1905. 

57. Baron de LOË et Paul SAINTENOY. Le Sénéca-Berg de Borght-les-Vil- 
vorde (Brabant) [Ex Annales de la Soc. darchéol. de Bruxelles, vol. VII, 1893]. 

38. Gustave MALARD. Le camp romain du Champ-Clair (près Marçais, 
Cher). [Ex Soc. des antiquaires du Centime, 6 janvier 1897]. 

.59. Edouard MARIETTE. Les murs romains entre l'Ecosse et l'Angleterre. 
Paris, Bonvalot-Jouve, 1906. 

60. E. MARIGNAN. L'âge de la pierre dans la vallée basse du Vidourle. [Ex 
Bull. Soc. des Se. nat. de Nîmes, XXXVII, 1909]. 

61. Hippolyte MARLOT. L'Auxois dans les temps préhistoriques. Semur'en 
Auxois, V. Bordot, 1808. 

62. E.-A. MARTEL. Le refuge du Roc del Gorp, sous l'Oppidum de Murcens. 
[Ex Soc. scient., hist. et archéol. de la Corrèze, Brive, 1885]. 

63. A. MASFRAND. Le Limousin préhistorique (camps retranchés p. 136 et 
suiv.) Hochechouart, Dupanier, 1895. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 135 

64. Félix MAZAURIC. Les Musées archéologiques de Nimes. ^Recherches et 
acquisitions. Année 1908. Nîmes, 1909. {Don de l'auteur). 

6*5. Id. Note sur une importante découverte d'inscriptions celtiques. [Ex 
Revue du Midi, Nîmes, 1910]. {Don de routeur). 

66 Albert MELAYE. La Forêt de Montgé en 1778. (Buttes et enceintes) 
[Bull. Soc. lilt. et hist. de la Brie, t. IV, fasc. V]. Meaux, 1907. 

{Don de l'auteur). 

67. MÉNÉTRIER. Je camp de Sainte-Germaine, à Bar-sur- Aube [Ex Annales 
de V Aube. 1863]. 

68 E. MORE AU. Les Châteaux de Loiron (Mayenne) {double). 

69. Id. Camp de la Motte Sainte-Suzanne (May_enne) {double). 

10. PÉRENET. La légende* d'Alise. [la Revue préhist. de l'Est de la France, 
l' e année, n° 2]. 

7 / . Francis PÉROT. Le dolmen de Glenne (dans une vaste enceinte préhisto- 
rique) à Saint-Martin-le-Lac,Saône-et-Loire)[InL'Z/o/nwje préhistorique, 4 e année, 
n* 12, 1906]. 

72 C.-A. PICQUENARD. Recherches sur le parcours de quelques voies ro- 
maines dans la partie orientale de l'arrondissement de Quimper [Ex Revue de 
Bretagne]. Vannes, 1909. 

75. V lp du PONTAVICE, HARSCOUET DE KERAVEL et BANÉAT. Les 
mottes de Bourgbarré, la motte de Chalonge, les levées de terre de Labeau [Ex 
Mém. de la Soc. archéol. d'Ille-et-Vilaine, XXVIII, 1899]. {Double). 

[Don de L. GIRAUX). 

74. Geohges POULAIN". Fouilles sur l'abri du Mammouth, commune de Saint- 
Pierre-d'Autils (Eure). — Fouilles au camp dttGoulet. [Ex Bull, delà Soc. nor- 
mande d'études préhistoriques, t. XIII, 1905]. {Don de l'auteur). 

75. QUIQUEREZ. Topographie d'une partie du Jura oriental et en particulier 
du Jura Bernois. Epoque celtique et romaine. Porrentruy 1864. 

{Don de P. DE GIVENCHY). 

76. Armand RENDU. D'un castellum roraanum stativum, à Montigny-Ies- 
Maignelay. [Ex Bull, de la Soc. Acad. de l'Oise], Beaovais 1873. 

{Don de L. GIRAUX). 

77. 7*. E. et H. ROYER. Camp dit le Château des Sarrasins à Cirey-sur- 
Blaise.— Camp de Saint-Roch. [Ex Mém. Soc. linn. de Saint-Dizier 1887], 

79. Ersest RUPIN. L'enceinte vitrifiée de Sermus, canton ae Saint-Privat 
(Corrèze). [Ex Soc. archéol. de la Corrèze, t. XV]. Brive. {Doublé). 

{Don de Armand VIRÉ). 

80. J. DE SAINT- VENANT. Le manuel d'archéologie de J. uechelette et les 
progrès des études préhistoriques. [Ex Bull, monumental]. Caex, Delesques 
1909. [Don de l'auteur). 

81. SAUREL. Nouvelles recherches sur le tracé des Fosses raariennes et 
l'emplacement du camp de Marius. 

82. SÉNEQUIER. Anciens camps retranchés des environs de Grasse. [Ex 
Soc. des lettres, se. et arts des Alpes-Maritimes, t. VII]. Grasse lè8l. {Double). 

[Don de Armand VIRÉ). 

83. VALLIER-COLOMBIER. A travers la Provence ancienne (camps retran- 
chés, p. 11). [Ex Académie des Sciences, agricult.. arts et belles-lettres d'Air, 
1909]. 

84. G. VASSEUR. Résultat des fouilles archéologiques exécutées à Marseille 
dans le Fort Saint-Jean [Ex Académie des Inscrip. et belles lettres]. Paris, 1910]. 

{Don de Fauteur). 
83. E. VIMONT. Le Camp de Bierre. [Soc. hist. et archéol. de V Orne, t. III, 
2« btill.] Alençon, 1884. {Don de P. DE GIVENCHY). 



136 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

86. Camille VIRÉ. L'âge de pierre dans la région de Bordjy-Menaiel et sur la 
côte. [Ex Recueil des Notices et Mém. de la Société arch. de Conslantine, vol. 
XXXIX, 1905]. (Don de l'auteur). 

87. ANONYME. Sur la découverte d'une muraille gauloise au lieu de Mur- 
ceint, commune de Gras, département du Lot. [Revue archéol., 1868]. 

[Grand format). 

88. Paul COMBES fils. Enceintes préhistoriques et fortifications anhistoriques. 
[In Cosmos, 56 e année, n° 1160, 10 avril 1907]. 

89. G. DE FOURAS. La nature el l'âge du monument de Stonehenge. [La 
Science illustrée, n° 760, juin 1902]. 

90. Paul. GUÉBHARD. L'histoire du Fouta-Djallon et des Almanys. [In L'Afri- 
que française, mars 1909]. 

91. G. REGELSPERGER. Le monument mégalithique de Stonehenge. [ta 
Science illustrée, n° 689, septembre 1899]. 

92. VIAL. Enceinte préhistorique. [Cosmos, 57» année, 1237,10 octobre 1908]. 

93. WAVRE et P. VOUGA. La Tène. 2* rapport publié au nom de la Com- 
mission de la Tène, fouilles de 1908 [Ex Musée neuchdtelois, septembre-décem- 
bre 1909]. 



V. — ARTICLES ORIGINAUX. 



Sur les mots « Dange * et « Dune ». 

Par le D p 
Louis DUBREUIL-GHAMBARDEL (Tours). 

Il est deux mots qu'on rencontre assez souvent dans la topo- 
graphie tourangelle et qui peuvent s'appliquer parfois à des Mo- 
numents mégalithiques. Ce sont les mots « Dange » et « Dure ». 

Il importe donc de relever avec soin tous les lieux dits portant 
ces noms, car ils peuvent mettre sur la trace de souvenirs pré- 
historiques. 

Le mot Dange désigne en général une motte de terre, artifi- 
cielle ou naturelle. Nous ignorons tout à fait l'origine de ce terme, 
qui certainement n'est pas d'introduction latine, et qui, à l'heure 
actuelle, n'est plus employé dans le langage populaire. 

Voici les lieux dits auxquels ce nom est donné. 

Les Danges, à la limite des trois communes de Sublaines (ca- 
dastre, section B, feuille 2, n° 1433-1514), de Luzillé (cadastre, 
section G, feuille 2, n° 574-585) et de Saint Quentin (cadastre, 
section A, feuille \, n° 1 à 36). Dans cette grande pièce de terre 
se trouvent deux mottes artificielles de terre, connues dans la ré- 
gion sous le nom de Danges de Sublaines. Elles sont orientées 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 437 

suivant une ligne Ouest-Est, sont séparées l'une de l'autre de 150 
mètres environ, et sont de forme circulaire. La plus petite, celle 
de l'Ouest, est haute encore de 5 mètres environ ; les labours 
exécutés sur elle l'ont, dans ces dernières années, très réduite. 
La plus haute, celle de l'Est, a 8 ou 9 mètres d'élévation et un 
diamètre de 40 mètres environ. Entre ces deux mottes, de Salies 
(Histoire de Foulque Nerra, page 330) a reconnu des vestiges 
d'un Chemin chaussé, peut-être d'origine romaine, comme sem- 
bleraient le démontrer les découvertes qu'il fit dans les environs, 
de tuiles à rebord et de monnaies. 

Les chroniques du xn e siècle (Spicilege, X, p. 523) prétendent 
que ces deux mottes (duos globos terrae) ont été élevées en té- 
moignage de l'alliance que Clovis et Alaric contractèrent et pour 
marquer les limites de leurs états. Les fouilles exécutées en 1865, 
par M. l'abbé Reau, dans la Petite Dange, qui permirent, au 
moven d'une tranchée, de mettre à jour de gros blocs de pierre 
(rangés en cercle, au dire de celui qui travailla à ces fouilles), 
malheureusement déplacés et brisés depuis, et, d'autre part, la 
nature de la terre qui recouvre les deux buttes, nous font suppo- 
ser que ce sont là des tumuli. Des fouilles systématiques, que 
nous exécuterons prochainement, élucideront, sans doute, de 
façon définitive cette question intéressante. 

Les Danges, dans la Commune de Saint-Quentin [cadastre, 
section B, feuille 3, n os 927 à 981 ; à côté d'un lieu dit la pièce de 
fa Folie (id., n os 913 à 926), et section E, n° 1 à 7, la Pièce des 
Buttes, à côté de la Pierre Levée (id., n os 38 à 48), qui est une 
Allée couverte] sont deux mottes, aujourd'hui presque détruites, 
situées à l'intersection d'un vieux Chemin chaussé, allant de la 
Roche à Mallée, et de la route nouvelle de Saint-Quentin au 
Liège. Elles sont orientées de l'Est à l'Ouest, et sont formées de 
pierres et non de terre. « L'amas, écrit de Salies (Op. cit., 
p. 332), qui put les étudier il y a cinquante ans, est formé d'abord 
de grosses pierres rangées avec un certain ordre ; puis de cou- 
ches dont les pierres vont en diminuant de volume, jusqu'à la sur- 
face où elles ne dépassent pas la grosseur du cassis employé sur 
les routes ». Nous avons en septembre dernier, examiné les ves- 
tiges de ces danges, et constaté que les travaux exécutés lors de 
la construction du chemin de Saint-Quentin au Liège, avaient 
été cause de leur presque entière disparition, car elles fuient une 
carrière toute ouverte de cailloux. On peut encore, si on est 
averti de leur existence, reconnaître les bases de ces deux mottes, 
qui, d'après les vieux paysans des environs, étaient « aussi 
hautes que celles de Sublaines ». La présence de ces mottes tout 



138 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

proche des deux dolmens de Hys et de Mallée, dans un endroit 
où il est facile de trouver de beaux spécimens de silex taillés et 
polis, donne à penser qu'il s'agit là très probablement de tumuli. 

Dans la commune de Luzillé (cadastre : section K, feuille 1 
n os 166 à 355), se trouve le lieu dit la Dangette sur lequel existe 
une petite motte artificielle. 

Dans la commune d'Azay-sur-Cher (cadastre : section C, 
n 08 439 à 555), on voit dans le lieu dit les Danges, deux buttes sans 
doute artificielles. Iî est à remarquer qu'elles se trouvent tout à 
côté du lieu dit la Folie (cadastre : section D, n os 558 à 561). 

Le motDuBE est encore en usage en Touraine. Dans le langage 
populaire, il signifie une élévation en général, et il est employé 
dans plusieurs sens. Il désigne tantôt l'appendice que certains 
oiseaux ont sur la tête : crête, huppe, etc. On dit la dube d'une 
alouette (Jacques Rougé, traditions populaires, page 42) (1); d'un 
coq qui à une crête bien redressée et ronge, on dit qu'il est bien 
dubé. Il désigne ensuite la coiffure des femmes et plus particuliè- 
rement ces grands et hauts bonnets qui se portaient autrefois 
dans nos régions : on dit la dube d'une paysanne, une femme bien 
dubée. Enfin, et c'est le point qui nous intéresse, il désigne un 
monticule de terre, motte, butte, soit naturel, soit artificiel, ou 
encore un motif architectural en forme de dôme ou de pyramide, 
qui se trouvait sur certains monuments. 

L'origine de ce mot est douteuse et ne doit pas être latine (2). 

L'emploi le plus ancien que nous en ayons trouvé, est dans une 
charte de 1086 de l'abbaye de Noyers (Cartulaire, charte CLXXVI, 
page 205) : « Dédit eidem ecclesiae Nuchariensi terram quam 
habebat ad Salvaticum, a monte Dubel usque ad rivum Bonosse, 
sicut via de monte Dubel ducit ad molendinum Brethel ». Cette 
Dube, située dans la paroisse de Pussigny, sur la rive droite de 
la Vende de Ponçay ou le Bonosse, entre le village de Sauvage et 
le moulin Brethel ou Berteau, ne semble plus exister aujourd'hui, 
ou du moins aucun lieu dit ne porte ce nom. Par contre, tout à 
côté, entre la Creuse et la Vienne, au confluent de ces deux riviè- 
res, existe une motte artificielle, considérée comme étant un tu- - 
mulus, et qui est appellée Dube par les gens du pays. 

Les deux curieuses pyramides, qui surmontent, la collégiale de 

\\) Voir aussi : Jacques Rougé. — La Dube, Revue du Berry, 1908, page 65. 

(2) Peut-être faut-il reconnaître dans le mot Dube, le radical celtique Dun, qui 
signifie bien élevé et qui est entré dans la composition de beaucoup de noms de 
lieux : Chuteauduh, Dun-le-Pelleteau, Issoudun, etc. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 139 

Loches portent le nom de Dubes (Dubae) clans des documents du 
xv e siècle (1). 

Un grand nombre de lieux dits sont ainsi qualifiés en Touraine. 
En voici quelques-uns. 

Charnizay (cadastre, section H, n os 254 et 255, 263 à 279, 296) : 
La Dube, ferme. Neuillé-Pont-Pierre (cadastre, section C, n os 186 
à 195) : La Dube, ferme. Pouzay : La Dube, près la Tisserie. 
?aint-Aubin : La Dube, village. Thilouze : les Dubes, entre Ville- 
perdue et Thilouze. Chezelles : les Dubes, près de Fuchard. 

A Xeuilly-le-Brignon, au N.-E. du village, au nord du Bois de 
Branc, se trouvent deux mottes naturelles, que les gens du pays 
nomment les Dubes. 

Le mot Dube a formé les dérivés, Dubiuerie et Dubinière. On 
trouve des lieux dits la Dubinerie à Epeigné-les-Bois, à Semblan- 
eay (cadastre, section G, n 08 189 à 203 et 215 à 227) ; la Dubinière 
ii Rochecorbon et Lublé. 

Dans le Loir-et-Cher, auprès de Bourré, existe une ferme ap- 
pelée La Dube, qui tire son nom d'une butte naturelle. 

On rencontre quelques lieux dits, la Dube, en Maine-et-Loire 
(Ils sont cités dans le Dictionnaire de Célestin Port), dans l'Indre 
et dans la Vienne. 

De ces quelques mots, il ressort avec évidence que les mots 
« Dange » et « Dube » ont été appliqués en Touraine, à des mottes 
artificielles de terrequisontindiseutablcmentdestumuli. Il y aurait 
donc grand intérêt à rechercher dans les autres régions du Cen- 
tre, tous les lieux dits portant ce nom et à les visiter méthodique- 
ment. Ces qualifications topographiques sont le plus souvent très 
anciennes et beaucoup sont une survivance d'un langage qui n'est 
plus usité aujourd'hui, qui n'est même plus compris. Si le mot 
Dube est encore employé dans un sens restreint par nos campa- 
gnards tourangeaux, le mot Dange est tout à fait oublié. Je suis 
persuadé qu'une enquête, judicieusement menée, conduira à 
d'intéressantes remarques et à de précieuses découvertes au point 
de vue de notre préhistoire locale. 

M. le D r M. Baudouin. — Je demande à insister sur cette note 
de notre collègue, parce qu'elle va me permettre de prouver, une 
fois de plus, qu'il ne faut, en Préhistoire, faire fi ni de la Philo- 
logie, ni de la Légende. 

(1) Obituaire de Notre-Dame de Loches (Bibliothèque de Tours, manuscrit 136) : 
« Zuter duo tympanalia hujus ecclesiae dua votas lapideas quas nos Dubas vulga- 
r ter appelamus edificari fecit [Thomas Pactius 1080J ». 



140 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

a) En effet, à mon humble avis de latiniste peu compétent, le 
mot Dange vient de Dunjo ou Dungeo [Prononcez Doun/'o], qui 
signifie : « Castellulum, minus propugnaculum », comme dit Du- 
cange (t. Il, p. 961). — C'est de Dunjo, que dérive, d'ailleurs, 
Donjon ! (1). 

On en est sûr, car Dunjo a donné la forme Dangio. Le moine Or- 

deric Vital donne : Dungio et Dun/o; et Le Roman de Rou (M. S.) 

est très explicite : 

Et li Dus fist son gonfarron 
Porter et lever el Dan/onl 

Dunjo aurait, à mon sens du moins, pour radical Dunon [Pro- 
noncez Dounon], mot gaulois, de la racine celtique Dun, bien 
connue. Celle-ci entre dans la composition d'une foule de noms, 
gaulois et latins [sous la forme Dununi], de fortifications; elle si- 
gnifie sommet habité, et par suite « forteresse ». C'est le town (ville) 
des Anglais, Payant été remplacé parT; c'est le Swv, grec; le dona 
(Sidodona, Sion); le don, phénicien, etc. 

b) Les Danges ont donc plus de chances de correspondre à des 
mottes féodales qu'à des tumulus vrais mégalithiques, ou autres. 

C'est ce qui est, d'ailleurs, le cas pour Sublaines, comme l'in- 
dique la Légende de ces buttes ! 

c) Mais ce n'est pas une raison pour qu'il n'y ait pas, par 
extension de sens [phénomène très fréquent en linguistique], des 
Danges, qui n'aient aucun rapport avec des fortifications. Elles 
peuvent être alors destumulus vrais, mégalithiques ou non, parce 
qu'elles ont été prises pour des mottes, à tort, par le Peuple ! 

Le mot Dube me paraît, aussi, d'origine gauloise, plutôt que 
latine. 

Je dois ajouter qu'en Août 1910, le Congrès préhistorique de 
France a visité les Danges de Sublaines, et que, pour la prépara- 
tion du dit Congrès, j'ai été voir les Dubes de Neuilly-le-Brignon. 

L'opinion de nos collègues les plus compétents a été que les Dan- 
ges de Sublaincs ne ressemblent pas à des mottes féodales, et que 
des tumuli sont très probables (terre très noire; orientation; for- 
me aplatie; absence de fossés, etc.). — Il est certain, pour moi, 
que les Dubes de Neuilly-le-Brignon ne sont que des Buttes natu- 
relles [Pointements de la roche du sous-sol dénudée : Calcaire]. 

En Vendée, je ne connais pas les mots Danges et Dubes, mal- 
gré les analogies de parlers [Je ne citerai que Doublié, vêtement 
de femme, peut-être pour Doublé, DubiéP]. 

(\) Les Donjons surmontaient souvent des Mottes, au demeurant! 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 141 



Une station magdalénienne au l lt>i\ 

(Dordogae). 

PAR 

A. DE PANIAGUA (Paris). 

Le lieu dit Gabastou^ commune du Fleix (Dordogne), se trouve 
situé sur l'extrême rebord sud du plateau, à vallonnements accen- 
tués, qui domine, sur la droite, la vallée de la Dordogne, à environ 
cinq kilomètres de cette rivière. 

Depuis assez longtemps, en ce lieu, sur une surface d'à peu 
près 60 mètres de longueur sur 50 mètres de largeur, après les 
labours, j'avais pu ramasser des instruments divers, qui, par leur 
faciès très caractéristique, ne pouvaient laisser aucun doute sur 
leur origine magdalénienne. 

L'été dernier (1910), je fis pratiquer deux tranchées d'explo- 
ration dans le champ de Gabastou et j'ai pu ainsi me rendre 
compte que le site constitue bien un gisement de l'époque de La 
Madeleine. 

Sans être agglomérés sur des points définis, les objets, accom- 
pagnés de nombreux éclats de fabrication, sont cependant plus 
nombreux en certains endroits que dans d'autres et, par cela, on 
peut soupçonner une spécialisation industrielle dans quelques 
groupements, en ce sens que des instruments affectant une forme 
spéciale y sont plus abondants. Ici les grattoirs dominent, là les 
burins fins, ailleurs les burins trapus et ainsi de suite; mais nulle 
part cependant la spécialisation n'est complète. La pensée qui 
vient à l'esprit en constatant cette dislocation particulière est que 
l'on se trouve en présence d'un établissement où chaque artisan 
avait, pour ainsi dire, sa place de prédilection, pour façonner des 
objets divers et, plus abondamment, ceux qui convenaient le mieux 
à son tour de main. 

Les Magdaléniens de Gabastou étaient installés en plein air 
probablement, ayant pour demeures des huttes semblables à celles 
dont on peut voir la figuration sur les parois des grottes de la 
Vézère. En effet, la constitution géologique du sol ne permet 
pas de supposer que des abris sous roche ou des cavernes 
aient pu exister à Gabastou. Sous une couche de terre végétale 
argilo-siliceuse qui, en épaisseur, varie deO m 60àO m 40, on trouve 
immédiatement la masse profonde de la molasse du Fronsadais. 
Pas de silex locaux; tous les silex de ce gisement proviennent du 
lit ou des rives de la Dordogne et ont été apportés pour être 
ouvrés. 



142 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

L'industrie de Gabastou est fort belle et les instruments par 
leur finesse, la pureté de leur forme, et leur aspect, révèlent, à ne 
s'y point tromper la bonne époque de La Madeleine. On trouve 
des grattoirs allongés à dos rabattu et à dos caréné dont quelques- 
uns très grands atteignant jusqu'à m l3 de longueur, des grat- 
toirs subdiscoïdes, des grattoirs-burins. Aussi, des perçoirs, dont 
certains d'une finesse extrême, des burins de toutes les formes 
et de toutes les grandeurs, des becs de perroquet, etc. 

Ce qui paraît bien caractériser la station est surtout un burin, 
assez abondant, très trapu, épais, plus ou moins allongé quelque- 
fois, le plus souvent presque discoïde, la pointe obtenue par des 
éclats bi-latéraux, et quelquefois aussi par des éclats longitudi- 
naux sur un côté et, sur l'autre côté, par un martellement ayant 





Fig. 1. — Instruments types de la station de Gabastou au Fleix (Dordogne). 
I, Burin ; — II, Pointe. 

produit des esquillements obtus perpendiculairement au plan de 
la pièce (Fig. 1). 

Un autre instrument très particulier se trouve à Gabastou. 
C'est une pointe, légèrement incurvée vers son extrémité, tantôt 
à droite, tantôt à gauche. La plus grande part de cet outil, pour 
la facilité de préhension, porte des éclats multiples en long sur 
la face supérieure, tandis que la face inférieure opposée reste 
plate obtenue d'un seul coup. La partie antérieure triangulaire 
formant bui in-poim;on est faite par un seul éclat sur un côté, tan- 
dis que sur l'autre, toujours du côté en opposition avec l'infléchis- 
sement, on remarque toute une série de retouches très fines 
[Fig. 2). Les instruments de cette sorte, relativement peu nom- 
breux, sont de diverses grandeurs : il y en a de très petits et très 
fins, de même que d'assez grands allant jusqu'à m 08 et0 ,p 09, mais 
toujours très soigneusement retouchés. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 143 



Sur une bâche polie à tranchant 
à double courbure. 



C. CHATELET Avignon . 

M. Paul de Givenchy a représenté, dans le Bulletin de septembre 
1910 de la Société Préhistorique de France, une série de haches 
polies à tranchants variés. 

Avant lui, M. Henri Martin, dans une note publiée, au tome I 
de la même publication, a signalé des haches à tranchants divers, 
et d'autres à bords ou à faces incurvés. Mon ami, M. Deydier (1), 
a également figuré et décrit de nouveauxtypes de haches: .Haches 
à coches, à tranchant mousses, etc. 

Tous les tranchants des instruments représentés dans la belle 
planche qui accompagne la note de M. de Givenchy, ou dans celles 
données par MM. Martinet Deydier, qu'ils soient obliques ou 
curvilignes, décrivent des courbes planes. 

Je possède une hache polie qui présente un tranchant figurant 
une courbe gauche. Ce cas particulier, dans la technique de ces 
instruments, m'a paru mériter d'être signalé. 

Description. — Hache polie, en serpentine, recueillie dans 
une station en plein air, à Pognadoresse (Gard). Cette station 
ma donné, en outre : fragments de poterie grossière, dont un 
orné de sillons parallèles; poinçons en silex, petites lames, et 
une pointe de flèche losangique en quartz. 

Cette pièce mesure : longueur, m 085; largeur (au milieu). 
m 050; circonférence (au milieu), m 134; plus grande épaisseur, 
m 028. 

Cette hache est asymétrique (Fig. 1 ; II), un plan passant par ses 
bords la diviserait en deux parties inégales, l'une plane n'ayant 
que ,u 009àO m 010 d'épaisseur; l'autre concave, épaisse deO m 018. 
La face plane a été usée vers son extrémité, du côté du tranchant, 
avec lequelle se raccorde par une surface inclinée de m 02 de lon- 
gueur ; l'autre présente, vue de profil, une ligne à peine convexe, 
s'abaissant vers le tranchant par une courbe régulière. Le tran- 
< liant, vu de face (Fig. 1, n°III), s'infléchit, à chacune de ses extré- 
mités pour rejoindre le bord périphérique de la hache. La corde 
réunissant les extrémités du tranchant mesure ra 036, et la flèche 



(1) Deydier (M.). — Contribution à tctude des maillets et haches préhistoriques. 
- Rev. Préhist., II, 1907, p. 248. 



144 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

de l'arc soutendu par cette corde, atteint m 014. Le talon est 
abîmé et présente plusieurs cassures. 

Les problèmes que soulèvent les différentes opérations de la 
technique employée dans la confection des haches polies sont 
encore à résoudre. L'obscurité règne sur cette question. J'estime, 




Fig.'l. —II, Hache à tranchant à double courbure (Profil); — 111, "Vue du Tranchant; — 
I, Galet utilisé f Réduction 2/3 gr.]. 

comme M. le D' Marcel Baudouin (1), que l'Observation est la 
seule lumière, qui doit guider les recherches des Préhistoriens 
dans la découverte de la solution des problèmes qui se posent à 
leur sagacité. Aussi ai-je pensé qu'il y avait quelque intérêt à si- 
gnaler, sans commentaires, cette hache à tranchant, décrivant 
une courbe gauche. 

Dès maintemant, cependant, on peut admettre, comme le rap- 
pelle M. le D r A. Guébhard(2), que ce sont surtout les galets, plus 
ou moins roulés, qui ont été le plus' souvent utilisés pour la 
fabrication des haches polies en roche dure. 

En outre, quand on examine les belles pièces, représentées par 
M. de Givenchy, et celles de formes irrégulières qu'a figurées 
M. H. Martin (3), ou celle que je décrirai ci-après, un premier 
classement se fait immédiatement : deux catégories de haches se 
présentent malgré soi à l'esprit. Dans l'une se rangent les belles 
haches à tranchant finement aiguisé, au beau polissage, et dont 

(1) Bull. S. P. F., VII, 1910, p. 471. 

(2) Idem. 

(3) Bull. S. P. F., I, 1904, pi. II, Fig. 8, 9, 11.. 



;un 
mi 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRA.NÇÀISE 145 

la forme, dune régularité géométrique parfaite, est le résultat 
dune technique habile et sans doute assez longue. Dans l'autre, 
se placent les pièces ayant conservé l'aspect irréguiier du galet 
utilisé, dont le tranchant plus ou moins régulier et le polissage 
incomplet fait songer à un travail rapide et peu soigné. 

Cette classification, bien que simpliste, correspond cependant 
à deux ordres de faits bien caractérisés. Les belles pièces ont été 
enées à leur forme régulière, pour répondre à un but déter- 
né ; elles ont été faites en vue d'un usage spécial auquel elles 
étaient destinées. Les autres sont, sans doute, plutôt des outils 
ou des armes d'usage courant, d'emploi journalier. Elles devaient 
s'user rapidement ; le tranchant s'ébréchant assez facilement, la 
pièce devait être vite hors d'usage. De là, l'obligation de les 
renouveler lréquemment; par suite, inutilité de s'attarder à un 
travail de piquage et de polissage long et délicat. Aussi, le pre- 
mier galet en roche dure, présentant une forme appropriée au 
but cherché, devait-il suffire; un aiguisage lui donnait un tran- 
chant; un polissage rapide faisait disparaître les parties en saillie, 
qui auraient rendu difficile l'emmenchage ou gêné sa préhension 
avec la main. Il n'est pas prouvé, en effet, que toutes ces haches 
aient eu besoin d'être fixées à un manche pour être utilisées : on 
sait que certaines hachettes, percées d'un trou vers le talon, 
n'ont pas été emmanchées. 

Voici une pièce recueillie, dans les environs de Robion (Vau- 
cluse), qui parait militer en faveur de mon hypothèse. C'est un 
simple galet durancien, à bords asymétriques. Il n'a nullement 
été préparé, son tranchant a été obtenu par polissage, et quel- 
ques points de sa surface, les plus en relief, ont été seuls polis. 
Cette pièce [Fig. l,n°I) mesure m 085 de longueur, et m 034 de 
largeur en son milieu. 

En examinant cet objet (outil ou arme), on se rend compte que 
l'homme n'a pas eu un travail bien long à faire, pour être à même 
de s'en servir ! 

En résumé, pour les pièces répondant à une spécialisation 
définie, la forme convenable était obtenue par les procédés d'une 
technique délicate : piquage et polissage. Pour celles d'usage 
courant, employées dans le travail journalier, un galet répon- 
dant à peu près par sa forme au buta atteindre suffisait; le pi- 
quage devenait dès lors inutile; et le polissage, réduit à sa plus 
simple expression pour éviter un travail assez long et sans grande 
utilité, était localisé au tranchant et aux parties saillantes, qui 
pouvaient nuire à l'emploi de l'arme ou de l'outil ainsi obtenu. 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 10 



146 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Silex Faux eu forme de Croissant. 



PAR 



L. GIRAUX (Saint-Mandé, S.) (1). 

Au cours des séances de la Société Préhistorique et de celles 
des Congrès Préhistoriques de France, plusieurs de nos collègues 
vous ont déjà présenté des pièces préhistoriques fausses, soit en 
silex, soit en os. M.Emile Rivière a montré des faux en os, 
provenant des grottes des Baoussé-Roussé et de la Dordogne (2); 
ainsi que des os truqués provenant de la Sablière du Hameau (3). 
M. le D r Atgier a soumis des poignards, haches et gravures sur 
os (4). M. E. Olivier nous a parlé du truquage des silex (5); et 
M. Ch Schleicher, des pointes de flèches fausses du Charollais (6). 
M. Thiot nous a exposé toute la fabrication des faux dans la région 
de Beauvais (7). — Tous ces Messieurs ont insisté sur l'intérêt 
qu'il y avait à signaler ces faux et à les connaître. 

J'ai l'honneur de vous présenter aujourd'hui un silex faux, en 
forme de croissant. Cette pièce est en silex blond, avec quelques 
parties plus opaques; elle a une longueur d'environ m 13 à m 14, 
et à son milieu une largeur de m 04. 

Il semble que le faussaire qui l'a fabriquée s'est inspiré de la 
forme du coup de poing américain. Ce silex est fort bien taillé et 
il est de forme à peu près ronde. La partie concave est très accen- 
tuée et permet d'y placer facilement les quatre doigts de la main; 
la partie convexe se loge très bien dans le creux de la main refer- 
mée. Chaque extrémité de la partie concave se termine par une 
pointe épaisse et solide qui fait saillie d'environ un centimètre en 
dehors de la main (Fig. 1). 

Du côté de la convexité, la partie supérieure se termine par 
une petite pointe très dégagée, ayant environ un centimètre et 

(1) Séance du 24 novembre 1910. 

(2 y E. Rivière. — Les faux en Préhistoire (Bulletin de la Société Préhistorique 
de France, année 1904). 

(3) E. Rivière. — Sur les faux en Préhistoire (Bulletin de la Société Préhistorique 
de France, année 1905). 

(4) D r Atgier. — Les faussaires de la Préhistoire (Bulletin de la Société Préhis- 
torique de France, année 1908). 

(5) E. Olivier. *- Le truquage des silex à Digoin (Congrès Préhistorique de 
France, Périgueux, 1905). 

(6) Ch. Schleicher.— Pointes de flèches du Charollais. authentiques et douteu- 
ses. (Congrès Préhistorique de France, Autun, 1907). 

(7) L. Thiot. — Les faux silex de Beauvais (Congrès Préhistorique de France, 
Beauvais, 1909). 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 147 

demi de longueur, nettement séparée de celle en avant par une 
encoche profonde. 

A la partie inférieure existe une autre pointe plus en arrière, 
moins longue et moins dégagée que celle du haut. L'arête de la 
partie convexe a été abattue par dégagement et par martellement 
de façon à ne pas blesser la main. Cette pièce est bien en mains 
et telle qu'elle est, elle constitue assurément une arme redouta- 
ble. Le faussaire qui l'a fabriquée n'en était pas à son coup d'es- 
sai, car la façon dont elle est taillée indique une grande habileté 
de sa part. Cette pièce a dû être fabriquée à Abbeville, autant 
que peut me le laisser croire l'endroit où je me la suis procurée. 




Fig. 1. — Silex faux, en forme de croissant [3/4 de grandeur naturelle;. 

Elle a été acquise par moi, il y a une quinzaine d'années, chez 
un marchand d'antiquités du Tréport (Seine-Inférieure). Elle se 
trouvait dans un lot de très bons silex provenant des gisements 
des environs d' Abbeville et elle était en compagnie d'une autre 
pièce fausse (très belle hache en forme d'amande, patinée artifi- 
ciellement et portant comme indication de provenance Moulin 
Quignon). 

Ayant questionné le vendeur, afin de savoir de qui il tenait ces 
silex, il me répondit qu'il avait acheté toute une collection d'anti- 
quités, faïences, armes, etc., après le décès d'une personne habi- 
tant la Ville d'Eu, et que ce lot de silex, avec lesquels, il y avait 
également trois haches en bronze, provenait de cette collection. 

Je lui fis remarquer que deux des silex étaient faux; et il me répon- 
dit que, n'y connaissant rien, tout pouvait être vrai ou faux et 
qu il me les vendait tels qu'il les avait achetés : sa bonne foi était 



lAi SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

assurément évidente. Cette personne avait complété sa collection 
d'armes anciennes et modernes par quelques haches en bronze et 
par une série de silex, ces derniers provenant des gisements des 
environs d'Abbeville, localité dans laquelle elle habitait avant de 
venir se fixera Eu. Ce collectionneur n'était pas connaisseur en 
silex ; et il avait été assurément frappé par la beauté de la hache 
en amande et par l'originalité de la forme de ce silex en croissant. 

C'est, comme le disait M. Thiot, en terminant sa communication 
sur « les silex faux de Beauvais », un de ces collectionneurs, qui, 
séduit par les formes bizarres de ces silex, avait acquis ces pièces, 
sans se douter qu'elles n'avaient rien de préhistorique. 




Fig. 2. — Silex faux, présenté par M. P. de Givenchy. 



J'ai donc cru utile de vous présenter cette pièce et d'en donner 
le dessin, afin de mettre en garde des collectionneurs auxquels de 
semblables objets pourraient être offerts. 

A la séance de janvier 1910, notre collègue, M. P. de Given- 
chy nous a présenté un faux outil en silex, qu'il s'est procuré à 
Abbeville. Sa provenance est de la même région que celui que j'ai 
l'honneur de vous présenter aujourd'hui. 

La Figure 2 représente ce silex faux, appartenant à M. P. de 
Givenchy. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 149 



Découverte d'un Puits funéraire 

et d'un Souterrain-refuge, au village de Bros, 

commune de Monceaux, 

canton d'.Vrgentat (Corrèze). 



E. BOMBAL (Argentat, Corrèze). 

Ce village est assis sur les hauteurs qui dominent au sud et à 
l'ouest le bourg de Monceaux. La partie supérieure de son terri- 
toire s'incline légèrement dans la même direction ; le reste se 
précipite dans la vallée. La première partie, par une sorte de col 
largement évasé, s'appuie à Test contre le bas du sommet du 
Puy-la-Garde, cote 473. Le Puy-la-Garde est le point culminant 
d'une longue ligne de précipices, que baigne en partie la Dor- 
dogne. 

J'ai déjà signalé les traces d'occupations préhistorique et ro- 
maine, que l'on trouve sur ces hauteurs, dans une brochure 
ayant pour titre : Anciens chemins et voies romaines a" Argentat 
et de ses environs. Les récentes découvertes viennent confirmer 
l'existence de ces occupations. 

À la fin de juin dernier, dans une terre dite Le Champ, appar- 
tenant à M me Poujade, située au nord-est du village, point que je 
repère, d'après la carte de l'Etat-major au 1/50.000, comme il 
suit, àO m 030 sud du 10 e parallèle et à m 011 est du 50 e méri- 
dien, les habitants du village, ayant remarqué une certaine dépres- 
sion circulaire récente, se mirent à la fouiller, pensant y décou- 
vrir une des galeries souterraines, dont le pays est creusé et y 
trouver, peut être, quelque trésor. 

Sous une épaisseur de terre végétale d'environ m 50, ils ren- 
contrèrent l'orifice d'un puits, de forme à peu près cylindrique, 
d'un mètre 40 de diamètre, creusé dans le rocher. Ils commen- 
cèrent à le vider. Ils en sortirent une terre argileuse, qui est 
celle du sol, mêlée de quelques moellons, de débris de briques 
à rebords, d'une assez abondante quantité de pots cassés, et de 
charbons. Un panier de ces objets me fut apporté ; et, le lende- 
main, un second. On était arrivé à 2 mètres de profondeur. 

La vue de ces trouvailles me détermina à aller voir la chose 
de près : ce qui fut fait le 1 er juillet, avec trois de mes amis, 
MM. l'abbé G. Lestourgie, A. Muzac et le D r Teulière. En notre 
présence, nous avons fait continuer de vider le puits jusqu'à 
5 m 40. Le fond n'était pas encore atteint. L'approche de la nuit 



150 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



nous obligea à nous retirer. La terre et les objets archéologiques, 
extraits durant cette journée sont analogues à ceux des journées 
précédentes, sauf que la poterie est plus fragmentée. Nous en 
avons emporté un autre panier. 

Deux ou trois jours après, nous avons ordonné la continuation 
de la fouille. Avisés que le fond du puits était atteint, nous som- 
mes revenus sur les lieux le 26; et nous l'avons vu à 7 m 40, abso- 
lument sec. Un mètre cube environ d'assez gros moellons avait été 
trouvé entre 5 m 40 et le fond. 

Les pièces archéologiques trouvées dans la dernière période 
des fouilles, avaient été déposées chez M rae Poujade. Mais un mon- 
sieur de pas bien loin, dont nous avons le nom et l'adresse, in- 
formé par les journaux, s'est empressé d'accourir et d'écrémer 
le stock, qui est bien notre propriété, puisque nous avons fait 
les frais des fouilles sous cette réserve ! De sorte que, du fond du 
puits, nous n'avons rapporté que des débris presque insignifiants. 




Fig. 1 — Le Puits funéraire et les Souterrains, de Bros (Corrèze).— Echelle: 1/40.000.— 
Légende : A, Puits funéraire ; — B. Champ où sont des briques à rebords ; — C, Le 
Puy-la-Garde ; — D, S, Au Sermur, Souterrain ; — E, S, Galeries souterraines. 



La fouille n'a malheureusement pas pu être faite scientifique- 
ment. Dans le sol, les vases étaient brisés de date ancienne ; mais 
l'inexpérience du puisatier, et la difficulté de fouiller en profon- 
deur, ont occasionné de nombreuses nouvelles cassures. J'ai pu 
cependant, par des collages, reconstituer à peu près un certain 
nombre de pièces. La terre extraite, argileuse et humide, n'a 
pas été passée au crible. Nous n'avons vu aucune monnaie. 

Objets recueillis. — Nombreux fragments plus ou moins grands 
à anses et goulots, avec ou sans bec, de buires, d'aiguières, de 
pots, de plats, de sortes de saladiers, une coupe, etc. Vases dont 
les modèles sont figurés dans le Dictionnaire des Antiquités ro- 
maines et grecques de Rich, et ayant pu servir a la cuisine et à 
la table ; quelques débris de vases plus grands en terre rouge. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE loi 

Les terres de toute cette poterie sont de divers grains et cou- 
leurs. Il y a quelques tessons de terre dite iamienne, dont un 
bord orné en relief. Beaucoup de vases sont revêtus, les uns, à 
l'intérieur et à l'extérieur, d'un enduit noirâtre; les autres, en 
terre rose, d'un enduit blanc, soluble dans l'eau. La moitié infé- 
rieure d'une petite urne, à parois épaisses, provenant du fond, 
porte à l'intérieur, des rayures blanches produites probablement 
par des os réduits a l'état de chaux qu'elle a dû contenir. Des 
débris de briques à rebords, de terres et de factures diverses, 
sont sortis de toutes les profondeurs. Il faut noter encore plu- 
sieurs fragments de dalles eu pierre volcanique; un fragment de 
calcaire olithique, étranger au sol argilo-schisteux, pierre dont 
il était fait usage pour dallages, moulures et placages à la villa 
gallo-romaine de Longour (ArgentaO; un fragment de verre vert, 
à cercles concentriques; quelques clous; un crochet de fer; un 
poids mobile, en plomb, oxydé, de romaine statera), avec un 
anneau en fer brisé à moitié, pesant 420 grammes. Des premières 
couches du puits sont sortis des ossements d'un gros animal non 
réduits en pâte, dont une grosse molaire, un os à moelle de m 09 
de longueur, un fragment de bassin mesurant 8>< 4, et troisautres 
plus petits. 

Enfin, on nous a remis, en dernier lieu, six blocs d'une substance 
blanchâtre, à cassure poreuse, semblables à ceux que nous avons 
déjà trouvés dans des vases au Puy-du-Tour(i), aplatis sur Tune 
de leurs faces. Ce sont certainement des ossements humains, ré- 
duits en pâte et passés à l'état de chaux, qui avaient été déposés 
dans des vases. Quatre de ces blocs présentent une épaisseur 
moyenne de mm 010de cette pâte etsemblent provenir d'un même 
vase. Un second, de mm Û15 d'épaisseur, présente deux couches 
de la même pâte de mra 002 a mm 003, séparées par une couche de 
terre noire; il vient apparemment d'un second vase. Un troi- 
sième bloc, adhérant à un éclat de schiste, est composé d'un 
conglomérat de la même pâte blanchâtre, de charbon, de menus 
fragments de brique, de terre noire et d'argile. Il doit provenir 
d'un troisième vase. 

Le puits de Bros est donc un Puits funéraire, romain ou gallo- 



Sur le plateau, à quelque cent mètres du puits vers l'est, joi- 
gnant la dernière pente du Puy-la-Garde, on remarque une assez 
grande quantité de débris de briques à rebords, ce qui fait sup- 
poser que là a été une construction contemporaine du puits, faite 



(1) Voir me? deux rapports sur les fouilles du Puy-du-Tour. 



152 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRArsÇAISE 

pour commander le chemin, profondément encaissé d'abord, qui 
descend à l'antique Château de Monceaux, disparu, puis à La Salle, 
et qui aboutissait jadis à un gué de la Dordogne. Des fouilles y 
amèneraient, je crois, des découvertes intéressantes. 

A partir de ce point, on atteint par une pente douce, le som- 
met du Puy-la-Garde. Pendant nos deux visites, nous l'avons 
exploré en tous sens. Il est couvert de bruyère; mais, dans les 
nombreuses éclaircies où le sol est à nu, nous avons recueilli des 
éclats et deux pointes de flèches de silex, des fragments de bri- 
ques, et de poterie. 

Les gens de Bros avaient, à notre intention, ouvert un de leurs 
Souterrains-refuges, situé au sud-est du village, au lieu dit Au 
Sermur. Il avait été reconnu fortuitement par éboulement sur une 
galerie qui monte du sud, au pied d'un tertre de 7 à 8 mètres de 
hauteur. Nous y sommes entrés. A 5 ou 6 mètres de l'ouverture, 
il tourne à droite et bientôt se bifurque vers le nord et l'est. Sa 
hauteur moyenne égale sa largeur, l m 15. L'entrée est un peu plus 
large. Il y a, à la voûte, de distance en distance des trous d'aéra- 
tion coniques, et, au premier tournant, dans la paroi de gauche 
en entrant, un trou rond, par lequel on pénètre dans un étroit 
réduit où l'un de mes guides est entré. Ces soupiraux existent 
dans tous les souterrains que nous connaissons. Celui de Mous- 
toulat, village voisin, a plusieurs de ces logettes latérales, desti- 
nées sans doute au dépôt des provisions. 

M. le D r Marcel Baudouin. — Il est absolument certain qu'il 
s'agit ici d'un Puits funéraire, gallo-romain, analogue à ceux de 
Vendée. J'engage M. Bombai à lire les travaux de l'abbé F. Bau- 
dry et les miens ; puis à rechercher les autres puits, qui existent 
sûrement dans le voisinage. La loi de distribution des puits, que 
j'ai découverte en 1903, pourra lui faciliter cette recherche sur 
le terrain. — Les puits se trouvent dans des Nécropoles (1), ayant 
possédé de vastes constructions {Temples, etc.). 

Le point capital de cette trouvaille serait la reconnaissance d'Os 
humains incinérés, car elle est très rare et a été niée, récemment 
encore, par de grands savants [A. de Mortillet, etc.]. Mais le texte 
de M. Bombai n est pas assez précis à ce sujet. Nous serions bien 
aise de les voir, de nos yeux, ces os ! 

(1) La Nécropole de Bros ressemble singulièrement à celle de Troussepoil. au 
Bernard (Vendée), avec ses Substructions et son Gué ! 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 153 

Au sujet de 1» Chronologie préhistorique. 

PAS 

G. COTTE de Pertuis, Vaucluse). 

Notre savant collègue, M. Hue, a résumé (1) les documents qui 
permettent d'admettre que l'époque de la pierre polie, dans l'Eu- 
rope occidentale, e*t à peu près contemporaine de la civilisation 
correspondante en Egypte. 

Dans le deuxième volume (2) de son précieux Manuel, M. Dé- 
chelette tendrait à placer, aux environs du troisième millénaire 
avant notre ère, l'âge du cuivre ou du bronze I : la plus ancienne 
nécropole de Suse, celle de Négadah, le Minoen primitif, His- 
sarlik I. 

Il admet d'ailleurs que les récentes fouilles de M. de Morgan, à 
Suse, ont modifié les conclusions, précédemment portées, sur la 
Chronologie de l'époque néolithique, par M. Montélius (3). Ce sa- 
vant, se fiant aux coupes alors admises pour le tell de Suse, et 
faisant remonter le cuivre avant le quatrième millénaire, attri- 
buait une durée de plus de quatorze mille ans au Néolithique 
pur. On croyait alors que les couches néolithiques avaient une 
épaisseur de 24 mètres, sur une hauteur totale de 34 mètres. 

Il est, au contraire, prouvé que le cuivre existe à 28 mètres de 
profondeur. Si l'on adopte la date du troisième millénaire avant 
notre ère, proposée approximativement par M. Déchelette pour 
l'apparition du métal, l'âge des métaux, sur 28 mètres de hau- 
teur, correspondrait à 5.000 ans, et les 6 mètres de Néolithique, 
en dessous, représenteraient une période de 1.200 ans. On obtient 
un total de 6.200 ans, comparable aux chiffres recueillis par 
M. Hue. Il est remarquable qu'en se basant sur des chronomètres 
aussi distants dans l'espace, on arrive à des résultats aussi sensi- 
blement approchants ! 

L'épaisseur des couches d'alluvions est susceptible de varia- 
tions, pour une durée déterminée, suivant les millénaires ; mais 
on peut cependant s'y fier relativement. Il faut être plus prudent 
lorsque les couches stratifiées ont été formées, en partie, durant 
l'occupation de l'homme. Telle grotte, sous un cailloutis de m 05 
d'épaisseur, formé en cinquante siècles, recèle une couche néoli- 
thique de l m 50 d'épaisseur, à laquelle nul ne songera à assigner 
une durée de 150.000 ans ! C'est pourquoi on peut, me semble-t- 

(1) Bull, Soc. Prek. Fr., 1910, p. 472. 

(2) Paru depuis la communication de M. Hue. 

(3) Congr. Internat . Anthr . , Monaco 1906, II, p. 32. 



154 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

ilj, hésiter à suivre M. Evans clans ses conclusions, trop différen- 
tes de celles rapportées par M. Hue, et de celle que je viens d'in- 
diquer. D'après les couches de Knossos, il ferait durer 8.000 ans 
une fraction du néolithique (1). 

Si la question de la date du début du néolithique est toujours 
très obscure, celle de l'époque de sa fin, ou plus exactement du 
début de l'apparition des métaux, a fait un grand progrès durant 
ces dernières années. 

Il importe tout d'abord de bien préciser les termes. 

Comme beaucoup d'auteurs l'ont fait observer, le néolithique 
ne se termine pas brusquement; ceci est vrai en Egypte, comme 
en France. Au contraire les plus belles pièces en silex taillé, ou 
en pierre polie, les plus riches parures en matières diverses ap- 
partiennent à l'aurore de l'époque des métaux : Carnacéen de 
Salmon, Durfortien de Jeanjean, Cèbennien de M. Chantre, Enéo- 
lithique (2) des Italiens, âge du cuivre de divers auteurs, Bronze I 
de M. Déchelette : tout cela correspond à une même phase, sou- 
vent synchronique de faciès différents, observés à quelques cen- 
taines de kilomètres du point où on la rencontre. 

Il est bien certain, M. Guébhard l'a souligné avec juste raison, 
que notre énéolithique est frère du néolithique de Chassey ; 
comme il est utile pour les méridionaux de désigner cette période, 
afin de la distinguer du néolithique sans métal qui la précède, 
j'use du terme. 

Mais la différence de vocable ne no-is abusera pas. Je considère 
comme rentrant dans la question qui m'intéresse en cet instant, 
c'est-à-dire les rapports entre l'Europe occidentale et la Méditer- 
ranée orientale à l'époque énéolithique, les casse-têtes sphéri- 
ques néolithiques, dont M. Chauvet a montré la ressemblance 
avec des sceptres égyptiens (3). 

En note, cet auteur rappelle aussi la parenté qu'il y a entre les 
palettes égyptiennes, habituellement prépharaoniques, et les 
palettes françaises, signalées pour la première fois par M. Car- 
tailhac dans les dolmens de l'Aveyron (4). J'ai découvert une de 
ces pièces dans la caverne, énéolithique de l'Adaouste, que j'aurai 
encore à citer (5). Lespalettesfrançaisesne sontpas ornées comme 
le sont les palettes d'Egypte et celles delà péninsule ibérique. 

Dans son Manuel, M. Déchelette mentionne plusieurs faits qui 

(1) Congr. Internat. Anthr., Monaco, 1906, II, p. 32. 

(2) M. Guébhard a critiqué, M. Déchelette a condamné, l'orthographe xnéolithi- 
que, d'abord adoptée en France. 

(3) Chronologie Préhistorique. Rev. Préh., 1907, p. 37 et 118. 

(4) As. Fr. Av. Se, 1905, p. 694; But. Soc. Arck. Midi,190f>. 

(5) Gh. Cotte, As. Fr. Ai'. Se, 1907, 1908, 1909,1910. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANCAI-E 155 

montrent la parenté de civilisation qui a existé entre le monde égéen 
et l'Europe occidentale, à l'époque où les métaux apparaissent ici. 
Il avait précédemment consacré un article aux « croissants 
lacustres et cornes sacrées égéennes » (i); un autre à l'Espagne 
préhistorique (2), déjà si longuement étudiée par M. Siret (3). 

Sans insister sur ce que l'on peut lire dans ces travaux, il me 
parait utile de rappeler quelques autres faits, qui montrent qu'il 
existait alors un courant de civilisation nettement marqué entre 
l'Espagne et la France. 

M. le D r Raymond a signalé, à ce sujet, la pointe de flèche à base 
semi-lunaire (4), dont il croit que le prototype est en Afrique, et 
en donne une bibliographie, certainement incomplète. Signalant 
la présence de cette pointe en Provence, il aurait pu rappeler 
queMM. Clerc et Fallot lavaient trouvée dans la grotte sépulcrale 
de Reillanne Y ' 

M. Raymond a également publié, avec MM. Lazard et Moi- 
renc (6), les fragments de vases en pierre ollaire trouvés dans 
Yaucluse par ces derniers chercheurs. M. Déchelette (7) a montré 
l'intérètde ces récipients, qui font songer aux civilisations d'Egypte 
et de Crète, mais peuvent être plus récents (8). Pour compléter, 
au point de vue provençal, la bibliographie de M. le D r Raymond, 
j'indiquerai que M. de Ville d'Avray (9) avait fait connaître des 
tessons de vases en chlorito-schiste grenatifère, provenant de la 
station delà Cabre (Estérel). 

Les allées couvertes des Bouchcs-duRhônc et du Gard, le 
Trou d'Argent à Sisteron ont donné de l'ivoire. Il est bien cer- 
tain qu'il faut attribuer, la présence de ce corps dans nos méga- 
lithes a des rapports avec l'Afrique: soit par mer, soit par la voie 
de terre hispanique. 

Une des découvertes intéressantes de ces dernières années, 
pour l'énéolithique méridional, a été celle de la poterie peinte. Je 
l'ai signalée avec M. Chaix dans nos récoltes de la caverne de 
l'Adaouste (10). Trois mois après (11), M. le D r Raymond publiait 
celle que des chercheurs venaient de trouver dans le Gard, en 
un milieu énéolithique, comme celui de l'Adaouste. Cette année- 

(1) Rev. Prék., 1908, p. 301. 

(2) Rev. Arch., 1909. 

(3) Bibliographie in Déchelette, Manuel, II, p. 78, note 1. 

(4) Rev.Préhist., 1910, p. 71. 

(i) An. Fac. Se. Mars., XII, V. — Ch. Cotte, Feuille Jeunes .Xalur., av. 1905. 
(6)fl«rc. Pre h., 1909, p. 326. 
(7) Manuel, H, p. 390. 
{^Anthropologie, 1900, p. 297. 

'})Congr. Soc. Sav.Prov.. 1909 et Bul . Soc. Arch. Prov., 29 avril 1909. 
'• (10) As. Fi: Av. Se, 1908. 
(11) Rev. Preh., 1908, p. 31G. 



156 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



ci notre actif collègue, M. St. Clastrier, a annoncé qu'il l'avait 
rencontrée près de Marseille dans un gisement analogue (grotte 
Crispine). A l'Adaouste j'ai les bords peints; la courbe en gris 
bleu, les bandes parallèles polychromes, enfin des traits nom- 
breux et irréguliers (comme des papilles digitales agrandies), qui 
rappellent le curieux fragment de Thessalie publiée par M. Gué- 
bhard(l), représentant une anse à plusieurs perforations verticales. 
L'Adaouste m'a d'ailleurs fourni une de ces anses multiforées (2). 

J'y ai aussi recueilli une phalange d'animal entaillée, qui appar- 
tient certainement à la série d'idoles rencontrées dans l'énéoli- 
thique espagnol (3). 

Une autre amulette est aussi fréquente dans les sépultures 
d'Ibérie, le Pecten. Or j'ai eu précisément l'occasion de noter sa 
présence dans la grotte sépulcrale de la Marane (Bouches-du- 
Rhône); cette espèce de coquille, avec la pointe de flèche en silex 
finement retouchée, formait presque tout le mobilier funéraire. 

Poinçon losangique en bronze, très pauvre en étain,. ivoire, 
poterie peinte, phalange taillée, coquille de pecten, sont les élé- 
ments caractéristiques d'une même civilisation, à aire de disper- 
sion étendue. 

M. le D r P. Raymond a également signalé (4) l'analogie de deux 
sépultures à « crypte en four », l'une du Gard, l'autre de la 
Marne, avec celles du type répandu dans les îles de la Méditer- 
ranée occidentale. J'avais fait un rapprochement analogue lorsque 
je publiai (5) la curieuse grotte artificielle du Trou d'Or, aux flancs 
du Bans-Rous. Si l'on se réfère au plan et à la coupe que j'ai 
donnés, on verra que l'analogie des sépultures insulaires est des 
plus frappantes avec le Trou d'Or. La grotte du Bans-Rous com- 
prend spécialement un caveau latéral, comparable à ceux observés 
dans les Baléares, peut-être analogue aux diverticules des allées 
couvertes d'Arles, de certaines sépultures hispaniques, et de tom- 
bes mycéniennes. 

Tous ces faits nous prouvent qu'un assez faible intervalle de 
temps a séparé la fin de notre néolithique de la phase correspon- 
dante en Espagne. 

Par celle-ci nous pouvons donc dater l'apparition du métal dans 
le sud de la France de la période d'Hissarlik I ou II (6), entre le 
troisième et le deuxième millénaire avant notre ère. 

(1) Congr. préh. de Fr., 1908, p. 765. fig. 14. 

(2) Id. p. 961, fig. 11, 31 

(3) Sirkt. — Les religions ibériques, Rev . Préh., 1908, p. 193. 

(4) Rev. Préh . , mai 1909. 

(5) Feuille Jeunes Natur., février 1903. 

(6) Déchelette. — Manuel.— Cfr. Guébïiard, Loc. cit. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 457 

Quelques siècles seulement ont sans doute suffi à répandre 
jusqu'en Provence la connaisance du métal. D'ailleurs l'identité 
de type, pour les haches plates et les poignards triangulaires en 
cuivre, montre une certaine corrélation des civilisations entre 
l'Orient et l'Occident. 

Vers l'an 2000 commence chez nous l'âge du bronze réellement 
généralisé. Dès lors la Chronologie comparée nous fournit des 
points de repère de plus en plus nombreux et précis. L'époque 
hallstattienne nous livre des vases grecs archaïques. Les cime- 
tières marniens sont encore plus riches à ce point de vue. 

Dans quelques, années le domaine de la Protohistoire appartien- 
dra a l'histoire? 

M. A. Guébhard accepte parfaitement, avec M. Cotte, l'utili- 
sation du mot ènéolithique, si celui-ci ne doit indiquer que la phase 
finale d'une ère, et non l'ouverture d'une autre, par l'arrivée du 
premier métal n'ayant en rien modifié, surtout au point de vue 
céramique, l'évolution déjà très avancée du néolithique, sans 
aucun de ces changements de civilisation sur lesquels se basent 
nos divisions à' âges ! 

Chronologiquement, il est certain que le premier apport du 
métal fournit, pour notre Provence, comme pour l'Espagne, des 
dates peu différentes entre elles, et moins différentes qu'on ne 
pourrait penser de celles adoptées pour la Germanie, où la voie 
du Danube remplaça la grande route de la Méditerranée, et fit 
apparaître le premier cuivre chypriote dès avant la fin du troi- 
sième millénaire, et le bronze dès 1800. 

M. le D r Marcel Baudouin. — J'ai déjà dit, plusieurs fois, que 
j'étais d'un avis différent des auteurs classiques, en ce qui con- 
cerne V origine des métaux pour V Occident, c'est-à-dire la Breta- 
gne-Vendée ! — Pour moi, cette région de France, assez bien 
isolée à la fin du Néolithique, a été un centre particulier d invention 
pour la Métallurgie, que ce centre soit ou non limité à la pénin- 
sule Armoricaine actuelle. — Il n'y a pas eu besoin d'importa- 
tions à 1 Extrême-Orient pour y créer les époques du Cuivre et du 
Bronze. Cette civilisation s'est faite sur place; puise//e a rayonné 
dans le reste de la France, suivant des routes bien connues : ce 
qui n'a rien d'étonnant, étant donné l'importance de la Civilisation 
mégalithique bretonne à cette époque ! 

Si l'on n'admet pas cette théorie, il est impossible d'expliquer 
y Age du Cuivre de Vendée, au moins aussi, sinon plus, développé 
que celui de la Bretagne, malgré l'existence du fameux Portus- 
Secor, encore célèbre à l'époque gallo-romaine! — Il n'y a pas 
ce raison d'ailleurs pour que les Orientaux n'aient apporté leur 
Civilisation que dans le Finistère ou le Morbihan, alors qu'il y 



158 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

avait, dans le Golfe dans la Gascogne, tant déports, d'accès facile! 
Mais je n'insiste pas. J'espère pouvoir un jour démontrer cette 
théorie, qui m'est chère — parce que personnelle! — , grâce à toute 
une série de faits nouveaux, encore inédits (1). 

Quelques Mouiiment» die l'Age de Pierre en Grèce 

Par le Pkof. 
ZABOROWSKI (Paris). 

Jusqu'à maintenant, pour ainsi dire, on n'a relevé en Grèce que 
des traces des temps préhistoriques ! Ces traces consistaient à peu 
près uniquement en outils de pierre, en obsidienne, recueillisà la 
surface; et ils pouvaient passer pour être d'époques assez incer- 
taines. — On s'en est étonné justement. J'ai pourtant eu à citer dans 
mon cours des découvertes récentes (1), dontl'importance était ca- 
pitale. Je ne lésai encore vu mentionner ici nulle part. Mais quel- 
ques-uns de mes auditeurs m'ont demandé de les publier. 

J'avais fait connaître, d'après Evans, les découvertes de Tsoun- 
tas dans les villes mêmes, fouillées par Schlieman, et le fameux 
vase d'Orchomenos, qui prouvent si clairement la pénétration sur 
le continent de la civilisation Cretoise, comme initiatrice de la 
civilisation grecque. 

Nous n'avions rien qui fut immédiatement antérieur. Tout ce 
qui est antérieur et une bonne partie même des influences Cretoises 
déjà préhellénique. Mais les Hellènes ont trouvé le sol de la Grèce, 
est occupé par un peuple bien plus avancé en civilisation qu'eux. 

Voici quelques uns des monuments qui se rapportent à son 
existence. 

A Orchomène (la plus ancienne ville de Grèceconnue), des tom- 
bes remontent jusqu'à l'âge de pierre. Les morts étaient enterrés 
sous le sol pavé des pauvres cabanes d'alors, couchés sur le côté. 
les genoux repliés. A Athènes aussi, au sud de l'Acropole, des 
sépultures néolithiques ont été mises au jour. Les morts avaient 
été enterrés intacts en deux couches superposées : sur la roche 
même, il y avait deux squelettes recouverts d'une certaine épais- 
seur de cendres et de charbons. Puis, par dessus ces cendres, 
quatre autres squelettes, sur lesquels s'étendait une seconde cou- 
che de cendres, d'où on n'a rien retiré que des restes d'offrandes 
brûlés (pointes de flèche en obsidienne, fibules en os). 

(1) Voir plus haut [Cuivre, p. 120] et plus loin [Bronze, p. 166]. 

(2) Zehetmaier : Die Arten der Leichenbergung in der vormycenischenzeit Grie- 
chcnlands. Recueil de thèses, Leipzig, 1907. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 159 

Sur lu côte sud de l'Attique, à ïhorikos, dans des trous ronds, 
de 50 à 60 centimètres de profondeur, étaient des jarres, entourées 
de pierres qui renfermaient des squelettes. Aucun objet; que des 
poteries primitives. Mais la présence de ces jarres est significa- 
tive. Elle prouve des relations avec la Crète ou l'Asie à des épo- 
ques où le métal n'était pas ou était peu employé. Les Chaldéens se 
servaient d'énormes jarres comme de cercueils. 

A Aphidna, au nord de Marathon, dans des sépultures moins 
anciennes, il y avait deux jarres du même genre, dont l'ornemen- 
tation était Cretoise. 

A Tirynthe, sur la route de Xauplie; à Argos, dans des tombes- 
jarres encore, se trouvaient des os humains au complet, etqui n'a- 
vaient pas subi l'action du feu. Dans l'une d'elles, était un vase 
cru sans peinture, de couleur rougeâtre,dugenred'uuvase recueilli 
par Schliemann à Tirynthe même. 

A Volo, en Thessalie, à huit mètres, sous la fondation de la for- 
teresse, étaient des tombeaux en fosses quadrangulaires ou caisses 
de dalles de schiste assemblées. Les corps étaient accroupis au 
fond. Les vases qui les accompagnaient étaient prémycéniens. Ce 
même genre de tombeaux fut répandu dans les Cyclades. 

A Corinthe,dans des chambres ou caveaux de 90 centimètres de 
profondeur sur 84 centimètres de large, il y avait, avec des frag- 
ments de crâne, des poteries néolithiques, avec un vase à figure 
d'oiseau. Ces tombeaux, en usage en Grèce à l'époque de la pierre, 
se retrouvent à Chypre plus tard. 

A iEgine, on a observé des tombes de très petites dimensions, à 
l'intérieur des murs de maisons. C'étaient de vraies niches, renfer- 
mant des restes humains, avec des cendres de foyers ou de sacri- 
fices. 

Dans les Cyclades, Amorgos, Paros, Naxos, Syros, etc., des tom- 
beaux d'époque correspondante, prémycénienne ou du bronze, ont 
été mis au jour. Leur relation avec la civilisation Cretoise, plus ma- 
nifeste, a été signalée déjà. 

Mais les découvertes de Grèce, que je viens d'énumérer, ont une 
importance autrement grande. Ignorées presque jusqu'à présent, 
elles établissent l'existence d'âges de pierre et de bronze préhellé- 
niques, où la coutume de l'incinération, si répandue dans l'Italie 
du nord à l'âge du bronze, n'existait pas plus qu'en Crète et où les 
indigènes jouissaient d'une certaine culture et avaient effective- 
ment des relations avec la Crète et môme directement peut-être 
avec l'Asie. C'est d'Italie ou de Grèce qu'a dû venir la primitive 
population de la Crète, presque nécessairement (au moins 6000 
ans avant) et des communautés de race et de langue, n'ont pas 
cessé d'unir cette grande île à la Grèce et au littoral asiatique. 



160 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Le Chelléen et FAcheuléen dan» 
le Département <le Maine-et-Loire {Supplément) (1). 

Nouvelles découvertes. 

Par 

O. DESMAZIÈRES (Segré, Maine-et-Loire). 

Arrondissement d'Angers. 

Gonnord. — Instrument chelléen, en silex brun,0 m ll X0 ra 045, 
forme triangulaire, bords sinueux, surface des terres ; récolte de 
M. Versillé, de Gonnord; ferme de la Hanelle. 

Joué-Etiau. — Coup de poing en silex brun rougeâtre, avec 
patine blanche, forme amygdaloïde, très bombé, vers la base ro- 
gnon de la croûte naturelle, m 085 X0 m 063; surface des terres; 
— ferme de la Maison-Neuve — récolte M. Versillé. 

Arrondissement de Cholet. 

Le Fuilet. — La commune du Fuilet est le siège d'une impor- 
tante industrie, constituée par des fabriques de poteries vulgaires, 
vernies ou non, de grands et petits calibres, cuves à lessive, pots 
à fleurs, etc., et des tuileries. Ces différents établissements sont 
concentrés principalement autour du village des Recoins ait. 
cote 103, et à la Fosse h l'Ane. La matière employée est une argile 
détritique jaunâtre, comprise dans la couche des sables, graviers 
et argiles des plateaux, rattachée sur la carte géologique au Plio- 
cène P'. Cette couche recouvre dans cetle région les rochessilu- 
riennes d'une nappe régulière et continue, partiellement enlevée 
lors du creusement des vallées. 

C'est dans une des nombreuses carrières ainsi exploitées au 
milieu des landes, au lieu dit la petite Fosse à l'Ane, qu'on a dé- 
couvert, courantd'aoùt 1910, un gisement remarquable de Haches 
Chelléennes, qui constitue la plus riche station de Maine-et- 
Loire. Les instruments sont disposés assez régulièrement à plat, 
au milieu de la couche d'argile mélangée à quelques fins graviers; 
au-dessus une seconde couche d'argile avec gros cailloux et la nappe 
d'humus; les coups-de-poing sont situés à 1 mètre et l m 30 de 
profondeur. Actuellement, près d'une trentaine de haches ont été 
ramassées par les collectionneurs des environs, notamment M. le 
D r Fievé (de Jallais), M. le Duc de Blacas (à Beaupréau M. Poilane, 

(1) Voir Bulletin Soc. Prck. de Fr. , séance du 23 juillet 1908 (l r <= communicjition 
sur le même sujet). 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 161 

huissier à Montrevault, plusieurs sont heureusement destinées au 
Musée paléontologique d'Angers. Les haches sont en général du 
type amygdaloïde le plus régulier, entièrement taillées sur les 
deux faces à petits éclats, et au pourtour; sur une face un renfle- 
ment peu prononcé. Ces outils varient de ra 10 àO m 25 delongueur ; 
l'épaisseur est très minime par rapport à la longueur; quelques- 
uns possèdent un talon avec une portion de la croûte naturelle 
blanche du silex jaunâtre, type Pressigny. dans lequel ils sont 
taillés. Les instruments paléolithiques de la Fosse à l'Anesemblent 
sortir de l'atelier, tant leur conservation est parfaite ; le dépôt ne 
paraît pas avoir été remanié; l'argile a garanti les coups-de-poing 
contre toutes détériorations et n'a pas permis à la patine de se 
former. 

A mon avis, les dépôts qui contiennent les haches paléolithiques 
du Fuilet appartiennent au Quaternaire ancien pleistocène,et non 
au Pliocène ; toutefois l'absence decoquilles fluviatiles et d'osse- 
ments rend assez difficile la détermination précise de ce gisement. 

La forme élégante et régulière, le peu d'épaisseur, des coups- 
de-poing les rattachent à l'Acheuléen, malgré leurs grandes di- 
mensions, qui semblent plutôt appartenir au Chelléen. 

Ce gisement a été visité au mois d'août par M. Préaubert, Pré- 
sident de la Société d'Etudes scientifiques d'Angers, accompagné 
de quelques membres de la même société habitant la région, 
MM. Toublanc, Bricard. Des études plus complètes seront sans 
doute publiées ; j'ai voulu seulement aujourd'hui signaler cette 
importante découverte, encore émerveillé de la beauté des instru- 
ments que j'ai pu admirer lors d'une visite dans la contrée, en 
compagnie de M. le D r Fievé, de Jallais, membre de notre Société 
Préhistorique française. 

Cette région des Mauges est très intéressante, au point de vue 
de la Préhistoire : les âges delà pierre polie et du bronze y sont 
largement représentés ; l'époque Gauloise, puis le séjour des Ro- 
mains, y ont laissé des traces nombreuses, signalées depuis long- 
temps. L'étude de l'origine des mines d'or donne lieu en ce mo- 
ment à d'intéressantes recherches ; mais c'est la première fois 
que le Paléolithique inférieur est mis à découvert. 

Arrondissement de Saumur. 

Vaudelnay-Rillé. — M. Pavis, instituteur à Rablay, a ramassé, 
sur la voie ferrée à Faye, au lieu dit Jumeau dans le ballast, une 
hache chelléenne,0 m 08x0 m 06, en silex jaune; d'après un rensei- 
gnement très exact donné par le chef de section, le ballast de 
cette partie de la voie proviendrait d'une des carrières du Vau- 
delnay. 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 



102 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



Sur 1» présence d'une industrie paléolithique 
dans une plage soulevée Algérienne. 



Paul PALLARY (Eckmull, Algérie). 

En 1890, pour la première fois, j'ai observé des quartzites et 
silex taillés dans la plage soulevée de Karouba, à 4kil. 5N.-E. de 
Mostaganem. Le soir même, je présentai ma trouvaille à Pomcl, 
qui m'exprima des doutes sur la contemporanéité des pierres 
taillées avec la faune de ladite plage. D'après lui, ces pierres 
avaient pu pénétrer dans le dépôt par des fentes comblées depuis. 

Devant une affirmation aussi catégorique de la part du plus auto- 
risé de nos géologues algériens, je ne crus pas devoir signaler le 
fait autrement que par la simple mention de la localité (1), et en- 
core je considérai la station comme néolithique, d'après la trou- 
vaille d'une flèche pédonculée : ce qui semblait bien d'ailleurs 
confirmer l'opinion de Pomel. 

Mais, il y a peu de temps, j'ai eu l'occasion de revoir ce gise- 
ment, et aujourd'hui je n'ai plus aucun doute sur la présence réelle 
des pierres taillées dans la plage soulevée. Ces restes d'industrie 
humaine sont bien en place, dans toute l'épaisseur du dépôt, et 
leur contemporanéité ne saurait faire l'objet du moindre doute. 



C'est à quelques mètres seulement à l'Ouest du marabout de 
Si Mohammed Medjoub (entre le marabout et la petite source qui 
arrose le jardin du gardien), sur le bord de la falaise qui borde la 
baie des Pirates, que l'on peut observer ce qui reste de la plage 
soulevée. Auparavant cette plage s'étendait jusqu'à la pointe de 
Karouba, mais l'exploitation des carrières dont on a extrait la 
pierre nécessaire pour la construction du port de Mostaganem a 
complètement arrasé cette portion du littoral, et c'est grâce à 
l'existence du marabout que l'on doit la conservation du lambeau 
de plage soulevée qui m'a permis de contrôler mon observation 
d'il y a vingt ans. 

En cet endroit la falaise a une vingtaine de mètres de hauteur 
(le Général de Lamothe indique exactement 19 mètres). Elle se 
compose de grès et de quartzites, surmontée par une couche de 
sable argileux rouge agglutiné (ou gras tendre, de plus de l m 50 
d'épaisseur, couronné par une nappe de galets et de coquilles 

(1) Assoc. franc. Avanc. sciences, 189], II, p. 606. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISL 163 

marines roulées, dont les espèees dominantes sont des Pectun- 
citlus. Ostrea,Ano/nia, Patella, Monodunta[i) ; le mollusque le plus 
intéressant de eette faune est le nassa circumcincta A. Adams. 
Enfin, une dune récente s'étale jusque sur la couche fossilifère. 

Quant à l'industrie, elle comprend principalement des quart- 
zites et quelques rares silex : disques, pointes, racloirs, éclats 
ou grandes lames taillées sur une seule face, et parfois très bien 
retouchés : types qui correspondent parfaitement à l'industrie 
moustérienne (2). 

A droite du marabout, du côté Nord-Est, se trouvent les bancs 
de quartzite dur, qui ont fourni la matière première des outils. 

La trouvaille d'une pointe pédonculée à la surface, la grossiè- 
reté de l'outillage et surtout l'opinion de Pomel me firent, comme 
je l'ai déjà dit, considérer tout d'abord l'industrie comme néoli- 
thique. Mais mes dernières observations m'ont nettement permis 
de constater qu'il y a en ce point deux niveaux : l'un, le plus an- 
cien et le plus important, qui lait partie intégrante de la plage 
soulevée; l'autre, qui se trouve à la surface, et qui, seul, est néo- 
lithique car on trouve, avec des flèches pédonculées, des coquilles 
trouées ayant servi d'objets de parure : c'est le néolithique déca- 
dent ou berbère, qui touche déjà à la période historique. 

Ce n'est pas la première fois que des restes d'industrie hu- 
maine sont signalés dans les plages soulevées (3). Cette constata- 
tion infirme donc les idées de Pomel sur l'âge des dites plages que 
ce géologue croyait appartenir an Pléistocène inférieur (4). Dans 
mon mémoire sur les Mollusques terrestres fossiles de l'Algérie (5), 
j'ai synchronisé les plages soulevées à faune marine sénégalienne 
avec les stations terrestres à faune mammalogique équatoriale, 
telles que Ternifine. La trouvaille de pierres taillées, de type 
moustérien, à Karouba, me permet même d'affirmer que cette 
plage est encore plus récente que la sablière de Ternifine, tandis 
qu'au contraire Pomel plaçait cette station dans le sous-groupe 
récent (Loc. cil., p. 194). 

M. de Lamothe a aussi émis l'opinion que les plages basses du 

(1) Le Général de Lamothe a publié une liste détaillée de la faune dece gisement 
{Bull. Soc. Géol. France, 4« série, IV, p. 32, 1904). 

■2) Ces pierres taillées font partie de ma collection, installée aujourd'hui au 
Musée des Antiquités algériennes à Alger, où elles figurent dans une des vitrines 
réservées aux gisements en place. 

(3; Sans parler de Grimaldi, je rappellerai seulement que le Général de Lamo- 
the en a trouvé à Bérard (C. R. Ac. Se, 13 juin 1905). 

(4) Description stratigraphique générale d'Algérie; par A. Pomel. - Alger, 1869, 
p. 91. 

5) Mém. Soc. Géol. France, 1901, p. 203. 



164 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

littoral algérien de 15 et 30 mètres doivent être classées dans le 
Pléistocène supérieur( voy. Loc. cit„ p. 36 et 37). 

Toutefois, M. Boule, à qui j'ai fait part de ma découverte, fait 
des réserves sur ma conclusion. — Voici textuellement ce qu'il 
m'objecte : 

« Je suis bien loin de prétendre que les faits n'ont pas été 
bien observés, loin de là! Je suis tenté seulement de m'élever 
contre leur interprétation, qui consiste à dire que la plage est 
relativement récente, parce qu'elle renferme une industrie mous- 
térienne ou pseudo-moustérienne. N'oubliez pas qu'à Grimaldi 
une industrie de même genre, également en quartzite, accompa- 
gne la faune chaude à Elephas antiquus, Hippopotame, etc., et se 
superpose immédiatement à une plage marine, d'altitude sem- 
blant égale à l'altitude de la vôtre. 

« Je n'y ai pas conclu que la faune chaude était moustérienne 
et du quaternaire supérieur. J'en ai conclu que les Hommes, con- 
temporains de la faune chaude à Grimaldi, savaient tailler leurs 
pierres suivant le style moustérien, qui est le plus simple de tous 
les styles paléolithiques. Et nous savons aujourd'hui, par les re- 
cherches de Commont à Amiens, que, dans le Paléolithique le plus 
inférieur, les silex amygdaloïdes sont l'exception ; les pierres tail- 
lées sur une seule face, la règle. » 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 165 



La Grèce, Chypre, et la première origine 
do Cuivre. 

Par le Prof' 

ZABOROWSKI (de Paris). 

Les découvertes que je viens de signaler semblent faire pres- 
sentir des retations très anciennes de la Grèce continentale avec 
la Crète et avec l'Asie même. Ces relations seraient surtout éné- 
olithiques. Et, à cette occasion, se pose nécessairement la ques- 
tion de l'origine du cuivre, car c'est la première apparition de 
ce métal qui coïncide avec les premières relations maritimes 
étendues et la période énéolithique. 

Et je signalerai à cette occasion des assertions qui m'ont paru 
bien étranges, de l'ouvrage, récemment paru : Les Civilisations 
préhelléniques, gr. in-8°, de M. Dussaud,oùil serait d'ailleurs facile 
de relever plus d'une erreur. Cet ouvrage est en réalité un peu 
en retard sur les découvertes publiées avant lui. Il était composé 
lors de la publication antérieure d'Evans sur les écritures an- 
ciennes. Et beaucoup de ses figures ne sont que des reproduc- 
tions de figures déjà publiées. 

M. Dussaud, qui discute sérieusement l'opinion extravagante 
que : « les premiers colons de Chypre seraient de race thraco- 
phrygienne et aryenne », s'arrête à cette conclusion que : 
« Chypre a été colonisée vers la fin de l'époque néolithique par 
des tribus égéennes apparentées aux Cretois primitifs ». et qu'elle 
a reçu sa première civilisation de la mer Egée. 

J'ai longtemps hésité sur l'opinion émise, notamment par 
Modestov, que « les Chypriotes sont les initiateurs de la civilisa- 
tion du cuivre », opinion contredite absolument par M. Dussaud. 

Mais j'ai maintenant réuni assez de documents, pour prouver 
que Chypre, contrairement encore à l'opinion de M. Dussaud, a 
été en relations avec la Mésopotamie, au moins dès le troisième 
millénaire avant notre ère; et que le premier cuivre, répandu 
dans la Méditerranée, tout au moins, venait de Chypre. Mes preuves 
sont de nature archéologique, historique, et ethnographique. 

Et j'attirerai spécialement l'attention sur la remarquable 
importance des dernières. 

M. A. Guébhard est heureux de voir M. Zaborowski s'efforcer 
de pallier à la méconnaissance trop générale que professent les 
collectionneurs de silex pour les grandes ressources que pour- 
ront leur fournir, pour la chronologie préhistorique, les impor- 



166 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

tantes recherches effectuées en Orient. Là-bas, grâce au che- 
vauchement de l'histoire écrite et de la préhistoire proprement 
dite, des dates, de plus en plus sûres, peuvent être assignées aux 
grandes divisions entrevues ailleurs; et une précision telle s'at- 
tache peu à peu à la détermination des tessons de poterie, comme 
fossiles directeurs, qu'on ne peut s'expliquer que par l'ignorance 
de ces recherches étrangères l'assertion, répétée un peu partout 
par l'éminent publiciste M. L. Franchet, qu'aucune classsifica- 
tion céramique utile n'a jamais été faite avant qu'il s'avisât d'oc- 
troyer à la poterie préhistorique uncoin de case dans le tableau où 
il répartit, d'après leur seule constitution chimique, les terres cui- 
tes, même des temps où n'existait rien qui ressemblait à la chimie. 

M. le D r Gancalon (Paris). — Je félicite M. Zaborowski d'a- 
voir attiré l'attention de la Société sur les découvertes si impor- 
tantes faites en Crète, depuis 10 ans, par John Evans, et confir- 
mées par celles de la mission italienne. L'exhumation des trois 
palais superposés de Knossos et des ruines'de Phœstos ; et, au- 
dessous d'eux, six mètres de fouilles néolithiques ont révélé une 
civilisation aussi ancienne, aussi belle, plus artistique, que la ci- 
vilisation égyptienne et la civilisation chaldééne, moins théocra- 
tique que Tune, moins despotique que l'autre. Nos idées sont 
bouleversées sur la filiation et la chronologie de l'évolution grec- 
que, sur le rôle des Phéniciens, et l'origine de l'alphabet, etc., 
etc. La petite île de Crète, maîtresse de la mer par sa flotte, au- 
rait eu une action immense, non seulement dans la mer Egée, 
mais dans tout le bassin de la Méditerranée. Je serais, pour mon 
compte, très heureux que nos savants collègues, qui connaissent 
parfaitement, je n'en doute pas, ces travaux et ces découvertes, 
nous fassent part de leur appréciation. 

M. le D r Marcel Baudouin admet très bien l'existence d'un 
Centre oriental du Cuivre dans la Méditerranée, et en particulier 
à Chypre, car il y a longtemps qu'on a dit que ce nom n'était 
autre que celui de ce métal. 

Mais il tient à appuyer de toutes ses forces les remarques de 
M. Martial Imbert sur la non-unicité des Centres de Civilisation, 
à l'époque Néolithique, comme à l'âge des Métaux. Il ne croit pas 
à des Centres uniques d'Invention, en se basant seulement sur 
l'embryologie, l'anatomie et la physiologie du Cerveau humain ! 

En ce qui concerne le Cuivre, il espère pouvoir arriver à dé- 
montrer sous peu, d'une façon indiscutable, l'existence d'un Cen- 
tre d'invention (1) et d' utilisation du Cuivre, et ensuite du Bronze 

(1) Voir, plus haut, p. 120. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 167 

dans la Péninsule Armorico-Vendéenne, c' est-à-dire dans la région 
bretonne et vendéenne, on la civilisation mégalithique fut si déve- 
loppée ! 

Certes, il lutte, sur ce point, contre des théories anciennes 
bien assurées, et surtout contre les hypothèses récentes de M. 
J. Déchelette et de M. Siret, qui admettent une importation du 
Cuivre en Bretagne, venant soit d'Extrême-Orient (J. Déchelette). 
soit d'Espagne Siret) ; mais il ne redoute guère que l'opinion 
de M. Siret, en raison de la grande rareté du Cuivre en Vendée 
et en Bretagne, à l'heure présente. — Il est persuadé que, dès 
aujourd'hui, Vimportation méditerranéenne du Cuivre ne peut plus 
pour l'Ouest de la France être prise en considération! 

Son hypothèse est corroborée par les constatations suivantes : 

1° Origine locale, probable, de la Callals [L. Siret ; M. Bau- 
douin, d'après L. Baret, minéralogiste de Nantes]. 

2° Origine locale, probable, des Roches rares [Jadéite, etc.] 
[Lacroix, L. Siret, de Limur, M. Baudouin]. 

3° Origine locale, certaine, de VOr utilisé. [L'or est bien connu 
en Bretagne, Deux-Sèvres, etc.]! 

4° Origine locale, surtout vendéenne, probable, du Cuivre uti- 
lisé, quoique M. L. Siret soit d'une opinion contraire [il le fait 
venir d' Espagne (1) : ce qui reste tout à fait à démontrer !]. 

5° Origine locale, certaine, de YEtain [Tous les auteurs; L. 
Siret] (2). 

6° Origine locale des Vases Caliciformes néolithiques (Quoi- 
qu'en dise M. L. Siret, rien ne prouve que c'est l'Espagne qui 
a commencé, en cette matière ; il est même probable que c'est le 
contraire, qui est la vérité) (3). 

Les arguments les plus typiques, à son sens, pour l'origine 
bretonne-vendéenne d'une industrie du Cuivre, sont : 

1° L'absence de Haches plates sur les côtes de Provence. 

2° La trouvaille d'un moule, pour Hache de cuivre, en Morbihan. 
Et c'est, d'ailleurs, le seul connu! 

Si, comme le veut M. Siret, on avait importé les Haches en 
cuivre en Bretagne, toutes faites, on n'y aurait pas trouvé de 
moule [et, si l'on en a trouvé un, c'est qu'il y avait du cuivre, na- 



(1) S'il en était ainsi, on devrait trouver des objets en cuivre tout le long de la 
côte océanique deVlbtrie au Sud de la Vendée : et ils devraient être plus abondant» 
du côté de l'Espagne qu'en Bretagne, qu'en Gironde, qu'en Vendée, et que dans les 
Cô'es-du-Xord : ce qui n'est pas. 

(2) M. L. Siret a reconnu lui-même que l'on trouve les gisements d'élain et 
d'or, précisément dans les pays où les Mégalithes sont les plus importants. 

•3) La vase caliciforme, très primitif, de l'Ile d'Yeu (Vendée), a été trouvée dans 
une Allée couverte inviolée du type néolithique le plus pur, plus ancienne que la 
sépulture à coupole d'Almérie ! 



168 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

tif ovx autre en Bretagne]; sinon, on en aurait importé aussi bien 
en Provence! 

3° La grande abondance des Haches plates, dans la Vendée et 
dans le Finistère, et non pas dans la région d'Auray et Carnac ! 
— Donc l'invention du Cuivre est indépendante de la plus belle 
Civilisation mégalithique, quoique immédiatement postérieure. 

L'industrie du Cuivre a dû, par suite, débuter dans la Ven- 
dée; celle du Bronze dans le Finistère. 

4° A son avis, les haches bretonnes, célèbres, à léger évase- 
ment, ne prouveraient rien, au point de vue de la théorie de l'im- 
portation étrangère. D'ailleurs M. Siret dit qu'elles sont imitées 
de Haches en cuivre (et non de Bronze). Mais il ne démontre pas 
du tout que ces haches en cuivre, ne sont pas originaires de Bre- 
tagne même! — Cet argument n'a donc pas d'intérêt. 

5° En 1902, l'abbé H. Breuil (1) a écrit lui-même (2) : « Le style 
même des motifs ornementaux ne saurait être identifié à celui des 
haches ornées à bords droits des îles Britanniques, de Scandi- 
navie, ou du nord de la France; s'ily a quelques analogies, il y a 
des différences tropprofondes pour que le rapprochement soit légi- 
time! » — On ne pouvait mieux dire que le Bronze morgien de 
Vendée est complètement différent du Bronze morgien des îles 
Britanniques. — Donc le Bronze breton-vendéen n'a pas été im- 
porté de la Grande-Bretagne. 

Par contre, il est évident comme l'a dit cet auteur, qu'il y a 
des rapports entre le Morgien de Vendée et celui de la Gironde ; 
mais il n'est rien de plus facile à expliquer, puisque le Bronze de 
la Gironde provient, comme celui de la Vendée, de Bretagne ! 

Cette constatation plaide également en faveur de la non im- 
portation du Bronze morgien d'un autre pays étranger, car il est 
évident que celle-ci se serait faite de Cornouailles en Bretagne, 
plutôt que d'Espagne, et surtout que de la Méditerrannée ! 

6° En Bretagne, on connaît deux Sépultures, au moins, qui 
correspondent à ce que j'ai appelé Y Age du Cuivre [Mobilier 
4- Arme en Cuivre}. Or il n'y avait pas là la moindre trace de 
Bronze. — Il faudrait donc admettre qu'il s'agit de Cuivre in- 
dustriel importé, s'il n'y a pas eu d'industrie locale du Cuivre. 

Mais l'importation des objets, à la fin du Néolithique, est sou- 
mise à une Loi, qui nous a été révélée par l'étude de la Distribution 
géographique des Silex du Grand-Pressigny. Celle-ci a montré 
que, tout le long de leur roule, les importateurs ont laissé la trace 
de leur passage, en troquant, chemin faisant, des objets d'impor- 
tation ! 

(1) Revue archéologique, 1902, n« 1, p. 40. 

(2) A propos de la cachette morgienne de Petosse (Vendée). 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANCASIE it>9 

S'il en est ainsi, pourquoi les objets de Cuivre, qui sont à peu 
près de la même époque, auraient-ils échappé à cette Loi ? Si 
l'hypothèse du Cuivre espagnol, due ,à M. Siret, était exacte, on 
devrait trouver, de ces objets, tout le long du rivage atlantique, 
depuis le Portugal jusqu'au sud de la Vendée. — Or c'est ce qu'on 
ne constate pas (1) ! 

De plus, le Cuivre devrait se trouver surtout sur la Côte, 
comme le Grand-Pressigny importé par voie fluviale d'abord, puis 
maritime (Vendée). Or c'est le contraire qui s'observe! — On le 
trouve presque toujours à l'intérieur des terres ; et là, où il n'y a 
pas de Pressigny. L. Siret a écrit lui-même : « Les archéologues 
bretons ont constaté qu'avec le bronze le centre de la civilisation 
n est plus sur la côte : il se trouve à l'intérieur! » 

Il faut en conclure que le Cuivre, comme YEtain, était local. Et 
si la Civilisation, après le Mégalithique, a été réfoulée h l'inté- 
rieur des terres, cela tient beaucoup aussi aux modifications géo- 
logiques survenues sur le rivage dès la fin du Néolithique (Dol- 
mens submergés, etc.). 

II. L. Siret, pour le Bronze, est obligé d'admettre une impor- 
tation orientale par l'Est (2), l'Ibérie ne pouvant plus résoudre le 
problème ! Il était bien plus simple de songer que la Civilisation 
du Cuivre d'abord, puis celle du Bronze, sont nées en Armori- 
que, isolément et successivement, et se sont déroulées dans des 
conditions, identiques ou à peu près à celles du Centre oriental, 
indiscutable aussi. — S'il avait admis cette hypothèse, il n'aurait 
pas été embarrassé pour expliquer la découverte des Cassitérides 
par les Phéniciens, découverte qui, en effet, est inexplicable ! 

Si le Bronze avait été importé d'Orient en Bretagne, il n'au- 
rait pu l'être qu'à l'état de Bronze travaillé, c'est-à-dire au moins 
sous la forme de Hache morgiexne. car il est à peu près cer- 
tain qu'il n'y a pas eu une importation de Cuivre pur travaillé, 
c'est-à-dire de haches plates, dans la presqu'île armoricaine (3). 

Dès lors, ou ne devrait pas constater l'Age du Cuivre en ce 
pays ! 

Dès lors, pourquoi les haches plates en pierre et les haches 
plates en cuivre pur sont-elles plus fréquentes dans cette région 
que partout ailleurs ? 

(1) L'exception, réelle, de la Gironde est facile à expliquer avec mon hypothèse sur 
les Silex du Grand Pressigny [Transport par voie maritime cotière de la Loire 
à la Gironde]. 

(Il Cette hypothèse est en contradictions anifeste avec la Carte des Cachettes de 
Bronze, publiée par J. Déchelette {Manuel). — Au contraire, le Bronze a été de 
l'Ouest à l'Est, de la Bretagne vers le centre de la France, d'après cette carte ! 

(3) Je crois que je le prouve avec succès dans mon mémoire (inédit); voir plus 
haut, p. 120), sur les Haches plates en Cuivre de Vendée. 



170 SOCIÉTÉ PItÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Cette fréquence ne peut s'expliquer que par les trois faits ci- 
dessous : 

1° Il y a eu, en Vendée, un centre isolé ai 1 invention du Cuivre, 
parce qu'il y avait là jadis d'importants gisements ^de cuivre, in- 
connus ou à peu près aujourd'hui. Celui-ci a évidemment pré- 
cédé celui du Bronze. 

2° Il y a eu en Bretagne, un centre isolé, d'invention du Bronze, 
parce qu'il y avait là, jadis, d'importants gisements d'Ëtain. 

3° Ce sont les Hommes qui ont joui de la magnifique Civilisa- 
tion mégalithique du Morbihan, du Finistère, des Côtes-du-Nord, 
de la Loire-Inférieure et de la Vendée, qui ont inventé Y usage 
du Cuivre et les Haches plates. Ils étaient assez évolué pour cela ! 

J'ajoute que, s'il y avait eu importation du Bronze travaillé 
d'Orient sur les côtes de France, il n'y aurait pas de raison pour 
qu'on n'en trouve pas autant au Sud de la France qu' en Bretagne ; 
pour que les navigateurs d'Orient ne se soient pas arrêtés aussi 
bien à l'embouchure de l'Adour et de la Loire que dans les petits 
golfes du Morbihan et du Finistèrel On objectera qu'ils ne sont 
venus qu'en Bretagne et cela parce que là seulement il y avait de 
VEtain... Mais, comment les Orientaux auraient-ils pu apprendre 
qu'en Bretagne il y avait de VEtain, si déjà les hommes de ce 
pays n'avaient pas travaillé ce minerai ? Les prospecteurs colo- 
niaux n'étaient pas encore inventés... — J'avoue que je ne com- 
prends pas la théorie classique. — D'ailleurs, la Carte du Bronze, 
publiée par M. Déchelette, s'interprète encore bien mieux avec 
mon hypothèse qu'avec celle de cet auteur et celle de M. Siret. 



Les Pierres à Bassins. 



DELORT (Gosne, Nièvre). 

La lecture de l'article intitulé De V authenticité des Pierres à 
Bassins dans le B. S. P. F. (n° de septembre dernier) nous 
a inspiré les réflexions et remarques ci-dessous, résultat de l'étude 
attentive de ces pierres. 

Je m'étonne fort que l'on ose encore épiloguer au sujet des 
Pierres à Bassins du centre de la France, et que l'on puisse dou- 
ter, un instant, du travail de l'homme au sujet du creusement de 
ces Bassins. 

Dans Dix années de fouilles, parues en 1901, nous constations 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FHA>CAISE 171 

déjà, page 70, que le travail, remarqué sur les Pierres à Cupules 
et Bassins, devait être attribué à la main de l'homme. 

A cette heure, nous sommes avec tous les Anthropologistes qui 
les ont étudiées depuis, pour affirmer qu'il ne saurait en être au- 
trement. 

Ht voici nos raisons personnelles. — Les Pierres à Bassins que 
nous avons pu étudier se trouvent à La Garde, non loin du fameux 
pont de Garabit, dont les piles en fer reposent sur des soubasse- 
ments granitiques, qui proviennent de la Garde, lieu dit d'accès 
facile. 

Or, tous ceux qui sont au fait des choses de la géologie, savent 
que toute roche granitique est composée de trois éléments prin- 
cipaux : le quartz, le mica, et le feldspath; et que ce dernier élé- 
ment, le plus dur des trois, est celui qui résiste le mieux à la désa- 
grégation de la roche, dans laquelle il reste à peu près indemne. 

En effet en étudiant ces roches, ou Pierres à Bassins, on n'a 
pas de peine à remarquer quelles sonl moutonnées, c'est-à-dire 
que deux des cléments constitutifs de ces roches se trouvent usés 
par le temps, tandis que le troisième, le plus dur, résiste aux in- 
tempéries, et fait généralement saillie sur toute la surface de la 
roche qu'il moutonne. 

Ces principes posés, si le feldspath résiste à la surface de la 
roche, il doit en être de même pour les parois des bassins creusés 
dans ces mêmes roches ! 

Allons maintenant inspecter un de nos bassins petits ou 
grands; ils sont nombreux dans notre champ d'expériences; 
et il en est qui ont jusqu'à l m 25 de long sur m 54 de profondeur. 

Nous n'aurons aucune peine à remarquer à leur surface inté- 
rieure la trace des trois éléments constitutifs de la roche ; mais 
jamais, non jamais, ombre de rien de saillant, rien qui moutonne! 
Qui donc ici a pu user les saillies de feldspath. 

La conclusion est facile à tirer, et il n'est plus permis, après 
cela, de parler d' accidents naturels, de jeux de la nature, et que 



Une main intelligente seule a pu creuser ces bassins et les 
gros blocs où elles ont été creusées peuvent de bon droit être 
considérés comme des monuments de l'industrie préhistorique. 



172 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Origine desjBalIe» polyédriques. 

PAR LE D r 

E. GOBERT (de Reyédef, Tunisie). 

J'ai signalé, précédemment, à la séance du 20 juillet 1910 (v. B. 
S. P. F., p. 417, et suiv., Fig.), la présence et l'abondance, dans 
les alluvions à coups-de-poing et les ateliers paléolithiques du 
sud Tunisien, de Balles polyédriques, a facettes convexes. 

Une expérience facile m'a démontré qu'elles étaient dues à l'ac- 
tion du feu. Il n'y a pas là un fait inattendu : un rognon de silex 
chauffé, également sur toute sa surface, éclate en donnant nais- 
sance à des écailles conchoïdales ; «et le' noyau qui reste prend 
l'aspect d'un polyèdre, à faces légèrement bombées». {A. de Mor- 
tillet). 

Mais, lorsque le chauffage est localisé à un point limité du ro- 
gnon, condition facile à réaliser en le posant sur des braises ar- 
dentes dans un grand vent, un ou plusieurs éclats se détachent 
et mettent à nu un cône, dit de percussion, qu'il serait préférable 
d'appeler cône d'éclatement. 

Ce cône est l'expression d'un ébranlement violent, rayonnant 
autour d'un point fixe, quelle qu'en soit l'origine thermique ou 
mécanique, là où les écailles détachées portent réplique en creux 
du cône et sont craquelées dans leur épaisseur au niveau de son 
sommet. 

La question des balles polyédriques tunisiennes peut donc se 
résumer ainsi, en tenant compte des faits que j'ai indiqués dans 
ma communication précédente : 

1° Le débitage du silex par étonnement a été une habitude cons- 
tante des peuplades paléolithiques de la région Gafsa-Tamerza ; 

2° Il n'est pas encore possible de décider si les éclats ou le 
noyau résiduaire ou les deux à la fois étaient la fin particulière 
qu'elles visaient; 

3° Il est certain que quelques balles portent un tranchant, à 
taille alterne, et ont été utilisées. 






SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



173 



Hache [polie avec Gravure Géométrique. 



Paul de GIVENCHY (de Paris). 



La hache, que je présente aujourd'hui à la Société (1), est une 
hache polie, sur l'une des faces de laquelle se trouve gravé un 
dessin géométrique. Ce dessin 
est un triangle isocèle, renfer- 
mant des croisillons et des ha- 
chures (comme le montre du 
reste la Fig. 1, qu'a bien voulu 
faire M. Adrien de Mortillet). 
Le sommet de ce triangle est 
surmonté d'un commencement 
de perforation. 

Bien entendu, je n'ai pas la 
prétention de vous présenter 
ce dessin comme datant de 
l'époque Néolithique. Mais, sans 
remonter si loin, il se pourrait 
cependant qu'il fut fort ancien. 

Il n'a pas l'allure d'un dessin 
moderne ; et il offre des traces 
d'usure ancienne sur quelques 
points. 

Je pense que cette hache po- 
lie a du servir d'amulette, ou 
de hache votive. Elle est en 
serpentine-magnétique (roche 
noire, avec reflets vaguement 
verdàtres). Comme je l'ai cons- 
taté moi-même, cette hache fait 
osciller faiblement l'aiguille ai- 
mantée. Sa longueur est de : 
m 146; et celle du dessin de 
m 039 (un côté du triangle). 

Cette pièce est dans ma col- 
lection depuis 1903. Aupara- 
vant, elle faisait partie de la 
collection de M. Damour, mem- 
bre de l'Institut, qui l'avait mu- 

(1) Séance du 22 décembre 1910. 




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g, » 

« 5. 




174 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

nie d'une étiquette ne portant aucune indication de provenance, 
mais mentionnant seulement la densité de la roche =2,69. 

Enfin, à l'appui de l'hypothèse d'une hache votive, je ferai re- 
marquer que l'essai de perforation, qui a été commencée dans le 
haut de cette figure, fait venir naturellement à l'esprit, l'idée que 
cet objet devait être destiné à être accroché ou suspendu. 

Et je serais heureux, si cette présentation pouvait donner lieu, 
soit aujourd'hui, soit dans les séances suivantes, à une discus- 
sion, qui puisse jeter quelque lumière sur la signification de ces 
dessins anciens. 

Du reste, moi-même, si j'ai été amené à vous faire cette petite 
communication, c'est à la suite de la très intéressante présen- 
tation, faite le mois dernier, par M rae Crova, d'une hache polie 
offrant des saillies ou sculptures si curieuses. 

M. A. de Mortillet. — Je suis également d'avis que cette hache 
est une amulette, ou quelque pièce gnostique, provenant selon 
toute probabilité de l'Asie Occidentale. — La hache polie date 
certainement de la période néolithique; mais le dessin qu'elle 
porte a été très vraisemblablement gravé beaucoup plus tard. Il 
représente une sorte de triangle magique, qu'il pourrait être inté- 
ressant de comparer avec les figures analogues trouvées en Syrie, 
en Perse ou en Chaldée. 

M. le D r Marcel Baudouin. — Je pourrais donner, à ce propos, 
d'importants renseignements sur les Haches polies de Bretagne et 
de Vendée, considérées comme Amulettes. Je rappellerai simple- 







Fig. 2. — Quelques typps de Dessins sur Maisons en Vendée. — F,égende : VI et X, Croix; 
Triangle ; — XII, Cœur vendéen ; — XI, Triangle, très net ; — X et XII, Cercles Solaires. 



ment ici que, dans mon ouvrage sur la Croix Blanche des Fermes 
du Bocage Vendéen, j'ai signalé l'existence de Triangles, tout à 
fait analogues à celui de cette hache, dessinées sur les maisons. 
Je reproduis ici un cas observé h Vairé (Vendée) (Fig. 2; XI). 
C'est probablement la représentation de l'idée de Trinité. En 
tout cas, ces dessins sur maisons sont destinés à les protéger 
contre les mauvais Génies, et surtout le Diable. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 175 

On remarquera qu'en Vendée presque toutes les Croix de 
Maisons sont supportées par des Triangles (Fig. 2; VI, X); mais 
les Triangles isolés sont assez rares. 

La présence des Cercles solaires (rare) (Fig. 2 ; X b , X a ) nous 
ramène au mythe du Char solaire, c'est-à-dire à la grande divinité 
protectrice, le Soleil! Lu Croix ne résulte que de la Christiani- 
sation de ce Culte solaire, qui remonte, certainement, jusqu'à 
l'Epoque néolithique. 

Je suis de l'avis de M. A. de Mortillet, en ce qui concerne la date 
du triangle de la hache de M. de Givenchy, qui est certainement 
récent, et de l'âge des métaux au moins. Mais rien ne prouve, à 
mon sens, qu'il ait été sculpté en Orient ! Cette gravure peut par- 
faitement avoir eu lieu en Occident, dans l'Ouest de la France 
par exemple. Je connais des haches de Vendée, qui ont subi des 
altérations plus ou moins comparables, haches ayant servi de 
poids pour les horloges, etc., etc. 



Haches polies trouvées dans cfe vieuxbàtiments. 

PAR 

LE GONIAT (Trégomar, Côtes-du-Nord). 

Les haches polies, très communes à Trégomar(Côtes-du-Nord), 
sont désignées, par certains villageois, sous le nom de pierres à 
tonnerre. 

La plupart des haches trouvées sur le territoire de la commune 
ont été vendues à des horlogers de Lamballe; cependant quel- 
ques personnes, qui attribuent à ces armes un pouvoir mysté- 
rieux, les conservent précieusement dans .des cachettes connues 
d'elles seules. Il n'est pas rare de trouver des haches polies, en 
démolissant de vieux bâtiments. 

Je possède dans ma collection deux haches, trouvées au « Clos- 
Perrine » en Trégomar, et au village de « La Tlnerain » en Plé- 
débac. 

La première a été découverte dans un des murs d'une très 
vieille écurie, par M. Cadieu Laurent. Elle a les dimensions sui- 
vantes : Longueur, m 07; largeur à la crosse, m 016; au tran- 
chant, m 037. Poids, 90 grammes. 

Crosse taillée en biseau et aplatie des deux côtés. Tranchant 
incurvé d'un côté, légèrement oblique de l'autre. Bords aplatis. 
Taches de rouille. 



176 SOCIÉTÉ PIIÉH1ST0R1QUE FRANÇAISE 

Cette jolie pièce, en diorite, est recouverte de taches de 
rouille. 

L'autre hache, trouvée également dans l'aire d'une ancienne 
écurie, mesure : Longueur, m I9; largeur au tranchant, m 35; 
circonférence maxima, m 145 ; elle a le talon pointu et son poids 
est de 450 grammes. 

Tranchant droit et ébréché. Bords arrondis. Forme triangu- 
laire. Piquetée sur toute sa surface. 

On a recueilli, auprès de cette dernière hache, une vieille 
pièce de monnaie. 

M. Marcel Baudouin. — J'insiste sur l'intérêt des deux trouvail- 
les citées. — Pour la première classique [Pierre de lonmerre ou 
hache polie, amulette, mise dans un mur pour protéger la Maison 
contre la Foudre], il faut noter les taches de rouille. Il est probi- 
ble qu'on avait mis, dans le mur, avec cette hache, un objet en 
fer, qui a réagi sur la hache par contact en se décomposant. 

La deuxième trouvaille est plus exceptionnelle, car la hache 
ne fût pas trouvée dans le mur, mais dans Taire de I'Écurie, et 
dans une cachette (l). — Cette situation rappelle certaines coutu- 
mes de Protection des Maisons, encore usitées (2), et sur lesquelles 
j'ai déjà iusisté (3) ailleurs. 



(1) 11 est regrettable qu'on n'ai pas recueilli la pièce de monnaie qui aurait donné 
la date de la cachette. 

(2) Marcel Baadouin. — La protection de la Santé publique d l'époque préhisto- 
rique et particulièrement en Vendée. — Bull. Soc. Fr. Hist, de la Méd., Paris, 1909, 
déc. — Tiré à part, 1909, in-8°. 

(3) M. Baudouin et L. Bojnnemère. — Les Haches polies dans C Histoire. Bull, cl 
Mém. Soc. d'Anthrop. de Paris, 1904, t. V, fasc. 5, 21 Juillet, 496-548, 3 Fig. 



[77 



SÉANCE DU 23 MARS 191 



Présidenoe de M. L. COUTIL. 



I. — PROCÈS- VERBAL DE LA SÉANCE 



M. le Secrétaire donne lecture du Procès-verbal de la dernière 
séance [Février 1911]. — Il est adopté. 

A propos du procès-verbal, des notes sont adressées par M. M. Pagès- 
Allary, Colligxon, M. Baudouin, Desailly, Jacquot, Vuarnet, 
Dalmox; elles sont publiées plus loin, avec la discussion qu'elles ont 
soulevée. 

Erratum. — C'est par erreur — une ligne tombée à l'imprimerie — 
que le nom du D r Magxi, de Milan, ne figure pas sur la Liste générale 
des Membres de 1911, comme en 1910. — Il faut y rétablir le nom de 
notre savant et sympathique collègue. 

Correspondance. 

Lettres de remerciements. — M. Barbier. 

Lettres d'excuses. — M. le D r H. Martix. — M. L. Giraux. 

M. le Président du Touring-Club a adressé une réponse favorable 
à la demande d'une plaque indicatrice, sur route, pour la Grotte de Bel- 
leville, à Vendrest (Seine-et-Marne); 2° pour le Dolmen de la, Grosse- 
Pierre, à Verneusses (Eure) . 

Lettre d'envoi de Document. — Photographié, envoyée par M. Jac- 
quot du Hibou à la Tortue, en bronze, décrit déjà ici même. 

Lettre d'Avis. — M. E. Vuarnet (de Messery, H. S.), annonce un 
travail sur l'explication des Signes gravés sur les monuments mégalithi- 
ques. 

Lettre d'avis de Découvertes. — M. A. Masfraxd (de la Société les 
Amis des Sciences et Arts de Rocheclwuart) annonce qu'une Cachette de 
Fondeur vient d'être découverte à Dieulidou, commune d'Oradou-sur- 
SOCIÉTÉ préhistorique française. 12 



178 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Glane (Haute-Vienne). Cette cachette renfermait 6 haches à talon, en 
Bronze. 

M. A. Guébhard présente, de la part de M. Fernand Blanchard, 
conservateur du Musée de Soissons, le plan et des photographies 
d'une double Lignée de pierres debout, découvertes, enfouies, sur une 
très grande longueur, à Guisy (Aisne), sur une propriété de M. Bru- 
nehaut. 

M. Pagès-Allary, en poussant à 3 m. de profondeur ses fouilles de 
Las Tours, sous les fondations des cases qui ne lui avaient donné que 
des restes médiévaux, est parvenu à un substratum néolithique, avec 
haches polies, poteries, etc.— M. Pagès-Allary envoie aussi le plan et 
les premiers résultats de ses fouilles de 1911 à la Bastide de Nozerolles 
(Cantal), qui semblent devoir être très analogues à ceux de Las 
Tours, etc. 

Congrès. — Conférence Préhistorique à Tùbingen (Allemagne). — 
La Société Allemande et la Société Viennoise d'Anthropologie annoncent 
leur réunion commune du 6 au 9 AoûtàHeilbronn {Gisement de Mauer ; 
village néolithique fortifié de Grossgartach), avec excursions, du 10 au 
15, à Stuttgart, Tùbingen, et l'Albe souabe. — I er Congrès universel des 
Races, à Londres (26-29 juillet 1911). 

Décès. — M. Pierre-Octave Heuzé, Chef de Bataillon en retraite, 
Officier de la Légion d'honneur, Commandeur de l'Ordre de Saint-Sta- 
nislas de Russie, décédé à Sézanne (Marne) le 7 mars 1911, dans sa 
63 e année. 

Bibliothèque. 

La Bibliothèque de la Société a reçu les ouvrages suivants : 

Butot (A.). — Essai sur les origines et sur le développement de l'Hu- 
manité primitive [Extr. Rev. de l'Univ. de Bruxelles, 1911, janvier 
[241-276]. — Bruxelles, 1911, in-8°, 40 p. 

Butot (A.). — Discours [prononcé au Cinquantenaire de la Soc. 
£ Anthr. de Paris] [Extr. Bull. Soc. Anthr. de Paris [Cinq.], 1909 
63-67; 360-363]. — Paris, 1910, in-8°, 4 p. 

Butot (A.). — Note complémentaire sur l'authenticité des ossements 
humains quaternaires de Grenelle et de Clichy. Notes sur les nouvelles 
trouvailles de squelettes humains quaternaires dans le Périgord [Extr. 
Bull. Soc. Belge de Géologie, 1910, t. XXIV, Proc. Verb., 358-377]. — 
Bruxelles, 1910, in-8°, 20 p. 

Butot (A.). — Ln homme de science peut-il raisonnablement admettre 
l'existence des industries primitives, dites Eolithiques [Extr. Bull, et 
Mém. Soc. d' Anthr. de Paris [Cinquant.), 1909, 447-473; ou 151-177]. 
Paris, 1910, in-8°, 26 p. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 179 

Conil (P. -A.). — Quelques remarques sur les alluvions anciennes in- 
férieures de la Vallèedu Caudon [Extr. Bull. Soc. Préh. France, 1910]. 
— Paris, 1910, in-8°, 4 p., 1 fig. 

Dubus (A.). — Note sur la Station préhistorique de Hogues, près 
J>orf [Extr. Bull. Soc. Géol. de Normandie, 1909]. — Le Havre, 1910, 
in-8°, 8 p., 13 planches hors texte, dont 12photocologr. 

Baudouin (Marcel). — Découverte et fouille de deux Mégalithes 
détruits aux Tabernaudes, à file d'Yeu [Vendée) [Extr. Ann. Soc. Emul. 
Vendée, 1911]. — La Roche-sur-Yon, 1911, in-8°, 16 p., 6 fig., dont 
1 planche hors texte. 

Houle (Alfred). — Les fouilles de Bury : Cimetière franc [Extr. 
des Mém. delà Soc. Acad. de l'Oise, XIX, 2 p.]. — Beauvais, 1905, 
in-8°, 21 p., 3 pi. hors texte en photocollogr. [Don de ]. 

M. Petit. — Notesur les tumuli d'Aïn-Sefra [Extr. Bull. Soc. Géogr. et 
Arch.de laprov. d'Oran; T. XXV,fasc, CIV].— 3 pi., 12 p.Oran,1905. 

Commission pour la Liberté des Fouilles. 

If. le D r Henri Martin communique, par l'intermédiaire du Secré- 
taire général, les documents qu'il a reçus depuis un mois sur la question. 

Actuellement, il y a quatre-vingt-dix Sociétés savantes protesta- 
taires. 

Dons à la Société Préhistorique Française. 

M. Kessler (de Soultzmatt, Alsace) offre à la Société le Moulage 
d'une épée, dont les creux ont été découverts récemment à Piverone, 
province de Novare (Italie), ainsi que des photographies nous montrant 
les creux au moment de leur découverte, et quelques vases, trouvés 
dans la même fouille. 

Sur la proposition de M. Kessler, la Société industrielle de Mulhouse 
a offert à la Société Préhistorique Française l'ouvrage de Dollfus-Ausset : 
Matériaux pour l histoire des Glaciers. 

Des remerciements sont adressés aux Donateurs. 

Admission de nouveaux Membres. 
Sont proclamés : MM. 

Benoit (Sylvain), propriétaire, Vachères (Basses-Alpes). 

[F. Lazand — Deydier]. 
Didon (Louis), Membre de la Société historique et archéologique du 
Périgord, place du Quatre-Septembre, Périgueux (Dordogne). 

[Gh. Auhlant — A. Delugin]. 
Roche (P.), Licencié ès-sciences, 56, Grande-Rue, Besançon (Doubs). 

[A, Guébhard. — L. Coutil. 



180 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Présentations. 

A. Guébhard (Paris). — Bronzes de la plus ancienne trouvaille des 
Alpes-Maritimes. — Discussion : A. de Mortillet, Atgier, Taté, De- 
yrolle, Hue, Viré. 

L. Giraux (Seine). — '■ Hache polie à face altérée provenant du Dane- 
mark. — Discussion : Marcel Baudouin, A. de Mortillet. 
■ O. VauvillÉ (Paris)* — Objets de sépultures néolithiques de Montigny- 
l'Engmin. — Discussion : Marcel Baudouin. 

Chapelet (Paris). — Présentation d'une hache à bords relevés du Jura. 
— Discussion : A. de Mortillet, Hue, Marcel Baudouin. 

Naulin (Paris). — Présentation de vases à trous du Moyen âge. — 
Discussion : Marcel Baudouin, A. de Mortillet, Taté. , 

A. de Mortillet (Paris). — Une ceinture de chasteté ancienne. — Dis- 
cussion : Marcel Baudouin. 

A. Guébhard (Paris). — Photographies et plan d'une double lignée de 
Pierres debout, découvertes à Cuisy [Aisne), dues à M. F. Blanchard (de 
Soissons). — Discussion '.Marcel Baudouin, A. de Mortillet, A. Viré. 

Communications. 

Marcel Baudouin (Paris). — Le Pas de Dieu de l'Eglise Sainte-Rade- 
gonde, à Poitiers. 

L. Coutil (Eure). — Fouilles dans la Forêt de Bord,, à Incarville. 

Ch. Aublant (Périgueux). — Gravure sur rocher, à Ecornebœuf, 
Drès Périgueux. 

Barbier (Eure). — Sépultures gallo-romaines à Pacy-sur-Eure . 



II. — NOTES ORIGINALES. 



Fouilles clans In Forêt de Bord, près Incarville, 

[Prise de Date] 

M. L. Coutil annonce le début de ses fouilles dans la forêt de 
Bord, prés d'Incarville ; il a découvert uii premier groupe de cons- 
tructions, arasées au niveau du sol ; un deuxième groupe à 60 mè- 
tres plus loin, dépassant le sol sur une longueur de 10 mètres; 
un troisième édifice fort important, d'au moins 25 mètres avec 
colonnade encore très apparente de lk mètres, soubassement en 
pierre de m 75 de large, et des colonnes ayant pour base m 70 ; 
ce doit être un temple. D'autres points restent encore à reconnaî- 
tre ; l'ensemble des fouilles porte sur près de 170 mètres carrés. 

(1) Séance de février 1911 .' 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1$1 



Le mot Cbiron et se» dérivés. 

M. Pagès-Allary (Murât). — Comme suite à ce que j'ai dit, 
relativement aux vocables connexes ou de même sens, c'est-à-dire 
marquant, à des époques différentes, par un mot différent, le même 
fait saillant d'un lieu habité ou à dénommer, voici, seulement, 
pour l'arrondissement de Murât, le nom des principaux villages, 
avec le nom de la commune où ils se trouvent, et rappelant 
l'idée de Pierres, à des temps variables comme le mot. 

1° Communes: Cheylade, Le Caire. — Marchastel, Laquèrie. 
— Saint-Amandin, Laquèrie. 

2° Peyrusse, Chirol. — Saint-Bonnet, Le Chazal. -*- Les Cha- 
zeaux (Chazèaux). — Saint-Saturnin, Chazelowp. — Vèze. 
Chazes. 

3° Saint-Amandin, Peyrelaigue. — Charmansac, La Pironnel 
ou Peyrounel. — Lavigerie, Peyregarri ou Peyreguerre, Peyre 
Arse. — Ugarde, Peyrolet. — Saint-Saturnin, Peyrelade. — 
Claux, Pas de Peyrol (1582 m ) ; puis le Puy Mary. 

Il y a aussi une infinité de fermes, qui portent le même nom ; 
toujours on y voit : des Pierres, des Caves, des Ruines, dans lès 
deux premiers cas préhistoriques ; dans le troisième cas du 
moyen âge. 



Le Mot Cro en Préhistoire. 



M. le D r H. Dalmon (Bourron, Seine-et-Marne). — Je suis 
heureux de voir que la Philologie tend à prendre sa place en 
Préhistoire. Puisqu'on pousse l'enquête sur les dénominations 
de lieux, il serait intéressant d'arriver à ker, à crau, et surtout à 
cro. En Seine-et-Marne, nous avons plusieurs lieux dits : le Croc 
marin, le Croc de Recloses : stations néolithiques connues, situées 
au milieu des pierres, les grès en rognons dénudés de Fontaine- 
bleau. Nous avons Cro-Magnon. — ■ Est-ce pierreux? — Il y a là 
une enquête intéressante à proposer à nos collègues sur les Cro- 
de France. 



182 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Tranchets et Décarnisation. 

* ■' [Prise de Daté]. 

M. O. Vauvillé présente des objets divers, provenant de ses fouil- 
les, faites en 1887 et 1888, d'Allées couvertes de l'époque néolithique 
en Montigny-l'Engrain( Aisne). — Il donne des renseignements sur les 
inhumations d'une Allée couverte, de 7 m. 90 de longueur, de diver- 
ses largeurs, et de 1 m. 30 de profondeur, au-dessous du niveau 
actuel du sol. Ce monument funéraire contenait quatre groupes bien 
distincts de sépultures à inhumations : l'un d'eux, de 2 mètres de 
longueur sur 2 m. 70 de largeur, contenait 48 squelettes humains, 
sur 4 couches, les pieds tous tournés vers le centre, vers le 
milieu se trouvait aussi 4 squelettes ; ce qui formait un total de 52, 
compris dans un aussi faible espace . Les squelettes des trois autres 
groupes avaient aussi la même disposition méthodique, indiquant 
des inhumations faites d'une longue durée. Les fouilles ont fait 
découvrir 162 pièces en silex polis ou taillés, des objets divers, et des 
poteries . 

Parmi les silex taillés, on remarque que, sur 53 petits Tranchets 
(dont un est emmanché), 48 sont plus ou moins ébréchés sur le tran- 
chant; il en est de même sur des lames ou couteaux, qui sont forte- 
ment ébréchés sur les deux tranchants. Ces constatations peuvent faire 
supposer que ces instruments ont peut-être été employés, comme 
le pense M. leD r Marcel Baudouin, pour le Décharnement des Corps. 

Ce fait expliquerait probablement les 52 squelettes, trouvés dans 
la faible cavité dont il vient d'être question (1). 



Discussion sur l'Age du Cuivre. 

M. J. Pages- Allary (Murât). — Dans l'état actuel de nos connais- 
sances préhistoriques (2), j'estime, peut-être à tort, que nous allons 
trop vite, en créant un Age du Cuivre, avant un Age du Bronze; Age 
étant employé pour Civilisation, ou mieux Evolution, ne pouvant 
s'appliquer que pour un lieu déterminé; car elle était au moins aussi 
différente autrefois, suivant la race et le climat, qu'elle l'est encore 
aujourd'hui suivant le milieu. 

A la fin de la civilisation Néolithique de notre Gaule Française, je 
ne puis concevoir que la Découverte du Cuivre, appelé dans le com- 



(1) Séance du 23 mars 1911. 

(2) « Le titre Critiques paradoxales » exprimerait plus justement l'intention de 
l'auteur, de provoquer, par échanges d'idées, plus de preuves ou de faits sur cette si 
importante évolution progressive des métaux. — [Voir Bulletin de février, 1911], 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 183 

merce Cuivre Rouge, ait précédé celle des Métaux blancs, beaucoup 
plus fusibles, plus communs, plus facilement réductibles, et jouant 
le premier rôle de fondant dans le Bronze, avant de lui donner bien 
d'autres qualités. 

En effet, les scories du foyer de cuisine, ou mieux du potier nèoli* 
thique, ont dû révéler alors aux ignorants, mais si curieux obser- 
vateurs de notre Gaule comme bien avant, et aussi bien après, dans 
beaucoup d'autres pays du globe), des culots métalliques, dont la 
première utilisation a été faite par la fusion et le moulage, avant le 
martelage. Celui-ci indique déjà un grand progrès en métallurgie, 
puisqu'il faut admettre la qualité du métal, donc sa pureté, par l'affi- 
nage des fusions successives, dans le cas spécial du cuivre sans 
mélange. Certainement le cuivre natif, qui ne se trouve qu'en 
Amérique, de même que dans les sables de la Bolivie à l'état 
d'oxyde Cu 2 ou d'hydrocarbonate, a pu exister en France; mais 
il ne faut pas perdre de vue que c'est l'exception, et que ses vérita- 
bles minerais, abondants en Europe, sont les sulfures Cu 2 S (Chalko- 
sine) et Cu 2 S -f- Fc 2 S 3 (Chalkopgrite), ou simplement Pyrite cuivreuse; 
donc des minerais demandant 'déjà une manipulation empirique i/n- 
portante et compliquée, savante, non de mots, mais d'observations, défaits- 

Si nous considérons la quantité énorme de bronze et de cuivre 
utilisée, si d'autre part nous envisageons tout ce qui en a été fondu 
et refondu, nous ne devons pas nous étonner qu'avec les progrès 
dans l'art du feu nos anciens soient arrivés du Bronze au Cuivre, donc 
à la fusion et au moulage de ce dernier : ce qui est déjà un très beau 
résultat, et l'œuvre de longues années de fondeurs sachant chauffer 
de 1.050 à 1.100°. 

J'admets même que l'on ait trouvé et épuisé le cuivre natif. Est-il 
soutenable qu'il y en ait eu partout autrefois ? Non. Tandis que par- 
tout nous trouvons du bronze utilisé. 

Il faudrait admettre des exceptions, possibles, pour la Vendée 
comme pour Chypre, comme celles actuellement du Lac supérieur 
de l'Amérique du Nord. Mais, si les Néolithiques de Vendée avaient 
eu des blocs de 450 tonnes de cuivre natif, mesurant comme à 
la mine de Minnesota, 1.000 tonnes (13.75x6.7x2.70) ou (19.80X 
9.45X1.27) comme à l'autre mine américaine du Phénix, je ne vois 
pas bien l'effet des haches en pierres, même polies, capables 
de les entamer pour les utiliser, sans d'autres outils métalliques 
plus durs. Donc pas le Cuivre Rouge, mais au moins le Bronze. Il vaut 
mieux supposer les morceaux plus petits. Ou, plus probablement, 
qu'à Chypre, comme en Vendée, c'était du sable de cuivre, comme au 
Chili, le barille de cuivre à 60 ou 80 pour 0/0 de cuivre et 40 à 20 
pour de quartz. Ou de l'Azurite, 2 Cu0 3 Cu (04 2 ) des Cornouailles 
d'Australie, ou d'autrefois à Chessy, près de Lyon. 



184 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Car, si nous tombons dans les si abondantes Pyrites (l'or des ânes), 
nous sommes obligé d'admettre que le Bronze a précédé de beau- 
coup le Cuivre pur, en de bien nombreux et différents centres. Et que 
les habiles ouvriers du Bronze savaient beaucoup de choses que 
nous ne croyons pas, mais que nous constaterons et admettrons par 
force un jour, en rompant le cercle, la ceinture trop étroite, la mu- 
raille funeste, dans laquelle, nous sommes toujours tenté de classer, 
d'enfermer la Science, que nous considérons toujours n'être que ce que 
nous en savons, même (oh ironie !) au siècle du radium et de l'aéro- 
plane. 

M. Desailly (Paris), ingénieur des mines. — C'est un tort de 
croire qu'il fût difficile jadis de travailler les minerais de cuivre. C'est 
le contraire qui est la vérité, pour les Carbonates de Cuivre surtout, 
dont le traitement est extrêmement facile. 

Je donne, ci-dessous, pour ceux que la question intéresse, une 
importante bibliographie du métal Cuivre natif '(1), auquel on pourra 
se reporter. 

M. le D r Marcel Baudouin. — Je vous annonce la découverte 
d'une Trente-septième hache plate, en Vendée, à Saint-Martin-de- 
Brem, centre de mes fouilles. — De plus, je viens d'en retrouver 
deux autres, découvertes à Nalliers, en 1857, et déjà publiées par 
B. Fillon, en 1863. — Cela porte mon total à trente neuf, pour 
aujourd'hui ! — Je suis convaincu qu'on en découvrira bien d'autres 
en Vendée désormais ! 

Je ne veux pas suivre les orateurs précédents sur le terrain théo- 
rique. Je ne veux que colliger ici des faits, c'est-à-dire des Obser- 
vations bien prises. Cela fera avancer la question du Cuivre bien 
plus vite qu'on ne se le figure ! 

Cherchons d'abord des haches et des poignards ; et nous discute- 
rons après. — Nous avons, je le répéterai toujours, l'éternité pour 
nous disputer. 



(1) Bibliographie du Cuivre natif: Brongniart. Traité de Minéralogie, 1807 . — 
Hauy. Idem, 1822. — Mohn. Idem, 1822. — Beudant. Idem, 1824. — G. Rose. Beise 
nach dcm Urat, 1837, vol. I, p. 313, 401; vol. H, p. 453. — Hardinger. Journal 
des Sciences d'Edimbourg, 1826, vol. 1,58. — Levy . Description d'une collection de 
minéraux, formée par Heuland, vol. III. — Hardinger. Sitzungsber. de l'Académie 
de Vienne, 1863. — Schrauf. Mineralogische Mittheilungen, 1872-1873. — Zer- 
renner. Idem, 1874. — N. von Kokscharov. Materialien zur Minéralogie Russ- 
lands, 209. — G. Seligmann. Verhandl. naturhist. Ver. Rheinl., 1876. — P. von 
Jeremejen. Krystallog, 1877. — G. von Rath. Krystal, 1878. — L. Fletcher. Phil. 
Mag., 1880. — Von Lasaul. Sitzungsber. Niederrhein Ges., Bonn, 1882.— Von Foul- 
lon. Geol. Reichsanstalt, 1883. — Broun. The Journal from the american Se, 
1886. — Dana. Journal of Science, décembre 1886. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 185 

M. .1. Pagks-Ali.ary. — Je me range complètement au sage 
conseil de M. Baudouin : du prouvé ; mais il faut, avec la biblio- 
graphie, du nouveau à la Préhistoire. D'où la l re question à résoudre : 
Est-ce par la fusion [ou par le martelage des métaux que l'homme a 
commencé ? Autrement dit : Est-ce l'or et le cuivre natif, ou les 
métaux blancs plus fusibles, qui ont été les premiers utilisés? 
Là-dessus une discussion — sans vigueur, donc sans personnalité — 
serait urgente, cette année. 



Une hache plate à bords relevés. 

PAR 

CHAPELET (de Paris . 

La communication, faite le 23 février 1911 par M. le D r Marcel 
Baudouin sur « la découverte du Centre Occidental de l'Age du 
Cuivre en Vendée a, m'amène à vous présenter une hache, sinon 
en cuivre, du moins bien pauvre en étain, si Ton s'en rapportée 
l'aspect du métal mis à nu sur le tranchant, et aussi peut-être à 
la patine vert clair, qui ressemble plutôt à celle du cuivre, les 
altérations du bronze étant ordinairement plus foncées. 

L'analyse du métal n'ayant pas été faite, nous ne pouvons être 
trop affirmatif. 

Cette hache est à bords droits peu accentués, ou plutôt rele- 
vés, non par le martelage, mais ménagés sur le moule dans lequel 
cette hache a été coulée. 

MM. G. et A. de Mortillet figurent, sous le n° 794 du Musée 
Préhistorique, une hache de même type, trouvée à Rennes (Doubs), 
sous la désignation de hache à rebords droits à peine indiqués, de 
l'époque Morgienne. 

M. Déchelette, dans son Manuel <T Archéologie préhistorique , 
celtique et gallo-romaine, représente, figure 81-2, une hache à 
bords droits peu élevés, trouvée à Vienne (Isère). 

Ces haches sont abondantes, surtout dans la Gironde ; on les 
rencontre fréquemment sur les côtes de l'Atlantique et de la Man- 
che; l'Est en a fourni aussi un certain nombre. 

Celle-ci a été recueillie à Cussy-la-Colonne, canton de Bligny- 
sur-Ouche, arrondissement de Beaune, au cours des travaux de 
construction de la ligne du chemin de fer d'Epinac à Beaune. 

Les conditions particulières de la trouvaille me sont inconnues. 

Cette hache mesure m 175 de longueur, m 067 de largeur au 
tranchant; son épaisseur maximum est de m 01, non compris les 
bords ; son poids est de 446 grammes (Fig. 1). 



H 



486 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



Il pouvait être intéressant de signaler cette pièce, en raison de 
sa découverte presque au centre de la France et de son éloigne- 
ment des deuxpoints d'importation du bronze, et sans doute aussi 
du cuivre. La Suisse et le Jura d'une part, les côtes de l'Atlan- 
tique, de la Gironde au Finistère, d'autre part, en tenant compte 
de nombreuses découvertes faites dans cette partie de la France, 
depuis quelques années. 

Si l'on considère la hache plate comme type primitif, la pre- 
mière évolution est représentée par la hache à bords martelés ; la 




Fig. l f — Hache à bords relevés du Jura français. — Echelle : 1/2 Gr. nat. 

seconde par le relèvement des bords au moulage . — C'est ce que l'on 
constate sur cette hache, qui serait de la Période II du Bronze, 
d'après la classification donnée par M. Déchelette, dans son 
Manuel précité. 



M. le M. D r Baudouin. — On me paraît confondre, dans cette 
question des Haches plates, plusieurs ordres de choses. 

Ce que j'ai appelé, dans ma note, le type évolué n'estni la hache 
à bords martelés, ni la hache à bords relevés au moulage ! — Mon 
type : Hache plate, primitive, de type évolué, est une Hache 
plate, sans le moindre bord, ni relevé par martelage, ni relevé au 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 187 

moulage ! — C'est une hache plate à bords concaves (et non droits), et 
à tranchant évasé, sans aucun martelage et sans le moindre bord ! 

Par conséquent, la pièce de M. Chapelet ne ressemble pas à 
nos haches de Vendée. — C'est un type intermédiaire entre ma 
variété plate évoluée et la hache à bords droits. J'accepte très 
bien le terme : à bords relevés, quoiqu'il puisse prêter à la confu- 
sion. 

Quoiqu'il en soit, cette pièce est très intéressante ; ce doit être, 
en effet, un type primitif du Premier âge du bronze [Morgien ou 
Prémorgien); mais ce n'est pas un type de VAge du Cuivre, à mon 
avis. — D'ailleurs, elle a été trouvé à l'Est de la France, dans le 
Jura, où le Bronze lui-même est très rare [Voir la Carte de 
M. Déchelette]. 



Le Cuivre en Bretagne. 

PAR 

G. GUÉNIN (de Brest). 

M. le D r Marcel Baudouin, pour démontrer l'existence d'un 
Centre d'invention et d'utilisation du Cuivre dans la péninsule 
armorico-vendéenne, ne « redoute guère que l'opinion de M. Si- 
ce ret, en raison de la grande rareté du cuivre en Bretagne et en 
« Vendée, à l'heure présente (1). » — Rien n'est plus facile que de 
montrer la vraisemblance de l'hypothèse, émise par M. le D r Mar- 
cel Baudouin. Il y eut, en Bretagne, et, sans doute, en Vendée, de 
nombreux gisements de Cuivre, livrés à V exploitation ! 

a) Sans vouloir remonter plus haut que le xvi e siècle, en 1519, 
une Commission royale est adressée aux juges de Quimper, Car- 
haix, Morlaix et Tréguier, pour informer des « larcins opérés es 
mines d'étain, plomb, cuivre..., etc. » 

b) En 1640, dans un ouvrage devenu très rare, « La restitution 
de Pluton », Martine de Bertereau, dame et baronne de Beauso- 
leil et d'Auffembach, exposait le résultat des recherches, qu'elle 
avait entreprises, avec son mari, pour découvrir en Bretagne des 
gisements de Cuivre. En 1779, Gobet, dans ses « Anciens minéra- 
logistes du Royaume de France », édité chez Ruault, à Paris, rue 
de la Harpe, consignait à nouveau les renseignements de la dame 
de Beausoleil, et les donnait aux pages 313-320 de son volume, 
presque introuvable aujourd'hui (2). 

En classant les indications de Martine et de Gobet, les mines 

(1) Soc. Prëh. franc, tome VIII, p. 167. 

(2) Nous devons ces renseignements à l'obligeance de M. Maillot, élève à l'école 
des Mines. 



18*8 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE DE TRÀNCE 

de Cuivre, signalées au xvin e siècle, étaient, en suivant les côtes, 
à partir de la baie de Saint-Brieuc : 

Lanvellec, près de Rosambo, « mine de cuivre, qui contient de 
« l'or, dont la fontaine minérale (1) est dans une lande près de 
» Tanascole ». Treduder, près de Saint-Michel-en-Grève, « une 
« très bonne et riche mine de cuivre, plomb et argent, dont les 
« rameaux sont très considérables. » Bourbriac, « dans les bois 
,« -de M. le marquis de la Rivière, une mine de cuivré. » Il im- 
porte de remarquer que ces trois stations se trouvent sur une li- 
gne nord-ouest-sud-est, et que, du nord au sud, on a Treduder, 
Lamellec et Bourbiac. 

Dans le Finistère, « dans la paroisse de Crozon, proche le bore 
de la mer, en face de la rade de Brest, une mine de cuivre. — Ai 
Ry, proche de Douarnenez, sur le bord de la mer, une riche 
mine, qui contient plusieurs rameaux d'or, d'argent, de cuivre. 
— Paroisse de Duve (?), une mine de cuivre. — Près Corro^ 
(lire Coray), une mine de cuivre. — Au moulin de Ver, prèi 
Quimper, une bonne mine d'argent, qui a quelques rameaux de 
cuivre. — Enfin, dans le Morbihan à Beaugat, près Malestroit 
une mine soupçonnée de cuivre. » .*■ T 

c) Au xix e siècle, de Fourcy, 'l'auteur d'une carte géologique 
-du .Finistère, signalait, vers 1840, du cuivre au Huelgoat et près 
de Gourin ; et de Lapparent, dans la 3 e édition de son Traité dt 
Minéralogie, indique à Luçon, de l'énargite, arsénio-sulfure de 
cuivre, facilement fusible (page 599). 

Tels sont les renseignements que nous avons pu recueillir sui 
les mines de cuivre en Bretagne. Ils expliquent : 1° l'abondance 
t ûts haches en cuivre du Finistère, où les gisements sont nom- 
breux ; 2° leur absence du Morbihan, où il ne semble pas qu'il \ 
ait eu de véritable mine de cuivre, bien que l'on ait trouvé ur 
moule en cuivre. . . 

Il y aurait enfin, à se demander si les haches en cuivre, trou- 
vées en Bretagne, coïncident dans leur répartition avec celle de! 
filons de cuivre signalés au xvm e et xix e siècles. N'ayant pas lei 
éléments voulus pour solutionner ce problème, nous laissons i 
. d'autres ce soin, nous bornant seulement à montrer qu'une fois 
de plus l'une des hypothèses de M. le D r Marcel Baudouin se 
vérifie pleinement. 

M. le D r Marcel Baudouin. — On lit, dans Y Intermédiaire da 
Chercheurs et Curieux du 30 mars 1911 (p. 401) : « Existe-t-il dam 
l'Europe occidentale des gisements de Cuivre natif, autres qu< 
celui de Friedrichtsegen,près d'Ems? J'ai entendu dire qu'il y ei 
avait dans le Var ?» — Il serait intéressant d'être fixé sur ces points 

(1) Lisez les principaux filons ou les premiers filons. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE DE FRANCE 189 

Relation du redressement de la table 

et des quatre supports du Dolmen 

« La Grosse Pierre » ou ï*ierre Couplée, 

de "Verneusses (Eure) (4). 
[Prise de Date], 

M. L. Coutil. — Le monument appartenant à un groupe de 
trois Dolmens, tous effondrés, nous avons commencé la restaura- 
tion de celui qui était le moins compromis, comme aspect, 
bien que la difficulté fut plus grande, un des supports étant 
complètement en-dessous, entre deux autres également écrou- 
lés. 

La difficulté consistait au peu d'espace pour placer les crics 
destinés au redressement, et au calage progressif de la table, puis 
au dégagement du support, couché horizontalement etemprisonné 
sous la table, opération exigeant de grandes précautions, car, à 
deux reprises, la table descendit brusquement de m 08, lorsqu'on 
enleva les crics et que la table reposa librement sur ses cales. 

Une autre difficulté provenait de la présence d'un énorme sapin, 
situé contre le monument, au nord-est, et dans les grosses racines 
circulant sous les supports : cet arbre a causé la chute du monu- 
ment, et, s'il n'est pas abattu, il amènera encore un nouvel acci- 
dent. 

Un chêne, situé près du support sud, menace aussi l'unique 
support resté en place, quoique très incliné, et que nous n'avons 
pas redressé, et, simplement consolidé en le calant fortement à 
l'intérieur. 

Nous avons replacé verticalement le support ouest tombé en 
ors, sur le bord du chemin, relevé le support nord, couché k 
plat sous la table, remplacé un nouveau support à l'est, car on 
l'avait enlevé. Quant au support situé au sud-est, nous avons dû 
faire sauter l'angle supérieur, pour obtenir l'adhérenceà la table; 
mais, quand nous avons enlevé les quatre crics qui avaient servi k 
enlever la table horizontalement, celle-ci s'est écartée de ce sup- 
port de la même quantité (0 m 02 que nous avions dû enlever); 
il n'est pas surprenant qu'au dernier moment les aspérités des 
autres supports aientainsiproduit cette petite différence de niveau, 
que nous ne prévoyons pas. 

La table est fort lourde; elle est en poudingue en-dessus, et en 
grès en-dessous ; son épaisseur est en moyenne de m 60, et arrive 
a m 80; sa forme triangulaire mesure sur ses trois faces 3 m 55 k 
1 ouest,. 4 mètres au nord, et 3 m 90 au sud-est ; nous l'avons relevée 

(1) Séance du Jeudi 23 mars 1911. 



190 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

de près de m 75 environ au nord, au-dessus du niveau de la butte ; 
la table s'élève du même côté à l m 10, si on prend le niveau du 
chemin, car le dolmen est entouré d'une butte de cailloux et re- 
couvert de gazon sur près de m 40 à m 50 de relief: ce quipermel 
de supposer que primitivement il était sous tumulus. 

Comme le centre du dolmen était très creux et rempli de près 
d'un mètre cube de verre cassé et de vaisselle brisée, nous avons 
tout enlevé et cherché jusqu'au niveau du sol naturel, sans trou- 
ver d'objets ou d'ossements humains ; il a donc été minutieuse- 
ment vidé avant nous : nous n'avons pas osé aller jusqu'au pied 
même des supports, dans la crainte d'un éboulement. 

Nous avons obtenu leclassement de ce Dolmen, en févrierl911, 
et fait placer une plaque indicatrice à nos frais. Le Touring Club 
de France, quia déjà fait placer sur nos instances des plaquesindi- 
catrices sur route pour les monuments classés de la Normandie, 
nous a promis deux plaques pour le dolmen de Verneusses; le 
Président de cette Association mérite de nouveau notre sincère 
gratitude. 



Les Ruines romaines d'Inc ai* ville (1), forêt de 
Bord, lieu dit le Testelet. 

[Prise de Date]. 

M. L. Coutil rend compte des fouilles qu'il a exécutées depuis 
le 14 mars, à la lisière de la Forêt de Bord, le long d'un vieux 
chemin encaissé dit Vieux chemin de Rouen. Les ruines dissimu- 
lées sous la mousse et généralement sous les arbres de la forêt 
occupent un espace de 195 mètres sur 170 mètres ; les construc- 
tions étaient orientées du nord au sud et de l'ouest à l'est, avec 
déclinaison de 20° vers l'est. 

1° Du nord au sud, il a découvert un mur d'enceinte, de 1 mè- 
tre d'épaisseur et un édifice d'angle de 13 mètres de long. 

2° A 40 mètres vers le sud, des constructions également rui- 
nées sur 16 mètres, avec vaste appartement pavé de 12 mètres 
carrés. 

3° A 37 mètres, autre construction de 8 mètres de côté, avec 
murs adjacents démantelés. 

4° A 58 mètres, autre construction de 14 mètres sur 19, divi- 
sée en deux parties. 

5° A l'ouest du second groupe, à 30 mètres et à l'ouest, une 
habitation très soignée de 10 m 50 sur 12 m 75, avec des murs de 

(1) Séance du jeudi 23 mars 1911. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 191 

m 80 et même l ,n iO, soigneusement appareillés : une assise de 
pierres fort larges et épaisses se dirige perpendiculairement 
sur 15 mètres de longueur ensuite ; on retrouve le pavage d'une 
construction, et un mur prolongeant la rangée de pierres. 

Aux deux extrémités de cette longue muraille de pierres, il a 
trouvé une base de colonne de m 70 de diamètre et un fût de 
m 40 ; il y avait donc une colonnade très importante de 15 mè- 
tres et peut-être même 25 mètres : c'est le point le plus impor- 
tant de ce cinquième groupe de ruines, qui formait un tout, mesu- 
rant au moins 38 mètres sur 20 mètres. 

Malheureusement, on a rasé et même démantelé ces murs au 
ras du sol, et, trop souvent même, enlevé jusqu'aux fondations. 

6° Au sud-ouest, il a retrouvé, à 50 mètres de ce dernier 
groupe, une muraille appartenant à un sixième édifice, qui était 
relié à la muraille de clôture de 1 mètre d'épaisseur. 

La relation plus complète de ces fouilles doit être donnée dans 
une quinzaine de jours au Congrès des Sociétés savantes, à Caen. 



Discussion sur les Haches polies. 

M. Georges Baquié (Nissen Hérault). — Dans mes campagnes de 
recherches, durant les mois d'été, j'ai remarqué, dans l'Ariège, di- 
verses superstitions, analogues à celles citées par mes collègues de 
la Société Préhistorique Française. A Tourtrol (Ariège), un institu- 
teur m'a donné une hache polie en pierre dure ; mais il n'a pas 
voulu se démunir d'une autre ; il est certain qu'il attache à ces 
objets un pouvoir magique. Dans le fond du rideau de la porte 
d'entrée de sa maison, il a cousu ces armes, et les regarde comme 
des talismans. 

Dans la majeure partie des villages de l'Ariège, il n'est pas rare, 
avec un peu de soin, de découvrir la hache polie, sous le seuil de 
la bergerie, soigneusement cachée. Une hache, mise dans l'eau 
d'une source, ou même dans le baquet où vont boire les moutons, 
est un moyen sûr, d'après les paysans, d'éviter les maladies du 
bétail. 

Si un paysan trouve une hache dans un champ, il la porte 
sous un arbre voisin, pour le protéger de la foudre, si la décou- 
verte a lieu dans les dépendances de sa demeure ; il porte sa trou- 
vaille dans les trous du mur de sa grange ou de son écurie, prête 
a servir aux usages que j'ai eu à remarquer. 

On doit donc, lorsqu'on rentre dans la demeure d'un paysan 
de la montagne, ne pas manquer d'explorer les endroits dont je 
viens de parler. Il s'est présenté des cas, où les haches polies se 



192 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

sont trouvées, sous mes yeux, tout naturellement posées sur la 
cheminée, entre un rameau béni et un vieux fus il. Ne pas se 
presser; être prudent dans ses paroles ; et, si Ton est connu dans 
le pays, la hache est vite dans votre poche; et le paysan est sou- 
vent très heureux de vous avoir fait plaisir. 



Le Chien en Préhistoire. 

M. Georges Baquié. — Le Chien magdalénien a été découvert 
dans le massif rocheux de la Clape (Aude), à la grotte de la Crou-^ 
rade (Environs de Gruissan). [Fouilles delà Commission Archéo- 
logique de Narbonne. Fouilles de Tournai (Au musée de Nar- 
bonne). Fouilles de L. Ferlus-Baquié]. Ce dernier découvrit, une 
mâchoire inférieure, fort bien conservée (Collection Ferlus, à Foix, 
Ariège), ainsi que des fragments de mâchoires de « Sus » (Col- 
lection G. Baquié, Nissan, Hérault). 

M. Gaurichon. — Je signale un oompte-rendu des séances 
de l'Académie des Sciences (27 mars 1911), une très intéressante 
note, au point de vue de Y origine du Chien. 



Découverte d'un Souterrain en Haute-Savoie. 

[Prise de Daté]. 

M. Emile Vuarnet (Messery, Haute-Savoie). — En automne 
1909, M. Jordan labourait dans un champ, appelé les Champs 
d'Argy, proche le Château de Jouvernex, commune de Margen- 
cel (Haute-Savoie). Le terrain argileux céda tout à coup; et un des 
bœufs de l'attelage s'enfonça à moitié dans une Excavation incon- 
nue, de forme ovoïde, ayant l m 70 de profondeur sur autant de 
largeur sans aucune muraille; un canal étroit dégorgeant sans 
doute à 30 mètres dans un ravin en assurait le drainage. Il n'y 
avait rien dans cette cachette. En hersant, le fils de la maison 
trouva non loin de là un petit Serpent à double tête, en or, d'un 
travail très fin ; je l'ai acheté. Dans le village de Jouvernex, j'ai 
acheté également un petit lion, en bronze, ayant la patte droite 
sur l'S symbolique gaulois de la même grandeur, et de la même 
forme que mon double serpent en or. Ce petit lion avait été 
trouvé dans les champs communaux de Jouvernex en 1865, au 
milieu de débris de murs. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 193 

M. de Paniagua (Bulletin de novembre 1906, page 483) a donné 
l'étymologie du mot « Aargilles », qui en Italie, veut dire Souter- 
rain (1) ; nous aurions là pour les Champs (TArgy l'explication du 
nom. 

Haches en pierre clans les murs de Maisons». 

M. E. Vuarxet (Haute-Savoie). — Je citerai les faits suivants. A 
Annemasse (Haute-Savoie), un employé de la gare a trouvé, 
dans le courant de 1910, une hache en pierre, en démolissant un 
vieux mur. 

Voici la liste des haches en pierre trouvées dans le Nord de 
la Haute-Savoie ces années dernières, et que j'ai pu savoir. 

Yvoire, sur le bord du lac de Genève, deux haches trouvées par 
M. le baron d'Yvoire, au lieu dit les Raynaudes. — Sciez, une 
hache, trouvée en découvrant une carrière de pierre, sur le Mont- 
de-Boisy, proche la chapelle de Chavannex, par M. Guyon, tail- 
leur de pierres (égarée). — Margencel, une, trouvée dans les 
champs de Jouvenex, vendue à M. l'abbé Lavorel. — Saint- 
Didier, trois, trouvées en levant de la terre pour la tuilerie de 
Ballaison; c'est dans ces lieux qu'on avait trouvé les fers de 
chevaux, que j'avais présentés Tan dernier et qui sont gaulois, un 
clou adhérent ayant une tête en clef de violon. — Collonges- 
sous-Salève(2),une hache trouvée par M.Paul Taponnier. — Ce qui 
fait au total neuf haches en pierre, dont une trouvée dans un mur. 



A propos des Figures en triangle gravées sur 
les Haches ou peintes sur les Maisons. 

M. Marcel Baudouin rappelle que, dans un mémoire sur les 
•"ouilles, faites sur l'emplacement de l'îlot Amiral à Carthage, M. 
^hilippe Berger a appelé l'attention de l'Académie des Inscrip- 
ions sur diverses lignes, symboles et caractères puniques, qu'on 
mve, soit peints à l'encre, soit gravés au trait, sur les blocs des 
mbassements puniques de cet îlot. Il les a rapprochés des signes 
îalogues, trouvés sur les fondations du temple de Jérusalem, et 
)lus récemment sur les murs du temple d'Eryx, en Sicile, et en- 
par M. Clermont Ganneau à Tripoli. 
D'un autre côté, M. Dieulafoy a pris texte du Triangle de Tanit, 

(1) D'après Strabon, liv. V., chap. IV. 

(2) Salève, montagne qui domine Genève et Saint-Julien, rappelle les Saluai et 
Salasses. 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 13 



194 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

gravé sur les pierres de taille, à côté des marques de tâcherons, 
pour montrer que le Triangle équilatèral avait joué, dans l'anti- 
que Orient, un rôle analogue à celui du Triangle rectangle en 
Egypte. L'un et l'autre étaient considérés comme sacrés. C'est 
une preuve nouvelle qui vient s'ajouter à celles qu'il avait don- 
nées, en étudiant la restitution du Mausolée d'Halicarnasse. A 
l'appui de cette curieuse interprétation des propriétés géométri- 
ques du triangle équilatèral, M. Dieulaloy a rappelé que Xéno- 
crate, de Chalcédoine, interprète des superstitions scientifiques 
de l'Orient, professait lui aussi que le Triangle équilatèral était 
le symbole de Dieu. On s'explique ainsi le rôle considérable joué 
par cette figure dans les tracés des édifices élevés par les Chal- 
déens, les Perses, puis les Grecs d'Asie mineure, les Grecs d'Eu- 
rope, et lesRomains. Ajoutons que sans doute, il en fut de même 
chez bien d'autres peuplades plus anciennes (Celtes, Gaulois, etc.). 



\ propos de l'Atlantide. 

M. E. Vuarnet (Haute-Savoie). — M. Pol Baudet [dans le Bul- 
letin de février, page 122] a rappelle un article du Journal du 
2 février 1910, au sujet de l'Atlantide. J'ai conservé à ce sujet une 
coupure de Y Autorité. — Voici la copie d'une partie de ce texte : 

« On mande de Lomé (Togoland) a la Gazette de Francfort 
que le chef de l'expédition allemande des explorations dans l'in- 
térieur de l'Afrique, M. LeoFrobenius, croit avoir découvert, dans 
l'hinterland du Togoland, les traces de l'Atlantide... Platon, 
dans le Timée et le Critias, rapporte qu'un prêtre Egyptien avait 
raconté à Solon qu'une île de l'Océan Atlantique plus grande que 
l'Asie et la Lybie prises ensemble, avait sombré dans la mer, à la 
suite d'un tremblement de terre. Or M. Frobenius a déterré une 
tête de bronze, antique, d'un beau travail artistique, et portant les 
insignes de Poséidon, qui, d'après les traditions des indigènes, 
•serait le fondateur de leur Etat, et qu'ils appellent dans leur 
langue « Olokoun », c'est-à-dire Dieu des Mers. Cette tête, d'a- 
près les esquisses et photographies qui sont parvenues en Eu- 
rope, n'a rien du type nègre ; elle est fondue en creux à l'inté- 
rieur ; et les formes de la surface extérieure sont aussi fines que 
tout ce qu'a laissé la fonte des beaux modèles de l'antiquité ; les 
traits sont vivants ; la figure est du haut au bas, jusque sous le 
menton, tatouée en lignes parallèles très délicates, juste le genre 
de tatouage que les indigènes de la région pratiquent encore ac- 
tuellement. Les légendes de ce peuple parlent du reste d'une 
ville royale de TOlokoun, qui aurait été enfouie, et dont le don- 
jon était protégé par un mur intérieur de laiton {Bronze) ». 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



195 



Trouvaille de Vases anciens. 
[Prise de Date]. 

M. le D r Naulix (Paris). — Un de mes amis, M. le D r Verrier (de 
Thouars, Deux-Sèvres), m'a montré, il y a quelques jours, quatre 
vases, qui m'ont semblé présenter un certain intérêt. Dans un 
mur, datant de 150 à 200 ans, qu'on démolissait, des maçons trou- 
vèrent, dans une petite cachette, trois vases semblables à celuique 
je vous présente, et en assez bon état de conservation. Ils conte- 
naient une matière blanchâtre, res- 
semblant à de la chaux. Un seul de 
ces vases portait, au niveau du col, 
antérieurement, une bavure en V, 
de 4 centimètres de large sur 6 de 
haut, d'un beau vernis vert noirâtre, 
tranchant sur la terre bise. 

Ce qui frappe, et surprend, dans 
ces quatre vases, c'est le trou, fait 
dans le fond, «pa/if la cuisson, de l'ex- 
térieur à l'intérieur, dans lequel s'ap- 
plique exactement l'extrémité du petit 
doigt {Fig. 1 . 

Quelle date assigner à ces vases? A 
quel usage étaient-ils destinés? C'est 
ce que je viens demander a mes sa- 
vants collègues. 

Il est certain qu'avant d'être enclos 
dans ce vieux mur, les vases ont été 
trouvés dans un lieu voisin, puisque 
les morceaux manquants ne se trou- 
vaient pas dans la cachette ! 

Ainsi que me l'a fait remarquer 
notre savant Secrétaire général, M. 
le D r M. Baudouin, ces vases, datant 
de l'époque mérovingienne ou caro- 
lingienne, sont, probablement, des 
Vases acoustiques ou à rèsonnance, destinés à renforcer la sono- 
rité d'une église ou d'une chapelle. Inclus dans la maçonnerie 
d'un mur, le petit trou affleurant la paroi intérieure du mur, l'air 
y pénétrait sous forme de vibrations, due h la parole ou à la musi- 
que, et y subissait un renforcement de vibrations, dû à Y extrême 
cuisson de la terre mince et douce, augmentant ainsi la grandeur 
de l'acoustique. 




Fig. I . — Vase à trou au niveau du 
fonà . — Echelle : 1/2 grandeur ; — 
Légende : P. Panse; — F, F', fond ; 
— T, T. Trou : — c, bas du vase ; — 
C, col. 







196 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

M. Marcel Baudouin ma rappelé que, dans l'église de La 
Chartreuse, du Liget, près de Loches, le Congrès préhistorique 
de France, en 1910, a pu voir, en place, une série de vases de cette 
sorte, tout en reconnaissant la rareté de leur spécimen. Il con- 
naît une ou deux vieilles églises de Vendée, aujourd'hui détrui- 
tes, qui en possédaient (Givrand, Apremont, etc.). 

M. le D r M. Baudouin ajoute que M. le P r Ed. Perrier, dans 
l'une de ses dernières chroniques scientifiques du Temps, en don- 
nant la théorie des bruits qui se font entendre dans les grosses 
coquilles de Gastéropodes marins appliquées contre l'oreille, a 
donné des explications, qui peuvent s'appliquer aussi à la réson- 
nance de ces vases. 

La théorie des résonateurs, qu'on trouve dans tous les ouvra- 
ges de physique, permet de comprendre ce qui se produit. 

Puisqu'il y a du mortier de chaux à l'orifice des vases [Col), c'est 
bien le trou du fond, qui correspondait à la paroi intérieure du 
mur de l'église ou chapelle, malgré la petitesse de l'orifice. 



Découverte d'une Pierre à Cupules dans l'Isère. 

[Note de Prise de Date], 

M. H. Muller (Grenoble). — J'annonce à la S. P. F. la décou- 
verte, faite le 12 mars 1911, d'un bloc erratique avec cupules, au lieu 
dit le Bigot, commune de Saint-Martin-d'Hères (Isère), à 6 kilo- 
mètres de Grenoble [Propriété de M. Ducros de l'Isle]. Cette 
pierre a une face nord-est, qui a été ravalée sur l m 70 -j- m 80. 

Cette face porte environ 45 cupules diverses, de petites di- 
mensions. La description en sera donnée ultérieurement. 



Pierres à Cupules dites des Francs-Maçons. 

M. Jacquot (Grenoble). — On me signale, comme rocher à 
cupules, une nouvelle Roche des Francs-Maçons. On sait qu'en 
Chablais, plusieurs blocs à cupules ont la même appellation. 
Est-ce parce que bon nombre de ces roches portent un ou plu- 
sieurs groupements de cupules en triangle ? Ou bien faut-il voir' 
là une très vieille tradition ? Le fait est à étudier. 

Les Francs-Maçons, au xvn e siècle, se réunissaient souvent dans 
les bois, pour y tenir leurs Assemblées à l'abri des surprises. 
Les Francs-Maçons étaient autrefois regardé comme des dé 






SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 197 

mons, des personnages dangereux et un peu fantastiques. 

Je croyais du reste cette appellation restreinte aux environs de 
Thonon. La lecture de l'Histoire de Cherpin (1) m'a fait réfléchir ; 
comme il fait remonter les Francs-Maçons à un âge extrêmement 
ancien, il n'y aurait pas impossibilité aune corrélation entre la 
pierre, le nom, et la chose. 

Voici maintenant les indications relatives à l'emplacement de 
la Pierre des Francs-Maçons, qu'on a vérifiées. 

Bonneville (en Fauci^nv). Haute-Savoie, environ 1/2 h. di- 
rection nord-est, derrière le Château Blanc, hors de tout chemin, 
mais non loin d'un mauvais sentier, à quelque distance dans les 
bois, sur le versant sud d'un crèt ; pas de vue immédiate; on n'a- 
perçoit que le sommet du crèt voisin, ou plutôt les grands arbres 
de ce crèt. Pierre des Francs-Maçons : en calcaire. Les trois 
points sont les sommets d'un triangle équilatéral, de 6 mètres 
de côté, bien marqués. En dessous de la pierre, une fente. On 
aurait trouvé, il y a une dizaine d'années, des débris de papiers 
fort anciens [D'après M. P. Boccaccio, élève de Math, spéc] 



Découvertes d'Objets en Or. 

M. A. Coi sset(E taules).— La France de Bordeaux annonce qu'une 
découverte, d'un intérêt assez considérable, vient d'être faite à 
Rongères. En creusant dans son champ, un fossé de drainage, M. 
Dernonnet a ramené, h la surface, un objet de la grosseur du poing, 
ayant l'apparence du métal ; après l'avoir plongé dans l'eau pour 
le débarrasser de la terre qui le souillait, il n'a pas été peu sur- 
pris de voir apparaître un Vase en Or, contenant un Bracelet, un 
anneau, et deux spirales de même métal. Le vase et le bracelet 
portent des ornementations en volutes, suffisamment typiques 
pour qu'on puisse, sans hésitation, parait-il, les faire remontera 
la fin de la première moitié de l'époque du Bronze. 



A propos du Capsien. 

«M. le D r R. Collignon (de Cherbourg) écrit que, puisqu'on 
scute sur le Capsien [Bulletins S. P. F.,n° 11, 1910, p. 595 ; 
1911, n° 1, p. 43], il se permet d'adresser une légère rectifica- 
tion aux prétentions des divers belligérants. C'est lui qui, en 
1884, c'est-à-dire 16 ans avant M. Jacquot,et 25 ans avant M. de 

(1) Hist. pkil. de la Franc-Maçonnerie , — Lvon, 1850. 



198 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Morgan, a découvert les gisements de Gapsa. Il les a signalés 
en 1886 a la Société d'Anthropologie de Paris; puis longuement 
décrits dans les Matériaux pour l'histoire de C Homme, les âges 
de la pierre en Tunisie (3 e série, tome IV, 1887, mai, p. 171 à 
205). Il ajoute que ses Collections sont visibles partie au Muséum, 
partie au Trocadéro; qu'elles ont figuré à l'Exposition universelle 
de 1889, et qu'elles comprenaient plusieurs milliers de pièces, 
dont les premiers silex Chelléens trouvés en Tunisie. 



Etablissement romain en cours d'exploration, 
situé à Saint- Aubin-sur-Gui lion (Eure.) 

[Prise de Date}. 

M. Georges Poulain (de Saint-Pierre-d'Outils, Eure). — Saint- 
Aubin-sur-Guillou est une commune de 613 habitants, située à 1 kil. 
500 de Guillon, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Louviers 
(Eure) . A environ 200 mètres de l'église, vers l'ouest, sur le penchant 
d'une pente descendant vers un coquet petit vallon, existe au triage 
des « Motelles », enfouis sous d'épais taillis, les vestiges d'un éta- 
blissement romain, assez important. 

Cette villa se compose, d'après les substructions à peine visibles 
à la surface du terrain boisé, de plusieurs corps de bâtiments, avec 
édifice central, entourés d'un mur de clôture. Ces restes sont recou- 
verts par l'humus formé par les feuilles des arbres accumulées de- 
puis tant de siècles. 

J'ai commencé en novembre 1910 l'exploration de l'édifice central, 
qui affecte la forme d'un carré de 15 mètres de côté. Le mur exté- 
rieur, qui a été en partie enlevé, offrait une épaisseur de 1 mètre- 
Ayant commencé à déblayer l'intérieur, les ouvriers ont mis au jour 
un pavage en béton, à 1 mètre d'élévation au-dessus du sol environ- 
nant. Une large dalle en calcaire, trouvée peu après, nous ont appris 
que le béton sous-jacent en supportait d'autres, formant le pavage 
proprement dit de l'édifice. 

Sur le côté sud, à l'intérieur, à 3 mètres du mur d'enceinte, j'ai 
mis à découvert un second mur, parallèle au premier, ayant aussi 
1 mètre d'épaisseur, construit en silex. Ce mur était revêtu de pein- 
tures murales noires, rouges, jaunes, bleues et vertes, disposées en 
bandes horizontales et parallèles : le noir formant stylobate. Des 
tuiles à rebord, de larges briques et quelques morceaux de poteries, 
ont été trouvés dans les quelques mètres carrés débarrassés de leur 
couverture de terre. En même temps, j'ai fait ouvrir une tranchée à 
l'extérieur de la façade est, qui me semblait cacher l'entrée de l'é- 






SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 199 

dicule. Sous une grande épaisseur de terre végétale, j'ai recueilli 
parmi des débris de démolition, à 4 mètres environ de la muraille, 
une série de moyens et petits bronzes, partant de Lucius Vérus 
(mort en 169) jusqu'à Constantin II 337-340), ainsi que des cols 
d'amphore, un goulot de fiole en verre bleu, une petite ligula en 
bronze. Poursuivant la tranchée vers le mur, on se heurta à un bloc 
de maçonnerie semblant former le perron d'entrée. J'ai interrompu 
mes touilles à cause de circonstances imprévues, mais je les repren- 
drai bientôt et tiendrai la Société au courant de leur résultat. Je 
pense être en présence d'un de ces fana ou petits temples gallo-ro- 
mains, assez communs dans notre contrée normande, et qu'à si bien 
étudiés le distingué conservateur du Musée d'Antiquités de Rouen, 
M. Léon de Vesly. — Du reste, la fin de l'exploration, nous dira le 
dernier mot. 



Y. 



COMMISSION DES ENCEINTES. 



Commission d'étude 

des Enceintes préhistoriques 

et Fortification-* anhistoriques. 

M. Armand Viré, président de la Commission dépose le 46 e rap- 
port. 

— M. le baron du Blaisal, complétant les renseignements qu'il 
nous a jadis donnés B. S. 
P. F., 24 novembre 1910, 
rapport 42, p. 569 nous 
envoie le plan de la ferme 
de Parenty (Pas-de-Ca- 
lais , avec la butte et son 
souterrain. Celui-ci part 
d'une chambre qui se trouve 
à 6 m. ou 7 m. de profon- 
deur dans le puits de la fer- 
me. La Société des Antiquai- 
res du Boulonnais aurait fait 
jadis des fouilles dans la 
butte. 

— M. P. Chanfreau nous Kig 4 ~ Butte et Souterrain de Parent y- 
donne des notes sur quelques stations des Bouehes-du-Rhône, 
quil qualifie d'oppida. sans toutefois que ses descriptions soient 
convaincantes, quant à l'existence d'une véritable fortification. 







200 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Quoi qu'il en soit, il nous signale: 1° la station du Grand-\ alat, 
commune de Velaux, avec poteries et silex, découverte par notre col- 
lègue M. Stanil Clastrier ; 2° le camp néolithique du plateau nord- 
est du château de Bruny, commune de Berre : couche de cendres et 
charbons d'environ m 60 d'épaisseur, avec silex et poteries ; 3° Plaine 
de la Fontaine Canourgue, commune de Rognac, près de l'étang de 
Berre : poteries romaine, poteries plus anciennes, silex. 

— M. Cormery nous indique l'existence d'un Camp de César, au 
lieu dit le Huttereau, à 3 kil. sud d'Angers (Maine-et-Loire), à gauche 
de la petite route d'Angers à Sainte-Gemmes-sur-Loire, enceinte 
rectangulaire, les grands côtés nord et sud mesurant environ 300 m. 
les autres 100 à 120 m. Brèche dans la levée pour l'exploitation du 
champ. 

— M. L. Coutil nous donne d'intéressants renseignements sur 
l'Eure. La commune de Farceaux lui a permis d'observer des mon- 
ticules, où des fouilles ont fait voir des constructions relativement 
récentes. 

1° Hameau de la La Londe. — La butte de la Londe est une butte 
rasée mesurant encore comme élévation 3 m. environ. La longueur 
totale de l'axe au vestibule est de 8'"60, la longueur d'une cellule à 
l'autre est de 5 m. 40; la hauteur du sol au sommet de la voûte de 
2 m. Chaque angle du mur était en pierre avec moulures très 
simples pour le centre, angle abattu en dessous, et arrachement pour 
les murs en silex. 

A la base il y avait une couche deO m. 15 de cendres, et au-dessous» 
de l'argile cuite, ce qui prouve que l'on avait fait du feu. Fragments 
de poterie en grès dur et blanc, quelques ossements d'animaux ; 
quelques fragments de poterie vernie du xm et xiv e siècle, tuiles très 
larges, mais peu épaisses, avec une agrafe; une penture de porte en 
fer, un fer et un verrou. 

Les murs avaient 1 m. 50 de hauteur. 

Le premier caveau était complètement enduit de plâtre. 

2° Nous avons observé une autre cave du même genre, mais un peu 
oblique au centre de l'énorme Motte d Hacqueville (Eure), dite du 
Vieux château, sur la plate-forme de laquelle se trouve une ferme. 
On y accède par un escalier partant du milieu de la butte, un soupi- 
rail latéral, aère ce caveau, qui se trouve à environ 2 à 3 kilomètres 
du précédent. 

3° Nous signalerons une autre caveau analogue, sous la butte de la 
Bucaille, motte entourée de fossés, avec demi-lune et fort en avant; la 
motte est aplatie et a été surmontée jadis d'une chapelle du xn e . La 
Bucaille dépend de la commune de Cuiseniers (Eure), arrondissement 
des Andelys. 

Le Camp des Chatelets, commune de Champ Dolent, canton de 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 201 

Conches Eure), est une enceinte rectangulaire de 100 m. sur 76m.' 
le côté nord peu élevé, avec unebrèche produite par l'extraction des 
cailloux ; le côté est, peu élevé, son fossé, fait face à la plaine ; le côté 
sud a une partie de 34 mètres assez élevée, avec léger fossé, bornant 
la plaine faisant face à la commune de Nogent-le-Sec. Une partie de 
44 m. est complètement détruite. Le côté qui regarde Champ Dolent est 
mieux conservé, sauf vers l'extrémité nord ou il s'infléchit. Les côtés 
sud et ouest mesurent de 3 à 4 m. au maximum ; un fossé est apparent 
sur les côtés. A 500 mètres au nord-ouest, dans le bois, villa 
romaine du Haut guet fouillée en 1904, mesurant 6 m. sur 6 m., les 
fondations en très mauvais état; au centre, vestiges de mosaïque, à 
800 m. de l'église. 

M. L. Coutil a décrit ce camp dans le journal, le Courrier de l Eure, 
vers 1890. 

D'autres retranchements et une motte se trouvent au confluent de 
la vallée de l'Iton, à quelques centaines de mètres de ce camp, situé 
sur le plateau, ce qui est assez rare, tandis que cette butte se trouve 
au bord d'un promontoire et sur cette même commune de champ 
Dolent. 

A Evreux dominant la ville, sur le coteau de Saint-Michel-aux- 
Anges, on distingue une levée de terre et un large fossé exactement 
dans l'axe du transept de la cathédrale, formant ainsi un éperon barré. 
Le talus et le fossé dirigés du nord au sud, mesurent environ 140 m. 
de longueur; le fossé mesure entre 35 m. de large au nord et jusqu'à 
50 m. au sud; un chemin traverse obliquement le talus. A côté, réser- 
voir des eaux, plus loin chapelle de Saint-Michel vers l'est. Le talus 
a de 4 à 5 m. de hauteur et 8 m. du fond du fossé. 

Le Vieux Château, à Montreuil-l'Argillé, canton de Broglie (Eure , 
est sur la rive droite de la Guiel, à l'extrémité du bourg à flanc de 
coteau ; on aperçoit une élévation rectangulaire entourée de fossés 
très apparents surtout du côté du coteau. Sur le côté nord on voit 
très distinctement un appartement rectangulaire. Sur la paroi 
faisant face à la côte, le talus est naturellement très élevé, et pour 
dominer le coteau on avait élevé une tour qui se voit encore ; une 
ouverture ou porte existait de ce côté. On sait que ce fort fut assiégé 
dès 1035 par le comte de Brionne. Il est à peu près de la même 
époque que les buttes d'Echanfray, situées à 10 kilomètres, et que 
nous avons déjà reproduites. 

A 1.000 m. dans la vallée, vers le sud, on voit une immense levée 
qui barre de part en part cette vallée ; le sommet aplati mesure 30 m. 
au centre une échancrure de 8 à 10 m. où passe la Guiel ; aux 
deux extrémités, il y a aussi un passage pour les eaux de la vallée; 
on nomme, ces buttes boisées, buttes de la Geôle. L'élévation de ces 
talus est d'environ 10 m., sur 22 m. de large à la base; on prétend 



202 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

dans le pays que les Anglais assiégeant Montreuil auraient élevé ce 
retranchement, afin de barrer la rivière ; puis, quand il y aurait eu 
assez d'eau, ils auraient fait les trois brèches et les eaux se précipi • 
tnatsur la ville, l'auraient détruite. Il aurait fallu de grandes vannes 
mobiles, car autrement on n'aurait pu rien obtenir de sérieux. Les 
fossés latéraux ont 25 à 30 m. de large. Il s'agit là d'un véritable 
retranchement ou les eaux aidant, la vallée se trouvait défendue; de 
plus cet endroit marécageux était inaccessible. 

— Voici le relevé qu'a bien voulu faire pour nous, d'après son 
Inventaire des découvertes archéologiques du département des Côtes- 
du-Nord publié par la Société d'Emulation des C.-du-N., M. A. L. 
Harmois, des noms d'enceintes, retranchements, mottes etc., de l'ar- 
rondissement de Dinan, pour faire suite à l'arrondissement de Guin- 
gamp, donné dans notre précédent rapport (B. S. P. F., t. VIII,. 
p. 130). 

Arrondissement de Dinan (1). — Aucaleuc, (La Barre, La Motte 
des Fontaines). — Bobital, plusieurs enceintes. — Bouillie (la), Les Fos- 
sés-Normands, (Les Fossès-Méheust), La Haie, La Motte-Pugneix. — 
Bourseul, Les Portes, La Vieille Porte, La Porte Gougon, La Motte- 
au-Marais. — Corseul, La Motte-Vieux, Montdfîlant. — Dolo, 
(L'Echaussée, Haie), UEchaussée-Village. — Eréac, Le Châtellier, 
(Les Fossés), Motte du Châtellier. — Guenroc, Les Fossés. — Guitté, 
(Les Haies, La Mardelle). — Hénanbihen, Motte-du-Cruchon, (Les 
Fossés, Les Murs, La Haie). — Hénansal, Durétal, Motte de Sourtoué, 
Saint- Gueltas, (Les Forges). — Landébia, (Les Fossés). — Landec 
(la) La Combe, (Les Portes). — Langrolay, Le Châtelet, (La Hous- 
sage. — Languenan, Motte près de Véglise, Motte âlaVille-ès-Rage, 
(Le bois de la Motte). — Lanrelas, (Le Châtel, La Douve). — Lan- 
vallay, (Les Rocheforts), — Lescouet-Jugon, La Rue du-Pont- Douve. 
— Matignon, Motte appelée La Butte-au : Coq. A la Motte il y avait 
deux autres mottes. Motte appelée le Château. Un camp retranché 
existait à l'est de Matignon. — Le Courtil, Muret, Le Tertre-Bagot, 
Le Te rtre-auX- Loups. — Mégrit, Les Forges. — Notre-Dame-du- 
Guildo, (Le Châtelet, Le Parc). — Plancoët, Le Château, (Le Grand 
et le Petit Trait, le Tertre). — Pléboulle, (La Motte-Colas, Le Meur~ 
tel), — Plédéliac, retranchement ayant 80 mètres de côté sur 6 mètres 
de hauteur, motte au centre et aux quatre angles. Se trouve sur le 
bord de l'Arguenon. — Plélan-le-Petit, Motte féodale avec vestiges 
d'enceinte fortifiée. — (Les Fossés, Le Pont-des-Fossés, Le ChateU 
La Hag, La Bandelais, Le Plessis- Robert. L'Echaussée). — Plénée- 
Jugon, (Les Douves). — Pleslin, (Le Château de la Motte). — Plessis- 
Balisson, emplacement de l'ancien château, de forme triangulaire et 

(1) Les noms entre parenthèses sont de simples lieuxdits. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 202 

entouré de fossés (moyen C\ge\ (Les Loges). — Pleudihen, Motte au 
village delà Motte-Pilandelle . (Le Tertre, La Tourniole, La Forge. — 
Pleven, retranchement de Bourghensais (Bourg-Heu-Saos, fortification 
des Saxons ?) — Plorec, Motte du Prgtel, camp retranché du Plessis, 
(La Cour, La Petite Barrière, Le Plessis-Bouëxière). — Plouasne, 
Motte dans l'étang de la ferme de la Boullaye) — Ploubalay, Motte 
à la ferme de la Mortillais; motte au Tertre-Bannier; motte à la Yille- 
ès-Rage, (la Haute-Motte). — Plouer, retranchements au Chêne-Vert, 
(le Petit-Chàtelier). — Pluduno, près de îa Grignardais, petite butte 
ayant en avant une forte levée de terre large de 10 mètres. (Le Fossé- 
Cralet, Le Plessis, La Fontenelle, La Haie). — Plumaugat, enceinte 
ayant 60 mètres de côté; à chaque angle, petite élévation. C'est 
l'emplacement de l'ancienne maison seigneuriale, (Les Loges). — 
Quévert, (Le Bois-Butte). — Rouillac, (La Vieille-Haie, La Douve, 
Le Tertre). — Saint-Cast, (La Ville-Lion, La Cour). — Saint- 
Denoual, emplacement de l'ancien château marqué par des talus 
et des tossés peu apparents (mogen âge), (Le Chàtel, Les Fonte- 
nelles). — Saint-Hélen, (Les Murs, Le Plessit. Le Plessis-Gestil, La 
Motte). — Saint- Igneuc, (La Barre, Les Burons, La Noë-Ronde). — 
Saint-Jacut-de-la-Mer, (Le Châtelet). — Saint-Jouan-de-1'Isle, Motte 
avec douves, traces du donjon. — Saint-Judoce, (Les Cinq Sillons). 

— Saint-Lormel, (Le Tertre). — Saint-Maden, (La Haute-et Basse- 
Houssage). — Saint-Méloir, (Les Portes). — Saint-Michel dePlélan, 
(Le Pré-Rond). — Saint-Pôtan, La Haugne-Morais, (Les Forges. Le 
Plessis; La Fosse). — Saint-Samson, (La Mardelle). — Saint-Solen, 
(Le Châtelier). — Sévignac, (Les Vieilles-Portes, La Fosselière, 
Les Tertres, La Hautière). — Taden, Au village de Trélat, ferraria 
antique. — Tramain, Motte à la Ville-Gour, entourée de douves. La 
Poterne, La Clôture. — Trédias, (La Motte). — Tréfumel, (Le Tertre). 

— régon, La Vieille-Hautière. — Trélivan, La Barrière, (Les Douves, 
Le Tertre). — Tréméreuc, (La Bosserag, La Mottag), — Trémeur, Les 
Portes, La Motte. — Trigavou, Motte au milieu de l'étang du château 
la Motte, (La Marche). — Vicomté-sur-Rance (la), (Le Chàtellier). — 
Vildé-Guingalan,(L<?s Tracins). — Yvignac,(Z> Châtelet, Les Loges). 

— Le Président de la Commission a trouvé à acheter pour les 
archives une brochure intitulée : Notes sur les Stations, les Oppi- 
dums, les Camps et les Refuges du départementde Lot-et-Garonne, 
par G. Tholin, Agen 1877. 

C'est une bonne fortune pour nous, car jusqu'ici il n'avait été fait 
mention pour cette région que de quatre enceintes, dont une seule se 
trouve dans le présent travail. Nous extrayons les quelques notes qui 
suivent : 

Agen, Bellevue; cap barré avec butte factice : silex, bronze, mon- 
naies gauloises, puits funéraires, chevilles de fer. 



204 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Agen, Castillou; éperon barré de 400 m. de long sur 70 à 80 m. de 
large, coupé d'un fossé en son milieu. 

Birac, Lamothe; levées de terre de 5 à 6 m. de haut; butte factice 
de 48 m. de long, 5 m. de large, 5 m. de haut. 

Brugnac, Baruteau. Levées de terre formant trapèze et triplées au 
nord. Au centre, butte ovale de 80m. X 20 m. de diam. ; 5 à 6 m. de 
haut : squelettes, boules de pierre, molettes, poteries. 

Même commune, les Combors. 

Cocumont, à Goux; butte de terre de 40 ares de superficie, élevée 
de 4 à 5 m. entourée de fossés pleins d'eau. Eglise et cimetière du 
xi e siècle. — A la Tuque de Moureau, camp retranché, circulaire 
d'environ 2 hectares. — A Saboureau autre refuge. 

Duras. Près de Saint-Cernin de Duras, Castelgaillard. Cap barré, 
de 80 à 90 m. de diamètre, coupé d'un fossé de 12 rn. de large et 30m. 
de long. 

Fauillet, Lasalle; fossés submersibles ; deux enceintes fortifiées 
au centre desquelles s'élève une butte de 3 m. de haut et 36 m. de 
diam. 

Grayssas, Lassalle-Bertrand; butte isolée, ovale, de rochers taillés 
de main d'homme, de 60 m. sur 15 m. et 8 m. de haut. : Squelettes» 
poteries. 

Grateloup, Lamothe de James, près Crébessac, plateau circulaire 
de 24 ares de superficie, 5 à 8 m. de haut, avectossés profonds, dou- 
blés à l'est, et restes de parapet. 

Grateloup, Motte de Vidouze; 66 m. à la base, 20 m. au sommet, 
hauteur 12 m. Enceinte en briques. Grezeh-Cavagnon, butte de La- 
nau, et un vaste plateau muni de terrassements. 

Hautefages, camp de Lugo. 

Hauterive, le bois de Hauterive; cap barré de 350m. de long., 8 à 
10 m. de large; talus, motte de 40 m. de diam. et 3 m. de haut. 

Hautevigne, Lamouthe; grands terrassements. 

Houeillès, Castéra, section de Jautan, butte circulaire de 6 m. de 
haut ; fossé plein d'eau de 170 m. de tour, 

Houeillès, Larché, butte de 70 m. de diam. 

Laroque, Vitrac ; éperon barré d'un fossé; poterie grossière rouge 
et grise. 

Lavergne, Grand'Vergne ; butte naturelle avec fossé creusé de 
main d'homme; poterie; souterrain. 

Lauzun, près du village, à gauche de la route d'Eymet, butte fac- 
tice de 210 m. de tour, 10 m. de haut. 

Moncault, près de Maynard dans le Bois-Noir, butte factice de 
35 m. X 28 m. de diamètre, 4 m. de haut, avec fossés. 

Montault, Lamothe; butte de terre mi-partie naturelle, mi-partie 
artificielle, séparée du coteau par un fossé de 20m. de large. Dimen- 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 205 

sions 20 m. X 50 m. et 4 m. de haut. Agrafes de bronze, armes de 
fer; souterrain. 

Montpouillan, Château de Priâmes; cap barré par un tossé; de 
forme circulaire, d'environ 30 m. de diam. 

Nicole, le Pech de Berre; éperon barré, de 165 m. d'altitude, coupé 
de fossés et de levées déterre détruits peu avant 1877; poteries, 
meules, pierres de fronde, silex, haches polies. A Cap dou Moundo, 
fossé de 3m. de large surl m 50 de profondeur, rempli de terreau noir 
et d'ossements humains. 

Rayet, Montpeyran ; butte quadrangulaire de 68 m. de long, 30 à 
60 m. de large, 4 m 50 de haut; fossés de 8m. de large. 

Réaup, Lamothe; butte pentagonale entourée de fossés avec para- 
pet. Nous avons déjà cité ici (B. S. P. F. IV, 1907, 97) à Réaup un 
Camp de César. Est-ce le même ouvrage? 

Rives, hauts terrassements entourés de fossés. Cimetière et 
église du xn e siècle, avec fragments plus anciens. 

Romestaing. à Saboureau, refuge rond en terre d'une contenance 
de 30 ares, avec fossé. 

Saint-Pastour, à Francoulan, près Touni ; butte naturelle de 70 m . 
long, 10m de large, 15m. de haut, entourée d'un fossé avec para- 

; en pierres. Foyers et sépultures. 

Samazan, Bourgale, enceinte quadrangulaire en terre avec fossé de 
ares de superficie. 

Toutels; fossés et parapet. 

Varès, au Jordi, enceinte munie de fossés et deparapets, dans une 
ine. 

Villeneuve-d'Agen, Montfabès, la Calvétie et Lamothe, trois re- 

*es avec fossés détruits avant 1877, le dernier pourvu d'une butte 

rculaire. 

— M. H. Vial, en nous donnant le détail très étudié des intercom- 
mnications du système de fortifications dont il a constaté l'exis- 
;nce sur la chaîne de collines qui entoure Cannes ( Alpes-Mariti- 

îes à l'O. et au N. (v. B. S. P. F., t. V, 1908, p. 371 ; VI, 1909, 

36, 81, 123), y rattache une enceinte nouvelle, au Picolaret, épe- 

>n méridional de la Tète du Guillet, ou M. Guébhard avait en vain 

îerché jadis, sur le sommet, des traces de constructions préhisto- 
îes. 

Ici il s'agit de murailles dont la rectitude exclut un âge très anti- 

îe, et qui se rattacheraient plutôt au type curieux signalé non 
loin de là, par M. H. de Ville-d'Avray à Ranguin[\. B. S. P. F. 
t. VI, 1909, p. 36,) où l'occupation romaine a laissé, comme au 
Pézou, des traces prédominantes. 

Mais l'antériorité du principal système défensif, évidemment dirigé 
contre les invasions maritimes, est attestée par le récit de Polybe 



206 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

qui dit que Q. Opimius, après la défaite des Oxybiens, distribua 
ses troupes dans les places fortes du pays, et que, plus tard, Caïus 
Sextius refoula les habitants à 9 stades au-delà de la côte, alors 
moins reculée, avec défense de s'en approcher davantage. 

A Ranguin même M. Vial recueillit, en 1909, avec feu E. Toulouse, 
de la poterie néolithique. Tout récemment il trouva, au N. du Fer- 
randon, dans la plaine des Bruguières, une hache polie, en diorite, 
de m 13 de long, 0,06 de large, 0,031 d'épaisseur, poids k. 310, 
volume 100 cm 3 , densité 3,10. 

Dans l'intérieur même du Ferrandon, l'enceinte la plus élevée de 
tout l'ensemble (271 m.), l'Infralias affleure en dalles horizontales, 
de texture assez résistante pour avoir donné lieu à des fabrications, 
relativement récentes, de grandes roues de meules, dont plusieurs 
sont restées en place, abandonnées, dans deux groupements voisins 
de dalles de ce genre, M. H. Vial croit avoir observé, un ordonnan- 
cement voulu pour simuler grossièrement deux effigies humaines 
couchées, rigoureusement orientées d'E. à O. Ces dalles, ainsi que 
les voisines, sont couvertes de cavités cupulaires, souvent réunies 
par groupes de trois, dont la régularité d'aspect paraît à M. H. Vial 
due à un travail humain, en un lieu que sa situation particulière- 
ment éminente semblait prédestiner à des pratiques cultuelles. Mais 
nous ne saurions trop recommander, à ce sujet, la plus prudente 
des réserves, car l'Infralias des Alpes-Maritimes est coutumier de 
toutes les fantaisies de cassure et de surface, et M. Guébhard, que 
nous avons consulté, craint bien, d'après ses souvenirs géologiques 
delà région, et sauf vérification, qu'il ne s'agisse là que de jeux de 
la nature. 

Nous n'en sommes pas moins reconnaissant à M. H. Vial de tous 
les détails qu'il nous signale, et surtout de l'enceinte nouvelle qu'il 
ajoute au groupe serré de quatre bien authentiques, déjà révélées par 
lui dans cette région côtière des Alpes-Maritimes où aucune autre 
n'avait encore été trouvée. 



Erratum. — Dans le 43e rapport (22 décembre 1910), ligne 8, lire : M. Gi- 
vord (et non Gurère) et: commune d'Annoisin-Châtelans (et non Armoisey-Cha- 
telain) . 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 207 

IV. — ARTICLES ORIGINAUX. 



Une Roche à Gravures dans la Forêt de 
Fontainebleau (Seine et Marne). 



Frédéric EDE (Montigny-sur-Loing, Seine-et-Marne). 

Découverte. — En 1909, en cherchant un motif d'aquarelle 
dans les jolies roches du bornage de la forêt de Fontainebleau, 
j'ai trouvé, sur le territoire de Montigny-sur-Loing, près du lieu 
dit Roche-au-Nom, une roche présentant des gravures de signes 
de croix et de cercles entremêlés. Cette découverte intéressante 
et la position de ces gravures au fond d'un creux de roche, à peine 
large pour le passage du corps d'un homme, m'animèrent du dé- 
sir de trouver d'autres gravures rupestres dans cette région. 

Mes recherches aboutirent à la découverte d'une autre roche 
à gravures dans la Forêt de Fontainebleau. 

Situation. — Cette dernière roche se trouve sur le côté sud du 
Mont-Aiveu, monticule situé entre le Haut-Mont et la Malmon- 
tagne, dans la partie sud-est de la forêt de Fontainebleau (canton 
forestier du Haut-Mont). 

Les coordonnées géographiques, qui permettent de situer exac- 
tement cette roche sur la carte d'Etat-Major,sont les suivantes : 
longitudeEst : 46°, latitude Nord : 53°62. — Il y a plusieurs voies 
pour accéder à cette roche, à pied ou en voiture. Il nous suffit de 
trouver (voir la Carte Denecourt-Colinet, de la forêt de Fontai- 
nebleau) l'intersection de la route de la Garenne Gros-Bois et 
de la route de Russie (pied du Mont-Aiveu et Haut-Mont). A 
50 mètres de ce point, un petit sentier, chemin de carrier, à 
peine visible dans les hautes fougères, part de la route de la Ga- 
renne Gros Bois, dans la direction nord-ouest pour aboutir à mi- 
pente au Mont-Aiveu presqu'en face notre roche à gravures. 

On peut facilement la distinguer, parmi les autres roches ébou- 
lées sur le flanc du Mont-Aiveu, car elle se remarque, par sa face 
mutilée par l'exploitation du pavé et sa forme ovale, dressée. 

Elle s'incline légèrement vers l'ouest, en formant une cavité 
ou abri sous roche, avec le sol. — C'est sur le plafond de cet abri 
que se trouvent les gravures. 

Description de la Roche à Gravures. — La roche est fendue 
dans le sens de la longueur (est-ouest) en deux fragments, ayant à 



208 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

peu près les mêmes dimensions {Fig. 1). L'abri occupe la moitié 
de la partie déclive {Fig. 2). Un éboulis partiel du plafond de l'abri 
augmente la séparation des deux fragments et partage l'abri en 
deux portions. L'abri s'ouvre sur une terrasse, au sud et à 



fa. / 




Fig. 1. — Les principales Gravures de ce Rocher.— Echelle : 2/100. 

Fig. 2. — Un Rocher a Gravures de la Forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne^, 

au Mont-Aiveu. 



l'ouest. Du côté sud, la terrasse est en contre-bas, par suite des 
fouilles des carriers pour l'exploitation du grès ; du côté ouest, 
elle est bornée par une roche assez volumineuse, qui en rend 
l'accès difficile. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 209 

L'abri, peu élevé sur le sol, l m 20 à son bord extérieur, a une 
profondeur de 4 m 30 et une largeur de 4 m 50. 

Les Fig. i et 2 donnent la forme exacte de cette partie du sur- 
plomb, avec la distribution des gravures. Elles sont au nombre 
d'une vingtaine, disposées sans ordre sur toute l'étendue du 
plafond des deux fragments, mais surtout dans la partie basse 
la plus reculée. Quelques-unes sont à peine à quelques centimè- 
tres de la surface du plancher de l'abri, qui est, sur les Fig. 1 
et 2, la roche tombée du plafond. 

Description des Gravures. — Les gravures, comme la plupart 
de celles signalées dans la région, sont des composés ou des dé- 
rivés de lignes droites, assemblées en carrés, croix, V, etc. La 
représentation de figures ou formes animales fait totalement dé- 
faut, à moins qu'on ne veuille voir, dans le n° 6 de la Fig. 3, le 
schéma d'un cheval monté ou d'un cerf percé dune flèche. 

J'ai relevé l'empreinte des plus intéressantes de ces gravures 
avec de la cire à modeler, afin d'avoir la plus grande exactitude 
dans la reproduction de ces gravures. Je les ai réduites ici au 
seizième de leur grandeur réelle. L'examen de ces figures évi- 
tera une description longue et difficile. 

La première de ces gravures (n° i, Fig.Z),esi un signe, rencon- 
tré assez souvent dans les gravures rupestres : la marelle. Ici 
cette marelle est accompagnée d'une série de traits, partant de 
la base du motif et se croisant avec d'autres lignes sous différents 
angles, le tout s'encadre dans le même ensemble. — Unpeu à gau- 
che et presque à l'extérieur de l'abri se trouve une autre marelle, 
qui est très bien dessinée, mais à peine visible, par suite de 
l'usure du temps. Ces deux marelles sont comparables à celles 
de Saint-Lubin-de-Suèvres, décrite par M. Florance (L'Homme 
préhistorique, avril 1908), mais moins finies et symétriques dans 
les traits. Il y a aussi une différence notable dans l'utilisation res- 
pective de ces marelles. Tandis i[ue la marelle de Saint-Lubin 
est accompagnée d'une série de cupules, et semble avoir servi de 
table ou autel à sacrifices pour l'accomplissement de rites reli- 
gieux, les marelles du Mont-Aiveu, par leur position sur le pla- 
fond de l'abri, n'aurait pu servir de façon semblable dans les 
mêmes rites. 

La plus intéressante des gravures du Mont-Aiveu est le n° 2, de 
la Fig. S. Elle diffère sensiblement des autres gravures parles li- 
gnes courbes qui entrent dans sa composition. Ces lignes cour- 
bes (il y en a plusieurs sur le plafond de l'abri) ont la forme d'un 
coutre de charrue. Dans le dessin n° 2, pi. II, ce coutre se trouve 
à la base du motif. Un peu au-dessus se trouve une autre ligne 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 14 



210 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

courbe, d'où montent plusieurs lignes verticales, garnies de 
nombreux petits traits à insertion oblique, comme les barbes 
d'une plume. Dans le même motif, il y a aussi une composition 




Gravures les plus typiques . 
Echelle : 1/16. 



Légende : 



de signes en forme de canaux; et tout une série de petits trous ou 
cupules, disposées en lignes ou en amas (Fig.3; l 2 ). 

Les dessins 3, 4, 5 et 9 delà Fig. 3, non moins intéressants que 
les deux premiers, présentent toujours des arrangements de lignes 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 211 

se croisant pour former des polygones plus ou moins rectangu- 
laires et ne différant l'un de l'autre que par l'adjonction de quel- 
ques accessoires : croix, V, etc. Un autre groupe (n os 7, 8, et 8 2 ) 
sort de l'ordinaire par ces lignes courbes et la forme du coutre. 
Le dessin n° 6 est le seul pouvant être pris pour une forme ani- 
male; il ressemble au dessin qu'un enfant peut faire d'un cheval. 

Remarques sur la facture des Gravures. — Nous avions re- 
marqué, en relevant les impressions des diverses gravures, une 
différence dans la facture des rainures gravées dans la roche, que 
je crois intéressant de noter. 

Les rainures de la Roche-au-Nom (Montigny-sur-Loing) et de. 
Puiselet, près Nemours, que j'ai eu à étudier de près, semblent 
avoir été faites, par frottement, c'est-à-dire par un mouvement de 
va-et-vient d'un burin (de silex ou de limonite). Les rainures 
sont plus larges et plus profondes, diminuant aux extrémités 
comme les rainures du polissoir, tandis que les rainures des gra- 
vures du Mont-Aiveu sont fines et plus minces, comme si le trait 
avait été tracé en ligne droite par un instrument pointu et léger 
en main : une pointe de fer par exemple. Je crois pouvoir écarter 
l'emploi du silex, parce qu'il s'émousse et éclate facilement contre 
le grès dur du plafond. De plus, il n'aurait pu servir à creuser les 
petits trous ou cupules. 

Il y a aussi une différence dans les sujets ou composition gra- 
vées. Les gravures du Mont Aiveu sont beaucoup plus compli- 
quées, plus larges de conception, que les signes gravés de la 
Roche-au-Nom et de Puiselet, près de Nemours, qui sont plus 
simples. 

Remarques sur la situation des Gravures. — Lorsqu'on regarde 
les gravures du Mont Aiveu, on est forcé de réfléchir sur la posi- 
tion où elles se trouvent. Elles sont hors de la vue, comme 
cachées, au fond des cavités des roches ou placées dans des 
abris sous des roches presque inaccessibles. Cette position n'est 
pas seulement particulière aux gravures du Mont Aiveu, mais à 
toutes les gravures rupestres de la région. Cette particularitéest 
trop évidente pour être l'œuvre du hasard ! — On est forcé de lui 
attribuer un but intentionnel. Mais lequel ? 

Les légendes et l'histoire nous apprennent que la plupart des 
grottes et des abris de la Forêt de Fontainebleau ont servi décachet- 
tes ou de refuges, en temps de guerre oud'invasion. On a vu, en 1814 
et en 1870, les gens des pays voisins cacher leurs biens, leurs fem- 
mes et enfants dans ces lieux sauvages. On voit, par les fouilles faites 
en plusieurs endroits de la Forêt, que cette habitude existaitdepuis 



H 



242 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

les temps les plus reculés. Les gravures auraient pu être l'œuvre 
des personnes ainsi cachées ou réfugiées. Mais, ce qui va à l'en- 
contre de cette solution facile de l'origine des gravures, c'est que 
toutes les cavités ou abris sous roches, portant des gravures, n'ont 
pas servi d'habitation ou de refuge. De plus, par suite des occu- 
pations différentes et espacées, l'homogénéité de ces gravures eut 
été rompue, et on ne leur trouverait plus ce cachet ou air de 
famille. Il est également inutile de prendre ces gravures pour des 
signes ou inscriptions funéraires de corps qu'on aurait enterrés 
sous la roche, ni pour les marques totémiques ou autres d'indi- 
vidus ou tribus en séjour ou de passage en ces lieux. Dans ce cas, 
les gravures eussent été placées bien en vue, ce qui est le con- 
traire dans la situation présente; de plus les tranchées de décou- 
vertes, que j'ai faites au fond de l'abri, n'ont rencontré ni ossements, 
ni cendres ou autres restes archéologiques, qui aient pu éclairer 
l'histoire de ces gravures. 

Il est évident que ces gravures ont été soigneusement dérobées 
à la vue des yeux curieux ou profanes. Dans quelle intention ? 
Mystères religieux, pactes, ou traités entre tribus? 

Une légende existait, il y a encore quelques années, disant 
qu'autrefois les Romanichels, qui erraient sur le territoire de 
l'Europe, se réunissaient chaque année dans une des forêts, pour 
élire un chef et accomplir des rites mystérieux. La Forêt de Fon- 
tainebleau aurait été le théâtre, paraît-il, de semblables assem- 
blées. Il était nécessaire de rappeler cette légende, qui a pu 
prendre naissance dans la découverte de signes mystérieux, sem- 
blables aux gravures du Mont Aiveu. Chaque année, à l'époque 
de Pâques, il n'est pas rare de rencontrer des convois de roma- 
nichels, traversant la Forêt mais ils n'y séjournent pas. 

L'étude de l'exécution matérielle des gravures peut donner 
une indication précise sur l'époque où elles furent exécutées. 
Impossibilité d'exécuter le trait au silex ; donc pas néolithique : 
époque des métaux ! 

Ces gravures sont-elles des signes cabalistiques ou des signes 
représentatifs : reproduction topographique, expression écrite 
d'une proposition ? 

A quel genre représentatif se rapportent-elles ? 

Nous pensons résumer ainsi l'origine de l'écriture. 

1° Le dessin d'après nature, représentatif de la chose qu'on 
désigne (dessin des grottes magdaléniennes). 

La compréhension se fait par simple vision. 

2° Schématisation de ce dessin. La compréhension moins facile 
se fait par la réflexion. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 213 

3° Schématisation de ce schéma. 

Groupement de plusieurs dérivés sur ce schéma, qui devient 
une racine et prend un caractère symbolique. 

4° Groupement de ces schémas symboliques en alphabet (chi- 
nois, par exemple : toit, ciel). 

5° Abstraction de plus en plus grande de la schématisation 
(alphabet phénicien; alphabet des peuples périméditerranéens). 

Compréhension de plus en plus difficile, se fait par initiation, 
clefs, signification du signe et de ses groupements. 

Nos gravures paraissent appartenir au stade 3. 

Pourrons-nous les traduire en termes actuels, savoir si elles 
expriment une proposition de caractère religieux, de caractère 
guerrier, migrateur, etc ? 

Appartiennent-elles à quelques individus sédentaires, à un 

*?77M7777T nmmmps rmn^j/fvp rv *?fy/7F7ïïr 
TTjj%j/rn rT mhJïïrrr rm^mr, rm t>h j m 
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Fig 4. — Coupe schématique des Gravures et des Cupules.— Légende : 1 à 12, Gravures. 

peuple en migration . J Quels caractères ethnographiques? A 
quelle époque? 

Les études des inscriptions anciennes peuvent-elles nous don- 
ner quelques indications? Il faudrait faire des comparaisons d'ins- 
criptions runiques, alphabet chaldéens, etc., avec ces inscriptions 
régionales. 

L'Ethnographie comparée peut elle apporter son secours ? Par 
des études chez les sauvages, chez les Indiens (études des Survey), 
chez les nomades de l'Europe (Tziganes et Bohémiens) ? 

Il y a intérêt à découvrir les plus grand nombre de documents 
authentiques, à conserver les documents et à éviter les solutions à 
priori ; je me contente aujourd'hui de présenter ma découverte, 
sans en tirer actuellement aucune conclusion préconçue. 



214 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

A la Roche au Nom, dont j'ai parlé au début, il y a, d'autre part, 
des signes cruciformes, signes accessoires, etc., qui sont grav es éga- 
lement. 

J'ai classé ces différents signes, en les comparant aux divers 
signes que M. Marcel Baudouin a décrit dans sa communication 
à la Société d'Anthropologie de Paris sur la Croix blanche des 
Fermes du Bocage vendéen : croix simple, croix à points, croix 
surmontant un signe accessoire : rectangle, cœur ou cercle ! 

Je signale une croix, surmontant un cœur renversé, qui rappelle 
un ornement religieux russe. Ce motif volumineux est gravé sur 
le plafond de la roche ; avec la date 1812 à côté et de même fac- 
ture. Mais rien ne prouve que les signes qui couvrent le plancher 
de la cavité soient contemporains: peut-être ont-ils donné l'idée 
à quelques promeneurs de graver le signe cordiforme ? Ces trois 
signes étaient recouverts par le sol végétal. Je les ai dégagés en 
cherchant! 

Il est évident que nous avons là, en partie du moins, des signes 
cruciformes, d'origine récente (période historique), inspirés parla 
religion chrétienne, et peut être des signes plus anciens. On 
peut donc les rapprocher des signes dit : Croix des fermes du Bo- 
cage vendéen. 

La position cachée de ces signes au fond d'une cavité rocheuse 
engagaient aussiàles comparer à mes gravures rupestres du Mont 
Aiveu et à celles de Puiselet, près Nemours, dont la position parti- 
culière au fond d'un creux de roche est identique. 

Le tableau synoptique suivant montre la chaîne généalogi- 
que, qui unit ces signes. 

Age de la Pierre : Abri du Puiselet, près Nemours. 

Age du Fer; Abri du Mont Aiveu. 

Période historique : Cavité de la Roche-au-Nom. 

Période actuelle : Croix des Fermes du Bocage vendéen. 

Ces divers documents complètentla note précédente d'une façon 
un peu inattendue, mais fort intéressante. 



ci 



M. le D'Dalmon (Bourron, Seine-et-Marne). — J'aivules signes 
uci formes de la Roche-au-Nom ; ils m'ont suggéré l'idée sui- 
vante. Peut-être avons-nous, dans cette cavité, une série de signes 
à' époques différentes; il faudrait examiner avec soin la facture de 
chaque gravure: ce qui permettrait de séparer et de cataloguer ces 
signes. 

Il se peut que des signes cruciformes bien anciens, n'ayant 
aucune signification religieuse chrétienne, aient été vus par quel- 
que fervent sur cette roche, et que, par esprit d'imitation et d'adap- 
tation, ils lui aient suggéré l'idée de graver à son tour des signes 






SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 215 

de croix, à signification religieuse. Le motif cordiforme, sur- 
monté d'une croix et de même facture que la date 1812, a un 
caractère nettement religieux ; il n'est intéressant que par sa date, 
contemporaine du séjour de Pie VII à Fontainebleau, ou de Ko- 
ciusko à Montigny. Eliminons cette gravure, située au plafond de 
la roche, mais les autres signes sont-ils de même facture ou 
d'origine ancienne ? 




Fig. 5. — Principaux types de Croix blanches, peintes sur les Maisons 
du Bocage de la Vendée. 

M. le D r Marcel Baudouin. — Je suis très heureux de la commu- 
nication de notre collègue, M. F. Ede, car elle vient confimer, 







Fig. 6. — Types, plus rares, de dessins sur les Maisons de Vendée. 



magnifiquement, les hypothèses que j'avais formulées dans mon 
mémoire sur la Croix blanche des fermes du Bocage Vendéen (1). 
Dès 1908, en effet, j'ai signalé que la coutume moderne en 
question avait certainement pour origine les Gravures sur Rochers 
de l'époque néolithique et de l'époque du bronze. Et M. Ede 
nous apporte aujourd'hui la preuve de la théorie que j'avais 
déduite des observations faites {Fig. 5, 6 et 7). 

(1) Marcel Baudouin. — Bull, et Mém. Soc. d'Anthr. de Paris, 1908, 8 février. — 
Tiré à part, Paris, 1908, 36p., 5 fig. 



216 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



J'écrivais alors en effet : « Les Gravures rupestres furent, pour 
moi une révélation ; et là, où je ne voyais jadis qu'un signe chré- 
tien, je reconnus, une coutume plus ancienne, remontant à l'époque 
de la pierre polie, et ayant survécue, transformée parle Christia- 
nisme, jusqu'à nos jours ». 

Depuis mon premier travail (1908), j'ai pu : 1° Démontrer que 
cette coutume se retrouve plus ou moins modifiée en Auvergne, 
dans le centre de la France, et surtout dans le Midi, en particu- 
lier tout le long de la ligne de Bordeaux à Toulouse. Elle a donc 
été générale en France à une époque ancienne ; 2° Prouver que 




Fig. 7. — Façon de placer les dessins en forme de croix, sur les maisons de Vendée, au 
niveau des portes^et des fenêtres, et même ailleurs. — Légende : 



tout cet ensemble de Gravures, comme les Cupules, les Bassins, etc, 
est en rapport avec le Culte de la Vie, et celui du Soleil (1), 
qui n'en est que la représentation symbolique [Fig. 6;X a ,X b : C). 

Je n'insiste pas, renvoyant pour le détail et l'exposé de ces 
théories, à mes mémoires sur les Pierres à Bassins, les Sabois 
d'Equidés,\es Roches à Cupules, publiés ici-même ou dans le volu- 
me, sous presse encore, du Congrès Préhistorique de Tours. 



(1) Les rapprochements que j'ai fait jadis avec les Charriois à quatre roues, 
traînés par des Bœufs, pour expliquer les annexes des [Croix Cercles (Fig. 6); 
Rectangles, Triangles, etc.] doivent être maintenus, car, si le Char du Soleil fut en 
Orient traîné par un cheval ou des cygnes, il serait fort possible qu'en nos pays 
on ait jadis remplacé le cheval par des bœufs. 

En tout cas, le Chariot à bœufs, très symbolique de l'Agriculteur lui-même, peut 
très bien, au Lac des Merveilles, représenter \eCultedela Vie, au même titre que le 
Char du Soleil, — Je ne retranche donc rien de ce que j'ai écrit en 1908, à ce sujet. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



217 



Notice sur la Préhistoire de la Mauritanie 
occidentale Saharienne, (i) 

Par le 

Lieutenant R. DA.NGELZER de l'Infanterie coloniale . 

La partie de la Mauritanie Occidentale saharienne, comprise 
d'une part entre le 16° de longitude ouest et l'Océan Atlantique, 
d'autre part entre les 19°30 et 23°30 de latitude nord, est encore 
aujourd'hui bien incomplètement connue. 




fia- 1. — Carte de la Mauritanie. — Les régions grisées sont celles ou l'on trouva les 
Pièces néolithiques. 

Le sud de cette région appartient à la France, le nord à l'Es- 
pagne. Chacune de ces nations a installé un poste militaire sur la 
côte : la France celui de Port Etienne, dans la presqu'île du Cap 
Blanc ; l'Espagne celui de la villa de Cisneros,dans la presqu'île 
du Rio de Ouro (Fig. 1). 

(1) Communication faite en octobre 1909. 



218 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Ces deux postes, distants de plus de trois cents kilomètres, 
n'ont entre eux aucune relation. 

Les nouvelles de l'intérieur leur parviennent par l'intermé- 
diaire des Maures nomades, qui viennent échanger, contre du 
sucre, du tabac, du riz, du thé, les bœufs et moutons, la laine et 
les plumes d'autruche. 

Dans la presqu'île désertique du Cap Blanc, dont le versant 
ouest est espagnol, et celui de l'est lrançais, on ne rencontre 
aucun puits d'eau douce. 

Deux Oglats, creusés en 1908, à proximité du poste de Port- 
Etienne, donnent une eau saumâtre,en quantité à peine suffisante 
pour les cinquante chameaux de la presqu'île. 

Les pluies ne se font, en effet, réellement sentir dans cette 
région côtière qu'une fois tous les deux ou trois ans. El tioudj, 
où se trouve le point d'eau douce le plus rapproché du poste 
français, est distant de 80 kilomètres dans le nord-est. 

11 n'a cependant pas dû en être toujours ainsi, étant donnés 
non seulement le très grand nombre de tombeaux d'origine 
relativement récente, répartis sur toute l'étendue de la presqu'île ; 
mais encore les ateliers et stations préhistoriques, établis sur des 
tables remarquables et des sommets aplanis de collines rocheu- 
ses. 

Il est difficile d'estimer même bien approximativement à com- 
bien de centaines d'années doit remonter l'âge de la pierre dans 
cette région de l'Afrique. 

Les Maures ignorent complètement l'origine de ces objets en 
silex, dont ils ne se servent que comme pierre à feu, et comme 
jouets pour les enfants. Interrogés, ils répondent que Noé dut les 
déposer sur la terre, il y a si longtemps que personne ne peut 
s'en souvenir ! 

D'ailleurs le silex fait défaut dans cette région; il serait inté- 
ressant de déterminer le lieu d'où il fut importé ; les recherches 
faites dans ce but n'ont encore donné aucun résultat. 

Des stations préhistoriques se rencontrent plus particulière- 
ment dans les régions de Tellmond, Krekche, Legdame, Zmond, 
Imouzane, Aguerguer, Smlilli et Leggir. Dans l'Adrar SotofF, le 
Hedbane, le Taziast, le Tijirit et le Tiris, on trouve quelques 
stations de bien moindre importance (Fig. 1). Enfin, en dehors 
des régions énumérées ci-dessus, il n'existerait d'après les rensei- 
gnements des indigènes aucun vestige de l'âge de pierre. 

Les flèches et instruments préhistoriques sont à fleur de sol, 
en plein air. Le vent, qui souffle toujours avec violence sur cette 
contrée dénudée, aura empêché le sable de les recouvrir. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 219 

11 arrive plus rarement que Ion trouve des échantillons dans 
des Grottes naturelles peu profondes. 

Constamment exposés à l'air et au soleil, ces silex ont fini par 
être recouverts d'une patine très épaisse. Cette patine a pénétré 
parfois si profondément qu'il n'existe plus qu'un très petit noyau 
coloré. 

Malgré leur très grande fragilité, ces flèches nous sont parve- 
nues intactes, n'ayant été en contact qu'avec du sable où des 
pierres tendres. En outre, reposant sur des élévations, elles n'ont 
été foulées, et, dans le désert plus que partout ailleurs, il existe 
des pistes fréquentées en dehors desquelles nul ne saurait s'éloi- 
gner trop sous peine de s'égarer. Ces pistes unissent le plus 
directement possible les points d'eau ou les maigres pâturages. 

Pendant que les recherches se poursuivaient de la baie du 
Lévrier, dans l'intérieur de la Mauritanie occidentale, M me Crova, 
de Dakar, faisant paraître dans le Bulletin de la Société préhisto- 
rique de France, de juillet 1909, une notice, très complète et très 
documentée, sur les instruments néolithiques, recueillis dans la 
presqu'île du cap Blanc. 

Depuis 1908, il est devenu très difficile de retrouver dans la 
presqu'île un instrument néolithique; les quelques silex qui ont 
pu être recueillis l'ont été aux emplacements signalés par 
M me Crova. 

Les recherches étant peu fructueuses, on fut amené à les 
pousser plus avant ; c'est ce qui a permis de délimiter la zone 
saharienne occidentale, où se manifeste l'âge de la pierre. 

Outils ex Silex. — Il est inutile de revenir sur la description 
de ces instruments néolithiques, qui là, comme partout ailleurs, 
sont identiques de forme et de matière. 

Il importe toutefois de signaler: 

1° Des flèches, dont la taille présente des formes variées. 

2° Des aiguilles, en très petit nombre. 

3° L ne scie, en forme de croissant; cette scie, taillée sur une 
face et lisse sur l'autre, se rapproche des scies Scandinaves ; c'est 
d'ailleurs le seul échantillon qui ait été recueilli (0 m 09 de lon- 
gueur m 04 de largeur). 

4° Des instruments, taillés ou polis, a section triangulaire poin- 
tues aux extrémités, et qui mesurent de m 045 de longueur et 
de ra 010 a m 020 de côté. 

5° Enfin, de nos jours, les Maures taillent très grossièrement 
des éclats de silex, et leur donnent trois formes principales. 

La première de ces formes représente un chameau ; la deuxième 



220 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

une chamelle; et la troisième un cheval! Les enfants jouent 
avec ces animaux de silex. 

Ajoutons que l'authenticité de ces instruments préhistoriques 
ne peut être mise en doute, étant données la très grande finesse 
du travail et des retouches, la façon dont les pièces ont été 
recueillies in situ, l'ignorance des Maures au sujet de leur origine, 
enfin et surtout la patine très épaisse, qui se remarque sur la plus 
grande partie pièces recueillies. 

Poteries. - Dans les ateliers et stations préhistoriques, on 
rencontre encore des fragments de poterie, en assez grand nom- 
bre. Un de ces fragments, orné de triples séries de zig-zag en 
creux, mesurait m 10 sur m 15. 

Tombeaux. — Quant aux tombeaux très nombreux, disséminés 
sur toute la presqu'île, il y a tout lieu d'admettre qu'ils sont d'ori- 
gine musulmane. Ces tombeaux sont, en effet, orientés nord-sud. 

De grandes pierres, fichées en terre au sud, marquent l'empla- 
cement du crâne ; et le squelette repose sur le côté droit, face à 
l'Est (direction de La Mecque). — Des collections des instruments 
néolithiques, recueillis en Mauritanie saharienne, ont été donnés 
aux Musées de Saint-Germain-en Laye, et à celui du Bardo 
(Tunisie), ainsi qu'au British Muséum de Londres, et au Musée de 
Toronto (Canada). 

M. Marcel Baudouin. — Je remercie, au nom de la S. P. F., 
M. le L l Dangelzer de son intéressante présentation ; et je me 
permets d'ajouter que les pièces présentées aujourd'hui font dé- 
sormais partie de la belle collection préhistorique de notre sym- 
pathique et dévoué Collègue, M. Henri Marot (de Paris), où 
chacun de nous pourra les revoir à loisir, plus facilement qu'ail- 
leurs. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



221 



Un Xucleus solutréen, analogue aux 
Livres de beurre » du Grand Pressîgny. 



Armand VIRÉ (de Lacave, Lot). 

En 1904, lors des fouilles exécutées à la Grotte de Lacave, 
j'avais récolté un nucléus assez exceptionnel, dont j'ai parlé 
sommairement dans le compte-rendu desdites fouilles (1) [Fig. 1). 

Une pièce analogue, quoiqu'un peu plus petite, avait déjà été 




Fig. 1. — Nucléus solutréen de Lacave. 



Vu sur les 2 faces et de profil. 



rencontrée dans la même région par Félix Bergougnous, à la 
grotte du Coual, dans la vallée du Celé (2). 

Notre Président sortant, Henri Martin, nous a présenté, à 
l'une des dernières séances, un bloc de silex, solutréen, qui res- 
semble beaucoup au nôtre et provient d'une grotte de la Charente. 

Vl) L Anthropologie, t. XVI, 1905, p. 418, ligne 13. 

(2) F. Bergougnous. — Les Temps préhistoriques en Qtierey. — Cahors, Girma, 
1887, avec planches. 



222 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

En présence de ces trois objets, très voisins de forme, trouvés 
dans trois localités relativement rapprochées, il m'a paru utile 
de donner quelques détails complémentaires sur le silex de 
Lacave. 

Gisement et âge. — Ce silex a été recueilli vers la partie infé- 
rieure de notre couche 4 (V. la coupe dans Y Anthropologie), qui 
contenait des pointes en feuille de laurier, avec, au sommet, une 
pointe à cran. On peut considérer notre pièce comme apparte- 
nant au Solutréen inférieur. 

Dimensions. Ses dimensions sont 31 m 5 X m 14 X O^Oô. Son 
poids est de : 2 kilogr. 970. 

Forme. — La forme rappelerait un peu celle d'un très gros 
coup de poing, si la partie la plus tranchante (inférieure sur la 
figure) n'était encore recouverte d'une partie de son cortex, et si 
l'extrémité opposée ne se terminait en un grosbizeau, dont l'axe 
est perpendiculaire au plan général de la pièce. 

Un rapprochement plus intime serait à faire avec les nuclei 
du Grand Pressigny, sauf qu'en général les lames qui en ont été 
détachées sont moins longues qu'à Pressigny. — Elle est d'un silex 
gris marbré, probablement d'origine crétacée. 

La Figure 1 ci-jointe me dispense d'entrer dans de plus longs 
détails ; mais il m'a paru bon de présenter cette pièce à la 
Société, avec l'espoir que, jointe aux deux autres, elle suscitera 
d'utiles comparaisons. 



Meule en Granité de Trégomar (Côtes-du-\onIi. 



M. LE GONIAT (Trégomar, Côtes-du-Nord). 

Je crois intéressant de signaler la découverte récente d'une 
très vieille meule en granit, au village du Haut-Bourg, en Tré- 
gomar (Côtes-du-Nord) (1). 

Cette meule grossière a les dimensions suivantes: Grand axe, 
m 51 ; petit axe, m 45. Sa forme est irrégulière ; mais, dans son 
état primitif (elle est brisée en plusieurs endroits), elle devait 

(1) Trégomar possède un beau Mégalithe, dont la désignation a toujours été 
erronée dans les ouvrages archéologiques, parus jusqu'à ce jour. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 223 

être circulaire {Fig. 1). Elle est percée d'un trou en forme d'en- 
tonnoir, mesurant m 05 de longueur sur m 04 de largeur. Ce trou 
traverse la pierre dans toute son épaisseur, qui est de f^OSà l'un 
des bords, de m 09 au bord diamétralement opposé. Cette dif- 
férence d'épaisseur provient du bris de la pierre. La meule, bom- 
bée au-dessus, plate au-dessous, pèse environ 50 kilos {Pi*. 1 ; III). 

On ne sait ce qu'est devenue la cuve dans laquelle on la fai- 
sait mouvoir. 

La meule, qui était enfouie sous la terrasse d'un hangar, se 
trayait, il y a trente ans environ, dans la cour de la ferme. Une 
personne digue de foi m'a assuré qu'à cette époque la meule 
avait, dans une des parties brisées, un autre trou, dans lequel on 
pouvait fixer un bâton. Ce bâton, selon toute probabilité, servait 
à imprimer le mouvement de rotation. Dans ces conditions, la 




Fig. t. — Meule ancienne, trouvée au Haut- Bourg, en Trégomar (Côtes-du-Nord). — 
Echelle : 1/20. — Légende : 1, Face inférieure; — II. Face supérieure: — III, Coupe sui- 
vant le petit axe [Profil du trou]. 



meule devait reposer sur un pivot; la découverte de la cuve pour- 
rait seule éclaircir ce dernier point. 

Les personnes les plus âgées du pays n'ont jamais vu fonction- 
ner la meule en question. Peut-être a-t-elle été employée à mou- 
dre le blé noir, à une époque qu'il est très difficile de préciser ? 
Mais c'est très douteux. Les galettes ou gaufres desarrazin cons- 
tituent la principale nourriture des habitants de Trégomar. En 
hiver, quand les eaux pluviales sont trop abondantes; en été, 
sous l'influence d'une sécheresse prolongée, il arrive, assez 
souvent, que les meuniers ne peuvent faire fonctionner leurs 
moulins. Autrefois, les ménagères se trouvaient ainsi privées, 
momentanément, de la farine nécessaire à la fabrication des gau- 
fres. Pour obvier a cet état de choses, d'ingénieux mécaniciens de 
village fabriquèrent des moulins en bois, dont le maniement était 
difficile et fatigant. 



224 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Aujourd'hui on voit, dans toutes les fermes, de petits moulins 
très pratiques, peu encombrants, avec lesquels on moud le sar- 
razin quand, pour un motif quelconque, le meunier reste forcé- 
ment inactif (Ces moulins sont fabriqués à Plancoët, Côtes-du- 
Nord). 

Je serai très heureux de savoir si de vieilles meules semblables 
à celle du Haut-Bourg ont déjà été signalées à la Société préhis- 
torique Française. 

Récemment, j'ai acquis la certitude que la meule a servi autre- 
fois à moudre du blé noir. Un vieillard du pays se rappelle l'a- 
voir vu fonctionner, alors qu'il avait quatorze ans. Le bâton ser- 
vait à imprimer le mouvement de rotation à la meule ; mais la cuve 
n'était pas un monolithe, comme je le supposais. De forme cylin- 
drique, elle se composait d'une maçonnerie, en pierr.es sèches, 
avec rebord en granit, à la partie supérieure. Ce rebord était 
percé d'un trou circulaire, par lequel s'échappait la farine. 

La meule tournait sur un plateau formé de plusieurs pierres, 
dures et polies, offrant l'aspect d'une mosaïque. Ces pierres 
étaient soumises, de temps en temps, à un piquetage. La meule 
était relevée ou abaissée, selon le besoin, au moyen d'un levier. 

L'usage de ce moulin, construit, sans doute, dès le début de 
la culture du sarrazin dans notre pays, s'est perpétué, à travers 
les âges, jusqu'en 1830 ou 1840. 

La meule du Haut-Bourg est d'autant plus intéressante que ses 
semblables sont excessivement rares en Bretagne, pays par ex- 
cellence de la culture du sarrazin. 






SÉANCE DU 27 AVRIL 1911 



Présidenoe de M. L. COUTIL. 



PROCÈS- VERBAL DE LA SÉANCE 



M. le Secrétaire donne lecture du Procès-verbal de la dernière 
séance [23 mars 1911]. — Le Procès-verbal est adopté. 

A propos du Procès-verbal, diverses notes sont adressées à la 
Société par MM. A. Guébhàrd, Déchelette, Marcel Baudouin, 
Desailly, Guéxix [Notes insérés plus loin]. 

Errata. — M. Pages- Allary a adressé les corrections suivantes à 
ses communications : page 181, 15 e ligne, lire Lugarde, et non Ugarde, 
16 e ligne, près le Puy-Mary. — Page 183, ligne 12 : Dans le cas spé- 
cial du cuivre sans mélange, certainement le cuivre natif... Au bas de 
cette page, la formule de l'Azurite est : 2 Cu Co 3 Cu (OH) 2 (qui a 
été mal composée). — Page 185, 7 e ligne : « Là dessus, une discussion, 
sans aigreur, donc sans personnalité ». 

M. Jacquot remarque qu'on a imprimé mètres au lieu de centimètres 
dans son dernier article (Pierre des Francs-Maçons), en ce qui concerne 
les distances des Cnpules (p. 197). 

La date de la prochaine séance reste fixée au Jeudi 25 mai, jour de 
l'Ascension ; mais l'entrée de la Sorbonne aura lieu par la rue Saint- 
Jacques. 

Correspondance. 

Lettres de remerciements. — M. Didox. 

Lettres d'excuses. — M. le D r Chkrvix, absent de Paris. — M. le 
D r Marcel Baudouin, actuellement à Nîmes, pour assister à la séance 
du Conseil général du Gard, et préparer le prochain Congrès. — 
M. A. Viré, absent de Paris. 

Lettre d'avis de Décès. — M. Paul du Chatellibr, président de la 
Société archéologique du Finistère, de Pont-1'Abbé (Finistère), Fonda- 
teur de la S. P. F. — Ce savant laisse de remarquables collections, ras- 
semblées au Château de Kernuz, et provenant de fouilles poursuivies 
pendant 25 ans dans les Dolmens, Tumulus, etc., du Finistère. 

M. Riallaxd, pharmacien, à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord). 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 15 



^S26 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

NÉCROLOGIE. 

M. Paul du CHATELLIER (de Pont l'Abbé, Finistère). 

Depuis la séance du 23 mars, nous avons perdu un de nos plus 
éminents collègues, M. Paul du Chatellier, correspondant du Comité 
des travaux historiques, membre fondateur de notre Société, décédé, 
à l'âge de 78 ans, dans son Château de Kernuz, près de Pont-1'Abbé, 
où il avait formé une des plus belles collections préhistoriques, com- 
posée des découvertes des commandants A. Martin et Le Pontois, an- 
ciens officiers de marine, provenant des Côtes-du-Nord et du Mor- 
bihan, tandis que les remarquables découvertes de M. Chatellier pro- 
venaient surtout des dolmens et tumulus du Finistère. Si cette collec- 
tion était réunie à celle du Musée de Vannes, ce serait le groupement 
le plus intéressant pour l'étude des Monuments mégalithiques de l'Ar- 
morique. 

Dans sa jeunesse, il débuta à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, dans 
l'atelier de Picot et de Gudin; ce n'est que vers 1870, à 30 ou 32 ans, 
que la Préhistoire l'attira, comme beaucoup d'autres artistes dont les 
noms se retrouvent parmi nous, et notamment, un vendéen, le graveur 
éminent O., de Rochebrune. 

Les trente-trois ouvrages, dont les titres suivent, suffisent à rappe- 
ler sa belle carrière. 

1° Exploration des tumulus du départ, du Finistère (29* session de la Soc. d'4rch. 
de France, 1861, p. 318 à 348 pi.). 

2° Exploration des monuments de Kerugou, Ker/lanl, Pen Ar Menez Kervilloe 
(Mém. Soc. Eni. Côtes-du-Nord, 1877, 15 p., pi.). 

3° Exploration d'un monument circulaire à Kerbascat (Mém., S.E. Côtes-du-Nord, 
1878, 8 p., pi.). 

4° Cimetière gaulois du Mont Blanc, à Elrechy (Marne). Ext. Champagne sou- 
terraine, 1878, 8 p., pi.). 

5° Exploration du cimetière gaulois de Kerviltré en Saint-Jean-Trolimon (Finis- 
tère) (Mém. Soc. Emulation Côtes-du-Nord, 1878, 16 p., pi.). 

6° Parc Bohars-Izella, commune de Commana (ép. gallo-romaine). 
7° Les sépultures de l'époque du bronze en Bretagne. 1884, 83 p., pi. 
8° L'époque néolithique dans la commune de Plogoff. 1891, 7 p. 
9° Vase trouvé dans un tumulus à Saint-Pol-de-Léon (Finistère). 8 p., fig. (Rev. 
archéol., 1891). 

10" Ornement de tête en or. Diadème découvert à Saint-Potan (Côtes-du-Nord). 
(Ext. Bul. Soc. arch. Nantes et de la Loire-Inférieure, 1892, 8 p., pi.). 
11° De quelques monuments préhistoriques dans le Finistère. 1895, 7 p. 
12° Allée mégalithique en pierres arcboutées de Lesconil en Poullan (Finistère). 
(Rev. Ecole anthrop., 1895, 3 p., pi.). 

13° Deux tumulus de l'époque du bronze dans les communes de Locmaria-Plouzane 
et de Saint-Yvi (Finistère) (Soc.Emul. Côtes-du-Nord, 1896, 6 p., fig.). 

14° Exploration sur les montagnes d'Arrhées et leurs ramifications, 1895-1896. 
(Soc. émul. Côtes-du-Nord, 64 p., fig. pi.). 

15° Pierre gravée de Kermaria en Pont-V Abbé (Finistère). (Bul. arch., 1898, 3 p., 
fig.). 

16° Exploration des tumulus du Fao-Youen et de Casmaner en Plonéour Lanvern 
(Finistère). 6 p., fig. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 227 

17° Les tumulus de Kervastal en Ploneis [Fi lisière) (Bul. arch., 1899, 4 p., fig.). 

18° Le bronze dans le Finistère (Bull. Soc. Arch Finistère, 1899, 56 p.). 

19° Haches caraïbes en pierre polie trouvées dans le Finistère, 1899. (Bul. Soc. 
arch. du Finistère, 4 p. pi.). 

20* Galets et pierres à cupules des sépultures préhistoriques du Finistère (Bul. 
Soc. arch. du Finistère, 1900, 77 p.). 

21° Exploration des tumulus des montagnes noires Finistère) (Bul. arch., 1901, 
21 p., fig.). 

22° Relevé des monuments des îles du littoral, de Béniguet à Ouessant (Soc. arch. 
du Finistère, 1901, 19 p.). 

23° La pointe de Kermorvan en Ploumoguer; ses monuments, pierres à cupules 
(Soc. arch. Finistère, 1903, 9 p., fig.). 

24° Sépulture sous tumulus à Berrien {Finistère). (Soc. arch. Finistère, 1904, 
6 p., fig.) 

25° La roche gravée de Slang-Bilérit, découverte à l'île de Groix (Morbihan). 
(Soc. arch. du Finistère, 1907, 4 p., fig.). 

26" La poterie aux époques préhistorique et gauloise en Armorique, 1907. 60 p. 
17 planches (où se trouvent réunis tous les vases qu'il découvrit, et qui forme un 
ensemble des plus curieux pour l'étude de cette région). 

La Revue Y Anthropologie a publié en outre : 

27° De quelques squelettes découvertes dans le Finistère, t. V., p. 204. 

28° Quelques monuments de la commune de Plouescat (Finistère), t. X, 54 fig. 

29° Exploration du dolmen de Kerveret en Plomeur [Finistère), t. X, 424, 6 fig. 

30° Le bronze dans le Finistère, X, 457 (cité ci-dessus, n° 18). 

31° Carte des tumulus et trouvailles de bronze du département du Finistère, X, 
578. 

32° Un âge du cuivre en Armorique; \YS , 536; XV, 394. 

33* Du Chatellier et Le Pontors. — La sépulture à barque de file de Groix, XX, 396. 

Pour les collections, lire : Le Château de Kemuz, son histoire, ses collections : par 
l'abbé Milon, 1905, 39 p., fig. 

Il ne nous appartient pas de dire ce qu'était l'homme privé, bon et 
charitable, qui compléta les travaux historiques de son père, membre 
de l'Institut, en y rattachant tout un passé jusqu'alors inconnu. Ses 
débuts à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris ne permettaient pas de 
supposer qu'il s'adonnerait aussi brillamment à l'Archéologie. 

Nous n'avons pas la prétention de donner ici une bibliographie com- 
plète des travaux de notre éminent collègue, qui, à son décès, était 
encore Président de la Société Archéologique de Finistère ; cette liste 
suffit à prouver l'importance de ses remarquables recherches. Nous 
devions à sa mémoire de les rappeler, en lui adressant un dernier hom- 
mage de profonde sympathie et d'admiration pour sa féconde carrière 
scientifique. L. Coutil. 

Bibliothèque. 

La Bibliothèque de la Société a reçu les ouvrages suivants : 

Poitiers et ses environs. Guide des Touristes^ etc., [Synd. d'Iniat. 
du Poitou]. — Poitiers, 1910, in-8°, 64 p., nombr. fig. — [M. Frapier, 
Archiviste du Comité d'initiative du Poitou, en offrant ce Guide itiné- 
raire des touristes à Poitiers et aux environs, avise les membres de la 
Société, qui désireraient le recevoir, qu'ils peuvent le réclamer au 
siège du Comité, 3, rue du Moulin-à-Vent, Poitiers]. 



228 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Baudouin (M.). — Description et Restauration d'une Ciste néolithique 
et de ses Cercles péritaphiques aux Tabernaudes, à l'Ile d'Yeu (V-). 
[Extr. Bull, et Mém. Soc. d'Anthr. de Paris, 1910]. -— Paris, 1910, 
in-8°, 40 p., 16 fîg., dont 3 pi. hors texte. 

Boucher de Perthes. — Sujets dramatiques. — Paris, 1852, in-8°, 
2 vol. [Don de M. le D r Ballet]. 

Geneveaux (M.). — Sur la découverte d'une nouvelle station néolithi- 
que sur les bords de la Mosson [Extr. Bull. Soc. Langued. de Géogr., 
1906J. — Montpellier, in 8°, 1906, 16 p., 5 pi. hors texte. 

Genevaux (Maurice). — Nouvelles recherches dans la station néolithi- 
que de la Paillade, sur les bords de la Mosson [Extr. Bull. Soc. Lan- 
gued. de Géographie, 1907]. — Montpellier, 1907, in-8°, 11 p., 9 fig. 

M. Genevaux et A. Manche. — Recherches spéléo logiques dans la 
région du Pic-Saint-Loup. — [Extr. Bull. Soc. Lang. de Géog., XXXI, 
1908]. — Montpellier, 1908, in-8°, 36 p., 24 fig., pi. hors texte. 

Beaupré (J.). — Rapporta la Société d'Archéologie lorraine et au 
Musée historique lorrain sur le projet de loi intéressant V Archéologie. — 
^ancy,1911, in-8°, 13 p. 

Roux (Albert). — Etude sur les vieilles murailles du Mazet du Jas di 
Bioou (Oppida). — Uzès, 1911, in-16°, 4 p. 

Plessier (P.). — Obliquité de l'emmanchement dans les Haches et 
Hachettes polies à VEpoque néolithique. [Extr. Bull. Soc, Hist. de 
Comp., 1911]. — Gompiègne, 1911, in-8°, 21 p. 

Th. J. Westropp. — Promontory Forts and similar Structures in the 
Country Kerry . Parts IV. cozcaguiny (The Southern Shore). [Extr. 
Journ. of the R. Sy . of Antiquaries of Iuland, déc. 1910, p. 265-296, 
10 fig.]. — Dublin, 1910, in-8°. 

Vœu relatif aux. Monuments mégalithiques 
et aux. Arbres. 

La Société Préh. Franc, émet le vœu que les arbres, voisins des 
Mégalithes, soient complètement détruits. — En effet, ils sont cause 
d'altérations et de dislocations, qui peuvent parfois amener la destruc- 
tion des monuments les plus importants. 

Vœu relatif à l'Acquisition des Monuments. 

La Société Préhistorique Française émet le vœu que les Monuments, 
destinés à lui être donnés, lui soient cédés par un acte de vente ordi- 
naire, sous seing privé, au prix de un Franc, comme le fait aujourd'hui 
l'Etat lui-même. — ha. Donation entraîne, en effet, des frais si élevés qu'il 
faut y renoncer ! — Il est curieux de constater que Y Etat lui-même est 
obligé de violer la Morale et de tourner la Loi, qu'il a faite, pour pro- 
téger la Science ! — Une révision d'une telle législation s'impose d'ur- 
gence. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 229 

VII Congrès de France à Ximes 1911). 

M. Edra. Hue, Secrétaire général adjoint, annonce qu'il vient d'être 
avisé par M. le D r M. Baudouin que le Conseil général du Gard a voté, 
ces jours-ci, la subvention habituelle demandée pour cette session. 

Il a accordé, en outre, une subvention pour l'organisation d'une petite 
Exposition locale, qui aura lieu au Muséum d'Histoire naturelle, et sera 
mise sur pied par MM. G. Mingaud et F. Mazauric. 

M. le Secrétaire-général du Congrès vient de répéter les Excur- 
sions, qui seront très intéressantes ; elles permettront d'étudier des 
monuments fort curieux, dont le Congrès n'a encore jamais vu de 
spécimens. 

M. E. Hue est chargé de transmettre les remerciements de la 
S. P. F. à M. le D r M. Baudouin, pour les nouveaux résultats obtenus. 

Les Excursions du Congrès Préhistorique 
de Xours (19 ÎO). 

\Dons de Photographies par M. Fouju]. 

M. Chapelet remet, sur le bureau, pour la Bibliothèque, de la part 
de M. Fouju, vice-président de la S. P. F., une magnifique série de 
photographies, prises par lui au cours des Excursions du Congrès 
préhistorique de Tours, en 1910. Ces instantanés permettront à nos 
collègues de revivre ces quelques jours inoubliables dans la Touraine 
préhistorique. — Des remerciements sont votés à M. Fouju, pour le 
don de ce manuscrit, unique en son genre. 

Admission de nouveaux. Membres. 

Sont proclamés Membres de la S. P. F. : MM. 

Gillet, artiste peintre, Les Ayeules, Montigny-sur-Loing (Seine-et- 
Marne). [D r Dalmox. — Marcel Baudouin]. 

Brogxard (Lucien), pharmacien, 16, rue Gambetta, Lillebonne Seine- 
Inférieure), [L. Coutil. — Marcel Baudouin]. 

Chomereau (Gaston dej, Lieutenant au 7 e Bégiment d'Infanterie, 
18, rue Victor-Hugo, Cahors (Lot], 

[J. de Saint- Venant. — E. Hue]. 

Commission pour la Liberté des Fouilles. 

M. le D r Henri Martin distribue le 3 e fascicule des Protestations. 
Sur 92 sociétés, 90 sont aujourd'hui protestataires î 



230 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Présentations. 

Bossa vv. — Vues stéréoscopiques de Mégalithes. 

Communications. 

Paul de Mortillet (Paris). — Silex du Sahara, 

Stanislas Leloutre. — Disque perforé ou casse-tête en silex de 
Braisne [Aisne). 

G. Rouxel (de Cherbourg). — Un atelier de fabrication d'anneaux 
en lignite à Nacqueville-Bas [Manche). 

L. Jacquot. — Les pierres à cupules du Bas Chablais [environs de 
Thonon) [Demande de classement]. 

L. Coutil et Duquesne. — Construction romaine à Brionne [Eure). 

A. Larmigny (Chàteau-Porcien, Ardennes). — Station néolithique et 
gallo-romaine de V 'Aiguillon, près Château- Porcien {Ardennes). 

E. Grillet (d'Igé, Saône-et-Loire). — Atelier de fondeur de fera 
Jgé. Découverte d'un gros culot de fonte et de débris considérables de 
fer à Jgé [Saône-et-Loire). — Discussion : M. Hue, qui donne des 
renseignements complémentaires sur de nombreuses tombelles, trouvées 
sur ce territoire. 

0. Vau ville (Paris). — Alignements de Cuisy -en- Amont. — Dolmen 
de la Pierre Laye, à Vauxregis [Aisne). — Discussion : L. Giraux ; 
A. Guéhhard. Note Marcel Baudouin. 

Maurice Gillet (Paris). — Station moustèrienne de Garches (Seine- 
et-Oise). 

Plessis (Compiègne). — Cachette de l'Age du bronze dans la plaine 
des Sablons, près Compiègne [Oise). 

Evrard (Varennes, Eure). — Cimetière mérovingien de Varennes. 

Henri Martin (Paris). — Dents humaines moustériennes de La Quina 
(Charente). 

L. Giraux (Saint-Mandé, Seine). — Le Menhir de Coupvray (Seine- 
et-Marne). 

A. Cousset (Etaules). — Découvertes en Charente-Inférieure . 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 231 

H. — NOTES ORIGINALES. 



Discussion sur les origines de l'Industrie 
du Cuivre en Vendée. 

M. J. Déchelbtte (Roanne). — La lecture du dernier Bulletin 
de la Société préhistorique (1) m'inspire quelques réflexions, dont 
je crois devoir faire l'objet d'une courte communication. 

Tout d'abord j'y relève une erreur matérielle, qui a pour ré- 
sultat de me prêter, en ce qui concerne l'origine de l'industrie 
du cuivre, une opinion absolument opposée à celle que j'ai for- 
mulée. M. Marcel Baudouin annonçant qu'il espère démontrer 
sous peu l'existence d'un centre indépendant d'invention du cui- 
vre et du bronze dans la région bretonne et vendéenne, déclare 
« lutter, sur ce point, contre les théories anciennes bien assu- 
rées, et surtout contre les hypothèses de M. Déchelette et de 
M. Siret, qui admettent une importation du cuivre en Bretagne, 
venant soit d'Extrême-Orient (Déchelette), soit d'Espagne 
(Siret) ». 

Or, il ne m'est jamais venu à l'idée de prétendre que les 
minerais de cuivre ou les lingots extraits de ces minerais aient 
été introduits de l'Extrême-Orient dans l'Europe occidentale. 
Si, d'autre part, par ces mots «importation du cuivre », M. Bau- 
douin entend parler seulement de l'introduction de l'industrie 
du cuivre, il m'attribue encore une opinion, tout à fait contraire 
à ce que j'ai dit. Je me suis, en effet, exprimé ainsi : « De la Mé- 
diterranée orientale, les types principaux de l'outillage primitif 
en cuivre, la hache plate et le poignard triangulaire, se sont 
répandus dans l'Europe occidentale, centrale et nordique. Il ne 
faut point entendre par là que des objets, égyptiens ou asiatiques, 
auraient été colportés directement chez les habitants des régions 
du nord. Ce qui s'est propagé de peuple en peuple par un che- 
minement plus ou inoins rapide, suivant les facilités de commu- 
nication, c'est la connaissance des procédés métallurgiques. Les 
modèles originaux subissaient des modifications sensibles d'un 
atelier à l'autre, tout en conservant leurs caractères essentiels. 
Les traits de similitude des plus anciens outils, armes et objets de 
parure en cuivre et plus tard en bronze, répandus au sud et au 
nord de l'Europe, permettent donc d'écarter les hypothèses poly- 
génistes, formulées par quelques auteurs sur les origines de la 

(1) Février 1911, p. 120-122; 166-V70, 



232 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQl E FRANÇAISE 

métallurgie dans l'Ancien Monde. De plus, on peut établir que la 
connaissance des premiers métaux s'est répandue du sud au nord 
et non pas suivant une direction opposée. Toutefois il nous est 
encore impossible de savoir si les premiers creusets apparurent 
dans la vallée du Nil, en Mésopotamie ou dans quelque autre 
région de l'Asie antérieure, voire même de la zone égéenne. 
Nous pouvons seulement affirmer que les premiers objets de 
cuivre et de bronze de l'Europe centrale, occidentale et nordi- 
que, dérivent, pour la plupart, de prototypes méditerranéens » (1). 
Dans tout cela, il n'est aucunement question des pays d'Ex- 
trême-Orient. Bien plus, en parlant de l'étain, j'ai montré, ou 
plutôt rappelé les motifs qui ne permettent pas de retenir l'hypo- 
thèse de Gabriel de Mortillet sur l'origine indienne du bronze (2). 

Quanta la thèse de M. Marcel Baudouin sur l'existence d'un 
centre d'invention du cuivre et ensuite du bronze dans la région 
armorico-vendéenne ; je crois qu'il sera difficile à son auteur de 
lui donner le moindre fondement. Beaucoup trouveront un peu 
faible l'argumentation, consistant à prétendre « qu'il y a eu en 
Vendée un centre isolé d'invention de cuivre, parce qu'il y avait 
là jadis d'importants gisements de cuivre, inconnus aujourd'hui 
ou à peu près ». D'autres se laisseront difficilement convaincre, 
en cette matière, par des considérations tirées « de l'embryologie, 
de l'anatomie et de la physiologie du cerveau humain», et préfé- 
reront encore, analyse pour analyse, celles des objets de cuivre 
ou de bronze. La tâche de M. Baudouin sera laborieuse, même 
dans le domaine plus restreint des faits terre à terre de l'archéo- 
logie. Il lui faudra établir que la grande voie commerciale de 
l'Atlantique, qui reliait entre elles, par des relations indirectes, 
mais constantes et régulières, les tribus occupant le Portugal 
actuel, la France occidentale et l'Irlande, n'est qu'une pure chi- 
mère, malgré l'importance des faits matériels établissant son 
existence et sa haute antiquité. Il devra montrer l'isolement des 
populations côtières de la Vendée et de la Bretagne à une épo- 
que de grand transit maritime, expliquer par quel singulier 
hasard, dès l'âge du cuivre, on voit les guerriers de la Péninsule 
ibérique munis, comme ceux de l'Armorique et de l'Irlande, de 
la hache-poignard, c'est-à-dire d'une des armes les plus caracté- 
ristiques de l'âge du bronze occidental, arme qui se retrouve 
encore en Italie, dans l'Europe centrale et en Scandinavie. Ce 
travail achevé, M. Baudouin se trouvera aux prises avec la ques- 
tion des vases caliciformes, répandus, comme chacun sait, non 

(t) Manuel, t. II, 1, p, 92. 
(2)Ibid.,p. 97. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 233 

seulement en Bretagne, mais dans les Pyrénées, l'Ibérie, les 
Alpes-Maritimes, la Sicile, la Sardaigne, l'Italie, la Hongrie, les 
régions Rhénanes, la Poméranie, etc. L'uniformité de certains 
types d'objets d'or, apparaissant dès l'âge du bronze I sur une 
vaste zone, devra encore retenir son attention. Il en sera de 
môme pour les poignards triangulaires et pour je ne sais combien 
d'autres objets industriels, qui se prêtent à des constatations 
similaires, sans parler des analogies observées dans le mode de 
construction des sépultures. 

Lorsque M. Marcel Baudouin aura produit sur l'ensemble de 
ces faits une nouvelle théorie synthétique, embrassant dans l'es- 
pace un horizon plus étendu que les trois arrondissements de la 
Vendée, en même temps que moins compréhensive à d'autres 
égards, notamment en ce qui concerne les observations embryo- 
logiques et physiologiques, alors seulement nous nous trou- 
verons en présence d'une thèse d'archéologie comparée assez 
consistante pour se prêter à la discussion. 

Jusque là, avec tous les Préhistoriens d'Europe, je tiendrai 
toujours, pour une des plus solides et des plus brillantes con- 
quêtes de l'archéologie le grand fait de la très haute antiquité 
des relations commerciales ouvertes entre les différents peuples 
de l'Ancien Monde ; et je considérerai comme démontrée la diffu- 
sion progressive des principaux éléments de la civilisation médi- 
terranéenne dans l'Europe de l'ouest, du centre et du nord, y 
compris la Vendée. 

Que cette région compte parmi les départements où les haches 
plaies sont particulièrement abondantes, ce n'est point là un fait 
nouveau. Je me suis, en effet, attaché à le mettre en évidence, et 
j'ai fait observer qu'en France ce type de hache « apparaît dans 
quelques dépôts pour la plupart situés en Gironde, en Charente, 
en Vendée et en Finistère, et aussi dans des sépultures de la Bre- 
tagne et de la Savoie, sans compter diverses trouvailles isolées. » 
(Manuel II, 1, p. 244). Ces dépôts de l'âge du bronze I, j'en ai 
donné la liste. Elle comprend les trouvailles de Saint-Etienne- 
de-Brillouët (sept haches plates en cuivre) et de Messigny, 
commune de Velluire (trois haches plates), l'une et l'autre en 
Vendée. 

Il est possible, mais non démontré, que ces haches aient été fon- 
dues avec du cuivre de provenance vendéenne. On ne doit pas 
oublier que le commerce des métaux bruts, non manufacturés, a 
joué un rôle important, et que les lingots de cuivre ont circulé de 
bonne heure comme les lingots d'étain. Il se peut — et ici tout 
est pure conjecture — qu'on ait introduit alors sur notre littoral 
atlantique du cuivre ibérique, en un mot que l'abondance des 



234 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 






10 





11 



12 



13 



1$ 



Fifif. 1. — Haches plates, probablement en cuivre, trouvées en Italie, en Espagne, à Chypre, en 
Hongrie ; 1/4 gr. ; — 1 , Chypre (Evans, Age du br. , p. 43) ; —2, 10, 14. Italie centrale (Monte- 
lius, Italie prim., pi. 124); — 8, Espagne (Siret, Premiers âges du métal, pi. 26; — 
3, 4, 5, 11, 13 Terramare de Castione et Reggiano {Bull. pal. ital., 1901, p, 9, pi. I) ; — 
12, Chypre (Montelius, Chronologie Bronzezeit, p. 11); — 9, Hongrie (Congrès Budapest, 
1876, p. 220); — 6, Région de Viterbe {Bull. pal. ital., 1903, pi. XIII); - ", Hongrie 
Zeitschrift f. Ethn . , 1896, p. 87) . 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 235 

haches plates en Vendée soit due à des faits d'ordre plutôt com- 
mercial qu'industriel. 

Mais, ce que je peux affirmer de la laçon la plus catégorique, 
c'est que, contrairement à l'assertion de M. Marcel Baudouin, les 
haches plates vendéennes n'appartiennent nullement à des types 
originaux. C'est avec une profonde surprise que j'ai vu M. Bau- 
douin affirmer que ces haches « constituent un groupe très par- 
ticulier, ayant des formes spéciales caractéristiques, très diffé- 
rentes de celles des haches du centre cuprique méditerranéen 
et de l'Europe centrale. » En quoi consiste cette prétendue 
originalité? On ne nous le dit pas; mais les dessins publiés par 
M. Baudouin, d'après le Frère René, font, au contraire, ressortir 
avec la plus grande netteté la similitude des haches vendéennes 
et de celles des régions de la Méditerranée et de l'Europe cen- 
trale. Il suffit pour s'en convaincre de mettre en regard de ces 
dessins la planche ci-jointe, où j'ai groupé, à titre de spéci- 
mens, diverses variétés de haches plates primitives trouvées en 
Italie, à Chypre, en Hongrie, en Espagne. 

On y remarque précisément la forme à bords rectilignes, à 
tranchant non élargi, à talon plus ou moins carré ou triangulaire, 
que M. Baudouin paraît donner comme propre à la Vendé.e, 
ainsi que celles à pointes latérales saillantes. Une des haches 
vendéennes, nous dit notre honoré confrère, présente au sommet 
un trou de suspension, ayant dû servir d'amulette. C'est encore 
là un trait accessoire de parenté avec les exemplaires méridio- 
naux. J'ai déjà noté, après M. Montelius, que « plusieurs haches 
plates des pays du sud (Chypre, Asie Mineure, Grèce, Hongrie) 
sont perforées au sommet d'un petit trou rond ou rectangulaire 
servant peut-être à les suspendre en guise de talismans » [Manuel, 
II. 1. p. 245). La seule différence entre ces haches plates primi- 
tives des pays méditerranéens et celles de l'Atlantique, paraît, en 
iéalité, résider dans les dimensions. Dans l'ensemble (car il y a, 
de part et d'autre, des extrêmes qui s'écartent sensiblement de 
la moyenne), je crois que les exemplaires de l'Espagne, de la 
Charente et de la Vendée l'emportent en longueur sur ceux du 
sud, peut-être parce que les premiers fondeurs, ceux des régions 
méridionales, ont rencontré au début quelque difficulté à 
couler des pièces de grande longueur. Il fallait déjà quelque 
expérience au fondeur des haches de Mondouzil (Charente), qui 
mesurent m 24. Quoi qu'il en soit, cette particularité ne saurait 
être invoquée à l'appui de la thèse de l'antériorité des exemplaires 
vendéens. En général, en passant d'une région à l'autre, les 
types industriels se modifient plus ou moins. Pour la hache plate 
l»;s modifications ont été très légères. Seule, parmi les va- 



236 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

riétés du sud-est, la forme rectangulaire, a bords complètement 
parallèles et tranchant élargi, manque en Gaule, aussi bien en 
Vendée et en Armorique que dans les autres provinces. 

J'ai donc le droit de protester avec énergie, quand je vois 
M. Marcel Baudouin affirmer que, contrairement aux théories 
anciennes, «l'importation méditerranéenne du cuivre ne peut plus 
pour l'ouest de la France être prise en considération, » et que 
l'énéolithique de la Vendée, indépendant des premières décou- 
vertes métallurgiques survenues dans l'Europe méridionale, pré- 
sente un ensemble de formes industrielles originales. A l'heure 
actuelle, il est, à mon sens, impossible d'émettre une théorie, qui 
soit en contradiction plus complète avec l'ensemble des faits 
archéologiques (1). 

M . A. Guébhard estime que l'argument de l'uniformité de type 
des premiers instruments de l'homme et de l'ultériorité de leur 
différenciation, qu'il s'agissse de la hache de bronze ou de cer- 
taines formes simples de poteries, se retourne absolument contre 
la théorie monogéniste, qui refuse au cerveau de l'homme, arrivé 
à un certain degré de maturité, d'avoir pu produire, spontané- 
ment, partout, dans les mêmes circonstances, à l'incitation des 
mêmes besoins, les mêmes fruits, comme le végétal, où qu'on le 
transporte à chaque saison, donne feuille, fleur ou graine, et 
comme le moindre insecte, en tous lieux, sans leçons, pratique, 
au moment voulu, même art, science, industrie. 

Le progrès des communications, aurait dû tendre, comme dans 
les sociétés modernes, à l'uniformisation des usages, et non à leur 
divergence; et les archéologues qui veulent voir autre chose que 
de la physiologie dans l'évolution des manifestations intellec- 
tuelles de l'homme, fournissent la mesure de leur propre cérébra- 
lité, en arrivant, par l'application de leur méthode et par des 
arguments aussi probants les uns que les autres, à placer les uns 

(1) J'ajoute une observation d'importance secondaire. M. Marcel Baudouin 
oppose les trente-six haches plates qu'il déclare avoir été trouvées en Vendée à 
celles du Finistère, où l'on n'en connaît, dit-il, que vingt-quatre, bien que ce dépar- 
tement passe pour le plus riche en objets de cette catégorie. Mais ce chiffre des 
vingt-quatre haches du Finistère est obtenu uniquement (à une unité près) au 
moyen des trouvailles des dépôts connus et figurant 3ur mon relevé, celui-ci 
dressé en grande partie pour ce département à l'aide des travaux du regretté 
Paul duChatellier. Ce relevé inventorie, en effet, vingt-trois haches plates en Finis- 
tère (dépôt de Lety-Bras, cinq : dépôt de Plogastel-Saint-Germain, neuf ; dépôt de 
Plouhinec, neuf). Pour la Vendée, au contraire, M. Baudouin, si je ne me trompe 
(car il ne donne pas le détail des trouvailles), fait entrer en ligne de compte non 
seulement les dépôts comprenant au moins deux objets, mais encore les découvertes 
étrangères aux dépôts. S'il en est vraiment ainsi, la comparaison instituée se 
trouve tout à fait viciée : il faudrait alors ajouter aux vingt-trois exemplaires des 
dépôts du Finistère ceux des sépultures et des trouvailles isolées. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 237 

au Nord, les autres au Midi, la plupart à l'Est, personne ne vou- 
lant de l'Ouest, le centre soi-disant unique d'émanation de ce qui, 
partout, put, dut naître, fatalement d'une certaine équation éta- 
blie entre l'homme et le milieu, aussitôt l'un en possession de la 
circonvolution cérébrale voulue, et l'autre du matériel idoine à la 
satisfaction meilleure d'un besoin de plus en plus développé. 

Constater en un point du globe la coexistence de ce matériel 
et de l'instrument qui en lut fait, constitue donc en faveur de la 
théorie physiologique de l'Evolution indépendante des hasards de 
toute révélation monocentrique, une présomption de valeur au 
moins équivalente à celles qui ont conduit jusqu'ici les monogé- 
nistes à des conclusions divergentes. 

M. Marcel Baudouin. — J'accepte très bien et je suis le premier 
à comprendre la nécessité de la communication de M. Déchelette. 
J'en remercie même très vivement son auteur, dont j'apprécie 
particulièrement le caractère et la grande science. Elle donne 
un poids, inespéré, à ma modeste prise de date! — Je vais donc 
m'efforcer de répondre, aussi brièvement que possible, h notre 
collègue, phrase par phrase, pour simplifier. Mais je me sou- 
viens que le Fabuliste a dit : 

" « L'homme est de glace aos vérités ! > 

Si je n'avais été obligé de résumer, en quelques lignes, un mé- 
moire, rédigé, de cent pages [qu'il ne dépend pas de moi de n'avoir 
pas fait paraître encore], on aurait pu lire, dans ce travail, que 
« Invention du cuivre » veut dire (cela ne va-t il pas de soi?) « In- 
vention de Yindustrie du Cuivre »', dans le sens même qu'indique 
M. Déchelette. Mais, ce que je nie, c'est précisément ce fameux 

« cheminement delà connaissance du procédé métallurgique » . Je 

suis donc polygéniste (carrément polygéniste), en matière, Indus- 
trie, d'origine humaine. Par suite je nie également que les objets 
de cuivre de Y Europe occidentale dérivent de prototypes médi- 
terranéens. 

M. Déchelette et moi nous sommes donc, en réalité, bien 
d'accord : nous pensons exactement le contraire l'un de l'autre \ 
C'est ce que j'ai affirmé en disant : « Je lutte contre les théories 
aociennes ». Tout est donc très bien. 

On ne peut pas, cependant, déjà trouver faible mon argumen- 
tation, puisqu'elle n'a pas été publiée... Il eut été prudent de la 
lire, avanttoute critique. D'autre part, M. Déchelette veut ignorer 
« le Cerveau humain ». Libre à lui! N'en parlons donc pas, ici, 
p sur l'instant. Mais on ne perdra rien pour attendre; qu'on se 
rassure ! 



238 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Je n'ai jamais nié l'industrie, locale, du cuivre dans l'Ibérie ni 
dans l'Irlande. Je prétends seulement que les Bretons-Vendéens 
n'ont pas eu de rapports forcés avec ces pays, et que le grand 
Transit maritime, si célèbre, n'a pas existé dans P Atlantique, à la 
fin du Néolithique tout au moins. Je crois queles vases caliciformes 
peuvent avoir été inventés aussi bien en Vendée qu'en Espagne, 
voir même « en Chine » ! Je répète que cette « affaire de Céra- 
mique » ne prouve nullement le « grand Transit maritime ». 
C'est justement là où intervient le fameux « Cerveau humain » 
dont les Archéologues font toujours fi ; d'une manière incom- 
préhensible pour les Médecins. 

Je reviens à la Vendée; et je rectifie d'abord ce qui est inexact: 
1° A Saint-Etienne-de Brillouet, la cachette était de huit haches, 
et non de sept (je le prouverai). A Messigny, il n'y avait pas de 
haches plates (je le prouverai encore). Dès 1901, le F re René avait 
publié un bon travail sur les Haches plates de Vendée. M. Dé- 
chelette ne l'a jamais pas cité, parce qu'il ne le connaissait pas. 
Rien de plus excusable au demeurant. « Je sais tout » n'existe 
qu'en littérature 

Je maintiens la forme spéciale, sinon de toutes les haches de 
Vendée (je veux dire de l'Ouest de la France), du moins de beau- 
coup, par rapport à celles originaires du Centre méditerranéen; 
je le démontrerai par trente décalques, et l'étude des indices, 
trop ignorée [Les dessins du F re René sont trop réduits pour 
servir à la discussion]. D'autre part, la hache perforée de Ven- 
dée ne ressemble en rien à celles indiquées par M. Déchelette; 
il en conviendra lui-même, quand il la connaîtra! 

Les types 10 (Italie), 12 (Chypre), 13 (Italie), de la figure de 
M. Déchelette, sont inconnus en Vendée (sans parler de la Bre- 
tagne) ; or, ce sont précisément les types du Cuivre méditerranéen, 
n'ayant rien à voir avec le Cuivre Breton-Vendéen. Par consé- 
quent, la figure de M. Déchelette ne fait que confirmer, par ces 
numéros, ma théorie, au lieu de l'infirmer ! Or, c'est à ces 
seules formes que j'avais voulu faire allusion dans ma note. 

D'ailleurs, en ce qui concerne la forme des objets, il y a 
longtemps que je défends l'idée que vient de si bien exposer 
M. Guébhard; si donc, pour les autres numéros, il y a similitude 
de forme (plus ou moins grande), cela ne prouve pas du tout 
l'importation de Vidée. Les mêmes besoins donnent les mêmes 
formes; la Fonction fait V Organe, en Anatomie vraie. 

J'en suis actuellement à trente-neuf Haches plates (je ne dis pas 
en cuivre) pour la Vendée. Si j'ai indiqué le chiffre de 24 harhes 
plates pour le Finistère, c'est parce que je l'avais trouvé dans 
les publications de M. Paul du Chatellier lui-même; mais je suis. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 239 

prêt à accepter tout chiffre plus élevé v que If. Déchelelte ne 
donne pas d'ailleurs !). Cela ne m'effraie pas. J'ai, au demeurant, 
de la marge, puisque j'ai encore quinze haches de plus ; et mon 
mémoire [dans lequel j'admets, d'ailleurs, la possibilité (à dé- 
montrer) du centre cuprique du Finistère], n'est pas encore 
publié 1 

Je ferai seulement remarquer, en terminant, que ma note 
originale de février avait 48 lignes; et que la critique de M. Dé- 
chelette en a 287. Mon honorable contradicteur m'a donc fait un 
honneur, dont je suis le premier à apprécier toute la portée 
scientifique Je l'en remercie profondément. 

J'arrête là cette réponse temporaire, que j'ai faite très courte à 
dessein, pour ne pas abuser. C'est mon travail in extenso, qui 
répondra scientifiquement aux partisans des théories anciennes. Je 
ne reviendrai donc plus sur le côté théorique de la question, pour 
ne pas user une encre, qui est plus utile quand elle consigne des 
Observations précises, que quand elle les discute. 

M. Desailly (Paris). — Au sujet de la note de M. Guénin sur 
le Cuivre en Bretagne* je ferai remarquer que la preuve n'est pas 
encore faite « qu'il y eut en Bretagne, et sans doute en Vendée, 
« de nombreux gisements de cuivre, livrés à l'exploitation ». De 
ce que certains auteurs ont signalé la présence de roches plus 
ou moins cuivreuses dans cette contrée, on ne peut conclure 
quelles ont été exploitées. 

Les citations, données par M. Guérin, sur la fo/ de son corres- 
pondant, ne sont pas tout à fait exactes. En publiant la liste du 
minéral cuivreux, reprise par notre collègue, Gobet ne cherche 
qu'il provoquer des recherches, puisqu'il écrit : « On trouverait 
des mines en « Bretagne: du marbre dans la Marne, et d'autres 
« substances; mais il faudrait confier une ou deux tarières dans 
« chaque évéché entre les mains de gens amateurs et intelli- 
« gents. » 

Une mine ne s'exploite pas sans laisser des traces; et les re- 
cherches de M. Hellot (de l'Académie des Sciences) [dans YEtat 
des mines du royaume distribué par province, 1750] et Daubrée 
[Aperçu historique sur t exploitation des métaux dans la Gaule ; 
Revue archéologique, 1868 et 1881], ne donnent aucune mine de 
cuivre, ayant été exploitées en Bretagne (1). Mme de Beauséjour, 



1) On lit dans Cambry (Mon. celt., p. 22) : « Un vaisseau, chargé de Cuivre, venu 
de Gaule, fit naufrage à Ostie, à l'époque de Caligula ou a peu près ! ». 

'ieux qui veulent comprendre mon hypothèse, n'ont qu'à relire Cambry — avec 
Ye.prit et les connaissances modernes ! » — , car cet écrivain fut un précurseur! 



240 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

elle-même, dans la « Restitution de Pluton »,ne cite aucun mine- 
rai de cuivre en Bretagne. . . 

Pour ce qui est relatif au § a de la note de M. Guénin, voici le 
texte exact, d'après Gobet : 

« On apprend qu'en 1519 lorsque la Bretagne fut irrévocable- 
ment unie a la France, il y eut une commission adressée aux 
juges de Cornouailles, Carhair, Morlain et Lautrenier pour in- 
former à l'occasion de certains larcins faits es mines d'étain, 
plomb, cuivre, vif argent et autres métaux fors, l'or, dans le pays 
de Bretagne ». Le mot « Cornouailles » est suggessif, et ne figure 
pas dans la note de M. Guérin. 

M. Marcel Baudouin. — Vint, des Ch. et Cur. (1911, LXIII, 
p. 568) donne la liste des minières, où le Cuivre se rencontre, par 
hasard, en France. Pour l'Ouest, il cite : la Charente et la Haute- 
Vienne, seulement; pour le Sud : la Corse, les Alpes-Maritimes, la 
Savoie . Il conclut : « Depuis la publication des ouvrages classi- 
ques (Lacroix; Fuchs et Launay; etc.), l'exploitation des mines de 
cuivre, situées sur le territoire français, a une légère tendance à 
se développer. 

M. Desailly (Paris). — La Compagnie royale de Galabon 
a exploité, au pied de la montagne d'Albert, tout proche du village 
de Torrède, une veine de cuivre, fort riche. Cette veine si abon- 
dante était accompagnée de feuillets de cuivre rouge, très duc- 
tiles et formés tels par la nature. On les trouvait répandus parmi 
le gravier ou plaqué contre les pierres. J'en ai apporté quelques 
échantillons sur'des pierres, où le cuivre naturel est facile a plier, 
et paraît ramifié à la manière des dendrites (e). 

M. A. Guébhard, à propos du paradoxe lancé par son ami 
Pagès-Allary, rappelle que la question de la première tech- 
nique du cuivre a été depuis longtemps solutionnée pour l'Amé- 
rique précolombienne, dans le sens de l'utilisation par simple 
martelage, ave l'aide, peut-être, de la chaleur, mais sans fusion 
ni moulage! 

Pour revenir en Europe, M. Guébhard rappelle la trouvaille, qui 
a été faite dans une palafitte robenhausienne (F. Keller, Schmelz- 
liegel fur Kupfer ausder Steinzeit, Indicateur d'Antiquités suisses, 
vol. III, 1876-9, p. 680-2, pi. IX) d'un petit creuset, présentant 
des traces indubitables d'emploi pour la lonte du cuivre pUr. 

(1) Le Monnier. — Mémoire à l'Académie royale de Sciences, 1739. 



SOCIÉTÉ PRÉUlsTORIQUE FRANÇAISE 241 

M. Giémn (Brest). — Dans César De bello Gallico, III, 21), on 
trouve que les Aquitains avaient, en beaucoup de lieux, des mines 
de Cuivre. Il est regrettable qu'il n'y ait pas davantage de préci- 
sion. En tout cas, à Allaoe (Charente), il y eut du Cuivre exploité. 

La Tortue en Préhistoire. 
[Culte des Animaux en Tunisie]. 

Par le D* 

E. C le de MULINEN Berne, Suisse). 

Les notes, fournies par M. le D r Gobert dans le B. S. P. F. 
(pages 123-124) sur le rôle religieux attribué à la Tortue en Tu- 
nisie, s'accordent avec les renseignements que j'ai pris lors de 
mon récent voyage dans l'Afrique du Xord. — Voici ce qui m'a 
été communiqué à ce sujet par des indigènes de Tunis. 

Les musulmanes de Tunis, les négresses surtout, les femmes 
arabes, quelquefois même les hommes, entreprennent annuelle- 
ment, pendant l'été, un pèlerinage au sanctuaire de Sidi-Saad, 
Après y avoir fait leurs dévotions et déposé les offrandes, elles 
se rendent à une sebkha (étang) du voisinage, domicile de la 
Lêla Dagdouga, \aDame, c'est-à-dire la Sainte — Tortuel On jette 
de la semoule et du grain dans l'eau, d'où surgit lentement une 
énorme Tortue. A son aspect, les visiteuses se prosternent, prient, 
et font leurs vœux qui ne peuvent manquer d'être exaucés. La 
seule difficulté, pour obtenir ainsi tous les biens, consiste dans 
l'obligation de répéter le pèlerinage à Sidi-Saad tous les ans ; par 
une seule omission, on s'exposerait au courroux du saint. 

L'exactitude de cette information me parait hors de doute 
qinmt iiu fond, eu égard au caractère des personnes qui me l'ont 
donnée ; quoique la courte durée de mon séjour à Tunis m'ait 
empêché de la contrôler moi-même, je n'hésite pas à la faire 
connaître. Le fait allégué me semble assez significatif pour atti- 
rer l'attention des savants. 

Il s'agit ici d'un des cas de vénération des Animaux en Tuni- 
sie, dont on pourrait aisément citer un plus grand nombre. On 
part du monastère, par exemple, par une belle nuit d'été ; les 
femmes des pêcheurs prennent la mer sur des barques pour jeter 
iu grain à un poisson, la Kahligé, qui, elle aussi, jouit du titre 
de Cela, de Sainte. L'Islamisme étant par son génie opposé au 
oulte des animaux, les cas précités ne peuvent avoir eu leur ori- 
gine dans son sein. Il est, en outre, à remarquer que ce sont prin- 
cipalement les femmes qui observent ces cérémonies, car, en 
aiatière de religion, elles sont plus conservatrices que les hom- 

30CIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 16 



242 SOCIÉTÉ PKÉHlSTOItlQUE FRANÇAISE 

mes. Nous relevons donc ici les traces d'une croyance antérieure 
à l'invasion arabe et même au Christianisme, croyance qui, pour 
persister, a dû se déguiser. Elle s'est prudemment mise, dans le 
cas de la Lêla Degdouga, sous la protection du saint musulman, 
comme partout les cultes survivants du passé savent s'accommo- 
der avec la religion dominante ! 



A propos des Haches en pierre, trouvées <l:ma 
les murs de maison*». 

M. A. de Paniagua (Paris). — L'Atharva-Véda, le quatrième 
véda, dont « le fond est d'une immémoriable antiquité et plonge 
en plein dans le passé préhistorique » (V. Henry, la Magie dans 
Vlnde antique), donne la description des cérémonies traumatur- 
giquesqu'accomplissaient les magiciens Atharvas et Angiras, lors 
de la construction d'une hutte ou d'une maison dans l'Inde, afin 
de rendre propices la déesse «Dame de la demeure», et le génie 
spécial Vastôshpati,qui se confond h demi avec elle. La pratique, 
sacrée et propitiatoire par excellence, consistait à enterrer, aux 
quatre coins de la maison, six pierres polies (A. de Paniagua, 
Congrès des Soc. franc, de Geo. Bordeaux, 1907. Les figurations 
tectiformes des cavernes à parois gravées ou peintes des Eyzies). 

M. Georges Baquié (Nissan, Hérault). — Dans les premiers 
contreforts des montagnes de Saint-Pons, M. l'abbé Louis 
Vabre, curé et géologue à Quarantes, Hérault, m'a assuré que 
les paysans de la région placent une hache polie dans l'inté- 
rieur des clochettes des moutons, pour les protéger de la foudre, 
et surtout des maladies. 



Le Mot Cro en Préhistoire. 

M. A. de Paniagua (Paris). — M rae Clémence Royer indique, 
comme onomatopée du grattement, skrabh ou ghrabli [Les rites 
funéraires, p. 41). J'ai écrit, en 1892 [La genèse de l'homme, 
p. 205.) : « Si, avec une pierre quelconque, un silex, un calcaire, 
on frappe sur une roche, on racle un rocher, on obtient un bruit, 
qui peut s'exprimer par une des syllabes cra, cré, cro, suivant la 
manière d'entendre de chacun. Si, d'un autre côté, on constate 
que cette racine onomatopéique, soit pure, soit déformée par mé- 
tathèse, se retrouve dans un grand nombre de mots ayant la si- 
gnification immédiate ou éloignée de pierre, de dureté, de résis- 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 243 

lance, on sera conduit à l'admettre comme ayant la signification 
initiale de « Pierre ». 

En franc., craie; lat., cre-ta; allem., kre-ide. L'anglais donne le 
verbe to crack, « faire éclater une pierre ». Ce mot est typique, 
aussi bien que le franc, craquer. Le grec a xpo-xr,, xpo-xaêir], cail- 
lou craquant sous les pieds. Par relation d'idées, <rxpa-Etv veut 
dire « croasser et « grincer » ; et nous ajouterons que dans le pa- 
tois des Vosges le nom du corbeau est crô. 

Le dravidien a kal, « pierre», qui par le mute si fréquent des 
liquides /et r donne kar en tamoul; d'où le grec /spa?. Dans ce 
cas, il y a mute également dans la forme: kar est évidem- 
ment pour kra. En vertu de la même métathèse le français roc, 
forme masculine de roche, ne serait qu'un anagramme de cro par 
la translation de l'initiale au terminale : bas. lat. , ro«:<:a ; provenç., 
roca ; esp. roco ; celt., roc h ; gael., rock. 

La Géographie apporte son contingent de preuves, en mon- 
trant que nombre de localités, dont les noms contiennent cette 
racine, sont des endroits où existent ou ont existé, soit des carriè- 
res, soit des abris sous roche, soit des amas de rochers: en 
France, Cro-Magnon énorme rocher, qui domine la vallée de la 
Vézère ; Crèon (Gironde), carrières de pierres ; Creil (Oise), en- 
core carrières de pierres; Craon (Mayenne). A l'étranger, Crons- 
tadt, île rocheuse dans l'Estuaire de la Neva; Cracovie, bâtie dans 
une plaine, mais entourée de collines pierreuses en amphithéâtre ; 
Crémone, qui s'élève sur un énorme rocher. On pourrait allonger 
considérablement cette nomenclature. 



Discussion sur les Gravures sur Roches. 

M. le D r Dalmon (Bourron, S.-et-M.). — La communication de 
M. Ede, dans le précédent Bulletin, sur les Gravures rupeslres, 
m'a remis en mémoire un passage des Triades de l'Ile de Bretagne, 
du roi Cormac, où il est question de la pierre de Swyddon-Sanhe- 
bon, dans laquelle sont gravés tous les arts et toutes les sciences 
du monde. 

Si, de nos jours, les Mégalithes de nos campagnes sont encore 
illustrés de légendes, à caractères modernes ou médiévaux, 
nombreuses sont les traditions des premiers siècles de notre ère, 
se rapportant aux pierres. Ne sont-ce pas elles, qui ont été l'ori- 
gine de la dénomination de pierres celtiques, qu'on donna tout 
d'abord aux mégalithes ? Ces légendes ont dû prendre leur racine 
dans des légendes plus anciennes de peuples disparus. La légende 



244 SOCIÉTÉ PKÊIHSTOIUQUE FRANÇAISE 

n'est pas une et immuable; la légende a son évolution. C'est ce 
qui peut nous permettre de reconstituer à rebours ses différents 
caractères chronologiques, pour en dégager le point primitif pré- 
historique, comme l'a si bien fait remarquer notre éminent collè- 
gue, M. le D r Marcel Baudouin. Ces traditions n'ont pas toujours 
un caractère religieux. 

Il se peut que les gravures rupestres du Mont Aiven aient un 
caractère religieux ; mais rien ne le prouve actuellement. 

Il me paraît dangereux de les comparer aux signes cruciformes 
de la Roche aux Noms. Je souhaite que l'intéressante découverte 
de M. Ede en amène d'autres; mais il serait regrettable, à mon 
avis, qu'elle soit l'objet de conclusions prématurées ou d'associa- 
tions trop éloignées. Le triangle de nos signaux géodésiques n'a 
aucun caractère lithurgique ! 



Présentation de Photographies stéréoscopique» 
du Dolmen à polissoir de Vouvray fSarthe). 

M. Bossavy (Versailles) fait circuler des vues stérèoscopiques du 
Dolmen de Vouvray-sur-Huisne (Sarthe), dont un pilier montre, à 
l'intérieur, les traces de son utilisation comme polissoir. M. Bos- 
savy se proposait, en raison de cette particularité, de décrire le 
dolmen en question, lorsqu'il a appris que notre collègue, M. Car- 
tereau (de la Sarthe), en avait fait l'objet d'une importante com- 
munication au Congrès préhistorique de Tours, en 1910. 

M. Marcel Baudouin. — Je me permets de féliciter M. Bossavy 
d'avoir employé la photographie sièrèoscopique pour le Dolmen 
Polissoir de Vouvray (Sarthe); et je me borne à rappeler que 
j'ai été le premier (1) à employer cette méthode pour les Po- 
lissoirs et les Dolmens, dès 1901 (2). Il faudrait toujours l'uti- 
liser pour les Gravures sur Rochers [Cupules, Bassins, etc.), 
car on les comprendrait bien mieux ainsi. 

J'ajoute que mon ami, M. Maurice Hamy, l'astronome, membre 
de l'Institut, a montré qu'on pouvait se passer d'appareil spécial, 
en prenant deux vues successives avec le même appareil, sous un 
angle différent; le seul inconvénient est, pour nous, mathéma- 
ticiens élémentaires, de calculer cet angle, pour une distance 

(1) Marcel Baudouin. — [La photographie scientifique des Mégalithes.]— Bull, et 
Mém. Soc. dÂnthr., Paris, 1901. p. 344 (séance du 6 juin 1901). 

(2) Marcel Baudouin. — La Photographie stéréocopique des Mégalithes. — Bull, 
et Mém. Soc. d'Anthr. de Paris, 1901, 5 s., t. II, 592-602. — Tiré à part, 1901, in-8", 
4 figures. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE "2-io 

donnée et notre appareil. — Il est plus pratique, en effet, d'avoir 
recours à un appareil ad hoc. 



Découvertes en Charente-Inférieure. 

[Prise de date\ 

M. A. Gousset (Etaules) communique quelques notes sur les décou- 
vertes récentes, qu'il a faites en Charente-Inférieure. 

Les principales sont les suivantes : 

i° Camp du Champ de la Mule Sainte-Porchaire). — Ce camp est 
inédit: il semble qu'il s'agit d'un éperon barré. Il est probablement 
néolithique (silex, poteries, etc.). 

2° Les Grottes de Sainte-Porchaire. — On en distingue au moins 
trois, dans les environs du Camp précédent. 

3° Les Grottes de Rochecorbon. — Certaines de ces grottes ont été 
utilisées à une période récente et transformée en des sortes de Refuges, 
comme en Charente. — Il y a au moins quatre Grottes. 

4° Un Cimetière mérovingien. 

5° Un Camp, au lieu dit Le Chatenet. 

6° La Grotte de la Vauzelle, qui est très intéressante. 

Toutes ces découvertes feront l'objet d'études détaillées ultérieures. 



Découverte d'une station moustérienne 
à Garches Seine-et-Oiee'. 

[Prise de date]. 

M. Maurice Gillet (SuresnesS.). — Entre une couche de limon 
des plateaux, d'une épaisseur de 12 mètres environ et de sable 
de Fontainebleau, M. Gillet a recueilli a Garches (briqueterie 
Huguet), disséminé sur un banc de meulière, formant l'ancien 
sol, un nombreux outillage moustérien, comprenant principale- 
ment de beaux éclats Levallois, des racloirs convexes, des 
pointes à main, des lames avec encoches pour faciliter l'emmen- 
chement, et un instrument triangulaire semblable a celui de la 
ligure 70 du Musée préhistorique de G. et A. de Mortillet 
(2° édition). 

M. Gillet poursuit ses recherches. Il se propose d'en fairecon- 
naitre le résultat, si les matériaux réunis lui paraissent intéres- 
sants, et si personne ne revendique la priorité de cette découverte. 



246 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



Un atelier de fabrication d'anneau en lignite 
à IVacqueville-Baa (Manche). 

[Prise de date]. 

M. G. Rouxel (de Cherbourg). — La présence d'anneaux en 
schiste a été reconnue sur la plage de Nacqueville-Bas dès 1878, 
à la suite d'une tranchée, effectuée pour l'établissement de la 
batterie de Nacqueville. 

Depuis, M. Rouxel a surveillé attentivement ce point, trop 
souvent ensablé ; et, a la suite de grandes marées, il y a recueilli 
une industrie néolithique comprenant des grattoirs noirs et 
courts taillés dans des galets éclatés, des instruments en silex 
ocreux, des grattoirs, des petits tranchets et des pointes, géné- 
ralement de petites dimensions. Mais ce qui caractérise cette 
station et donne une importance capitale aux dernières décou- 
vertes, c'est d'avoir de nouveau recueilli plus de vingt ébauches 
d'anneaux en schiste bitumineux, portant des traces de débitage, 
et dues à des silex plutôt qu'à des instruments en métal. D'après 
M. Bigot, ce schiste proviendrait d'un gisement voisin, situé à 
12 kilomètres, sur la côte opposée et de la dune, du Pont des 
Sablans, entre Biville et Siouville. Deux anneaux terminés offrent 
un cercle petit, arrondi sur les bords, avec nervure creuse sur le 
pourtour extérieur. 

De plus amples détails sur cette découverte, très intéressante 
et qui rappelle celles de Buxières et Montcombroux (Allier), 
seront fournis ultérieurement. 



Casse-tAte de Braisne (Abne). 

M. S. Leloutrk. -- Dans sa notice intitulée Casse-tête en silex, 
trouvé à Saint-Quenlin-des-Iles, près Bernay (Eure), M. Coutil 
a signalé, au n° 3, le casse-tête de Braisne-le-Comte (Oise); l'indi- 
cation du département doit être changée ; le lieu de la décou- 
verte serait les environs de Braisne (Aisne). Le D r Vimyqui l'avait 
recueilli avait formé une collection très intéressante, provenant 
de cette région située à l'embouchure de la Vesle et l'Aisne, qui 
a fourni à MM. de Saint-Marceaux etMoreau (Collection Caranda) 
de fort belles choses. 



SOCIÉTÉ PREHISTORIQUE FRANÇAISE 247 



Ex-voto en argile, représentant probablement 
un cavalier gaulois, trouvé en Palestine. 

Par le D' 

E. Comte de MULINEN (Berne). 

[Me de date\ 

La pièce, en argile rougeàtre, haute d'environ m 12,et excavée 
intérieurement, a été trouvée dnns la grande caverne de Bi'ne, 
près de Deir el-Asad, à une distance de deux lieues à l'est de Saint- 
Jean-d'Acre. Les autorités, auxquelles elle a été soumise, sont 
d'avis qu'elle représente, d'après tout son aspect, la chevelure, le 
bouclier, un cavalier gaulois. Dans ce cas, il s'agirait d'un membre 
de ces vaillantes tribus qui, faisant invasion en Asie, ont fondé le 
royaume des Galates, et qui pouvaient même conquérir l'Egypte; 
au m e siècle, on les trouve un peu partout clans le Levant, notam- 
ment dans le royaume des Séleucides, où ils faisaient le métier 
de condottieri. La caverne de Bi'ne contient des antiquités de 
tous les âges, depuis les temps les plus reculés de la domination 
égyptienne sur la Phénicie jusqu'à l'ère chrétienne. On pourrait 
donc s'imaginer qu'un ex-voto gaulois a été déposé dans ce sanc- 
tuaire funéraire. 



Dents humaines Moustériennes 
de La Quina (Charente). 

[Prise de Date]. 

M. le D r Henri Martin (Paris) présente deux dents humaines, 
du Moustérien supérieur, de La Quina (Charente). — Ces pièces, 
recueillies exactement en place sous un ancien éboulement, ont 
été dégagées de la couche tout récemment, lors de ses dernières 
fouilles; l'une d'elles a même été trouvée par notre collègue 
M. Harlé. 

Ces dents, de fortes proportions, répondent à la M' inférieure 
droite et à la M 3 inférieure gauche. Elles seront l'objet d'une 
étude ultérieure. 



248 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Objet bizarre en terre cuite. 

M. A. Guébhard présente un singulier petit objet trouvé 
dans les fouilles de Massiac (Cantal), par M. J. Pagès-Allary. 

Façonné en terre micacée, à petits grains de quartz hyalin, il a 
la forme générale d'une chausse-trape, c'est-à-dire de deuxpyra- 
mides quadrangulaires réunies par leurs bases de 4 centimètres 
de côté, à arêtes curvilignes très émoussées et angles arrondis 
en tétons, l'un d'eux un peu allongé en manche creux. Dans la 
cavité intérieure sont restés mobiles des fragments de terre fai- 
sant grelots, peut-être dus simplement à la percée diamétrale de 
quatre trous de m 004 de diamètre, également répartis entre les 
saillies, où ils font un peu l'effet d'yeux de part et d'autre de chaque 
nez. Aucune intention anthropomorphe ne semble cependant 
avoir présidé à ces perforations, destinées plutôt à la suspension 
d'un objet de jeu, d'un hochet ou d'un contrepoids, ou peut-être 
à l'attache d'un pommeau faisant partie d'une plus grosse pièce. 

L'âge, n'ayant pu être donné par la stratigraphie, reste incer- 
tain : vraisemblablement gallo-romain. Rien de similaire n'a pu 
être trouvé ni dans la littérature, ni dans les collections. 



Découverte de Sépultures à Gigny (Jura). 

Madame M. Savoye a profité d'un défoncement, qui se faisait 
à Gigny (Jura), sur un emplacement où on disait qu'avaient été 
trouvées autrefois des sépultures, pour en faire rechercher, un 
peu plus profond, encore d'autres, qui furent effectivement dé- 
couvertes, en deux lignes parallèles, au nombre de treize; 
toutes orientées face à l'Est, la tête reposant sur une petite dalle, 
l'entourage et la couverture formées d'autres dalles brutes, mal- 
heureusement sans aucun mobilier permettant de préciser leur 
âge. M. A. Girardot, avisé fit savoir que les anciennes trouvailles 
analogues, faites en 1887, avaient permis de rapporter la plupart 
à l'époque mérovingienne (L. Clos, Découverte de tombeaux an- 
tiques sur le territoire de Gigny, Jura, Mém. Soc. Emul. du Jura, 
4« série, vol. III, 1887, p. 14-23, 1 pi.) 

A Graye, ajoute M mc Savoye, non loin de Gigny, des tombes 
analogues ont été plusieurs fois découvertes, sans mobilier, au 
nord de l'éminence du Mettiau, où on remarque d'assez nombreux 
fragments du silex taillés et de poteries antiques. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 249 



III. — COMMISSION DES ENCEINTES. 



Commission d'étude 

des Enceintes préhistoriques 

et Fortifications anhistoriques. 

If. Armand Viré, Président de la Commission, empêché d'assister 
à la séance, envoie le 47 e rapport. 

— M. Stéphane Bouttet nous a adressé une étude, tirée de la 
Revue Préhistorique, sur le Château-Brulé de Lourdon, commune de 
Vilïerest (Loire), intéressant spécimen de fort vitrifié, et sur le Châ- 
teau de Verre, de Chatelus, commune de Saint-Alban-les-Eaux 
(Loire). Le premier figure dans l'inventaire publié plus loin, et dû à 
M me Savoye ; le second a été publié déjà ici même (J5. S. P. F., VI, 
1909, p. 357). 

M. N. Gabillaud, nous envoie des notes dont voici d'intéressants 
extraits : 

« Les environs de Châtillon-sur-Sèvre, autrefois Mauléon (Deux- 
Sèvres), ont vu leurs hauteurs tour à tour occupées par les Gaulois 
et les Romains (1), les Français et les Anglais, les Catholiques et les 
Protestants, les Royalistes et les Républicains, qui, tous, respectè- 
rent et, sans doute, utilisèrent les enceintes préhistoriques ou préro- 
maines de Château-Gaillard et de Bois-Fichet, commune de Saint- 
Jouin-sous-Chàtillon. 

« Il est probable que les retranchements de Château-Gaillard 
(Camp des Gaulois) et de Bois-Fichet (Camp de Duguesclin), ont été 
construits par des peuples agriculteurs se livrant à l'élevage des ani- 
maux domestiques. Les deux plates formes, A et B, situées au som- 
met de ce dernier mamelon, devaient être entourées d'une palissade 
à base consolidée par un ados de terre et de pierrailles. Pendant la 
nuit, elles servaient d'abri aux bêtes et aux gens. 

De larges avenues bordées de remparts conduisaient le troupeau 
du parc aux prairies des alentours. Les cordons de terre et de pier- 
res amoncelées qui courent, de haut en bas, sur le flanc du coteau, 
pouvaient border les allées de chaque parc, et séparer, entre eux, 
les différents quartiers assignés aux familles ou tribus. 

(1) Voir N. Gabillaud. — Inventaire Archéologique et Rapport sur la Station 
gallo-romaine de la Barbinière. — On vient de ui'apporter un denier d'argent d'O- 
' aollie, femme de Philippe père, trouvé en face de Château-Gaillard^ au pied des 
l'uinc* de l'ancien château do» Sires de Mauléon, 



250 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

« Entre les enceintes de Bois-Fichet et de Château-Gaillard, dis- 
tantes de 1.000 à 1.200 mètres, existait, jadis, un dolmen. La repré- 
sentation que j'en donne, d'après un croquis de M. Chaigneau, ser- 
rurier à Châtillon, m'a été fournie par mon obligeant confrère, 
M. Charbonneau-Lassay, conservateur-adjoint au Musée des Anti- 
quaires de l'Ouest. Après avoir bravé les siècles, les guerres et les 
révolutions, le vénérable monument funéraire de Château-Gaillard 
est tombé sous les coups de marteau sacrilèges d'un tailleur de pierre, 
et sa table de beau granit noir, débitée en linteaux, est entrée dans 
une vulgaire construction rurale. 

« Quant au prétendu cromlech de la Roche-Galouin, commune 
de la Chapelle-Largeau (Deux-Sèvres), l'étymologie du nom, plus 
que la régularité de la iorme, ferait croire à son authenticité. On sait 
que les roches, dites Gauloises, désignent presque toujours des monu- 
ments à origine néolithique. Mais les blocs de la Roche-Galouin ne 
ressemblent en rien aux menhirs des cromlechs bretons ; ce sont des 
« chirons », indépendants de la roche sous-jacente, roulés là sans 
doute par hasard, dont la disposition sur. deux rangs, vue de loin et 
du bon côté, paraît à peu près circulaire. 

— M. Pagès-Allary nous décrit ses dernières et toujours inté- 
ressantes recherches dans le Cantal. 

L'enceinte gauloise de Celles prouve que les enceintes n'étaient 
pas toujours placées sur le sommet des montagnes, mais qu'il y en 
avait à l'époque préhistorique de cachées dans des plissements de 
terrain, à mi-côte des rochers escarpés, dans des corbeilles formées 
par de grands éboulés — ou des tassements ou glissements de ter- 
rain. 

L'enceinte gauloise de Celles (près Neussargues), bien datée par 
le tumulus gaulois qu'y a découvert et fouillé notre collègue, lui a 
procuré dix-sept vases inédits, qu'il a reconstitués avec plus d'un 
millier des précieux fossiles tessons. 

Les profils qu'il en a exécutés, démontrent, nous dit M. Pages : 

1° Que la forme et le galbe ont une importance plus grande que 
l'analyse de la pâte, dans une classification logique et utile à la 
chronologie ; 

2° Que la poterie fine et la poterie grossière peuvent exister : à la 
même époque, sur le même lieu, dans les mêmes mains, suivant 
qu'elles étaient : à l'usage de la cuisine, du ménage ou des céré- 
monies ; 

3° Que dans le détail, on remarque par exemple un cordon d'orne- 
mentation à renflement près du col des urnes, qui est comme une 
marque de fabrique et une date, il n'a pas en même temps, l'utilité 
démonstrative d'un usage de fermeture plus étanche de ces vases, 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 251 

ïiyee l'aide d'un autre renversé dessus pour le recouvrir jusqu'après 
ce cordon ; 

4° Le n° 17 démontre que la fabrication au colombin était aussi 
employée que le tour, la tournelle, ou celle dite à la main, suivant 
la pâte et le vase qu'on voulait faire; 

5° Que la forme de la nature et la cassure même des tessons, ai- 
dent l'ongle, au moment de la trouvaille, pour reconnaître la dureté, 
la résistance, la composition de la pâte, d'où on déduit: sa cuisson, 
beaucoup plus exactement que lorsque les tessons ont pris de la du- 
reté par suite du séchage à l'air ; 

6° Enfin ces tessons lavés démontrent ce dont on doute encore : que 
dans l'engobe des urnes gauloises, il y a non seulement des dessins 
géométriques, mais des peintures, et des peintures polychromes résis- 
tant au temps et assez bien au lavage — (le rouge, le noir, le jaune 
et le marron-brun surtout). 

Cette enceinte est fermée, du côté sud: par une muraille de ba- 
salte bien droite et des éboulis de 142 mètres de hauteur, l'isolant de 
la planèze, dont l'altitude est de 1000 m. Elle est détendue : à l'est, 
par un très long mur, que notre collègue a suivi dans ses fouilles et 
où il a trouvé des tessons de vases gaulois ; au nord, par des éboulis 
basaltiques de 58 m. environ qui le séparent de la plaine que forme 
la vallée de l'Allagnon et l'ancien lac formant la commune de Neus- 
sargues. dont les Gaulois ont dû connaître encore les rives tantôt 
argileuses, tantôt ensablées, et encore tourbeuses, en prenant la suite 
des néolithiques révélés par les silex trouvés dans les travaux de la 
gare du passage inférieur fNeussargues, Celles). [Voir Chastelj. 

Enfin à l'ouest, par un mur qui descend jusqu'à ce qui paraît avoir 
été le bord du lac, et où deux gros murs semblent former un embar- 
cadère curieux, dans lequel ont été trouvés les débris de meutes gau- 
loises. 

A l'intérieur de cette enceinte, on peut relever de nombreuses pe- 
tites cases de 3 et 4 m. de côtés ; il devait y avoir aussi des huttes 
indiquées par des bordures de pierres tout le long d'un chemin con- 
duisant à un amas considérable de blocs de basalte éboulés, d'où 
l'air arrive très froid, où la neige glacée reste bien plus longtemps, 
et qu'il serait aussi coûteux et dangereux qu'intéressant de fouiller. 

C'est peut-être là qu'il faut chercher la cause d'une énorme dé- 
viation magnétique constatée (2), et que les basaltes n'expliquent 
qu'à demi ? 

Ainsi qu'on le voit par la coupe donnée dans la belle thèse (re- 
cherches paléophytologiques de M. A. Lautry (série A, n os 613, 1348 ; 

(1) Bulletin delà S. P. F., Tom V, 1908, pages 474-493. 

(2) J. Pagès-Allary, Déchelette et Lautry. — Le Tumulus Arverne de Celles. 
Anthropologie, t. XIV, 1903, pages 385-416. " 



252 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

page 149), nous avons constaté que l'argile, de la terre noire sa- 
propélienne, de la silice à diatomées, avec des agglomérats basalti- 
ques, servent de base à une coulée de basalte miocène importante. 
M. Pages pense que les eaux du lac, aidées à cet endroit par de 
nombreuses sources qu'alimente le vaste plateau de la Planèze, ont 
dû ronger les terres friables, en les détrempant sous caves, la coulée 
de basalte, qui au moment où le poids surplombant a été supérieur 
à l'adhérence de la masse basaltique, s'est détaché pour produire 
l'énorme ébouli qui a glissé sur les pentes pour former l'enceinte na- 
turelle^ fort bien cachée et protégée, en intérieur de coquille, d'où 
on peut voir toute la vallée, au travers des grands arbres qui achè- 
vent de masquer cette sation gauloise. Le vase gaulois et le moulin 
du plan datent la dernière occupation de cette enceinte. 

— Mme Savoye, en dépouillant les publications et les notes inédi- 
tes de son regretté mari, a pu dresser les listes ci-jointes, qu'elle veut 
bien nous communiquer, au sujet des enceintes de la Loire, du 
Rhône et de Saône-et- Loire. 

Département de la Loire. 

La Chamba, le Chatelard [F. M. Monographie des communes de 
l'arrondissement de Roanne, p. 296.] 

Changy, Cauhatetard (silex et haches polies) [F. M., op. cit., p. 80]. 

Chambles, au Palais, oppidum Essalois (haches polies) [Musée de 
la Diana]. 

Crémeau, le Chatelard [F. M., op. cit., p. 50]. 

Desbats-Rivière-d'Orprat,/e Chatelard de Ry au [Collection E. Bras- 
sart, à Montbrison, et C. Savoye, à Odenas. E. Brassard, Congrès 
archéologique Montbrison 1885 p. 12]. 

Essertine-en-Chatelneuf,Monta(7ne du Châtelard[F.M. op.cit. p. 93]. 

Lérigneu, au Gas-de-Genestoux [T. Rochigneux, Le Forez, canton 
de Montbrizon, p. 280] 

Machezal, à Pourrières, enceinte vitrifiée et enceinte à pierres 
sèches [A. Vachy, fouilles du tumulus de Machezal, 1893]. Les Noes > 
au Châtetard [F. M., op. cit., p. 148]. 

Pavezin, le Château-Belize, enceinte circulaire en pierres sèches, 
au sommet du pic de Bourchain [F. M., op. cit., p. 240]. 

Périgneu, enceinte vitrifiée, au pic de la Violette [F. Thiollier, 
Le Forez, canton de Saint-Rambert. F. M. op. cit. p. 330. Vincent 
Durand, Bulletindela Diana, t. l° r p. 57. Brassart, op. cit. p. 115]. 

Perreux, au Chatelard [Musée de Roanne, Noélas, Etude sur les 
âges préhistoriques en Roannais, p. 19], 

Pinay, oppidum de Cis, au Chatelard (1). 

(1) A. de Mortillet Invent, 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRAKÇAISE 253 

Roizey, enceinte en pierres sèches de 200 mètres de long, sur 40 
mètres de large, sur la pente orientale du Pic des Trois-Dents [Sleyert. 
Nouvelle histoire de Lyon, t I, p. 32]. 

Saint-Bonnet-des-Cars, ruines de plusieurs enceintes [Bulletin de 
la Diana, t. II. F. M. op. cit. p. 296]. — Saint-Bonnet-le-Courreau, 
sur la montagne de Pierre-Haute [F. M. op. cit.]. — Saint-Georges- 
de-Barroille, oppidum de Chozi'F.M. op. cil. p. 119.] — Saint Haon" 
le-Chatel, sur la montagne du Haut-de-Baudières [F. M. op. cit. 
p. 126. — Saint-Marcel-de-Félines (Voir Puray) (1). — Saint-Mau- 
rice-au-Gourgois, à Gland [F. M. op. cit. p. 212]. — Saint-Maurice- 
sur-Loire, oppidum de Jœuvres , sur la rive droite de la Loire, cons- 
truit sur une station néolithique [Musée de Roanne. Collection de 
Chapuzy, à Jœuvres. Noelas, op. cit. 31 et 32]. — Villerest, le 
Château Brûlé (enceinte vitrifiée) [Musée de Roanne et collection 
C. Savoye à Odenas]. 

Département de Saone-et-Loire. 

Auxy, sur le Plateau d'Auny [Bulliot. Essai sur le système délen- 
sifdes Romains en pays Eduen, p. 70.] — Chamilly, le Château de 
Chamilly, qui fait suite au camp de Chassey Bulliot, op. cit. p. 53.] — 
Géange, près du Bois des Hayes [Ragut, Station du département de 
Saàne-et-Loire, 1838, t. II, p. 167]. — Gergy, Camp de Rougerot 
[Dictionnaire des Gaules] (2; — Grury sur le Mont Folin, près du hameau 
de chez Richard [Ragut, op. cit. p. 179. Monnier. notes historiques sur 
Saône-et-Loire 1873, p. 70. Dictionnaire des Gaules] 3). — Huilly,, 
S à Chatel-Romain, dans les bois de Romaine [Monnier, op. cit., p. 70. 
Matériaux d'histoire et d'archéologie, juin-juillet 1869]. — Saint Mar- 
tin-sous-Montaigu, à Château-Réau [A Arcelin, station prochaine 
de Saône-et-Loire, 1877, p. 65.] — Mont, enceinte sur la montagne 
au-dessus du village (silex taillés) [indiqué par erreur dans le diction- 
naire des Gaules, à Bourbon-Lancy]. - Pierreclos, Bois desPierres, 
enceinte circulaire en pierres sèches [De Ferry et A. Arcelin, 
Maçonnais préhistorique, p. 128] — Rully, le Camp-Varrot[A. Arce- 
lin, op. cit. p. 15] (4). — La Salle, Camp de la Roche [De Ferry et 
Arcelin, op. cit. T p. 128. Collection G Savoye. A. Arcelin, op. cit, 
p. 15]. — Sennecy-le-Grand, Camp de Cyrie (silex) [A. Arcelin op. 
cit. p. 15]. — Saint-Sermain-du-Plain, Rome Château, [A. Arcelin 
op. cit. p. 15]. — Verrières-la-Grande, Camp de Glenne [Bulliot, op 
cit , p. 81]. — Saint- Vincent-en-Bresse [Raguet, op. cit., p. 348]. 

(I) A. de Morlillet : Invent, 
(i) A. de Mortillet : Invent. 
(*) BSPF, IV, 1907,p.298. 
(*) A. de Mortillet : Invent. 



î 



254 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Département du Rhône. 

Camp de YAuguel, commune de Vaux. — L'enceinte de l'Auguel 
est un vaste ovale épousant la forme du sommet. Il mesure 92 mètres 
sur son grand axe, et 84 sur le petit axe. Formé de pierres sèches, 
le retranchement est parfaitement reconnaissable à l'ouest et au 
nord, sur une longueur de 140 mètres; le reste a été épierré en par- 
tie pour faciliter la culture, et forme deux énormes murgers. 

Ce qui frappe tout d'abord la vue, ce sont des débris de briques, 
de tuiles à rebords, de meules en lave et en grès, des fragments de 
dalles en calcaire oolithique, dont le gisement le plus rapproché est 
à une vingtaine de kilomètres de l'Auguel. 

Des sondages exécutés au centre du camp ont mis à découvert les 
fondations d'une construction rectangulaire, avec mortier contenant 
de la brique pilée, procédé généralement employé à l'époque 
romaine. En regardant avec attention, on aperçoit des fragments de 
silex taillés qui percent ça et là le gazon. Ces silex se rencontrent 
surtout sur le pourtour de l'enceinte ; ils abondent autour d'une 
source intarissable qui sort de terre au pied d'un houx centenaire, à 
50 mètres en contre-bas du camp, sur le flanc méridional de la mon- 
tagne . 

Avec ces formes taillées, sans formes bien déterminées, nous avons 
recueilli un talon de hache polie en diorite, des poteries grossières à 
pâte consolidée par des grains de quartz et munies d'anses rudimen- 
taires sous forme de mamelons latéraux non percés de trous de sus- 
pension. 

Deux rampes d'accès encore reconnaissables, l'une au nord, l'au- 
tre au sud, indiquent deux entrées du camp. Il devait en exister une 
troisième à l'ouest, le terrain ayant été aplani et cultivé maintes fois 
de ce côté; des fouilles poussées au-dessous de la couche arable 
pourraient seules élucider cette question. Le vieux chemin dont nous 
avons parlé plus haut, qui suivait les crêtes, traverse le camp en 
reliant les cols de Montmain et des Places, de chaque côté de l'Au- 
guel [C. Savoye Beaujolais préhistorique, p. 133-134]. 

Le Châtelard, de Monsols . — Entre le bourg de Monsols et le col 
de Champoint, qui donne accès dans le Charolais, un contrefort 
oriental de l'Ajoux ou Saint-Rigaud, de forme conique, est couronné 
par des fortifications très anciennes, connues dans le pays sous le 
nom de Châtelard. Ce sont deux enceintes circulaires concentriques, 
en terre et en pierrailles. Un premier retranchement de 220 mètres 
de développement circonscrit un cercle de 70 mètres de diamètre et 
d'une surface d'environ 38 arcs. Du côté du plateau qui relie le Châ- 
telard à l'Ajoux, le côté le plus accessible par conséquent, le retran- 
chement mesure encore 2 m 50 de hauteur. Ailleurs, où la déclivité du 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 255 

sol formait déjà un obstacle naturel, sa hauteur varie entre 1 et 2 
mètres. 

A 21 mètres de la première enceinte s'élève une deuxième circon- 
volution intérieure plus élevée et mieux conservée, limitant un cer- 
cle de 28 mètres de diamètre et de 516 mètres carrés par conséquent 
de superficie. La hauteur de ce retranchement du côté du plateau, 
est de 6 mètres, pour s'abaisser entre 2 et 3 mètres sur le reste du 
pourtour. 

Nous fîmes couper l'enceinte extérieure par une tranchée orientée 
de l'ouest à l'est. A0 m 80 de profondeur, les ouvriers mirent à décou- 
vert quelques ferrailles tellement oxydées, qu'elles s'effritaient sous 
les doigts. A part deux fragments assez épais, recourbés en forme de 
fer à cheval, de longs clous à tète carrée, les autres objets ne con- 
servaient aucune forme bien déterminée. Cinq tranchées ouvertes 
successivement en divers endroits, et poussées jusqu'à la roche, ne 
donnèrent que du charbon de bois et de menus fragments de vases 
à pâte noirâtre sans ornement. 

Cette pauvreté archéologique permet de supposer que ce camp fut 
élevé par des gens prévoyants, se ménageant un refuge en cas d'at- 
taque, mais ne fut jamais habité d'une façon permanente. 

Le plateau couvert de genêts, qui sert d'isthme, entre le Chàtelard 
et le mont d'Ajoux, renferme quelques traces préhistoriques. Nous 
avons récolté deux nucléus, de petites lames et des éclats divers, le 
tout en silex bleuâtre. Les silex taillés des hauteurs, comme l'avait 
déjà remarqué M. Arcelin, en Maçonnais, présentent rarement des 
caractères propres à une époque déterminée. [C. S. Beaujolais 
Préhistorique, p. 136-137. 

Le Chàtelard de Vauxrenard. — Une colline à sommet conique, 
reliée au mont des Alloigners (806 mètres) par une sorte d'étrangle- 
ment ou isthme, porte aussi à Vauxrenard le nom de Chàtelard. Le 
petit plateau qu'offre le sommet, d'une surface approximative de 
4.000 mètres carrés, est défendu naturellement au sud, à l'est et au 
nord-est, par la raideur de ses pentes ; au nord-ouest et à l'ouest, du 
côté de l'isthme, était le point faible, c'est là qu'il fallait élever un 
mur. Construit en pierres et en terre et couvert de genêts, il subsiste 
encore sur une longueur d'environ 65 mètres, avec une hauteur 
moyenne de l m 20. 

Ce lieu formait un excellent observatoire pour surveiller le vaste 
cirque du bassin de la Mauvaise, et par delà les collines de Chénas et 
de Juliénas, la vallée de la Saône. 

Plusieurs chemins se croisent près de l'entrée probable du camp. 
Le plus ancien paraît être celui qui passe au pied de la Pierre de 
Saint-Martin ou des Sarrasins, et longe les roches des Fayules (fées). 

III est bordé de grands blocs de porphyre, aux formes fantastiques, 






256 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

qui ont dû impressionner de tout temps les passants portés au sur- 
naturel. Le Montgour\r que ce chemin contourne, est le siège de 
nombreuses légendes, qu'il faut se hâter de recueillir. C'est le grand 
sanctuaire des fées, lutins, sarrasins, et autres personnages légen- 
daires du Beaujolais. 

Les vieilles gens du pays prétendent que « du temps des grandes 
guerres (?) les habitants de Vauxrenard se sont retirés au Châtelard». 

Nous n'avons pu obtenir aucun autre renseignement au sujet de ce 
lieu fortifié. A part quelques fragments de vases à pâte grisâtre bien 
cuite, nous n'avons recueilli aucun objet qui put nous éclairer sur l'épo- 
que approximative de la construction de l'enceinte. Le sol, bouleversé 
en maints endroits, paraît avoir été fouillé très anciennement, sans 
doute par les chercheurs de trésors. [Beaujolais Préhistorique, p. 138]. 

Camp du Crêt de la Garde (près Tarare). — Le Crêt de la Garde, 
montagne qui s'élève entre les communes de Valsonne, Saint-Appo- 
linaire et Dième, porte à son point culminant les traces d'une ancienne 
castramétation. C'est de là que lui vient sans doute son nom de « La 
Garde », dérivé du mot tudesque warta, qui a le sens de protection, 
de garde, de surveillance. 

Une enceinte elliptique, en pierres sèches, et brutes de 75 mètres 
de grand axe, entoure le sommet. Les assises qu'ils formaient se sont 
écroulées et jonchent le sol, indiquant encore le tracé de l'enceinte. 

De ce lieu on pouvait surveiller le Châtelard de Valsonne, éloigné 
seulement de deux kilomètres. Les carrières ouvertes dans le magni- 
fique porphyre rouge qui forme ce dernier sommet, ont détruit les 
traces de son refuge à une époque récente. 

Nos recherches au travers des genêts et des bruyères du camp de 
la Garde, ne nous ont fourni aucun renseignement sur l'époque de 
sa construction. 

En résumé, les lieux très anciennement fortifiés sont nombreux 
dans la région, mais peu reconnaissables, par suite de la mauvaise 
qualité des matériaux employés, qui ne se prêtaient pas à la construc- 
tion de murs d'une grande stabilité, puis, surtout à l'énorme exten- 
sion de la culture. 

Nous appelons l'attention des archéologues sur les points suivants : 
le sommet de Saint-Higaud, le Tourvéon, Brouilly, les Chàtelards de 
Cublize, Valsonne, Joux-sur- Tarare ; les lieux appelés Bataillu, com- 
mune de Cublize et de Chazay ; la Citadelle au-dessus d'Anse ; la Gar- 
dette, commune de Propières; le camp de Villemartin, commune de 
Saint-Igny-de-Vers. [C. S. Beaujolais Préhistorique, p. 138-139]. 

Le Châtelard de Courzieu. — Le Crêt Châtelard sur Courzieu, est 
au nord du hameau et de l'ancienne chapelle de Saint Clair, altitude 
882 mètres. Enceinte de 70 mètres de diamètre, en pierres sèches, 



Planche I. 



V A 





Haches 

du Tille 
(Ol 



Juns 






SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



?S7 



deux entrées. Des chemins pavés entourent la base du Chàtelard. 
Tumulus ou amoncellement de pierres au N.-E. Esplanade au cou- 
chant. La couche de terre dans l'enceinte a une épaisseur de l^^O. 
Elle renferme dans sa partie supérieure des tessons de poterie, des 
morceaux de tuiles romaines, des fragments de carrelages ou de pla- 
teaux en terre grossière. 

Plusieurs réduits en roches et pierres sont inscrits dans l'intérieur 
de l'enceinte. Le Crèt du Chàtelard est situé entre le Crèt des Che- 
vaux et le Crèt Bramont. 

Pied-Froid, commune d'Yzeron. — Grande enceinte en demi- 
cercle, 30 mètres de diamètre, le sommet de l'arc visant l'Est (Ma- 
melon Est, le Bochet, 805 mètres . Sentier entre le mamelon est et 
mamelon ouest de Pied-Froid. — Mamelon est accès par le nord et 
le nord-ouest. 

Mamelon ouest, enceinte circulaire de 20 mètres de diamètre, exté- 
rieur de pierres sèches. Au centre, deux roches verticales coniques 
triangulaires. Au sud, amas, entassements de roches de gros volume, 
formant des grottes. Le chemin d'accès du mamelon ouest du Pied- 
Froid est à l'ouest et décrit des lacets. 



IV. — ARTICLES ORIGINAUX. 



Les grands Eclats Moustériens et le» Pièces 

Acbeuléo-Moustérienaus de lacarrière 

du Tïllet, près La Ferté-sous-Jouarre 

(Seine-et-Marne) (1). 



Paul de GIVENCHY de Paris). 

Messieurs, 
Le titre de ma communication n'est pas très exact, au moins au 
point de vue chronologique. Le Paléolithique du Limon des Plateaux 
de la Brie serait plus juste. Mais, si j'ai tenu à faire figurer les mots : 
Grands éclats Moustériens, c'est plutôt p;ir analogie, et pour indiquer 
de suite la forme spéciale de certaines des pièces que j'ai l'honneur 



(1) Communication faite à la séance du "26 janvier 1911. 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 



258 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

de faire passer sous vos yeux, et dont quelques-unes, à l'instar des 
silex Moustériens offrent sur l'une de leurs faces une très belle cas- 
sure conchoïdale. Je vous les présente donc comme précédant l'épo- 
que dite du Moustier. Nous sommes, en effet, ici dans le limon des 
plateaux, où l'industrie Chelléenne et Acheuléenne se trouve mélan- 
gée à de grands éclats et à des lames, de forme pseudo-Mousté- 
rienne. 

Topographie. — La carrière du Tillet est une vaste exploitation 
de terre à briques, située sur un plateau, dominant la vallée de la 
Marne, entre Reuil et Luzancy, à 4 kilomètres de la Ferté-sous- 
Jouarre, et à 70 kilomètres à l'est de Paris. 

Le Tillet est un petit hameau dépendant de la commune de Reuil, 
située elle-même au bord de la Marne, et à 2 kilomètres de la Ferté- 
sous-Jouarre. 

La cote de ce plateau est de 176 m 940 au-dessus du niveau de la 
mer, l'altitude de la Marne coulant au pied de cette colline étant de 
57 mètres. 

Les briques, qui sont fabriquées sur ce plateau, ne sont pas cuites 
sur place. Les fours de l'usine se trouvent au pied de la colline, et 
sur le bord de la Marne (commune de Luzancy). Un puits, profond 
de 48 mètres, a été foré dans l'épaisseur de la colline; et c'est par ce 
puits et ensuite par un couloir (à moitié souterrain, à moitié à ciel 
ouvert], que les briques sont descendues dans des bennes, puis 
transportées par wagonnets jusqu'aux fours. 

C'est grâce à ce sondage, que l'on possède une coupe géologique 
très complète de cette colline; et M. Morin, mon collègue à la So- 
ciété Géologique de France, a bien voulu m'en faire le dessin ci-joint 
(voir Fig. 2 et la légende de la coupe géologique). 

Au point de vue géologique, cette carrière est connue; et le Mu- 
séum y est venu en excursion en 1908. Mais, au point de vue Pré- 
historique, aucune communication ou présentation de pièces n'a 
encore été faite que je sache sur ce gisement. 

Gisement des Haches. — Ce qui nous intéresse donc particulière- 
ment ici, c'est la couche du haut, en exploitation (couche I de la 
coupe), c'est-à-dire le limon des plateaux; car c'est dans ce mélange 
de sable et d'argile que l'on trouve les silex paléolithiques que je 
vous présente aujourd'hui. L'épaisseur de ce limon est ici très con- 
sidérable, et atteint par endroits jusqu'à 12 mètres ; mais la couche 
exploitée ne dépasse pas 6 à 7 mètres, car au-dessous elle se trouve 
mélangée à la meulière. Vous voyez, en effet, d'après la coupe géo- 
logique, que cette terre à briques repose ici directement sur la Meu- 
lière de Brie, dont l'exploitation dans les environs de La Ferté-sous- 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 259 

Jouarre, est universellement connue (puisqu'on la transporte même 
à l'étranger) ; et tout le pays environnant est rempli d'affouillements, 
dus à l'extraction de cette pierre meulière. 

Au Tillet, la teneur en argile est très forte, et par conséquent 
éminemment favorable à la fabrication de la brique ou de la tuile. 
Aussi les gens de métier la désignent-ils ici sous le nom de terre 
forte. 

Comme ce limon, de couleur ocreuse, paraît changer de teinte en 
se rapprochant de la terre végétale, il se pourrait que sa grande 
épaisseur ne soit pas homogène, et qu'une étude géologique plus 
approfondie y fasse découvrir deux ou trois couches distinctes. En 
tout cas, contrairement à la plupart des dépôts argileux du même 
genre, qui, dans le Nord de la France, reposent sur un cailloutis, le 
Directeur de la briqueterie du Tillet nous a assuré qu'aucun cail- 
loutis n'existait à la base de cette formation, et que cette terre à bri- 
ques reposait bien partout sur la Meulière de Brie. 

C'est en général entre 3 et 6 mètres de profondeur, quelquefois 
2 mètres, qne l'on rencontre les silex taillés, éclats Levallois, etc., et 
surtout de très nombreux fragments de déchets, et d'éclats de débi- 
tage v quelques-uns nucléiformes;, et ils y paraissent disséminés et 
sans aucun ordre. Cependant leur aire de répartition semblerait 
se trouver plutôt dans la zone avoisinant la route allant de Reuil 
au Tillet, zone dont l'exploitation est maintenant terminée. Peut- 
être y avait-il là un atelier de taille de silex? On en trouve en- 
core actuellement dans les autres parties du gisement ; mais cepen- 
dant en moins grande quantité, parait-il, qu'il y a quelques années. 

► Caractères et description des pièces. — La caractéristique des pièces 
que je vous présente, et j'insiste là-dessus, est leur parfait état de 
conservation. Ces outils sont intacts; les arêtes ne sont ni usées, ni 
émoussées; plusieurs ont même encore leurs pointes; ils n'ont donc 
certainement pas été roulés par les eaux, et on a l'impression qu'ils 
sont restés en place, ou du moins qu'ils ont du faire peu de chemin, 

I s'ils se sont enfoncés dans le limon. 
Une autre caractéristique de ces pièces, c'est que beaucoup 
d'entre elles ne sont taillées que sur une face, et qu'elles possèdent 
sur l'autre face de très belles cassures concboïdales, avec un bulbe 
de percussion très apparent. On dirait des outils Moustériens, mais 
qui seraient de très grande taille. Tels sont les n ' 2 de la Planche I, 
et 9, 11, 12, 13, 14, 15, 16 et 17 de la Planche II. 
Nous sommes donc très probablement ici à cette époque du Qua- 
ternaire moyen, à faune froide, qui a suivi l'époque Acheuléenne, soit 
à l'aurore des temps Moustériens. 

Cependant, au point de vue paléolithique, je suis obligé de faire des 



260 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

réserves pour la belle pointe en silex gris cendré à section triangu- 
laire (fig. 1) qui a été trouvée dans la couche tout à fait supérieure ; 
elle est travaillée avec une telle finesse qu'elle pourrait bien être néo- 
lithique, et provenir de la surface du sol, c'est-à-dire de la terre vé- 
^ immim ^ gétale, d'où, par tassement elle aurait 

pénétré dans le limon sous-jacent. Mais ce 
n'est qu'une hypothèse, puisqu'on somme 
elle provient aussi de la terre à bri- 
ques (1). 



}} 



: 



La planche I représente, photographiée 
sur ses deux faces, 1 A et 1 b et grandeur 
naturelle, un très beau coup de poing 
Acheuléen du Tillet. Cette pièce, qui est 
entière avec sa pointe, mesure ra 18 de 
longueur. La lace du dessus, qui est plus 
bombée, est rouge brun, tandis que l'autre 
face, qui est plate (c'est celle qui est 
figurée, la pointe en bas) est de couleur 
café au lait, avec taches blanchâtres. 
Cette hache possède par endroits, et sur- 
tout vers la pointe, une très belle patine 
(à reflets vernis et brillants), due proba- 
blement à l'argile, et la face plate est plus 
patinée que la face supérieure. 

Si on considère chaque face de ce coup 
de poing, en mettant le talon en bas, et 
la pointe en haut, on remarque de très 
fines retouches tout le long de l'arête de 
droite, tandis que l'arête de gauche, lisse 
et unie, n'en possède aucune, et cela 
uassi bien sur la face supérieure que sur 
la face inférieure. Ce coup de poing peut 
donc, à la rigueur, être considéré comme 
un outil à retouches alternes. Je dis : à la 
rigueur, car si on voulait discuter à ce 
sujet, et être être méticuleux, on consta- 
terait, à la loupe, de très petites retouches, tout autour de la pointe. 



Pointe en silex gris. 
.- Cliché du D-- Henri- 



(1) Malheureusement cette hypothèse pourrait bien être vraie. Depuis ma com- 
munication de janvier, une hache polie en pierre meulière aurait été trouvée dans 
les mêmes conditions, c'est-à-dire dans la partie supérieure du limon, et près 
du puits. 

D'autre part, M. Chalamon, le directeur de l'usine de Luzancy et de la briquete- 
rie du Tillet, m'a montré dernièrement une autre hache polie et un percuteur en 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 261 

Mais, abstraction faite d'un centimètre de pointe, ma remarque est 
exacte pour tout le reste de l'outil. 

Dans le cas présentée considère ces fines petites retouches, comme 
des retouches de consolidation, et non d'utilisation ; car elles ren- 
dent les arêtes plus solides qu'une simple arête vive et coupante ; et 
le coup de poing dont il s'agit est dans un tel état de conservation 
qu'il ne semble pas avoir servi. Mais, bien entendu, je ne voudrais 
pas généraliser cette remarque à tous les outils possédant des retou- 
ches, diamétralement opposées ou non. 

A part les grattoirs Moustériens à retouches alternes, de La Qui- 
na, découverts et décrits par M. le D r Henri Martin, je ne vois pas 
que les Palethnologues aient jamais signalé ce genre de retouches 
sur des coups-de-poing paléolithiques. J'ai cependant observé cette 
particularité sur quelques autres haches ; et je possède une petite 
Langue de Chat de Creysse, Dordogne, dont chaque face présente 
ainsi une arête de gauche lisse et coupante, et une arête de droite 
finement retouchée; et le tout par conséquent inversé par rapport à 
l'autre face. Dans son ouvrage sur le Limon des plateaux du nord de 
la France (Savy, 1878), M. d'Acy, sans signaler cette particularité, 
fait figurer sous le n° 3 de la Planche II (Silex taillés de Hangard), 
un très beau coup-de-poing, ne possédant aussi de nombreuses re- 
touches que sur un côté seulement. Mais j'ignore ici comment se 
comporte l'autre face. 

Les objets de la Planche I sont photographiés grandeur naturelle; 
et tous ceux de la Planche II en demi grandeur. 

Les n° s 2 et 3 de la Planche I; 2. 9 et 15 de la Planche II m'ont 
été obligeamment communiqués par M. Chalamon, directeur de 
cette briqueterie; et je le remercie aussi pour tous les renseigne- 
ments complémentaires qu'il a bien voulu me donner. 

Les D oi 2 de la Planche I (en silex noir avec quelques taches blan- 
ches), et 17 (en silex un peu bleuté) de la Planche II, sont de très 
belles pointes de lance, ou peut être seulement pointes à main, por- 
tant de fines retouches sur leur face supérieure, tandis que l'autre 
côté nullement taillé présente la belle cassure conchoïdale typique 
Moustérienne. Le n' J 16 est un outil (tout blanc), identique au n° 17, 
sauf qu'il n'est encore qu à l'état de simple éclat non taillé, à arêtes 
vives et sans retouches; c'est une véritable ébauche de pointe en si- 
lex nu, non fignolé, et obtenu d'un seul coup de percussion. 

boule, trouvés aussi dans la zone superficielle de ce gisement. — Devant ces ré- 
centes trouvailles, c'est à se demander si vraiment, il n'existe pas un peu de Néo- 
lithique dans la couche du haut, couche dans laquelle on ne trouve du reste 
aucun silex paléolithique, puisque ceux-ci ne gisent qu'à partir de la profondeur 
de deux ou trois mètres [Mai 1911, P. de G]. 



962 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Les n os 13, 18 et 20 ont été trouvés en 1908 à 5 mètres de profon- 
deur, et le n° 10. à 6 mètres en 1910. Le n° 14 n'a été trouvé qu'à 
2 mètres de profondeur. 

Les n os 14 et 15 sont deux grands racloirs Acheuléens, portant de 
très belles retouches sur leur arête la plus arquée. Ils offrent beau- 
coup d'analogies avec les magnifiques racloirs, ou grands hachoirs, 
trouvés à La Quina, par le D r Henri Martin. 

Enfin, si la grande majorité des outils trouvés au Tillet sont en 
silex, quelques-uns, mais beaucoup plus rares, sont en pierre, meu- 
lière, et quelques autres en grès siliceux. Le n° 8, Planche Il.estune 
grande hache de m 227 de longueur, qui semble être un calcaire sili- 
ceux ; et dans cette pièce la pointe est remplacée par une espèce de 
tranchant biseauté et assez rudimentaire. Aussi je me demande si le 
haut de cette pièce n'a pas été causée accidentellement au moment 
de sa fabrication, fournissant ainsi et par hasard à notre ancêtre pa- 
léolithique une cassure naturelle en ciseau, qu'il aura tout de même 
utilisée au mieux de ses besoins. 

Formation de ce limon. — Laissant de côté la théorie éolienne, 
qui, si elle est vraie pour les grandes dunes de Loess de la Chine, 
ne nous paraît pas posséder de preuves assez solides pour expliquer 
la formation du limon des plateaux de la Brie, nous préférons parta- 
ger l'opinion de ceux qui mettent sur le compte du ruissellement ou 
de l'inondation, la cause de formation de ce dépôt, formation com- 
plétée aussi par une transformation chimique. 

Il faut penser en effet que sur tous les plateaux de la Brie, il exis- 
tait auparavant plusieurs mètres de Sables de Fontainebleau, plus le 
Calcaire de Beance, qui recouvrait le tout. Ce calcaire de Beauce, sou- 
vent marneux, aurait par sa dissolution donné une assez grande 
quantité d'argile et d'oxyde de fer, qui se mélangeant au sable sous- 
jacent. qui n'a pas été totalement entraîné, et qui n'est pas soluble, a 
produit le limon actuel, qui n'est en somme que du sable et de l'ar- 
gile mélangés, par ruissellement. 

Jusqu'à ce jour aucune faune n'a été trouvée au Tillet, soit que le 
travail chimique dont je viens de parler ait peut être dissous les 
dents et les ossements tout en respectant les silex, soit que les osse- 
ments aient été entraînés par les eaux. 

Il m'est impossible de parler du limon des plateaux, ou de la terre 
à briques, sans signaler la dernière et très intéressante communica- 
tion qui ait été publiée sur ce sujet. C'est la note présentée à l'Aca- 
démie des Sciences, au mois d'octobre dernier, par M. Henri Dou- 
villé, professeur à l'Ecole des Mines (1). Car les silex taillés, dont il 

(1) Géologie. — Sur la formation du limon des plateaux. Note de M. Henri Dou- 
villé. Comptes-rendus des séances de l'Académie des Sciences, t. 151, p. 630, 
séance du 10 octobre 1910. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



263 




264 SOCIÉTÉ PRÉMISTOlilQUE DE FRANCE 

parle dans cette note, qu'ils viennent du limon des plateaux des en- 
virons immédiats de Paris, ou des environs de Rouen ou de Dieppe, 
ces silex taillés, dis-je, sont également des pièces ni usées ni rou- 
lées, et, à l'instar de ceux de Tillet, sont aussi dans un parfait état 
de conservation. 

Conclusion. — De l'ensemble de toutes les études faites jusqu'à ce 
jour sur le limon des plateaux, il semblerait donc résulter que les 
Paléolithiques, qui ont façonné au Tillet ces outils de forme Acheu- 
léenne et Moustérienne, vivaient à l'époque glaciaire (Quaternaire 
moyen ou Pléistocène). Des gisements analogues, comme terrain et 
silex taillés, ont fourni la faune froide à Rhinocéros tichorinus et 
Elephas primigenius. 

C'est à la fin de cette époque glaciaire ou sibérienne, qu'ont dû 
avoir lieu, par suite de changement de climat, les phénomènes de 
ruissellement ou d'inondations, qui sont la cause de formation de ce 
dépôt limoneux. Et c'est ce limon qui a recouvert et enterré sans les 
rouler, les belles pièces que je viens de vous présenter, pièces sou- 
vent entières et intactes, et qui semblent avoir été abandonnées en 
toute hâte par leurs possesseurs. 



Légende de la Coupe géologique du coteau de Luzancy, 
au-dessus de f usine (voir Fig. 2). 

I. — Limon des plateaux 'gisement des haches). 
II. — Meulières de Brie. 

III. — Glaises vertes. 

IV. — Marnes blanches. / 

V. — Glaise et silex. \ de IV à VII 

VI. — Marne blanche argileuse. } Marnes supra-gypseuses. 

VII. — Glaises grises ou noires. 
VIII. — Marne calcaire (1" Marne). 
IX. — Gypse fer de lance. 

X. — Calcaires et marnes Marnes intercallaires, de l re et 2« m « masse). 
XI. — Gypse, exploitable. 

XII. — Calcaires solides (d'après le sondeur) : doit contenir des couches très diverses, 
et représente depuis la 3* m * masse du gypse, jusqu a la partie supérieure des 
Sables moyens qui est calcaire dans la région. 
XIII. — Calcaire en bancs plus ou moins solidt-s (Calcaire de Luzancy). 
Xl\. — Sables moyens, fossilifères par place. 
XV. — Grès siliceux 
XVII. — Sable compact. 
XVII. — Grès siliceux. 

XVIII. — Calcaire sablonneux ib&te des Sables moyens). 
XIX. — Marne blanche magnésienne avec géodes de quartz et de calcite (Caillasses du 
Calcaire grossier). 



11 



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SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



265 



Les Fotiilles de Las Tours en 1 © 1 O. 



J. PAGÈS-ALLARY (Murât, Cantal). 

Continuant les pénibles fouilles de Las Tours, j'ai, en 1910, ob- 
tenu une plus grande satisfaction que les années précédentes; et, une 
aimable subvention de Y Association Française pour l'Avancement des 
Sciences me permettant dorénavant la reproduction de toutes mes 
planches, je puis commencer par donner, avec les six figures ci-con- 
tre, une idée d'ensemble des trouvailles. 

Bien entendu, les tessons sont toujours fort intéressants : les figu- 
res 1 et 2 représentent quelques types, qui méritent une mention 



Wm>o\*\ fàitiii Cvù^ St^Ob Ooul*. .iC^At Wuu *«J. SIcVXtXC 
' i i > X i i l i i L '■ .'- ■'. 







<$3E 



Fig. t. — Tessons de Poteries. 

spéciale, parce qu'en outre de leur cuisson très forte, nous rappro- 
chant de l'apparition de l'émail, ils sont encore datés par des mon- 
naies, trouvées au même lieu, dans la même case, au même niveau, 
c'est-à-dire dans les couches de recouvrement de la case supérieure, 
angle sud-ouest du plan anciennement donné (1). 

La chronologie des tessons du Cantal prend ainsi une certitude, 
non plus « empirique ». mais scientifique, et confirme pleinement 
celle déjà constatée pour les strates supérieures ou historiques de 



(1) Troisième Congrès préhistorique de France, session d'Autan, 1907, p. 751-758. 



°'66 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇASIE 

Chastel, La Roche-Sellée et Laqueuille : nous sommes du x e au 
xii e siècle, c'est-à-dire en pleine nuit de l'histoire locale ! 







Fj'g 2. — Amulettes et Pesons. 



I 




gl». 



Fr'g. 3. — Clés. — Lances, etc. 



A noter l'abondance des amulettes ou pesons, qu'on ne peut plus 
appeler fusaïoles, car le trou n'est plus central, ni perpendiculaire 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 207 

aux deux faces (n° s 18, 19, fig. 1.), qui elles-mêmes ne sont pas tou- 
jours plates (n os 14, 15, 18, 21 et 10). 



7vr Aj m ^FôriijicaJuns Jiioèruuns £ ■&* Tours. (a^&^-Ciu>U>.JCxr 







Fig. 4. — Fers a Chevaux. — Eperons. 













Fig. 5. — Objets en Cuivre rouge doré. 



Tandis que le n° 7, en scorie basaltique, fait songer à un poids, 
assez lourd, fixé par un nœud à l'extrémité d'une corde servant à 



268 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

lier du fourrage ou du bois, les autres sont formées de tessons de 
poterie de couleurs diflérentes. Le n° 13 n'est pas même percé com- 
plètement. 

Mais la plus importante constatation à faire sur ces deux planches 
de tessons de poterie, c'est assurément le faux Samien n 05 1 à 6, fig. 1, 
et 5 fig. 2. Sans doute un chimiste, d'après la composition de la pâte 
et la couleur, jugerait-il que c'est du Samien, du I er au iv B siècle; le 
technicien fouilleur répond avec assurance, grâce à la stratigraphie, 
que c'est du taux Samien du x e au xn c siècle ; et il précise même que 
ces fessons à pâte rouge très fine, presque toujours très cuite, sont 
les débris de « trompes », encore en usage dans certains pays. 

La simple observation « empirique » permet de constater une 
technique de fabrication tout à fait particulière : aux n° s 1 et 4, sur le 
pavillon de la trompe, on remarque à l'intérieur la trace des doigts sur 
pâte molle, tandis qu'à l'extérieur le raclage sur pâte sèche est fort 
visible, comme sur l'embouchure n° 5 ; mais il y a aussi des faces à 
pans coupés très nets, n° 3, laissant voir l'empreinte d'une ligature 
d'enveloppement espacée, et n° 6 des lignes sinueuses ou des points 
de décoration de couleur blanche rapportée sur la pâte rouge. Com- 
ment l'analyse chimique seule aurait-elle pu donner une date à ces 
tessons trompeurs ? 

Fer. — Si nous passons au fer, nous le trouvons {fig. 3 et 4) tou- 
jours bien daté, puisque c'est du même niveau stratigraphique loca- 
lisé de la case supérieure, il confirme par son analogie les trouvailles 
déjà datées de Chastel, Las Tours, et Laqueuille, de l'arrondissement 
de Murât. 

Ces objets, présentés au Congrès de Toulouse, ont attiré l'attention 
de nos collègues, qui ont particulièrement remarqué l'éperon n° 24, 
fig. 4, les ciseaux n° 1, fig. 3, les clefs n os 27 à 30, et la serrure n° 31, 
dont la tige centrale, très rouillée, est tombée pendant le séchage, la 
fermeture cintrée, à charnière et piton mobile n° 32 ; les pointes de 
flèches en fer de 14 à 29; les fers à cheval n° s 1 à 11, fig. 4, tous 
documents bien datés par les monnaies de la fig. 5, classées par 
M. H. de La Tour comme deniers du Puy et de Brioude du x e au 
xi e siècle. 

Cuivre. — Le résultat le plus précieux sinon le plus important de 
ces fouilles, est sûrement la trouvaille, avec les pièces de monnaies 
n os 20 à 25, fig. 3, de quinze objets en cuivre rouge doré. 
Le cuivre rouge doré déjà trouvé à Chastel (1) et à Bredon (2), 
indique une phase particulière de la métallurgie, qui, par la décora- 
tion, montre bien l'influence des croisades ou des sarrazins : voir 

(1) B. S. P. F., t. VII, 1910, p. 648, fig. 1. 

(2) Boucle ronde donnée au Musée d'Aurillac (Musée Rames). 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAIS 269 

surtout l'anse n° 3, à dessin de facture arabe (1), imitée des Perses 
rappelant les pièces présentées à Beauvais(2 en 1969, par M. Arne, 
de Stockholm Congrès préhistorique, fig. 1, 2, page 588). 

Ce qui en plus du style du dessin me fait faire ce rapprochement, 
c'est l'éperon en fer, signalé fig. 4, n° 24. 

Les autres objets en cuivre rouge doré paraissent être les débris 
d'ornementations d'un riche coffre, sur lequel le n° 2 peut-être re- 
présenté le blason du propriétaire. Sur len° 1, on voit une sorte de V 
gravé ; partout la dorure a laissé des traces d'application à la feuille 
plutôt qu'au mercure : voilà un cas où la chimie pourrait peut-être 
trancher la question. 




Fig. 6.— Meules diverses 



Dansée fond de ces fouilles, il a été trouvé (v. n° 19) une pièce de 
la colonie Nimoise, au crocodile et palmier, deux débris d'os et 
ivoire travaillés 28 et 29, et une perle en verre de couleur bleue et 
blanche, une clochette et trois anneaux n os 16, 17, 18 et 28. 

L'impression qui résulte des fouilles est que la destruction de Las 
Tours au xn e siècle eut lieu par pillage plutôt que par incendie. 
Quant aux origines, il est à noter qu'une fouille, poussée à 2 mètres 

(1) Les relations de la Suède et de l'Orient pendant l'âge des Vikings. — Congrès 
préhistorique de France, V e session, 1909, p. 586-592. 

(2) Notons cependant que, soit M. H. de La Tour, soit M. Marquet de Vasselot, 
que leur compétence spéciale désignait pour examiner la pièce à ce point de vue, 
n'ont pas voulu y voir autre chose que le style limousin courant de l'époque. 



270 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

de profondeur en dessous des fondations d'un gros mur de fortifi- 
cation, en contre-bas de la case précédente, a livré, avec des débris 
de poterie peu cuite, d'aspect néolithique, un éclat retouché de cris- 
tal de roche, n° 1, fig. 6, et une meule dormante (n° 2, fig. 6), en tuf 
volcanique, dont la face supérieure (2, 2 bisj est usée en un plan bien 
horizontal, comme à Chastel. Peut-être d'autres fouilles profondes 
conduiraient-elles encore ailleurs au néolithique comme là-bas (1). 



Diverses Sépultures gallo-romaines 
en Loir-et-Cher. 



FLORANGE (de Blois), 
Président de la Société d'Histoire naturelle de Loir-et-Cher . 



En parcourant le Loir-et-Cher, l'année dernière (1910), à la 
recherche des enceintes préhistoriques ou très anciennes, j'ai 
eu l'occasion de rencontrer diverses sépultures gallo-romaines, 
que je signale ici au point de vue de leur genre très différent. 

Dans le courant du mois de septembre, en passant sur la 
route qui relie Fréteval à Vendôme, deux kilomètres avant 
d'arriver à Fréteval, dans la belle vallée du Loir, je vis des 
ouvriers qui construisaient un chemin dans la prairie, pour faire 
communiquer directement la grande usine de papeterie de Cour- 
celles avec la route. On avait creusé le sol de m. 30 à m. 40, 
pour faire une chaussée empierrée; d'un côté du futur chemin, on 
avait rangé la terre extraite et de l'autre on avait mis en ligne 
des tas de cailloux de silex pour l'empierrement. 

C'était à peine à 400 mètres au sud de la Tour de Grisset, 
ancien petit temple gallo-romain : à 300 mètres au sud-est de la 
ferme de l'Ormois, bâtie dans une enceinte anhistorique et à 
200 mètres à l'est du Dolmen de Fréteval. Tous ces voisinages 
me firent penser que, en remuant la terre ou les silex, les 
ouvriers pouvaient avoir trouvé des objets anciens ; et, m'appro- 
chant d'eux, je le leur demandai. Ils n'avaient rien vu, rien 
trouvé. En m'en retournant, un peu désappointé, j'examinai les 
tas de cailloux et la rangée de terre; dans les premiers je ne vis 
aucun fossile ni le moindre silex taillé; mais sur la terre j'aperçus 
de gros morceaux de tuiles à rebords, dont plusieurs rouges 

(1) Depuis la communication de ces fouilles, j'ai trouvé, cette année, deux haches 
polies (Fibrolithe et Jaspe) trustes [Le pays exploré a des tessons néolithiques] , 
dans la fouille du gros mur de fortification, à 2 m. 50 à 3 m. de profondeur. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 271 

comme des tuiles neuves; des fragments de poteries, la plupart 
grossières, de couleur grise et d'autres tessons rouges et noirâ- 
tres de plusieurs modèles plus petits et de terre plus fine, appar- 
tenant sans conteste à la période gallo-romaine. Je vis à côté une 
certaine quantité de terre rougeâtre ressemblant à de la terre 
cuite. J'allai revoir un ouvrier, non loin de là, pour lui exprimer 
mon étonnement de ce qu'il n'avait rien vu de particulier, tandis 
qu'en un instant j'avais trouvé une quantité de débris gallo- 
romains. Il m'avoua alors, qu'à l'endroit que je lui indiquais, il 
avait remarqué une sorte de puits, formé par une terre rouge 
comme de la brique, qui l'avait fort intrigué, et qu'il avait été sur 
le point de le fouiller. Le temps lui avait manqué et on avait 
répandu, sur le milieu du tracé du chemin, une couche de m. 15 
à m. 20 de cailloutis, qui recouvrait en même temps l'emplace- 
ment du puits; c'était à 20 mètres environ de la route de Ven- 
dôme à Fréteval, presque au milieu de la nouvelle chaussée. 

Je ne doutai pas un instant que je me trouvais en présence 
d'une sépulture gallo-romaine après incinération, d'où prove- 
naient les fragments de tuiles et poteries que je venais de 
ramasser. Etant pressé par l'heure du train qui devait me rame- 
ner à Vendôme, je me promis de revenir dans peu de jours, avant 
qu'on ait empierré complètement le chemin. J'emportai un lot 
de fragments de poteries que je remis le soir même, sauf un 
tesson, à mon ami et collègue, M. G. Renault, conservateur du 
Musée de Vendôme, qui devait m'accompagner le lendemain pour 
fouiller; mais le mauvais temps nous empêcha de partir. 

Huit jours après, je revenais seul, M. Renault n'ayant pu venir 
avec moi. Je m'adressai à la Papeterie de Courcelles, et, en 
l'absence du Directeur en congé, le contremaître avait l'obli- 
geance de m'autoriser à faire la fouille, et de m'indiquer un 
ouvrier disponible que je mettais à l'œuvre immédiatement. 

Sous le cailloutis nous retrouvions facilement le contour circu- 
laire du puits, bien dessiné par un entourage de terre cuite, très 
rouge, ayant une épaisseur de m. 10 environ; cette terre a été 
rougie et cuite sur place par le feu qu'on a dû faire dans la fosse 
sépulcrale, creusée simplement dans l'argile compacte et épaisse 
du sol, afin de durcier et de solidifier l'entourage. La fosse 
avait 1 m. 10 de diamètre, au fond comme à l'ouverture : ce 
qui lui donnait une forme cylindrique, et 1 mètre de profon- 
deur environ. Elle était remplie de cendres calcinées, et, 
en divers endroits, nous trouvions des petits morceaux de 
charbon, quelques débris d'ossements calcinés, des morceaux 
assez grands de tuiles à rebords de sis modèles différents, et des 
fragments de poteries assez variés. Ce n'était pas surprenant de 



272 SOCIÉTÉ PREHISTORIQUE FRANÇAISE 

ne rencontrer que des tuiles ou des poteries brisées; mais, ce que 
j'ai trouvé singulier et qui m'a paru intentionnel (1), c'est qu'on 
voyait rarement deux morceaux des mêmes tuiles, des mêmes 
vases, tout en prenant les plus grandes précautions pour les 
extraire, en les mettant de côté immédiatement et en cherchant 
à les appareiller. Les cendres étaient en blocs gras comme de 
l'argile, que la trop grande humidité du sol empêchait de réduire 
en poussière et même d'écraser; il a pu y rester de menus ob- 
jets, comme des monnaies ou médailles; cependant je ne le crois 
pas; ou ils sont rares, car j'ai bien examiné tout ce qu'on sortait 
et n'ai rien vu de particulier pouvant dater la sépulture. 

M. André Piédallu, préparateur au Laboratoire de Mamma- 
logie au Muséum, en vacances alors dans les environs, à Morée, 
arriva à la fin de la fouille et en vit le résultat. Il emporta des 
fragments de tuiles à rebords et de poteries, comme témoignage 
de la découverte qui venait d'èlre laite. Moi-même j'ai conservé 
de la terre cuite de l'entourage, des blocs de cendres, des os 
brûlés, et des fragments de poteries diverses. 

Je n'ai pu voir comment était organisée la couverture qui 
n'était qu'à m. 20 au plus de la surface du sol ; mais il est évi- 
dent qu'elle devait être formée par les morceaux de tuiles à re- 
bords assez nombreux, qui avaient été retirés de la terre par les 
ouvriers, ainsi que par les nombreux fragments de poteries que 
j'ai trouvés extérieurement. Ayant remarqué de petits tas de 
tuiles et de poteries à différents endroits, à l'est et à l'ouest, à 
m. 10, m. 75 et à 1 mètre de profondeur, j'en conclus qu'il 
doit y avoir eu des sépultures différentes, trois ou quatre au 
moins. Les corps, dont les cendres reposent dans le petit puits 
funéraire, ont-ils été incinérés en même temps ou le même jour ? 
C'est ce que je ne saurais dire. Quoique par la force des choses, 
cette sépulture fut destinée à être recouverte immédiatement par 
la chaussée du nouveau chemin, j'qi voulu la conserver pour 
l'avenir; et j'ai tenu à ce que mon ouvrier n'en détruisit pas les 
contours et y remit les cendres retirées pour la fouille. 

L'incinération a-t-elle eu lieu dans la fosse ? C'était possible et 
cependant c'est peu probable, malgré l'épaisseur de la terre cuite 
autour, et la facilité d'incinérer qu'on avait à une aussi faible pro- 
fondeur; s'il y a eu plusieurs corps incinérés, ils l'ont été sans doute 
sur un bûcher spécial les uns après les autres, et leurs cendres 

(1) Il paraît cependant certain que les vases, même les plus beaux et les plus 
grands étaient souvent brisés au moment des funérailles, et que leurs débris 
étaient dispersés dans la terre environnante [Antiquités de la Russie méridionale ; 
par le professeur Kondakof, le comte J. Tolstoï et S. Reinach. Ernest Leroux, 
éditeur, Paris, 1891]. 



SOCIÉTÉ IT.ÉHISTOIUQUE FRANÇAISE 273 

réunies dans un coin spécial, ou plutôt une couche différente, 
ainsi que semblent le prouver les tas de tuiles et de poteries à 
différentes profondeurs. A plusieurs reprises, j'ai rencontré dans 
l'intérieur quelques veines de terre cuite répandue horizonta- 
lement. Cette terre cuite devait provenir de l'extérieur, elle a 
dû être introduite avec les cendres provenant d'une inciné- 
ration extérieure. Pour incinérer à l'air libre on devait avoir 
besoin d'un combustible considérable, et, malgré la dimension 
de la fosse, qui pouvait avoir une contenance d'un mètre cube, 
je crois que l'incinération des corps avait lieu à l'extérieur. 

On a mis à jour par toute la France, un nombre considérable 
de sépultures gallo-romaines et cependant je n'ai pas connais- 
sance de descriptions analogues à la mienne. 

Dernièrement, au Congrès de Tours, j'ai rendu compte de ia 
découverte d'une sépulture du même genre, mais plus profonde 
et en forme de four, que j'ai reconnue dans une autre partie du 
Loir-et-Cher, H Langon, sur le coteau de la rive droite du Cher. 
Comme pour celle de Fréteval, une couche de terre cuite autour 
formait un entourage qui n'avait été établi que par un grand feu 
à l'intérieur ; cette couche de 0.05 c. d'épaisseur n'est pas 
exactement délimitée. J'étais heureux d'en donner connaissance 
à la Société Préhistorique française, pensant que mes collègues 
ne manqueraient pas de me documenter. Je n'ai pas encore vu 
non plus citer un cas semblable. En ayant donné la description 
je ne recommencerai pas ici. 

En juin dernier, j'ai constaté une autre sépulture gallo- 
romaine, après incinération, en Beauce, près de la ferme de 
Chèvremont, dans la commune de Tripleville, à 48 kilomètres au 
nord-est de Blois, où il existe de nombreux dolmens et un 
superbe menhir. Mais cette sépulture, très peu profonde, a eu 
lieu évidemment après une incinération à ciel ouvert, sur place. 
Elle m'a été révélée par des cendres et du charbon en assez 
grande quantité, avec un certain nombre de tessons de poteries 
gallo-romaines, de fragments de tuiles à rebords et quelques 
débris d'ossements brûlés, mis à jour par des ouvriers qui 
avaient creusé la terre à moins d'un mètre de profondeur pour 
en extraire des cailloux. C'était sur le bord d'un très ancien 
chemin, sur lequel je passais pour faire des recherches préhis- 
toriques, dans un vallon charmant, qui porte le nom poétique de 
Val d'Avril. Naturellement je m'arrêtai, et fus très étonné de voir 
en cet endroit des cendres et des débris gallo-romains. Nulle 
part autour, il n'y avait de terre rougie par le feu comme pour 
les deux cas précédents. 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 18 






274 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Cette année, dans mes pérégrinations en Loir-et-Cher, j'ai 
encore vu d'autres sépultures gallo-romaines. C'est à Gièvres, sur 
les bords du Cher, près de la voie romaine & Avaricum à Cœsaro- 
dunum, de Bourges à Tours, l'ancienne ville gallo-romaine de 
Gabris, qui dut être relativement importante. De sa véritable 
nécropole, M. de ta Saussaye, ancien membre de l'Institut, aretiré 
il y a quelque cinquante ans, une quantité de vases et de curieux 
objets, en partie au Musée de la ville de Blois, auquel il les a 
légués. L'année dernière, M. Jouannet, instituteur, en cultivant 
son jardin, y a découvert plusieurs sépultures; je l'ai appris et je 
suis allé voir ses découvertes intéressantes. Les fosses peu pro- 
fondes étaient à peu de distance les unes des autres. C'était sans 
doute le côté des enfants, car il y a rencontré une demi-douzaine 
de biberons et des timbales joliment décorées, en terre fine. Les 
vases ou autres objets étaient généralement trois par trois, à 
moins de m 50 de la surface du sol. Dans le terrain sablonneux 
de. la Sologne, les vases faciles à extraire étaientintacts, h l'excep- 
tion de ceux qui, n'étant pasenterrés assez profondément avaient 
été brisés par la culture. En cet endroit le sol est couvert de 
débris de poteries gallo-romaines et on y a trouvé beaucoup de 
monnaies ou médailles recouvertes d'une belle patine. Les cen- 
dres et les ossements calcinés étaient en assez petite quantité, 
avec des traces de charbon. L'incinération a eu lieu certainement 
dans un endroit spécial; la localité était assez importante pour 
avoir un four ou bûcher spécial. Peut-être les restes étaient-ils 
enfermés dans de petits cercueils, car M. Jouannet a trouvé dans 
ses fouilles un certain nombre de clous de fer qui sembleraient le 
démontrer. 

A 10 kilomètres au nord de Blois, sur le territoire de la com- 
mune d'Averdon, très importante station préhistorique, presque 
à la naissance de la Vallée de la Grande-Pierre et dans le petit 
val, j'ai vu encore un lieu de sépultures gallo-romaines. Cet en- 
droit est situé à un kilomètre à l'est du hameau de Malakoff et de 
la route de Blois à Oucques, à 4 kilomètresàFestdu bourg d'Aver- 
don. Il m'a été indiqué par M. Quentin-Lefeuvre, propriétaire- 
cultivateur à Malakoff. Ce sont des carriers qui ont mis à jour 
plusieurs de ces sépultures ; ilsont été frappés par la vue des osse- 
ments et des débris de poteries qu'ils trouvaient presque à la sur- 
face du sol, c'est-à-dire à m 20 ou m 25 de profondeur. Là il n'y 
a pas eu d'incinération; il y a eu simple inhumation. On y trouve 
en effet de gros ossements qui n'ont certainement pas subi l'action 
du feu ; la terre est noirâtre et on ne voit pas de traces de cen- 
dres. Les poteries que j'y ai ramassées n'ont rien de remarqua- 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 2-0 

bles ni de particulier ; il y a de grosses poteries de terre de cou- 
leur gris cendré et de plus fines gris-noiràtre. Je ne crois pas qu'il 
v ait eu là un grand nombre d'inhumations. Sur la hauteur à 100 
mètres au nord et à l'ouest, on peut remarquer dans les champs 
d'assez nombreux débris de tuiles à rebords et de poteries gallo- 
romaines. Il a dû exister dans ce lieu, désert aujourd'hui, une 
colonie agricole, et ce sont, sans doute, les restes du personnel de 
l'exploitation qu'on retrouve dans cet endroit spécial, qui n'était 
pas cultivé par suite du peu de profondeur de la terre végétale. 

Voilà donc cinq genres de sépultures bien distincts, tous de la 
période gallo-romaine que je puis résumer ainsi : 

1° A Fréterai, plusieurs incinérations dans une fosse cylindri- 
que, de 1 mètre de profondeur, dans l'argile, dont la paroi a été 
rougie et comme cuite par le feu, sur ra 10 d'épaisseur; quantité 
de cendres ^un mètre cube) pour plusieurs corps ; mobilier com- 
posé de morceaux de six modèles divers de tuiles à rebords et de 
fragments de poteries variées, dont il n'y a pas en général deux 
morceaux du même vase. 

2° A Langon, une seule incinération dans uu four creusé à 2 
mètres de profondeur, dans le tuf crayeux, auquel on accédait 
par un passage oblique ; quantité de cendres, pour un seul corps, 
sans doute; parois rougies et cuites par le feu sur une épaisseur 
deO m 05; sans mobilier ou en fragments non remarqués. Ce genre 
de sépulture doit remonter aux premiers temps de l'occupation 
romaine. 

3° A Tripleville, incinération sur place, à l'air libre, à une pro- 
fondeur de m 50, dans le sable ou terre légère; pas de parois 
rougies; quantité de cendres pour un seul corps par fosse; débris 
de charbon; poteries variées, toutes brisées, peut être intention- 
nellement, peut-être par les carriers. 

4° AGièvres, incinération dans un four crématoire et inhuma- 
tion des restes, très probablement dans un petit coffre ou cer- 
cueil, placé à m 50 ou plus dans le sol; mobilier assez riche, avec 
vases entiers trois par trois; véritable nécropole. 

5° A Averdon-Malakoff, inhumation simplement, à m 20ou m 25 
de profondeur dans le tuf calcaire, sans incinération, mobilier 
pauvre et en fragments. 

Il est évident que ces genres ne sont pas tous du même siècle. 
Le rite pouvait différer par région, mais dans les localités bor- 
dant le Cher, comme à Langon et à Gièvres, éloignées seulement 
d'une douzaine de kilomètres l'une de l'autre, ce sont les 
siècles sans doute qui ont causé le changent de rite. Je laisse à 



276 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

d'autres plus compétents le soin de les dater, me bornant à les 
signaler. 

Je n'ai jamais tant vu ni étudié de sépultures gallo-romaines 
qu'en 1910; il est vrai que je n'en avais jamais cherché jusque-là. 
Il n'est pas douteux qu'on en pourrait découvrir dans beaucoup 
de localités importantes à l'époque gallo-romaine qui n'ont pas 
encore révélé leurs trésors archéologiques. J'en connais dans ce 
cas. Il y a donc encore de beaux jours pour les chercheurs et 
les archéologues qui n'attendront pas du hasard seulement le 
plaisir des découvertes. 

M. M. Baudouin. — Notre collègue trouvera d'intéressants 
points de comparaison dans nos travaux sur les puits funé- 
raires et dans ceux de l'abbé F. Baudry. 



Résultat des fouilles effectuées dans un abri sous 
roche à Bonnières (Seine-et-Oise), et décou- 
verte d'une sépulture néolithique à Jeufosse 
(Seine et Oise.) 

PAR 

Henri G A DE AU de KER VILLE (Rouen, Seine-Inférieure) 
et Georges POULAIN (Eure). 

A quelques kectomètres en aval de la petite ville de Bonnières, dans 
un bois situé près de la rive gauche de la Seine, au triage de la côte 
Masset, existe un abri sous roche, appartenant à l'étage sénonien.Cet 
abri mesure 33 mètres de long et une hauteur maximum de 5 mètres. 

Une tranchée a été faite au pied de la partie en surplomb. Dans la 
couche de terre végétale, de m 50 à m 60 d'épaisseur, nous avons 
trouvé quelques silex néolithiques, et des os fendus intentionnelle- 
ment. Au-dessous, la terre, plus compacte, dure et de composition 
argilo-calcaire, nous a fourni, à environ un mètre de la paroi de l'a- 
bri, des silex à faciès nettement magdalénien. 

A l m 40 de profondeur totale, nous avons rencontré un foyer repo- 
sant sur la roche vive. A côté se trouvaient une petite meule gisante 
en grès, de nombreuses lames, des nuclei et beaucoup d'éclats. Les 
lames, les lamelles et les éclats étaient par petits tas autour du foyer, 
près duquel nous avons recueilli les os d'un tarse et un métatarsien 
de cheval, une défense de sanglier, quelques os fendus en long pour 
en extraire la moelle, et d'autres indéterminables. Parmi les lames, 
il y en a deux possédant de fines retouches : une lame-grattoir et 
une lame dont une extrémité a été retaillée en pointe. 

L'outillage nous a montré que nous étions en présence d'une sta- 
tion de l'époque de la Madeleine. C'est la deuxième découverte de 
vestiges de cette époque dans les abris sous roche du bassin inférieur 






SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 277 

de la Seine ; la première a été faite par l'un de nous (Georges Pou- 
lain), en 1902-1903, à Mestreville, commune de Saint-Pierre-d'Autils 
(Eure) 1). 

Dans un bois qui se trouve près de la rive gauche de la Seine, en- 
tre Bonnières et Vernon, à Jeufosse Seine-et-Oise), existe, dans 
l'étage sénonien, un rocher de 54 mètres de long, et d'une hauteur 
maximum de 8 mètres, connu sous le nom de « Roche Galerne ». Une 
cavité de ce rocher, qui était en grande partie comblée avec de la 
terre, nous a révélé une sépulture de l'époque néolithique, contenant 
des ossements de trois squelettes deux adultes et un adolescent). 

La sépulture fut aménagée au fond de cette cavité, et les corps dé- 
posés sur le calcaire en fragments détachés du plafond à une époque 
plus ancienne. Puis on la ferma au moyen d'un mur à sec, composé 
de pierres calcaires dont plusieurs mises de champ. 

Les ossements ont été partiellement dispersés parles blaireaux ou 
les renards, qui avaient enlevé des pierres du mur à sec pour péné- 
trer au fond de la cavité. Néanmoins nous avons recueilli en dedans 
de ce mur une partie des ossements, dont un crâne d'adulte en par- 
fait état de conservation. De plus, nous avons trouvé, en criblant 
ou non la terre, des fragments de poteries néolithiques et quelques 
silex, dont une hache ébauchée. 

Les sépultures de ce genre sont rares dans le nord de la France. 
C'est, à notre connaissance, la deuxième du genre, découverte dans 
la partie inférieure de la vallée de la Seine. La première fut mise à 
jour par l'un de nous (Georges Poulain), en 1903, à Mestreville, com- 
mune de Saint-Pierre-d'Autils Eure) (2). 

Relativement à ces intéressantes trouvailles, nous publierons,' dans 
le Bulletin de la Société normande d'Etudes préhistoriques, un mé- 
moire accompagné de figures dans le texte et de planches. 



Hache en silex, de forint» arquée. 

PAR 

Louis GIRA.UX (de Saint-Mandé, Seine) (3). 

La hache en silex, que j'ai l'honneur de vous présenter a été 
recueillie dans les environs de Bergerac, à Puy-Charmant (Dordo- 
gne). Dans cette région, on trouve à la surface de nombreuses pièces 

(1) Bull, de la Société normande d'Études préhistoriques, ann. 1903, p. 62, et 
pi. V. et VI ; ann. 190Ï, p. 89. 

Emile Cartailhac, dans la revue L'Anthropologie, ann. 1905, t. XVI, n* 3 
p. 322. 

(2) Bull, de la Société normande d'Etudes préhistoriques, ann. 1904, p 98 et 
pi. VI. 

1,3) Séance du 26 janvier 1911. 



278 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

acheuléo-moustériennes et néolithiques; mais c'est à cette dernière 
époque que celle que je vous présente doit appartenir. Elle provient 
de la collection de l'abbé Landesque. 

Cette pièce, en silex gris, légèrement jaunâtre, mesure m 168 de 
longueur, sa plus grande largeur est de m 080 du côté du tranchant, 
et elle est de m 018 à m 020 à l'autre extrémité; son épaisseur, au 
centre, est de m 025 environ. 

La particularité que nous offre cette pièce, c'est qu'elle est de forme 
arquée. En l'examinant, nous constatons qu'elle a été taillée dans 
une plaquette de silex 
qui avait primitive- 
ment cette forme. La 
partie convexe est ab- 
solument lisse, comme 
si elle avait été polie ; 
on s'est simplement 
contenté, pour lui don- 
ner sa forme, d'abat- 
tre les deuxcôtés : la 
Figure 1 nous le re- 
présente fort bien. 
Pour former le tran- 
chant de la hache, l'ex- 
trémité de la plaquette 
a été abattue et un arc 
de cercle assez régu- 
lier a été obtenu. 

Si nous passons à la 
partie concave de la 
pièce, nous constatons 
également que, sur 
plus de la moitié de la 
longueur, elle est for- 
méepar la partie natu- 
relle de la plaquette de silex. Du côté du tranchant, cette plaquette 
était plus épaisse et une partie de la matière a étéenlevée à grands 
éclats de façon à la réduire pour en faire le tranchant. 

La Figure 2 vous montre la pièce de profil et il est facile de se 
rendre compte de sa forme arquée. 

A première vue, cette pièce pourrait être prise pour une hermi- 
nette; mais en l'examinant, on constate qu'il n'en est rien, d'abord 
en raison de la disposition de son tranchant, et ensuite parce que la 
forme de l'extrémité opposée ne permettrait guère de pouvoir l'em- 




l. — Hache en silex de forme 
arquée [1/2 grand, nat.]. 



Fig. 2. — La même 
pièce, vue de pro- 
fil (l/2 grand. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 279 

mancher d'une façon solide. D'un autre côté, il ne nous semble guère 
possible de pouvoir l'employer en la tenant à la main. 

Notre opinion est que cette pièce doit être simplement une ébau- 
che, que l'ouvrier a dû abandonner, ne pouvant pas en faire un outil 
utilisable. 



-<_^-c"O^G»s*~-£V-^~>- 



8ur quelques causes déterminantes du magné- 
tisme des poteries. 

PAR 

L. FRANCHET (Paris). 

La question du magnétisme des poteries, préoccupe depuis quel- 
que temps les physiciens et les préhistoriens, mais il ne semble pas 
que l'accord soit bien parfait, au sujet de l'influence des poteries sur 
l'aiguille aimantée. 

D'autre part, les causes mêmes de ce magnétisme, semblent être 
encore dans le domaine de l'hypothèse. 

Parmi les auteurs qui s'en sont occupé, les uns font remonter ces 
causes « à la longue immobilisation delà poterie, sous l'influence de 
l'induction terrestre », les autres, « à l'aimantation d'ensemble 
acquise par le vase au moment de la cuisson, supposée laite en posi- 
tion verticale » ou encore « à l'action inductrice des briques du four 
qui furent les premières à s'aimanter » (1). 

Mais ces hypothèses, si intéressantes qu'elles soient, ne sont que 
des hypothèses qu'il me paraît bien difficile de vérifier expérimenta- 
lement. 

C'est pourquoi je pense qu'il n'est pas inutile d'apporter à l'étude 
de cette question, non pas d'autres hypothèses, mais des faits con- 
firmés par l'expérience. 

I Certaines poteries possédant réellement la propriété de faire 

dévier l'aiguille aimantée, il y avait lieu d'examiner les deux points 
suivants : 

1° Quels sont les éléments magnétiques pouvant se trouver dans la 
pâte d'une poterie ? 

2° Comment ces éléments ont-ils pu se former ? 

ICe sont ces deux questions que je vais m'efforcer de résoudre. 



(1) Bull, delà Soc. Prek. de France, t. VII, p. 504 et 505. 



280 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

1° Nature des éléments magnétiques des pâtes. 

Les poteries magnétiques sont toujours ferrugineuses. 

L'oxyde de fer contenu dans les pâtes provient principalement des 
argiles. Or toutes les argiles renferment du fer à l'état de peroxyde ; 
le kaolin lui-même n'en est pas exempt. J'ai analysé celui de Mar- 
saguet (dans le Limousin), qui fut longtemps employé à la manufac- 
ture de Sèvres, en raison de sa grande pureté. J'ai constaté néanmoins 
qu'il contenait en moyenne 0,24 pour 100 de peroxyde de fer. 

Les argiles ordinaires employées dans la fabrication de la poterie 
en renferment jusqu'à 25 p. 100. 

Examinons maintenant quels sont les oxydes de fer jouissant de 
propriétés magnétiques. Ce sont: les protoxydes de fer, Fe O. ; — 
l'oxyde magnétique, Fe 3 O*; — le peroxyde de fer (dans certains 
cas), Fe 2 O 3 ; les oxydes des battitures (compositions très diverses). 

De ces quatre oxydes magnétiques, les trois premiers seuls nous 
intéressent, puisque le quatrième ne peut, en aucun cas, se ren- 
contrer dans les composés argileux. 

Or la formation des trois premiers oxydes, dans les poteries, au 
cours de la cuisson, est facile à démontrer. 

2° Formation des oxydes de fer magnétiques dans les poteries. 

Il me faut ici ouvrir une parenthèse, pour rappeler certains phé- 
nomènes relatifs à la combustion des gaz émanant d'un foyer. 

Lorsque les corps combustibles sont décomposés par la chaleur, 
les gaz qu'ils renferment se dégagent et brûlent en produisant une 
flamme. Ces gaz consistent principalement en oxyde de carbone, 
acide carbonique, carbures d'hydrogènes, azote et vapeur d'eau. 
Mais la combustion ne peut avoir lieu que grâce à l'oxygène que 
la flamme emprunte à l'air ambiant. L'oxygène joue le rôle de corps 
comburant. 

Parmi les gaz qui se dégagent et que je viens de citer, il en est 
plusieurs qui doivent retenir notre attention, d'une façon toute par- 
ticulière. Ce sont l'oxyde de carbone et les carbures d'hydrogène qui 
sont des gaz essentiellement réducteurs. 

On appelle réducteur un corps qui possède la propriété de 
réduire un oxyde métallique, à un état inférieur d'oxydation et fina- 
lement en métal. 

Prenons par exemple du peroxyde de fer, qui représente du fer à 
son maximum d'oxydation (c'est celui que l'on trouve dans les 
argiles) et chauffons le dans un courant d'oxyde de carbone. Celui- 
ci sous l'influence de la chaleur se combinera avec l'oxygène qui est 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 281 

lui-même combiné au fer, transformera par conséquent le peroxyde 
en fer métallique en le faisant passer par tous les états intermédiaires 
d'oxydation, y compris le protoxyde qui, comme on le verra'est 
très important pour nous. 

Donc, lorsque je parlerai, pour la cuisson des poteries, de feu ré- 
ducteur ou d'atmosphère réductrice, terme admis lorsqu'il s'agit de la 
cuisson dans les fours, il s'agira d'un feu duquel se dégage un excès 
d'oxyde de carbone et de carbures d'hydrogène; et cet excès de gaz 
réducteurs provient d'une combustion incomplète, par suite d'une 
insuffisance d'oxygène. 

Si maintenant nous saturons d'oxygène, les gaz combustibles, au 
moyen d'un entraînement rapide de l'air ambiant, par une cheminée 
d'appel, il se produira deux phénomènes: 

1° La quantité d'air, et par conséquent d'oxygène, entraîné, est 
suffisante pour se combiner exactement aux gaz ; il n'y aura alors ni 
oxygène, ni gaz réducteurs en excès : il y aura équilibre et l'atmos- 
phère sera neutre. 

2° La quantité d'air est supérieure à celle qui est nécessaire pour 
se combiner exactement aux gaz. Il y aura donc excès d'oxygène et 
la combustion sera complète : nous aurons ainsi un feu oxydant, ou 
atmosphère oxydante. Par conséquent, le métal que nous avons 
obtenu tout à l'heure un peu réducteur, retournera, si nous le sou- 
mettons à ce feu oxydant, à l'état d'oxyde. 

Maintenant que nous connaissons les propriétés et par conséquent 
le rôle d'une flamme, examinons ce qui se passe au cours de la cuis- 
son des poteries, en envisageant surtout les procédés primitifs. 

Aux âges préhistoriques, la cuisson se faisait ou à l'air libre ou 
dans des fours très primitifs ; mais, dans un cas comme dans l'autre, 
le feu était ordinairement réducteur, comme en témoigne la presque 

talité des poteries. 

Ce fait n'a rien d'extraordinaire, car la combustion, dans un feu 

ûlant à l'air libre ou dans un four rudimentaire, est incomplète, 

rce que la flamme dans son mouvement ascensionnel n'entraîne 

s une quantité suffisante d'air. 

La poterie se trouvera placée, par conséquent, dans un milieu qui 

ra plus ou moins réducteur, mais jamais absolument oxydant. 

Deux cas peuvent se présenter : ou bien le feu sera absolument 

ducteur; ou bien il le sera incomplètement. 

Dans le premier cas, le peroxyde de fer contenu dans l'argile se 
transformera en protoxyde qui, je le rappelle, est magnétique. 

Dans le deuxième cas, le peroxyde se trouvant soumis à l'influence 
'un mélange d'oxyde de carbone et d'acide carbonique, se transfor- 
mera également en protoxyde, partiellement ou en totalité, suivant 
la durée de l'opération. 






282 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Cette transformation sous l'influence des deux gaz a été démon- 
trée, il y a environ un demi-siècle par Debray (1). 

Donc dans les deux cas, la poterie contiendra un élément magné- 
tique : le protoxyde de fer. 

Voilà une première cause de magnétisme. 

D'autre part, Moissan a démontré, jadis, qu'il existait deux varié- 
tés allotropiques <Toxyde magnétique, dont l'une s'obtient, notam- 
ment, en chauffant le peroxyde de fer dans un courant d'oxyde de 
carbone, à basse température (vers 350°), et l'autre en le décompo- 
sant à une température élevée voisine du rouge blanc. 

Or, puisque l'oxyde magnétique peut commencer à se former à 
350°, dans une atmosphère chargée d'oxyde de carbone, il est très 
naturel que les poteries préhistoriques en renferment d'autant plus 
que leur examen démontre surabondamment qu'elles ont été cuites à 
très basse température. 

Nous avons ainsi une deuxième cause de magnétisme. 

Nous allons maintenant examiner le cas où le procédé de cuisson 
étant perfectionné, le feu est absolument oxydant, et où, par consé- 
quent, le peroxyde de fer, qui, tel qu'il se trouve dans les argiles, 
n'étant pas magnétique, devrait théoriquement rester stable et n'a- 
voir aucune action sur l'aiguille aimantée. 

Nous allons voir qu'il n'en est pas ainsi. 

En effet, d'après les recherches de différents chimistes, le peroxyde 
de fer peut être magnétique dans certaines conditions. 

Tout d'abord, d'après Malaguti (2), lorsqu'il est obtenu par la cal- 
cination des dépôts ocracés formés par les eaux minérales ferrugi- 
neuses, ou de certains carbonates de fer, naturels. Mais je ne m'ar- 
rêterai pas à des cas particuliers, parce qu'il est très difficile, sinon 
impossible dans bien des cas, de vérifier l'origine du peroxyde de 
fer contenu dans une argile. 

D'autre part, Lallemand (3), étudiant un peroxyde de fer pur exempt 
d'oxydes magnétiques, a trouvé que son magnétisme était pres- 
que égal à celui de l'oxyde magnétique proprement dit, et a démontré 
ainsi qu'il existe deux peroxydes de fer, l'un magnétique et l'autre 
inerte. 

Le peroxyde magnétique peut perdre cette propriété d'être attira- 
ble à l'aiguille aimantée, si on le chauffe à une température très éle- 



(1) Wurtz. — Dictionnaire de Chimie pure et appliquée, 1. 1, 2 e part., p. 1490. 

(2) Annales de Ch. et de Phys.,t. LXIX, p. 214. 

(3) Annales de Ch. et de Phys., t. LXIX, p, 223. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 283 

véc : ce qui n'est pas le cas pour les poteries primitives ou les pote- 
ries communes modernes. 

Lallcmand a donc prouvé que le magnétisme du peroxyde de fer 
n'était pas dû, comme l'avait autrefois pensé Luca, à la présence de 
protoxyde. 

Nous trouvons dans cette propriété du peroxyde de fer, une troi- 
sième cause de magnétisme des poteries. 

Le peroxyde de fer attirable à l'aimant, prend, lorsqu'il a été 
chauffé, une teinte rouge brique; et cette particularité m'a engagé à 
vérifier le magnétisme des poteries grecques et romaines, à pâte 
rouge. 

Les échantillons que j'ai examiné proviennent de sources sûres et 
j'ai constaté que tous les spécimens grecs, du vm" au rv e siècle, 
étaient très magnétiques. 

Quant aux poteries romaines (dites samiennes), elles possèdent un 
magnétisme beaucoup plus faible, quelquefois nul. 

Cette différence, entre les propriétés magnétiques des poteries 
grecques et romaines, doit provenir principalement des procédés de 
cuisson. 

Conclusion. — La propriété que possèdent de nombreuses pote- 
ries, de faire dévier l'aiguille aimantée, est due à la présence de di- 
vers oxydes de fer magnétiques, répandus dans la masse de leur pâte. 

La nature de ces oxydes tient à deux causes : 

1° La composition de la flamme ; 2° Le degré de température. 

Un oxyde de fer inerte, contenu dans l'argile, pourra donc deve- 
nir magnétique, toutes les fois qu'il se trouvera soumis à l'influence 
d'une atmosphère de composition et de température déterminées. 

Or, l'expérience nous apprend que ces conditions se trouvent très 
fréquemment réunies, dans le cours de la cuisson des poteries, sur- 
tout lorsqu'elle a lieu dans un four rudimentaire, dans lequel il 
n'est pas possible de faire pénétrer la quantité d'air nécessaire à la 
combustion, ce qui influe doublement sur la nature de l'atmosphère 
intérieure du four et sur la température. 

Quant aux poteries qui sont cuites à feu libre, elles se trouvent 
dans les conditions voulues, comme je l'ai démontré, pour que 
1 oxyde de fer contenu dans leur pâte, acquiert facilement, par ses 
diverses transformations, des propriétés magnétiques. 

L'intensité du magnétisme d'une poterie dépend delà nature et de 
la quantité des éléments magnétiques que renferme sa pâte. 

Or, comme ces conditions d'intensité sont liées en même temps à 
la nature de la flamme et à sa température, il s'ensuit que plusieurs 



284 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

poteries cuites en même temps, ne pourront toutes contenir des élé- 
ments magnétiques identiques. 

L'expérience démontre en effet, que suivant la place occupée par 
les pièces, dans le four ou même dans un foyer libre, elles ne sont 
pas soumises aux mêmes influences et dans le même temps. 

Toute poterie, contenant de l'oxyde de fer, qu'elle soit antique ou 
moderne, est susceptible d'accuser un magnétisme plus ou moins 
prononcé; mais il est compréhensible que, si ses éléments magnéti- 
ques sont en trop petit nombre, ce magnétisme pourra être à peine 
sensible, ou même complètement insensible, vis-à-vis des moyens de 
vérification dont la science dispose actuellement. 

Les causes déterminantes du magnétisme des poteries, celles 
du moins, que j'ai indiquées, ne m'autorisent pas à d'admettre que 
la longue immobilisation de la poterie, dans le sol, sa position verti- 
cale dans le four ou l'action inductrice des briques du four, aient pu 
jouer seules un rôle certain, ou tout au moins absolu. 

Je ne puis pas, non plus, admettre, que, vu le mode de formation 
des éléments magnétiques dans les poteries, ce magnétisme puisse 
permettre de déterminer l'âge de celles-ci . 

Enfin, il y aura lieu de rechercher si le magnétisme des argiles 
cuites par les coulées de laves et qui ont servi de point de départ à 
l'étude, de cette question ne provient pas, comme c'est possible, de 
ce que ces argiles ont été soumises, au moment de leur contact 
avec les laves, à l'influence de gaz réducteurs. 

Ainsi s'expliquerait le désaccord qui existe entre les diverses ob- 
servations qui ont été faites. 

M. A. Guébhard espérait avoir à complimenter M. Fran- 
chet sur quelque contribution expérimentale nouvelle, apportée, 
non pas, sans doute, à la question des « causes déterminantes du 
magnétisme des poteries », question ressortissantàla physique et 
jugée depuis longtemps, à titre définitif, hors la compétence de 
M. Franchet, mais sur quelque détail, plus ou moins justiciable 
de la S. P. F., quant à l'applicabilité des observations magnéto- 
métriques à la détermination de l'âge des poteries. 

Au lieu de cela, M. Franchet, après s'être complu à rappeler aux 
préhistoriens de très élémentaires souvenirs d'avant baccalau- 
réat, sur la transformabilité, en oxydes dits magnétiques, des 
impuretés ferrugineuses, qu'il est notoire que contiennent toutes 
les argiles, a basé tout ce qu'il dit du magnétisme céramique sur 
une si manifeste erreur de physique, qu'il incombe à l'ancien pro- 
fesseur de physique auquel M. Franchet veut faire la leçon, de le 
rappeler lui-même aux rudiments de la science, pour essayer de 
lui faire comprendre que l'épithète a magnétique » des chimistes, 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 285 

signifiant tout au plus magnétisable, n'a jamais eu le pouvoir 
intrinsèque de conférer autre chose queYaptitude au magnétisme, 
mais pas la moindre parcelle du magnétisme effectif des physi- 
ciens. 

Certes, il est hors de discussion qu'une poterie, pour être 
magnétique, doive contenir un élément magnétique. Mais faire 
de ce postulatum de La Palice, qui servit de point de départ à 
tous les physiciens, le point d'arrivée de longs développements ; 
ériger en belle triade de « causes déterminantes » ce qui ne fut 
jamais qu'une condition nécessaire, mais nullement suffisante; 
édifier sur une pure illusion verbale et un gros malentendu phy- 
sique des « conclusions » dédaigneuses à l'égard des données les 
mieux établies par les vrais physiciens : voilà qui méritait, de la 
part d'un spécialiste, une protestation motivée, devant un audi- 
toire non spécialisé. 

Même en ce milieu, il ne se trouvera personne à qui faire ac- 
croire qu'un luminaire puisse être lumineux avant que d'être 
allumé, ou que, par la seule magie des formules chimiques, il suf- 
fise de la présence d'un oxyde dit magnétique pour rendre ma- 
gnétique une poterie sans qu'elle soit magnétisée, c'est-à-dire 
sans qu'elle ait reçu, et surtout gardé, — car c'est alors seule- 
ment qu'elle devient intéressante, — une polarité, une aimanta- 
tion stables, lui permettant d'agir, non seulement sur l'aiguille 
aimantée, comme le fer banal, mais sur la limaille de fer doux, 
comme font les seuls aimants. 

Or ce n'est que sous l'influence de l'aimant terrestre, et dans 
des circonstances qu'ont déterminées, mieux que les « causes 
déterminantes » de M. Franchet, des savants comme Folgherai- 
ter, Brunhes, Mercanton, sachant, eux, ce qu'est le magnétisme, 
et « admettant » en connaissance de cause, tout ce que « n'ad- 
met pas » ce publiciste, c'est donc en rapport certain avec les 
variations séculaires du solénoïde terrestre, qu'est né, dans cer- 
taines poteries ou laves, un magnétisme, à l'avènement duquel 
les « gaz réducteurs », à quoi M. Franchet réduit son horizon, 
n'ont pu jamais que préparer son substratum. Il y a quelque 
chose de vraiment pénible à voir opposer aux consciencieuses re- 
cherches, aux laborieuses expérimentations, et aux prudentes ré- 
serves, de tels savants, une pure phraséologie, sans rapports avec 
leurs travaux incompris, et à constater la prétention persistante 
de M. Franchet à vouloir régenter, au nom de la chimie, la phy- 
sique, après la préhistoire, au lieu d'apporter simplement à l'une 
et à l'autre un précieux auxiliaire. 

11 y avait pourtant, pour le céramiste, en possession de la tech- 
nique, du matériel et des subventions nécessaires ; il y avait, sur- 



286 SOCIÉTÉ PRÉHISTOU1QUE FRANÇAISE 

tout, pour l'inventeur des trois genres de poteries préhistoriques: 
1° carbonifères, 2° ferrugineuses, 3° non ferrugineuses, — trois 
genre» dorénavant réduits à un seul, puisqu'il fut toujours évi- 
dent que le premier devait rentrer dans l'un des deux autres, 
et qu'aujourd'hui même, il est reconnu que le dernier, le non 
ferrugineux, est, préhistoriquement, inexistant; — il y avait, 
pour un expérimentateur sérieux, une question vraiment belle a 
traiter, autrement que sur le papier : Du rôle de la carburation 
dans l'aimantation des poteries. C'était bien dans la note : car- 
bone et fer, céramique et aimantation. Mais encore faudrait-il, 
de cette dernière, un juste concept. Je désespère de devoir ja- 
mais la solution à M. Franchet. 



Présentation de pièces campigniennes, 

trouvées en surface 

dans le département de l'Yonne. 

PAR 

M. le Marquis de TRYON MONTALEMBERT (Paris). 

Je crois ces pièces de l'époque campignienne et des premiers 
temps de cette époque, c'est-à-dire, tout à fait du début des temps 
néolithiques; et plusieurs d'entre elles me semblent présenter des 
particularités intéressantes. 

Ce sont d'abord deux enclumes et deux percuteurs. Une de ces 
enclumes et un de ces percuteurs portent des traces de l'ordinaire 
martelage écrasé. L'autre enclume et Vautre percuteur, au contraire, 
portent de petites entailles, très rapprochées, marquées dans le silex 
comme par une pointe, qui rappellent, par leur aspect, celui des os 
ayant servi à retoucher les taillants par pression. 

Je crois que cette dernière particularité a été étudiée déjà sur des 
enclumes; mais je n'ai pas eu connaissance qu'on ait eu jusqu'à pré- 
sent l'occasion de l'observer sur des percuteurs. Peut-être celui-ci 
était-il destiné à retoucher le taillant de pièces volumineuses, soli- 
dement calées, ou fixées en terre. Le retouchoir aurait été alors mo- 
bile, contrairement au cas observé pour les os ou pour les enclumes. 

Ce sont ensuite des outils, auxquels je ne sais si je dois donner le 
nom de hache ou celui d'herminette. La plus grosse pièce semble 
avoir été taillée en vue de l'emmanchement par ligatures. C'est cer- 
tainement une pièce finie, malgré son apparence fruste. Elle affecte 
grossièrement la forme d'un 8. Ses dimensions sont à peu près exac- 
tement de ,n 20 dans sa plus ^grande longueur, O m ll clans la plus 
grande largeur du côté du taillant, et m 10 du côté du talon. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRAfiÇAISE 287 

Très peu convexe, presque plane sur une face, elle porte sur la face 
opposée une énorme protubérance. On imagine très bien cette pièce, 
fixée solidement à un manche en forme de fourche par des ligatures 
de cuir ou d'écorce, pour lesquelles les encoches centrales semblent 
préparées. Avec son fort taillant en ligne sinueuse, cette pièce devait 
être une arme terrible. 

J'apporte encore deux pièces très grossières : la plus volumineuse 
a plutôt l'apparence d'un marteau, ou d'une massue. Une de ses 
extrémités forme cependant une sorte détaillant très épais qui parait 
porter des traces d'utilisation violente; et des retouches centrales 
profondes permettent de penser qu'elle a été attachée à un manche. 

L'autre pièce est très peu travaillée. Elle me semble pourtant inté- 
ressante par sa grossièreté même, qui montre à quel point son au- 
teur était sans doute dédaigneux de la régularité de la forme et du 
fini de son travail, du moment que le résultat pratique désiré était 
obtenu. La pièce s'étant trouvée, par un hasard de taille, présenter 
une forme commode pour l'usage, on s'est borné à marteler les 
arêtes de la dépression centrale afin de faciliter l'emmanchement. Ce 
sont bien là selon l'expression, je crois, de Rutot, les Eolithes du Xéo- 
lithique. 

Je présente encore plusieurs pièces de la même époque et de la 
même région, que je soumets à votre appréciation. 

Je signale enfin la présence de parties de cortex sur ces pierres, 
comme sur la majeure partie de celles de même sorte, trouvées dans 
le pays. J'attribue cette présence fréquente, d'abord à la négligence 
de l'ouvrier pour tout ce qui avait trait à l'apparence extérieure de 
son ouvrage, et aussi à la dimension généralement restreinte et aux 
formes très contournées des rognons siliceux dans lesquels ces pièces 
ont été taillées. 

L'irrégularité des patines est encore une caractéristique constante 
de toutes ces pièces, et doit tenir, en partie du moins, au manque 
d'homogénéité de la substance employée. 

If. Stalin (Beauvais). — La station de Champignolles, commune 
de Sérifontaine (Oise) (1), visitée par les membres du Congrès de 
Beauvais en 1909 (2), nous a fourni, à M. V. Patte (de Gisors) et 
moi, quantité de pièces de même faciès que celles présentées par 
M. de Montalembert. Ces pièces, parmi lesquelles se remarquaient 
de vagues marteaux à encoches parallèles, des ébauches de haches 
et de pics, se trouvaient, comme celles indiquées par M. A. de Mor- 
tillet, auprès de puits (3) avoisinant cette station. 

(1) V. Patte. — La Préhistoire à Sérifontaine. — Comptes rendus du V Congrès 
Préhistorique de France, session de Beauvais, 1909, pages 240-249. 

(2) Eicursion du 23 juillet 1909 [V. Comptes rendus ci-dessus, p. 639-734]. 

(3) G. FocJU. — Les Puits préhistoriques pour Vextraction, du silex à Champi- 



288 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

A Lhéraule, autre localité de l'Oise (1), toujours à proximité de 
puits d'extraction, j'ai également récolté de semblables instruments. 

L'identité des gisements respectifs de ces instruments me laisserait 
supposer qu'ils appartenaient tous à une même catégorie de blocs 
de dégrossissage, destinés, soit à l'exportation, soit à l'utilisation 
sur place. 

gnolles, commune de Sérifontaine (Oise), 10 p. in-8°, avec 5fig. dans le texte. [Extr , 
de l'Anthropologie, juillet-août 1891, n° 4. Paris, Ma3son,1891], 

D r Th. Baudon. — Des puits d extraction de Champignolles. Comptes rendus du 
IV e Congrès Préhistorique de France, session de Chambéry, 1908, p. 304-327. 

Horace W. Sa>dars. — On the use of dear horn pick in the mining opéra- 
tions of the ancienls. — 23 pages in-4°, avec 21 figures dans le texte, et 3 planches 
hors texte. Extr.de Archcologia, vol. LXII, Oxford, Horace Hart, 1910. 

(1) Comptes rendus du I et Congrès Préhistorique de France. — Session de Péri- 
gueux, 1905, p. 238. 



«2S? 



SÉANCE DU 25 MAI 1911 



Présidence de M. CHAPELET. 

^» Kg K^-^ 

I. — PROCÈS- VERBAL DE LA SÉANCE 






M. le Secrétaire donne lecture du Procès-verbal de la dernière 
séance [24 Avril 1911]. — Le Procès-verbal est adopté. 

A propos du Procès-verbal, diverses notes sont adressées à la 
Société par MM. A. Harmois, M. Gillet, Quilgars, Giradx, Bac- 
quié, Fiévé, J. Pages- Allary, Jacquot, Marcel Baudouin, Gué- 
bhard [Notes insérées plus loin]. 

Correspondance. 

Lettres de remerciements. — M. Numa Gillet. 

Lettres d'excuses . — M. L. Coutil, président, qui a prié un des 
vice-présidents de le suppléer. — E. Taté. 

Lettre adressée par le Président. — Lettre adressée par M. Coutil à 
M. le Ministre de l'Intérieur, pour demander qu'on respe3te le Gise- 
ment du Mont-Dol, menacé d'être exproprié pour l'établissement d'un 
cimetière. 

Lettre à M. Boxxaud, archiviste de r Académie du Var, et à la Com- 
mission des Monuments préhistoriques, pour que les arbres qui entou- 
rent le Dolmen de Draguignan soient abattus. L'Académie du Var a 
pris l'affaire en mains et s'en occupe activement. 

La Préhistoire au dehors. — M. A. Guébhard présente à la 
Société le troisième volume de la Société préhistorique Suisse, qui 
fait, autant que les précédents, honneur à son rédacteur, M. J. 
Heierli, et qui montre combien ont été bien avisés ceux qui, dès le 
début, se sont associés pour la très modeste cotisation de 5 francs, 
au succès de la Société-sœur. 

Monument indicateur d'un Puits funéraire en Corrèze. — M. E. 
Bombal envoie la photographie du petit monument — une simple 
stèle sur un cairn — repérant la position et commémorant la fouille 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 19 



290 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

du Puits funéraire du village de Bros, commune de Monceaux, près 
Argentat (Corrèze), achevée en 1910, avec une subvention de notre 
Caisse des Fouilles (1). 

Efcibliol bèque. 

La Bibliothèque de la Société a reçu les ouvrages suivants : 

Wkstropp (Th. Johnson). — Promontory Forts and similar Structures 
in the Country Kerry : Corcaguiny [The Southern S/iore) [Extr. de 
the Roy. Soc. of Ant. of Irlands, 1910, déc, 265-296, 10 fig.]. — 
Dublin, 1910, in-8°. 

D r H. Schetelig. — Vorgeschischte Norwegens (Ergebnisse der 
letzten zehn Iahre) [Ext. Mann, 1911, Bd III, H. 1/2. — Wùrzburg, 
1911, in-8°, 75 figures. 

Bulletin de la Soc. d'Hist. nat. de Loir-et-Cher. Année 1910. — [La 
station préhistorique de Maves-Pontijoie, p. 383. — Cinq genres différents 
de Sépultures gallo-romaines en Loir-et-Cher; par Florance, p. 408] . 

Aveneau DE la. Granciere. — L'industrie acheuléenne dans le cen- 
tre du Morbihan. Le Paléolithique inférieur en Bretagne- Armorique . 
[Extr. Bull. Soc. Polym. Morb., 1910]. — Vannes, 1910, in-8°, 4p., 1 pi. 
hors texte. 

Aveneau de la Granciere. — Sur les découvertes et interprétations 
récentes de Pètroglyphes ou signes gravés de F Epoque Néolithique [Extr. 
Bull. Soc. Polym. Morb., 1910]. —Vannes, 1910, in-8% 14 p., 4 fig. 

Aveneau de la Granciere. — La cachette larnaudienne de Boedic 
en Moréac(M.) [Extr. Bull. Soc. Poly. Morb., 1909].— Vannes, 1909, 
in-8°, 3 p. 

Aveneau de la Granciere. — Un fragment de poterie à décoration 
inédite provenant du Cromlech de Vile d'Er-Lanic (M.) [Extr. Bull. 
Soc. Poly. Morb., 1910]. — Vannes, 1910, in-8°, 1 fig., 6 p. 

Aveneau de la Granciere. — Découverte d'une Sépulture préhisto- 
rique à Plumelin (M.) [2 e Epoq. Fer] [Extr. Bull. Soc. Poly. Morb., 
1909]. — Vannes, 1909, in-8°, 3 p. 

V. Berthier. — Le VI e Congrès préhistorique de France. [Extr. des 
Proc. Verb. delà Soc. d'Hist. Nat. d' Autun, 1910]. — Autun, 1911, in-8°, 
8 p. 

Berthier (Victor) et Dechélette (Joseph). — Le Menhir de Saint- 
Micaud [et Station Mo ustérienne de Saint- Micaud]. — [Extr. des Proc. 
Verb. Soc. Hist. Nat. Autun, 1911]. — Autun, 1911, in-8°, 63 p., une 
pi. hors texte. 

Benêt. — Le Mont-César de Bailleul-sur-Thérain (Oise) : Oppi- 
dum gaulois et Camp romain [Fouilles exécutées en 1878; par I. Ber- 

v l) Voir BuU. Soc. Préh. France, 1911, n« 2, p. 149. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 291 

ton]. — Paris et Beauvais, 1879, in-8<\ 171 p., XII pi. lithogr. 
hors texte. Don de M. le D r Soubeiron. 

Berton (Isidore). — Le Château- Thierry, près de Clermont [Oise) 
[Fouilles exécutées de 1881 à 1884]. — Beauvais, 1884, in-8°, 16 p., 
4 lithogr. hors texte [Don de M. le D r Soubeiran] . 

AdmUsioo de nouveaux Membre». 

Sont proclamés Membres de la S. P. F, : MM. 

Foucher, fabricant d'orgues, 17-19, rue de la Vega, Paris. 

[L. Coutil. — Marcel Baudouin]. 
Viollier, conservateur du Musée national suisse, Zurich (Suisse). 

[L. Coutil. — H. MartixJ. 
Musée national suisse [Schweitzerische Landesmuseum, Zurich] (Suisse). 

[L. Coutil. — M. Baudouin]. 
Florancb (E.)., archéologue, 16, Boulevard Eugène-Riffault, Blois, 

(Loir-et-Cher). [L. Coutil. — M. Baudouin]. 

Vauriot, D. M., adjoint au Maire, Nîmes (Gard). 

[J. Bourrilly. — Marcel Baudouin], 
Larrie (J.) (L'abbé), curé, Frontenac (Gironde). 

[Gaurichon. — A. Bardiéj. 
Poilaxe (Alfred), huissier, Montrevault (Maine-et-Loire). 

[L. Coutil. — 0. Desmazières]. 
Du Chatellier (A.)., archéologue, Château de Kernuz, Pont-L'Abbé 

(Finistère). [L. Coutil. — M. Baudouin]. 

Institut géologique de Mexico, Mexico [Am. Centrale]. 

[M. GiLLET-Marcel Baudouin]. 

VIII e Congrès préhistorique de France (loi »)- 

Le Congrès préhistorique de France tiendra, en 1912, sa VIII e session 
dans la ville d'AxGOULÈME (Charente),' sous la présidence du D'Henri 
Martin, ancien Président de la Société préhistorique française. 

La Municipalité d'Angoulêrae a bien voulu voter déjà la subvention 
habituelle. 

Le Comité local va être constitué sous peu, sous la présidence de 
M. G. Chauvet, notre très érudit collègue de Ruflec. 

Présentations. 

Ph. Reygmer (Lizy-sur-Ourcq, Seine-et-Marne). — Pièces chelléen- 
nes et Haches en bronze de la Marne. 

G. Romain (Le Havre). — Les produits lithiques des chocs naturels 
sur les plages de Saint-Valéry-en-Caux et Veules-les-Roses (S.-I.). [Pré- 
sentés par M. Chapelet], 



292 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

A. Bertin (Paris). — Silex de la Manche et des Balastières du 
'urotoy {Somme). 

L. Didon (Périgueux). — Phallus en bois de Renne et Pierres gra- 
vées. 

H. Martin. — Phalange de cheval de Brassempouy travaillée. 

Communications. 

L. Giraux (Saint-Mandé, S.). — Découverte de Fours dans la Nécro- 
pole gallo-romaine d'Ocquerre (S.-et-M.). 

A. GuÉrhard (Paris, S.). — Particularité curieuse de certaines Epin- 
gles de bronze, dites à collerettes. 

Charles Matthis (Niederbronn, Alsace). — La Préhistoire de Nie- 
derbronn : Enceintes. Roches à Cupules et à Bassins [Lieux de Culte). 

A.-L. Harmois (Saint-Brieuc, Gôtes-du-Nord). — Haches plates en 
cuivre des Côtes-du-Nord. — Amphore trouvée en mer. 

G. Baqoié (Nissan, Hérault). — Grotte sépulcrale des Montagnes de 
La Clape (Aude). 

S. Poulain (Saint-Pierre-dAutils, Eure). — Villa romaine à Saint- 
Pierre-la- Garenne [Eure). 

L. Jacquot (Grenoble). — Faux mégalithes de Miribel-les- Echelles 
et de Merlaz (Isère) . 



NOTES ORIGINALES ET DISCUSSIONS. 



Discussions sur l'âge du Cuivre 
et du Bronze [Suite). 

M. J. Pages Allary (Murât). — L'allusion de M. Guébhard au 
paradoxe (1) sur l'origine du Bronze et du Cuivre m'oblige à 
relever le mot, pour soutenir mon doute par les hypothèses sui- 
vantes. 

1° Techniquement, il est très soutenable que le cuivre natif, 
comme l'or, ont été utilisés par le martelage, aussi bien au com- 
mencement qu 'à la fin du Néolithique, et, en tout cas, bien avant 
la fusion et le moulage du Bronze et du Cuivre. Car, si l'homme 
a eu assez vite une circonvolution cérébrale suffisante pour 
savoir broyer la matière, j'estime que « marteler » dérive encore 
plus directement du broyage que « polir»! Et que même,cérébra- 

(1) Bull. S. P. F., avril 1911, n° 4, page 240. 



SCCIÉTÊ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 293 

lement, cela peut presque immédiatement venir après la pierre 
éclatée du paléolithique. 

Frapper pour éclater, broyer, mâcher, marteler : tout cela 
est bien dans le niveau primitif de la technique du travail. Tan- 
dis que chauffer, fondre et mouler exigent un échelon plus élevé 
de l'évolution humaine. 

Mais, alors, en diminuant considérablement l'importance de 
l'âge du Bronze, on augmente celle du Néolithique, inséparable 
de l'âge du Cuivre, non plus seulement par la si peu différente 
cuisson des tessons de poterie de cette grande période. 

Mais c'est aussi ce qui rend partisan des hypothèses polygé- 
nistes, par différentes autres raisons que la savante donnée par 
M. Guébhard, et que je base sur la rectification de l'erreur, ou 
grave confusion, que le mot unique, et très insuffisant, de « ha- 
che », a fait commettre. 

2° En effet, je trouve étrange que l'on tienne un si grand 
compte de la forme et des dimensions d'un objet, qui avait plus 
d'emplois et d'utilisations que n'en comporte le mot unique de 
hache, dénomination fausse parce qu'insuffisante pour désigner 
le tranchet, la curette, le racloir, le burin ou ciseau, de ce « fait- 
tout » que nous appelons invariablement hache, malgré les diffé- 
rences de ses dimensions et des formes de son tranchant. 

Pas plus que les haches polies en pierre, les haches en bronze 
et en cuivre ne sont pas exclusivement des haches, ou armes, mais 
des outils, très différents d'usage, bien que d'aspect uniforme, 
suivant qu'ils doivent servir à tuer, couper, tailler, trancher, 
racler, découper, etc. etc. Il n'y a donc que des conclusions 
erronées à tirer des études de mensuration et morphologiques de 
ce que nous appelons hache, tant que nous ne serons pas fixés 
sur les dimensions, et formes des tranchants, des différents outils, 
sur lesquels nous raisonnons; comme s'ils n'en formaient qu'un 
seul : la fameuse hache incomparative, même plate et en cuivre] 

3° Mais si, par le martelage, on peut obtenir facilement de petits 
objets, de petits outils simples, pour les grands, les très grands, 
il faut bien faire intervenir, avec la difficulté du travail, la ques- 
tion technique, entraînant celle de la chronologie, d'un niveau de 
conception bien plus élevé techniquement et cérébralement. 

Il faut arriver à l'époque où l'homme a su chauffer et même 
fondre ; et, à ce moment, on est à l'évolution que nous avons con- 
venu d'appeler âge du bronze ou des métaux, avec le feu, le four, 
les creusets et les moules. C'est alors seulement que les tailleurs, 
marteleurs, et polisseurs des pierres cèdent le pas aux métallur- 
gistes. 

Et c'est de cette époque que part mon doute, très peu para- 



294 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

doxal, que l'homme a dû fort probablement connaître la fusion 
des métaux blancs, avec celle du bronze; avant celle du cuivre 
rouge, par V affinage de tout ce qui n'était pas du cuivre pur ou 
natif. 

Ici les monocentristes perdent encore des points, car, pas plus 
qu'il ne vient à l'idée d'un préhistorien de chercher un centre 
d'invention des outils désignés o haches polies », se rencon- 
trant invariablement dans tous les pays du monde, il ne doit 
nous venir la pensée qu'il y a eu un centre unique d'invention de 
ces mêmes outils, obtenus par la fusion du bronze et cuivre. Si l'on 
tient compte que chaque homme était alors forcément chauffeur- 
cuisinier et potier-céramiste, il n'y a pas lieu de penser que l'idée 
de fondre et de mouler n est venue qu'à un seul dans le temps et 
l'espace, quand alors tous savaient fondre la graisse, le miel, la 
cire, etc., dans un vase et les couler dans un autre : donc mouler. 

Bien plus difficile est de savoir, par intuition, si le cuivre natif, 
ou même le carbonate de cuivre, étaient plus abondants à la sur- 
face qu'aujourd'hui, et si, exceptionnellement, pour cette unique 
raison, le cuivre a été obtenu et fondu avant le bronze. Or, les 
plus grandes difficultés, pour obtenir, fondre et couler du cuivre, 
que du bronze plus fluide, me font opiner pour le bronze, dont 
les compositions si irrégulières, avec d'aussi étranges que varia- 
bles impuretés de composition, me donnent un argument de plus. 

Donc la découverte d'un outil de Cuivre Rouge, dit Hache, plate 
ou non, n'est pas toujours la preuve, d'une époque antérieure a 
l'âge du bronze; et il y a là une cause d'erreur chronologique, 
contre laquelle il faut mettre la Préhistoire en garde. Même en 
admettant que le métal natif, utilisé comme pierre non taillable, 
mais martelable est bien plus ancien que le métal rouge, utilisé 
comme matière fusible, en différents centres suivant le lieu, la 
race, et son évolution. Car il a fallu les grands progrès de l'art 
du feu, et la connaissance de gisements importants de minerais, 
facilement réductibles, pour fondre le bronze, et surtout mouler 
le Cuivre à la fin du Néolithique. 

Logiquement et techniquement, si nous faisons partir le vérita- 
ble âge des métaux de l'époque de leur fusion, il est très probable, 
pour ne pas dire certain, que le Bronze a dû être moulé et utilisé 
avant le cuivre d'affinage. 

Il est donc très important, quand la rare stratigraphie est pos- 
sible, d'observer si une pièce en cuivre a été martelée ou moulée 
et martelée, avec ou sans trace de fusion. Dans le premier cas, 
j'accepte la priorité du cuivre sur le bronze; dans le cas de la 
fusion, je suis plus porté en faveur du bronze, plus fusible, plus 
dur, plus moulable et utilisable que le cuivre pur. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 295 

Le stimulant de la curiosité et du petit secret de fabrication, 
vibrant dans l'espace comme la télégraphie sans fil, autant que le 
besoin (Coutils et Y abondance des minerais, ressemblant l'or, 
donc bien reconnaissables, sont, autant que l'évolution cérébrale, 
des probabilités que les chauffeurs primitifs (cuisiniers ou po- 
tiers) ont dû vile, souvent et facilement remarquer, que le feu et 
le charbon de bois faisaient, avec ou sans fondant, fondre ou per- 
ler le métal de la pierre, pleurant, coulant dans les cendres du 
foyer. Les inventions, non légendaires, mais pratiques, du verre 
cassant et du métal résistant, ont la même origine, due aux ca- 
prices du hasard, sous les yeux observateurs des curieux, arrivés 
à une circonvolution cérébrale suffisante. 

M. A. Guébhard tient a spécifier que ses remarques, faites à la 
fin de la discussion sur le Cuivre, ne visaient pas uniquement la 
théorie de M. Déchelette, mais toute la discussion, et spéciale- 
ment certains arguments émis, au sujet desquels il n'a pas paru 
de notes au Bulletin. 



Discussion sur la Chronologie préhistorique 

M. Ch. Cotte Pertuis, Vaucluse). — M. le D r Raymond m'a con- 
sacré deux notes Revue préhistorique), au sujet de la communica- 
tion que j'ai faite, en novembre dernier, à la Société préhistorique 
Française. Je vais répondre brièvement. 

Pour lui, le tait de prendre date à une Société importe peu ; tout 
frelon scientifique ce terme ne s'applique pas, bien entendu, à M. le 
D r Raymond est libre d'écouter ce qui est dit en séance, de vite 
publier dans une Revue peu encombrée ce qu'il vient d'apprendre, 
et de réclamer la priorité envers le premier auteur. En vertu de ce 
principe, M. le D r Raymond doit revendiquer la priorité de la publi- 
cation de la présence de l'étain dans certains poinçons losangiques. 
Dans le numéro de sa Revue où il signale la chose, il critique, il est 
vrai, un article où j'ai fait une allusion suffisante à cet alliage; mais la 
communication faite à un Congrès et actuellement imprimée, dans 
laquelle je prenais date précise, n'est pas encore en librairie. Cet 
exemple prouve combien je suis docile aux leçons du Maître ! 

Mais, élève respectueux, je suis confus, sur un autre point, de ne 
pouvoir saisir la différence sérieuse qu'il y a entre la pointe de flèche 
de Reillanne et celle de la grotte du Castellaras, dessinée aumilieude 
la figure publiée par M. le D r Raymond. Celui-ci mepersifle en l'espè- 
ce et profite pour me reprocher la coquille typographique trouvée par 
lui dans un de mes articles paru il y a six ans. S'il le désire, je lui 



296 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

en signalerai de plus récentes dans mes propres travaux ; mais je 
jugerais peu digne de relever celles qui émaillent sa Revue. 

Au sujet des vases en pierre ollaire, je n'ai commis aucune inexac- 
titude, en disant que les collaborateurs de M. Raymond les ont trou- 
vés, en Provence, puisque les expressions mêmes de mon alinéa 
montrent que j'y avais en vue les seules découvertes provençales. Si 
M. Fournier, dont j'ignorais la note, lorsque j'ai écrit mon article,^ 
« complété la bibliographie de M. le D r Raymond », cela ne prouve 
pas que celle-ci fut parfaite. 

Simple question : Pourquoi mettre sous le titre « à propos de la 
poterie de l'âge du bronze en pierre ollaire », la mention d'une trou- 
vaille de vase de ce type dans une ville romaine ? L'insuffisance de 
détails permet aux lecteurs de croire qu'il s'agit d'une pièce trouvée 
dans une couche de l'âge du bronze : ce qui n'est pas ! 



Discussion sur les haches polies dans In Tradi- 
tion populaire (Suite). 

M. H. Quilgars (Evreux). — La croyance populaire aux vertus 
magiques de certains objets préhistoriques est demeurée très vi- 
vace dans le pays de Guéran de (Loire-Inférieure). Certaines familles 
de la commune de Saint-Lyphard conservent encore des grains de 
colliers, trouvés en détruisant des sépultures néolithiques, et croient 
que leur possession garantit de tous les maux. 

Mais ce sont principalement les haches de pierre, qui passent pour 
posséder des vertus surnaturelles. Dans les communes de Saint-Ly- 
phard, de Saint- André et de Guérande, elles sont connues sous le nom 
de pierres à tonnerre, et passent pour préserver de la foudre les mai- 
sons où elles sont conservées. Elles proviennent, croit-on, du ciel, et 
tombent sur la terre pendant les orages, lancées par les éclairs. En 
1899, nous avons acquis un celtde diorite, qui venait d'être découvert 
englobé dans les fondations d'une maison du xv e siècle, au village de 
Penneloc, en la commune de Saint-Lyphard. Ce celt appartient au 
type des haches à bouton, communes dans la région nantaise du sud 
de la Loire. C'est le seul spécimen de ce type découvert dans le pays 
de Guérande : ce qui fait croire que son possesseur le conservait 
comme un objet précieux, apporté à ce titre des environs de Nantes, 
et qui peut-être avait passé dans plusieurs familles, avant d'être en- 
foui dans le mur de la maison de Penneloc. 

Dans les communes de Piriac et de la Turballe, on nomme les 
celts pierres de contre-vrin; et on y attache une autre propriété : celle 
de guérir les vaches malades. A cet effet, on les enduit de graisse, et 
l'on frictionne avec eux l'endroit malade. Ce remède est si efficace 






SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 297 

que nous n'avons pu décider plusieurs personnes à se séparer de ces 
pierres douées de tant de pouvoir, même pour un prix élevé : on veut 
bien les prêter, mais non les vendre; la pierre vendue perd, du reste, 
toutes ses vertus. 



Phallus en bois de Renne et Pierres gravées 
de l'époque Aurigoacienne. 

[Prise de date\ 

M. L. Didox (Périgueux\ — Dans les touilles que je viens de faire 
dans la station aurignacienne de Castelmerle (D.), j'ai trouvé, fin 
mai 1910, unphallus en bois de renne. J'y ai trouvé également, vers la 
même époque, trois pièces gravées, représentant des Pudendum mu- 
liebri. Ces objets seront du reste décrits dans le travail que je publie- 
rai prochainement sur cette fouille remarquable, riche en « inédit ». 

M. le D r M. Baudouin fait remarquer que M. A. de Mortillet a 
publié jadis un intéressant article surdes pièces, sinon analogues (1), 
du moins ayant trait à des phallus et à des vulves et paléolithiques 
supérieures. 



Fouilles d'une Grotte sépulcrale 
dans les montagnes de L.a Clape Aude. 

[Prise de Date] . 

M. Georges Baquié Nissan, Hérault . — En 1903, j'ai étudié, pour 
la première fois, la Grotte du « Trou des Morts », située dans le mas- 
sif rocheux de La Clape. Ainsi qu'en 1905 et 1907, la richesse en os- 
sements n'a fait que s'accuser de plus en plus. Décidé à faire une 
fouille complète de cette sépulture, que personne avant moi n'avait 
fouillée, je l'ai entreprise en 1910, et, après de rudes travaux, j'ai 
réuni une nombreuse série d'ossements humains et des objets de 
l'industrie de l'homme. 

Les comptes-rendus et résultats des fouilles seront publiés ici- 
même ultérieurement. 

(1) Bull Soc. Préhist. de France, Paris, 1906, p. 431 (3 figures). 



298 



SOCIETE PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



Exploration d'une Villa agraria romaine, située 
a. Saint-Pierre la Garenno (Eure). 

PAR 

Georges POULAIN (de Saint-Pierre-dAutils, Eure). 

[Prise de date]. 

Dans le courant de l'année 1910, j'ai exploré (1) complètement les 
restes d'une villa agraria romaine des m e et iv e siècles, situés à la 
limite des communes de Saint-Pierre-la-Garenne et de Saint-Pierre- 
de-Cailleul, canton de Gaillon (Eure). L'endroit où s'élevait cette 
antique habitation, est à environ 120 mètres d'altitude, sur le pla- 
teau dominant la vallée de la Seine, au lieu dit les « Quatorze- Acres ». 

Le chemin, dit de Tourneville à la Plesse, passe à 73 mètres de là. 
Les substructions mises au jour présentaient un corps de bâtiment 
de 27 m 50 de long sur 18 m 40 de large. L'aile nord-ouest, seule habitée, 
se composait de trois pièces, dont deux chauffées par un hypocauste 
et pavées de mosaïque ; l'autre extrémité était occupée par une grange 
spacieuse, ou local servant à l'exploitation agricole. 

J'ai recueilli, dans ces fouilles, outre des fragments de mosaïque, 
des morceaux de poterie de toutes sortes : doliums, ollœ, jarres, tré- 
pieds et vases samiens. Parmi ceux-ci, j'ai ramassé la marque du 
potier satto, qui figure au Musée d'antiquités de Rouen. Des frag- 
ments de cette poterie de Samos portaient des raies parallèles dans 
le sens transversal avec stries disposées en arêtes de poisson. Cette 
facture est d'importation germanique et ne se rencontre que dans le 
nord de la Gaule, traversée par les invasions. Quatre petits bronzes 
ont aussi été recueillis : un à l'effigie de Tétricus (268-273) ; un au- 
tre à celle de Gratien (359-383), les deux autres étant frustes et illi- 
sibles. La présence parmi les déblais de deux bords de vases caré- 
nés à faciès franc et d'un fauchard, d'origine également franque, 
montre que cette villa fut occupée à la fin du iv e siècle par des hor- 
des germaniques. C'est du reste à la fin de ce siècle, époque des 
grandes invasions, que furent détruites un grand nombre de localités 
du littoral de la Seine . 



(1) J'ai pu mener à bien cet important travail, grâce à l'aide pécuniaire demor 
éminent collègue et ami, M. Henri Gadeau de Kerville. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



299 



Iv« Hache plate en Cuivre en Maine-et-Loire. 

Prise de date]. 

M. le D r Fiévé (de Jallais, Maine-et-Loire). — J'adresse à la So- 
ciété Préhistorique Française le décalque de trois Haches, extrême- 




Hg. i. 



Une hache à bords relevés et deux haches plates de Maine-et-Loire, 
tion du D r Fiévé (de Jallais). 



ment plates, de ma collection. — Elles proviennent de Maine-et- 
Loire : 1" Lit de la Maine, Angers; 2° La Poitevinière (La Volerie) ; 
3° La Poitevinière (Le Plessis). 

On remarquera que les deux haches plates, viennent de la même 
commune, qui est très rapprochée de la Haute Vendée et assez voi- 
sine de celle où a été trouvée la Hache plate et la flèche en cuivre, 
décrites par M. Charbonneau-Lassay. Ces haches seront décrites 
ultérieurement par M. le D r Marcel Baudouin. 



l.a Hache plate en cuivre dans le département 

des Côtes-du-.\ r oi'd. 

Par M. 

A. L. HARMOIS (de Saint-Brieuc). 

Nous connaissons, dans l'arrondissement de Saint-Brieuc, plu- 
sieurs haches plates, en cuivre. 

En voici la description et le lieu de la découverte. 

A. Le Musée de Saint-Brieuc en possède deux : 1° Une ayant m 088 
de longueur; m 032 de largeur à la crosse (carrée); et m 046 au tran- 
chant qui est arcqué. Elle est en cuivre rouge ; l'étiquette est rongée 



300 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

à l'endroit portant le nom de la commune du département; 2° Une de 
m 087 de longueur ; m 020 de largeur à la crosse (carrée) ; et m 045 
au tranchant qui est arcqué. Cuivre rouge. Etiquette rongée. Prove- 
nance certaine du département. 

B. Dans les autres collections, il y en a : 3° Une de m 115 de lon- 
gueur ; m 033 de largeur à la crosse (carrée); et m 060 au tranchant 
qui est arcqué. Cuivre rouge. Trouvée à Cesson-Saint-Brieuc, en 
1910 [Collection Harmois] ; 4° Une de m 055 de longueur; m 068 de 
largeur à la crosse (ronde) ; et m 032 au tranchant qui est arcqué. 
Poids 35 grammes. Cuivre jaune. Trouvée au lieu dit Cognet, com- 
mune du Gouray, en 1897 [Collection de M. Collen, à Collinée]. 
5" Une de m 057 de longueur; m 030 de largeur à la crosse (carrée); 
et de m 048 au tranchant qui est carré à angles ronds. Poids 105 gram- 
mes. Cuivre rouge. Trouvée au lieu dit la Rochette, commune de 
Langourla [Collection de M. Collen, à Collinée]. 



Découverte de Fours dans la IVécropole 
gallo-romaine d'Ocquerre (Seine-et-Marne). 

[Prise de datê\, 

M. L. Giraux (Saint-Mandé, S.). — Pendant le cours des fouilles, 
que nous avons faites au mois de mars dernier, avec M. Ph. 
Reynier, dans la Nécropole gallo-romaine d'Ocquerre, nous avons 
découvert plusieurs Fours, qui nous ont paru fort intéressants. 

Le premier de ces fours est très grand; il est à peu près circulaire; 
et, à l'intérieur, il mesure 2 mètres de diamètre; sa hauteur est de 
l m 10; l'épaisseur de la construction était d'environ m 25 et elle était 
formée de blocs de calcaire; les interstices existants entre ces blocs 
avaient été comblés par du loess argileux. La partie supérieure du 
four était également constituée par des blocs du mèm?, calcaire. 
L'ouverture était orientée au nord-nord-est et elle était formée par 
six blocs de grès, trois de chaque côté, qui étaient grossièrement 
équarris. Un bloc de grès, de un mètre de longueur, reposant sur 
ces deux côtés de l'ouverture, en formait la partie supérieure, 
comme un véritable linteau. 

Ce qui rend ce four particulièrement intéressant, c'est que les 
blocs entrant dans sa construction étaient recouverts d'une véritable 
vitrification, ayant, en certains endroits, m 002 ou m 003 d'épaisseur. 
La température nécessaire pour obtenir une semblable vitrification 
devait être au moins de 1600 degrés. Nous n'avons absolument rien 
trouvé dans l'intérieur de ce four. 

La largeur de l'ouverture (0 ffl 60), la hauteur de cette ouverture 
(0 m 75) et la dimension intérieure (2 mètres), nous permettent de 
croire que cette construction était un Four à Incinération. Un four 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 301 

de verrier aurait nécessité une chaleur semblable à celle à laquelle 
ce tour a été soumis; dans ce cas, nous aurions du trouver soit dans 
le four, soit dans ses environs immédiats, des creusets ou des débris 
de creusets ; mais nous n'avons fait aucune récolte de ce genre. De 
plus, aucun fragment de verre n'a été recueilli pendant tout le cours 
de nos fouilles. 

La seconde trouvaille consiste en deux fours superposés. Celui quj 
était à la partie supérieure est de forme absolument ronde ; son dia- 
mètre intérieur est de l m 20; la distance de la solle à la partie supé- 
rieure est de 0"45. Il était construit au moyen de tuiles plates ayant 
une épaisseur de m 02 centimètres environ. L'épaisseur de la cons- 
truction était de m 20 à m 25 centimètres. La solle était formée de 
gros carreaux, et elle avait une épaisseur de m 20. Plusieurs vases 
brisés se trouvaient dans ce four. En démolissant, pour en 
connaître l'épaisseur, nous avons, au-dessous, trouvé de nombreux 
fragments de vases qui en formaient pour ainsi dire l'assise. Nous 
eûmes l'idée de continuer à fouiller, et nous avons toujours trouvé 
de nombreux débris de poteries ; nous sommes alors arrivé sur une 
nouvelle solle. Nous avons dégagé le tout et nous avons reconnu un 
autre four construit d'une façon tout à fait différente. On avait fait un 
trou profond dans le sol et il avait été arrondi ; les parois et le fond 
de ce trou avaient été tapissés d'une couche de terre argileuse, que 
nous avons retrouvée bien en place et entièrement cuite, ayant une 
épaisseur deO m 20 environ. La distance entre la solle de ce four et le 
dessous de celle du four supérieure était de U, 40. 

De cette trouvaille, nous avons déduit que le four inférieur était 
gaulois, et que le four supérieur était romain. Les Romains s'étaient 
simplement contentés de remplir de débris de poteries le four gau- 
lois, et ils avaient construit le nouveau four tout simplement sur le 
premier. 

Nous ferons remarquer que ces deux fours superposés se trou- 
vaient près d'une habitation, tandis que le premier four décrit exis- 
tait à une certaine distance et était placé dans la partie du champ 
dans laquelle nous avons rencontré et fouillé de nombreuses fosses 
à sépulture par incinération. 

Des indications plus complètes, des dessins et plans de ces fours 
seront exposés dans un travail qui sera publié sur cette Nécropole 
gallo-romaine. 



302 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

La Tortue en Préhistoire. 

M. Jacquot (Grenoble). — Lela Dagdouda, Litt. la dame qui fait 

dag dag. Par analogie, en argot algérien, faire dag dag, c'est 

commencer l'acte de chair, se frotter l'un à l'autre. Voici d'où vient 
le mot. Lorsqu'arrive le temps des amours, les mâles invitent les 
femelles à la reproduction, en les frôlant de leur carapace. Le bruit, 
produit par ces chocs répétés et de plus en plus rapide, imite assez 
bien la consonnance du mot dag dag. C'est donc une onomotapée. 
La viande de Tortue est qualifiée impure. 

M. Marcel Baudouin. — Nos amis MM. F. Mazauric et G. Min- 
gaud (1) ont trouvé dans les Grottes de Meyrannes (Gard) [Néoli- 
thique et Bronze], une carapace de Tortue [Cistudo Europea) qui a, 
peut-être, disent-ils, servi d'écuelle. 

M. Morin Jean a décrit (2) des fibules gallo-romaines, qui ont une 
tête stylisée semblant appartenir à une tortue ; il a ajouté que l'arc, 
large et émaillé, rappelle la carapace écailleuse des Chéloniens. 

Présentation d'une première Phalange de 
Cheval avec mutilations diverses. 

[Prise de date.] 

M. le D r Henri Martin (de Paris) présente une pièce, commu- 
niquée par MM. Dubalen et de Paniagua (Fouilles deBrassem- 
pouy, Aurignacien inférieur). — C'est une première phalange de 
cheval. La phalange présente des entailles de chocs siliceux ou de 
compression, des marques de désarticulation, des sillons circu- 
laires, et des coups de dents. — La description de la pièce et les 
figures paraîtront dans un des Bulletins prochains. 

Station préhistorique de Garches (Seïne-et-Oise). 

M. M. Gillet. — Dans sa note du Bulletin n° 4 (avril dernier), 
relative à la découverte d'une station préhistorique à Garches 
(Seine-et-Oise), un lapsus calami lui a fait écrire Moustérien, au 
lieu tfAcheuléen. 

C'est bien effectivement en présence d'une industrie Acheu- 
léenne ou intermédiaire, que l'on se trouve à Garches, puisque, 
durant la période Moustérienne, l'eau recouvrait le Bassin pari- 



(1) Bull. Soc. Se. Nat. Nîmes, 1904. 

(2) Congrès préhistorique de Tours, 1910, Paris, 1911 [Voir p. 823; fig. 30]. 

(3) Elle paraîtra ultérieurement. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 303 

Discussion sur les Lignées de pierres. 

M. L. Giraux. — A propos de la communication de M. Vau- 
villé sur les Alignements de Cuisy-en-Amont (3), M. L-. Giraux in- 
dique que des Alignements du même genre existent au Château 
de Pinon (Aisne), et qu'ils ont été signalés en 1864 par M. Pei- 
gné-Delacour, dans un mémoire lu à l'Académie des Inscriptions 
et Belles Lettres, et intitulé « Notice sur divers Monuments de 
T époque celtique dans le département de l'Aisne ». 



L.e Mot Cro en Préhistoire. 

M. A. Bertix (Paris). — M. Florentin Lefils, auteur d'une Histoire 
de la ville du Crotoy et de son château, dit ceci : « Les Celtes appe- 
laient Crot un banc de sable, formant abri. Il y avait un crot, à l'em- 
bouchure de la Seine, près de la pointe du Hoc: il y avait un crot à 
l'embouchure de la Somme, près du hoc de la Naye. Dans la Seine, 
c'est Crétin, dans la Somme, c'est Crotoy ». 

Sur le littoral du Marquenterre, encore aujourd'hui, un Crot est 
une butte de sable, un banc affranchi des eaux et exhaussé par l'ap- 
port des vents Par extension les gens du pays ont donné ce nom de 
crot ou croz aux dunes et à toutes les éminences de sable un peu 
élevées. 

D'un autre côté, le D r Pratbernon dit que croz ou crot vient du 
celtique [cro, boue ou croosum, crotum, creux, ravin, fossé, lagune, 
mare; d'où vient le mot encroter. Or, près du crot où fut édifié Le 
Crotoy. il y avait un terrain d'alluvions gras, un sol de boue, formé 
de ravins comme sont toutes les mollières. Sur plusieurs cartes 
anciennes, Le Crotoy est écrit : Créta, en 663; Crotéïum, 1237; Cro- 
tolium. 1258; Courtoy, 1346 ; et Crottoy, 1421. 

M. Jacquot. — J'ai déjà indiqué Xspx; comme ayant pu former 
Queyras, région des Hautes-Alpes particulièrement rocheuse. Kal, 
pierre. Est-ce que par hasard le nom arabe de Djebel Lelchal (monta- 
gne noire) sur Youed-K'ton probable rivière de la forteresse) se serait 
superposé à l'ancienne appellation celtique kal, signifiant pierre, 
rocher? Le dj', le K'hal, est, en effet, un chaos de rochers; et pour 
y grimper par l'Est, il ne faut pas craindre les cals aux mains. 



304 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Amphores romaines trouvées dans la Mer. 

[Prise de date]. 

M. Harmois (Saint-Brieuc) adresse la photographie d'une amphore 
romaine, trouvée à Cessan (Côtes-du-Nord). Elle a m 890 de hauteur. 
Elle est en parfait état de conservation. Elle a été recueillie au fond de 
la mer et ramenée dans le filet d'un pécheur. Sa surface est recou- 
verte de dépôts intéressants ; au niveau du col se voient des tuhes 
de Serpulesy très reconnaissables. 

M. Bossavy (Versailles) fait remarquer, à ce propos, que des am- 
phores analogues ont été trouvées en assez grand nombre sur le lit- 
toral provençal, notamment dans la rade d'Hyères, et jadis déposées 
dans les Musées d'Hyères et de Porquerolles [celui-ci constitué par 
l'abbé Olivier, aumônier militaire] . 



Note sur une découverte de Sépulture» 

gallo-romaines à Pacy-sur-Eure (E.) (1). 

PAR 

H. BARBIER (de Pacy-sur-Eure, E.), 

Pharmacien. 

Le 3 mars dernier, des terrassiers travaillant à extraire de la terre, 
pour les fondations d'une maison en construction, rue de Gaillon, 
dans la partie élevée de la ville, furent étonnés de trouver, à environ 
m 70 à m 80 de profondeur, des ossements, appartenant à deux sque- 
lettes, dont l'un avait la tête tournée vers le nord, paraît-il. 

Ces squelettes, n'auraient fait qu'intriguer les ouvriers déjà ache- 
minés sur la pente facile de la probabilité d'un crime ancien non 
découvert, s'ils n'avaient été accompagnés de quelques pièces, qui me 
furent heureusement remises. 

Ces pièces se composent de deux poteries et d'objets en fer. 

La première poterie, à peu près intacte, est un vase noir, d'envi- 
ron m ll de haut, à pied bas et étroit, à panse décorée sur son pour- 
tour de cinq enfoncements ronds dans la pâte, et à col haut. Cette 
poterie, caractéristique des sépultures à inhumation du iv e siècle, 
constitue par sa configuration un acheminement vers les formes bar- 
bares de l'époque franque. Aucune monnaie n'ayant été trouvée dans 
les fouilles, je ne puis préciser à quelle date du iv e siècle ces sépul- 
tures à inhumation ont été faites; mais je suppose que c'est vers la 
seconde moitié. 

(1) Séance de mars 1911. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 305 

La deuxième poterie est incomplète et se compose de trois mor- 
ceaux que j'ai recollés, et qui forment ainsi les trois quarts d'un bol, 
à bords obliques, en poterie samienne. La pâte est lisse et sans dé- 
cors; mais, dans le fond interne de l'objet, a été estampillée la marque 
du potier. Malheureusement, faute du morceau manquant, cette 
marque est presque indéchiffrable; tout au plus peut-on penser 
qu'elle se termine par les lettres D I V, l'S final du nom n'ayant 
peut-être pas marqué, à cause que le cachet aura été plus enfoncé sur 
la gauche que sur la droite. 

Quant aux objets en fer, un moment pris par les ouvriers pour des 
sabres ou des poignards et ensuite brisés en pièces, ils ne me furent 
remis qu'en morceaux. Après les avoir à peu près reconstitués, je 
n'eus pas de peine à reconnaître les ferrures des cercueils en bois, 
dans lesquels furent inhumés les cadavres. Des traces de bois se 
reconnaissent encore à certains endroits de ces pièces, aujour- 
d'hui complètement passées à l'état de rouille. 

Telle est cette découverte, qui me parait avoir une certaine impor- 
tance historique, tant au point de vue purement local qu'à celui de la 
distribution de la civilisation gallo-romaine dans le département de 
l'Eure. 

Il reste à souhaiter que les hasards de constructions nouvelles ou 
de causes analogues provoquant des remaniements de terrain nous 
fassent peu à peu connaître la direction, la superficie et la richesse 
du Cimetière gallo-romain, caché sous cette partie de la Ville, et nous 
permettent d'en tirer, au profit de l'histoire de notre pays, des ensei- 
gnements plus complets. 



Gravure sur la paroi d'une ancienne Habitation, 

taillée dans le roc, 

au pied du Coteau d'Ecornebœuf, 

près Périgueux (Dordogne). 

PAR 

Ch. AUBLANT (Périgueux, D.). 

Aux portes de Périgueux, et plongeant leurs pieds rocheux dans 
la rivière, l'Isle, se trouvent deux coteaux très escarpés : Ecorne- 
bœuf et La Boissière. 

On rencontre, sur ces deux coteaux, visités lors du premier Con- 
grès préhistorique, tenu à Périgueux en 1905, de très anciennes traces 
de l'occupation humaine. 

Le premier, Ecornebœuf, possède une station de l'époque néoli- 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 20 



306 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

thique, aujourd'hui à peu près épuisée, qui a donné de nombreux ob- 
jets, dont un certain nombre sont dispersés, soit au Musée du Péri- 
gord, soit dans plusieurs Collections particulières périgourdines. Les 
traces de l'époque du Bronze y ont été également relevées. 

Le second de ces deux coteaux, La Boissière, a été occupé par les 
légions romaines. On y voit encore, en parfait état, les levées de 
terre faites, par les conquérants de la Gaule, pour se retrancher du 
côté des points faibles et limiter leur Camp. 

Ce vaste emplacement et ses environs ont donné quelques armes 
et de nombreuses poteries : vases de toutes dimensions, amphores, 
« dolia », etc.. On le désigne sous le nom de « Camp de César ». 

La tradition du pays rapporte que c'est sur Ecornebœuf qu'était 
l'Oppidum, où se réfugièrent les habitants de la cité gauloise, alors 
que, sur La Boissière, campaient les soldats romains. 

Ces deux coteaux ne sont séparés que par un étroit et profond val- 
lonnet appelé : Vallon de Campniac. 

C'est dans ce vallon, en face d'Ecornebœuf, sur le flanc du coteau 
de La Boissière, que s'ouvre l'intéressante Grotte sépulcrale, dite de 
Campniac, qui a donné un mobilier nettement néolithique, avec plu- 
sieurs modes de sépulture. 

Au bas d'Ecornebœuf, entre le rocher et la rivière, où devait 
exister anciennement un petit sentier, une simple piste a été cons- 
truit ; plus tard, chemin carrossable pris, en certains endroits, 
mi-partie sur la rivière, mi-partie dans le roc. L'établissement de 
ce chemin fit disparaître, presque totalement, d'antiques Habitations 
taillées dans les parties les moins dures de la falaise : habitations, à en 
juger par ce qu'il en reste, semblables à celles que l'on rencontre 
fréquemment en Périgord, notamment dans la région sarladaise, et 
couramment nommées « Demeures des Troglodytes ». 

Or, l'été dernier, en suivant, pour la centième fois peut-être, ce 
chemin, qui est une charmante et fraîche promenade, mes yeux tom- 
bèrent, par hasard, sur un petit ensemble de traits, profondément 
gravés au milieu d'une sorte de trumeau, servant de séparation à 
deux niches dans une de ces antiques demeures. J'examinai attenti- 
vement ce dessin et crus reconnaître, dans ces quelques traits, une 
tête de Cervidé, avec ses bois et andouillers, exécutée là par un des 
habitants de ce repaire. Je retournai, le lendemain, muni de mon 
appareil photographique, revoir ma découverte et persistai, de plus 
en plus, dans ma première manière de voir. J'en pris alors la photo- 
graphie, que je soumets, aujourd'hui, à l'appréciation éclairée de, 
mes collègues. 

La gravure, ainsi que le montre très bien la photo, est placée sur 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 307 

une face du rocher, taillée, aplanie, pour les besoins de l'habitation, 
et, par conséquent, postérieure à celle-ci. 

Le graveur primitif a-t-il voulu orner sa demeure, en représentant 
la tète de l'un des animaux qu'il chassait quotidiennement dans les 
forêts des environs ? Ou a-t-il obéi à d'autres pensées ? 

A quelle époque furent taillées ces sortes de demeures, qui ont été 
fréquentées en Périgord, parfois, jusqu'à nos jours ? Et, conséquem- 
ment, à quelle époque fut exécutée cette gravure ? 

Je laisse à de plus savants le soin de prononcer en dernier ressort. 

Quant à moi, étant donné le lieu où je l'ai découverte et son voi- 
sinage, que j'ai essayé de décrire plus haut, je ne serais pas éloigné 
de la croire, sinon de l'époque gauloise, tout au moins du très haut 
moyen âge. 

L'orientation de ce côté du coteau où se trouve la gravure est 
franchement Nord. 

M. M. Baudouin. — La découverte de notre collègue, M. Aublant, 
est à noter ; mais il est bien difficile de se prononcer sur cette gra- 
vure, sans l'avoir vue, malgré l'excellente photographie envoyée. 

En matière de « Gravures sur roches », pour discuter, il faut, au 
moins, des positifs stéréoscopiques, bien pris. — En ce qui concerne 
les « Demeures des Troglodytes », j'incline à croire, moi aussi, que 
certaines de ces habitations peuvent être pré romaines. Il y a là un 
vaste sujet de recherches, que personne n'a eu encore le courage 
d'aborder. — Pourtant nos souterrains de l'Ouest indiquent plutôt le 
début du Moyen Age ! 

Que de choses à étudier encore ? 



Note sur la Montagne de Cordes (1), 
près Fontvieille I Boucbe-d u-Rhône) . 



F. MAZAURIG (Nîmes) et J. BOURRILLY 
(Marguerittes, G.). 

Sans vouloir anticiper sur une étude plus développée, en prépa- 
ration, nous insisterons seulement, dans la présente note, sur deux 
faits, qui nous ont frappé dans une récente visite aux remarquables 
Monuments mégalithiques de cette région. Comme cette station sera 
comprise dans le programme des Excursions du prochain Congrès 
Préhistorique, nos collègues pourront, de visu, se rendre compte de 
l'importance des faits nouveaux, que nous exposons ici. 

(1) Gazalis de Fondouce. — Les Allées couvertes de Provence. — Ment. Acad. 
Se. Lettres de Montpellier, 2 vol., 1876-78. 



308 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Nous signalerons, d'abord, que le Mur d'enceinte, — qui défend la 
colline sur le seul versant facilement abordable (versant S.), et qui a 
toujours été donné comme relativement moderne (1), — est, en réa- 
lité, édifié sur des bases anciennes, parfaitement apparentes sur cer- 
tains points, et de type nettement cyclopéen. Il n'a été que, bien plus 
tard, peut-être au Moyen âge, relevé, consolidé, et recouvert d'une 
chape de mortier. Nous avons trouvé dans ses décombres des frag- 
ments de poterie, à glaçure noire, de type Italo-Grec. 

En arrière de ce mur s'étendaient une Terrasse, puis les Cabanes. 
Nous avons recueilli là de nombreux tessons de poterie gauloise 
(amphores, poterie fine à pâte grise et engobe noir, tessons de vases 
carénés, poterie à glaçure noire), et peut-être de poterie néolithique, 
des objets de bronze (belle pointe de lance à douille, avec tête de 
rivet, anneaux plats...), des galets de quartzite, dont quelques-uns à 
facettes naturelles (pierres de jet?), et des variolites (l'une polie et 
appointée). 



Nous avons découvert, à l'est de 
l'Allée couverte, dite Grotte des Fées, 
et dans la partie de la colline à peu 
près correspondante au fond de la 
grotte, un énorme bloc de molasse, de 
7 m 60 de long sur 4 mètres de large et 
O^ôO d'épaisseur, environ, gisant sur 
le sol, et fendu en plusieurs fractions 
contiguës (voir Fig. 1 ci -jointe). Les 
fentes ont été aggrandies par les agents 
atmosphériques. La rupture de ce 
bloc, qui paraît reposer sur la terre vé- 
gétale, et non sur son lit naturel, ne 
peut être attribuée qu'à deux causes : 
soit à sa chute en avant, s'il était dres - 
se ; soit à un éclatement pendant le 
charriage (par porte-à-laux sur le sol 

ou heurt quelconque). La première hypothèse nous paraît bien plus 

vraisemblable. 

En outre, ce bloc est retaillé (2), échancré intentionnellement à 

sa partie supérieure, et présente une forme générale, rappelant d'une 




Fig.\.— Le Bloc de Cordes, à bords 
tai'lés, situé près de l'Hypogée. 



(1) Anibert. — Dissertation topographique et historique sur la Montagne de Cordes 
et ses monuments, Arles, 1779. — Gazalis de Fondouce {Op. laud., I., p. 7.) — 
Tous les auteurs n'ont fait ensuite que reproduire, sans vérifier les assertions de 
ce dernier ouvrage, fort remarquable du reste, et qui demeure la seule étude de 
fond, complète, sur les Monuments de Cordes et du Castellet. 

(2) Les côtés sont bien parallèles. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 3Ô9 

façon frappante celle de certaines stèles funéraires et de certains 
menhirs. La partie supérieure de la face libre est légèrement creusée, 
pour dégager ce qui semble représenter la « tête » ; cette dépression 
est visible sur une de nos photographies, représentant le bloc de 
profil. Ce bloc couché est orienté actuellement à peu près E.-O. : ce 
qui supposerait (si notre première hypothèse se vérifiait) qu'il est 
tombé sur sa face primitivement tournée au couchant, c'est-à-dire 
vers l'entrée de la grotte funéraire. 

A côté, on remarque un autre bloc, de moindres dimensions, repo- 
sant encore sur son lit de carrière, dont il est pour ainsi dire décollé, 
la couche marneuse ayant été soigneusement enlevée sous lui, sauf 
en un point. — Etait-ce là une Dalle préparée pour la couverture d'une 
Grotte artificielle? Nous ne saurions l'affirmer. 

En tout cas, nous saisissons là le procédé primitif de préparation 
de ces énormes dalles de couverture. 

M. Marcel Baudouin. — Je crois qu'il est indispensable de bien 
distinguer, au point de vue Monuments d'ordre funéraire, les Méga- 
lithes vrais des monuments, ajuste titre si célèbres, de la Montagne 
de Cordes. — Pour moi, Mégalithe veut dire : Construction édifiée, 
sur le sol, avec de grosses pierres brutes, non taillées. Or, à Cordes, 
malgré l'emploi du terme Allée couverte (Cazalis de Fondouce), il 
ne peut être question d'un tel Mégalithe. 

En effet, il s'agit là d'une Cavité, creusée a ciel ouvert, dans la 
roche du sous-sol, tout comme pour les Grottes artificielles, creusées 
en tunnel, de la Marne, bien connues depuis les recherches de M. le 
baron de Baye. Mais le creusement n'a pas eu lieu d'avant en arrièreet 
en /un/ie/, comme à Villevenard, par exemple. Il a été exécuté, dehauten 
bas, en partant du sol même, en tranchée et à Pair libre, comme pour 
certaines parties des Souterrains-refuges. lia doncfallu, pour voûter 
le monument, y apporter des dalles de couverture : d'où le nom d'Al- 
lée couverte. — Mais celui-ci est encore erronné, en l'espèce, puisque, 
par définition, il ne doit s'appliquer qu'à des Dalles non taillées; et 
qu'à Cordes, au contraire, ces dalles sont manifestement préparées et 
équarries ! — Je crois donc que le meilleur terme à employer, pour 
ces monuments, reste toujours celui d'Hypogée (ou tout autre d'ail- 
leurs), car il ne préjuge rien. 

Comme ces hypogées sont orientées à l'Ouest , c'est-à-dire en sens 
contraire des Dolmens et Allées couvertes vraies, elles ne peuvent 
être ni de la même Epoque, ni de la même Civilisation. — D'ailleurs 
leur mobilier correspond à Y Age du Cuivre du Centre méditerranéen. 

Nous n'avons rien de semblable dans l'Ouest de la France. Il est 
difficile d'affirmer que ces Hypogées sont un peu postérieures aux Mé- 
galithes; mais cependant tout plaide en ce sens {Mobilier non néoli- 



310 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

thique exclusivement; Mégalithes de transition (Coutignargues,etc.); 
Orientation différente] (1). 



Objet énigmatique trouvé par M. Pages- Allary. 

Nous sommes heu- 
reux de donner au- 
jourd'hui la figure, 
arrivée trop tard, de 
la gravure pour notre 
dernier Bulletin, 
montrant sous toutes 
ses faces, à demi- 
grandeur, l'objet sin- 
gulier, déterre cuite, 
trouvé par M. Pages 
Allary dans ses fouil- 
les de Massiac (Can- 
tal)(#^. 1). 

Peut - être la vue 
de ces dessins sug- 
gérera- t - elle la ré- 
miniscence de quel- 
que analogie, dénatu- 
re à nous éclairer sur 
la destination problé- 
matique de cette 
pièce originale (2) ? 



(1) Depuis que cette note a été rédigée [Séance de décembre 1910], j ai visité» 
sous l'aimable direction de MM. F. Mazauric etJ. Bourrilly, ce célèbre monument» 
lors de la préparation des Excursions du futur Congrès de Nîmes. En présence du 
D r Marignan, j'ai fait à mes collègues les remarques qui précèdent, qu'ils n'ont pas 
accueillies, d'ailleurs, sans résistance... Mais je les convaincrais bien un jour! 

J'ai vu aussi le bloc dont il est question ci-dessus. Il possède des Cupules. 
Est-ce un Menhir? Est-ce une Dalle d'Hypogée ? — Nous discuterons toutes les 
questions que soulèvent cette belle station et les monuments voisins, au Congrès 
de Nîmes. — Je n'ai qu'un mot à ajouter. Pour moi l'Hypogée de Cordes vaut Ga- 
vrinis; et elle n'est pas encore... classée ! — La S. P. F. s'honorerait, en achetant 
ce monument, et en le restaurant. 

(2) « Ce qui m'a fait donner le nom de Hochet à cet objet, observe M. J. lagès- 
Allary, ce sont : 1° sa forme ; 2° ses dimensions ; 3° les petites boucles de l'inté- 
rieur, donnant un son récréatif et assez fort, grâce aux quatre trous percés en 
oblique pour empêcher les grains antérieurs, et plus gros, de sortir. Ces grains 
ont été introduits par la pointe C de la base, refermée ensuite par pression de 
l'argile déjà un peu sèche : ce qui fait qu'il n'y a pas eu soudure complète. — 
4° Mais ce sont surtout les cinq tétons, qui confirment bien que cet objet est un 
hochet d'enfant, pouvant, sans trop de danger d'y abimer ses gencives. — 5» Si cet 
objet n'était pas à l'extrémité d'un manche flexible, il pouvait servir de petite 
toupie, la partie opposée à la base C servant de pivot, comme dans un vire-vire 
ou pirouli, mais toujours à l'usage et pour la distraction d'un enfant — C'est donc 
bien un hochet primitif. — 6° La forme des tétons rappelle l'extrémité du biberon 
gallo-romain, tout comme la cuisson, de l'argile que les trous ont du aider à 
sécher plus facilement ». 




SOCIÉTÉ PREI1ISTORIQUE FRANÇAISE 



311 



Objets provenant d'une Grotte magdalénienne 

à Luzech, et d'une station néolithique à 

l'Impernal, près Luzech Loti. 



L'abbé MALGA (Gels, Lot). 

Au nom de notre confrère M. l'abbé Malga absent, M. Armand 
Viré a présenté des silex et ornements travaillés, provenant des 
environs de Luzech. 

Grotte de Luzech. — C'est une cavité d'environ 4 mètres de 
large sur 7 mètres de longueur, qui s'ouvre dans les rochers au 
voisinage et en arrière du vieux Donjon de Luzech, au pied de la 
colline de l'Impernal. Le sol est composé d'une couche de cail- 
loux, recouverts de limon vers le fond. Une cavité s'amorce à la 
partie la plus reculée, mais n'est point encore explorée. 




Fig. i. — Outils d'os et de silex de la Grotte de Luzech, (Lot). 



Les récoltes consistent surtout en silex éclatés, non utilisés ; 
sauf deux d'entre eux, où l'on peut reconnaître un grattoir (Fig. 1, 
n° 1) et un grossier burin (n° 2). 

Parmi les os, on peut signaler des défenses de sanglier, qui ont 
été raclées; des côtes aplaties, par sciage et raclage, dont une 
(Fig. 1, n° 3), rappellerait assez nos coupe-papier; des poinçons 
entiers (4 et 5) ou fragmenté, comme le n° 8, qui devait être fort 
bien travaillé ; enfin des lissoirs (6 et 7). 

Il est donc vraisemblable que nous avons affaire là à une sta- 
tion magdalénienne, qui viendra compléter, pour la partie aval 
du Lot, dans notre département, les fouilles que Bergougnoux 



312 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

entreprit jadis avec tant de succès dans la partie amont et dans la 
vallée du Celé (l). 

Station néolithique de V lmpernal. — Au N.-N.-O. de Luzech 
s'élèvent assez brusquement les hauteurs de l'Impernal. C'est 
sur ces hauteurs que Castagne (2) place un important Oppi- 
dum. 

M. l'abbé Malga vient d'y explorer une grande station néolo- 
thique, sans qu'il ait pu nous dire encore si cette # station se trouve 
ou non au même lieu que l'Oppidum. Jusqu'à plus ample informé, 
nous pensons qu'elle en est distincte ; l'Oppidum, d'après Casta- 
gne, étant tout à fait sur la hauteur, tandis que la station se 




Fig. 2.— Objets trouvés à l'Impernal, à Luzech. 

trouve dans une petite vallée ou combe (Comba Nina), c'est-à-dire 
un point bas, relativement au sommet de l'Impernal, et non rela- 
tivement à la vallée du Lot, qu'elle domine d'au moins 50 mètres. 

Cette combe, d'environ 200 mètres de large, limitée au nord par 
le flanc abrupt de la colline, s'infléchit vers l'ouest d'abord dou- 
cement, puis dévale rapidement vers le Lot. 

Dans la combe et sur ses versants sud et ouest se remarquent 
un grand nombre de fragments de poterie et d'ossements. Par 
endroits, la terre est noire et les pierres calcinées (fonds de 
cabanes ?). 



(1) BergougnOus. — Les temps préhistoriques en Quercy. Cahors, Girma, 1887. 

(2) Castagne. — Mémoire sur les ouvrages de fortification des Oppidum gaulois de 
Murcens, d'Uxellodunum et de l'Impernal. — Congr. arch. de Senlis, 1876. 




SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 3i3 

Les échantillons présentés sont peu nombreux, mais bien ca- 
ractéristiques de l'époque néolithique. C'est d'abord une hache 
de couleur verdàtre (Fig. 2^ (n° 1) en basalte, de m 07 de long; 
puis un fragment de hache en silex jaune, ayant subi un faible com- 
mencement de polissage (n° 2) surtout sur la face opposée à celle 
qui est figurée ; un grattoir quadrangulaire, épais en jaspe roux 
(n°3); un grattoir en jaspe jaunâtre (n a 4); divere grattoirs de silex 
noir ou brun (6, 7, 8, 9) ; deux pointes (5 et 10) retaillées sur les 
deux faces; enfin une pointe de flèche à ailerons (11), en jaspe 
rougeàtre, dont la pointe a été cassée. 

Enfin M. l'abbé Malga signale la présence de deux polissoirs 
en grès. 

Cette station mérite d'être explorée bien en détail; elle a une 
grande importance pour la région. Si, en effet, le Néolithique 
des dolmens et des tumuli est loin d'être inconnu dans le Lot (1), 
si Ton a déjà signalé une ou deux stations de grotte où le Néo- 
lithique surmontait les couches paléolithiques, il n'est point à 
notre connaissance qu'à part une petite station, encore mal définie 
et peu explorée, au-dessus du village de Lacave(2), il ait été encore 
signalé un seul habitat néolithique sur les plateaux du départe- 
ment du Lot. 

La station de l'Impernal méritait donc d'être signalée dès sa 
trouvaille et mérite encore plus que M. Malga l'étudié, très en 
détail, nous espérons ; donc il en sera reparlé ultérieurement 
dans nos Bulletins. 



Remarques sur quelques pierres 
'Habitat Liguro-celtogrec « du Pain-de-Sucre » , 
à Marseille. 



St. CLASTRIER Marseille - 

Parmi une douzaine de pierres, qu'à révélées la fouille du « Pain- 
de-sucre», j'observe une persistance des lignes, très embrouillées 
et dans tous les sens ; mille petits traits inexplicables attirent ma 
curiosité, mais sans solution, je l'avoue. Cependant, sur certaines, 
un leil-motiv, si je peux m'exprimer ainsi, domine et s'impose à 

(1; Delpon. — Statistique du Lot. Paris, Bachelier, 1831. — Castagne. Des Mo- 
numents primitifs en Quercy et les peuples qui les ont élevés (Bull, de la Soc. des 
Etudes du Lot, 1888. 

(2) Boule et Cartailhac. — La Grotte deReilhac. Lyon. 1889. — Bergougnous. Op. 
cit. — Armand Viré. Recherches spéléoloçiques dans la vallée de lOuysse. Bull, du 
Muséum, 1903, n» 3, p. 149 et 151. 



314 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

première vue. C'est un motif de quadrillage imparfait, dessiné a 
main levée, toujours losangique ; le carré n'est jamais parfait. 
C'est voulu ; les traits sont finement incisés, légers, probablement 
tracés à la pointe de fer (l'habitat renferme du fer et du bronze). 
Cen'estpastout. Surce premier tracé [Fig. 1), sont posées des dia- 
gonales, brochantsur lespremières lignes (figure A) ; maiscela n'est 
pas dû au hasard, ainsi qu'on pourrait se l'imaginer ; ces traits sont 
du même temps et du même traceur; entre ces traits fondamen- 
taux existent d'autres petits traits, inégalement posées, tels des 
trémas ; à certains endroits, des points en creux paraissent com- 
mander des croisements de lignes . 

J'observe aussi que ces traits sont 
parfois effacés comme par un érafle- 
ment, ou comme si la pierre avait 
été raclée intentionnellement, mais 
sans grande pression ; et j'en con- 
clus que ces pierres ont dû servir à 
des apprêts de repas, sous forme de 
pâtes hachées, tel que cela se prati- 
que encore aujourd'hui ; et alors on 
comprend très bien ce fouillis de 
traits incohérents et ces parties effa- 
cées, raclées, par frottement ; ce- 
pendant, ces pierres ne sont pas tein- 
tées ; j'ajoute que ces pierres sont 
toujours très plates, choisies et 
utilisées ; que, sur une même face, 
celle du délitement, ou polie par le 
temps ; quant à l'autre face, elle est toujours rugueuse, granulée, 
mamelonnée, en forme de riz de veau, et portant le caractère 
indiscutable de géologie naturelle et de virginité ; il n'y a pas 
d'exemple, et je possède aujourd'hui assez de ces dalles pour 
en juger, il n'y a pas d'exemple d'utilisation sur les deux faces, 
encore moins sur les côtés. 

Ces pierres faisaient-elles partie du sol ? Si elles ont servi de 
dalles, seraient-ce des traits gravés par des chaussures ferrées (je 
parle des petits traits) ? Sont-ce des frottements de corps durs, 
bûches, bases de dolia ? 




Fig.i.— Pierre à traits gravés |Le 
Pain de Sucre, Marseille]. 



Jusqu'à présent, j'ai toujours trouvé ces pierres errantes, dans 
le camp, parmi les éboulis des huttes à pierre sèche. Il m'est 
difficile d'affirmer qu'elles ont pu être utilisées dans la construc- 
tion des murs élevés par la tribu Massaliote. 

Il faudrait, pour s'en assurer, soulever et vérifier sur des pierres 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 315 

de murs en place ; mais, là. je suis arrêté par l'insurmontable peine 
que cela me fait ; les vrais fouilleurs me comprendront. Cepen- 
dant je ne désespère pas de solutionner plus tard ce petit problème. 
Dans mon dessin (Fig. 1), je ne donne que les traits principaux, 
pour éviter la confusion. 

M. Marcel Baudouin. — En Août 1910, dans le Puits funéraire, 
gallo-romain, que j'ai découvert à Saint-Martin-de-Brem 
(Vendée), j'ai trouvé une pierre (Calcaire Liasique du Havre de la 
Gachère), à surfacegréseuseetplane, présentantdes quadrillages, 
tout à fait comparables à ceux signalés par M. S. Clastibr. J'ai 
conservé cette pièce dans ma collection, parce que c'est la pre- 
mière de cette sorte que j'ai observée; et je la décrirai dans un 
mémoire sur ce puits. 

Mes traits sont donc gaulois; ils sont d'ailleurs voulus, d'ordre 
décoratif & mon sens, et comparables à ceux que j'ai découverts, 
sur les Côtes des Bœufs, de la même époque, dans un autre Puits, 
au Bernard (V.) (1) ; et que j'ai retrouvés sur les Côtes de Bœufs, 
extraits de certains points des Fouilles d'Alésia — où fa vais 
annoncé à l'avance leur trouvaille, dès 1907, lors du Congrès 
d'Autun. 



III. — COMMISSION DES ENCEINTES. 



Commission d'étude 

des Enceintes préhistoriques 

et Fortifications nnbistoriques. 

M. Armand Viré, président de la Commission, dépose le 48 e Rap- 
port. 

Le président annonce la perte regrettable que vient de faire la 
Commission, en la personne d'un de ses excellents délégués, M. J- 
Moriot, instituteur, à Ganna\-sur-Loire (Allier). 

Nous lui devons d'intéressants renseignements sur des buttes et 
fortifications encore un peu énigmatiques des bords de la Loire et 
nous espérions le voir figurer encore longtemps parmi nous. 

— M. le D r Deyrolle nous envoie le plan d'une enceinte, appelée 
Old Fort, du village des Pinnacles, Comté de Salme (Etats-Unis), de la 
Vallée du Missouri, d'après l'ouvrage « Antiquities of Central and 

(1) Marcel Baudouin. — Les Gravures sur os de l époque gallo-romaine à la 
Nécropole de Troussepoii, au Bernard (V.).— Bull, et Mem. Soc d'Anthr. de Paris. 
1905, 6 juillet, 6 Fig., 310-320. — Tiré à part, 1905, in 8», 11 p., 6 Fig. 



316 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Soùth-eastern Missouri » de Gérard Fowke, publié par la « Smith- 
sonian Institution » (Bureau d'Ethnologie américaine). [Bull. 37, Was- 
hington, 1910]. 

EUe est vraisemblablement pré-colombienne et contemporaine des 
« Mounds » du Missouri ; dans l'espèce, sorte de tumulus, contenant 
des tombeaux en pierres sèches (voir un compte-rendu dans la Revue 
d'Anthropologie, 1911, E. Deyrolle). 

C'est un ouvrage de fortification, composé actuellement d'une levée 
de terre de 2 mètres à 3 mètres de large sur un mètre de hauteur, entre 
deux fossés de 2™50 de large sur 1 mètre de profondeur environ ; 
mais primitivement les dénivellations ont été plus considérables. — 
Au point faible (N. et S.), la défense est complétée par des séries plus 
complète d'épaulements et de fossés. 

Les talus sont formés de terre, sans pierres ; il n'y a pas trace de 
pieux ou de palissades. 

On peut évaluer le grand axe à 330 mètres, le petit à 150 mètres, 
le tour des fossés à 1000. Ce travail considérable a été attribué aux 
Indiens Mami. 

— M. L. Jacquot, de Grenoble, nous écrit : 

« Le 8 mai, à la séance de la Société dauphinoise d'Anthropologie 
et d'Etno graphie, M. Piraud (naturaliste) nous a annoncé qu'il avait 
remarqué une levée de terre, qui lui a paru une fortification très 
ancienne, derrière le Rachaix, non loin du sommet et sur la face 
(nord) regardant le massif de la Chartreuse. Il est nécessaire d'expli- 
quer que Grenoble est bâti au pied sud du Rachaix, et que cette mon- 
tagne est une arête (orientée sensiblement nord-sud), qui se détache 
du massif de la Chartreuse. Différents cols la séparent des sommets 
voisins. — Je me réserve d'aller étudier ce mur, qui avait échappé 
jusqu'ici aux yeux de nos anthropologistes locaux. » 

— M. Ludovic Mazéret continue ses explorations dans le Gers 
et nous adresse la note suivante. 

Dans la commune de Bouzon-Gellenave, le plateau, supportant 
l'église et le village de Saint-Gô, s'avance vers le S.-E. en presqu'île, 
surplombant un vallon très profond. Ce plateau était autrefois fortifié 
sur tout le pourtour. On remarque encore au-dessus de l'à-pic, au 
S-E., une dépression indiquant un chemin de ronde. Cette dépres- 
sion disparut en partie lors de l'établissement de la ligne du Port- 
Sainte-Marie à Riscle, et une carrière fut même creusée dans le val- 
lum. Je me rappelle même y être passé à cette époque et d'avoir 
remarqué des ossements superbes, rappelant la faune de Sansan 
(Mastodon tapiroïdes, C. ; Rhinocéros tetradactjdus, L. ; Antilope cla. 
vata, Gerv ; Crocodilus ; Hélix pulchilla, D ; Hélix rotundata, Mûl- 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 317 

1er; Pupa Lortetii, de B; Planorbis cornu, B; Planorbis declivis, 
N., etc.). 

Le plateau porte encore, dans cette direction, une belle motte, de 
4 à 6 mètres d'élévation, revêtue de châtaigniers en taillis. Elle a 
été entamée vers l'E, soit par quelques éboulements soit par quelque 
fouille mal dirigée. Car il ne faut pas oublier qu'aux yeux de nos 
paysans toutes ces masses de terre ne sont que des tumulus : tom- 
beaux de quelque chel rentermant de nombreuses richesses et 
objets précieux; et entre autre : « la Crabo d'or » (Chèvre d'or). 

Autour de la motte vers le N. et le N.-O. de légères traces de fossé. 
C'est même vers ce point que, il y a quelques années, M. Senmartin, 
instituteur à Saint-Gô, trouva deux belles haches polies, en roche 
noire schisteuse, dans une fouille faite sur ma demande. 

J'oubliais de signaler au N.-E. et à peu de distance, Campet, avec 
débris de tuiles à rebord et poterie romaines. 

Dans la commune de Pouydraguin, le petit village du Mimort était 
entouré d'une enceinte aujourd'hui disparue. D'après un vieillard, 
entre le Mimort et le château de Lassalle, il y avait une fort belle 
motte, très haute et d'une grande étendue. Elle fut démolie en grande 
partie par les fouilles qui y furent pratiquées. Et, comme elle ne for- 
mait plus qu'une masse informe, on transporta la terre dans les 
vignes. 

Dans le village, près de l'antique chapelle s'élevait jadis, d'après 
la tradition, un tombeau formé de grandes pierres : un dolmen appa- 
remment. Le seigneur de Lassalle s'en servit pour la construction de 
son château. La dalle qui recouvrait, parait-il, le corps, ne put 
jamais être enlevée. Et plus on creusait pour l'enlever et plus elle 
s'enfonçait. Le seigneur la fit alors recouvrir de terre; et on ne l'a 
plus revue. A signaler quelques haches en roche noire, trouvées aux 
environs; mais elles sont détériorées parles charrues. 

Le Château de Pouydraguin se trouve sur un monticule très élevé 
(221) et à peu près isolé. Ce monticule porte de nombreuses traces 
de chemins de ronde sur presque tout son pourtour, et, en haut, vers 
le N.-O, il y avait naguère une belle motte, aujourd'hui disparue. 

Le village de Castelnavet était égalementune enceinte fortifiée, dont 
il ne reste aujourd'hui qu'une belle motte de 8 à 10 mètres de hau- 
teur sur plus de 40 de base. Elle est au S.-E. du village et domine la 
route de Plaisance. 

A l'est, en sortant de Pey russe- Vieille, on remarque également une 
tort belle motte à peu près de même hauteur et portant sur une partie 
de son pourtour des traces de chemin de ronde. En contre-bas vers 
le fond du talus, une légère dépression indiquerait peut-être une 
seconde enceinte. 

Dans la commune de Lupiac, au lieu dit à Lamothe, on remarquait 



318 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE DE FRANCE 

encore, il y a peu d'années, une belle motte, d'une assez grande 
dimension et entourée d'un fossé large et protond. Dans les champs, 
à côté, on exhume assez souvent des débris de poterie rouge à pâte 
de brique pilée, des tuiles à rebord et des petits cubes de un centi- 
mètre de côté, provenant sans nul doute de mosaïques détruites. Il y 
a quelque temps, au dire de voisins, on trouva à Lamothe des silex 
et une hache polie brisée sous le tronc d'un gros chêne. 

A Barada, on remarquait jadis une longue tranchée entre cette 
maison et Bounugues. Au N.-O., elle formait un angle rentrant et se 
continuait vers le nord, bordant les coteaux de la rive droite de la 
Gélise. Ce tossé devait, je crois, entourer le petit plateau de Barada, 
car on en remarque quelques traces vers le S.-E. 

Près du village de Tonrdun, vers la côte 227, M. Henri Carrère, 
avocat à Marciac, a trouvé de nombreuses substructions romaines, 
avec murs en petit appareil, mosaïques, tuiles à rebord, tuyaux 
d'hypocauste et de conduite d'eau, débris de poterie et nombreuses 
monnaies en argent et en bronze. 

A Lar ronde, commune de Callian, il y a deux ou trois ans, on 
trouva en labourant sur un petit plateau, une belle hache polie, en 
roche noire ayant servi de percuteur. Ce champ fournit parfois des 
débris de silex et de quartzites à aspect robenhausien. 

En finissant et pour prendre date, je signale l'enceinte fortifiée de 
Saint-Georges, dans la commune de Lagraulet et renfermant deux 
rochers à cupules, les premiers qui ont été remarqués dans le Gers. 
J'en ferai une étude plus approfondie, lorsque mon état de santé me 
permettra d'aller les photographier . 

— Le III e volume annuel de la Société préhistorique de Suisse con- 
tient plusieurs observations nouvelles de « Refugium » : c'est le 
nom qui est resté usité là-bas, depuis Keller, pour les enceintes pré. 
historiques. Il donne aussi la gravure de quelques-uns des superbes 
plans, dont M. B. Moser avait offert la primeur à la S. P. F. (t. V, 
p. 316 et VI, 355), notamment celui de Lùtzelflùh (Emmenthal) de 
Bisenleh, commune d'Arch, de la Hasenburg, près Vinetz, tous dans 
le canton de Bern. 

Dans les talus de l'enceinte de Stadler Hochwacht au-dessus de 
Raat (canton de Zurich), il a été trouvé un grand nombre de silex tail- 
lés et de déchets de taille, quoique le silex lui-même ne se trouve 
qu'à une assez grande distance. 

La Société des Antiquaires deWetzikon ayant fouillé le Refuginm 
d'Himmerich, voisin de la palafitte de Robenhausen,y aurait trouvé, 
outre un marteau de pierre, une amulette et des os, des tessons de 
l'âge du Bronze, indiquant une occupation tardive de ce poste. — 
A. G. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 3l9 

— Nous donnons ici deux planches qui devaient accompagner la 
note de M. Pagès-Allary le mois dernier et que nous avons reçues 
trop tard (Fig. 1 et 2). 



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Fig. 1. — Tumulus Gaulois du Bois de Celles (Cantal). 



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Fip. 2. — Vases Gaulois du Tumulus de Celles. 



320 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

IV. — ARTICLES ORIGINAUX. 



Le Pas de Dieu, à Sainte-Radegonde, 
de Poitiers. 

Par le D' 

Marcel BAUDOUIN (de Paris). 

Dans l'Église de Sainte-Radegonde, à Poitiers, autrefois Sainte - 
Marie-hors-les-Murs (1), fondée au vi e siècle par cette sainte, il y a 
une Chapelle, dite du Pas deDieu, située à droite. C'est une sorte d'an- 
cien lombeau, pratiqué dans l'intérieur du mur. On y voit deux 
statues de pierre (Jésus -Christ et Sainte-Radegonde); et, entre elles, 
une pierre, qui porte la trace d'un Pied. — C'est l'Empreinte, faite par 
Jésus Christ, raconte-t-on, le jour où il apparut à Sainte-Radegonde, 
dans sa cellule ! — D'où le nom de Pas de Jésus-Christ ou de Pas 
de Dieu. — Le Pas de Dieu est cité dans tous les Guides (2). 

I. — Considérations Historiques. 

I. Dénomination. — Le nom de Pas de Sainte-Radegonde, qu'on 
trouve parfois dans des ouvrages modernes, est tout à fait erroné. 

Quoique ce pas se trouve dans l'église de ce nom, on doit lui con- 
server son vrai nom traditionnel, c'est-à-dire ancien, d'autant plus 
que, même aujourd'hui, personne ne prendrait cette gravure pour 
une empreinte de pied de femme ! Le Peuple, qui ne se trompe jamais, 
l'avait donc bien dénommé; et il a fallu l'intervention de certains 
savants — n'y comprenant rien — pour dénaturer la légende 

Empressons nous donc, une fois pour toutes, de réparer cet acte 
de vandalisme en matière de Folklore ; et maintenons la vraie déno- 
mination de Pas de Dieu. 

II. Historique. — Presque tous les auteurs, qui ont résumé l'his- 
toire de Poitiers ou écrit sur Sainte-Radegonde, ont fait allusion à 
cette Empreinte pédiforme. — Citons-en quelques-uns. 

Voici d'abord le texte de M. Foucart (3) : 

« Entre les deux statues, coloriées [représentant une Apparition de 
Jésus-Christ à Sainte-Radegonde], se trouve, recouverte par une 
petite grille, l'Empreinte du Pied, que, d'après la tradition, le Sei- 
gneur laissa sur la dalle de la cellule de Sainte-Radegonde [lorsqu'il 
lui apparut]. Ce monument, qu'on appelle le Pas deDieu, était autre- 

(1) Jadis ainsi appelée Sainte-Marie-hors-les-Murs, parce qu'elle se trouvait, au 
Moyen âge, en dehors de l'enceinte de la ville d'alors. 

(2) Joanne. — Loire et Centre. — Paris, 1868, p. 64. — Etc. 

(3) Foucart. — Poitiers et ses monuments. — Mém. de la Soc. des Antiquaires ' 
de l'Ouest, 1840, Poitiers, 1841, p. 103-202 [Voir p. 153-154]. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 321 

fois dans le Couvent de Sainte-Croix ; il a été transporté dans l'église, 
depuis la Révolution de 1789. » 

Il se trouve dans ce qu'on appelle aujourd'hui la Chapelle du Pas 
de Dieu de l'Église Sainte-Radegonde. 

2 Ce Pied a été cité à nouveau dans les Mémoires de la Société des 
Antiquaires de l'Ouest, un peu plus tard (t. VIII, p. 454). 

3° Mais un écrivain local a été, dès 1873, beaucoup plus expli- 
cite ; c'est M. Edouard de Fleury (1). 

« Cette église, dit-il, renferme encore aujourd'hui le monument 
dit du Pas de Dieu. Dans un des murs latéraux de la nef, à droite en 
entrant, on voit une petite Chapelle, dont le devant est gardé par une 
grille en bois. A l'intérieur, une statue de grandeur naturelle repré- 
sente le sauveur Jésus-Christ, debout et parlant à sa sainte servante, 
qui prie à genoux. Cette scène représente Y Apparition du fils de Dieu, 
qui précéda la mort de Radegonde d'une année. 

« La pierre est la même que celle où elle était, à genoux, dans sa 
Cellule, et sur laquelle, d'après une pieuse et très ancienne tradi- 
tion, le fils de Dieu laissa, en disparaissant, YEmpreinte de son Pied 
droit (2). 

« Cette empreinte est couverte d'une grille, et, par dessus, d'un 
coussin, surmonté d'une couronne. On la découvre à certains 
jours; et les fidèles ne vont pas visiter le tombeau, sans s'arrêter 
au Pas de Dieu (3) ». 

4° Le Pas de Jésus-Christ a été cité aussi par M. Vinson (Evolution du 
Boudhisme . Bull, et Mém. Soc. d'Anthr. de Paris, 1892, p. 915), qui 
a écrit : « Ne vénère-t-on pas, à Poitiers, le Pas de Jésus Christ, 
lorsqu'il vient parler à Sainte-Radegonde, le 3 août 487 ? » (4). 

On le voit, ces récits concordent à peu près complètement. 

5° P. Sébillot (Folklore de France, 1. 1, p. 603) a écrit : ■ A Poitiers, 
on avait élevé YEglise du Pas de Dieu, à l'endroit où le pied du Sau- 
veur était resté marqué après son apparition à Sainte-Radegonde 
[D'après A. Maury, Lég. pieuses du Moyen Age, p. 205]. 

On constatera que ce texte ne concorde pas du tout avec celui de 
M. de Fleury, qui semble pourtant le seul véridique. 

(1) Edouard de Fleury. — Vie de Sainte-Radegonde, etc. — Poitiers, 1873, 
2« édition, Henri Oudin, in-36<>, 166 p., 1 pi. hors texte. [B. N. = L*/50 b ] [Voir p. 
150-151]. 

(2) Erreur apparente, car il s'agit d'un Pied gauche, en réalité. — Mais, comme 
il y a Inversion, c'est bien le Pied droit qui est représenté en réalité. 

(3) Il y a, à rapprocher du Pas de Dieu, l'histoire du laurier, planté par 
Sainte-Radegonde, derrière « Le petit Pas de Dieu, où était jadis la chambrette de 
la sainte », dit un ancien historien. — E. de Fleury (p. 81) affirme que ce laurier 
se voit encore dans le jardin de l'Evèché ! C'est peut-être aller un peu loin 

(4) Erreur, typographique, pour 587 [Voir plus loin]. 

(5) A. Po^chon. — Les Polissoirs de la Somme. — L'Homme préhist., Paris, 1907, 
V, in-8% p. 273-281, 3 fig. [Voir p. 280]. 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 21 



322 



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SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 323 

6° Enfin, M. A. Ponchon (5), dans un article tout récent, s'exprime 
ainsi : « Dans une église de Poitiers, on voit, chose curieuse, une 
pierre, consacrée à Sainte-Radegonde, et portant une Empreinte du 
Pied de Jèsus-Christ, quand il vint, au vi e siècle, faire visite à la 
femme de Clothaire. Cette pierre, qui se trouve dans la Chapelle du 
Pas de Dieu, est surmontée d'une plaque commémorative, sur la- 
quelle on lit : « Monument du Pas de Dieu. Le 3 août 587, Notre 
Seigneur apparut à Sainte-Radegonde, en disparaissant, il laissa 
imprimée, la forme de son Pied droit, sur la pierre où il était appuyé » 
[D'après Fleury, 1873J. 

Cet auteur ajoute : « Près de Poitiers, où la sainte séjourna, est 
une énorme Pierre Levée, dite Pierre de sainte Radegonde » (1). 

Mais, en somme, ce n'est là qu'un résumé du texte de l'auteur 
précédent, M. E. de Fleury, le seul dont il faut se préoccuper. 

III. — Folklore. — Détails de la Légende. — E. de Fleury a, 
en outre, très bien raconté comment est née la Légende du Pas de 
Dieu. 

« Un an avant l'époque de son décès, comme elle était retirée 
dans sa Cellule et occupée à prier, suivant sa coutume, elle 
[Sainte Radegonde] eut une Vision, surnaturelle . Il lui sembla voir 
le séjour qui était préparé pour sa gloire, et un jeune Homme, qui 
venait à elle, revêtu d'une admirarle reauté. S'approchant de la 
sainte, il lui adressait de douces paroles; et, comme elle ne le recon- 
naissait pas, il lui parla en ces termes [Suit le discours]. » 

C'était Jésus lui-même qui venait la visiter et lui annoncer sa 
gloire et sa délivrance prochaines. 

La Communauté avait toujours gardé précieusement le souvenir de 
cette Apparition miraculeuse du Sauveur. Une Chapelle avait été 
bâtie, au lieu où priait Radegonde, quand elle eut cette vision [sa 
Cellule du Monastère (2)]. 

La pierre même, sur laquelle elle était à genoux, avait été conser- 
vée; et on y montrait cette Empreinte du Pied droit, que Jésus-Christ 
avait, selon une très ancienne tradition, laissée profondément enfoncée 
dans le granit (3). 

Pour cette raison, la Chapelle portait le nom de Pas de Dieu. On 
y voyait Radegonde à genoux et Jésus-Christ devant elle. 

En 1792, cette Chapelle fut renversée ; et les statues furent emportées, 
avec la pierre qui porte l'empreinte miraculeuse, dans l'Église de Sainte- 

(1) Il s'agit certainement ici du fameux Dolmen de Pierre Levée, bien connu 
depuis Rabelais, qui l'a cité. 

(2) D'après de Fleury, c'est le gouverneur du Poitou qui fournit les matériaux 
pour la construction du Monastère. 

(3) Il doit y avoir là une erreur. La pierre doit être en Calcaire. — Même remar- 
que que plus haut pour le côté du Pied . 



324 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Radegonde (1). — La Chapelle (2) se trouvait dans le jardin actuel de 
l'Evêché. » 

II . — Etude personnelle. 

I* — Technique. — a) Pour me rendre un compte exact de la na- 
ture véritable du Pas de Dieu (3), j'ai prié l'un de mes amis de Poi- 
tiers, — bien placé pour obtenir toutes les autorisations nécessaires 
— de m'en exécuter un Moulage, en plâtre, qui fait aujourd'hui partie 




Fig. 2. — Les Moulages en Plâtre [Positifs] des principales Gravures pédiformes de 
la Collection Marcel Baudocjiic, à l'Exposition préhistorique de Tours (août 1910). — R, 
Le Pas de Dieu, de Sainte-Radegonde (Poitiers).— Légende-. S, Rocher aux Pieds (Savoie) ; 
—V, Pied à gros orteil (Vosges) ; — Le Pied oe La Dévalée (Ile d'Yeu, Vendée) ; — G 1 , Les 
deux pieds (a, 6), de Gatine (lie d'Yeu, Vendée' ; — F, Faux pied d'Equidé (Goex, Vendée) ; 
— V, Fers de Chevaux (C 1 , C2, C.3) i Vosges). — M. Fausse Gravure de Parthenay (Deux- 
Sèvres). — Le Pas du Roi (Charente- Inférieure) : 1. Gravure n° XXII ; 2, 3, 6, 8, 11, Gravu- 
res d'Empreintes horizontales de sabot m- 1, 11, IX, X ; 9, Gravure, n° XVII ; 5, Gravure 
de Pince ; 4, 10, Cavités en Croissant. — Fers de Chevaux de Pons (Pi, P2). 

de ma Collection d Empreintes de Pieds, et qui a été déjà publique- 
ment exposé au Congrès préhistorique de Tours, en 1910 {Fig. 2). 

b) Après avoir reconnu qu'il s'agissait d'une vraie Gravure sur 
roche, préhistorique, j'ai pris un Décalque très exact : 1° du pourtour 



(1) 11 y a eu à Poitiers un Prieuré, appelé le Pas de Dieu, situé dans l'enceinte 
de l'Abbaye de Sainte-Croix (Bulle de Sixte IV, Rome, 6 mars 1478).— On croit que 
ce prieuré du Pas de Dieu avait été fondé à une époque inconnue, dans l'ancienne 
cellule qu'habita Sainte-Radegonde [Dufour. De l'ancien Poitou, 1826, p. 352]. 

(2) L'Eglise de Sainte-Radegonde a été élevée sur le tombeau [Crypte] de 
Sainte-Radegonde, reine des Francs. Elle existait bien avant 838 [Dufour. Loc. cit., 
p. 353]. — L'intérieur de cette crypte aurait été retrouvé vers le XI e siècle. 

(3) Il existe d'autres « Pas de Dieu ».— Par exemple : sur la Pierre de Bdrling, 
dans la Prusse Orientale. — Il y a un « Pied de Jésus-Christ », à Rome, dans une 
Eglise, près de la Porte San-Sebastiano. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 325 

de la Cavité creusée, c'est-à-dire de YEmpreinte plantaire (en plan); 
2° d'une Coupe verticale, passant par son axe, exécutée sur un autre 
exemplaire d un second moulage en plâtre, en le sciant en deux, de 
façon à avoir un dessin scrupuleusement précis. 

Je reproduis ici ces deux figures, réduites de moitié [Fig. 1). 

II. — Description. — Le Pas de Dieu représente, en réalité, une 
Cavité, assez profonde, allongée, creusée dans une pierre, et pré- 
sentant, en avant, un diverticule. On dirait un Gros orteil d'une 
Empreinte plantaire du Pied gauche ! Ce n'est pas exactement ce qu'a 
vu le peuple, qui a conclu au Pied droit, avec raison. 

L'intérieur du trou est très irrégulier; ilTésulte, au centre, évidem- 
ment, d'une désagrégation de la roche. 

a) Iravail humain. — Mais, en examinant avec soin les bords de 
la cavité, on constate d'abord : 1° que la pierre a été cassée ou taillée 
ou sciée en KK', car ce point correspond à un joint dans la maçon- 
nerie actuelle de la Chapelle du Pas de Dieu, et qu'ici, par suite, la 
gravure est un peu incomplète; 2° qu'il y a une surface polie, pa- 
tinée, très nette, indiscutable au talon, puis en dedans et en dehors, 
et même au point D (Fig. 1 . 

Cette surface polie est en contre-bas de la face supérieure de la 
pierre de0'"020 au talon, de m 015 à l'union du talon et de la plante, 
et de m 010 de ce point au gros orteil. 

Tout ce qui est au-dessous du niveau de m 10, au centre, n'est 
plus du tout poli, mais très sinueux et irrégulier. Les creux (c 1 et (?) 
et rigoles R,R\ R 2 , R 3 ), et même les seuils (S 1 ), ne remontant pas à 
,n l() au-dessous de la surface, ne présentent pas la moindre trace de 
Polissage. Ils serpentent, de ci de là, avec des bosselures et des 
dépressions. 

Au contraire, deux forts seuils (M 1 et M 2 , situés sur le bord 
externe de l'empreinte, de même que les bordures TK et PI K 1 , qui 
atteignent ces m 10, sont manifestement polis, mais à leur sommet 
secl, car les flancs des monticules sont irréguliers (quelle que soit la 
pente et les courbes de fonds. Ce poli est exactement le même que 
celui du talon T), de la plante (côté interne PI), et du gros orteil, D. 

De plus tous les bords, a pic, de la cavité (Fig.l, n° II), sont, eux 
aussi, manifestement polis ; mais seulement jusqu'à m 010 de pro- 
fondeur ; au-dessous, ils sont irréguliers, sinueux et effrités, à peine 
patines. 

Déductions. — Il résulte de là que nous avons affaire ici : 

1° A une Gravure pédiforme de l'Epoque de la pierre polie, d'un 
Pied gauche, [en réalité : Droit, à cause de l'Inversion], obtenue par 
Creusage, et ayant subi le Polissage. 

2° Que la partie centrale et antérieure s'est altérée, et énormément 



326 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

creusée, spontanément, plus tard, par désagrégation de la roche 
[partout où le Polissage manque]. 

C'est là, exactement, le même phénomène oui s'est passé pour le 
Bassin n° I de la Gravure n° I de la Pierre des Amporelles, à l'Ile 
d'Yeu, sauf qu'en Vendée la roche est du granité schisteux, tandis 
qu'ici elle semble de nature différente (1). 

Il n'y a donc pas lieu d'insister davantage sur cette disposition très 
curieuse, très facile à comprendre aujourd'hui, mais qui, évidem- 
ment, a pu jadis dérouter tous les chercheurs ! 

III. — Caractères anatomiquks de l'Empreinte. — a) Dimensions. 
— La longueur totale de la plante du pied est de m 310, à laquelle il 
faut ajouter la longueur de la racine de l'orteil D, qui persiste (après 
la cassure KK'), soit m 030. La largeur maximum de la plante est 
de m 115. Le talon a m 085 et même m 090, dans la partie polie la 
plus large qui persiste. — La profondeur de la gravure était de m 010 
à la plante ; de m 020 au talon, avec O^Olô pour la partie intermé- 
diaire. 

Le talon était donc un peu plus creux, comme si l'artiste sculpteur 
avait voulu marquer que YEmpreinte avait été très forte en arrière, 
« comme si le talon tombait de haut sur un sol mou » (2) ! 

h) Comparaisons. — Evidemment, il s'agit là d'un très grand pied 

d'Homme, et d'un pied qui semble plus grand que nature Mais il 

ne faut pas s'en étonner. 

Il y a, en effet, des Gravures pédiformes sur roches, du début du 
Robenhausien, indiscutables, à l'Ile d'Yeu (Vendée), par exemple, 
qui atteignent des dimensions plus considérables encore. C'est ainsi 
que la Gravure du Pied de La Dévalée, que nous avons découverte 
en 1909, atteint une longueur de m 340 [Fig. 2 ; D) (3). D'autre part» 
une de celles de la Roche aux Fras (Ile d'Yeu) atteint m 280. 

Or la gravure.de la Dévalée est beaucoup plus fruste. Il n'y a pres- 
que pas là de parties polies ; elle est beaucoup plus profonde; et elle 
n'a pas d'orteils ! D'autre part, elle est nettement pédiforme, malgré 
sa plus grande ancienneté [Nous considérons, en effet, les Empreintes 

(1) Marcel Baudouin. — La Pierre à Bassins et à Rigoles des Amporelles, à l'Ile 
d'Yeu (Vendée). — Congrès préhistorique de France, Tours, 1910. — Paris, 1911, 
[voir p. 531 ; fig. 6]. — Tiré à part, 1811, in-8". 

(2) Ce caractère n'a pas été sans influer sur le mode à' invention de la Légende, 
comme nous le verrons. — C'est celui qui se prête le mieux à l'idée à' Apparition 
d'une Divinité quelconque (opposée à l'idée à' Ascension aux cieux). 

A la « Pierre à Mulot », dans les Vosges, le. pied droit est aussi plus profond 
au talon. — Ce caractère est fréquent. 

(3) Voici les dimensions de ce pied : Longueur : 0,340 ; Largeur de la plante: 
0,108 ; Largeur du talon : 0,90 ; Profondeur : au moins 0,025 à 0,030.— On voit que 
les dimensions concordent presque. 






SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISB 327 

à orteils et bien polies comme un peu plus récentes que celles sans 
orteils: ce qui est assez logique au demeurant]. 

Il ne faut pas s'étonner de ces dimensions du pied, qui paraîtront 
exagérées à beaucoup. En effet, le Géant russe, Machnow, toujours 
vivant, qui, à 25 ans, avait une taille de 2 ra 85, a un pied atteignant 
m 510 de largeur! On voit par là qu'un pied d'Homme néolithique, 
exceptionnel il est vrai pouvait très bien avoir m 320, même sans 
sandale, et complètement nu..-. 

De plus, on a découvert jadis, dans l'Amérique du Nord, des 
Empreintes sur sol de Pieds humains, chaussés de sandales (1); et on 
a constaté en moyenne les dimensions suivantes, pour ces pieds 
préhistoriques : Longueur maximum : m 470; Largeur maximum : 
m 200 ; Largeur (minima ou du talon) : m 150 On a même noté des 
pieds de 21 pouces de long, c'est-à-dire de m 520, comme chez 
Machnow ! 

Je sais bien que M. de Nadailhac (2) s'est appuyé sur ces dimensions 
même pour nier ces empreintes, de même que la courbe prononcée 
qu'elles présentent- Mais les savants américains ont maintenu leurs 
dires ; et, vraiment, il est difficile de les récuser. Et il suffit, pour 
s'entendre, d'admettre que les sandales étaient un peu plus longues 
que le pied lui-même. 

Or, on pourrait supposer — à la rigueur — que la plante du pied du 
Pas de Dieu est la représentation sur rocher de la face inférieure 
d'une large sandale, chaussant un pied d'homme, et dont le gros or- 
teil aurait fait saillie au dehors (Même hypothèse pour le Pied de la 
Pierre à Mulot, des Vosges). 

c) Indices.— Si l'on calcule les indices de cette gravure, on obtient : 

a) Indice soléo-podalique : 115 X 100 : 310 = 37,09. 

b) Indice talo-podalique : 90 X 100 : 310 =27,12. 

c Indice moyen de profondeur : 15 X 100 : 310 == 13.04. 

Or, si l'on rapproche ces indices de ceux d'un pied d'Homme nor- 
mal, on constate qu'il y a presque identité, puisque un pied actuel 
donne respectivement : 37.50 (au lieu de 37,09) (3); et 28,75 (au lieu 
de 27,12). — Il s'agit donc bien d'une gravure de Pied d'Homme (4). 

(1) On les a rapprochées des huaraches, sandales en cuir des Indiens du Mexique, 
plus longues que le pied ! 

(2) M. de Nadailhac. — Empreintes de pieds humains découvertes dans une 
carrière de Cardas (Sevada/. — Mat. p. ÏHist. de l'Homme, 1882. 

(3) La Femme peut descendre à 36. 

(4) Il n'y aurait rien d'impossible à ce que sur le Rocher d'origine ou sur l'élé- 
ment mégalithique (provenant d'ailleurs de ce rocher), il y ait eu deux pieds de 
gravés : un droit et un gauche, c'est-à-dire une paire de pieds, comme à La 
a Pierre à Mulot (des Vosges). — Le deuxième pied [celui de droite] aurait alors 
disparu, soit à l'époque de la construction du Dolmen, soit à l'époque de la confec- 
tion de Dalle [c'est-à-dire au Moyen Age]. 



328 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

d) Gros orteil. — On discutera peut-être aussi notre interpré- 
tation de gros orteil, pour la partie delà gravure, cassée en D. — Mais 
ce serait bien inutile : 

a) Parce que le Peuple, qui sait ce qu'il dit, y a très bien reconnu le 
gros orteil . 

b) Parce que les Préhistoriens savent que, dans les Vosges, il y a 
des Plantes de pied [là-bas les deux pieds sont représentés : donc pas 
de discussion possible !],où l'on voit des gros Orteils analogues [Nous 
possédons un moulage d'une telle gravure [Fig. 2; V), exécuté d'après 
les moulages mêmes de F. Voulot [qui sont au Musée de Genève] (1). 

La largeur de cet orteil est ici de m 040 ; la longueur est inconnue 
(fracture du rocher d'origine (2), lors de la fabrication de la Dalle de 
la cellule de Sainte-Radegonde) ; sa profondeur était de m 010. 

IV- — Pétrographie. — Dans les conditions où se trouve la gra- 
vure, il est, bien entendu, impossible de prendre un échantillon de 
la Roche. 

Nous avions prié notre ami d'examiner de très près la dite gravure, 
lorsqu'il en prit le moulage ; puis de rechercher à Poitiers un frag- 
ment de pierre exactement semblable; et, enfin, de nous l'envoyer 
pour détermination. — Malheureusement, ce document n'a pu nous 
être remis encore. — Si bien qu'il nous est impossible de donner la 
nature exacte de la Roche gravée. 

On a vu plus haut que E. de Fleury y voit du granité; mais cette 
détermination doit être inexacte, pour la raison qu'on lira plus 
loin. 

J'incline à penser, jusqu'à nouvel ordre, que la pierre est un Cal- 
caire Jurassique, assez dur et résistant, mais pourtant assez friable 
pour avoir subi les altérations ci- dessus mentionnées. 

V. — Géologie.— Nous avons essayé : 1° de retrouver la carrière où 
les matériaux avaient été pris pour construire le Monastère primitif; 

Ce qui m'a fait songer à cette hypothèse, c'est que, d'ordinaire, les pieds de 
cette forme [à gros orteil très marqué et détaché] se rencontrent d'ordinaire par 
paire et non isolé. — Mais il faut dire, d'autre part, que les pieds gauches [en ap- 
parence] se voient souvent isolés. Il est donc impossible de conclure d'une façon 
ferme. 

(1) Les dimensions du pied gauche de la Pierre à Mulol sont les suivantes : 260 
X 90 X 75 - — Mais sur ce P' ec * l' orte il est P eu détache. 

Les dimensions du Pied droit [apparence, bien entendu] sont plus fortes [270 
X 90 X 80 1- — Les Indices moyens sont par suite : 33.97 [33.33 + 34.61 : 2] et 
29.33 [29.63 + 28.84 : 2] . 

Cet indice 33.97 [= 34] s'éloigne plus de l'Indice réel [37.50] que celui du Pas de 
Dieu [37.09], et cela de plus de 3 points. — Or, pourtant, la paire de pieds est ici 
évidente ! — Il faut en conclure qu'au Pas de Dieu il s'agit bien d'un Pied. 

(2) La longueur de X orteil du pied droit (très net) de la Pierre à Mulot n'est que 
0,025 pour 0,270; soit 10/100 environ. Au : as de Dieu, elle est de 0,040 pour 0,310, 
proportion presque analogue (8/100). — Cela montre que la Cassure de la roche 
en ce point correspond, en somme, au sommet même de l'orteil. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 329 

2° de savoir si, sur les Rochers actuels y correspondant, il persistait 
encore des Gravures sur Rochers. 

a . Voici ce que nous avons appris de M. le P r J. Welsch, professeur 
de Géologie à la Faculté des Sciences de Poitiers, qui a bien voulu 
nous écrire ce qui suit, en ce qui concerne la première question. 

a 1° Autrelois, à Poitiers, on a exploité, pour les constructions, les 
Calcaires à silex du Jurassique moyen (Bajocien et Bathonien), qui 
occupent les pentes et les escarpements des vallées du Clain et de la 
Boivre, à Poitiers même pas de route pour aller plus loin]. 

Autour du Monastère de Sainte-Croix mais non pas de Sainte Ra- 
degonde), il y a des trous et excavations, à ce niveau géologique, qui 
ont très certainement donné la pierre aux ouvriers de Sainte-Rade- 
gonde. 

Les auteurs religieux se trompent, en parlant de granité ; le terme 
veut dire « roche dure», pour le vulgaire. 

2° Il n'y a pas de granité à Poitiers, ni à la Pierre Levée; mais il y 
a un affleurement, à 8 kilomètres au sud de la ville, à Ligugé, et, au 
sud, sur les deux bois de Clain [granité, avec granulite schisteuse, et 
porphyroïde, résultant de granité métamorphique] (1 . Ces roches 
n'ont pas été exploitées pour Poitiers ; je n'en ai jamais vu sur un 
mur quelconque ». 

b). On n'a jamais encore cité de Cupules, etc., aux environs de 
Poitiers. 

Conclusions. — Nous nous sommes borné ici, pour ne pas 
allonger cette note, à établir qu'il s'agit bien là : 1° d'une Empreinte 
pédiforme ; 2° d'une Gravure sur rocher véritable [Travail humain : 
Entaille; Polissage]; 3° et d'une œuvre artistique, datant de la fin du 
Robenhausien, mais probablement antérieur au Mégalithisme. 

C'est tout ce que nous voulions démontrer, aujourd'hui, pour le 
Pas de Dieu (2). 



III. — Légende et Pèlerinage. 

Origine de la Légende. — Comment a pu prendre naissance la 
Légende, étant donné ce que nous savons après l'étude scientifique 
précédente de ladite empreinte, et les autres faits analogues connus? 

Evidemment, de la façon suivante : 

1° Quand on a construit la Cellule de sainte Radegonde, dans le 
Monastère qu'elle avait londé vers 550-60, on y a placé un Dallage, 
avec des dalles de Calcaire. 

(Il II n y a pas d'autre affleurement que celui indiqué sur la feuille de Poitiers; 
et le granité (non indiqué) existe à l'extrémité méridionale. 

(2) Ce n'est pas, d'ailleurs, le lieu d'expliquer ces Gravures, car cela nous entraî- 
nerait beaucoup trop loin. — Nous y reviendrons plus tard. 



330 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

2° Cette dalle avait été prise, soit dans une carrière de Calcaire, 
voisine, à Poitiers, où il y avait des Gravures sur Roches de l'Epoque 
néolithique, et en particulier une Empreinte pédiforme; soit dans un 
Dolmen, présentant de telles gravures. 

3° Cette dalle, portant à sa face superficielle l'empreinte (la supé- 
rieure sur le Rocher), fut placée dans un coin de la cellule. 

4° Pour une raison quelconque, c'est à cet endroit précis que pria 
Sainte-Radegonde, le jour de 1' Apparition. 

5° L'Apparition eut lieu évidemment pendant une période d'Extase, 
dans des conditions bien connues des médecins s'occupant des Ma- 
ladies NERVEUSES. 

6° A son réveil, Sainte-Radegonde se rappela sa Vision, d'une 
part, et la raconta ; d'autre part, elle-même ou les personnes de son 
entourage remarquèrent alors la cavité, près de laquelle elle s'était 
agenouillée, et furent frappés de sa forme, insolite et spéciale (1). 

7° Immédiatement un rapprochement se fit dans leur esprit. 
Jésus-Christ avait voulu laisser la trace de son Apparition, et avait 
enfoncé son pied dans le « granit », comme dans une cire molle. — 
D'où : Miracle ! 

8° Dès lors, l'Empreinte pédiforme devint miraculeuse (1) et fut 
Christianisée (Chapelle ; Culte spécial, etc.). 

(1) Beaucoup de miracles de même ordre sont connus. Dans un ordre d'idées 
différent de celui des Empreintes pédiformes, on peut citer le Miracle de Sainl- 
Aubert, dans lequel Saint-Michel, enfonçant son doigt (cette fois) dans le crâne du 
Saint, comme dans de la cire molle [quoiqu'un os soit moins dur que la pierre], y fit 
un trou, qui n'est pas autre chose qu'une Trépanation néolithique guérie. C'est là 
la même idée sous une autre forme [Marcel Baudouin. Une trépanation préhis- 
torique sur un crâne considéré à tort comme celui d'un homme moderne. — Arch. 
prov. de Chirurgie, Paris, 1911, février, n» 2, p. 81-89, 2 Fig.]. 

(1) Les Miracles de Sainte-Radegonde, dont voici les principaux, sont tous du 
ressort de la Pathologie nerveuse [Voir les travaux de l'Ecole de Charcot]. 

I e Femme, riche, aveugle. Attouchement, r/uérison. [Femme atteinte d'Hystérie et 
A' Amaurose ; influence de la Suggestion]. 

2° Religieuse d'un monastère; ne peut pas faire un pas. — Rain chaud ; attouche- 
ment. [Femme atteinte d'Hystérie et de Paraplégie]. — Sort seule du Rain, guérie- 

3e Femme d'un charpentier, possédée du Démon. [Femme atteinte d'Hysléro- 
épilepsie]. 

4° Un arbre [un Laurier planté] ne grandit pas ; puis, tout à coup, il pousse. 
[Explication aisée, non médicale], 

5° Femme ; une Religieuse, qui a perdu la vue. — Une application d'un sachet la 
guérit [Amaurose], 

6° Une Religieuse paraît hydropique [Ce n'est qu'une Hystérique. Rationnement 
du ventre spécial]. Disparition subite. 

7° Vin d'un baril, qui ne se vidait jamais. [Explication facile, non médicale]. 

8 e Une Femme, en état de mort apparente. — Elle se lève tout à coup [Explication 
classique]. 

Il est probable que Sainte-Radegonde, femme très intelligente (ancienne Reine 
de France) diagnostiquait l'Hystérie chez les malades, avant d'agir ! 

Elle a, évidemment, sauvé bien des personnes, caria Foi guérit vraiment. 

D'ailleurs, les travaux récents, basés sur les fouilles des Sanctuaires médicaux 
(Temples d'Esculape) de la Grèce {Œsculapc, 1911, n° 5, p. 103) prouve que, dès 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 334 

Il est évident, en effet, que l'Empreinte du Pied existait antérieure- 
ment à la construction du Monastère de Sainte-Croix (1), [fondé au 
vi e siècle (vers 550) par Radegonde] sur la dalle de sa cellule (2) ! 
C'était une Gravure sur Rocher, néolithique comme les autres, 
correspondant, soit à un Mégalithe, soit à un bloc de Rocher fixe, 
qui tut détaché d'une carrière (lors de l'édification du Monument), 
là où l'on prit la pierre de construction (3) ; puis transformé en 
dalle de pavage de la cellule. Tout à coup, à un moment donné, — 
sans doute, du temps même de Sainte Radegonde (4 — on découvrit 
cette empreinte ; et on l'attribua immédiatement à une intervention 
miraculeuse, c'est-à-dire divine. Ce ne pouvait être que l'empreinte 
du Pied de Dieu, descendu des Cieux, pour venir se montrer à Sainte 
Radegonde, d'autant plus qu'elle est fort grande. 

De là est venue l'idée de l'Apparition de Jésus-Christ à Sainte- 
Radegonde ; de là les deux statues coloriées, les représentant encore 
dans l'Eglise actuelle ; de là le nom de Pas de Dieu ! 

Pèlerinage. — Sainte-Radegonde est toujours la protectrice de 
Poitiers. Chaque année, à l'époque de sa fête (13 août et jours sui- 
vants', les habitants des campagnes viennent à Poitiers, pour offrir 
leurs prières à la Sainte, accompagnés de leurs enfants ! — En effet, 
ceux quon fait passer sous son Tombeau doivent être préservés de tout 
danger et de toute maladie. 

Rapport du Pèlerinage et du Pas de Dieu. — Il n'est pas du 
tout certain que cette coutume de passer sous un Tombeau, qui se ratta- 
che au Culte des Pierres, et surtout aux Dolmens (5), comme l'a bien 
démontré H. Gaidoz dès 1882, se rapporte à l'Empreinte du Pas de 
Dieu elle-même. 

Et il n'y a, à mon sens, qu'un moyen d'expliquer ces deux faits, 
évidemment connexes : c'est de supposer que la Dalle de la Cellule de 
Sainte Radegonde provient, non pas d'un Rocher fixe, mais d'un 



cette époque, on opérait de la même façon ! Presque toujours — les Inscriptions le 
disent, — les malades avaient un Songe \Sommeil hypnotique], et, une fois réveillés, 
ils étaient guéris, tout comme à l'heure présente dans les centres miraculeux. 

(1) Ce Monastère est devenu l'Evèché, pour la partie abbatiale, c'est-à-dire celle 
réservée à Radegonde, l'abbesse. 

(2) Une petite Chapelle fut bâtie plus tard sur l'emplacement de cette Cellule ; 
elle se trouvait « dans la partie des jardins de l'Evèché que la nouvelle rue des 
Ponts-Neufs a séparé » [Chapelle du Pas de Dieu]. 

13) Ce qui explique la construction d'une Chapelle spéciale sur la dite Cellule 
de Hadeçonde. — Il y a souvent des Monuments religieux dans les endroits où il 
y a des Gravures sur Rochers. 

(4) On verra plus loin que nous choisissons l'hypothèse de Mégalithe. 

(5) Par superposition de culte ou transport de coutume d'un monument à un 
autre. — Les exemples sont fréquents ; par exemple : Tombeau de Sainte-Clotilde, 
en Normandie. 



332 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

pilier ou d'une table de Dolmen, ayant, sur sa face primitivement 
supérieure, une Empreinte de pied [comme au Dolmen de Gatine, à 
l'Ile d'Yeu; à l'Allée couverte de Commequiers (Vendée) ; etc.]. 

Dans ces conditions, on peut admettre : soit qu'il a existé un Dolmen 
à l'endroit où sainte Radegonde fit construire son Monastère (ce qui 
n'aurait rien d'extraordinaire et se voyait souvent vers 550 après 
Jésus-Christ) ; soit que cette dalle provienne d'un pilier du fameux 
Dolmen de la Pierre Levée de Poitiers, situé sur la rive opposée du 
Clain), c'est-à-dire sur un coteau voisin à l'Est (1). 

Cette seconde hypothèse pourrait être la bonne, puisque, d'après 
la Légende, ce monument célèbre est un présent de Sainte-Radegonde, 
et qu'on raconte que la sainte portait précisément la pierre, sur sa 
tête, et les Piliers dans son tablier de mousseline, quand l'un d'eux 
tomba par terre, et fut immédiatement emporté par le Diable. 

En tout cas, il semble qu'un rapport réel existe entre des Dolmens 
et Sainte-Radegonde, qu'il s'agisse du monument situé sur la rive Est, 
ou, à la rigueur, d'un autre détruit sur la rive Ouest du Clain, et 
jadis situé à la place du monastère. 

Conclusions. — Les réflexions précédentes montrent les rapports 
du Pas de Dieu avec la Médecine populaire et les Superstitions médi- 
cales, puisque le Pèlerinage, qui y a lieu encore, a pour but surtout 
d'obtenir la guérison des enfants. 

Certes, le peuple a tout mélangé : Empreinte pédiforme, dite 
miraculeuse (en réalité néolithique) ; Dolmen voisin (d'où elle prove- 
nait sans doute) ; Tombeau de Sainte-Radegonde (on sait que les 
Dolmens sont des tombeaux) ; tout cela pour s'efforcer de trouver un 
remède aux Maladies des Enfants, grâce à l'intervention d'une Divi- 
nité. — Mais la Préhistoire est intervenue ; et elle a jeté subitement 
une manifeste clarté scientifique sur cette affaire, au premier abord 
indéchiffrable ! — Le problème est désormais résolu. 

M. L. Jacquot (Grenoble). — Les pierres à sculptures ne présen- 
tent pas seulement des cupules, des écuelles ou des bassins et des 
traits, qui nous ont paru tantôt de véritables caractères alphabétiques, 
tantôt des signes de numération, ou peut-être de mystérieux points de 
repère pour les voyageurs. Le Congrès de Chambéry nous a montré 
qu'un type de gravure rupestre, très fréquent en France et en Suisse, 
était la représentation du Pied humain. A la suite de ces communica- 
tions, j'ai feuilleté nombre d'ouvrages, tant français qu'étrangers, et 
j'ai pu noter la présence de (h-avures pédiformes sur toute la surface de 
l'ancien monde. Après avoir rappelé pour mémoire le Pied d'Adam 
(sur le pic d'Adam, à Ceylan), et le Pied de Boudha (dans le péri- 

(1) Ne pas oublier qu'on a continué à graver sur sa table des inscriptions 
variées ! 



SOCfÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 333 

mètre du temple du mont Ihràbal, au Laos), je me suis souvenu avoir 
lu autrefois. dans un des volumes de la Société de Géographie d'Oran, 
si je ne fais erreur, qu'aux environs d'Ain Sefra il y aurait un rocher, 
portant aussi une gravure pédiforme. J'ai vainement demandé au 
cercle des officiers de cette garnison de me fournir quelques indica- 
tions sur la pierre en question ; il ne m'a pas été fait plus de réponse 
que pour la roche dite du Pied du Roi. qui se trouverait dans la 
forêt de Fontainebleau. 

Enfin, voici ce que je lis dans le Tome II du bel ouvrage de 
M. Mouliéras, intitulé Le Maroc Inconnu (p. 758) : « Tribu des Béni 
H'assan, fraction des Beni-Leit, montagne du Djebel Bou Hachem. 
— Moulaye Abd-es-Selam, patron du Djebala,... faisait des pas de 
10 à 15 kilomètres chacun... Un jour, son pied droit vint se poser 
sur un rocher de la forêt de Taïnza. L empreinte qu il g laissa est 
nette, caractéristique, profonde de m 08 environ; le Pied, admirable- 
ment dessiné, a ses contours ; et ses cinq doigts puissamment imprimés 
dans le roc. La superstition populaire a élevé autour de cette petite 
excavation un modeste enclos de pierres sèches, qui est devenu le but 
de nombreux Pèlerinages. » ■ 

M. Mouliéras ne se doutait pas. en écrivant son livre, qu'il allait 
fournir un curieux document à la Préhistoire. C'est là la preuve 
qu'un géographe ni un ethnographe ne doivent jamais négliger aucun 
détail, car ce qui indiffère à l'un peut être d'une grande utilité à 
l'autre. Mais quelle est donc la signification de ce Pied, qu'on ren- 
contre sur toute la surface du globe ? Est-il un souvenir, une marque 
tangible du passage des premières hordes nomades, venues d'Asie 
pour envahir l'Europe ? Que les Français qui seront appelés à étudier 
plus tard le Maroc veuillent bien recueillir ou signaler tous les 
documents de ce genre ! 

M. Marcel Baudouin. — Si notre collègue, M. Jacquot, avait pu 
prendre connaissance du formidable dossier que j'ai pu réunir sur les 
Gruvures pédiformes, son étonnement serait moins grand (1). Il y a 
longtemps que j'ai dit que les « Pieds humains » se rencontraient 
aussi bien dans 1 Amérique Centrale, Y Amérique du Sud, et YOcéanie 
qu'en Asie, en Afrique, et en Europe ! Il y en a partout .. C'est donc 
l'expression universelle d'une phase de la Mentalité humaine, à un 
moment donné, correspondant à un certain développement des cir- 

(1) Marcel Baudouin. — Pied du Diable. Int. Cherch. et Cur., 1903, 30 octobre, 
p. 617; 20déc, p. 941. — Moulages de Gravures (Pieds), découvertes à l'Ile dieu 
(Vendée). C. R. Acad. des sciences, Paris, 1909, 1" janv., CXLVIII, 407, 
15 février, p. 442-444. — Découverte et moulage d'un Pied humain sculpté sur une 
table d'allée couverte [Mégalithe de Gatine, Ile d'Yeu, F.). A. F. A. S., Congrès de 
Lille, 1909. Rés. des Trav., Paris, 1909, in-8°, p. 142. 



334 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

convolutions cérébrales ! Et voilà où interviennent encore l'Anato- 
mie, la Physiologie et l'Embryologie, que détestent tant les Archéo- 
logues officiels.... 

Mais je ne veux pas aujourd'hui discuter la signification des dits 
Pieds, quoique ma théorie soit établie depuis trois ans. Je me borne 
à renvoyer mon collègue à mes publications sur les Gravures de 
Sabots a"Equidés(l), qui sont aussi universelles que les Pieds humains, 
et qui ont une signification analogue (2). J'ajoute seulement que je 
n'admets ni YImportation de l'Idée (elle a germé partout dans des 
conditions anatomiques précises, mais non dans le même temps), ni 
l'hypothèse qu'il propose {traces de passage), au moins pour les Gra- 
vures préhistoriques (Néolithique, Cuivre et Bronze), si cette dernière 
opinion peut être soutenue, pour l'époque moderne et les Gravures 
de Fers de chevaux en particulier. 



Note sur une pendeloque néolithique 
trouvée à Liglet .Vienne). 

Par le D' 

Louis GOBILLOT (La Trimouille, Vienne). 

Au cours du VI e Congrès préhistorique de France, j'ai 
exposé, au Musée de Plessis-lès-Tours, dans l'une des vitrines qui 
furent si aimablement mises à la disposition des collectionneurs 
par le Docteur Ghaumier, une pièce au sujet de laquelle je désire 
faire une communication à la Société Préhistorique française. 

Il s'agit, en l'espèce, d'une petite pièce trouée, de forme un peu 
spéciale, appartenant très certainement à l'industrie néolithique 
du Montmorillonnais ; elle provient de Glandon p station intéres- 
sante, située dans la commune de Liglet, canton de la Trimouille, 
arrondissement de Montmorillon, non loin de la rivière de 
Benaise (Fig. 1). 

La rareté des pièces forées, dans ce qu'il m'a été donné de voir 
depuis quinze années de l'industrie néolithique régionale, la 
rareté parallèle de ces mêmes pièces dans les collections de Tou- 
raine, exposées à l'occasion du vi e Congrès, me lait croire que 
cette communication pourra présenter un certain intérêt. 

(1) Marcel Baudouin. — Découverte d'une Gravure de Sabot de Cheval de l'épo- 
que néolithique sur le Rocher du Grand Chiron, à l'Ile d'Yeu (Vendée). — Bull. Soc. 
Préh. de France, Paris, 1909, VI, 27 mai, n« 5, 238-260, 6 fig., 1 pi. hors texte. 

(2) Marcel Baudouin et A. Gousset. — Découverte de Gravures de Sabots d'Equi- 
dés sur rocher, au Pas du Roi, à Saint-Just (Ch.-Inf.). — VII e Congrès préhist. de 
France, Tours, 1910. Paris, 1911 [Voir p. 572]. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



335 



La forme générale de l'objet en question rappellerait un tronc 
de pyramide, si l'une de ses faces, au lieu d'être plane, n'était 




Ftg. 1. — Pendeloque| Néolithique de Liglet (Vienne). — Légende : I; L D, Face laté- 
rale droite ; — A, Face antérieure; — II, Autre Face ; — III, Autre Face ; — P Face 
postérieure ; - IV, Vue de trois quart ; - M, Mackûres. — Échelle : Grand, nat. 



336 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

convexe. Pour la description on peut lui considérer six faces : 
une face antérieure convexe ; une postérieure plane ; deux faces 
latérales planes, trouées à leur partie supérieure ; une face supé- 
rieure et une face inférieure. 

Les bords sont mousses et arrondis par le polissage, à l'excep- 
tion des bords droit et gauche de la face postérieure, qui présen- 
tent une arête plus saillante et un angle presque droit. 

L'objet pèse 132 grammes; son volume est très approximati- 
vement de 50 emc ; sa densité, déduite de la formule D = ~ est 
égale à 4 m 64. Il présente les dimensions suivantes : 

Longueur : ra 065 millimètres. 

ii à sa plus grosse extrémité m 029 millimètres, 
o ^ à sa plus petite extrémité ,n 021 millimètres. 

Epaisseur : ra 035 millimètres. 

Les diverses faces présentant des particularités sont : 

1° Les deux faces latérales, trouées comme je l'ai dit plus haut 
à leur partie supérieure, représentant les caractères très nets du 
forage intentionnel : forage à l'archet très probablement. 

Les deux trous ressemblent à deux troncs de cônes opposés 
par leurs sommets, et la trace de stries circulaires est encore 
visible dans la roche constituante. 

La face antérieure convexe présente des stries parallèles et 
légèrement obliques de gauche à droite. 

La face postérieure présente des stries verticales dans la moi- 
tié supérieure et une excavation peu profonde, à bords irréguliers 
dans la moitié inférieure : cette excavation semble un accident 
de fabrication, ou une défectuosité résultant d'un polissage incom- 
plet ; stries et excavation sont parfaitement visibles sur la photo- 
gravure ci-jointe {Fig. 1). 

La face supérieure porte quelques éraillures légères ; enfin la 
face inférieure porte des stries parallèles rectilignes plus pro- 
fondes qui s'accentuent, au niveau du bord antérieur, en une sorte 
de mâchure, d'écrasement donnant à la roche une coloration 
blanchâtre spéciale. 

Ces diverses particularités sont visibles sur les aquarelles 
jointes à ma communication. La pièce a une coloration générale 
brun verdâtre ; fraîchement lavée la coloration des parties 
vertes devient plus nette ; l'aspect général en est assez joli. 

Il est assez difficile de définir sa composition minéralogique 
par un simple examen macroscopique, car autant celui-ci est 
facilité par une cassure fraîche, autant il est gêné par un polis- 
sage datant de plusieurs milliers d'années. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 337 

La roche n'est pas homogène ; elle renferme des paillettes de 
mica blanc, extrêmement nombreuses, mélangées avec une 
matière vert émeraude et avec une autre brun ocracée. 

Pour M. VVelsch, professeur de géologie à l'Université de Poitiers, 
il s'agirait d'un schiste micacé à grenats grossiers ; la roche 
verte pourrait appartenir à une variété grossière de Béryl. Tout 
cela bien entendu demanderait à être confirmé par un examen 
plus précis, qui entraînerait la destruction ou l'altération de la 
pièce archéologique. 

La roche est assez tendre ; elle est rayée parle quartz et même 
par le verre. 

Il reste a dire quelques mots sur l'usage probable de cet objet. 

J'ai cherché, dans l'Iconographie robenhausienne en ma pos- 
session, des objets comparables. 

La planche 68 du Musée préhistorique de MM. de Mortillet, 
[Fig. 753) représente une pendeloque en schiste, provenant des 
prairies de Mées, sur le bord de l'Adour, qui paraît avoir avec la 
pièce en question certaines analogies. 

La figure 757 de la planche 69, qui représente une défense de 
sanglier perforée, présente aussi une forme générale et une dis- 
position de la perforation assez comparables. 

Il est plus que probable qu'il s'agit également ici d'une pende- 
loque, d'une amulette; et M. A. de Mortillet, à qui l'objet a été 
présenté par moi au cours du Congrès, a été très affirmatif à ce 
sujet. 

Son avis nous semble indiscutable. 

On pourrait se demander, cependant, si l'objet en question n'au- 
rait pas pu être utilisé également comme poids de filet, en raison 
du diamètre de l'orifice qu'il présente et qui peut admettre une 
cordelette assez forte, en raison également des mâchures de son 
bord antérieur et qui se trouvent sur le prolongement de la ver- 
ticale passant par son centre de gravité (on sait, en effet, que, 
dans les pyramides comme dans les cônes, le centre de gravité 
du solide est placée sur la droite qui joint le sommet au centre 
de gravité de la base, et aux trois quarts de cette droite à partir 
du sommet). 

Nous aurions ainsi l'explication des mâchures les plus profondes 
aux points les plus exposés aux frottements, et qui de par les 
lois de la pesanteur, doivent être les premiers en contact avec 
le sol. 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 22 



338 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Pseudo-nucléus et éclat de laitier, 

trouvé à Le Vivier, commune de Royan 

(Charente -Inférieure) (1). 

M. Arthur Gousset (Etaules, Charente-Inférieure). — J'ai 
l'honneur de présentera la Société : 1° Un pseudo-nucléus (Fig. 1) ; 
2° un éclat : tous les deux de même nature, trouvés dans le même 




Fig. 1. — Pseudo-nucléus de laitier. — Côté ^vec sorte de plan de frappe et éraillures 
de percussion. 

Fig. 2. Même pièce, côté opposé, avec plan de frappe et un conchoïde en creux. 

Fig. 3. — Même pièce, vue du dessous. 

champ, au lieudit : Le Vivier, commune de Royan (Charente- 
Inférieure). Ce lieu est situé entre la ferme du même nom (Le 



(1) Le morceau est cassé, à grands éclats, absolument comme un vrai nucléus 
même forme, mêmes éclats, etc]; — les confusions sont très faciles. 



SOCIÉTÉ PREHISTORIQUE FRANÇAISE. 



Planche I. 




HACHE POLIE A FACES ALTEREES. 
Provenant de Danemark (Grandeur naturelle). 



SOCIETE PREHISTORIQUE FRANÇAISE 



Planche II. 





Fig. i 



Fiq.H. 




FCg. III. 



HACHE POLIE A FACES ALTÉRÉES. 

Dessins montrant les parties plus dures formant érosions sur toute la surface de la hache. 

Fig. I et II. — Les deux faces de la hache. 

Fig III. — Un des côtés de la hache (1/2 Grandeur naturelle). 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRA>ÇAISE 339 

Vivier) et le quartier Saint-Pierre-de-Royan; il est resserré entre 
deux collines, formant un vallon étroit, se rattachant aux marais 
sur lesquels est bâtie la gare. Le sol est composé de terre très 
noire, formée en majeure partie d'humus : indiced'un séjourdans 
l'eau, comme du reste l'indique le nom : Le Vivier. 

C'est dans ce fond, près de la route qui la traverse, que M. 
Léger, jardinier à Saint-Pierre, a récolté les deux pièces. 

Le pseudo-nucléus a été recueilli le premier à la surface même 
du sol, où il attira l'attention par sa couleur et sa forme. L'éclat 
fut trouvé plus tard, à peu de distance, en retournant la terre. 
Jusque-là, l'ouvrier n'avait pas trouvé, ou n'avait pas remarqué, 
de pièces de ceite nature, dans le terrain, ni aux environs. 

Des découvertes d'objets en pierre polie ont été faites, sous 
des débris gallo-romains, dans le voisinage. Vu le lieu, à l'em- 
bouchure d'un grand fleuve, et surtout la nature imprévue de 
ces pièces en ces lieux, j'ai tenu à signaler le fait. 

J'en donne du une reproduction grandeur naturelle, en 
figurant de mon mieux le plan de frappe, les esquilles de 
percussion, et les traces des longs éclats qui en ont été détachés, 
pour montrer qu'une confusion est possible avec un vrai nucléus. 

Ce pseudo-nucléus est vert foncé au milieu et d'une couleur 
verte plus pâle surlesdeux côtés; il est cacholonné; son poids est 
de 240 grammes. 

Hache polie à faces altérées 
provenant du Danemark. 

PAK 

Louis GIRAUX (Saint- Mandé, S.). 

J'ai l'honneur de vous présenter une hache, provenant du Dane- 
mark, dont toutes les faces sont altérées. Cette pièce, de forme régu- 
lière, est assez plate. Sa longueur est de m 203 ; sa largeur au tran- 
chant est deO^OTô et au talon de m 045; sa plus grande épaisseur au 
centre est de O032 et celle des côtés est d'environ m 025; son poids 
est de 1045 grammes; sa densité est de 2,92. Cette hache est de 
teinte vert-noirâtre. La planche I en donne exactement la couleur 
et la représente de grandeur naturelle. 

La roche de laquelle est formée cette hache est peu communé- 
ment employée. J'avais montré cette pièce à plusieurs personnes, 
afin d'en connaître la nature ; deux d'entre elles m'indiquèrent 
qu'elle devait être en basalte, mais sans toutefois pouvoir l'affirmer. 

Je l'ai alors soumise à M. le Professeur Lacroix, du Muséum 
d'Histoire Naturelle de Paris, qui m'a déclaré qu'il lui était abso- 



340 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

lument impossible de déterminer de visu la roche dont elle était for- 
mée, et que, pour pouvoir la connaître, il était nécessaire d'en faire 
une préparation microscopique, qui lui permettrait d'en examiner la 
constitution, et, par suite, d'en établir la détermination exacte. 

J'ai donc fait enlever à l'une des extrémités de la pièce, du côté du 
talon, une certaine partie, dans laquelle une coupe mince a été pré- 
parée. M. le Professeur Lacroix en a fait l'examen microscopique et 
il y a reconnu les éléments suivants : Epidote. Amphibole verte. 
Chlorite. Titanomagnétite, se transformant en sphène. Feldspath 
(altéré). Quartz. Pyrite. 

L'ensemble de ces éléments a alors permis de déterminer que la 
roche était une Diabase modifiée. Mais, par ce terme de Diabase mo- 
difiée, il faut entendre que les éléments étaient modifiés lors de la 
constitution de la roche, mais qu'ils ne l'ont pas été après. Cette dia- 
base modifiée a été ensuite altérée ; mais seulement après avoir été 
employée à la confection de la hache polie. 

Cette analyse microscopique a également permis de connaître la pro- 
venance de la roche. La hache polie a été recueillie en Danemark; 
mais, dans ce pays, il ne se rencontre pas de diabases ; on en trouve 
beaucoup en Suède ; et l'on peut dire avec presque certitude que la 
roche avec laquelle a été faite cette hache provient de ce dernier pays. 

Cette pièce, d'aspect absolument rugueux, a été polie lors de sa 
préparation ; elle a été profondément altérée, car on peut y remar- 
quer des parties en relief, dues à l'érosion qui atteignent environ 
ni 003 d'épaisseur : elles sont nombreuses sur les deux faces, ainsi 
que sur les côtés. La surface de ces parties en relief est polie : ce 
sont donc bien là des témoins du polissage de la pièce. 

A l'extrémité de la hache, près du tranchant et en oblique par 
rapport à ce dernier, on constate une véritable ligne droite, bien en 
relief, qui s'étend de l'un à l'autre des côtés de la hache ; cette ligne 
en relief se présente sur les deux faces. Cette ligne est comparable à 
celle qui existe sur la pièce très intéressante qui a été présentée par 
Mme Crova, à la séance du 24 novembre 1910, et dont la description 
et les dessins figurent dans sa communication intitulée « Hache polie 
portant des sculptures par érosion », insérée dans le Bulletin de 
Décembre 1910 (pages 661 et suivantes). 

La Planche II représente les parties en relief formées par l'érosion 
sur les deux faces et sur l'un des côtés de la pièce que je vous sou- 
mets. 

D'après M. le P r Lacroix, cette altération s'est faite sur place; 
la pièce n'aurait été ni charriée, ni roulée. Les eaux ont dis- 
sous petit à petit les éléments les plus solubles et les ont enlevé 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 341 

au fur et à mesure. Les parties en relief sont celles qui étaient les 
plus dures et qui ont résisté à la décomposition. Cette décomposition 
s'est surtout effectuée sur l'élément feldspathique altéré et sur la 
chlorite ; elle a donné lieu à la formation d'une argile marneuse, qui 
a été enlevée par les eaux. La partie prélevée pour la préparation 
comportait une de ces parties en relief; et elle existe dans la coupe 
examinée au microscope que j'ai l'avantage de vous présenter. 

L'enlèvement de cette partie a été fait par sciage au fil d'acier ; le 
frottement de ce fil a, pour ainsi dire, poli la roche; et nous avons par 
ce fait une idée de l'aspect que pouvait avoir cette pierre polie. 

Dans la discussion qui a suivie la communication de Madame Crova, 
If. le D r Marcel Baudouin a fait remarquer la nécessité qu'il y 
aurait à étudier les haches polies par les méthodes nouvelles, c'est-à- 
dire par les procédés chimico-miscroscopiques. C'est également l'avis 
de M. le P r Lacroix qui estime que les déterminations, faites de visu 
pour les pièces de collections importantes et connues, sont erronées 
pour beaucoup. 

En résumé, l'étude chimico-microscopique de la pièce que je vous 
présente aujourd'hui a donc permis : 

l°De connaître tous les éléments constitutifs de la roche employée ; 

2'De pouvoir en faire exactement le diagnostic et de dire avec cer- 
titude le nom de la roche ; 

3° De connaître les éléments qui ont disparu et d'expliquer le pro- 
cessus de leur décomposition; 

4° De pouvoir établir d'une façon à peu près certaine la provenance 
delà roche. 

Dans cette diabase, la décomposition des éléments fieldspatiques a 
donné naissance, ainsi que je l'indiquais plus haut, à une argile mar- 
neuse, qui a été entraînée par les eaux au fur et à mesure de sa for- 
mation ; et cet enlèvement a toujours laissé la surface de la pièce à 
portée de décompositions successives et continues. Mais, qui dit 
décompositions dit transformations et combinaisons chimiques! 

Pour certaines autres roches, sur lesquelles les agents chimiques 
produisent des combinaisons résistant aux actions physiques et méca- 
niques, les nouveaux corps produits restent à la surface de la roche 
et s'y fixent en l'entourant plus ou moins complètement ; ils consti- 
tuent alors ce que l'on appelle la Patine. Cette question de la patine, 
dont il a été beaucoup parlé, n'a jamais été étudiée d'une façon spé- 
ciale ; des constatations, fort intéressantes assurément, ont été faites 
par quelques palethnologues. 

Il est à croire que les méthodes d'observations chimico-microsco- 



342 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

piques que nous avons actuellement pourront probablement nous 
permettre maintenant d'aborder cette étude d'une façon précise, et 
d'en tirer des résultats intéressants sur cette question, qui n'a jamais 
pu encore être solutionnée. 



I.ï» Préhistoire <Fe la Nouvelle Edition de la 

Touille d'Amas (1910) de la Carte géologique 

de France. 

PAR 

L. DESAILLY (de Paris), 

Ingénieur des Mines. 

La deuxième édition de la feuille d'Arras de la Carte géologi- 
que de France au 80000 e vient de paraître. C'est M. Gosselet, 
doyen honoraire de la Faculté des Sciences de Lille, qui a été 
chargé de revoir et corriger la première édition. 

Ayant accompagné ce savant dans quelques-unes de ses ex- 
plorations, j'ai relevé quelques coupes, et ramassé quelques ob- 
jets préhistoriques, qui sont pcit-être de nature à vous intéres- 
ser. 

Mais, avant de vous les soumettre, je voudrais vous dire quel- 
ques mots sur le nouveau classement des limons*, qui a été adopté. 



Lorsque les premières cartes du nord de la France ont été 
dressées, Elie de Beaumont était encore à la tête du service de la 
Carte géologique détaillée; et sa direction était aussi effective au 
point de vue scientifique qu'au point de vue administratif. 

Il y avait obligation, pour tous ses collaborateurs, de se confor- 
mer, pour toutes les questions de principe, aux solutions qu'il 
avait au préalable fixées ! C'était donc sur des idées théoriques 
que reposait le classement des limons, tel que vous les connais- 
sez, savoir : 

Dépôts meubles des pentes. 

Limons et graviers anciens des vallées. 

Limons et graviers des terrasses. 

Limons des plateaux. 

Argile à silex. 

Dans les nouvelles feuilles d'Arras, ces subdivisions arbitraires 
ont été supprimées et groupées sous le nom de Limon plèislocene. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 343 

« Il existe certainement, dit M. Gosselet, des limons d'âges 
a différents ; mais, dans l'état actuel de la science, il serait bien 
« difficile de les distinguer sur une carte au 80000 e ». Toutefois, 
dans la pensée qu'une carte géologique doit faire ressortir autant 
que possible la géographie physique, on a désigné spécialement, 
et par suite teinté avec des couleurs différentes: 1° le limon de la- 
vage (A), indiquant les vallons et vallées sans eau ; et 2° les allu- 
vions des rivières et cours d'eau (a a ), qui renferment souvent de 
la tourbe. 



Revenons maintenant aux Silex taillés. 

La légende de la feuille d'Arras indique qu'on a trouvé, à Cam- 
blain-l'Abbé, des silex du type de Saint-Acheul. Ce sont eux que 
je désire vous présenter, pour avoir votre avis à leur sujet. 

On les trouve en quantité considérable daus les nombreuses 
carrières de grès et de sable, qui existent sur le plateau de l'Ar- 
tois, formant les collines surbaissées, qui s'étendent du mont 
Saint-EIoi, à Estrée-Cauchy. 

Ces silex taillés sont tellement nombreux que, dans une seule 
carrière, située au lieu dit la ferme du Bois de la Vache (cote 
148), à Camblain-l'Abbé, l'instituteur de ce village, M. Bailly, 
eu a ramassé plus de cent. 




m^^im^ 



f-ig. 1. — Coupe théorique. 



Examinons les conditions de leur gisement. 

Les collines en question sont constituées par un massif de craie, 
riche en silex vers le haut, au sommet desquelles s'est déposé du 
sable éocène (étage Thanetien ou Landénien), qui renferme à sa 
partie supérieure des grès disposés en blocs volumineux disjoints, 
et stratifiés sur une ou deux rangées horizontales. 

Cette formation landenienne a été recouverte par le limon 
pléistocène, qui est constitué par un limon rouge ou panaché. 



344 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



contenant à sa base des silex brisés provenant de la craie sous- 
jacente, et des débris de grès landeniens. 

C'est ce limon qui renferme les silex taillés. 

Mais les dépôts que je viens de décrire ne sont pas restés dans 
l'état indiqué par la figure théorique présentée (Fig. 1). 

Presque partout, le sable a été entraîné par des courants dilu- 
viens ; les blocs de grès ont été déchaussés. Quelques-uns ont 
roulé sur la pente de la colline; d'autres sont descendus jusque 
sur la craie (Fig. 2). 




f / 



Hg. 2. — Coupe réelle. 



La surface de celle-ci a elle-même subi de profondes modifica- 
tions. Les eaux d'infiltration, chargées d'acide carbonique, ont 




Fig. 3. — Coupe d'une poche de la craie. 

exercé une action décalcifiante sur la craie. Cette action se pro- 
duisant d'une façon inégale selon les points, a creusé dans celle- 
ci des dépressions plus ou moins profondes, dans lesquelles s'est 
afiaissé le limon. Les blocs de grès ont pénétré dans celui-ci en 
raison de leur poids, et sont descendus jusqu'à la craie, en pre- 
nant des inclinaisons plus ou moins fortes et quelquefois en se 
renversant complètement. 



SOCIÉTÉ PRÉUIsTOMQUE DE FRANCK 345 

C'est en exploitant les grès dans ces poches, qui atteignent jus- 
qu'à 10 mètres de profondeur, qu'on recueille les silex taillés 
(Fig. 3). 

Pour les raisons que je viens de donner, il n'est pas rare d'en 
trouver sous les grès. 

C'est d'ailleurs, abrité sous un de ces blocs, que le squelette 
d'Ursus ferox du Musée de Lille a été trouvé dans une localité 
voisine (Beuvry). 

En dissolvant la craie, les eaux d'infiltration ont laissé à la sur- 
face de celle-ci une couche résiduaire d'argile noire peu épaisse, 
riche en silex entiers ou brisés, provenant les uns et les autres 
de la craie. 

On s'explique facilement comment la chute lente ou brusque 
d'énormes blocs de grès, pesant parfois plus de 10 tonnes, a pu 
esquiller les silex empâtés dans la craie, et leur donner la forme 
éolithique, qui vous a été signalée par M. Commont. 

Ces poches de craie sont d'ailleurs par leur contenu un véri- 
table chaos géologique; dans l'une d'elles, située sur le même 
plateau de l'Artois, j'ai ramassé des molaires de Rhinocéros ti- 
chorinus, un débris de hache polie, presque en contact avec une 
plaque de grès silicifié, pas trop rare dans la région qui nous oc- 
cupe, et qui porte les fossiles caractéristiques de l'Éocène moyen 
(étage du Calcaire grossier des environs de Paris) ! 

En signalant ce dernier fait, je veux simplement montrer qu'il 
faut apporter beaucoup de prudence dans l'étude des limons et 
graviers du Terrain quaternaire. 



Sur les pointe de cuisson 

de deux fragments de poterie, 

trouvés dans la Station magdalénienne 

de Beauregard. 



L. FRANGHET de Paris). 

Le D r Henri Martin m'a remis récemment deux fragments de pote- 
ries, trouvés par lui dans la Station de Beauregard, près de Nemours 
(Seine-et-Marne ; et, point capital, dans une couche qu'il a pu attri 
buer au Magdalénien (1). 

(t) Ces échantillons de poteries ont été présenté*» en 1909 au Congrès préhisto- 
rique de Beauvais, par le D r H. Martin. 



346 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Le premier de ces fragments a été découvert sur le sommet de 
la croupe de Beauregard, roche de cette station. 

Cette poterie a une épaisseur de 10 millimètres et ne contient 
pas d'éléments très grossiers. 

Elle a été cuite : ce qui est prouvé par le seul fait qu'elle a perdu 
sa plasticité ; ce que l'on peut voir en l'humectant avec de l'eau. 

La plasticité est le caractère distinctif d'une argile crue. Elle pro- 
vient de ce que l'eau, qui est introduite pour permettre le pétrissage, 
et appelée eau de façonnage, s'interpose entre les cristaux lamellai- 
res de la kaolinite, base de toutes les argiles, même les plus grossières, 
employées en céramique; ces cristaux peuvent ainsi adhérer les uns 
sur les autres. En outre, ils s'imbriquent les uns sur les autres et leur 
mobilité permel à l'argile de prendre et de conserver, par adhérence, 
toutes les formes qu'on lui donne. Cette adhérence et cette mobilité 
sont dues à un phénomène de capillarité, qui ne peut exister qu'à la 
condition que la kaolinite soit à l'état cristallisée. En même temps 
que la kaolinite, le mica qui se trouve dans la presque totalité des 
argiles, concourt également à la plasticité, lorsqu'il se trouve dans 
un état de très grande division, et cela, en raison même delà forme 
lamellaire de ses cristaux. 

Mais, si nous cuisons l'argile, il se produit, sous l'influence de la 
chaleur, une désagrégation complète des cristaux : désagrégation 
due à l'élimination de l'eau de constitution de la kaolinite, qui est 
formée de deux molécules de silice, d'une molécule d'alumine et de 
deux .molécules d'eau. 

Par conséquent, lorsque la chaleur aura désagrégé les cristaux, 
ceux-ci seront devenus pulvérulents, informes ; la disposition imbri- 
quée ne pourra plus avoir lieu, pas plus que la capillarité. Bref, la 
cause initiale de la plasticité n'existera plus. 

Voilà pourquoi une argile cuite ne peut plus être plastique! 

Or, l'élimination de l'eau de constitution commence à s'opérer à 400° 
et se trouve complètement effectuée à la température du rouge soit 600°. 

Donc, toute poterie dont la pâte a perdu sa plasticité a été cuite au 
moins à 400° ; et c'est le cas pour la poterie de Beauregard. 

La poterie trouvée dans ce gisement possède cette coloration 
brune particulière aux pâtes ferrugineuses, qui ont été cuites dans 
une atmosphère réductrice, et qui indique qu'il y a eu transforma- 
tion, plus ou moins complète, du peroxyde de fer en protoxyde et en 
oxyde ferroso-ferrique. 

C'est, à mon avis, à la présence de ces deux derniers oxydes de fer, 
qu'est dû le magnétisme de ce fragment céramique, qui fait dévier 
l'aiguille aimantée. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE «M 7 

Lorsque le D r Henri Martin présenta cette poterie au Congrès de 
Beauvais, il fît remarquer que la coloration brune est uniforme sur 
les deux faces du tesson. 

Or, en pratiquant une section dans l'épaisseur, on voit que la colo- 
ration brune la plus prononcée se trouve à la partie concave, qui 
formait l'intérieur du vase, et qu'à mesure qu'on se rapproche de la 
partie convexe, c'est-à-dire de la partie externe du vase, soumise 
directement à l'action du feu, cette coloration passe au brun clair, 
pour arriver graduellement au brun rougeàtre, dans la partie super- 
ficielle. 

Par conséquent, nous en pouvons déduire logiquement qu'au 
commencement de la cuisson, le feu a été réducteur par suite d'une 
combustion incomplète des gaz émanant du combustible, comme 
cela se produit toujours, non seulement dans un feu brûlant à l'air 
libre, mais aussi dans les fours les plus perfectionnés, 

Peu à peu, la température progressant, la combustion est devenue 
plus complète; le feu a donc pris une allure oxydante et les oxydes 
de fer, au minimum, qui s'étaient déjà formés, se sont de nouveau 
transformés en peroxyde. 

Mais, bien entendu, cette transformation a commencé à s'effectuer 
sur la partie externe du vase, celle qui était en contact direct avec 
le feu. Si la cuisson avait été prolongée un temps suffisant, la trans- 
formation se serait poursuivie à travers toute la masse; et la poterie 
eut été uniformément rougeàtre. 

Me basant sur les expériences que j'ai faites sur la cuisson des 
poteries et sur les transformations que subissent les différents oxy- 
des de fer, sous l'influence des gaz oxydants ou réducteurs, j'estime 
que le fragment de poterie de la croupe de Beauregard a été cuit 
vers 600'. 

Quant au deuxième fragment découvert par le D r H. Martin, non 
plus au sommet de la croupe de Beauregard, mais dans l'abri sous 
roche de cette station, il est d'une nature toute différente du pre- 
mier. 

Ce tesson représente le bord supérieur d'un vase, dont l'épaisseur 
était de m 004 et le diamètre, calculé d'après la courbe du tesson, de 
m 095. Ce faible diamètre explique le peu d'épaisseur des parois. 

Une pièce aussi mince a pu être fabriquée à la main et sans l'aide 
d'un tour. Parmi les nombreux exemples que l'on pourrait citer, 
parmi la céramique primitive, je signalerai seulement les poteries 
précolombiennes du Pérou, fabriquées entièrement à la main, cuites 
à feu libre, et dont l'épaisseur varie de ID 004 à m 006 pour un dia- 
mètre atteignant jnsqu'à m 15 ou m 20. 

La poterie provenant de la croupe de Beauregard ne contient pas 



348 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

de gros matériaux de dégraissage ; et ceux-ci consistent principale- 
ment en grains de quartz, arrondis, qui, peut-être, se trouvaient 
naturellement dans l'argile. 

Elle est imprégnée de charbon, dans toute sa masse; et ce charbon 
ne paraît pas provenir d'un enfumage prolongé, mais de charbon 
pulvérisé, et incorporé à la pâte au moment de sa préparation. 

En effet, lorsqu'une pâte a été soumise à un enfumage suffisam- 
ment prolongé pour que toute sa masse soit saturée de carbone, la 
coloration noire est moins foncée au centre qu'à la surface : ce qui 
est compréhensible. 

Au contraire, lorsque le charbon réduit en poudre a été ajouté 
directement à la pâte, celle-ci possède une coloration absolument 
uniforme. 

Cette poterie a été cuite, puisque, comme la précédente, elle a 
complètement perdu sa plasticité. Nous allons essayer de nous ren- 
dre compte de la température à laquelle elle a été soumise. 

J'ai démontré jadis que les poteries dont la pâte contient du char- 
bon ne peuvent être cuites au-dessus du rouge sombre, parce que, 
sous l'influence de l'élévation de la température, la combinaison du 
charbon et de l'oxygène emprunté à l'air, se fait très facilement, en 
produisant de l'acide carbonique qui se dégage. 

On peut donc en déduire que la poterie trouvée au sommet de la 
croupe de Beauregard a été cuite vers 500°. 



Dolmens et Tiunuli du Lot. 

PAR 

Armand VIRÉ (de Lac ave, Lot). 

La région des Causses, aussi bien les Causses du Quercy ou 
Causses mineurs, que les Causses du Gévaudan ou Causses majeurs, a 
été occupée dès l'époque néolithique par les constructeurs de méga- 
lithes. C'est par milliers que l'on trouve encore dans ces régions les 
dolmens et les tumuli, dont la plupart sont de dimensions exiguës, 
mais dont quelques-uns peuvent rivaliser avec les beaux spécimens 
de Bretagne (Etron de Gargantua, à Gramat; Pierre Martine, à Li- 
vernon, etc.). 

Malheureusement, la majeure partie a été, soit fouillée méthodi- 
quement par Delpon, au commencement du xix e siècle et par Pru- 
nières, Bergougnous, Castagne à la fin du même siècle; soit ravagée 
par les bergers ou les chercheurs de trésors. Sans être toujours 
d'une grande précision, les travaux des premiers nous renseignent 
tout au moins sur les objets trouvés et souvent sur le lieu même de 
la trouvaille, tandis que les déprédations des autres n'ont abouti qu'à 
priver la Préhistoire de ces régions de précieux éléments d'informa- 
tion. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 349 

Il y aurait eu, peut-être, une troisième catégorie de fouilleurs, qui 
tout en enlevant les objets d'ethnographie qui nous seraient précieux 
aujourd'hui, nous ont laissé au moins la forme et la construction 
même de ces monuments. 

D'après Delpon (1), les Goths auraient eu des prêtres spéciaux, 
dont la fonction aurait consisté à faire ouvrir les tombes anciennes, 
pour en retirer les matériaux présentant une valeur monétaire ou 
industrielle, tout en respectant les ossements. 

« On voit, par un passage de Cassiodore, qu'une des attributions 
des Savons des Goths était de faire ouvrir les tombeaux où l'on soup- 
çonnait des trésors, et de faire respecter en même temps les cendres 
des morts. Il est donc à présumer que les Wisigoths, lorsqu'ils furent 
maîtres du Quercy, firent faire des recherches sous les tombeaux 
druidiques de cette contrée ». 




Fig. 1. 



N ' I. Plan et coupe du Dolmen suus luuiuius du l'ecli de Ouurtiières. 
Plan et coupe du Dolmen sous Tumulus des Divinaudes. 



Nous ignorons si cette opinion est fondée; mais nous lui attribue- 
rions volontiers au moins une certaine vraisemblance, et d'après la 
conscience scrupuleuse de cet auteur, que nous n'avons jamais 
trouvée en défaut, chaque fois que nous avons pu vérifier ses asser- 
tions, et aussi d'après une fouille dont nous allons rr rler, et qui 
semble de nature à confirmer les dires de Delpon. 

Dans un rayon de quelques kilomètres nous avons examiné de près, 
ou fouillé lorsque l'apparence extérieure s'y prêtait, 23 dolmens et 
tumuli. Sur ce nombre, 12 étaient manifestement vidés et en partie 
détruits; 8 ont été reconnus violés dans des temps vraisemblablement 
récents; 1 enfin, et c'est de celui-là que nous parlerons en premier, 
qui a été violé et reconstitué avec un certain rite; 2 seulement étaient 
intacts. 

Le Tumulus des Divinaudes est à la limite des communes de La- 
(i) Delpon. —Statistique du sol. — Paris, Bachelier, 1831, t. I,p. 393 (en note). 



330 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

cave et de Meyronne, à 400 mètres N.-E. environ, de la métairie des 
Divinaudes, à la tête d'un ravin, qui aboutit aux sources du Limon, 
propriété de M. Rougié, du Bougayrou. Alt. : 150 mètres. Alt. de 
la vallée de la Dordogne : 98 mètres. Petit monticule de 7 mètres de 
diamètre, m 30 de haut, composé de pierrailles. Vers le centre, il a 
été rencontré l'angle d'un petit dolmen intérieur, mais sur les côtés 
S. et E. les dalles manquaient totalement. La dalle de recouvrement, 
si elle a existé, est absente. 

Tout l'intérieur a été bouleversé jusqu'au roc, et la terre, que Ton 
rencontre généralement au tond des tumuli, a été ici mélangée à la 
pierraille, et le tout a été fortement tassé par les infiltrations. 

Au centre a été trouvé un tas d'ossements plus ou moins brisés, 
appartenant à toutes les parties du squelette, et soigneusement posés 
en un petit tas assez régulier. 





Fig. 2. — Polissoirs de grès, etc., ,'u Tumulus 
de Divinaudes. 



Fig. 3. — l'asoir de bronze. 



De nombreux fragments de poterie brune et noire, très soignée et 
ornée, gisaient ça et là parmi les débris, sans qu'on ait rien pu re- 
constituer. De minuscules fragments d'oxyde de cuivre, de moins de 
2 millimm., se sont rencontrés en diverses places, prouvant l'exis- 
tence ancienne d'instruments de cuivre ou de bronze qui ont été 
enlevés jadis. Enfin vers l'angle des deux dalles, cinq fragments d'un 
grès très tendre, utilisés comme polissoirs. Dimensions maxima : 
in 105 X m 055 X 0»035. Dimensions minima : 0">085 X ,n 040 
X m 030. Un minuscule grattoir de silex, une défense de sanglier 
raclée et appointée et un fragment de bois de cerf, dont l'extrémité a 
été frottée et polie, composent tout le reste du mobilier. 

Tout cet ensemble nous montre que nous avons affaire à un tumu- 
lus de l'âge du bronze, violé à une époque inconnue, mais dans lequel 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 351 

les ossements ont été replacés suivant un rite, après que la sépul- 
ture a été débarrassée de tous les objets pouvant avoir quelque valeur. 

A quelques dizaines de mètres sont deux dolmens d'environ l'"50 
de haut, complètement vidés ainsi que quelques tumulus que nous 
nous proposons de fouiller ultérieurement. 

A quelques mètres au nord, était un Cayrou de dimensions à peu 
près analogues, que nous avons vidé, sans y rien rencontrer qui put 
nous indiquer si nous avions affaire à un tumulus vrai ou à un 
simple épierrement. Nous ne le faisons pas entrer en ligne de compte 
dans la statistique des tumuli. 

Dolmens du Pech de Gourbières. Ils s'élèvent aux limites des 
communes de Lacave et de Rocamadour, (Alt. 340 mètres;, au bas et 
au S-O. du mamelon appelé Pech de Gourbières, près du carrefour 
de deux chemins antiques de Lacave à Gramat et de Rocamadour à 
Mérignac-le-Frankal, dans la propriété de M. Calvel de Mérignac. 

L'un d'eux est composé de quatre grosses pierres dont trois forment 
les côtés, et une le recouvrement. La dalle du côté E. a disparu. Vidé 
à une époque qui ne paraît pas ancienne. 

Le second avait l'apparence d'un gros tumulus bien régulier de 
21 mètres de diamètre sur l m 80 de hauteur. Une tranchée nous mit 
en présence d'une dalle épaisse, qui nous sembla former la paroi 
d'un dolmen. La fouille fut reprise alors par le haut, où nous ne 
trouvâmes aucune trace de dalles de recouvrement. 

Tout l'intérieur fut vidé, mais nous ne trouvâmes que d'innom- 
brables et minuscules fragments d'ossements humains mélangés, à 
tous les niveaux, aux pierrailles de comblement. Il semble qu'on se 
trouve là encore en présence d'une sépulture anciennement violée, 
sans que les fouilleurs aient pris le même soin qu'aux Divinaudes 
pour remettre les ossements en place. 

Dimensions des dalles. Côté N.-O. : 2 m 10 X m 50 X l m 50, et l n, 10 
X m 90 X l m 50. Côté S.-E. : l m 50 X m 40 X 1"40, et 2^10 X m 30 
X l m 45. Côté N.-E. : l m 50 X m 40 X l m 50.Côté S.-0.(2 dalles acco- 
lées) : l m 50x m 40 X l ra 40, et l m 30 X 0"'35 X 1*45. 

Commune de Padirac. — A 500 mètres S.-O. du Puits de Pa- 
dirac, deux gros dolmens complètement vidés autour desquels des 
amas de pierrailles font présumer qu'ils furent jadis enfouis sous 
tumulus. 

A 500 mètres X. E., Cayrou de l'Homme Mort, petit dolmen sous 
tumulus, formé de dalles dressées de champ peu épaisses, formant 
une chambre d'environ 2 mètres de long sur m 70 de large, entière- 
ment vidé. 

A 1 kilomètre N.-E., sur le Pech de la Croix d'Hélène, une ving" 
taine de très petits monticules de quelques décimètres seulement 
de saillie; sept ont été fouillés ; six n'ont donné que des débris insi- 



352 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

gnifiants d'ossements humains très friables, mélangés aux pier- 
railles, un seul de 4 mètres de diamètre, sur m 70 de saillie a 
donné un squelette en place, tellement friable que rien n'en put être 
recueilli 

Les ossements, non protégés par une couche importante de terre 
ont été dissous par les eaux pluviales de telle sorte qu'au moindre 
choc ils tombaient en poussière. 

Près de la poitrine, était un rasoir de bronze de m 07 X m 06. 

Commune de Souillac, le Camp de VHoste. Sur ce terroir, nous 
avons fouillé un tumulus de 1 mètre de saillie, 3 mètres de diamètre. 
A m 30 de profondeur, a été trouvée une poterie fragmentée, qui a 
pu être reconstituée ; elle est brunâtre, à pâte assez fine, en forme de 
coupe de m 20 de diamètre {Fig . 4) . 




Sctnt'. 

Fig. 4. — Coupe en terre du Tumulus du Camp de l'Hoste. 

Même commune, la Vie Rouge ou Bio Routze. Un tumulus sem- 
blable au précédent fut touillé- jadis par Ernest Rupin; il y fut trouvé 
des Iragments de cuir encore adhérents à du bronze ; ils sont con- 
servés au Musée de Brive. 

Même commune, la Tour de Dourzole, dans l'enceinte signalée dans 
notre Inventaire du Lot (1). Fragments d'os indéterminables. 

Ces trois derniers tumuli sont dans les propriétés de notre ami 
Julien Valat. 

— Commune de Carennac, tumulus de Magniagues, près de Ylgue 
de Magniagues. Fragments d'os insignifiants. 

Même Commune, au Noutari, dolmen de 1 mètre de saillie, 4 mè- 
tres de long, fouillé depuis longtemps. 

— Commune de Lacave, sur \ePech de Lacave, petit dolmen sous 
tumulus de l u, 80 environ de longueur, formé de petites dalles plates 
dressées de champ ; fouillé depuis longtemps. 

Commune d'Autoire, au N.-O. et près des maisons du hameau de 
Siran, dolmen de 2 mètres de haut, complètement vidé. 

Tel est à ce jour le bilan assez maigre de nos recherches dans les 
dolmens et tumuli du Lot. Nous espérons pouvoir dans l'avenir re- 
tirer de leur étude des documents plus importants. 

(1; Inventaire du Lot, n° 53. — Séance du 27 février 1908, p. 79. 



30 



SÉANCE DU 22 JUIN 1911 



Présidence de M. L. COUTIL. 



I. — PROCÈS- VERBAL DE LA SÉANCE 



M. le Secrétaire donne lecture du Procès-verbal de la dernière 
séance [25 Mai 1911]. — Le Procès-verbal est adopté. 

A l'occasion du Procès-verbal, diverses notes sont remises sur le 
Bureau par MM. S. Clastrier, Jousset de Bellesme, Rouxel, 
Pagès-^llary, Stalin, Jacquot, Marcel Baudouin. 

Correspondance. 

Envoi de Cartes postales préhistoriques. — M. Hauser (Dordogne). 

Lettres d'avis de découvertes. — M . Roseville des Grottes. 

Erratum. — M. Rouxel, de Cherbourg, à propos de sa communi- 
cation sur un atelier de fabrication d'anneaux en lignite à Macqueville 
(Manche), rappelle qu'il Ta présentée, le 20 avril 1911, à Caen, au Con- 
grès des Sociétés Savantes de Paris et des Départements. — Cette 
communication fort intéressante sera imprimée in-extenso dans le vo- 
lume du Congrès de Nîmes, auquel elle est destinée. 

VII e Congrès préhistorique de France s 
Session de Mîmes [6-1 S août 1911]. 

M. le Secrétaire Général dépose, dans la salle des séances, des 
exemplaires du Programme général du Congrès (Circulaire IV), qui 
contient le détail des Excursions et le prix de chacune d'elles. Les 
trois excursions finales coûteront respectivement 19 fr., 20 fr., et 23 fr. ; 
toutes se feront en Automobiles et seront très faciles. 

Il rappelle que le Congrès s'ouvrira, à Nîmes, le Dimanche 6 Août 
1911, dans l'après-midi, et que les Excursions seront exclusivement 
Préhistoriques, et non pas purement gallo-romaines, comme on s'est 
plu à le dire. 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRA>ÇAISE. 23 



354 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

VI e Congrès préhistorique de France : 
Session de Tours (191 0). 

Par suite d'un retard, dû à des causes absolument imprévues, le 
volume des Comptes-rendus du Congrès de Tours n'a pu être adressé 
que ces temps derniers aux membres souscripteurs. 

Certes, ce retard est exagéré; mais il est exclusivement dû à l'Impri- 
merie. Nous osons espérer qu'il ne se reproduira pas l'année pro- 
chaine. — Depuis le 20 juillet, le volume est en vente au prix habituel 
de trente Francs. 

Protestations adressées à la Société à propos 
de la l .oi sur la Liberté des Fouilles. 

Les Sociétés, énumérées ci-dessous, nous ont fait parvenir leurs' 
protestations (1) : 

8o° Société d'Emulation de Montbéliard, — 8i° Académie des Sciences, 
Belles-Lettres et Arts de Tarn-et-Garonne. — 82 Société d'Histoire et 
d'Archéologie de Valognes. — 83° Société d'Histoire Naturelle du 
Doubs. — 84° Société Archéologique du Maine. — 85° Société 'des Amis 
des Arts et des Sciences de Tournus (Saône-et-Loire). — 860 Société d'Ému- 
lation des Côtes-du-Nord. — 87 Société d'Agriculture, Commerce, Scien- 
ces et Arts de la Marne. — 88° Société Archéologique de Bellac : le Dol- 
men Club. — 89 Société de Géographie commerciale de Bordeaux. — go° 
Société Nivernaise des Lettres, Sciences et Arts. — 91 ° Académie des Scien- 
ces, Arts et Belles-Lettres de Caen. — 920 Société Archéologique du Ven- 
domois. — g3° Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau. — g4° Comité 
Flamand de France. — 96° Société des Antiquairesde Picardie, d'Amiens. — 
$6° Société Historiqueet Scientifique des Deux-Sèvres. — 97° Société Scien- 
tifique, Historique et Archéologique de la Corrèze. — 98 Société d'His- 
toire naturelle et de Palethnologie de la Haute-Marne. 

Admission de nouveaux Membres. 

Sont proclamés. Membres de la S. P. F, : MM. 
Pingault (Camille), Le Grand-Pressigny, Indre-et-Loire. 

[Gaurichon. — J. RougéJ. 
Société Jerseyaise [M. E. Toulmin Nicolle, Secrétaire], 

Jersey (Angleterre). [L Coutil. — M.Baudouin]. 

L. Brunehant, archéologue, Pommiers (Aisne). 

[O. Vauvillé. — A. de Mortillet], 
Begouen (Le Comte), château des Espas, par Saint-Girons (Ardèche); 
et 16, rue Vélane, Toulouse (Haute-Garonne), 

[H. Martin. — E. Hue]. 

(1) Consulter à ce sujet le Bulletin de la S. P. F. du 22 Dec. 1910 et celui du 23 
Février 1911. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 355 

Dons îi la Société. 

M. Chapelet (Paris) (1). — Vous avez remarqué, Messieurs, comme 
moi, les deux superbes photocollographies, qui accompagnent la 
communication de M. de Givenchy, notre sympathique secrétaire, 
sur l'outillage paléolithique de la terre à briques du Tillet (Seine-et- 
Marne). — Ce n'est pas la première fois qu'il gratifie notre Bulletin 
de planches semblables, par lesquelles il semble nous mettre, pour 
ainsi parler, sa collection en poche. Je suis heureux d'être votre 
interprète pour remercier M. de Givenchy et lui exprimer la recon- 
naissance de la Société préhistorique Française pour cette nouvelle 

libéralité. 

Bibliothèque. 

La Bibliothèque de la Société Préhistorique Française a reçu les 
ouvrages suivants : 

Commoxt (V.). — Niveaux industriels et fauniques dans les couches 
quaternaires de Saint-Acheul et de Mohtières. Niveaux de V Industrie de 
Vâge du Renne dans les limons du Nord de la France. Le Moustérien 
dans le Nord. — VI e Congrès préhistorique, Tours, 1910, 99-115. — 
Tiré à part, 1911, in-8°, 1 p., fig. 

Commont (V.). — Note sur les Tufs et les Tourbes de divers âges de 
[a vallée de la Somme. Mode de formation et chronologie d'après la 
faune et l'industrie que renferment ces dépôts [Extr. des Ann. de la Soc. 
de Géol. du Nord, 1910, p. 210-248, 9 nov.]. — Lille, 1910, in-8°. 

Commoxt (V.). — Note préliminaire sur les Terrasses fluviatiles de la 
vallée de la Somme. Epoque de l'Apparition de l'Homme quaternaire 
[Extr. des Annales de la Soc. Géol. du Nord, t. XXXIX, 9 nov. 1910, 
p. 185-210]. — Lille, in-8°, 1911, fig. 

Commoxt (V.). — Les gisements paléolithiques oTAbbeville [Stratigra- 
phie. Faune. Industrie humaine. Situation par rapport aux terrasses flu- 
viatiles de la Somme] [Extr. des Annales de la Soc. Géol. du Nord, 
1910, p. 249-292, t. XXXIX, 9 nov., Lille, 1911, in-8°, fig. 

Marlot (H.). — Les pelotes stomacales des Léporidés [Extr . Bull. 
Proc. Verb., Soc. Hist. nat. d'Autun, 1911]. — Autun, in-8°, 4 p. 

Coxil (P. A.). — Contribution à l'étude du passage du Moustérien à 
PAurignacien en Gironde : Station de la Verrière (Gironde) [Extr. Rev. 
Anthropol., 1911, mai n° 5, 182-188]. — Paris, Alcan, 1911, in-8°, 
2 figures. 

Lewis (A. L.). — On some dolmens of peculiar types in France and. 
elsewheve [Extr. Journal of. Roy. Anthr. Int. of great Britt. a Ireland, 
1910, XL, 336-348]. — London, 1911, in-4°, fig. 

(1) Paroles prononcées à la Séance de Mai 1911. 



356 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Franchkt (L.). — Le projet de loi sur les foui/les archéologiques 
[Extr. de l'Homme Préhistorique, 1910]. — Paris, in-8°, 1911, 4 p. 

Présentations. 

A. de Mortillet et Passemard. — Caillou roulé simulant une 
hache polie. — Discussion : MM. A. de Paniagua; Ballet. 

Albert Gahen (Le Havre). — Pierre à aiguiser en schiste. — Dis- 
cussion : MM. Doigneau ; Chapelet. 

A. Bertin (Paris). — Silex de Chamigny (S.-et-M.) et Bézu-le- 
Guéry (Aisne). — Discussion : MM. A. de Mortillet ; A. Doigneau. 

Communications. 

0. Desmazières (Segré Maine-et-Loire). — Les haches plates et 
l'origine de l'industrie préhistorique du cuivre dans le département de 
Maine-et-Loire. — Discussion : MM. L. Coutil, A. de Mortillet, 
Ch. Guéneau, L. Franchet, Marcel Baudouin. 

L. Coutil (Eure). — Une épingle à hélière de l'âge du Bronze, 
trouvée dans la Seine près de Rouen. — Discussion : M. A. de Paniagua. 

Dubus (Neufchâtel-en-Braye, S.-L). — Sur l'outillage paléolithique 
du Tillet (S.-et-M.). 

Clastrier et Icard (Marseille). — Fouille du Camp retranché de la 
Cloche au Pas-des- Lanciers (B.-du H.) \ Prise de date]. 



IL — NOTES ORIGINALES ET DISCUSSIONS. 



Une intéressante Pièce de Cbelles. 

M. Ph. Reynier (Lizy-sur-Ourcq). — J'ai l'honneur de présen- 
ter d'abord une intéressante Pièce de Chelles, trouvée dans la 
sablière Bourgeois. 

Cette pièce présente certaines particularités de taille, que nous 
devons noter; ce petit fait a son importance, car, en examinant 
bien les pièces que nous récoltons, principalement dans les gise- 
ments non remaniés, nous pouvons nous apercevoir que la taille 
diffère pour les unes et les autres, tout en n'étant pas des mêmes 
époques. 

Ce fait semble s'être produit par suite de la différence des 
roches. Ainsi, celle que je présente est un silex du calcaire, que 
l'on nomme vulgairement Meulière bâtarde, très commun aux 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 357 

environs de Chelles, de Lagny à Dampart .; ce calcaire fournit 
une bonne pierre, où se trouvent de beaux blocs de silex, souvent 
très rubanés, dont le clivage produit de belles lames; mais il 
faut avoir beaucoup de prudence, pour ne pas détruire la forme 
que Ion veut donner à la pièce. Ainsi, pour celle que je présente, 
l'ouvrier a évité, en connaisseur, toutes les parties qui auraient 
pu produire un clivage grossier et qui aurait déformé la pièce et 
l'aurait rendu inutilisable. 

La partie dont le clivage a pu se faire régulièrement se voit par 
une belle taille bien régulière ; il n'en est pas de même de l'autre 
partie, où l'on voit une taille grossière. 

Ce fait, je l'ai remarqué souvent sur des pièces de Chelles, et 
d'ailleurs. Ces simples remarques nous semblent indiquer que les 
tailleurs de silex de Chelles avaient une longue habitude de la taille, 
et connaissaient bien la matière première qu'ils employaient ! Ce 
qui semble bien démontrer que les Hommes qui taillaient les silex 
de Chelles n'étaient pas des débutants. D'ailleurs certaines pièces 
chelléennes ne sont-elles pas extrêmement fines, et surtout très 
fragiles! Il fallait donc que le tailleur fut très habile, pour pouvoir 
terminer son outil sans le casser. Sur les pièces de Chelles, nous 
ne voyons pas, lors même qu'elle sont grossièrement taillées, 
cette hachure ou écrasement, qui forment la taille des Éolithes, 
que nous trouvons à Ocquerre et à Vendrest. — Notre Chelléen 
était donc déjà un artiste tailleur de pierres ! 

Au point de vue minéralogique, il est intéressant de remarquer 
que presque toutes les pièces trouvées à Chelles sont en silex 
local : pas positivement à Chelles, car le sol que forme le terri- 
toire de Chelles est composé de diluvium ; mais sur les collines 
avoisinantes, où le silex du calcaire de Brie est très commun. 

En ce qui concerne le silex du Calcaire de Champigny, qui a 
fourni aussi de nombreux et beaux échantillons, on en trouve des 
blocs dans leDiluvium; les assises de cette roche sont bien carac- 
téristiques sur les bords de la Marne, au tunnel de Chalifert. 

Le silex du Calcaire de Champigny est caractérisé par son bril- 
lant, qui, étant nouvellement taillé, est extrêmement tranchant', 
mais, en restant à l'air, il devient entièrement blanc. J'ai, dans ma 
collection, plusieurs pièces de Chelles, qu'à un superficiel exa- 
men on pourrait croire taillées dans un bloc de Calcaire ! 

M. Marcel Baudouin. — J'insiste sur la portée scientifique de 
la remarque faite par M. Ph. Reyxier. — Il est bien certain qu'on 
a taillé la pierre avantle Chelléen ;il reste à trouver les gisements 
des époques Préchelléennes. 



358 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Haches plates d'Eure-et-Loir. 

[Prise de date], 

M. Jousset de Bellesme (Nogent-le-Rotrou). — Il est peut-être 
utile de publier le décalque des deux haches plates, de cuivre et de 
bronze, de ma collection. — Elles proviennent d'un endroit appelé 
Marolles, aux environs de Nogent-le-Rotrou (E.-et-L.). 




Fig. 1. — Deux haches plates d'Eure-et-Loir. 

Ces pièces ont été évidemment apportées dans le pays du Perche, où 
le seul minerai qu'on rencontre est la Limonite, très exploitée à l'épo- 
que Halstattienne, et plus tard à l'époque Gallo-romaine, pour l'ob- 
tention du Fer. 

Leur poids est de 265 grammes pour la hache en cuivre; et de 
90 grammes pour la hache en bronze. 



Deux. Haches en bronze de la Marne. 

M. Ph. Reynier (Lizy-sur-Ourcq). — Je présente deux Haches 
enbronze, qui ont été trouvées dans la Marne, près du village de 
Tancrou. — Le village de Tancrou fait partie du canton de Lizy- 
sur Ourcq, qui en est à 3 kilomètres. En cet endroit, la Marne 
forme plusieurs petits îlots, qu'à l'époque préhistorique, on a 
dû utiliser pour le passage de la rivière. Plusieurs fois, en dra- 
guant près de ces îlots, on a trouvé des objets préhistoriques, soit 
en silex, soit en bronze ; les pièces que je présente proviennent 
de dragages. 

A Jaignes, la Marne forme également plusieurs petits îlots. En 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 359 

1837, des ouvriers, employés pour le compte de M. Piquety, 
beau-père de notre collègue, M. E. Taté, trouvèrent, en draguant, 
à Jaignes, une belle lance, qui fut vendue à un habitant de Jai- 
gnes, et par la suite à un brocanteur parisien. 



Découverte d'une Hache en silex 
dans les Ardennes (1). 

M. A. Collaye Signy-l'Abbaye, A.). — J'ai découvert, à Signy- 
l' Abbaye Ardennes , lieu dit « La Fosse aux Lions », dans un talus 
du chemin de fer départemental de Wasigny à Mézières, une petite 
hachette polie, en silex. Elle gisait là au milieu du talus d'une hauteur 
de 3 mètres environ. J'ai cherché dans les environs et dans le talus; 
je n'ai pas trouvé d'autres objets préhistoriques. Le terrain, en cet 
endroit, se compose, comme tout le pays environnant, de bancs ar- 
gileux, marneux et calcaire, appartenant à la formation oolithique 
du Jura. — On n'y rencontre jamais de Silex. Les fouilles seraient 
difficiles; l'eau filtre partout au milieu des pâturages. 

On n'a jamais trouvé d'objets de l'âge de la pierre à Signy-l'Ab- 
baye. L'endroit, où gisait cette hachette, se trouve, par le chemin de 
fer départemental, à une distance de 29 kilom. 700 de la gare de 
Mézières. A noter qu'à un kilomètre de là se trouve un petit lac, 
d'environ 150 mètres de diamètre, au sommet d'une montagne, sur 
la limite des versants de la Meuse et de l'Aisne, à la cote 246. 

Aucune source visible ne l'alimente et son niveau reste constant. 



Deux meules à broyeurs, trouvées en place 

à Vernelle (S.-et-M.). 

M. Ph. Reymer (Lizy-sur-Ourcq). — Sur le territoire de Ver- 
nelle, hameau de la commune de May-en-Multien, à 200 mètres 
du village, se voit plusieurs emplacements de foyers, au centre 
d'une station préhistorique. Après un labour profond, j'y ai trouvé 
une petite meule, avec son broyeur. La petite meule est un frag- 
ment de grès des argiles plastiques, assez commun dans la vallée 
de l'Ourcq. Ce qui lui donne bien son caractère de moulin, c'est 
la taille en forme de cuvette. Le petit broyeur est un de ces 
rognons siliceux, que l'on trouve à la base saumâtre du Calcaire 
de Saint-Ouen, et qui sont assez communs sur le territoire de 
Lizy-sur-Ourcq. 

Il me semble qu'il y aurait certain intérêt à récolter un certain 

(1) Séance do 11 Mai 1911. 



360 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

nombre de ces petits moulins, car beaucoup ont été utilisés, tout 
en étant préhistoriques, par les Gallo-romains. Du reste, à Mairy- 
sur-Marne et à Ocquerre, on les trouve sur des emplacements 
préhistoriques et romains. Ce sont deux petites meules plates, 
intentionnellement taillées ; mais les meules à cuvettes, avec 
broyeurs arrondis, sont moins communs. Néammoins, j'ai pu en 
réunir une belle série ; quelques-uns de ces petits moulins à 
cuvettes sont des sortes de cupules, agrandies par l'usage du frot- 
tement d'un broyeur rond. 

En Préhistoire, il ne faut rien négliger. Ceux surtout qui, 
comme moi, peuvent explorer plusieurs fois et retourner sur les 
stations ou ateliers, qui sont renseignés sur la situation géolo- 
gique, donnant la composition des roches utilisées pour les pièces 
que l'on trouve dans ces stations, rendent les plus grands ser- 
vices à la Science. — Je fais actuellement une étude sur la situa- 
tion stratigraphique des Eolithes, dans une région qui le prouvera 
amplement. 

Découverte d'une station romaine dans le Var. 

[Prise de date]. 

M. Bout de Charlemont signale un gisement archéologique, 
découvert par lui au sommet de l'Agache, suite de trois mamelons 
rocheux situés à l'est des ruines de Tauroenlum et du site actuel 
de la Petite Madrague de Saint-Cyr (Var), où il a reconnu un éta- 
blissement romain, composé de plusieurs fours à chaux (au moins 
une demi-douzaine), aux environs et dans les décombres des- 
quels il a recueilli de nombreux débris de grosse poterie de l'épo- 
que : fragments de panses, pieds, anses, cols, bords et fonds 
d'amphores et de dolia, ainsi que plusieurs morceaux de moulins 
en basalte. Sur l'un des sentiers qui mènent au gisement, et dans 
l'étendue de celui-ci même, M. Bout a ramassé plusieurs mor- 
ceaux de bords de vases, décorés à la barbotine, quelques menus 
fragments d'une coupelle campanienne, et deux débris de poterie 
grecque. 

Il paraît certain que les fouilles en cet endroit donneraient des 
résultats fort satisfaisants. M. Bout espère pouvoir s'y adonner 
quelque jour. Mais il verrait sans déplaisir tel ou tel de ses con- 
frères concourir à ces travaux ; et le propriétaire du site ne se 
refuserait sûrement pas à étendre, sur la demande de M. Bout, à 
d'autres chercheurs l'autorisation qu'il a bien voulu aimablement 
octroyer à ce dernier. C'est en recherchant en ces lieux les traces 
d'un établissement ligure ou indigène si l'on aime mieux, qui 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 361 

ne peut, d'après notre confrère, ne pas y avoir existé, tant les con- 
ditions d'un habitat ancien s'y trouvent, selon lui, réunies, que 
M. Bouta été amené à faire la découverte de ce gisement, dont, 
nul, dans le pays, n'avait jusqu'alors soupçonné l'existence. 



Découverte de Tumuli en Corrèze. 

[Prise de date]. 

M. A. Mczac a noté, sur le territoire de Saint-Privat (Corrèze), 
deux tumuli: l'un (parcelle n°298, les Couailles) à un kilomètre du 
hameau de la Vergne, ayant été éventré par une tranchée, a mon- 
tré un noyau de pierrailles et des cendres; l'autre (n° 480, 
Bruyère de la Gane), à 500 mètres au Nord du village duBos, est 
intact et a près de 10 mètres de haut et 50 mètres de grand 
diamètre. 

I.e mot Cro en Préhistoire. 

M. Stalix ;de Beauvais, O.). — Nous devons remercier l'éminent 
linguiste qu'est M. de Paniagua de l'étymologie, raisonnée et 
savante, qu'il nous a fournie du terme Cro dans le dernier Bulletin. 

Nous sommes d'accord avec lui, quand il tire des syllabes « Cra, 
Cré, Cro » la racine onomatopéique de mots exprimant l'idée de « Pierre, 
de dureté, de résistance et même de bruit». L'on trouve évidemment 
réunies dans ces syllabes, les sensations d'effort, de pesanteur et de 
bruit, provoqués par le soulèvement d'objets lourds. 

A l'appui de la thèse si documentée de notre confrère, il est facile 
de signaler ici de nombreuses expressions, provenant des mêmes ra- 
dicaux et ayant par cela même une identique signification. Nous n'en 
donnerons pas la liste intégrale, car cela nous entraînerait trop loin; 
et nous tenons à ne pas abuser de la place réservée aux discussions. 

1° Radicaux Cra et Cre,avec le sens de pierre, de dureté et de ré- 
sistance. En Allemand : Kreide (craie), Kraft ;force) ; En Anglais : 
Crag (rocher, roche) ; En latin : Crater (bassin de fontaine), Cra- 
terites (pierre précieuse), Crepido piédestal, socle); En Français : 
Crépi (enduit). 

2° Mêmes radicaux avec le sens de bruit. En Allemand : Kraheln 
(gratter), Krazchen (croasser), Kràhen (chanter , Krùhe ; corneille) ; 
En anglais: Crash (fracas), to creak (crier), Crimp (cassant , to Croak 
croasser), Crow (corneille^, Crush (choc', to Craze (écraser) ; En 
latin : Crepitare (crépiter), Crepare (croquer), Crepulus (résonnant 1 , 
Crepundia Sistre ; équivalent du français Crécelle), Crocatio et Cro- 



362 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

citus (croassement), Crotalium (castagnette), Cribare (sasser), Cri- 
bellare (tamiser, cribler). 

3° Radical Cal, avec le sens de dureté et de pierre. En Français : 
Calcaire, Calcédoine, Caillou ; En latin : Cala (pierre) ; Calcea 
(chaussée empierrée); Calculus (petite pierre, calcul), Callaïs (tur- 
quoise); Callere (avoir des durillons), Callis (chemin pour le bétail); 
Callimus (pierre d'aigle). 

4° Radicaux : Cla, Cli, Clo, dérivés de Cal, avec le sens de bruit, de 
dureté, de pierre. En Allemand : Kliiffen (japper), Klammer (cram- 
pon), Klangvoll (sonore), Klingen (sonner), Klinge (lame d'épée), 
Klieben (fendre), Klimpern (tinter), Klippe(écueil, roc), Kilppschenke 
(cabaret borgne, partant bruyant), Klippschule (école enfantine), 
Klage (plainte), Kloben (crampon), Klopfer (heurtoir) ; En anglais : 
to Clatter (criailler), to Clap (claquer), Clang (cliquetis), Claymore 
(glaive, épée), Cliff (falaise, rocher), to Clink (tinter); Clip (soufflet); 
En Français : Claquer, Clapet, Clapoter, Clinquaillerie ; En provençal : 
Clapier, Clapas, (enceinte ou amas de pierres). 

A ces diverses citations il convient d'ajouter quelques termes, 
dont l'initiale par un mécanisme connu a remplacé le C. En 
Anglais : Glass (verre), Gleek (musique), to Grind (broyer), Gruff 
(bourru), Grumbler (grondeur) ; En Allemand : Grabe tombeau) ; 
En Français : Grappin, Griffe, Grabat, Gravier, Grès, Granit ; En 
latin : Gravis (lourd), Granus (grain), Gladius (glaive), etc. 

Beaucoup d'expressions géographiques, commençant par les 
syllabes précitées, ont, sans nul doute, la signification de « pierre » ; 
mais peut être faudrait-il faire quelques réserves au sujet de cer- 
taines d'entre elles. En ce qui concerne le nom de Creil (Oise), lati- 
nisé dans les vieux textes Credulium, nous estimons qu'il vient du 
gaélique Craig dhu (rocher noir), appellation encore portée par une 
commune du Comté de Perth (Ecosse). 

M. L. Jacquot (Grenoble). — Auprès de Thonon existe une 
cuvette, desséchée depuis peu de temps et dont le sol, encore 
tremblant, est formé d'une épaisse couche de tourbe. Un étroit 
couloir permet aux eaux pluviales de se déverser dans l'Oucion, 
ruisseau qui coule sur la terrasse s'étendant entre le lac et les pre- 
mières collines. Une pierre à cupules existe sur la pente orientale 
du couloir. L'endroit est appelé par les indigènes Crotte-au-Loup . 

Ce nom s'expliquerait par l'étymologie que le D r Pratbernon 
donne aux mots croz et crot, qu'il fait dériver du celtique cro, 
boue, ou croosum, crotum, creux, ravin, fossé, lagune, mare. 

Quelqu'un peut-il me dire pourquoi on trouve tant de lieux dits 
appelés Chante-Louve et Chante-Merle? Il n'y a pas eu plus de 
loups que de renards, plus de merles que de pies ou de corbeaux ; 
les loups, en tout cas, n'ont jamais passé pour chanter. Ne faut- 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 363 

il pas voir dans ces noms une corruption de mots celtiques, ayant 
un sens tout différent ? 

M. Marcel Baudouin. — Cela est bien certain. Mais le mot 
d'origine peut être aussi bien ligure que vieux celtique ! — Pour 
élucider ces questions, il faut faire d'abord des Vcoabulaires très 
soicrués, donnant toutes les étapes historiques des mots; nous 
discuterons après. 



Discussion sur les Empreintes pédi formes. 

M. L. Jacquot. — a) Pieds humains. — Dans l'église de Lans- 
le-Villars (Savoie), au pied du col du Mont-Cenis et dans les 
environs des superbes Pierres à sculptures de Pisselarent et de 
Chantelouve (voir les brochures de M. L. Schaudel), un tableau 
représente Jésus en croix. Au pied de la Croix est une pierre, 
portant une empreinte de pied. 

b) Empreintes de fers de cheval. — En face du château de Blo- 
nay, à Grande-Rive (prèsEvian), sur la plage, est un bloc de ro- 
che dure, avoisinant une source ferrugineuse. — La légende ra- 
conte qu'un baron de Blonay, poursuivi sur la côte Suisse par 
des ennemis, leur échappa en lançant son cheval dans le lac. 
Monture et cavalier traversèrent, tout bardés d'acier, les quatre 
lieues d'eau qui séparent les deux bords du Léman, et vinrent 
atterrir auprès du rocher en question. En prenant pied, le che- 
val laissa l'empreinte de son fer dans la pierre, où je l'ai vaine- 
ment cherchée! 

Les fers que représente la figure de l'Exposition M. Baudouin à 
Tours sont bien des Fers de Chevaux] ce sont des demi-cercles. 
Les prétendues empreintes de la Pierre à Bonnet, dont il a été 
question Tan passé, sont des Disques. Il ne peut y avoir de com- 
paraison à faire entre les deux types d'excavation. 

Note. — Quelqu'un connaît-il la roche du Pied du Roi dans 
la forêt de Fontainebleau? 

M. M. Baudouin. — Il faut remercier M. L. Jacquot de ces 
deux observations, très intéressantes. — Il faudrait faire l'his- 
oire de ce Tableau ; cela en vaut la peine. — La Légende du Châ- 
teau de Blonay est à rapprocher de celle du Saut de la Pucelle à 
Vaudemont (Vosges) ; mais là, comme à Tourronde, les Gravures 
de Fers de chevaux [étaient-ce bien des fers, ou des Empreintes 
non ferrées ?] sont aujourd'hui détruites. Quoiqu'il en soit, ces 
gravures sont préhistoriques [Pierre, Bronze, ou Fer). 



364 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

A propos du Hochet gallo-arverne. 

M. L. Jacquot. — En voyant la Fiçure 1 du Bulletin n° 5 (p. 310), 
ma première impression a été que j'étais en présence d'un de 
ces dés-toupies à quatre faces, dont chacune porte un chiffre, avec 
lesquels, dans mon enfance, nous nous amusions à gagner (ou à 
perdre!) des plumes ou de petites images. — J'ai beau m'ingénier, 
je ne puis y voir de hochet : l'objet est si petit qu'on le tiendrait 
malaisément et qu'un baby serait trop tenté de le mettre dans 
sa bouche. Je me rappelle que ma bonne me fabriquait des jouets 
semblables avec de la mie de pain : mais ils n'étaient pas creux, 
cela va sans dire ! 

M. Marcel Baudouin. — Je rappelle que l'habitude de faire 
des objets de cette sorte en mie de pain existe à Paris comme 
dans toute la France. 



L.e Chien en Préhistoire. 

M. Stanislas Clastrier (Marseille). — « Il y avait les Crapotines 
et, à la fin du mois, pendant la Canicule, qu'on considérait comme 
une divinité, on sacrifiait à celle-ci des Chiens roux, dans le but 
d'épargner des chaleurs trop vives. » 

Cette note est copiée dans le journal Le Radical (de Marseille) du 
29 juin sous la signature Robert Delys (Art. intitulé : Juillet). 



Gravures sur Roches dans in grotte d'Arudy 

(Ilassesl'yrénéfs) 
[Aurignacien et Magdalénien]. 

[Prise de date] 

M. Roseville des Grottes vient de faire une intéressante décou- 
verte dans la Grotte préhistorique d'Espalungue, à Arudy. Il s'agit de 
Gravures pariétales, qui se trouvent sur un bloc de rocher dans la 
salle dénommée « salon de Rotonde »,côté gauche du milieu. Ces gra- 
vures représentent une tête d'auroch, et un cheval à épaisse et longue 
crinière. Des membres de la tribu magdalénienne, qui occupaient 
très probablement cette caverne, avaient installé, autour de ce gros 
bloc tombé de la voûte, un petit atelier de taille, selon l'usage qu'ils 
en avaient; et cette surface pierreuse leur servait de table pour poser 
leurs outils d'os et de silex. La terre grasse et noirâtre, mélangée de 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 365 

charbons, indiquait bien là un foyer. M. Roseville a également 
retrouvé dans les débris des fouilles des burins du type d'Aurignac, 
des lames de silex à pointe aiguë et des grattoirs-marteaux semblables 
à ceux que les abbés Buissonie ont retirés de la « Comba del Boui- 
tou », près Brives : ce qui tendrait à indiquer que la caverne fut 
d'abord habitée par une tribu de Y Aurignacien supérieur, ayant pré- 
cédé les Magdaléniens, artistes graveurs. D'après le Nouv. de Bor- 
deaux, 27 mai 1911 . 

Coutumes française : l'Inhumation des Mort-nés. 

M. Georges Baquié (Nissan, Hérault). — Je viens exposer à mes 
collègues de la Société Préhistorique Française une sorte d'usage, ou 
de rite peu connu, arrivé traditionnellement jusqu'à nous (peut-être 
depuis les temps préhistoriques , et qui va bientôt disparaître de nos 
campagnes. C'est encore dans l'Ariège que j'ai pu apprendre ce qui 
va suivre. - Dans les campagnes souvent fort reculées, dont des mé- 
tairies éloignées, et des hameaux misérables forment souvent une 
commune, il n'y a ni docteur, ni sage-femme. Le paysan ne se 
soigne qu'à la dernière extrémité, ayant plus de souci de la santé de 
ses animaux que de celle de sa famille. Une naissance a lieu à l'im- 
proviste: et le nouveau-né paye de sa vie le manque de soin, dont la 
mère a été l'objet ; ou bien c'est un monstre, qui lui aussi ne fait que 
passer en ce monde. 

C'est alors que, par crainte de lame du mort, par respect pour 
l'être qui vient de mourir, pour ne pas susciter sa colère, et pour 
lui être agréable, qu'on va l'ensevelir pieusement dans une fosse, 
creusée sous l'escalier qui conduit à la chambre, pour qu'il reste 
toujours dans sa famille, près des vivants. 

N'est-ce pas là une curieuse image des temps préhistoriques, 
dont les Lois actuelles arrivent avec peine à empêcher l'accomplis- 
sement ? 

Une épingle à bélière de l'âge du bronze dans les 
dragages de la Seine aux. environs de Rouen. 

[Prise de date], 

M. L. Coutil (Saint-Pierre-du-Vauvray). — A la séance du 22 
décembre 1910, nous avons présenté une série d'armes et d'objets, 
trouvés dans les dragages de la Seine, aux environs de Rouen, 
notamment une longue épingle à bélière, à tète plate et ronde, 
avec partie médiane aplatie et ornée de fines lignes formant des 
losanges entrecroisés. Nous l'avions rapprochée d'une autre 
épingle, reproduite par John Evans, dans son Age du bronze 
(p. 399 _ Fig. 457), provenant de l'Irlande; mais nous n'avions pas 



366 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

cité une autre épingle reproduite à la page précédente (Fig. 454), 
offrant à peu près la même ornementation et mesurant m 194, au 
lieu de m 27. Son moyen d'attache diffère légèrement ; le renfle- 
ment de la partie centrale est percé, au lieu de présenter une 
sorte de petite patte. Par une coïncidence bizarre, cette grande 
épingle est aussi incurvée ; et M. Francks (que cite J. Evans) a 
supposé que cette déformation était intentionnelle; cette épingle 
a été trouvée dans la Tamise, à l'embouchure de la rivière 
Wandle (comte de Surrey) ; elle ressemble surtout à l'épingle 
trouvée à Amiens, de la collection J. Evans. 

Cet auteur a cité aussi, page 398, une épingle de même forme, 
ornée de la même manière et munie d'une bélière ; elle a été 




Fig. 1. —Epingle en bronze avec bélière latérale. 

trouvée dans un tumulus des environs deLewes; la tète est large 
avec une bosse. 

Il cite aussi une autre épingle incurvée à la pointe; la tète 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 367 

porte un morceau d'ambre ; sur le côté existe une attache ou 
bélière ; elle a été trouvée, dans une mine, près de la rivière 
Fowey (p. 397). Certaines épingles germaniques portent aussi 
une petite attache sur le côté ; elles sont décrites par Lisch 
(Freder Francise, pi. XXIV, 5, 6). 

Nous présentons aujourd'hui une autre épingle, différente de 
forme et incurvée presque à angle droit, vis-à-vis de la bélière, 
d'une manière peu artistique {Fig. 1); mais cette courbure est-elle 
intentionnelle? Si elle était redressée, elle mesurerait m 24 de lon- 
gueur; sa tète est massive, ronde, en olive très oblongue, avec 
l'extrémité aplatie; elle est ornée de seize filets saillants; sa forme 
est également rare. La patine noirâtre nous ferait croire plutôt 
qu'elle vient des tourbières, comme les suivantes, que du lit de la 
Seine près de Rouen, ainsi que le croit M. Taurin, de Rouen, 
qui en est propriétaire. Elle se rapproche surtout d'une épin- 
gle trouvée à Arry, canton de Rue (Somme), collection Dimpre à 
Abbeville, de celles des Baux-Sainte-Croix (Eure) (1), et aussi de 
celles de Plainseau, du Musée d'Amiens, mais qui n'ont pas d'at- 
tache latérale. Cette dernière découverte en a fourni deux autres, 
avec attache latérale, et de plus petite dimension: l'une unie, l'autre 
avec partie annelée et rappellant un peu celle que nous présen- 
tons ; elles sont aussi au Musée d'Amiens. Elles ont été reprodui- 
tes par M. l'abbé Breuil dans son 4^e du Bronze dans le bassin de 
Paris [L Anthropologie, 1907, XVIII, p. 514, Fig,l,2, 3, 7,9 et tO). 

Nous avons fait exécuter un croquis par M. Commont de 
l'épingle de Plinseau ; elle diffère du dessin de M. l'abbé 
Breuil (1). Ces dernières épingles étaient associées avec des 
haches à douille et à ailerons : ce qui démontre qu'elles sont de 
la fin de l'âge du bronze. 

Nous avons tenu à signaler cette grande épingle courbée, de 
forme différente, munie aussi d'un petit anneau pour la 
fixer. Il est permis de supposer que ces épingles étaient sans 
doute destinées au vêtement, qu'elles étaient en outre fixées au 
moyen de l'anneau, et constituaient peut-être des fibules primi- 
tives, qui précédèrent les fibules à arc orné aussi de côtes paral- 
lèles. Nous avons tenu à les grouper pour la première fois et à 
provoquer une étude générale de ces parures ; car l'étude de 
M. de Saint-Venant, sur les Antiques Epingles a Bélière, est 
consacrée à des épingles ayant des attaches au sommet de la 
tête, et non sur le côté. 

(1) L. Coutil. — L'âge du bronze en Normandie et spécialement dans les départe- 
ment* de l'Eure et de la Seine-Inférieure.— 1899, p. 37 et 49, PI. V, Fig. 8 et 9, des 
Baux-Sainte-Croix (Eure). 



368 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



Discussion sur l'Industrie du Cuivre (suite), 



M. Stalin (de Beauvais). — Au cours de la discussion termi- 
nale de la communication de M. Zaborowski (1), notre collègue, 
M. Marcel Baudouin, émettant la théorie d'un Centre vendéen 
d'invention et de fabrication de Haches plates en cuivre, énonçait 
qu'un seul moule de hache de cette forme, — découvert en Mor- 
bihan — , était connu (2) en France. — Mais, pour l'Europe, qu'on 
me permette de donner les indications suivantes. 

Le Catalogue du Musée national d'Edimbourg (3), publié en 
1876, donne, en effet (4), la représentation de deux moules 
de haches plates. Le même ouvrage indique, comme existant 
à cette époque audit Musée (5), vingt-trois haches plates d'origine 
écossaise, et quarante-quatre, provenant d'Irlande. John Evans, 
d'autre part, en son Age du bronze (6), signale six moules, trou- 
vés en Angleterre et en Irlande; et deux moules, recueillis à 
Bodio dans le lac Varède. — 11 s'ensuit donc que les Iles britan- 
niques, exportatrices de cuivre dès le premier âge du bronze, — 
selon M. Charles Read (7) — possédaient, elles aussi, entre le 
nord et l'ouest, un, sinon plusieurs, centres de fabrication de 
haches plates, et pouvaient pour cette raison faire également 
commerce de ces dernières avec le continent. 

M. Marcel Baudouin. — A l'une des dernières séances de 
l'Académie des Inscriptions (23 juin), M. le P r Vasseur (de Mar- 
seille), a fait connaître l'existence d'une mine de Cuivre, située 
dans les garrigues de l'Hérault, près de Cabrières : mine qui a été 
exploitée pendant la période du Bronze. Cette antique exploita- 



(1) Bull. Société Préhistorique Française, séance du 23 février 1911, p. 165, et 
167. 

(3) Catalogue of Antiquities in the National Muséum of Ihe Society of Antiquaries 
of Scotland. — Royal Institution Edimburg, 1876. 

(4) P. 87. 

(5) P. 88-89. 

(6) John Evans. — Age du bronze : instruments armes et ornements dé la Grande 
Bretagne et de l'Irlande. Traduction W. Battier. — Paris, Baillière, 1882 [p. 467 et 
suivantes]. 

(6) « L'extrême rareté de 1 etain pur et du cuivre, dans les découvertes Scandinaves 
« de l'âge du bronze, laisse supposer que le bronze à cette période, était importé. 
« L'analyse démontre, en effet, qu'une partie provient de l'Europe Centrale, l'autre 
« des Iles britanniques » (British Muséum. A guide to tbe antiquities of the 
bronze âge in the Department of British and Medianal Antiquities. London, 1904, 
p. 103, g 2). 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 369 

tion, dénommée « Les neuf Bouches », se trouve vers le sommet 
de la hauteur de Bellarade. M. Vasseur a recueilli, à l'entrée et 
aux alentours de cette mine : 323 outils primitifs, en pierres très 
dures [quartz et quartzites), qui ont servi à concasser et broyer 
le minerai [azurite et malachite). Sur le versant méridional de 
la colline, on voit, à 600 mètres environ de la mine, quartier de 
la Roque-Blanche, une Grotte sépulcrale, renfermant une très 
grande quantité d'Ossements humains, associés à des poteries de 
t-dge de bronze. L'auteur estime que cette grotte a servi de sépul- 
ture aux mineurs de Bellarade ! C'est la première fois, écrit 
M. Vasseur, qu'on peut fournir la preuve qu'une mine de Cuivre 
a été exploitée, en France, a cette époque. 

Qu'on me permette d'ajouter que M. L. Davy a signalé l'exploi- 
tation de mines d'Etain en Maine-et-Loire, et qu'on a signalé 
une mine de Cuivre à Murs (Maine-et-Loire), comme le répétera 
tout à l'heure notre collègue, M. O. Desmazières (1). 

M. Pagès-Allary. — Les Haches ! Bien réfléchir, en écrivant, 
sur une question de Préhistoire, son avis en peu de mots, résu- 
mant les déductions principales, ne suffit pas ; car diverses 
idées, pensées ou réflexions, qui restent ainsi muettes, 
échappent au lecteur, qui n'a pas l'occasion ou le temps de les 
faire, en lisant. C'est pour cela que quelques collègues pourront 
me faire la juste observation que signaler une différence, et bien 
l'énoncer, « pour le mot Hache », n'est pas suffisamment démons- 
tratif. 

Il faut, en effet, montrer une distinction de la hache utilisée 
par choc, et la hache utilisée par pression : soit la hache propre- 
ment dite, et la hache-outil, le tranchet, par exemple. Qui de 
nous cependant n'a pas coupé du papier avec le fil d'un tranchet 
en pierre, appelé Hache? 

Pour raisonner juste, il faut voir juste; c'est le moyen d'avoir 
un bon point de départ, pour étudier l'origine du cuivre et du 
bronze, actuellement trop basée sur la Forme, et pas assez sur le 
fond. Or si, même sur la forme, on confond un marteau avec un 
couteau, et que l'on frappe — ou table — avec le couteau en le 
considérant comme marteau, il est clair que les conclusions tirées 
des formes et des dimensions de ce dernier ne peuvent être ni 
bien justes, ni bien nettes pour l'autre ! 

C'est le cas des déductions, sur la base, unique et vague, 
qu'est le mot « Hache », actuellement, en Préhistoire. 

Pendant les périodes ou civilisations : Néolithique, Cuivre et 

(1) Voir son travail, qui ne pourra paraître qu'ultérieurement, en raison de sa 
longueur. 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 24 



370 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Bronze, il y a, dans les outils appelés « Haches préhistoriques », 
Haches plates surtout : 

1° La matière, employée à ces différentes phases ; 

2° La forme et les dimensions de cette matière et des divers 
coefficients de sa résistance au choc et à l'usure, puis de son état 
de présentation et abondance naturelle dans le sol, et enfin celle 
de son emmanchement, pour la plus grande commodité de ses 
usages et la généralité de ses emplois les plus fréquents ; 

3* Mais, avec la technique de fabrication, il y a celle de I'utili- 
sation. — C'est la plus importante et la plus caractéristique, 
mais c'est aussi la plus négligée. 

Si techniquement la forme générale d'un outil préhistorique 
tient principalement a la manière dont il est tenu ou emmanché 
pour plusieurs usages, paitant de la résistance de la matière 
employée, cela ne peut après varier beaucoup, et être, pour les 
temps primitifs, qu'un faible moyen de distinction pour nous (1). 
Tandis que la forme de la partie utilisée tient et représente bien 
l'usage qu'on en faisait. 

C'est donc cette dernière qu'il faut examiner surtout, pour avoir 
une juste idée de son usage, et donner un nom à l'outil, suivant 
sa forme active, l'autre n'étant que passive. 

Car, appeler «hache» un tranchet est une erreur, qui s'aggrave 
surtout, lorsque, de cette fausse idée, on essaye de tirer des 
déductions, d'autant plus i rèj udiciables à la Science préhisto- 
rique qu elles sont plus savamment exposées. 

Or, si même sans faire de distinction pour le moment des 
matières premières employées, Pierre, Cuivre et Bronze, nous 
examinons seulement la forme des tranchants exclusivement, 
nous voyons de suite les mêmes variations de la partie utilisée 
épouser à toutes les époques les mêmes invariables profils, indiffé- 
rents à la matière employée ; ce sont les mêmes différents outils 
qui confirmèrent que ce sont encore les mêmes besoins, et récipro- 
quement. 

Donc c'est bien Y usage, et non la substance, qui est le facteur 
premier. La preuve, c'est qu'il agit plus tard même sur l'emman- 
chement, la monture, et la forme générale, avec les progrès de 
la civilisation et technique du travail (2). 

(1) Rien ne ressemble plus à une hache plate en cuivre, ancienne, qu'une autre 
hache plate en cuivre de nos jours, fabriquée par exemple par les monteurs 
mécaniciens, qui ne veulent pas mater un morceau «le fer, sur lequel ils sont obli- 
gés de frapper, et qui mettent une lame de cuivre ou plomb entre le fer et le mar- 
teau. 

(2; A la fin du Bronze, chaque outil épouse une différence de forme, comme nous 
le montre bien clairement M. Déchelette lui-même dans son beau Manuel de t910 
[Age du Bronze, pages 271-272]. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRVNÇÀ1SE 371 

En effet (Planche i, 1-2;, si A. B. C. peuvent servir pour buri- 
ner, racler ou frapper, a. b. c. peuvent simplement servir pour 
découper, sans choc, par simple pression, avec une inclinaison 
avant ou arrière, pour couper, en avançant ou en reculant l'outil. 

Ce Tranchet est d'un usage tellement général que nous le 
voyons employé, même à l'âge du fer [Fig. F ld (1)] par les Gau- 
lois de Celles (2) ; et de nos jours dans la demi-lune ou couteau à 







Fig. 1. — Analogie de certaines Haches en Pierre, Cuivre et Bronze avec les Tranchets en Fer. 



Il 



trancher [Fig. M 1 ], qui sert encore à nos bourreliers pour décou- 
per le cuir, faire des lanières, et effiler les extrémités avec une 
grande facilité. 

C'est donc un outil type, qui s'écarte bien de la hache, non 
par sa forme générale aux époques qui nous intéressent du Néo- 
lithique au début du Cuivre et Bronze ; mais, pour la partie très 
courbe et souvent très élargie, augmentant l'effet utile de l'outil, en 



(1) F 1 ', F*, F3, sont trois outils en fer du Tnmulus Gaulois de Celles. 

(2) J . Pagès-Allarï. — Souv elles observations sur le Tumulus de Celles. — 
L'Anthropologie, page 117, Fig. 2, N<> 1, 1905, Tome XVI. — Pagès-AUarv, Déche^ 
lette et Lauby, id., page 395. N« 3, 1903, T. XIV. 



o'ÏS SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

donnant de l'entrée, du mordant, de la direction sure, et conser- 
vant au volume du tranchet des proportions que le poids exigeait 
ou limitait, pour rester maniable. — Ce qui nous permet de con- 
clure que, déjà à l'âge de la pierre, on avait trouvé, sans for- 
mule, mais pratiquement, la forme du tranchant, convenant le 
mieux pour découper, trancher des peaux, des écorces, etc., faute 
de cuivre, etc.. — Et non, comme l'a fait un savant archéologue, 
M. Louis Siret (1), une conclusion en faveur de l'extraction 
secrète et l'introduction de l'Etain en Espagne-Bretagne, avec 
la raison intermédiaire, mais tout aussi risquée, que les Néolithi- 
ques ont imité en pierre la Hache de Cuivre ou Bronze, qu'on 
leur importait en échange des minerais d'étain, qu'on venait 
extraire chez eux, en leur en cachant l'usage et les propriétés. Ce 
qui est une idée qui me paraît tout à -fait contraire aux relations 
commerciales et de concurrence, à la technique et aux intérêts., 
comme à la simple curiosité des industriels, ou des propriétaires 
des minerais exportés ! 

Ce n'est donc pas davantage un argument vn faveur d'un centre 
de départ de l'utilisation du cuivre, ni de la priorité d'utilisation 
du cuivre sur le bronze, toujours et partout ! 

De même que nous constatons des civilisations différentes, 
échelonnées suivant l'évolution des pays et des races, nous 
devons penser aux inventions de moyens techniques différents, 
pour obtenir les mêmes outi/s, devant servir aux mêmes besoins; 
et ne pas nous étonner plus qu'ils soient presque de même forme, 
que nous nous étonnons d'avoir les mêmes dents humaines, sous 
le même soleil ! 

Le cuivre et bronze ont eu des centres de production et fabri- 
cation, partout où on trouve aujourd'hui des moules, même où 
on ne trouve plus que des creusets, et où il y a eu abondance de 
minerais facilement utilisables, provoquant et facilitant la réin- 
vention parfois, à différentes places, en différents pays et époques 
ignorées et s'ignorant. 

Toute la difficulté de l'industrie du bronze et du cuivre, et ses 
secrets de fabrication ou tours de mains, consistent surtout à 
savoir construire un four, plus ou moins primitif mais soufflé, 
afin d'obtenir la température de fusion, soit 1100 degrés, sur les 
creusets contenant le bronze ou le minerai, et résistant à cette 
température. 

Les tessons de poterie provenant des tuyères et creusets sont 
encore, dans ce cas, les plus précieux fossiles indicateurs de cette 
industrie, avec les fonds des creusets, contenant encore des traces 
du métal même altéré par volatilisation. 

(1) Louis Siret. — L'Anthropologie, page 327, N° 3 et 4, 1909, Tome XX. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 37 3 

Quelle différence d'assurance scientifique, à côté de celle que 
donne la forme, les dimensions et même la nature des haches, en 
cuivre ou bronze? 

Tout le secret du bronze et du cuivre n'est-il pas dans ta fabrica- 
tion du four et creusets, et surtout dans le ventilateur ou soufflet 
si variable, encore aujourd'hui, dans les peuplades sauvages des 
différents continents? 

N'est-il pas intéressant de comparer l'évolution — paraissant 
en sens inverse — des deux métaux et des deux alliages les plus 
emplovés par l'humanité : Cuivre et Fer; Bronze et Fonte. 

On y voit : 

1° Le martelage précéder la fusion, dans le problématique et 
exceptionnel martelage du cuivre natif, qui n'a pu nous laisser 
aucune trace, nous en donnant indiscutablement la certitude, 
comme dans la masselotte pâteuse du fer au bois. 

2° La fusion des alliages, donnant une date bien nette, et 
bien différente d'évolution, de ces deux métaux, par le bronze et 
la fonte; comme aujourd'hui par les aciers Bessemer et Martin: 
véritables dates auxquelles succèdent celles des aciers très durs 
— chromés, au vanadium, et au tungstène — où l'analyse chimique 
a tous ses droits, comme dans la poterie après l'émail, c'est-à- 
dire à partir seulement du jour où on a pesé et dosé les éléments 
de composition, introduits en connaissance de cause; c'est-à-dire 
à la fin du créateur et impulsif Empirisme. 

Mais, par dessus tout cela, le grand facteur est toujours Y art 
du feu, la chaleur; toute la grande évolution sociale se ramène 
a l'art d'être, comme aujourd'hui, bon chauffeur, et à se demander 
si les circonvolutions cérébrales ne sont pas elles-mêmes soumises 
aux vibrations et transformations de la chaleur; donc, si le culte 
du Soleil, avec ses symboles du swastika, de la rouelle gauloise, 
et de la rosette des Wisigoths, n'est pas la démonstration de la 
profondeur des observations de nos ancêtres. 

A ces réflexions il faut ajouter qu'il y a des raisons pour que le 

CUIVRE SOIT PLUS ABONDANT AUX BORDS DES MERS. 

Autant par la plus grande utilisation que par la facilité du 
trafic, le cuivre a été de tout temps transporté de préférence aux 
bords de la mer, motifs pour qu'on le trouve en plus grande 
abondance que dans l'intérieur des terres. 

A ma connaissance, pour des raisons chimiques, physiques 
et magnétiques, même à notre époque de l'aluminium, du nickel 
et des aciers galvanisés, il y a encore une tendance à employer — 
donc à retrouver — plus de cuivre rouge aux bords de la mer 
qu'à l'intérieur ; dans beaucoup de cas, à cause de Pair humide et 
salin. 



374 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

La marine de guerre et marchande préfère encore, malgré son 
prix élevé, le cuivre au fer dans les ports et sur les navires. 

1° Il résiste mieux aux oxydations, à l'air, et l'eau salée: il se 
ronge moins facilement; aussi, avant la galvanisation du fer, son 
usage en était encore plus général. 

Les gournables, chevilles rondes et carrées, les doublages 
étaient en cuivre, parce que résistant mieux, non seulement que 
le fer, le zinc, mais aussi que le laiton, et le bronze, à l'eau de 
mer. De sorte qu'aujourd'hui encore, dans certaines maisons du 
bord de la mer, on trouve aussi facilement un coin, une barre de 
cuivre rouge que de fer ; et certaines cachettes de cuivre volé y 
font concurrence aux cachettes des anciens fondeurs. 

Telle charnière, serrure ou autre objet en fer à l'intérieur du 
continent, est en cuivre au bord de la mer, 

2° Il y a aussi à cause de la boussole une petite raison de préfé- 
rer le cuivre au fer, sur certaines parties des bateaux où se trou- 
vent les compas. 

3° Les manipulations fréquentes de la poudre à préserver des 
chocs du fer, autant que de l'étincelle de la foudre, exigent aussi 
que tous les outils employés soient en cuivre, tout comme dans 
certaines fabrications et manipulations de produits chimiques et 
alimentaires. 

Il n'y a pas bien longtemps que j'ai désillusionné un chercheur, 
croyant avoir trouvé des outils ronds et carrés du pur âge du 
cuivre, quand ce n'était que la curette, la barre à bourrer, et le 
débourroir d'un vieux mineur, de notre siècle probablement. 

Assurément boussole et poudre ne sont pas des raisons pré- 
historiques ! Mais l'action chimique est de tous les temps ; et, à 
elle seule, elle suffit pour expliquer, avec la facilité des trafics, 
que le cuivre rouge et différents outils soient plus abondants sur 
certains rivages maritimes, sans remonter pour cela à Page du 
cuivre. A plus forte raison, quand sur ces rivages l'existence du 
minerai est démontrée. Mais il reste encore à trouver, par les 
fossiles tessons et outils, V époque de l'exploitation, car les haches 
plates en cuivre de toutes les époques se ressemblent beaucoup 
par la forme ; et la patine est si souvent enlevée ! 

D'autre part, le cuivre rouge n'a pas d'époque fixe d'utilisation; 
la preuve en est encore donnée par les fouilles des enceintes (1) 
de Chastel-Les-Tours, Bredom, La Bastide, où, du x e au xv e siècle, 
on rencontre beaucoup d'objets en cuivre. 

Je crois que la raison de cette, fabrication est dans la plus 
grande facilité et solidité de la dorure à la feuille qu'on appliquait 

(1) Bulletin S.P.F., 1909-1910. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 375 

sur ces objets (1), dorure qui n'est très visible et bien constatable 
qu'au moment de la trouvaille ; car, en séchant à l'air, la feuille 
d'or tombe de suite, pour laisser dessous une croûte noire bitu- 
mineuse qui s'écaille et met à nu la poudre oxydée du métal, qui, 
à l'amlyse, ne manquerait pas d'indiquer l'âge du cuivre pur, 
mais pas celui de son origine chronologique. 

Voilà une cause d'erreur, qui s'ajoute à celle qui consiste à 
confondre la production d'une matière première avec quelques 
utilisations ou transformations artistiques de cette matière. Le 
milieu de l'ouvrier qui a traité le minerai peut difficilement être 
celui de l'artiste qui a fabriqué les bijoux et objets finis, qui nous 
sont exceptionnellement parvenus, pour une raison toute parti- 
culière du respect des sépultures, mais qui ne représentent 
qu'une infime partie de la fabrication de cette époque, détruite 
par la réutilisation, par fusion. 

La similitude du travail de transformation en objets uniformes 
et finis est peut-être un argument en faveur d'un centre de 
départ de cette fabrication et de l'utilisation des objets ayant sur- 
vécus à une époque fixe, mais non sur les origines de la métallur- 
gie ou production de la matière première. — Il faut les fossiles 
tessons, des tuyères et des moules, des fours, et des galeries d'ex- 
traction des minerais. 

M. L. Vésignié (Bourges). — Je suis, avec intérêt, dans le Bul- 
letin de la S. P. F., l'exposé et la discussion des faits, relatifs aux 
Haches en cuivre (1). 

Dans le numéro de mars 1911, on signale Pintérèt qu'il y 
aurait à être fixé exactement sur les gisements de Cuivre natif en 
Europe. 

Pour la France au moins, permettez-moi d'attirer votre atten- 
tion sur la Minéralogie de la France et de ses Colonies, par le 
P r Lacroix. Cet admirable ouvrage, de science profonde et de pa- 
tiente érudition, condense tout ce qui a paru sur les gisements 
minéralogiques ou miniers français, tant anciennement connus et 
étudiés que récemment découverts, et les décrit tous avec le 
plus grand soin. Pour ce qui est des gisements de cuivre natif 
étrangers à la France, les ouvrages de minéralogie donnent 
d'assez nombreux renseignements. 

Je crois qu'il convient, dans les études ou recherches préhis- 
toriques, lorsqu'il s'agit de roches, minéraux, minerais ou métaux 
natifs se trouvant dans les alluvions, de ne pas perdre de vue 
que : 

(1) Bulletin S.P.P., p. 267 ; avril 1911, n' 4. 



376 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

1° L'érosion pluviale ou torrentielle, les glaciers et les autres 
agents qui travaillant de concert à l'abrasion superficielle des 
continents, ont démantelé et démoli les chapeaux de faîte de nom- 
breux filons métallifères, dont il ne subsiste plus que les parties 
profondes, presque exclusivement constituées de sulfures et sul- 
fo-arseniures. Les parties les plus résistantes (métaux natifs) de 
ces chapeaux de faîte ont été triées et accumulées dans les allu- 
vions. 

2° Dans un pays depuis très longtemps peuplé, au cours de 
nombreux siècles de recherches et d'exploitation, les terrains 
d'alluvions, dont la masse est relativement faible, du moins en 
leurs parties facilement accessibles, se sont nécessairement 
appauvris peu à peu en matières considérées comme précieuses, 
depuis le Néolithique : d'abord galets de jade, jadéite, chloromé- 
lanile, eclogite et autres roches similaires, et peut-être locale- 
ment petits cailloux de Callaïs; puis bientôt pépites et paillettes 
d'or, sables et graviers de cassitérite, et masses de cuivre natif. 

En résumé, sur un sol habité et exploité depuis aussi long- 
temps que celui de la France, la richesse relative des alluvions en 
matières précieuses activement recherchées par l'homme a né- 
cessairementvarié dans de très larges mesures. Pauvreté actuelle 
veut plutôt dire appauvrissement définitif, après de longs siècles 
de richesse décroissante! Nous assistons de nos jours à un phé- 
nomène analogue, mais à évolution plus rapide : après le prompt 
épuisement des placers d'alluvions de l'Australie, de la Califor- 
nie et même du Klondike, il a fallu passer à l'extraction de l'or 
des filons quartzeux en place ! 

Il résulte des indications données par le P r Lacroix que le 
cuivre natif se rencontre encore dans le Tarn, les Hautes-Alpes, 
et le Var, en masses importantes. 

Il est intéressant de noter que, simple coïncidence peut-être, 
le vallon de Saint- Véran est relativement voisin de Réallon, 
célèbre par sa trouvaille de bronzes larnaudiens. 

Enfin, peut-être serait-il utile de signaler aux membres de la 
S. P. F., dans cette même Minéralogie de la France du P r Lacroix, 
que tous n'auront pas l'idée de consulter, un passage très inté- 
ressant pour les Préhistoriens, au tome IV, paru en 1910, savoir 
(page 484), l'étude de la Callaïs néolithique (perles des Monu- 
ments mégalithiques), son attribution à l'espèce Variscite (et non 
à l'espèce Turquoise), et une intéressante discussion sur son ori- 
gine probable. 

M. Desailly (Paris). — Il paraît évident que le cuivre natif, 
que l'on rencontre encore de nos jours en Hongrie, en Saxe, dans 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 377 

les pays Scandinaves, en Cornouailles, etc. , etc., était beaucoup 
plus abondant* l'époque préhistorique! — Son aspect, sa couleur, 
son éclat, ont attiré l'attention sur lui et provoqué son exploita- 
tion et son utilisation. Il est vraisemblable que l'Homme néolithi- 
que a d'abord martelé, puis forgé le cuivre natif; mais, comme 
celui-ci se trouve souvent cristallisé, il a fallu le fondre, pour 
l'utiliser dans cet état. 

Cette fusion est aussi difficile à obtenir que la réduction de 
certains minerais cuivreux, tels que les carbonates ! — En avan- 
çant ce fait, dans une de nos précédentes séances, j'ignorais la 
découverte ci-dessous, signalée par les ingénieurs Siret, dans 
leur ouvrage intitulé : Les premiers âges du métal dans le Sud- 
est de V Espagne (page 213). 

MM. Siret, en ouvrant une tombe, renfermant un squelette, 
ont mis à découvert des instruments en cuivre ; des moules, des 
scories ; un tas de minerai, de 10 kilogr., composé de Carbona- 
tes de cuivre, bleu et vert. Sur toute la colline avoisinant la 
tombe, des morceaux de ce même minerai étaient dispersés et 
mélangés avec des scories, on a vérifié, par l'analyse, que la sco- 
rie provenait bien du traitement du minerai, et que le procédé 
d'extraction était rudimentaire, car les dites scories renfermaient 
encore 12 % de cuivre, alors que le minerai en contenait 20 °/ . 
Il faut noter que le minerai en question renfermait 0,08 °/ tfétain ; 
le cuivre obtenu pouvait donc en posséder 0,4 °/ . 

On se trouve bien là en présence d'un procédé très primitif, 
marquant le début de la métallurgie du Cuivre, le minerai 
employé étant un carbonate, dont le traitement était assez simple 
(une simple fusion avec du bois). 



A propos de l'Outillage paléolithique (Acheuléen) 
de lu terre à briques du Xillet. 

M. A. Dubus (Neufchâtel-en-Bray . — J'ai lu, avec le plus vif in- 
térêt, la communication de notre honoré collègue, M. Paul de 
Givenchy, sur l'Outillage paléolithique, trouvé dans la terre à briques 
du Tïllet. 

Au sujet de l'instrument, désigné sous le numéro 8 de la Planche II, 
l'auteur se demande si cette forme ne serait pas accidentelle. 

Je n'hésite pas à rassurer notre collègue. Non, cette forme n'est 
pas accidentelle : elle est voulue; et elle n'est que l'acheminement à 
un outil, dont l'extrémité est taillée en éventail ou arc de cercle. 



378 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Dans une note parue en 1902 (1), j'ai figuré, pi. III, sous les nu- 
méros 27 et 31, deux instruments semblables au numéro 8 en ques- 
tion. J'ai désigné ces pièces sous la dénomination d' « Outils à 
biseau » . 

Les numéros 21 et 30 de la même planche III peuvent entrer dans 
cette catégorie. Le numéro 32 représente un instrument à extrémité 
tranchante en forme d'arc de cercle ou éventail. 

J'ai désigné ces dernières pièces sous la dénomination de « grands 
tranchets ». 

Je possède 30 pièces, qui entrent dans cette catégorie. C'est plus 
qu'il n'en faut pour affirmer chez l'Acheuléen une intention bien 
arrêtée de faire entrer dans son outillage cette forme bien parti- 
culière. 



III. — ARTICLES ORIGINAUX. 



Objets divers 

provenant des sépultures néolithiques 

de Montigny-l'Engrain (Aisne) (2). 

PAR 

O. V AU VILLE (de Paris). 

Dans une séance de la Société, j'ai déjà présenté les 21 petits 
Tranchets, que voici. L'un d'eux est emmanché dans un bois de 
Cervidê; ils proviennent de mes fouilles, faites en 1887 et en 
1888, dans les Sépultures néolithiques de Montigny-l'Engrain. 

Après ma présentation, une discussion eut lieu sur l'usage de 
ces petits instruments. Aujourd'hui, je crois devoir donner des 
renseignements et présenter d'autres pièces, qui pourront peut- 
être servir à indiquer l'emploi probable des outils en question. 

Avant de présenter d'autres objets provenant de Montigny- 
l'Engrain, je crois devoir donner quelques renseignements sur 
T Allée couverte, fouillée en 1887, et sur les sépultures qu'elle 
contenait. 

Ce monument funéraire avait une longueur totale de 7 m 90 
(Fig. 1; plan), sur l m 30 de profondeur, au dessous du niveau actuel 
du sol ; il était entouré par de fortes pierres plates, brutes, dres- 

(1) Contribution à l'étude de 1 époque paléolithique des stations de Bléville, La 
Mare-aux-Clercs et Frileuse, près Le Havre. — Bulletin de la Société géologique de 
Normandie, Tome XXII. 

(2) Séance du 23 mars 1911. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 379 

sées verticalement, disposées de manière à recevoir d'autres pier- 
res plates pour la couverture. Le fond était généralement dallé 
avec de petites pierres plates. 

Cette partie de 7 m 90 de longueur, contenait quatre groupes 
bien distincts de sépultures, A, B, Cet D Fig. V. de diverses lon- 
gueurs (i). 

Les pierres de couverture ayant 
été enlevées longtemps avant mes 
fouilles, les ossements humains 
étaient, par ce fait, en mauvais 
état de conservation. Malgré cela, 
j'ai pu constater que le groupe D 
{Fig. 1), de 2 mètres de longueur 
sur l^O de largeur, contenait 
quatre couches de squelettes, qui 
étaient superposés d'une manière 
régulière et méthodique ; les pieds 
tournés vers le centre dans le 
genre représenté par les Figures 2 
et 3 (2), la face avant été tournée 
vers le bas. Ces quatre couches 
comprenaient 48 squelettes, entre 
lesquels il y avait fréquemment 
de petites pierres plates ; en plus, 
il y avait encore au-dessus, vers 
le milieu de ce groupe, quatre 
squelettes : ce qui en portait le 
nombre à 52, compris dans une 
aussi faible partie du monument 
funéraire. 

Vers le centre, en C {Fig. 2 et 3), 
se trouvait beaucoup de cendres 
et de charbons de bois, provenant 
très probablement du feu. fait en 
diverses fois pour désinfecter l'en- 
droit avant de nouvelles inhuma- 
tions . Fig. 1. — L'Allée couverte de Montigny- 

T ,^« ». , l'Engrain (Aisne). — Ouverture au 

Le rangement méthodique des sud. -pian des sépultures, 
squelettes des groupes A, B et G 
du plan {Fig. 1) avait été aussi fait dans même genre que celui de 




(1) Pour plus de détails, voir Bull, de la Société d' Anthropologie de Paris, vol. 
1887, p. 710 et 1885, p. 151. 

(2) Les clichés des Figures 1, 2 et 3 appartiennent à la Société <T Anthropologie 
de Paris. 



380 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

D, indiqué Figures 2 et 3 ; de nombreuses cendres et des char- 
bons de bois ont aussi été constatés vers le milieu des groupes 
A, BetC. 

Ces observations permettent bien de croire que l'Allée couverte 
en question a servi pour des Inhumations, qui ont été faites mé- 
thodiquement et d'une manière continue, et pendant une assez 
longue durée. 




Fig. -2. — Disposition des Cadavres au fond de l'Allée couverte [Plan horizontal]. 

Maintenant, je présente à la Société une bonne partie des 
objets divers, que j'ai pu recueillir dans ces fouilles de Montigny- 
l'Engrain et qui comprennent : 

1° Silex polis et taillés : 4 haches polies entières ; 15 frag- 
ments de haches polies; 1 perçoir; une base de forte lance (?); 
3 grattoirs ; 5 pointes, diverses; 40 lames ou couteaux, dont un de 
m 195 de longueur; 4 retouchoirs; 3 scies; 3 pointes de flèches ; 
30 éclats ou pièces diverses ; 53 tranchets. 

Ce qui fait 162 pièces en silex. 

2° Objets divers. — 4 poinçons en os, variant de m 112 à 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



381 



m I14 de longueur, ayant été sciés sur de gros ossements; 
1 manche en os probablement un deuxième de tranchet); une 
pendeloque, formé d'un coquillage percé. 

3° Poteries. — Dans les sépultures se trouvaient aussi des 
vases en terre, de pâte très grossière, ayant été façonnés à la 
main; leur fragilité ne m'a permis d'en conserver qu'un seul bien 
intact, il a m 08 de hauteur ; m 09 sur (MO de largeur du haut et 
m 05 du fond. 






11 me parait intéressant de faire remarquer que. sur 53 petits 
Tranchets, venant de mes fouilles, on peut constater que 48 ont 




Hg. 3. — Coupe verticale 



l'Allée Couverte. 



le tranchant plus ou moins ébrèchè ; ce fait permet de croire qu'ils 
ont pu être utilisés pour décharner des corps, comme l'a dit notre 
collègue. M. le D r M. Baudouin, dans la dernière séance. 

Parmi les 4 lames présentées, variant de m 112 à m 195 de lon- 
gueur, on peut voir que trois ont été très fortement ébrèchèes 
sur les deux taillants; on peut donc se demander si ces couteaux 
n'ont pas servis pour le même usage que les tranchets! 

La découverte des 52 squelettes, trouvés a Montigny-l'Engrain, 
dans le groupe D (Fig. i), compris sur 2 mètres de longueur sur 
l m 78 de largeur, ne serait-elle pas une suite d* inhumations, ayant 
été faite après le décharnement des cadavres ? 



M. le D r M. Baudouin. — Il est évident qu'il y a les plus gran- 
des analogies entre les objets trouvés dans cette Allée couverte 
;t ceux découverts dans la Chambre sépulcrale de Vendrest. 

Je constate pourtant qu'à Montigny-l'Engrain existaient des 



382 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

« vases en terre, en pâte grossière » , et qu'au contraire, à Vendrest, 
nous n'avons pas trouvé un seul vase en terre ! — Comme l'a bien 
fait depuis longtemps remarquer A. de Mortillet, celte différence 
est capitale. J'y ai insisté, moi aussi, au Congrès de Beauvais (1), 
à propos des vraies Allées couvertes de l'Oise. J'ai même émis 
l'hypothèse que les deux sortes de sépultures ne devaient pas être 
comparables, et n'étaient peut-être pas absolument contem- 
poraines ! 

N'ayant pas examiné les ossements de Montigny-l'Engrain, je 
ne puis pas dire s'ils ont été, ou non, dècarnisés avant la mise 
dans l'Allée, et si celle-ci est bien un Ossuaire. — Je le crois ; mais 
je n'en ai pas la preuve. 

Une autre analogie à signaler avec Vendrest, c'est l'existence 
d'un Dépôt d'Incinérations, au centre même du Monument. 
M. Vauvillé y voit des restes de feu, fait dans la grotte ; je ne 
puis pas le suivre sur ce terrain. J'ai démontré qu'à Vendrest le 
Dépôt d ] Incinérations avait été apporté de l'extérieur. — Je con- 
clus que l'Allée couverte de Montigny-l'Engrain a d'abord été uti- 
lisée comme chambre à dépôt d'incinérations, ainsi que le caveau 
de Vendrest. 

J'ajoute que l'Allée était ouverte au Sud (Soleil à midi), comme 
celle de Trye-Château et de Villers-Saint-Sépulcre ; ceci confirme 
la théorie que j'ai émise au Congrès de Beauvais. 

>X«v»«M 

Une pierre à aiguiser en schiste. 

PAR 

Albert CAHEN (Le Havre). 

Au cours de mes recherches de l'hiver dernier, dans les terres 
avoisinant le champ de Courses deFécamp, j'ai recueilli un frag- 
ment de schiste, long de m 12; d'un côté, il présente un biseau 
épais de m 015; l'autre extrémité se termine par une cassure et 
n'a que m 01 d'épaisseur. 

L'endroit où cette pièce a été trouvée est situé au haut de la 
falaise qui domine Fécamp {altitude 106 mètres). C'est un lieu 
très riche, surtout au point de vue de l'industrie néolithique que 
l'on y rencontre, caractérisée par de superbes lames, de beaux 
grattoirs, des perçoirs, pointes, ciseaux, tranchets, pointes de 
flèches triangulaires et à tranchant transversal; quelques frag- 
ments de haches polies y ont été également recueillis. 

Ce qui m'a engagé tout d'abord à ramasser cet objet, c'est la 
nature de la roche dont il est fait : le schiste n existe pas dans la 
(1) Voirie volume des C. R. fp. 700]. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 383 

région; et il faudrait aller bien loin pour en trouver un gisement. 
Des fragments de schiste roulés par la mer ayant déjà été pré- 
sentés à la Société, je tiens à déclarer que le galet, qui se trouve 
au pied des falaises deFécamp, est composé uniquement de silex 
et de calcaire. D'ailleurs quelle que soit la provenance de ce 
morceau de schiste, il est évident qu'il a été amené, au point où il 
a été trouvé, dans un but déterminé. 

Si on examine la pièce en question, On remarque que la face 
inléricure présente un certain poli, indice de l'usage auquel elle 
a pu servir : aussi, je serais assez porté à croire que ce fragment 
a pu être utilisé à une époque ancienne, comme pierre à aiguiser. 
Je serais désireux de connaître l'avis de mes collègues à ce sujet ; 
et je m'estimerais très heureux s'il pouvait en résulter quelques 
rapprochements intéressant? avec des objets semblables trouvés 
dans d'autre^ localités. 

Dans l'ouvrage de M. R. Dussaud sur les Civilisations préhel- 
léniques dans le bassin de la mer Egée, il est dit que les « pierres 
« à aiguiser en schiste, rares à l'époque du cuivre, sont nom- 
« breuses aux époques du bronze, et disparaissent quand arrive 
« l'âge du fer ! » Cette remarque peut sans doute s'appliquer à 
toutes les régions où le bronze a été en usage; et, comme dans 
les environs de Fécamp. plusieurs découvertes d'objets en bronze 
ont été faites, peut-être est-il permis de penser que ce fragment 
de schiste a pu être utilisé à cette époque. 

Les affutoirs en schiste ont été trouvés sur différents points de 
la France; en général, ils sont munis d'un trou de suspension. 

M. A. Doigneau (Fontainebleau). — Cette pièce semble et 
peut-être moderne, voire même récente. 

M. Chapelet (Paris). — A propos de la présentation d'une 
pierre à aiguiser en schiste, par M. Albert Cahen (Le Havre), 
annoncée à l'ordre du jour de la séance du 27 mai 1911, j'ai 
apporté, à titre de comparaison, sept affutoirs en schiste, de 
dimensions diverses, la plupart percés, provenant de l'Allier et 
de Saône-et-Loire. 

La pièce présentée par M. Albert Cahen étant plate, sans trou 
de suspension, les affutoirs arrondis n'avaient plus qu'un intérêt 
secondaire. Du reste ces objets, recueillis le plus souvent à la 
surface du sol, ne peuvent être datés d'une manière certaine; et on 
peut les attribuer aussi bien à l'époque néolithique qu'à l'époque 
du bronze, voire même à des époques plus récentes. Tout au 
plus pourrait-on faire quelques distinctions, d'après la manière 
iont ils sont perforés. On les considère aussi comme des orne- 
ments ou des amulettes, mais sans plus de certitude. 



384 



SOCIETE PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



Le Menhir de la Grosse Borne, à Coupvray 
(Sei ne-et-Marne) . 

PAR 

L GIRAUX Saint-Mandé). 



Dans une communication faite par M. Ph. Reynier et intitulée 
Découverte de fonds de cabanes à Ocquerre (Bulletin S. P. F., 
n° 10, septembre 1910), notre excellent collègue a indiqué qu'un 
Menhir se trouvait à la limite des trois communes d'Esbly, de Coup- 
vray et de Lesches. — Au cours de différentes excursions que nous 
avons fait ensemble dans cette région, nous avons visité ce monu- 
ment; et le but de cette communication est d'en donner la des- 
cription. 




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Ft'g. 1. — Plan cadastbal, indiquant la situation du Menhir. . 



Indications topographiques. — Situation. — Le Menhir de la 
Grosse Borne est situé sur le territoire delà commune de Coupvray, 
canton de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne) . Il se trouve sur le 
bord du vieux chemin qui va d'Esbly à Lesches et qui aboutit près 
de l'église de cette dernière localité. Ce chemin sert de limite aux 
territoires des trois communes d'Esbly, de Coupvray et de Lesches. 

Le menhir est sur Coupvray et à environ 15 mètres du point limitro- 
phe de cette commune avec celle d'Esbly. Il marque donc, pour ainsi 
dire, la séparation de ces trois territoires. Si ce menhir n'a pas été 



SOCIÉTÉ PRtlIlSTORIQLE FRA>ÇA1SE 



385 



détruit, c'est grâce à son emploi de borne limite entre ces trois com- 
munes, car d'autres menhirs se trouvaient dans le bois des Gollots. 
à environ 300 mètres de celui de la Grosse Borne ; et ces derniers 
n'existent plus. 

La Grosse Borne est située dans la parcelle portant au cadastre le 
numéro 791 bis, au lieu dit « Les Gollots » Fig. 1). L'ancien 
plan cadastral portait le menhir placé au milieu du chemin ; le nou- 
veau plan l'indique au bord de ce chemin, sur le territoire de 




Fig. 



o i 5 

Pian, d'après la carte au 50 GOO*; — Voie d'accès. — Le chemin à suivre est indi- 
qué par un pointillé et par des flèches. 



Coupvraj'. Le propriétaire actuel du champ, dans lequel il se trouve, 
est M. Huisse Denis, de Coupvrazy. 

Altitude. — L'altitude du menhir de la Grosse Borne est d'environ 
105 mètres. Il se trouve presque à la partie supérieure du coteau, 
dont la cote 106 sur la carte de l'Etat-major est indiquée dans le 
petit bois des Gollots, au nord-est et à peu de distance du menhir. 

Accès. — En partant de la station d'Esbly, si l'on quitte le train de 
Paris et allant vers Meaux, ne pas traverser la ligne du chemin de 
fer. Prendre face au passage à niveau la route qui monte et qui mène 

SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 25 



386 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

à Trilbardou, en passant par le château de Montigny ; suivre cette 
route pendant environ 800 mètres jusqu'au sixième chemin à gauche; 
prendre ce chemin qui mène à Lesches et qui aboutit le long de 
l'église de ce village; le suivre pendant 550 mètres environ et l'on 
rencontre le menhir de la Grosse Borne à gauche de ce chemin. 
Comme il se trouve dans un champ cultivé et exactement au bord de 
la route, il est donc très facile de l'apercevoir. 

La distance à parcourir pour aller de la gare d'Esbly au menhir 
est de 1.350 mètres; celle à vol d'oiseau est d'environ 1000 mètres. 
Le chemin à parcourir est indiqué sur la carte (figure 2) par un poin- 
tillé et par des flèches. 

Indications stratigraphiques. — Nature de la Roche. — Le menhir 
de la Grosse Borne est formé par un gros bloc de meulière, prove- 
nant de l'étage géologique appelé Meulières de Brie. La Fig. 3 




■ig. 3. — Coupe géologique du coteau sur lequel est situé le menhir. — Légende : — 1, Sa- 
bles moyens (niveau de Beauchamp ; — 2, Calcaire de Saint-Ouen ; — 3, Gypse; — 4, Ar- 
giles vertes; — 5, Calcaire et Meulières de Brie. 



donne la coupe géologique du coteau, prise à partir de la voie du 
chemin de fer. A la partie inférieure se trouve une couche assez 
épaisse appartenant aux Sables Moyens, niveau de Beauchamps(l), non 
fossilifères à cet endroit, mais parfaitement caractéristiques par leur 
composition; au-dessus vient le Calcaire de Saint-Ouen (2), repré- 
senté par une formation de plusieurs mètres d'épaisseur; le Gypse (3) 
et les Argiles vertes (4), qui paraissent au-dessus, ne nous montrent 
en cet endroit que des couches peu importantes; enfin, le sommet 
du coteau est formé par le Calcaire et les Meulières de Brie (5 . Cette 
dernière formation couronne tout le plateau et elle était assez im- 
portante pour avoir permis d'en faire autrefois l'exploitation. Le gros 
bloc employé pour le menhir provient de cette formation des Meu- 
lières de Brie. 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



387 




1^ 

I 






v 1 



cS 



4 



388 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Description. — Le Menhir, ainsi que je l'ai indiqué plus haut, est 
érigé sur le bord du champ. Son orientation est Sud-sud-est. La 
roche le constituant étant une meulière assez compacte, il présente 
sur toute sa surface les petites cavités caractéristiques, que l'on ren- 
contre toujours dans cette roche. La forme est irrégulière ; et elle 
diffère sensiblement sur chacune de ses faces. 

Sur la ligne Sud, sa surface est légèrement bombée. Les dimen- 
sions relevées sur cette ligne sont les suivantes : 

Largeur, à la base. l m 85 

Hauteur l m 35 

En faisant face à cette ligne, sur la partie gauche et à l m 20 du sol, 
il s'infléchit brusquement et forme une partie plus plate ayant l m 15 
de longueur. 

Ligne Ouest. — On remarque que la disposition du menhir incline 
légèrement sur la ligne sud. Cette face est plus plate que la précé- 
dente ; son épaisseur, à peu près régulière, est deO m 70 environ. 

Ligne Nord. — C'est cette face du menhir qui se trouve sur le bord 
du chemin; elle est plus plate que la face opposée. Sa largeur à la 
base est de l m 55 et vers le milieu, elle atteint l m 65. 

Ligne Est. — Ce côté au menhir est à peu près vertical jusqu'à 
l m 20 du sol ; à partir de cette hauteur, il s'incline brusquement jus- 
qu'au sommet. Son épaisseur à la base est de m 70 et au sommet de 
m 65. 

Primitivement, le menhir émergeait du sol d'une plus grande hau- 
teur. Par suite des travaux de la culture, on a fait autour des apports 
de terre ; mais, en examinant le plan des champs environnants, on 
peut évaluera m 50 l'épaisseur de ces apports. En tenant compte de 
cela, on peut donc indiquer comme probables les dimensions sui- 
vantes : 

Hauteur l m 80 

Largeur l m 85 

Epaisseur. m 65 à n '70 

La Fig. 4 ci-jointe donne les dessins des quatre faces du menhir, 
d'après des photographies cardinales et équidistantes sur les lignes 
Nord, Est, Sud et Ouest, prises à quatre mètres du monument. 

Trouvailles. — Il n'a pas été recueilli d'industrie lithique aux 
abords immédiats du menhir; mais un important atelier se trouve à 
quelques centaines de mètres de là, au lieu dit : Les Chauds Soleils. 

Ph. Reynier et moi-même y avons fait de fructueuses et d'impor- 
tantes récoltes de silex taillés, que nous nous proposons de décrire 
dans un prochain mémoire. 

Autres monuments. — Le Menhir de la Grosse Borne se trouvait 
presque à égale distance de deux Tumulus.— -Le premier se trouvait à 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 389 

environ cent mètres de la gare d'Esbly à gauche, et sur le bord de 
la route menant au Château de Montigny ; il a été découvert par 
M. Ph. Reynier en 1888; il a pu en recueillir deux haches polies 
et deux couteaux ; le propriétaire a empêché de continuer les re- 
cherches ; le turaulus n'existe plus ; il a été détruit lors de la cons- 
truction d'une maison. — Le second est celui de Montigny, qui a 
étéfouillé par M. Emile Collin,qui en a retiré une très grande quan- 
tité de haches polies et d'autres objets. 

Légendes. — Les gens du pays désignent le Menhir sous le nom de 
la Grosse Borne des Gollots, et sous celui de X Armoire de Condé- 
Sainte-Libiaire. Nous avons recueilli la légende suivante, se rappor- 
tant à cette dernière dénomination. Cette légende dit qu'une domes- 
tique, dont les maîtres habitaient la localité de Condé-Sainte- 
Libiaire, distante de quelques kilomètres du menhir, les avait volés, 
et qu'elle était venue cacher le produit de son larcin au pied de la 
Grosse Borne ; de là, ce nom de Y Armoire de Condé-Sainte-Libiaire . 

M. Marcel Baudouin. — En effet, souvent, on trouve des Menhirs 
à la limite de deux ou trois communes. On en a conclu, bien à tort, 
qu'on les avait érigés là, pour servir de limites : d'où le nom de 
Bornes qu'on leur a donné ! — En réalité, c'était le raisonnement 
inverse qu'il fallait faire : On a placé là les limites des Communes, 
uniquement parce qu'il y avait déjà un Menhir, lequel pouvait servir 
en effet de borne. — On a donc, en l'espèce, mis la charrue avant 
les bœufs, puisque, n'est-il pas vrai, les Menhirs sont antérieurs aux 
divisions de la France par communes, et même paroisses ! 

La légende de Y Armoire est d'explication facile. — En effet, quand 
on cache quelque chose en rase campagne, on le fait le plus souvent 
en un endroit facile à retrouver : le pied d'un arbre ; le bord d'un 
terrier trésors modernes enfouis ; le pied d un Menhir ! 

Or, il a existé des Cachettes, néolithiques et du Bronze, faites au 
pied des Menhirs, grâce à ce processus psychologique. Les paysans, 
jadis, les ont découvertes. Donc, le Menhir était une... Armoire. 

C'est là l'origine de la légende des 7 résors cachés au pied des 
Menhirs. 

Il est probable que ce Menhir était Y indicateur du Tumulus, décou- 
vert par M. Reynier, et détruit. En effet, la ligne de direction, 
d'après M. Giraux, est le Sud-Sud-Est. Or, c'est au Sud-Sud-Est du 
Menhir [c'est-à-dire à gauche de la gare d'Esbly (Fig. 2j] que se 
trouvait cette sépulture! 



390 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

A propos delà décoration an champ-levé, 

ou par excision, 
d'une poterie préhistorique provençale. 

Par le D' 

A. GUÉBHARD (Saint- Vallier-de~Thiey, A..M.) (1). 

Dans un magnifique envoi d'objets, provenant des grottes de la 
région du Gardon (arrondissement d'Uzès) que m'a fait gracieu- 
sement M. J. Deleuze, et que j'ai été heureux de remettre à la Société 
(B.S.P.F., t. VIL p. 608), un important tesson, provenant de la 
Grotte Nicolas, est particulièrement remarquable par sa presque 
identité avec un beau plat de la même région figuré par Ulysse 
Pumas (B.S.P.F., VII, 1910, p. 133, Fig. 3, n° s 3-4), et par une orne- 
mentation, qui, quoique bien connue, n'est exactement désignée par 
aucun des termes habituellement usités dans le langage courant. 

C'est uniquement sur cette question de terminologie que je viens 
dire deux mots, laissant à M. le P r G. Vasseur, que je vis, à Mar- 
seille, il y a bien des années, en train de reconstituer un vase admi- 
rable, tout entier, de cette même céramique, la priorité à laquelle il 
a droit, pour traiter de tout ce qui la concerne infiniment mieux que 
je ne saurais le faire. 

De pâte brun-chocolat, fortement mêlée de très fins éléments cris- 
tallins, cette poterie a passé par la cuisson au rouge brique sur ses 
deux faces, enduites d'un engobe brun, soigneusement lissé. Ce qui 
la caractérise, c'est sa riche ornementation géométrique, qui au lieu 
de tirer son effet du creux des traits eux-mêmes, la demande surtout 
aux reliefs des étroites plates-bandes laissées en réserve par de lar- 
ges enlèvements de substance pratiqués dans la surface molle. Le 
dessin est donc formé par les lignes respectées de l'ancienne surface 
elle-même, en petits rubans d'une largeur assez régulière de deux à 
trois millimètres, dont quelques-uns, horizontaux, font simplement 
tout le tour du vase, les autres, entre deux, zigzaguent en dents de 
loups, d'autres enfin cèdent la place, de temps à autre, à des sortes 
de damiers de petits rectangles en chicane, alternativement en creux 
ou en réserve, du plus joli effet (Fig. 1). Même la grande étoile à 
cinq branches qui orne à l'intérieur le fond du plat, est constituée 
par des réserves de rubans rectilignes un peu plus larges que les 
autres, saillant, en plateau lisse, entre deux fossés creux. 

La netteté de délimitation des réserves, évidemment tracées à 
l'avance, par un premier travail de gravure, contraste avec l'irrégula- 
rité des fonds de creux, dont chacun laisse voir les empreintes répé- 

(1) Séance du 26 Janvier 1911. 






SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



391 




392 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

tées du burin à pointe largement triangulaire qui, enfoncé oblique- 
ment, puis relevé par un mouvement de levier, enlevait par un arra- 
chement irrégulier la portion du champ à lever. Nulle tentative n'a 
été faite pour régulariser, lisser ces fonds, et tout fait penser, quoique 
rien n'en apparaisse sur nos échantillons, qu'il ne s'agissait nulle- 
ment d'une négligence mais d'un dessein bien intentionnel, afin de 
pouvoir retenir ultérieurement quelque pâte claire de matière colorée 
destinée à rehausser le remarquable motif du dessin sombre réservé, 
et à transformer la poterie excisée en poterie incrustée, comme fai- 
saient déjà les néolithiques pour la superbe poterie incisée ou estam- 
pée dont Grossgartach par exemple a fourni de multiples échantil- 
tillons (1). 

Sans nous appesantir sur cette hypothèse, ni discuter l'âge halls- 
tattien qu'Ulysse Dumas attribuait, pour le Gard, à cette poterie (2), 
il nous faut bien noter cependant que c'est au Bronze II et III que, 
presque partout ailleurs (3), ont été rapportées les analogues (4). Il 
est vrai que, presque partout aussi, le même effet était demandé à 
un procédé quasiment inverse, celui de Y estampage , aidé seulement 
de l'excision, comme ressource complémentaire, pour la retouche 
des grands creux, où le refoulement par pression d'une trop grande 
masse de terre aurait amené des déformations, des bavures. C'est ce 
que l'on constate avec évidence sur les échantillons de Vilhonneur 
(Charente) provenant de l'ancienne collection de l'abbé Bourgeois (5), 
visibles au musée de Sèvres (vitrine 7 bis), où la décoration mêle 
aux dents de loup orthogones et aux damiers dessinés par poinçon- 
nage, d'autres impressions, circulaires ou ovales, ces dernières obte- 
nues évidemment avec quelque dent d'animal aplatie, à deux cus- 

(1) A. Schliz. Das steinzeitliche Dorf Grossgartach. seine Kultur, u. die spàtere 
vorgeschihiliche Besiedelung der Gegend, gr. in-4% 52 p. 24 fig., XII pi., 1 carte. 
Stuttgart, 1901. 

(2) V. Dumas. Des temps intermédiaires entre la pierre polie et l'époque romaine, 
B.S.P.F., t. VII, 1910, p. 122-136 et 186-200, 6 fig. (v. p. 133, fig. 3 n"3-4 et fig. 
5 n" 1, fig. 2 n" 3-4). 

Nous avons dit (B. S. P. F., VII, 1910, p. 198) comment il nous semblait que 
la nomenclature de V. Dumas avait 1 apparence de rajeunir parfois un peu trop 
la céramique du Gard ; mais tout élément personnel nous fait défaut pour discuter 
en ce cas-ci l'opinion d'un excellent observateur, qui doit garder tout son poids. 

(3) Joseph Déchelette. Manuel, t. II, 1910, p. 379. 

(4) M. G. Chauvet [Poteries préhistoriques à ornements géométriques, en creux 
{Vallée de la Charente), G. R. Gongr. internat. d'Anthr. et Archéol. préhist., XII e 
session, Paris, 1900, p. 371-390, fig. 722, pi. V) a figuré de remarquables exemples 
et donné une bibliographie abondante où, cependant, paraissent mêlés au cas 
très spécial que nous nous appliquons précisément à distinguer, d'autres qui ren- 
traient mieux dans l'intitulé large choisi par l'auteur que dans notre étroite donnée. 

(5) Abbé Bourgeois. Grotte sépulcrale néolithique de Vilhonneur, Matériaux, 
XII, 1877, p. 150 et XIII, 1878, p. 49-56, fig. 29-36. — Abbé G. Delaunay. Une 
station de l'âge du Bronze à Vilhonneur (Charente). Matériaux. XIII, 1878, p. 299- 
305, fig. 202-222 (v. p. 305). — G. de Mortillkt, Habitations de Page du 
Bronze. Terramares. Rev. Ecole Anthrop., IV, 1894, p. 33-45, fig. 4-11 (v. p. 34, 
fig. 4-5). 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 393 

pides, dont l'empreinte se trouve partout répétée au fond des trous. 
C'est uniquement par impression que semblent avoir été obtenues, 
sur des poteries de la collection De Baye, au musée de Saint-Ger- 
main n - 53386 les doubles lignes de fossettes triangulaires alter- 
nantes qui dessinent des rubans, obliques par rapport au rebord, 
paraissant rayonner autour d'un centre (1). Le procédé de l'exci- 
sion semble mêlé à l'autre dans les poteries des tumuli de la forêt de 
Hagueneau, collection Messel, au même musée, et dans presque tou- 
tes les poteries similaires décrites par les auteurs allemands ou suis- 
ses 2 . Même dans le Gard, M. Siméon Lhermite ifrère Sallustien 
Joseph) a recueilli dans la grotte Saint- Vérédème (3) d'importants 
fragments où le décor pointillé par estampage, se mêle aux triangles 
creux, dont la netteté de contours ne peut guère être due qu'à l'excision 
et non au simple poinçonnement de la pâte. Enfin un beau spécimen 
de Dions, dans la même région (4), est exactement du même décor, à 
damiers et zigzags, que l'échantillon de la grotte Nicolas. 

(1) H. Hubert, Lapoterie de l'âge du Bronze et de l'époque du Hallslatt dans la 
collection de Baye, Rev. prébist., J910, p. 104-115. 35 fig. (v. p. 104, fig. 26). 
• (2) D r F. Keller, Die Pfahibauten in-u. uni Zurich, Indic. d'antiq. suisses, II, 
1872-1875, p. 345-354 (v. p. 352 et pi. XXXIII, 15). — J. Heierli, Pfahibauten, 
IX. Ber.. Mitt. d. antiq. Ges. in Zurich. XXII, 1886, p. 33-98, XXI pi. (1888. 
(v. pi. IX. 10; décor réduit aux bandes de fossettes triangulaires opposées et 
alternantes, comme sur la poterie du Baron de Baye). — A. Hedinger, Xette kel 
tische Ausgrabungen au/ der schwabischen Alb [1900 u. 1901). Archiv f. Anthrop. 
1902, p. 185-199, 23 fig. v. p. 196, fig. 21-23, décors complexes, auxquels se mêle 
jusqu'à la ligne d'ondes ; à remarquer sur un fond de vase, pourtant assez profond, 
un décor pétuloïde à cinq branches, comme notre étoile), — D r Julius Naue, Die 
Bronzezeit in Oberbayern, in-4% 292 p., 163 fig. et atlas de 49 pi., 1 carte. Muxchex, 
1894 (v. pi. XL VII, 1 et p. 21, 223, etc., où se mêlent au ruban zigzagué dessiné par 
les intervalles des empreintes triangulaires, les petits cercles ocellés, imprimés 
avec point central ; etc.). — Lindenschmit, Die Atterthiimer unserer heidnischen 
Vorzeit, Bd. I, 1808, Hft. IV, Taf. 5, fig. 9 (vase médiéval, uniquement décoré de 
bandes de zigzags, déterminées par le poinçonnage de petits triangles, mais d'un 
effet bien moins réussi que notre décor préhistorique où des rubans continus et 
des damiers varient la combinaison) ; Hft. XII, Taf. III, fig. 4, 12: Bd. III, 1890, 
Hft. X, Taf. 2, fig. 9. etc. — K. Schumacher, Thongefâsse d. Bronze-u. Hallstattzeit, 
mit Stempel-, Schnitz- u. Kerbschnit-Verzierung, AltertUmer unserer heidnischen 
Vorzeit, t. V, vi, pi. 32 et 40, fig. 166, p. 176-180. Il ne s'agit, évidemment, pres- 
que partout, dans ces belles poteries allemandes que de décor au poinçon. Mais les 
vases entiers représentés par les figures 544 et 557, ou l'on voit les bandes d'or- 
nements courant sur la partie rebondie de la panse se relever gracieusement pour 
venir s'accrocher à l'anse unique, attachée un peu au-dessus du col, nous expli- 
quent le singulier contournement observable sur notre tesson fig. 2, qui n'ast 
point du tout un rebord, mais aurait dû être figuré avec la partie ornementée 
horizontale, en bas. — Le même auteur (Funde ans de' Période der neolitischen 
Zonenkeramik. AltertUmer, Bd. V, pi. 61, fig. 1091, 1103), donne des figures de 
vases néolithiques campaniformes, montrant la même ligne de zig-zags en réserve, 
au milieu de triangles en creux, que nous retrouvons, à état de mode généralisée, 
aux époques ultérieures. 

(3) Frère Sallustien Joseph. La grotte néolithique de Saint- Vérédème. Mém. 
Acad. de Nîmes, t. XXVII, 1904, p. 1-36, VIII pi. (v. pi. VIII, et p. 32). 

(4) A. de Mortillet. La Grotte de Baume-Longue, près de Dions (Gard). 
L'Homme préhistorique, 1903, p. 336-339, Fig. 64-5 (V. Fig. 65). 



394 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 

Les deux procédés sont donc, bien évidemment, connexes. Mais 
est-ce une raison pour ne pas les distinguer? Il nous semble que 
l'expression d'incisions profondes qu'emploie M. Déchelette demeure 
insuffisante, même éclairée par le détail de la description, qui 
montre « le décor profondément gravé dans la pâte, soit au moyen 
d'entailles, soit par estampage; la panse ainsi creusée d'alvéoles 
profondes, destinées le plus souvent, semble-t-il, à recevoir des 
incrustations de matière blanche. « Cette expression d' « incisions 
profondes » peut s'appliquer, en effet, tout aussi bien, si ce n'est 
mieux, aux dessins de notre Fig. 3 ou de la Fig. 148, p. 378, de 
M. Déchelette, où la pointe d'un instrument soit aigu, soit mousse, 
opérant avec une pression assez forte pour refouler largement, si ce 
n'est arracher, la substance, a dessiné en profonds sillons, dans l'ar- 
gile molle, des combinaisons de lignes, droites ou courbes, souvent 
d'un très bel effet. C'est évidemment à une sorte de coupure de la sur- 
face molle qu'est due ce genre de dessin, exécuté visiblement toujours 
d'une main hâtive autant que sûre. Aussi est-ce à ce décor là que 
nous voudrions que fût réservée la qualification de décor incisé, et 
cela, sans épithète, car, dès que ïincision cesse d'être (relativement) 
profonde, elle devient une pure égratignuré, une gravure, au sens 
strict du mot, qui implique une sorte de résistance du substratum, 
et conséquemment de finessse du trait, sans enlèvement sensible de 
matière, obtenant l'effet par un contraste décoloration plutôt que de 
relief. 

Un joli exemple de ce cas est fourni par un autre tesson de 
M. Deleuze {Fig. 4), dont M. Henri Martin a eu l'obligeance de faire 
un bel agrandissement, réduit ici à environ 4/3. L'effet décoratif a été 
obtenu par simples éraflures au moyen d'une pointe très fine, grat- 
tant la pellicule lustrée d'engobe noir brillant, sur lequel les traits 
se détachent en clair. Il est certain que la gravure, dans ce sens 
étroit, ne pouvait guère être exécutée que sur la poterie déjà cuite, ou 
à demi séchée pour la cuisson. Pourquoi donc confondrait-on parles 
mots deux choses aussi différentes ? 

Quant à la poterie si spéciale et si remarquable qui a fourni le 
sujet de cette note, puisqu'elle ne doit son originalité qu'à Yexcision 
de substance, qui suit toujours soit un large estampage, soit un pre- 
mier tracé gravé à la pointe, ou incisé avec une lame tranchante, pour- 
quoi ne pas la caractériser du nom de poterie excisée, ce mot pouvant 
s'ajouter comme épithète, aux deux autres sans contradiction, pour 
préciser et peindre le mode opératoire? Il est certain, par exemple, 
que les petits damiers de notre échantillon (Fig. 1) ont été d'abord 
dessinés par gravure, puis achevés par excisure. Quant aux longues 



SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 395 

lignes droites jumelles des branches de l'étoile pentagonale qui 
décore l'intérieur du fond, elles ont dû être l'objet, chacune, d'abord 
d'une ou deux incisions linéaires, puis d'excisions de proche en proche 
pour creuser latéralement les deux petits canivaux jumaux mettant 
la ligne en relief, même sans incrustations. 

Sans doute serait-il excessif d'appeler excisé le décor lui-même, 
puisque ce n'est pas la partie enlevée, mais bien celle qui reste qui 
fournit dorénavant les lignes ornementales. Mais il y a, pour cela, 
une expression technique consacrée : celle de champ-levé, qui rap- 
pelle, sans parler de l'art musulman (1), maints procédés divers, 
actuellement en usage, et que j'ai souvenance, moi-même, d'avoir 
vu pratiquer par des pâtres provençaux, pour décorer, à la pointe 
du couteau, avec des motifs tout à fait semblables, des buis qu'ils 
sculptent comme passe-temps dans leur solitude. 

En somme, les mots ne font pas défaut; et c'est seulement sur la 
manière de s'en servir que je me permets d'ergoter. 

« Une bonne langue, a dit Condillac, fait une bonne science. » 
De bonnes figures en disent plus que toutes les définitions; et il 
suffira de regarder celles que je dois à l'habile objectif de mon ami 
Henri Martin, pour saisir la différence que je voudrais voir s'éta- 
blir une bonne fois entre la poterie gravée Fig. 4), incisée 
(Fig. 3), et excisée {Fig. 1 et 2). 

(1) J'ai eu en mains, autrefois, des objets en forme de petits coquetiers supports 
de tasses à café arabes), en terre brun chocolat, à peine un peu plus rouge et mieux 
cuite que la préhistorique, provenant, m'avait-on dit, du Dahomey, et dont tout le 
décor paraissait dû à un procédé identique, combinaison d'estampage et d'exci- 
sion, mais sans lignes droites, donnant pour résultante une zone de grandes 
palmctles découpées en réserve, surchargées d'autres petites poinçonnées. 

Dans la collection Capitan se trouve une pièce zoomorphe (gratte-pieds arabe 
des Siouts), représentant un crocodile stylisé, dont toute la décoration est obtenue 
par excision. Au musée du Trocadéro, les bois sculptés de la Côte d'Ivoire mon- 
trent le même motif de damiers et triangles rectangles isocèles que notre poterie 
du Gard. Enfin une bonne partie de la poterie péruvienne (on en voit des modèles 
aussi à Sèvres : par exemple, vitr. 8, silvadores n° 3688) est décorée au champ 
levé ; mais ici les réserves représentent des sujets compliqués souvent anthropo- 
morphes et les larges plages du fond sont travaillées elles-mêmes au piqueté de 
manière à faire ressortir l'éclat brillant des réserves foncées sur un sablé mat plus 
clair. Cela n'a plus rien de commun avec nos excisions géométriques, bien plus pro- 
fondes, plus monotones et moins étendues. 



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SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 



Sur une particularité remarquable *ie certaine» 
épingles de hrouze dite» « à Collerette» » . 

Par'li- D r 
A. GUÉBHARD (Paris). 

A l'occasion de la présentation faite à la Société Préhistorique 
Française (Séance du 23 juin 1910, B. S. P. F., t. VIL p. 317) d'ob- 
jets de bronze provenant dune cachette de colporteur des Alpes- 
Maritimes, j'eus la curiosité de faire quelques recherches au sujet 




Fig. 1. — Echelle : 21/20. — Tète d'épingle, en bronze, de Clans (Alp.-Marit.). 

d'une épingle, du type, peu commun, dit « à collerettes », représenté 
Fig. 1. Et tout en constatant le petit nombre d'exemples réellement 
similaires, tous fournis parla vallée du Rhône ou ses prolongements 
vers la Seine ou l'Helvétie (1), je fus amené tout de suite à distinguer 
de ce type, formé de disques minces et plats, espacés à distances 




Fig. 2 et 3. —Echelle : 1/1.— Tête d'épingle en bronze, de Vers (Gard), et Bouton, à collerette 
non crénelée, de Meyrannes (Gard) [Clichés Mingaud]. 

égales, comme nos modernes ailettes de radiateur, sur un renflement 
fusiforme de l'axe, un autre type {Fig. 2, 3), présentant bien, à l'exté- 
rieur, un profil le plus souvent fusiforme, constitué par les tranches 
horizontales de collerettes minces équidistantes, mais celles-ci atta- 



(1) Voir ma notice au volume du Congrès Préhist. {Vf